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LES DIX REGLES D'OR DU DIALOGUE

8 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Exhortation

LES DIX REGLES D'OR DU DIALOGUE

Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN1

1. Sachez écouter avec attention et ne répondre que lorsque votre conjoint a fini de parler.

" Celui qui répond avant d'avoir écouté, fait un acte de folie et s'attire laDialogue confusion" (Pr 18.13).
" Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère" (Jac 1.19).

2. Soyez lent à parler. Réfléchissez d'abord. Parlez de telle façon que votre conjoint comprenne bien ce que vous voulez dire.

" Le cœur du juste médite pour répondre, mais la bouche des méchants répand de la méchanceté (Pr 15.28)."Si tu vois un homme irréfléchi dans ses paroles, il y a plus à espérer d'un insensé que de lui (Pr 29.20).

3. Dites toujours la vérité, mais dans l'amour. N'exagérerez en rien.

" C'est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres (Eph 4.25). "Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres" (Col 3.9).

4. N'utilisez pas le silence pour frustrer votre conjoint. Expliquez-lui la raison de votre hésitation momentanée.

" Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur" (Eph 5.5-8).

5. Ne vous querellez point; n'oubliez pas qu'il est possible d'avoir un avis différent sans pour autant devoir se disputer.

" Commencer une querelle, c'est ouvrir une digue; avant que la dispute s'anime, retire-toi" (Pr 17.14).
" C'est une gloire pour l'homme de s'abstenir des querelles, mais tout insensé se livre à l'emportement" (Pr 20.3).

6. Soyez aimable dans vos réponses. Ne répliquez pas avec colère.

" Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, mais celui qui est prompt à s'emporter proclame sa folie" (Pr 14.29). "Une réponse douce calme la fureur. Mais une parole dure excite la colère" (Pr 15.1).

7. Sachez reconnaître vos torts et demander pardon.

" Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris" (Jac 5.16). "Supportez- vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autres, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez vous aussi" (Col 3.13).

8. Cessez de harceler votre conjoint de doléances. Evitez de l'agacer continuellement.

" Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher, mais celui qui retient ses lèvres est un hommes prudent" (Pr 10.19). "Celui qui couvre une faute cherche l'amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis" (Pr 17.9).

9. Ne critiquez pas votre conjoint et ne le blâmez pas, mais cherchez plutôt à l'encourager et à l'édifier.

" Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes" (Rom 12.17). "Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure; bénissez, au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction" (1 Pi 3.9).

10. Cherchez à comprendre, avant d'être compris. Soyez tolérant et prenez sincèrement à cœur les intérêts de votre conjoint.

" Ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ" (Phil 2.2-5).
" Marchez d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix" (Eph 4.1-3).

1 Extrait avec autorisation du livre MARIES ET HEUREUX de Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN, pages 98 - 101, Editions Compassion FR-73190 Saint-Baldoph, e-mail: ass.compassion@wanadoo.fr ; site web: www.compassion-France.com . Nous recommandons ce livre.

Lien : http://www.promesses.org/arts/144p23f.html

 

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LES DEUX AVENEMENTS

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Henri Blocher 

24 Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. 25 Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire mais pour offrir un autre sang que le sien ; 26 autrement, il aurait fallu qu’il ait souffert plusieurs fois depuis la création du monde; mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour effacer le péché par son sacrifice. 27 Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, 28 de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut.  (Hébreux 9.24-28)

Lorsqu’on évoque l’avènement de Christ, on pense plus naturellement à son retour en gloire. Or le dernier verset d’Hébreux 9 souligne la dualité de l’avènement de Jésus : il est venu et il reviendra. Entre les deux avènements, il y a des ressemblances et des différences, dont nous allons exposer brièvement la portée pour nous.

Des différences

Une venue pour les péchés et une venue sans péché

L’auteur de l’Épître aux Hébreux met l’accent sur le contraste entre la première venue de Christ « pour les péchés » et sa seconde venue, « sans péché ».

• Le premier avènement a eu comme objet principal, sinon unique, le traitement du problème du péché. L’ange l’avait d’ailleurs expliqué dès la communication du nom que le Sauveur devait porter : « Tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mat 1.21) Le péché, d’après l’attestation scripturaire constante, est le problème entre Dieu et les hommes, entre les hommes entre eux et à l’intérieur de la propre nature des hommes. Le péché est le détournement dont nous nous sommes rendus coupables à l’égard de Dieu en lui refusant la reconnaissance (dans son double sens de gratitude et de confession) de sa souveraine bonté. Or notre tendance spontanée est d’esquiver le péché et de reporter sur quelque autre facteur la causalité de ce qui ne va pas dans notre monde et en nous-mêmes. Nous cherchons de fausses excuses et écartons la pointe de l’accusation. Cette tendance apparaît dès l’aube de l’histoire humaine et elle est toujours vivace. Il me semble que notre culture contemporaine accroît encore la force de cette tentation.

Le péché est donc la réalité qu’il fallait traiter en priorité pour que la situation de l’humanité par rapport à Dieu puisse être améliorée. L’heure pour laquelle Christ est déjà venu est celle de la croix, la croix sur laquelle il a ôté le péché du monde. Les Évangiles sont en quelque sorte des préfaces pour le récit de la croix qui y tient une place majeure, tout à fait à l’opposé des traditions littéraires des biographies de l’Antiquité. Et cela parce que Jésus-Christ est venu « pour le péché ».

Une grave dérive menace la foi évangélique lorsque le péché, avec la solution apportée par la croix à ce problème, cesse d’être au centre de la prédication. Si l’exemple de Jésus-Christ est mis avant son œuvre pour nous, si l’incarnation devient plus centrale que l’expiation, ce n’est déjà plus tout à fait la bonne nouvelle qui retentit ; la dérive est indubitable. C’est comme si le problème majeur était la différence entre la nature divine et la nature humaine, la distance entre le ciel et la terre. Or cette distance existait déjà en Éden, dans l’harmonie du premier rapport que Dieu avait institué par sa création ; ce n’était pas et ce n’est pas en soi un problème. Le vrai problème est le mésusage et l’abus de sa liberté qu’a fait la créature : le péché.

• Le second avènement sera « sans péché » (litt.). Cette mention signifie d’abord la pleine et définitive efficacité de la croix. C’est « une fois pour toutes » que Jésus-Christ a porté les péchés. « Tout est accompli » à cet égard, comme il l’a crié lui-même. Et s’il revient « sans péché » (9.28), c’est qu’il n’y a plus de problème du péché à résoudre. Il y a apporté, en donnant sa vie, en versant son sang, une solution définitive, sans besoin d’aucun complément ou d’aucune répétition. Le mal est déjà totalement vaincu. Le second avènement inaugurera la manifestation de cette victoire déjà acquise. Il sera possible à ce moment-là de voir toute la portée de la croix, qui a commencé à être mise en évidence par la résurrection et qui continue de l’être dans la vie de ceux qui reçoivent l’Esprit du Ressuscité. Mais la pleine élimination du mal — nous le savons assez ! — doit attendre le second avènement.

Il me semble que ce que l’Écriture nous révèle — si solennellement que nous ne pouvons pas l’atténuer — du châtiment éternel qui attend ceux qui se seront fermés à cette bonne nouvelle, doit être compris d’une façon qui respecte la plénitude de la victoire remportée lors de la première venue de Jésus-Christ. Rien ne soutient, dans l'Écriture, l'idée, devenue assez commune, que les réprouvés grinceraient des dents contre Dieu, qu'ils persisteraient ainsi dans la révolte et la porteraient au paroxysme. Au contraire, le temps de la patience passé (cette tolérance inouïe de Dieu), ils ne peuvent plus narguer le Seigneur par qui seul ils ont l'être, ils ne peuvent plus pécher. En subissant leur jugement, ils satisfont la justice divine — qu'ils reconnaissent désormais, comme l'enseignent Phil 2.11 et Col 1.20 (où la « réconciliation » ne signifie pas le salut mais la remise en ordre pacifiée : la fin de la guerre par la totale victoire de Dieu). Le grincement des dents doit sans doute être compris du remords total qui est le leur<sup<1< sup="">.</sup<1<>

Une venue en faiblesse et une venue en puissance

• À cause de sa mission d’Agneau de Dieu portant les péchés du monde, Jésus-Christ est venu en faiblesse, dans la misère. Il a renoncé à faire usage contre ses ennemis de sa puissance royale. Il s’est abstenu d’engager les légions d’anges qui étaient à sa disposition pour sortir du mauvais pas (Mat 26.54). Jésus a choisi la voie de la pauvreté ; il est venu pour servir et donner sa vie.

• Mais sa seconde venue sera dans sa gloire. L’éclat de son avènement foudroiera l’adversaire : « Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. » (2 Th 1.7-8) « Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile. » (Apoc 2.27)

À cause de la forme qu’a prise la première mission de Jésus-Christ, certains s’imaginent qu’il faut renverser le concept de pouvoir. Comme ce concept n’est pas bien reçu parmi les intellectuels de notre génération, ils saisissent l’occasion de suggérer que l’humilité de Jésus lors de sa première venue représente un refus du pouvoir comme tel. Or la lecture de l’ensemble du N.T. ne soutient pas cette vue. Si Jésus-Christ est venu dans la faiblesse, non pas pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui (Jean 3.17), sans faire usage de sa force, c’était la sagesse mystérieuse et cachée du Seigneur pour l’expiation des péchés. Après cela, il a dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Mat 28.18) Et il exercera ce pouvoir lors du second avènement. Son exercice sera un service, car il usera de sa force pour le bien. Mais ce n’est pas un changement du concept : c’est une voie mystérieuse, unique, que la sagesse inouïe de Dieu a conçue pour que le mal commis envers le Saint et le Juste soit la victoire même sur le mal.

Une venue voilée et une venue visible

• Une autre différence concerne la façon dont il « apparaîtra » (litt. « sera vu »). Certes Jésus a bien été vu par ses contemporains lorsqu’il a prêché aux foules, guéri des malades, circulé sur les routes de Galilée… Mais son humilité même, sa chair faible, ont été comme un voile pour la plupart de ses contemporains — et même une occasion de chute. De sorte qu’ils n’ont pas vu qui il était réellement.

• En contraste, lors du second avènement, il « sera vu » dans sa gloire de Fils de Dieu, Seigneur des seigneurs et Roi des rois. Il sera vu, là où il n’avait été qu’entrevu par certains à qui cela avait été donné. « Ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux », a dit Jésus à Pierre quand ce dernier a eu l’intuition juste de la véritable identité de Jésus (Mat 16.17). La plupart se sont achoppés à l’apparence. Nous-mêmes le voyons par le regard de la foi, mais cette vue est à travers bien des brumes et des obscurités. Nous l’aimons quand même, sans l’avoir vu (1 Pi 1.8). La foi n’est pas encore la vue. Le second avènement sera enfin la vision vers laquelle nous languissons : « Nous le verrons tel qu’il est » dans sa gloire (1 Jean 3.2). « Tout œil le verra » (Apoc 1.7) mais Hébreux souligne qu’il sera vu en particulier de ceux qui l’attendent pour leur salut, qui ne l’auront jusque là qu’entrevu par la foi et qui seront comblés par la vision qui leur sera accordée. C’est là notre espérance. Un chant d’enfant dit : « Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus ». Un brave chrétien se trompait et chantait : « Je sais qu’un jour mes yeux verra Jésus ». Sans le vouloir, il énonçait une profonde vérité : « Jésus verra nos yeux. » Non seulement nous le verrons de nos yeux, mais lui aussi plongera son regard dans nos yeux à nous et nous dira peut-être, comme Pascal l’imaginait : « J’ai versé telles gouttes de sang pour toi.

Des ressemblances

Au-delà des différences entre les deux avènements, il y a aussi des ressemblances qui méritent d’être soulignées.

Deux venues personnelles

Jésus est venu dans notre temps et dans notre espace, comme un individu humain, avec un corps. Il reviendra comme un individu humain. Notre espérance est l’attente d’une venue corporelle et personnelle de Christ.

Ne réinterprétons pas ce qui est dit du futur avènement comme un symbole réconfortant qui pourrait orienter la vie, mais qui n’aurait pas de réalité littérale. Son retour n’est pas un mythe, une figure de style : c’est celui de l’homme Jésus.

Deux venues au temps fixé par le Père

La première venue de Christ a eu lieu à un moment bien défini de l’histoire. Les promesses se sont accomplies selon le calendrier de Dieu. Son second avènement aura lieu à un moment tout aussi défini, que Jésus, dans les jours de son humiliation, a déclaré ne pas connaître lui-même (Mat 24.36).

Hébreux 10.38 interprète les versets d’Habakuk 2 en marquant un temps fixé : « Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. » La vision se réalisera finalement par l’avènement de Jésus. Nous devons attendre ce temps fixé avec la patience et la persévérance de la foi (« le juste vivra par la foi »), même s’il paraît tarder.

Il en fut de même pour le premier avènement. Certaines prophéties pouvaient laisser penser que la venue du Messie aurait lieu beaucoup plus tôt : par exemple, à la lecture d’Ésaïe 40 à 66, il ne semble pas que les deux serviteurs de l’Éternel — Cyrus et le vrai Serviteur qui va libérer spirituellement le peuple — soient séparés par plus de cinq siècles ! Au calendrier de Dieu, il y avait là un espace de temps qui n’était pas spécifiquement indiqué dans les prophéties d’Ésaïe. Il faut attendre Daniel 9 pour le comprendre. Ceux qui attendaient le Messie ont donc dû patienter, rester fermes dans la foi.

Plusieurs paraboles du Seigneur avertissent que le laps de temps entre les deux avènements pourra paraître long. Pierre parle de « moqueurs » qui railleront ce délai. Après presque 2000 ans, nous constatons la nécessité de la patience. La victoire est acquise ; nous avons une pleine assurance de cette seconde venue « sans péché », mais nous ne maîtrisons pas le calendrier. Nous avons à nous placer dans la même attitude que ces croyants qui, sur la base des promesses de l’A.T. attendaient le Messie.

Dans ce temps de patience, des « signes » nous sont donnés. Ils ont commencé à être visibles dès la génération du premier siècle : « Cette génération ne passera point, que tout cela n’ait commencé à arriver. » (Mat 24.36) Ces signaux révèlent que notre vieux monde n’est qu’en sursis ; ils nous encouragent dans l’attente, sans nous fixer de date précise. Sans doute les verra-t-on s’intensifier au moment final ; mais il serait illusoire de prétendre connaître « le jour et l’heure ». Attendons avec confiance, en recevant les signes qui nous sont nécessaires pour faire face à l’adversité.

Le second avènement est proche et, comme les Juifs pieux qui attendaient « la consolation d’Israël » et vivaient d’une façon intègre, soyons de ceux qui attendent la venue glorieuse de notre Seigneur et Maître qui nous regardera avec amour face à face.

1 Pour bien entendre ce message de la fin du péché, je crois approprié de l'associer à un autre trait du châtiment éternel : la fixité de cette forme d'existence, selon qu'elle est seconde mort. 2 Blaise Pascal, Pensées, 553. 3 La vision qui doit venir chez Habakuk est interprétée par l’auteur d’Hébreux comme la venue d’une personne : « celui ». 4 Traduction littérale de l’aoriste ingressif du verbe « arriver ».

Lien :  http://www.promesses.org/arts/178p8.html

 

 

 

 

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ENTRONS DANS LE REPOS ! (HÉBREUX 4)

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

ENTRONS DANS LE REPOS ! (HEBREUX 4)

Philippe Calame

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1 Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. 
2 Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. 
3 Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, selon qu’il dit : Je jurai dans ma colère : Ils n’entreront pas dans mon repos ! Il dit cela, quoique ses œuvres aient été achevées depuis la création du monde. 
4 Car il a parlé quelque part ainsi du septième jour : Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres le septième jour. 
5 Et ici encore : Ils n’entreront pas dans mon repos !
6 Or, puisqu’il est encore réservé à quelques-uns d’y entrer, et que ceux à qui d’abord la promesse a été faite n’y sont pas entrés à cause de leur désobéissance, 
7 Dieu fixe de nouveau un jour — aujourd’hui — en disant dans David bien longtemps après, comme il est dit plus haut :Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs.
8 Car, si Josué leur avait donné le repos, Dieu ne parlerait pas après cela d’un autre jour. 
9 Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. 
10 Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes.11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance

Cette portion de l’Épître aux Hébreux nous présente le repos sous divers aspects et nous indique comment y entrer. Ce texte est complexe ; aussi traiterons-nous ces « repos » de façon thématique, sans suivre l’ordre précis des versets.

1. Le repos initial de Dieu

Dieu s’est reposé lorsqu’il a constaté la perfection de la création (4.3,10). Après avoir achevé son œuvre, le septième jour de la création, Dieu, pleinement satisfait, s’est reposé. Ainsi, dès le début, il a montré qu’il avait un repos à lui : « mon repos ». Non un repos solitaire, mais un contentement qu’il désirait partager avec l’homme, en pleine communion avec sa créature. Or, très rapidement, le péché d’Adam a troublé ce projet. Le contexte montre que la séduction du péché (3.13), l’incrédulité (4.2) et la désobéissance (4.6), barrent l’accès au repos de Dieu.

Après l’intrusion du péché, Dieu résolut d’entreprendre de nouvelles œuvres afin d’établir un nouveau repos pour les habitants de la terre. Sans remettre en cause le repos lié à la perfection initiale de la première création, Dieu œuvre donc pour susciter une nouvelle création : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille. » (Jean 5.17, Darby) Il le fait jusqu’à ce qu’il puisse inaugurer un repos sabbatique définitif.

2. Le repos historique pour Israël en Canaan

Dieu avait délivré son peuple de l’esclavage de l’Égypte, mais malgré les bons conducteurs choisis pour l’amener dans le repos, les Israélites furent nombreux à tomber dans le désert à cause de leur incrédulité, comme le prouvent ces paroles répétées : « Ils n’entreront pas dans mon repos ! »

Moïse, représentant de la loi, n’avait pu faire entrer le peuple en Canaan. Josué, au contraire, représentant de la grâce, l’y introduisit. Le pays promis offrait au peuple d’Israël une forme de repos, mais ce repos était incomplet (4.6) : les Israélites adultes sortis d’Égypte étaient tous morts dans le désert et seuls Caleb et Josué, hommes de foi, avaient pu entrer dans le pays promis. Ce repos était aussi imparfait (4.8) : la conquête du pays promis n’ayant pas été complète, de nombreux ennemis y subsistaient (Jug 1 ; 2). Au cours de son histoire, Israël a toujours dû batailler contre ses ennemis et s’est maintes fois détourné de Dieu. C’est ainsi que le repos d’Israël en Canaan n’offrit jamais qu’une pâle image du repos définitif de Dieu.

C’est pourquoi l’auteur de l’Épître aux Hébreux cite le Psaume 95, écrit par David environ 500 ans après l’introduction du peuple en Canaan sous Josué. Le « aujourd’hui » prononcé sous David prouve que le repos sous Josué n’a pas été définitif (4.7) et que Dieu a encore « aujourd’hui » un repos en réserve.

3. Le repos actuel et futur pour le croyant

Cet « aujourd’hui » sous David se prolonge jusqu’à maintenant : Dieu a déterminé un nouveau « jour », où les croyants peuvent et pourront entrer dans le repos. Ce dernier prend plusieurs formes.

a. Le repos de la conscience

Le repos de la conscience est obtenu par le sang de Christ à la croix. Ce sang délivre de la malédiction de la loi, du poids du péché et procure la paix avec Dieu. « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (4.3), ce repos qui découle de la foi en l’œuvre de Jésus à la croix. Mais ce n’est pas le seul repos dont il est question pour nous dans ce chapitre.

b. Le repos du cœur

Le repos du cœur est donné à ceux qui marchent dans la soumission à la volonté de Dieu, comme l’indique Jésus lui-même : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Mat 11.29-30) La paix de Dieu est liée à la foi que l’auteur de l’Épître nous invite à mettre en œuvre tout au long de notre chemin vers le ciel. Mais il y a encore un autre repos.

c. Le repos sabbatique futur

Ce « repos de sabbat » est le repos futur, éternel, dans la gloire à venir. L’auteur le rapproche du repos du septième jour de la création, mais il ne sera pleinement acquis que dans une période future, celle de l’aboutissement du plan de Dieu pour l’homme qui pourra enfin goûter « son » repos — c’est-à-dire le repos définitif de Dieu, dans la joie de son plan parfaitement accompli et la mise à l’écart de ses ennemis définitivement vaincus. Nous, les croyants, allons y entrer pour nous reposer de toutes nos luttes, de toutes nos tentations, de toutes nos douleurs (4.10). Ce repos sera l’aboutissement de notre chemin.

d. Entrons dans le repos !

Le repos dont il est question dans ce chapitre est donc à la fois un repos acquis et un repos à poursuivre. Nous y entrons (4.3 — verbe à l’indicatif), et nous sommes exhortés à y entrer plus avant : « Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos » (4.11 — verbe à l’impératif). Le repos est déjà notre part, mais pas encore pleinement nôtre.

Nous y sommes d’autant plus exhortés que l’exemple des désobéissants d’autrefois montre que tous ne l’atteignent pas (4.11b).

Pour entrer dans ce repos de Dieu, il faut marcher dans le chemin du Seigneur en accomplissant la volonté de Dieu, ce qui demande la mise de côté du « moi », le brisement de la propre volonté insoumise à Dieu. Cela demande aussi l’énergie fournie par l’espérance vivante d’être avec Christ dans le ciel. La foi s’empare des promesses de Dieu. Notre confiance est en Jésus, que nous n’avons qu’à suivre pour arriver à bon port, comme autrefois Israël devait suivre Josué. « Empressons-nous » de nous attacher à lui. Imitons ceux qui, par leur persévérance, ont hérité les promesses (6.12). Ne nous laissons pas décourager par ceux qui perdent espoir au milieu des difficultés, faute de foi (4.2). Alors nous pourrons déjà jouir, sans attendre le ciel, de la paix intérieure, prémices de ce repos.

4. Les trois ressources pour un vrai repos

Pour nous aider à entrer dans le repos, l’auteur place devant nous trois grandes ressources indispensables à notre voyage sur terre :

1. La parole de Dieu (4.12-13) : Elle nous aide à faire le point sur ce qui nous encombre et nous empêche d’avancer joyeusement vers le repos promis. Se placer dans la pleine lumière divine est une sécurité et un apaisement pour le croyant.

2. Le souverain sacrificateur (4.14-15) : La prêtrise de Christ nous aide à surmonter les difficultés de la vie sur terre que redoute notre faiblesse naturelle, et à offrir une louange digne de Dieu. Pour nous comprendre, Christ a pris part expérimentalement aux épreuves liées à la condition humaine sur terre. Ces tentations1 sont de deux ordres : les unes proviennent de nos limites physiques face aux obstacles placés sur notre route ; les autres sont liées aux sollicitations de Satan qui voudrait nous empêcher d’avancer vers le repos de la foi et nous faire douter de la fidélité de Dieu. Jésus a connu les unes et les autres (sans jamais pécher) et nous aide à les traverser.

3. Le trône de la grâce (4.16) : En nous approchant de ce trône, nous apprenons à connaître le cœur compatissant de Jésus. Nous y venons pour apporter à Dieu par lui nos chagrins, nos soucis, nos inquiétudes et attendons paisiblement le secours qu’il nous donnera, selon sa sagesse parfaite et son amour. Ainsi notre cœur entre dans le repos dès lors que nous lui remettons tout ce qui nous pèse.

1 Le même mot peut être traduit par « épreuve » ou par « tentation ».

 

Lien : http://www.promesses.org/arts/178p7.html

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JÉSUS, SUPÉRIEUR EN TOUT

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

JESUS, SUPERIEUR EN TOUT

Simon Mvondo

L’Épitre aux Hébreux nous montre la pleine suffisance de Jésus-Christ par rapport à tout ce qui peut tenter le chrétien de s’écarter de la voie de la foi. Les Hébreux étaient tentés de revenir au système de la loi de Moïse, comme beaucoup parmi nous sont tentés aujourd’hui de retourner vers le système du monde dans lequel nous vivions autrefois, lorsque nous étions morts dans nos offenses. L’auteur de l’Épître écrit pour les amener (et nous aussi) à considérer l’auteur de leur salut. Voyons donc ensemble ces quelques aspects qui montrent la supériorité de Jésus-Christ.

Jésus, la révélation ultime

Selon Hébreux 1.1-3, Jésus est la dernière révélation de Dieu aux hommes. Il est supérieur à toute autre révélation parce qu’il est la révélation finale. Il n’y a plus de révélation des Écritures après Jésus. Ce que les apôtres et les prophètes de l’Église nous ont communiqué, c’est la révélation de Jésus (Jean 16.12-15). D’ailleurs, le livre de l’Apocalypse est appelé « la révélation de Jésus-Christ ». Éloignons-nous donc de toute prétendue révélation hors des Écritures.

Il est aussi supérieur en ce sens qu’il est le reflet du Dieu invisible, « l’empreinte de sa personne ». Jésus n’a-t-il pas dit à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père » ? Lorsque Dieu, se révélant aux hommes, manifeste son Fils qui est Dieu, nous devons comprendre qu’il y n’y a plus rien à ajouter, plus rien de supérieur.

Jésus est supérieur aux anges

L’auteur de l’Épître donne les raisons pour lesquelles Jésus est supérieur aux anges dans le ch. 1 :

– Il a hérité d’un nom plus excellent que celui des anges parce qu’il est « Fils de Dieu » (1.4-5).

– Tous les anges l’adorent (1.6) et le servent (1.14). Dans les Évangiles, nous voyons que les anges vinrent le servir après la tentation (Matt 4.11) et que les démons se prosternaient devant lui (Marc 5.6).

– Par rapport aux anges, il est le seul être céleste à qui Dieu a dit : « Assieds-toi à ma droite », position unique auprès du Père.

– Ses ennemis sont son marchepied ; les anges n’ont pas cette prérogative. Nous devons donc nous éloigner du culte des anges et ne jamais prier les anges, car cela n’est pas conforme à l’enseignement de la Parole de Dieu.

Jésus est supérieur à Moïse

Les Juifs avaient une grande considération pour Moïse, mais l’auteur de l’Épître aux Hébreux leur montre que Jésus est supérieur à Moïse en ce sens que Moïse était dans la maison de Dieu comme serviteur, mais Jésus-Christ l’est comme Fils (3.5-6). Dans une maison, le fils est supérieur à l’esclave, ou même au domestique.

Jésus est supérieur à Aaron

Aaron était le grand prêtre d’Israël, selon les exigences de la loi de Moïse. Mais Christ est le grand prêtre selon Dieu. Aaron était le sacrificateur d’Israël, mais Jésus est le sacrificateur de toutes les nations de la terre (5.8-10). Les sacrifices d’Aaron ne contribuaient qu’à couvrir les péchés parce que le sang des animaux ne peut réellement ôter les péchés, mais le sacrifice de Jésus-Christ expie et ôte les péchés (10.4-14).

Ici, la leçon est qu’un homme, quel que soit son rang ecclésiastique, ne peut pardonner nos péchés ; et un sacrifice, quel qu’il soit, ne peut apaiser la colère de Dieu sur nous. Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». C’est lui qui a pu satisfaire les exigences de la colère de Dieu. C’est vers lui que nous devons nous tourner pour recevoir soit le salut, soit le pardon des péchés commis en tant qu’enfant de Dieu. Lorsque nous avons fait tort à quelqu’un en agissant mal envers lui, notre devoir est d’aller le trouver pour lui demander son pardon, en espérant que l’offensé sera d’accord de nous l’accorder. Lorsque nous offensons Dieu, et nous en repentons sincèrement devant lui, nous avons l’assurance qu’il nous relèvera, puisqu’il a déjà pourvu au moyen de réconciliation. En effet, bien avant notre naissance, la purification des péchés a été accomplie par l’aspersion du sang de la seule victime parfaite que le monde ait connue : Jésus-Christ.

Jésus donne une motivation supérieure dans la course de la foi

Après avoir donné des exemples de foi dans le ch. 11, l’auteur nous démontre dans le ch. 12 qu’une fois de plus, Jésus est supérieur lorsqu’il s’agit de trouver une motivation dans la course chrétienne. C’est en effet Jésus qui suscite la foi et la mène à la perfection.

Dans les difficultés, nous devons fixer nos yeux sur lui et sur son exemple de souffrance (12.2-4). Jésus nous encouragera lorsque nous nous souviendrons des expériences de peine et d’ignominie qu’il a endurées parmi les hommes. La leçon principale ici est que, même si nous pouvons être aidés par l’exemple de vie de foi d’autres croyants, le plus grand encouragement nous viendra en considérant la marche triomphante de Jésus. Ne nous décourageons pas de suivre Jésus-Christ, ne nous arrêtons pas à nos propres faiblesses ou au mauvais comportement que nous remarquons chez certains chrétiens ; cela ne nous excuse pas devant Dieu car il a donné son Fils Jésus pour nous amener à lui, en dépit de toute l’opposition imaginable.

Ce petit examen de la supériorité de Jésus en tout nous interpelle au plus haut point. Beaucoup de religions nous présentent des chefs ou des leaders, mais sachons que Jésus est supérieur à tous. D’autres chemins nous sont proposés pour nous amener au ciel, mais Jésus leur est supérieur : il est à la fois le seul guide et le seul chemin qui nous y amène véritablement. Si nous sommes tentés d’abandonner Jésus-Christ, nous n’avons qu’à considérer attentivement l’excellence de Jésus, et nous comprendrons que rien au monde ne peut nous satisfaire comme Jésus parce qu’il est l’auteur d’un salut éternel qui nous mène vers la perfection.

Lien : http://www.promesses.org/arts/178p5.html293562 1947886348652 1660859685 n

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PLEINEMENT DIEU, PLEINEMENT… FILS (HÉBREUX 1)

21 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Frédéric Mondin

« Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis. » (12.12) L’auteur veut raffermir la reconnaissance et la foi de judéo-chrétiens persécutés et tentés de délaisser le culte pour retourner à la première alliance. Celle-ci a été promulguée par les prophètes et — dans la tradition juive — par les anges. L’auteur va donc montrer la supériorité de Christ sur la première alliance, sur les prophètes et sur les anges.

Dieu a parlé deux fois (1.1-2)

Les auditeurs doivent rediriger leur foi dans la bonne direction. Or, la foi dépend de la considération portée à la révélation divine (Rom 10.17). C’est donc sur le contraste entre deux façons de la considérer que l’auteur commence. Il souligne le contraste entre la première révélation et la nouvelle, celle-ci étant, tout comme l’alliance, « plus excellente » (8.6).

Inachèvement de la première révélation (1.1)

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes […]

Voici quelques caractéristiques de la première phase de la révélation divine :

• La première est close depuis longtemps (« autrefois ») : le dernier prophète en fut Malachie, plus de quatre siècles auparavant.

• La première est progressive (« à plusieurs reprises ») : Dieu l’a développée sur plusieurs siècles.

• La première est diverse (« de plusieurs manières ») : Dieu a employé plusieurs modes de communication pour transmettre la richesse de sa Parole (création, déluge, promesse à Abraham, prophéties, récompenses et punitions, sacrifices, etc.).

• La première était donnée essentiellement aux Juifs (« à nos pères »).

• La première a été communiquée par des intermédiaires (« par les prophètes »).

Perfection de la révélation par le Fils (1.2a)

Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils […].

• La nouvelle révélation dans le Fils est ouverte. L’expression « ces derniers temps » se réfère à la présente époque ouverte depuis l’Ascension et qui s’achèvera avec la seconde venue de Jésus.

• La nouvelle s’adresse à l’humanité. Le « nous » englobe Juifs et Gentils (Éph 2).

• La nouvelle révélation est communiquée par le Fils. Cette seule affirmation contraste avec ce qui vient d’être dit dans le paragraphe précédent : – non pas sur plusieurs siècles, puisqu’en trois années de ministère, – non pas de plusieurs manières, puisque par un canal unique, – non pas par plusieurs hommes (les prophètes), mais par un seul, – non par des hommes créés ou de simples intermédiaires, mais par un homme bien particulier : un « Fils ». L’original n’emploie pas l’article, comme pour indiquer là un statut et l’opposer au statut de prophète : il ne sera pas prophète mais fils. La suite du chapitre développe ce statut à part.

« Fils » : plus que « prophète » (1.2)

Il l’a établi héritier de toutes choses ; par lui il a aussi créé l’univers.

L’auteur s’applique à montrer qu’être Fils est supérieur à être prophète. Tandis que le prophète parle au nom de Dieu et qu’il est lui-même créé, le Fils, lui, parle avec autorité car « la maison » lui appartient.

1. Héritier

Être fils, c’est être « héritier de toutes choses ». Tout lui appartient, c’est-à-dire qu’il est souverain et contrôle toute chose et tout événement (2.7-8 ; cf. Ps 2.8 ; Phil 2.9-11).

Un prophète ne domine pas tout : il a pu subir à contrecœur les incompréhensions, l’hostilité et les méfaits de ses compatriotes. Le Fils est venu dans ce monde en sachant ce qui l’attendait. Lorsque nous méditons sa « passion », rappelons-nous qu’il avait prévu la croix et choisi de ne pas se défendre afin que s’accomplissent les Écritures qu’il avait inspirées. Une étude des textes de la passion montrera qu’il a lui-même provoqué la réaction en chaîne des événements. Il a bel et bien le contrôle de tout, même quand tout semble lui échapper ; la victoire sur la croix le prouve.

2. Agent créateur

C’est par lui que Dieu a « créé l’univers » (voir le parallèle en Col 1.15-17). Dieu a parlé par des prophètes mais il n’a pas créé le monde par eux.

Ces deux caractères décrivent la relation filiale, vue du Père. La suite la décrit, vue du Fils.

« Fils » : révélateur et révélation de Dieu (1.3)

Il est le rayonnement de sa gloire et l’empreinte de son être. Il soutient toutes choses par la parole de sa puissance. Après avoir fait la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté, dans les lieux élevés.

Ce verset produit, en première lecture, un sentiment merveilleux. Il entrouvre la porte d’un profond mystère. À partir de là, ce n’est plus « Dieu » le sujet mais « il », le Fils : le prédicateur change de ton. Il n’est plus question de mettre en contraste ancienne et nouvelle alliance, mais de dévoiler un peu plus la nature divine et le rôle salvateur du Fils.

1. Un « rayonnement » : Christ est le révélateur de Dieu

Le Fils est « le reflet de sa gloire » ou : « le rayon, le rayonnement ». Les scientifiques ont découvert qu’un rayon lumineux révèle une quantité d’informations incroyable sur des étoiles se trouvant à des milliers de milliards de kilomètres : composition chimique, âge, durée de vie, vitesse d’éloignement ou de rapprochement, etc. Quel exploit, quand on y pense ! Un monde objectivement inaccessible nous est ouvert et nous paraît moins lointain. Il en est ainsi du Fils : il accomplit l’exploit incomparable de mettre Dieu à notre portée. En effet, « Dieu est lumière » (Jean 1.5) dans sa gloire inabordable, lui qui « habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir » (1 Tim 6.16). Or, « personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1.18). Ce Dieu objectivement transcendant, Jésus le rend accessible (4.16 ; 10.19-20 ; cf. aussi Rom 5.2 ; 1 Cor 16.9 ; Éph 2.18 ; 3.12). Il fait de notre Créateur lointain un Père proche et abordable (Rom 8.15-17 ; Gal 4.6-7).

Si la lumière révèle la nature et le mouvement de l’étoile lointaine, celle-ci n’en est cependant pas affectée le moins du monde : elle demeure à sa place, dans le ciel. De même, la révélation du Père par le Fils n’ôte rien au caractère glorieux et transcendant de Dieu. Dieu demeure dans son ciel de majesté. Le Père et le Fils partagent la même nature « lumineuse » tout en étant distincts l’un de l’autre.

Pas besoin d’avoir fait de hautes études pour saisir, en s’exposant à la lumière naturelle, que le soleil est « chaud » ! De même, à proximité de Christ, nous bénéficions de toute la « chaleur » bienfaisante de notre Père céleste : sa grâce, sa miséricorde, ses perfections, sa majesté, etc.

2. Une « empreinte » : Christ est la révélation de Dieu

L’image du rayonnement parle d’un Dieu rendu proche, mais ne fait pas tout à fait honneur au Fils lui-même. Un « reflet »… Pourquoi pas un fantôme ? Ce n’est pas une blague : certains hérétiques — les docétistes — affirment dès le premier siècle que le Christ possède un corps apparent, mais irréel. Faire de Christ une simple émanation de Dieu serait toutefois lui refuser la fatigue, la faim, la soif, et jusqu’à la mort. La résurrection n’aurait-elle donc pas tout à fait eu lieu ?

L’auteur n’en reste heureusement pas là. Il affirme que Christ est « l’empreinte » de Dieu : sa manifestation réelle sur terre. Plus encore, il est « l’empreinte de sa personne ». Le concept de personne est tardif ; le texte parle plutôt de « substance » (litt. : hypostase). Il désigne l’être de Dieu. Christ est donc véritablement Dieu en chair et en os, lui « que nos mains ont touché » (1 Jean 1.4).

Le mot « empreinte » se traduit aussi par « caractère ». Pensez au caractère d’imprimerie qui s’enfonce profondément pour marquer de son empreinte le papier encore vierge. C’est ainsi que le Fils montre les marques du Père.

Montrer les caractères du Père est aussi le plan de Dieu pour tous ses enfants. Et pour faire ressortir sa gloire, il doit parfois « frapper fort », en sorte que Paul dira : « Je porte en mon corps les marques de Jésus » (Gal 6.17) en parlant de ses persécutions (2 Tim 3.12). Dieu veut aussi marquer de son empreinte d’amour tous ses enfants, afin que sa gloire soit manifeste dans le monde : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13.35 ; cf. Éph 5.1-2 ; 1 Jean 3.10). C’est le rôle de l’Esprit : transformer notre « caractère » à la ressemblance de Jésus (2 Cor 3.17), lui-même caractérisant le Père. Adam, créé à l’image de Dieu, a déformé celle-ci par le péché. Le second Adam, Christ, recrée en nous l’image de Dieu.

3. Le rôle salvateur du Fils

Ces deux attributs du Fils laissent place à trois actions qui résument son mandat : création soutenue, rédemption, glorification.

a. Création : « portant toutes choses par la parole de sa puissance »

Le Fils, Parole de Dieu, a créé le monde (1.2 ; Gen 1.1), mais il le préserve aussi de la destruction.

b. Rédemption : « après avoir fait la purification des péchés »

Dieu lui-même, venu en chair, a pourvu au salut (Rom 8.33 ; 1 Tim 3.16). La formulation décrit un souverain sacrificateur opérant le rite sacrificiel, ce que la suite de l’Épître développera.

c. Glorification : « assis à la droite de la Majesté »

Christ ne vit pas dans une gloire statique. Comme il soutient sa première création, il préserve aussi sa nouvelle création.

« Fils » : plus qu’« ange » (1.4-14)

Étant devenu d’autant plus excellent que les anges, qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

« Les Juifs se glorifiaient d’avoir reçu la loi par le ministère des anges (2.2 ; cf. Actes 7.53 ; Gal 3.19). Il fallait montrer combien Christ était supérieur à ces intelligences célestes pour prouver la supériorité de la révélation dont il était le porteur (1.1). » (La Bible annotée) Ses auditeurs veulent retourner à la loi ? L’auteur montre que celle-ci avait prévu la supériorité de Christ sur les anges, d’où le grand nombre de prophéties messianiques pour appuyer ses dires.

• Contrairement aux anges, le Fils est considéré par Dieu comme son Fils, son égal (1.5, citant 2 Sam 7.14 et Ps 2.7).

• Même les anges doivent adoration au Fils (1.6, citant les Ps 89 et 97).

• Dieu ne s’adresse pas aux anges, ses serviteurs, comme il s’adresse au Fils l’appelant lui-même Dieu et roi, juste et bienheureux (1.7-9 citant les Ps 104 et 45).

• Dieu honore le Fils et souligne sa souveraineté sur sa propre création, sa divinité éternelle et sa royauté parfaite et juste (1.10-12 citant les Ps 102 et 104).

• Contrairement aux anges, Dieu a appelé son Fils à la royauté et à la sacrificature (1.13 citant Ps 110.1).

Le verset 14 conclut : contrairement au Fils, les anges n’occupent pas la place d’honneur dans le ciel, mais assument un rôle de serviteurs en faveur de ceux qui doivent hériter le salut.

Conclusion

Il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. (8.6-7)

Le premier chapitre de l’Épître aux Hébreux frappe fort et dévoile une image majestueuse et incomparable de Christ dans sa personne (divine), dans son œuvre (créatrice et rédemptrice) et dans sa supériorité sur tous les saints anges. La nouvelle alliance ne pouvait bénéficier d’un meilleur fondement !

Le chapitre 2 équilibre cette présentation glorieuse du Fils avec l’humanité d’un Jésus compatissant et proche de nos faiblesses et de nos préoccupations. L’Épître peut alors développer en quoi il est un intercesseur plus excellent que les prêtres mosaïques.

Puisse cette Épître raffermir nos cœurs vacillants et nous encourager à suivre le modèle de nos pères dans la foi, ayant en vue la joie éternelle donnée à tous ceux qui auront persévéré.

Lien : http://www.promesses.org/arts/178p4.html

 

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LES PELERINS DE LA FOI ONT UN GRAND SEIGNEUR

21 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Lucien Jouve

 

Les croyants qui ont la foi en Jésus forment ensemble l’Église. Elle est représentée par des images :

– une « maison faite de pierres vivantes », sous la plume de Pierre ;

– un temple, un corps, une épouse, sous celle de Paul ;

– comme une famille, des enfants, selon Jean.

L’Épître aux Hébreux présente plutôt les croyants comme un peuple en marche, comme des pèlerins qui avancent vers un but.

D’un bout à l’autre de la lettre, il leur est montré la grandeur de leur Seigneur, la place suprême qu’il occupe, et les offices qu’il remplit pour eux. Mais ce Souverain est aussi accessible, ses sujets peuvent s’approcher de lui librement pour le prier (ch. 4), pour l’adorer (ch. 10). Mieux encore, les pèlerins sont assurés d’être écoutés avec bienveillance. En effet, leur Seigneur les comprend, sympathise avec eux, ayant lui-même parcouru leur chemin avant eux et pour eux. L’auteur de la lettre s’efface derrière la gloire de Celui de qui il parle et qu’il nous invite à découvrir en sept étapes.

1. Jésus plus grand que les anges (ch. 1 et 2) 

Le premier chapitre présente la grandeur du Fils et répond à trois questions :

a. Qui est-il ?

– « Le Fils », par lequel Dieu a parlé (1.2)

– « L’héritier de toutes choses » (1.2)

– Le Créateur « par lequel Dieu a fait les mondes » (1.2)

b. Qu’a-t-il fait, à part cette œuvre créatrice ?

– « La purification des péchés » (1.3)

c. Où est-il ? :

– « Assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts » (1.3).

Suivent sept citations de l’Ancien Testament qui témoignent de la grandeur de Celui qui est « plus excellent que les anges ».

Le chapitre 2 nous décrit :

– son humiliation, toute résumée dans l’expression : « [il] a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges » (2.7,9) ;

– son exaltation, toute résumée par l’expression « couronné de gloire et d’honneur » (2.7,9).

« Le monde à venir » ne sera pas assujetti aux anges, mais « au Fils de l’homme » (2.5-8). Pour les croyants, il est « le Prince de leur salut » (2.10).

Les pèlerins de la foi doivent savoir pourquoi leur Seigneur a participé à leur humanité :

– « afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort », et qu’il les délivre de la « crainte de la mort » (2.14) ;

– « afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle », et secourable (2.17-18).

2. Jésus plus grand que Moïse (ch. 3)

« Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur » (litt. thérapeute : celui qui soigne). Il a pris soin d’Israël, a intercédé pour lui… mais il n’a pas bâti la maison d’Israël. Jésus « a été jugé digne d’une gloire […] supérieure à celle de Moïse » (3.3). Lui seul a dit : « Je bâtirai mon Église. » (Matt 16.18) C’est ce qu’il a inauguré par sa mort et sa résurrection, et ce qu’il accomplit chaque jour par son Esprit.

Aussi il importe que ce peuple de pèlerins en marche ne soit pas comme celui d’Israël dans le désert, peuple caractérisé par « le péché » (3.17) et « l’incrédulité » (3.19).

3. Jésus plus grand que Josué (ch. 4)

Après la mort de Moïse, Josué a conduit le peuple au travers du Jourdain jusque dans la terre promise. Mais il ne leur a pas donné le repos (le repos de Dieu) dont le sabbat était une image (4.8).

Par contre, Jésus nous ouvre le repos de Dieu, d’où cette certitude absolue : « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (v. 3).

Ce repos n’est pas une invitation à la passivité : les pèlerins de la foi de la nouvelle alliance, comme ceux de l’ancienne, sont appelés à mêler les promesses de Dieu à une foi vivante. A leur suite, nous sommes vivement exhortés : « Empressons-nous donc (litt. : mettons tout notre zèle, tout notre cœur) d’entrer dans ce repos. » (4.11)

Mais où trouver l’énergie d’un tel empressement ? Nous disposons de deux ressources :

– La Parole de Dieu : la « séduction du péché » et « l’incrédulité » guettent les pèlerins de la foi, mais la Parole vivante et puissante est là pour agir sur leur cœur et sur leur conscience (4.12-13).

– Jésus, le « grand souverain sacrificateur » : les pèlerins sont-ils sans force et souffrants ? Ils ont pour eux quelqu’un qui a été éprouvé en toutes choses comme eux et qui est capable de compatir maintenant à leurs infirmités (4.15). Ils peuvent donc librement s’approcher de son trône par la prière. Miséricorde, grâce et secours sont en lui, pour eux (4.16).

4. Jésus plus grand qu’Aaron et sa sacrificature (ch. 5 à 10)

Aaron, le souverain sacrificateur, était un personnage important en Israël. Il était « appelé de Dieu » à cette place et cette fonction « d’honneur » (5.4). Il en fut de même de Christ (5.5). Mais la faiblesse était la part d’Aaron : il devait offrir des sacrifices aussi « pour lui-même » (5.3). Le sacrifice de Christ en contraste sera uniquement pour les autres.

La sacrificature de Christ est plus grande, car elle est « selon l’ordre de Melchisédek » et cumule les fonctions de roi de justice, de roi de paix, de sacrificateur (7.1-3) et elle touche à l’éternité : « sans père, sans mère, sans généalogie, il n’a ni commencement de jours ni fin de vie » (7.3).

Sous l’ancienne alliance, les sacrificateurs se succédaient car la mort les arrêtait (7.23), mais Jésus est ressuscité « selon la puissance d’une vie impérissable » (7.16) et il « est toujours vivant pour intercéder » pour les siens (7.25b). Aussi ceux qui s’approchent de Dieu par lui peuvent-ils être secourus (7.25a).

Aaron était médiateur dans l’ancienne alliance, alliance établie sur des promesses conditionnées par l’obéissance. Mais Jésus est « médiateur d’une meilleure alliance qui a été établie sur de meilleures promesses » (7.22 ; 8.6 ; 9.15).

Les multiples sacrifices offerts chaque année par Aaron le grand jour des expiations ne pouvaient ôter durablement les péchés ni purifier la conscience des adorateurs (9.9 ; 10.2-4). « Mais Christ, avec son propre sang, a obtenu une rédemption éternelle. » (9.11-12) « Par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » (10.14)

Aussi l’adorateur peut-il maintenant, en toute liberté, s’approcher de Dieu lui-même par le sang de Jésus (10.19-22).

5. Jésus plus grand que tous les héros de la foi (ch. 11 et 12)

Qu’est-ce qui unit tous ces hommes, ces femmes et ces anonymes du ch. 11, qui ont vécu au fil des siècles et qui, pour la plupart, ne se sont jamais connus ? La foi !

Ces personnes se sont fiées à Dieu avec, il est vrai, une connaissance fragmentaire et progressive de Dieu et de ses pensées. Leur foi les a poussés à agir : « par la foi » ils firent ceci ou cela.

Cette foi est au départ (et probablement en chacun de nous) élémentaire : « C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu. » (11.3) Avec Abel, la foi annonce, figurativement, le sacrifice de Jésus-Christ qui seul permet d’être agréé devant Dieu et de l’adorer en vérité. Alors on commence à marcher avec Dieu, comme Hénoc, en cherchant à lui plaire jusqu’à l’enlèvement. Comme Noé, le résidu futur d’Israël exercera cette même foi en traversant « la grande tribulation » et, gardé par Dieu, il entrera en possession d’une terre purifiée par le jugement.

La foi d’Abraham et de Sara a su écouter l’appel de Dieu, a su obéir à sa parole, a su compter sur ses promesses, sur sa fidélité, sa miséricorde, sa puissance pour les accomplir. Leur foi nous apprend aussi à attendre la cité céleste « meilleure » que celle des bâtisseurs de nos Babels contemporaines ! La foi d’Abraham éprouvé, celle de Jacob et de Joseph à la fin de leur vie, nous apprend à faire face à la mort dans la connaissance d’un Dieu plus puissant que la mort, d’un Dieu qui a le pouvoir de la résurrection.

La foi de Moïse, de Rahab, de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et d’une foule d’anonymes inconnus (mais bien connus de Dieu) nous apprend qu’elle seule peut être victorieuse du monde. Quelle galerie de héros ! Ils ont vécu par la foi, ils sont morts dans la foi, ils ont triomphé dans la souffrance par la foi.

Quelle « grande nuée de témoins » ! Elle nous a précédés ? Non point, mais « elle nous environne » ! Cela implique certainement que nous connaissons leur histoire. Témoins tous unis par une même foi, la foi qui nous habite à notre tour. C’est comme si l’Esprit disait aux pèlerins fatigués : vous n’êtes pas seuls sur le chemin difficile de la foi ; en tous temps, il a été difficile, car jamais tous n’ont eu la foi (2 Thes 3.2).

Pourtant, si béni que soit l’exemple de ces héros de la foi, en aucun d’eux nous ne pouvons reconnaître le Chef. Jésus seul a vécu sans aucune défaillance dans son chemin de foi avec Dieu. Aussi, incontestablement, il marche en tête de tous, et amène cette foi à la perfection. Après avoir enduré l’« opposition des pécheurs » (12.3), il a traversé dans la foi en Dieu l’épreuve suprême de la croix pour parvenir jusqu’au trône de Dieu où il est assis (12.1-2). Aussi, incontestablement, il marche à la tête de tous, pour amener la foi de chacun à la perfection.

C’est vers lui que tous les pèlerins de la foi sont finalement invités à regarder. « Rejetant le péché et tout fardeau », c’est vers lui qu’ils sont appelés à courir (12.1-2).

6. Jésus plus grand que les conducteurs (ch. 13)

Nous n’avons pas connu personnellement les témoins de « la grande nuée » du ch. 11. Mais le chapitre 13 fait référence à « vos conducteurs » (13.7) : ce terme semble indiquer des serviteurs que nous avons connus et surtout écoutés. Ils nous ont annoncé la Parole de Dieu. Ils avaient une connaissance profonde des Écritures. Ils ont marché patiemment en comptant sur Dieu dans les jours faciles de leur vie comme dans les jours d’épreuve. Ils ont « gardé la foi », « jusqu’au bout » (3.6 ; 6.11). Nous nous souvenons d’eux, mais ils nous ont quittés ; leur départ laisse un grand vide. Alors l’Esprit dresse devant nous le portrait d’un plus grand qu’eux : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. » (13.8) Lui ne change pas, ne passe pas. Il faut que le pèlerin de la foi dans le deuil, découragé, lassé, le sache.

Mais la grâce et la puissance du Chef de l’Église donne encore des conducteurs (13.17) : « ils veillent sur nos âmes » et nous devons leur « obéir ». Mais là encore, il faut que chacun garde son rang : Jésus est plus grand qu’eux. Il est « le grand berger des brebis » (13.20) que Dieu « a ramené d’entre les morts ». Ainsi le Père peut produire en nous « ce qui lui est agréable par Jésus-Christ, à qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! » (13.21)

Cher lecteur, pèlerin de la foi comme moi, aux prises avec la « séduction du péché » et avec les doutes de « l’incrédulité » (3.12,19), comme moi — sans force (4.5), souffrant (10.32), peut-être frustré matériellement (10.34), ployant sous des fardeaux (12.1), lassé, découragé (12.3) — toi et moi, nous avons un Seigneur vivant, glorieux et accessible. Il nous dit : « Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas. » (13.5) Dans notre marche vers lui, « le précurseur » (6.20), que notre foi soit toute en lui !

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