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Le blog de Dr André CHOUBEU

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LE RETOUR A L’ALLIANCE SOUVERAINE DE DIEU

2 Août 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE RETOUR A L’ALLIANCE SOUVERAINE DE DIEU

Introduction :

Le suivi méthodique du paysage prophétique montre deux choses irréfutables : ‘‘ Venez, retournons à l'Éternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; Il a frappé, mais il bandera nos plaies. Il nous rendra la vie dans deux jours; Le troisième jour il nous relèvera, Et nous vivrons devant lui’’ (Osée 6.1-2).

L’allure avec laquelle les prophéties touchant l’aspect eschatologique s’accomplissent, nous interpelle à plus d’attention et une prise de conscience pour un vrai retour a la base des principes apostoliques pour deux raisons :

1)      C’est notre vision

2)     C’est l’heure de la reformation apostolique qui exige l’architecture, l’onction et le retour exclusif aux principes apostoliques par l’engouement a l’application des quatre piliers de l’église, l’évangélisation, la sanctification et la purification de nos vies et de nos pensées pour une consécration sans faille a l’Eternel en vue de l’enlèvement très imminent.

Tout va du plan éternel de Dieu pour l’humanité pleinement exprimé dans les dispensations diverses. La dispensation est un  temps pendant lequel l’homme est éprouvé en fonction de son obéissance à une révélation spécifique de la volonté de Dieu. Cette définition suppose la conjonction de trois éléments : 

1- l’intervention de Dieu faisant connaître ce qu’Il requiert de la part de l’homme ;

2- la responsabilité pour l’homme de se soumettre aux exigences de cette révélation ;

3- un temps, appelé ordinairement un « âge, une économie », pendant lequel l’obéissance de l’homme à l’égard de la révélation reçue est éprouvée. 

Le terme « dispensation » en Anglais un sens légèrement plus étendu faisant référence a l’idée d’économie, de régime, et à l’action de dispenser et de régir, portant aussi une notion de temps, de période.  Une dispensation devient un âge pendant lequel un  certain  régime prévaut. 

Les dispensations constituent une révélation progressive des voies de Dieu à l’égard de l’homme. Elles concernent soit toute la race, soit un peuple particulier, Israël, Eglise, une nation, une tribu, etc... en sept points suivants : 

  1. l’Innocence (Genèse 1.28)
  2. la Conscience ou responsabilité morale (Genèse 3.7)
  3. le Gouvernement humain (Genèse 8.15)
  4. la Promesse (Genèse 12.1)
  5. la Loi (Exode 19.1)
  6. l’Eglise (Actes 2.1)
  7. le Royaume (Apocalypse 20.4)

Ces choses nous devons le savoir est la compréhension très précise des Ecritures Saintes dans laquelle le Saint-Esprit nous convie à réexaminer pour une profonde compréhension : 

LA FECONDITE

 ‘‘Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre’’ (Genèse 1.28).

La première alliance ainsi conclut est une véritable charte contenant des privilèges accordés à l’homme ; elle est à la base de tout véritable progrès matériel ou scientifique. Bien que doté dès l’origine d’une intelligence parfaite, l’homme ne connaît pas, au départ, tous les secrets de l’univers ; ses capacités d’apprendre sont limitées. Il devra faire des investigations pour comprendre le pourquoi et le comment de certaines choses qui l’entourent. Ainsi, il pourra selon la volonté de Dieu pour lui, assujettir l’univers, c’est-à-dire d’acquérir connaissance et maîtrise de son environnement et d’en soumettre les éléments pour servir la race humaine. 

Installation de l’homme comme roi de la création. 

La domination de la terre dont la bénédiction ne porte pas seulement sur l’augmentation de la famille et du peuple, est toujours considérée de tout temps comme l’un des plus grands bienfaits temporels ; à cette première faveur de la fécondité, que l’homme partage avec les animaux, s’en ajoute une seconde qui lui est propre : la souveraineté sur tous les autres habitants de la terre. Cette souveraineté est pour le moment toute pacifique ; plus tard, après le déluge (Genèse 9.2), elle se réalisera par la force. Il est manifeste que le troisième terme : tout animal qui se meut sur la terre, comprend les trois classes créées au sixième jour, comme ayant, en opposition aux oiseaux et aux poissons, ce caractère commun d’habiter la terre avec l’homme. 

L’humanité ne devait, ni ne pouvait être le partage d’un seul individu bien qu’aujourd’hui, la mégalomanie, le despotisme, l’autoritarisme et plusieurs autres ismes viennent chaque jour élargir cette gamme impie. Sans doute, Dieu dans sa sagesse infinie, bien qu’il entrevoyait par plusieurs en seul, Dieu ne créa pas, pour commencer, une multitude d’hommes parce  que cette terre n’avait pas été formée pour un seul. Nous devons ouvrir les yeux sur l’importance de la pensée divine sur l’importance de plusieurs ensembles car dans la création divine, le un tout seul n’existe nulle part. D’ailleurs, dans celui qui est UN par excellence, il y a une pluralité, comme nous l’avons vu. Ce que Dieu a voulu créer, c’est donc l’espèce humaine et non pas un homme. Aussi nous est-il dit (Genèse 1.27) qu’il créa deux êtres humains, l’homme et la femme. Nous verrons bientôt de quelle manière il y procéda. 

Quand Dieu annonçait au premier homme que sa postérité remplirait toute la terre, il ne semblait pas que cela fût possible ! Cependant, bien qu’au moment du déluge, toutes les branches de ce grand arbre aient été retranchées sauf une, la branche qui fut conservée, alors s’est ramifiée de manière à remplir notre globe. Que Dieu est admirable dans ses œuvres ! Il est sans doute de grandes portions de la terre qui manquent encore d’habitants. Mais la Parole de Dieu se réalisera. Et quand la terre sera complètement couverte d’êtres humains, alors aussi, nous l’espérons, la connaissance de Dieu l’enveloppera tout entière. Quel temps que celui-là, et comme nous devons le hâter par nos prières ! 

L’homme, quand il fut créé, était destiné à glorifier le Père, le Fils et le Saint Esprit. Nous sommes baptisés en Son Nom, nous ne pouvons demeurer sur terre que par Lui. (Il n’y a que l’âme de l’homme qui ne peut rechercher l’image de Dieu). Au début, l’homme a été créé juste, (Ecclésiaste 7.29). Son intelligence a su discerner clairement les préceptes divins ; il n’a commis aucune erreur ni faute dans la connaissance des Préceptes divins ; il a consenti immédiatement, en toutes choses, à suivre la volonté de Dieu. Ses pensées n’étaient pas détournées, et il ne s’est pas dirigé vers de mauvaises passions. Ses pensées ont été tout de suite polarisées vers les meilleurs sujets. Nos premiers parents étaient ainsi, dans un état de sainteté, heureux, ayant l’image de Dieu en eux. Mais maintenant, combien cet aspect de Dieu, aux yeux de sa créature, est défiguré ! Que le seigneur inonde nos âmes de Sa grâce ! 

Remplissez la terre et l’assujettissez. Le pouvoir de l’homme, roi semblable à Dieu, s’étend d’abord sur son domaine naturel, le sol ferme du troisième jour ; il conquiert ensuite en les cultivant, les royaumes créés lors des trois premiers jours, et domine sur toutes les créatures apparues les trois jours suivants (Psaumes 8.5-8). 

‘‘Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit’’ (Matthieu 28.19) 

Dans cet ordre suprême de Jésus à ses apôtres et à son Église, chaque mot doit être pesé.

 — Allez donc, dit-il : les disciples de Jésus doivent aller et ne point attendre que les nations viennent à eux, ce qui n’arriverait jamais. Et comme cet ordre est permanent, il est la charte de l’œuvre des missions.

Le mot grec traduit par nations désigne un groupe de personnes de même culture et de même apparence. On les appelle aujourd’hui « groupes ethniques ». Chaque pays compte plusieurs de ces « nations » ou « groupes ethniques ».

Notre conversion insinue une union avec Christ comme épouse

‘‘Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure’’ (2 Cor 11.20).

Dans tout mariage, une fois la bénédiction nuptiale achevée, la consommation du mariage ne se fait jamais attendre au risque de créer la frustration dans le cœur impatient du conjoint et poser un mauvais fondement de suspicion dans le foyer. Eventuellement, l’union du couple dans l’intimité a pour finalité entre autres buts, la procréation. Dans le contexte de l’inion avec Christ, les fruits de l’union sont inévitablement :

1)   la nature de Christ en nous :

Jean  15.4 : Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.

Jean  15.5 : Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

Jean  15.6 : Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.

Jean  15.7 : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

Jean  15.8 : Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples.

2)  la procréation des fils en Christ :

1Cor 4.17 : Pour cela je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur; il vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, quelle est la manière dont j'enseigne partout dans toutes les Églises.

1Timothee 1.2 : à Timothée, mon enfant légitime en la foi: que la grâce, la miséricorde et la paix, te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Seigneur!

Tite 1.4 : à Tite, mon enfant légitime en notre commune foi: que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Sauveur!

Philémon 1.10 : Je te prie pour mon enfant, que j'ai engendré étant dans les chaînes, Onésime,

2Timthee 1.2 : à Timothée, mon enfant bien-aimé: que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Seigneur!

2Timothee 2.1 : Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus Christ.

3)  Toutes activités dans la vision de l’Eglise, Corps de Christ

Parce que Jésus est maître de l’univers, nous devons aller et établir son règne aux quatre coins du monde. Il est Seigneur de toutes les nations, c’est pourquoi nous devons aller vers toutes les nations pour amener tous les hommes à fléchir les genoux devant Christ, le Roi divin, l’Ancien des jours.

4)  La fidélité à l’ordre missionnaire qui consiste à faire des disciples

Témoigner, gagner des âmes pour Christ et non seulement pour sa congrégation (Mt 16.18)

5)  Investir pour l’expansion du royaume de Dieu sur la terre afin de hâter le retour de Christ (Matthieu 24.14) 

Les principales leçons de la grande commission :

(1) Allez, implique un combat agressif. L’armée de l’Évangile doit se déplacer vers les nations. Le combat du guerrier de l’Evangile doit être défensif et offensif. On ne saurait s’aventurer dans une guerre où le risque de la mort est grand en se maintenant dans une négligence coupable aussi petite soit elle. Le Seigneur cherche un empire universel, et envoie ses armées pour conquérir le monde. Chaque église, et chaque disciple doit comprendre qu’il doit obéir aux ordres. 

(2) Les injonctions contenues dans l’expression du Seigneur sont non seulement formelles, mais appellent à une consécration totale, loin de tout compromis. Allez et faites sont l’expression d’un ordre sans possibilité d’une impunité. Les mots ici puisque le croyant est un soldat dans l’armée du Seigneur sont des ordres auxquels toute non exécution entraine une peine de mort parce que la désobéissance dans ce cas constituerait simplement une trahison, une rébellion. Chaque saint doit aller, ou faire en sorte que l’évangile avance, mais l’objectif est fixé : chacun doit faire des disciples, ou élèves de Christ ; non des grands philosophes, mais « des enfants en Christ », qui doivent entrer à l’école de Christ, pour y être ensuite enseignés (1Cor 3.1). Sommes-nous encore tous dans la course ? Combien parmi nous se vantent d’être encore enfant de Dieu alors que c’est depuis longtemps qu’ils ont été retranches du cep faute de fruit ? 

(3) Qui doivent être faites des disciples est ensuite indiqué. Non seulement les Juifs, des homes de notre tribu, famille, notre nation, mais toutes les nations. Avons-nous prêché à un seul étranger ? Christ est venu pour être le Sauveur du monde. L’épreuve de presque vingt siècles montre que le christianisme n’est pas local ou national, mais qu’il est adapté aux besoins de toute l’humanité. 

(4) Il est ensuite indiqué comment ces disciples doivent être faits. En les baptisant. Le baptême est l’expression extérieure de notre foi intérieure. C’est l’acte par lequel ceux qui croient en Christ doivent être formellement inscrits et reconnus dans l’école de Christ. De là, si nous lisons l’œuvre de ses apôtres suite à cette instruction, nous voyons que ceux qui se convertissaient étaient tout de suite baptisés (Actes 2.38-41 8.12-18). 

(5) La finalité, le résultat du baptême, sont aussi décrits : les convertis doivent être baptisés « au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ». Une affirmation de l’Ancien Testament nous déclare que là où le nom du Seigneur est invoqué, il rencontrera ses disciples (Exode 20.24). Loin d’être une simple formule, l’expression ‘‘au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit’’ enseigne une vérité incontestable :

Au nom du Père : retourner avec des larmes de repentance au Père, Créateur de toute chose contre qui nous avons été rebelles par notre vie de péché. Nous constaterons que ceux qui venaient a Jean Baptiste confessaient leurs péchés en premier et ils étaient baptises ensuite.

-   Au nom du Fils : Apres la chute, le Père promis en Genèse 3.15, un fils qui écraserait la tête du serpent. Se faire baptiser au nom du Fils consiste à croire que Christ est le Fils promis qui par son sacrifice sur la croix a accompli la promesse de la rédemption pour notre salut complet.

- Au nom du Saint-Esprit : Initialement, l’homme est créé pour fonction indépendamment, mais pour une victoire qui ne peut être dissociée des principes de l’Esprit de Dieu. Se baptiser au nom du Saint-Esprit consisterait simplement à se remettre au Saint-Esprit pour notre régénération par le façonnement du caractère de Dieu en nous tel que contenu en Christ, le dieu manifeste en chair et quia vécu au milieu de nous pour nous servir de modèle au service de Dans tant par sa vie, ses actes, ses paroles, ses pensées, son zèle pour l’œuvre de Dieu que son attitude et comportement. 

Ainsi, au cours de la rencontre des trois personnes de la trinité par le baptême au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, une chose importante se manifeste : le Père le reçoit comme un enfant, le Fils le reçoit comme un frère, et le recouvre du manteau de sa pureté, le Saint-Esprit le dote de cet Esprit par lequel il peut dire « Abba, Père. » « Au nom de » peut aussi être l’équivalent à : sur ordre de, dans la présence de  ou dans le Père, et dans le Fils, et dans le Saint-Esprit. 

Par ailleurs, baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est baptiser avec l’assurance que toutes les grâces dont le Dieu trois fois saint est la source seront communiquées au croyant, qu’il est reçu par le baptême dans la communion du Père, source éternelle de tout amour, de toute vie ; dans la communion du Fils, qui l’a racheté et qui fait de lui un membre vivant de son propre corps ; dans la communion du Saint-Esprit, qui l’éclaire et le sanctifie. Telle est la riche et profonde signification du baptême chrétien, qui a pour fruit la purification et la régénération par le Saint-Esprit (Jean 3.5 ; Tite 3.5).

Nous trouvons ainsi dans cette solennelle parole de Jésus-Christ une révélation complète de Dieu, tel que l’Église le connaît et l’adore et tel qu’il répond seul aux profonds besoins de notre âme. L’Écriture, en effet, ne présente pas les rapports de ces trois Êtres de l’essence divine comme objets de spéculation, mais comme la source de toutes les grâces qui sont indispensables à la vie spirituelle (2Cor 13.13). Ôtez à la foi l’un de ces noms divins, avec les dons qu’il nous garantit, et aussitôt le chrétien sentira une diminution dans sa foi, dans sa vie ou dans son espérance. 

LA PRESERVATION DES ACQUIS 

‘‘L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder’’ (Genèse 2:15).

Alliance du jardin d’Eden que Dieu conclut avec l’homme :

-          le plaça dans le jardin d’Eden

-          lui donne autorité sur la terre

-          lui confia un travail intelligent et utile

-          accorda à l’homme une grande liberté avec une seule restriction afin que l’obéissance de l’homme soit volontaire

-          créa une compagne appropriée pour l’homme en Eve (la femme)

-          unit l’homme et la femme par le mariage

-          prit l’initiative de vivre en communion avec l’homme 

L’Éternel Dieu prit l’homme. C’est ici à proprement parler le commencement de l’histoire de l’humanité. Pour le cultiver. Sa position dans le jardin comme gérant l’appelle au travail, car le travail est la condition de tout développement, et Dieu veut pour l’homme le progrès. Mais ce travail ne devait rien avoir de servile ; c’était celui du jardinier au milieu de ses plantations. L’expression pour le garder va au-delà de la simple notion du titre de propriété et s’étend à sa préservation des bêtes féroces ou de tout potentiel danger pouvant conduire a sa non productivité ou autre aspect qui nuirait a l’atteinte des objectifs divins pour le jardin.

Il s’agit donc de le garder contre un ennemi d’une toute autre nature, qui aspire à s’en rendre maître et qui ne tardera pas à paraître. Cette première tâche d’Adam, qui ne se rapportait qu’au jardin, laisse entrevoir celle de l’humanité à l’égard de la terre entière ; faire du monde un Éden, et de cet Éden le théâtre du règne de Dieu, voilà la tâche qu’Adam était appelé à inaugurer, Dieu dans sa souveraineté entrevoyant ce que Satan tramait contre Adam. Celui ne comprit sans doute pas Dieu dans sa vision avancée, l’immédiat pour lui étant le résultat du champ qui contribuerait a sa ration alimentaire. 

Nous ne devons pas croire qu’avant son péché l’homme n’eût aucune occupation. Par cela même qu’il avait été fait à l’image de Dieu, l’activité, le goût de l’ordre et de l’arrangement devait être une nécessité de sa nature. Il avait six jours pour ce genre de travail, puis venait le jour béni et sanctifié. Mais l’homme faisait son travail sans fatigue, sans contretemps, sans mécomptes, et son repos n’était pas plus commandé par la lassitude que ne le fut celui dont Dieu se reposa après avoir achevé son œuvre. Cela étant, nous comprenons tous, jeunes et vieux, que l’oisiveté est peu honorable pour l’homme. Vivre sans rien faire est une vraie dégradation. Au contraire, vivre d’une vie occupée, c’est vivre une vie semblable à celle de Dieu comme à celle d’Adam avant sa chute, pourvu toutefois, il convient de le noter, qu’on s’occupe à de bonnes choses et qu’on rapporte son travail à Dieu, car Dieu lui-même n’agit que pour sa gloire. 

Au delà du simple mot garder le jardin dans sa signification française, il s’agirait aussi charge religieuse, celle de conserver la sainteté de la demeure de Dieu. L’usage du même verbe samar dans Genèse 3.24 ‘‘pour garder le chemin de l'arbre de vie’’ expliquerait mieux cet autre aspect qui démontrerait que la sainteté de Dieu doit être préservé ou Il réside. Dieu réside dans notre corps et notre corps qui est son temple doit être préservé saint. 

Mat 28:20  et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

Nous constaterons que l’expression Garder employée pour attribuer la tache a Adam dans le jardin d’Eden est utilisée dans les versions TOB,  la Bible Segond Révisée, Bible Annotée, Darby, La Bible de Martin, Nouvelle Bible Segond et Ostervald et pratiquer dans la Bible en Français Courant pour designer Observer.

Il devient évident que gagner des âmes pour christ ne suffit pas, mais qu’il faut assurer leur suivi jusqu'à ce qu’ils deviennent disciples accomplis. Nous nous plaignons que plusieurs ont abandonné la foi, mais quel travail avons-nous effectué auprès d’eux et quelle a été notre vie devant eux ?

Dans l’ordre formel de Jésus : et je serai toujours avec vous jusqu’à la consommation du temps, nous comprenons que ce qui seul en rend possible l’accomplissement, est cette solennelle promesse qu’il leur fait d’être avec nous tous les jours, nous assistant de sa présence divine, agissant en nous et par nous, par la puissance de son Esprit. Cette précieuse promesse qui est elle-même une nouvelle preuve de son éternelle divinité, a été visiblement accomplie depuis dix-neuf siècles, et elle le sera jusqu’à la consommation du temps.

Cette dernière scène de l’évangile de Matthieu couronne dignement tout son livre, dont le but était de prouver au peuple d’Israël la dignité messianique, la royauté éternelle de Jésus. Du premier mot jusqu’au dernier, tous les actes et tous les discours du Sauveur rapportés dans ce livre fournissent cette preuve dans une grande et vivante unité. Alors, Jésus est-il vraiment notre Roi en toute chose et pour toute chose en tout temps et en tout lieu ? 

Conclusion :

Nous comprenons simplement que dès la création, le Dieu de l’éternité a dans sa prescience, projeté des le début, son projet de société pour l’homme :

-          la croissance numérique par la multiplication et non par l’addition. Le père donne le fils et la fille et chacun devenu grand va continuer la procréation pendant que le père de son cote continue lui aussi la même mission. Dans le jardin d’Eden, cette tache a été donnée à l’homme par Dieu dans le domaine biologique. Tout homme se doit de procréer pour accomplir l’une des lois naturelle de Dieu. Adam était le père de cette phase de l’Ancienne alliance

Dans le nouveau Testament, Jésus christ, le second Adam est le père de la Nouvelle Alliance. En sa double qualité de Dieu parfait et d’homme parfait, il prescrit pour la nouvelle création, une procréation spirituelle. Chaque croyant réellement né de nouveau, doit faire des disciples jusqu'à la fin de sa vie sur terre. N’est-il pas cet arbre planté auprès d’un cours d’eau et qui porte du fruit en toute saison ? Psaumes 1.3 dit : Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu'il fait lui réussit’’.

De même que tout arbre qui ne porte pas du fruit sera coupé et jeté au feu, de même, tout serviteur inutile sera jeté dans les ténèbres du dehors (Mt 25.30).

-          Adam avait la lourde responsabilité de veiller sur le jardin, l’entretenir afin qu’il porte du fruit. Il devait aussi le préserver de toute attaque de l’ennemi afin qu’il soit toujours un lieu de la présence de Dieu. Jésus prescrit que les disciples qui ont été gagnés pour son royaume doivent être enseignés selon ses prescriptions afin qu’ils atteignent la maturité et deviennent a leur tout des personnes ressources pour l’élargissement du royaume. Combien de disciples sont-ils inscrits dans notre actif devant Dieu ? Sont-ils toujours debout et gardant la sainteté de Dieu ? 

Peut-on à ce jour affirmer que  Jésus n’est pas seulement avec nous, mais qu’Il est aussi en nous. Son Saint-Esprit vit en nous (Jean 14.17). C’est Lui qui nous rend capables d’être les disciples de Jésus et ses témoins (Actes 1.8). Si Jésus est en nous, nous avons également son autorité en nous. Savons-nous que tout le pouvoir et toute l’autorité sur l’univers nous appartiennent en Christ ! Quand nous parcourons le monde, Christ nous accompagne ; nous ne serons jamais seuls. « Et voici : Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »484121_482138641815708_836323825_n.jpg 

L’Apôtre Jean conclut son livre par : Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens bientôt. Amen! Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous! (Apoc 22.20-21).

Peut-on aujourd’hui dire sans peur de l’incertitude : Viens Seigneur Jésus ?

Dr André CHOUBEU

 

 

 

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COURIR POUR ATTEINDRE LE BUT, MAIS COMMENT ?

18 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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1 Cor 9.24-27 

Introduction :

Il est évident que la marche chrétienne est une course vers l’éternité. Toute piste cyclable est bâtie selon des principes olympiques et le coureur qui s’y engage doit respecter les principes établis au risque d’être disqualifiée. Comment faisons-nous notre course et quelle finalité donnons-nous a notre course ?

La question mérite une attention particulière afin de ne pas courir ou avoir couru en vain.

  1. 1.      Etre sélectionné

a)      Un athlète doit être sélectionné.

Dans le cadre du ministère, la sélection se fait dans le corps de Christ,

b)     Pour être sélectionné, il faut appartenir à une équipe

Le membre l’est à partir d’une église locale à laquelle on est membre pratiquant.

Le diplôme, critérium de la sélection est l’engagement aux eaux du baptême, le baptême du Saint-Esprit et la souffrance pour Christ dans un esprit d’obéissance et de soumission absolue

c)      Il faut s’entrainer pour acquérir une technique et une tactique

L’entraineur est le Saint-Esprit qui nous conduit dans la pratique de la volonté de Dieu.

La tactique est la Parole de Dieu

d)     Un athlète doit avoir un entraineur à qui il se soumet

Pour s’entrainer rationnellement et avoir un résultat approuvé, il faut l’obéissance assidue aux entrainements. "... l'obéissance vaut mieux que les sacrifices " (1 Samuel 15-22). 

  1. 2.      S’entrainer

-          Soumission, être humble, disposé, écouté et être enseignable

-          Mise en pratique de l’enseignement reçu

. Exercer les méthodes données (tactique)

  1. 3.      Le courage

Un athlète doit faire face aux obstacles, a l’adversité (Exode 14.5-9)

-          L’Egypte symbolise le monde et son système

. mauvaise compagnie, désir du monde, désir de la chair

. la mer rouge symbolise les obstacles sur le chemin (environnement, ennemis visibles et invisibles, notre propre corps, l’entourage, le manque de support matériel et financier, nos problèmes personnels

  1. 4.      L’autorité

Nous sommes établis (Jérémie 1.10)

Une fois entrainé, nous pouvons exercer l’autorité (Exode 14. 15,16)

Nous pouvons prendre l’autorité sur notre environnement, notre propre corps, nos ennemis physiques et spirituels

  1. 5.      Oser

Nombres 13.30

Pour remporter le prix, un athlète doit se surpasser, mettre sa propre stratégie en place.

Nous devons nous surpasser pour atteindre notre but qui est la vie éternelle (Marc 14.3)

Un athlète doit oser lors d’une compétition sur un terrain pour attirer l’attention du dirigeant (Seigneur Jésus Christ), les supporteurs (église locale) et les spectateurs (environnement)

Ce n’est que cela qui lui fera atteindre le but.

Le terrain sur lequel l’athlète doit compétir symbolise la vie de notre ministère

L’athlète doit se surpasser, s’adonner avec une volonte ferme, déterminer à faire ou a créer les techniques sans qu’on le lui dise pour attirer l’approbation de son Maitre qui l’a enrôlé, manifestant les stratégies mises en place par son entraîneur, le Saint-Esprit qui impacteront dans la vie des spectateurs que sont les membres de l’église locale et notre environnement

La foi " ... est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. " (Hébreux 11-1). En effet, Dieu nous parle selon un langage que nous pouvons saisir. Lorsqu'Il avance de la sorte ces termes, Le Père nous fait comprendre que nous ne devons pas croire en des choses incertaines, inconnues à Lui (son Esprit). Il faut comprendre que les croyants en Christ ne sont pas les seuls à avoir la foi! Les musulmans ont leur foi en Allah, les boudhistes en Boudhah, les francs-maçons au Grand-architecte, Etc.

Voyons ce que le dictionnaire dit au sujet de la foi:

 La foi est un nom féminin singulier qui signifie :

 _ fait de croire

 _ assurance de sa fidélité

 _ croyance fervente, assurée

 _ confiance absolue en quelqu'un

 _ conviction, confiance en quelque chose, en une idée.

Les expressions de la foi sont :

 _ bonne foi = qualité de celui qui agit avec droiture et en obéissant à sa conscience

 _ faire foi = être totalement fiable

 _ sur la foi de = sur le témoignage de, sur la garantie du témoignage de

A la différence de ces approches au sujet de la croyance, la foi biblique, celle sans laquelle " ... il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. " (Hébreux 11-6) a une source unique bien connue.

" Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ. " (Romains 10-17) 

  1. 6.      Tenir ferme

Connaitre maintenir sa position jusqu’a la fin. Un athlète doit garder sa relation et sa position jusqu'à la fin. Josué et Caleb sont deux exemples frappant qui seuls des 600.000 hommes d’élites tirant l’épée qui sont arrives a Canaan, les autres étant tombés dans le désert par suite de rébellion

Dr André CHOUBEU

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SOLI DEO GLORIA (5e formule)

14 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Frank Horton

Dans le dernier numéro de PROMESSES, nous avons consacré un article à la quatrième formule des cinq soli: «Sola Fide». Les 120 pasteurs, théologiens et éducateurs réunis à Cambridge en avril 19961 réaffirmèrent la conviction des Réformateurs en déclarant que «la justification est par la grâce seule au travers de la foi seule [c’est nous qui soulignons] grâce au Christ seul», et d’ajouter que «la justification ne repose sur aucun mérite qui nous soit propre, ni sur la base d’une infusion de la justice de Christ en nous par voie sacramentelle »2.

Dérapage

La Déclaration de Cambridge se consacre ensuite à la cinquième et dernière formule: «Soli Deo Gloria», et constate avec inquiétude la quasi-disparition, dans nos milieux évangéliques, d’une adoration centrée sur Dieu. Voici un extrait de ce qu’elle dit:

«Partout où, dans l’Eglise, l’autorité biblique a été perdue, le Christ a été déplacé, l’Evangile a été biaisé ou la foi pervertie, cela a toujours été pour une seule raison: nos intérêts ont remplacé ceux de Dieu et nous appliquons nos méthodes à l’accomplissement de son œuvre. Que Dieu ne soit plus au centre de la vie de l’Eglise aujourd’hui est un fait répandu et lamentable. C’est cette perte qui nous permet de transformer l’adoration en divertissement, la prédication de l’Evangile en marketing, la foi en une technique, l’éthique en appréciation agréable de nousmêmes, et la fidélité en une quête du succès. En conséquence Dieu, le Christ et la Bible ont perdu une grande partie de leur valeur à nos yeux et ne pèsent plus beaucoup pour nous»3.

A ce sujet, le théologien Alfred Tozer écrivait il y a plus de quarante ans: «L’Eglise a abandonné la notion élevée de Dieu qu’elle avait autrefois, pour lui substituer un concept ignoble, indigne d’hommes capables de réflexion et d’adoration. Et elle a fait cela, non pas de propos délibéré, mais peu à peu, sans s’en rendre compte; et son inconscience rend sa situation d’autant plus tragique. Cette façon de concevoir Dieu, presque universelle parmi les chrétiens, est la source d’une centaine de moindres maux partout au milieu de nous. Une philosophie nouvelle de la vie chrétienne est la conséquence de cette faille fondamentale dans notre pensée religieuse»4.

J. M. Boice pose la question: «La situation s’est-elle améliorée au cours de ces dernières décennies? Il semble bien que non. Au contraire, notre obsession grandissante pour les banalités insignifiantes de la télévision, notre addiction aux divertissements égocentriques et la mondanité de notre culture n’ont fait qu’aggraver la situation. Et le plus triste dans tout cela est le fait que la plupart des chrétiens ne se rendent même pas compte de ce qui se passe»5.

Question insidieuse

Que Dieu cherche sa propre gloire est une affirmation parfois mal comprise et qui mérite, par conséquent, une explication réfléchie. Car la question a été posée: «Cette recherche n’est-elle pas égoïste?» Les a priori derrière cette question frôlent le sacrilège, en ce qu’ils rabaissent Dieu au niveau de l’humanité pécheresse, égocentrique. Non! Dieu désire la louange car il est digne d’être loué; il demande à être exalté à cause de sa grandeur et de sa bonté; bref, il veut être reconnu, apprécié, pour ce qu’il est. Cela nous conduit à nous pencher sur la notion biblique de la Gloire de Dieu, pour mieux la cerner.

La Gloire de Dieu dans l’Ecriture

La gloire de Dieu, c’est le rayonnement qui se dégage de sa personne, l’éclat insoutenable de toutes ses perfections. La Bible compare cette gloire à un feu dévorant qui éblouit, aveugle, et inspire la crainte, le respect, l’adoration; l’homme ne peut la voir tout entière et vivre. Pourtant, ceux qui ont une rencontre avec le Seigneur en perçoivent quelque chose: Israël et Moïse devant le tabernacle, Salomon lors de la dédicace du temple, Esaïe au moment de sa vocation, Ezéchiel dans sa vision, etc. La gloire divine est révélée dans la création et particulièrement dans l’homme formé à l’image du Seigneur; elle se manifeste au moyen des jugements; elle éclate surtout dans la rédemption offerte au monde entier. Cette gloire inaccessible du Dieu d’Israël s’est approchée de nous: en Christ nous avons pu la contempler et l’aimer sans être consumés par elle. Jésus l’a montrée par ses miracles, par sa sainteté parfaite, lors de sa transfiguration, de sa résurrection et de son ascension. Bientôt le Seigneur de gloire reviendra dans tout l’éclat de sa majesté pour juger et pour régner.

Par conséquent, rendre gloire à Dieu, ou donner gloire à Dieu, c’est le louer, lui rendre honneur, exalter et célébrer ses perfections (de là vient le terme de doxologie, formule de prière rendant gloire à Dieu). Glorifier Dieu, c’est donc lui rendre hommage, le reconnaître comme le seul souverain, et la source de tout bien. Celui qui se glorifie lui-même commet la faute grave de voler à Dieu l’honneur qui lui est dû, à lui seul. Cependant, glorifier Dieu ne se limite pas au «sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom» (Héb 13.15). Jésus n’est-il pas notre modèle quand il dit au Père: «Je t’ai glorifié sur la terre; j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire» (Jean 17.4).

Chose merveilleuse: le but cherché par Dieu est que sa gloire soit manifestée dans une relation bipartite. D’une part, il révèle sa gloire dans d’innombrables actes de générosité gratuite; et d’autre part, ses enfants répondent en lui donnant gloire par leurs actions de grâce pour tout ce qu’ils ont vu et reçu. Et par leur vie consacrée à l’obéissance, au service et au témoignage. L’homme a été créé en vue de cette communion réciproque dans l’amour, et la rédemption en Christ la rend possible pour des êtres déchus. Si Dieu a du plaisir en révélant sa bonté à ceux qui la reçoivent, il n’en est pas moins vrai que l’homme trouve son épanouissement et son bonheur en contemplant la gloire de Dieu, en lui adressant la louange et en lui consacrant sa vie. A ce sujet le Petit Catéchisme de Westminster pose en première question: «Quel est le but principal de la vie de l’homme? » puis répond: «Le but principal de la vie de l’homme est de glorifier Dieu et de trouver en lui son bonheur éternel»6. Nous comprenons, alors, pourquoi la théologie de la Réforme a tellement insisté sur ce principe: Soli Deo Gloria, et pourquoi nous avons besoin aujourd’hui de le redécouvrir et de le réaffirmer.

Tout est de lui, par lui et pour lui!

Pour être capables de rendre à Dieu la gloire qui lui est due, essayons de saisir quelque chose de l’origine, de l’étendue et du but de ses œuvres. Paul nous rappelle qu’«il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes»7.

Tout dans la création a sa source en Dieu, est soutenu par son pouvoir renouvelant, et a pour but sa gloire8. La création de l’homme s’inscrit dans ce contexte: nous lui devons notre existence et notre bien-être de tous les jours, de même que notre raison d’être - le glorifier! Antidote efficace contre la recherche égoïste du gain et du bonheur.

Le salut est de Dieu. C’est lui qui l’a conçu et réalisé, c’est lui qui l’amènera à la perfection. Son accomplissement est par Dieu, au travers de l’œuvre du Christ à la Croix; sa réalisation quotidienne en nous est aussi par Dieu, grâce à l’action de son Esprit; et tout cela est pour sa gloire. Les quatre soli examinés dans les articles précédents: sola scriptura - l’Ecriture seule - solus Christus - l’œuvre du Christ seul - sola gratia - la grâce seule - et sola fide - la foi seule - tout, tout, tout, vient de Dieu, est réalisé par lui, et conduit à un seul aboutissement: soli Deo gloria - à Dieu seul la gloire!

Enfin, le jugement est de Dieu. Il sera exercé par Celui à qui il a délégué l’accomplissement de toutes ses œuvres - son Fils - et retentira à sa gloire9.

En conclusion

Laissons le mot de la fin à la Déclaration de Cambridge: «Dieu n’existe pas pour satisfaire nos ambitions humaines, nos convoitises, notre appétit de consommation, ni même nos intérêts spirituels personnels. Nous devrions de nouveau centrer notre adoration sur Dieu lui-même, plutôt que sur la satisfaction de nos besoins personnels. Dieu reste souverain dans l’adoration, et non pas nous. Nos soucis devraient concerner le royaume de Dieu et non pas notre propre sphère, notre popularité ou notre succès»10.

«Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles! En effet, qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour? Tout est de lui, par lui et pour lui! A lui la gloire dans tous les siècles. Amen!»11

Notes :
1 Voir dernier numéro (140 ; avril - juin 2001) de PROMESSES.
2 Ibid.
3 Cité dans PROMESSES n° 120, 1997/2, p. 14s.
4 Cité dans «Whatever Happened to the Gospel of Grace?», J. M. Boice, Crossway Books, Wheaton, IL, 2001, p. 151.
5 Ibid.
6 Les Textes de Westminster, Editions Kerygma, Aix-en-Provence, 1988, p. 65.
7 1 Co 8.6; cf. Eph 4.4,6; Col 1.16.
8 Ps 19.2-4.
9 Ap 14.6.
10 PROMESSES n°120, 1997/2, p. 15.
11 Rom 11.33-36.

 

 

 

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SOLA FIDE (4e formule)

14 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

SOLA FIDE  (4e formule) 

Frank Horton

Dans le dernier numéro de PROMESSES, nous avons consacré un article à la troisième formule des cinq soli: «Sola Gratia». Les Réformateurs exprimaient ainsi leur conviction que «par le salut nous sommes délivrés de la colère de Dieu, et cela par sa grâce seule. (…) Nous déclarons que le salut n’est en aucun sens une œuvre humaine.»

Les 120 pasteurs, théologiens et éducateurs mentionnés dans les articles précédents, réunis à Cambridge en avril 1996, constatèrent avec inquiétude les dérapages des milieux évangéliques inspirés par une fausse confiance dans les capacités humaines. L’estime de soi, l’évangile de la santé et de la richesse, la vente du message évangélique à des pécheurs devenus «consommateurs complaisants»… tout cela dénature la doctrine de la justification et la réduit au silence.

La Déclaration de Cambridge continue: «Nous réaffirmons que la justification est par la grâce seule au travers de la foi seule grâce au Christ seul. Par la justification, la justice de Christ nous est imputée comme unique satisfaction possible de la justice parfaite de Dieu.

«Nous déclarons que la justification ne repose sur aucun mérite qui nous soit propre, ni sur la base d’une infusion de la justice de Christ en nous par voie sacramentelle. Nous déclarons même qu’une institution qui prétend être une église mais qui refuse ou condamne la sola fide ne peut être reconnue comme une église légitime.»1

Cerner la foi

Mais sommes-nous sûrs d’avoir compris ce que veut dire la Bible quand elle parle de «foi»?

«Il y a plusieurs années, un responsable d’organisme chrétien international destiné à la jeunesse me demanda de regarder, avant sa distribution, un film de formation produit par ce groupe. Le sujet en était l’évangélisation, et le film enseignait aux jeunes à ne pas direaux non-croyants qu’ils devaient obéir à Christ, lui donner leur cœur, lui consacrer leur vie, se repentir de leurs péchés, se soumettre à la souveraineté du Seigneur et le suivre. D’après le film, informer les non-croyants de telles choses ne ferait que compliquer le message de l’Evangile. Le film recommandait de ne donner que les faits objectifs relatifs à la mort de Jésus (sans mentionner la résurrection), puis d’indiquer aux noncroyants qu’il serait bon pour eux de croire. Pour conclure, il était indiqué que la foi qui sauve se réduisait simplement à la compréhension et à l’acceptation des faits de l’Evangile. (…)

«Des foules de gens viennent à Christ bardés de telles convictions. Croyant qu’il ne relèvera pas leur péché, ils s’approchent de lui avec empressement, mais sans comprendre la gravité de leur culpabilité devant Dieu, sans désir d’être libérés du joug du péché: ils ont été dupés par la présentation d’un Evangile corrompu. On leur a dit qu’ils pouvaient être sauvés par la foi seule, mais ils ne comprennent ni ne possèdent la foi réelle. La prétendue foi sur laquelle ils s’appuient n’est qu’un assentiment intellectuel à une série de faits. Cette foi ne peut les sauver.»2

Confusion

1. Substituts

La foi est souvent confondue avec une confession de foi «doctrinalement correcte ». Comme l’indique l’exemple cité cidessus, celle-ci peut être réduite à sa plus simple expression: «Je crois que Jésus est mort pour mes péchés». Il suffit de croire que… Et pourtant, ainsi que nous le verrons ci-après, l’assentiment intellectuel est une composante indispensable - mais insuffisante en soi - de la foi au moyen de laquelle nous sommes sauvés.

Nombreux sont ceux qui se contentent d’appartenir à une église et d’assister plus ou moins fidèlement à ses offices. Ce christianisme de nom, d’habitude ou de tradition se passe facilement d’une foi réelle.

D’autres mettent leur confiance dans les sacrements, et comptent sur la prétendue efficacité du baptême et de l’eucharistie - l’erreur romaine dite ex opere operatum que l’on trouve parfois sous une forme atténuée dans certaines églises protestantes.

D’autres encore comptent sur le feeling, sur une expérience subjective, mystique, divorcée de la vérité objective révélée par Dieu.

Un autre substitut à une foi réelle est la crédulité, l’attitude de ceux qui, en l’absence de toute évidence, acceptent pour vrai ce qu’ils désirent ardemment. Les rumeurs de guérison miraculeuse de certaines maladies incurables peuvent encourager ces faux espoirs.

Enfin, un autre substitut encore à la vraie foi est l’optimisme, l’idée qu’il suffit de cultiver une attitude mentale positive, de se persuader qu’une chose désirée est vraie pour que celle-ci se produise.

2. Objections

«La foi est naïve, sans fondement solide, un saut dans le vide. Elle commence là où s’arrête la raison!» Affirmer cela, c’est ignorer que la foi biblique est fondée sur un témoignage solide, digne de… foi - la Parole de Dieu.

«La foi est insuffisante: il faut y ajouter une contribution - de bonnes œuvres, un effort personnel - pour mériter le salut!» C’est ignorer la façon péremptoire dont l’Ecriture écarte les œuvres (Ep 2.8-9). Pourtant ce désir de faire quelque chose reste profondément ancré dans le cœur de l’homme.

«La foi est trop facile: il n’y a qu’à croire, sans rien changer, et tout ira bien!» Critique valable si la foi se réduit à une simple démarche intellectuelle, comme nous l’avons déjà vu.

Qu’est-ce donc que la foi au sens biblique?

Dans les évangiles synoptiques, la foi est avant tout la confiance dans la puissance et la bonté de Dieu, et l’exigence de la foi en Jésus n’y est souvent qu’implicite. Chez Jean, la foi est une notion-clé, fondée sur le triple témoignage solide et inébranlable de la personne, des paroles et des œuvres du Christ. Elle commence par l’acceptation de la véracité des témoins de Jésus, passe par la confiance dans les paroles, les œuvres et la mission messianique de Jésus, et conduit à la réponse de l’homme tout entier à la personne de Christ. Ce sont ces trois dimensions de la foi que nous voulons développer ci-après, en nous fondant sur le quatrième évangile.

Le verbe «croire» (gr. pisteuô ), utilisé une centaine de fois dans Jean, est suivi par différents compléments qui font ressortir diverses nuances de la foi. Voici les trois constructions les plus souvent utilisées:

1) «Croire que…» (pisteuô hoti…) suivi par une phrase à l’indicatif (9 fois dans Jean)179159_328843967200076_865229339_n.jpg: il s’agit d’une démarche intellectuelle, d’un assentiment à la véracité d’une déclaration, d’une conviction que cette proposition est digne d’acceptation. L’exemple que nous avons choisi: «Si vous ne croyez pas que Moi je suis, vous mourrez dans vos péchés» (8.24b), met aussi en relief l’importance de ce pas que les théologiens désignent du mot latin notitia, connaissance. On a bien dit que «rien ne peut entrer dans le sanctuaire du cœur sans passer d’abord par le vestibule de la pensée». Les propositions dans Jean concernent la révélation que Dieu a donnée à propos de Son Fils Jésus - son identité, son origine, sa mission, son autorité et sa destinée. Ainsi que nous l’avons déjà dit: cette foi, insuffisante en soi mais indispensable, doit nous conduire plus loin!

2) «Croire en ou à…» (pisteuô) plus parfois la préposition en (= en), suivi par un complément au datif (20 fois): il s’agit d’une démarche essentiellement affective, d’un élan de confiance inspiré par les paroles et la personne de Jésus, appelé assensus par les théologiens. Dans sa conversation avec la femme Samaritaine, Jésus l’encourage («Croismoi », 4.21) à lui faire confiance. Accepter les paroles du Seigneur nous conduit logiquement à nous appuyer sur lui.

3) «Croire en…» (pisteuô eis: litt. «jusque dans» avec mouvement de pénétration), suivi par un complément à l’accusatif (38 fois!): il s’agit d’une démarche essentiellement volontaire, aboutissement des pas de foi intellectuel et affectif qui la préparent, d’un engagement vis-à-vis de Jésus-Christ appelé fiducia par les théologiens. Ayant compris et adhéré à la vérité de l’évangile, m’appuyant sur Celui qui a pris ma place à la Croix, je m’abandonne à Lui, pour me soumettre à Son autorité et Le suivre comme disciple dans une vie d’obéissance. Cet acte - ou plutôt cette marche dans la foi - a le plus grand poids dans l’enseignement de Jésus. Il ne suffit pas d’adhérer aux vérités du christianisme: «Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi et ils tremblent» (Jac 2.19). Ainsi dans le verset le mieux connu de la Bible: «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui [litt. jusque dans… s’engage de tout cœur] ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (3.16).

Conclusion

La foi au moyen de laquelle nous sommes sauvés est la réponse de l’homme tout entier - pensée, émotions, volonté - par un engagement pour la vie, à Jésus-Christ, reconnu comme Sauveur et suivi comme Seigneur.

Notes :
1 V. PROMESSES 1997/2, p. 13s.
2 John F. MacArthur in «L’Evangile selon Jésus», Ed. Impact, Cap-de-la-Madeleine, QC, Canada, 1998, p. 223s.

 

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SOLA GRATIA (3e formule)

14 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Frank Horton

Dans le dernier numéro de PROMESSES, nous avons consacré un article à la deuxième formule des cinq soli«Solus Christus». Les Réformateurs exprimaient ainsi leur conviction que «notre salut est accompli par l’œuvre médiatrice du Christ historique seul. Sa vie sans péché et son œuvre expiatoire seules suffisent pour notre justification et notre réconciliation avec le Père»1.

Les 120 pasteurs, théologiens et éducateurs mentionnés dans l’article précédent, réunis à Cambridge en avril 1996, constatèrent avec inquiétude les dérapages des milieux évangéliques inspirés par une fausse confiance dans les capacités humaines. L’estime de soi, l’évangile de la santé et de la richesse, la vente du message évangélique à des pécheurs devenus «consommateurs complaisants»… tout cela dénature la doctrine de la justification et la réduit au silence. Au contraire, la grâce de Dieu en Christ est l’unique et indispensable cause efficace du salut, car l’être humain est né spirituellement mort et incapable de collaborer à la grâce régénératrice (Ep 2.8).

La Déclaration de Cambridge continue:

«Nous réaffirmons que par le salut nous sommes délivrés de la colère de Dieu, et cela par sa grâce seule. C’est l’œuvre surnaturelle du Saint-Esprit que de nous conduire au Christ en nous libérant de notre esclavage au péché, et en nous ressuscitant de la mort spirituelle à la vie spirituelle.

«Nous déclarons que le salut n’est en aucun sens une œuvre humaine. Les méthodes, techniques et stratégies humaines ne peuvent par elles-mêmes accomplir cette transformation. La foi ne peut être produite par notre nature humaine non-régénérée»2.

Essais de définition

Mais qu’est-ce que la grâce? Le Nouveau Dictionnaire Biblique lui consacre un article fourni, qui commence par dire:

«Dans l’A.T. déjà, se trouve exprimée la pure bonté de Dieu qui aime le pécheur et désire, non pas sa mort, mais sa conversion et sa vie (Ez 18.23)»3. Et le NDB d’ajouter que cette grâce est venue par Jésus-Christ, qu’elle éclate à la Croix, qu’elle ne peut être reçue que par la foi, et que ses effets en nous sont nombreux, merveilleux et complets.

Un prédicateur a tenté de définir la grâce en disant qu’elle est l’acte par lequel un être supérieur se penche sur un être inférieur pour lui accorder un bien non-mérité. Dans le contexte biblique, la grâce désigne alors la faveur imméritée de Dieu à l’égard de l’homme déchu, par laquelle il pourvoit en Jésus- Christ à sa rédemption, car depuis toute l’éternité il a déterminé d’accorder cette faveur à tous ceux qui croiraient en Christ, Sauveur et Seigneur. C’est aussi par grâce que le croyant est rendu capable de persévérer dans la vie chrétienne. Ajoutons la pensée que dans sa miséricorde Dieu retient ce que nous méritons - colère, jugement, condamnation - tandis que dans sa grâce il nous comble des innombrables biens que nous ne méritons pas!

Et pourtant, ces tentatives de définition nous laissent sur notre faim, car nous sentons instinctivement que la grâce échappe à nos catégories humaines connues, dépasse les limites du langage et reste, par conséquent, indéfinissable! C’est pourquoi l’Ecriture ne l’explique pas, mais la déclare (Ex 33.19; 34.6-7; Deut 7.7-8; Ps 32.1-5; 130.3-4, 7-8; Jean 1.17; Rom 3.24; 4.16; 11.6; 2 Cor 8.9; Eph 2.8-9; etc.), et en donne de nombreux exemples historiques, tant dans l’A.T que dans le N.T. Peut-être l’illustration la plus saisissante est-elle celle de l’accueil réservé par le père à son fils «prodigue» dans la parabole racontée par Jésus (Luc 15.11-32), que nous résumons ci-après.

Fils prodigue… ou Père prodigue?

Aux chefs religieux qui lui reprochent de fréquenter des gens de «mauvaise vie» (Luc 15.1-2), Jésus administre une série de chocs thérapeutiques en leur racontant les paraboles de la brebis perdue (3-7), de la drachme perdue (8-10), puis des deux fils perdus (11-32). Le père de cette dernière parabole fait plusieurs entorses pendables aux coutumes de son époque. Confronté à la demande outrageante de son fils cadet qui souhaitait sans l’avouer la mort de son père, celui-ci, au lieu de le désavouer, l’exclure de la famille et le bannir publiquement de la communauté, lui accorde ce qu’il réclame! Ayant dilapidé son héritage, étant tombé dans la misère, le fils se livre à un raisonnement qui nous paraît ressembler beaucoup plus à des calculs intéressés qu’à une amorce de repentance sincère, et s’engage sur le chemin de retour.

C’est ici que nous assistons à l’une des scènes les plus inattendues, bouleversantes, de l’Ecriture sainte. Le père attend, guette le long du chemin, prie sans doute, et un jour reconnaît enfin le garçon de loin. Voici venue l’occasion de rendre à ce jeune ce qu’il mérite et de le renier brutalement devant témoins… ou tout au moins de convoquer une consultation de la famille sceptique pour jauger la profondeur de sa repentance. Pas du tout! Le père se livre à un spectacle humiliant pour un patriarche oriental: aux yeux des badauds ébahis, il soulève ses robes et se met à courir à la rencontre du fils pour se jeter à son cou, le prendre dans ses bras et embrasser ce clochard en haillons, puant la porcherie!

«Vous me reprochez de manger avec des pécheurs et des péagers?» dit Jésus en substance aux scribes et aux Pharisiens. «Parfaitement! Mais non seulement je mange avec eux: je les attends, je les guette de loin, et quand ils s’engagent sur le chemin de retour, je cours à leur rencontre, je les couvre de baisers, et je les force à entrer chez moi pour festoyer ensemble.» Si le Seigneur attendait de nous les preuves d’une repentance parfaite, il ne courrait jamais à notre rencontre. Cela s’appelle la GRACE, une grâce stupéfiante, incompréhensible, insaisissable, qui prend l’initiative. Du moment que le garçon accepte d’être accueilli, embrassé, reçu de nouveau dans la famille, on peut déduire qu’il commence à passer par une repentance véritable.

Arraché à la perdition4

Avant la mort de ses parents, alors qu’il n’avait que six ans, John Newton bénéficia d’une forte influence chrétienne. Il fut envoyé alors vers un parent incrédule, qui se moqua du christianisme et abusa de lui. Enfin, pour échapper à ces conditions, Newton se porta volontaire dans la marine britannique, où il devint esclave des péchés les plus grossiers. Il déserta, et partit pour une région d’Afrique où il pouvait, comme il disait, «faire son plein» de péché et vivre dans une dégradation inqualifiable. De là, il se fit embaucher comme navigateur sur un navire d’esclavagiste, où il continua sa vie dévergondée. Un jour il réussit à forcer le cadenas du local où était stocké le rhum; il se soûla au point de perdre son équilibre et tomber à la mer, d’où un officier le repêcha en plantant un harpon dans sa cuisse. Il en porta l’énorme cicatrice jusqu’à la fin de ses jours!

Vers la fin du voyage le navire entra dans une tempête violente, perdit son cap et commença à sombrer. Newton fut envoyé dans les soutes, là où gisaient les esclaves, avec l’ordre d’actionner les pompes. Pendant des jours, terrifié et convaincu que la mort était proche, il travaillait à pomper l’eau, et commença à prier le Seigneur. Des versets bibliques, appris sur les genoux de sa mère, qu’il croyait oubliés depuis longtemps, lui vinrent en mémoire, et il fut miraculeusement transformé, engendré de nouveau.

Rentré en Angleterre, il devint un prédicateur puissant de la Parole de Dieu, et eut l’occasion de prêcher devant la reine. C’est en rappelant les circonstances de sa conversion qu’il composa les paroles du cantique célèbre, Amazing Grace5. Car il avait appris, comme tout chrétien, que la grâce de Dieu dépasse toutes nos catégories, et que cette grâce a trouvé son expression suprême dans la mort et la résurrection du Seigneur Jésus-Christ.

Notes :
1 Résumé par la «Déclaration de Cambridge» in Here We Stand, Baker Books, Grand Rapids, Mich., 1996, p.16; (v. PROMESSES 1997/2, p.13)
2 Ibid.
3 Nouveau Dictionnaire Biblique, Editions Emmaüs, 1992, p.525 s.
4 Raconté par James M. Boice in The Gospel of John, Vol. 1, Zondervan, Grand Rapids, Mich., 1975, p.110 s.
5 Certains musiciens voient dans la mélodie un air d’origine africaine, que Newton aurait pu entendre chanté par les esclaves.

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SOLUS CHRISTUS (2e formule)

14 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Frank Horton

Dans le dernier numéro de PRO MESSES, nous avons consacré un article à la première formule des cinq soli: «Sola Scriptura». Les Réformateurs exprimaient ainsi leur conviction que l’Ecriture sainte était l’unique et ultime autorité pour tout ce qui touchait à la foi et à la vie chrétienne. Nous avons ajouté qu’aujourd’hui cette même formule atteste la pleine suffisance de l’Ecriture dans les domaines de l’évangélisation, de la sanctification, de la direction divine et des réformes sociales.

Reculer pour mieux sauter

Pourquoi nos milieux évangéliques ontils un impérieux besoin de redécouvrir ces formules de la Réforme ? Nous pourrions évoquer deux raisons.

Premièrement, nous devenons de plus en plus mondains ! En abandonnant peu à peu les vérités de la Bible et l’expression de ces vérités dans la théologie historique de l’Eglise, nous essayons d’accomplir l’œuvre de Dieu en adoptant la théologie du monde, sa sagesse, ses valeurs, ses méthodes, ses priorités et son ordre du jour. En l’absence d’une saine et solide théologie biblique, bien comprise et appliquée, nous avons remplacé les catégories classiques de péché, de colère de Dieu, de culpabilité, de jugement et de repentance, par une approche thérapeutique où l’accent est mis sur la relation d’aide, la psychologie ou la sociologie. Feu le philosophe chrétien Francis Schaeffer disait en 1978 que «si nous n’arrêtons pas cet éloignement de l’autorité suprême de la Bible chez les évangéliques, nous n’aurons pas d’église évangélique à léguer à nos enfants.» Mais pire que cela à l’heure actuelle, si nous ne retournons pas à la vérité de la Parole de Dieu pour la confesser comme l’avaient fait les Réformateurs, nous n’aurons pas d’église du tout à confier à nos successeurs!

Deuxièmement, comme l’a si bien dit la «Déclaration de l’Alliance évangélique italienne » (1), les évangéliques ont besoin d’avoir une compréhension authentique de la foi évangélique avant d’acquérir, par exemple, une compréhension authentique du catholicisme. Et cette Déclaration de continuer :

«L’enseignement biblique, redécouvert à la Réforme et touchant au «sola, solus » comme au cœur de l’Evangile, est un point crucial qu’une conception évangélique considère comme non négociable (c’est nous qui mettons en italique). L’Ecriture seule, le Christseul, la grâce seule, la foi seule et à Dieu seul la gloire… ensemble ces affirmations constituent les critères de l’étude du catholicisme et le principe d’interprétation à utiliser dans l’analyse des forces à l’œuvre dans l’Eglise catholique romaine. Sur la base du «sola, solus», la distance qui sépare le catholicisme contemporain de la foi évangélique n’est pas plus réduite qu’au moment de la Réforme du XVIe siècle. En fait, après le premier et le deuxième concile du Vatican, le catholicisme continue d’ajouter à l’Ecriture l’autorité de la tradition et l’autorité de l’enseignement du magistère. Au Christ, il a ajouté l’Eglise comme une extension de l’incarnation. A la grâce, il ajoute la nécessité de bénéfices qui proviennent de l’office sacramentel de l’Eglise. A la foi, il a ajouté la nécessité des bonnes actions pour le salut. A la célébration de Dieu, il a ajouté la vénération d’une foule d’autres figures qui détournent du culte au seul vrai Dieu. (…) Aucun changement de fond n’est intervenu (depuis le concile de Trente).»

Christ seul !

Alarmés par la dérive des milieux évangéliques, 120 pasteurs, théologiens et éducateurs se sont réunis en avril 1996, pour appeler les églises à se repentir de leur mondanité, et à recouvrer les doctrines bibliques, apostoliques, qui seules peuvent donner intégrité et puissance au témoignage chrétien. De leur consultation est sortie la «Déclaration de Cambridge», dont une version française a été publiée dans la Revue Réformée (Aix-en-Provence). Cette Déclaration, à laquelle nous aurons l’occasion de revenir dans la suite de nos articles, commente et soutient les cinq «soli» des Réformateurs, avant d’appeler les églises évangéliques à la repentance et à une nouvelle réforme. Voici ce qu’elle dit au sujet de la deuxième formule : «Solus Christus» :

«Nous réaffirmons que notre salut est accompli par l’œuvre médiatrice du Christ historique seul. Sa vie sans péché et son œuvre expiatoire seules suffisent pour notre justification et notre réconciliation avec le Père.»

«Là où l’œuvre du Christ comme substitut n’est pas déclarée, et où la foi en Christ et son œuvre n’est pas sollicitée, nous nions que l’Evangile ait été prêché »(2).

Commentant ces affirmations, l’un des participants à la consultation a dit :

« La formule «solus Christus» signifie que Jésus a tout accompli, de sorte qu’aucun mérite de la part de l’homme, aucun mérite des saints, aucune œuvre que nous aurions accomplie ici ou au purgatoire, ne peut ajouter quoi que ce soit à cette œuvre salvatrice achevée. En fait, toute tentative d’ajouter (à l’œuvre de Jésus) est une perversion de l’évangile… voire, n’est pas l’évangile du tout!»

« Proclamer Christ seul, c’est le proclamer comme Prophète, Sacrificateur et Roi qui seul suffit au chrétien. Nous n’avons pas besoin d’autres prophètes pour révéler la parole et la volonté de Dieu (3). Jésus a dit dans la Bible tout ce qu’il nous faut entendre. Nous n’avons pas besoin d’autres prêtres ou sacrificateurs comme médiateurs du salut et des bénédictions divines ; Jésus est notre seul et unique Médiateur. Nous n’avons pas besoin d’autres rois ou gourous pour contrôler la pensée et la vie des croyants; Jésus seul est le Roi du croyant individuel et de l’Eglise. Jésus est tout pour nous ! » (4).

Un autre participant a ajouté :
« Si nous représentons le Christ principalement comme Thérapeute Divin, Guide, Ami, Héros, Source de Puissance, Réformateur Politique, Guérisseur, ou quelque autre titre à la place de Médiateur entre Dieu et les méchants, nous lui enlevons le rôle central de sa personne, et nous sapons l’essentiel de sa mission et de son œuvre (1 Cor 1.22 ; 2.2) »(5).

Le Christ unique, incomparable

Le titre «Christ» (Christos en grec) correspond au Messie de l’AT (machiah en hébreu), et signifie «l’Oint». Il est intéressant de constater qu’on pratiquait l’onction avec une huile spéciale (Ex 30.22-33), parfois pour la consécration d’un prophète, toujours pour celle d’un prêtre ou d’un roi. Un homme n’était pas autorisé à cumuler ces offices.

1) Le prophète, agent de la révélation, porte- parole chargé de transmettre les messages de Dieu à l’homme, avait pour exemple Elie (1 Rois 19.16).

2) Le souverain sacrificateur (ou prêtre), médiateur qui représentait le peuple coupable devant Dieu, avait pour exemple Aaron (Ex 29.4-7 ; Lév 8.12).

3) Le roi, revêtu d’autorité, chargé de régner, avait pour premier exemple Saül (1 Sam 10.1 ; 24.7-11).

Au travers d’une cérémonie solennelle, Dieu, l’initiateur, indiquait son choix souverain, mettait l’oint à part pour lui en vue d’une tâche déterminée par lui, le plaçait sous sa protection et le chargeait d’accomplir fidèlement son service. Toutefois, ces offices ne pouvaient être que provisoires, car leur accomplissement laissait toujours à désirer. C’est pourquoi l’A.T. annonce l’avènement de Celui qui est promis par Dieu, Fils (Ps 2.7) et Serviteur (Es 42.1) et qui - fait absolument unique - cumulera les trois fonctions en une seule Personne : Prophète (Deut 18.15,18-19 ; Es 61.1-2), Souverain Sacrificateur (Es 53), et Roi (Ps 2 ; Jér 23.5-6 ; etc.). Certains textes réunissent les offices de Sacrificateur et Roi (Ps 110.1,4 ; Zach 6.12-13). Le dénouement vient en la personne de Jésus-Christ, «que les deux Testaments regardent : l’Ancien comme son attente, le Nouveau comme son accomplissement, tous deux comme leur centre» (Pascal). Oint par l’Esprit Saint, Jésus-Christ, Fils unique du Dieu unique, incarné, entre dans notre temps et notre espace pour remplir complètement et parfaitement les trois offices :

1) Prophète (Luc 4.18-19 ; Jean 4.25- 26 ; Héb 1.1-4.13). Avec Simon Pierre, nous croyons qu’il a les paroles de la vie éternelle (Jean 6.68-69), car «jamais homme n’a parlé comme parle cet homme» (7.46). Il dit ce qu’il a vu chez son Père (8.38a), et nous sommes responsables de la manière dont nous écoutons ses paroles (12.47-48). Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne passeront point (Mat 24.35).

2) Souverain Sacrificateur (Héb 3.3 ; 4.14-10.25 ; etc.). Jésus seul s’est offert lui-même, volontairement, une fois pour toutes, en sacrifice parfait pour les péchés du peuple (7.27) ; il est toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui s’approchent de Dieu par lui, et les sauver parfaitement (25) ; il est capable de compatir à nos faiblesses, ayant été tenté comme nous à tous égards, sans commettre de péché (4.15).

3) Roi (Mat 2.2 ; Marc 15.2 ; Luc 1.31- 33 ; etc. jusqu’à l’Apoc 11.15 et 19.16). Car «Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Phil 2.9-11).

Le mot de la fin

Accepter la formule Sola Scriptura, c’est découvrir que le salut en Jésus Christ est le message qui traverse l’Ecriture de la Genèse jusqu’à l’Apocalypse ; c’est donc nous laisser conduire au Christ seul, Christus solus, et faire nôtre la priorité de l’Apôtre Paul : «Je n’ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié» (1 Cor 2.2).

Notes :

(1) Reproduite dans «Fac réflexion», no 51-52, 2000/2-3, Faculté Libre de Théologie Evangélique, pp. 44-49
(2) Here We Stand, Baker Books, Grand Rapids, Mich., 1996, p.16
(3) Sans doute dans le sens de transmettre les révélations constitutives de la «foi transmise une fois pour toutes» (Jude 3)
(4) Op. cit. p. 11s.
(5) Op. cit. p. 117

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SOLA SCRIPTURA (1re formule)

14 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

SOLA SCRIPTURA (1re formule)

Alfred KUEN et Frank HORTON

LES RÉFORMATEURS ont exprimé leurs convictions en cinq formules significatives commençant par Sola ou solus (seul). La première d’entre elles, Sola Scriptura (l’Ecriture seule), commandait les autres. A l’époque de Martin Luther, cette expression réaffirmait que la Bible était l’unique et ultime autorité à laquelle les chrétiens se soumettaient, à l’exclusion des décrets qui venaient des traditions de l’Eglise médiévale, des conciles ecclésiastiques et du Pape. Les Réformateurs désiraient que l’Ecriture Sainte tienne seule en qualité d’autorité véritable pour les croyants.

Aujourd’hui, dans leurs confessions de foi, les évangéliques adhèrent toujours à «l’autorité de la Bible»; mais le problème principal auquel nous sommes confrontés ne se situe plus à ce niveau-là. Car la question que nous devons nous poser à l’heure actuelle est de savoir si la Bible suffit à elle seule pour orienter et diriger la vie et le travail de l’Eglise. Croyons-nous encore, face aux complexités de la société actuelle, que l’Ecriture seule est capable d’attirer les incroyants vers le Christ, de nous aider à croître dans la piété, de diriger nos vies, de transformer et de revitaliser la société?

En d’autres termes, la bataille au XVIe siècle était dirigée contre ceux qui voulaient ajouter des traditions ecclésiastiques à l’Ecriture, tandis qu’aujourd’hui elle doit être livrée contre ceux qui nous recommandent l’utilisation de moyens humains, au détriment de la Bible, pour accomplir l’œuvre de Dieu. Qu’on nous comprenne bien: nous ne rejetons pas la contribution ni l’utilité des découvertes, fruits des recherches dans les divers domaines scientifiques. Car toute vérité a sa source en Dieu, tant et si bien que les sciences humaines nous permettent de mieux comprendre ce que les théologiens appellent la «Révélation générale», celle du Dieu Créateur (Rom 1.19,20). Mais nous devons sonner le tocsin lorsque, par un glissement imperceptible, nos études, prédications et autres rencontres tendent à remplacer l’Ecriture par les directives des sociologues, éducateurs, psychologues, psychiatres, etc., et à donner la pOrdre à ceux-ci !

A ce sujet, le regretté James Montgomery Boice, pasteur de la Tenth Presbyterian Church à Philadelphie, avait déjà exprimé son inquiétude en 1993, et surtout pendant les derniers mois de sa vie. Le sermon qu’il a donné le 23 mai 1993, à l’occasion du 25e anniversaire de son ministère, sur la «pleine suffisance de la Parole de Dieu» garde toute son actualité (1). On en jugera par l’extrait résumé que nous en donnons ci-dessous.

La pleine suffisance de la Parole de Dieu

Après avoir évoqué la priorité et l’inerrance de la Bible, face aux diverses théologies libérales tributaires de la subjectivité des théologiens, Boice pose la question: «Croyons-nous vraiment que Dieu nous a donné dans sa Parole tout ce dont nous avons besoin? Ou bien croyons-nous nécessaire de compléter la Bible par d’autres choses dues au génie de l’homme: techniques sociologiques pour évangéliser ? Psychologie et psychiatrie pour favoriser la croissance chrétienne? Signes et miracles pour être guidés? L’enseignement biblique est-il suffisant pour favoriser le progrès social et les réformes nécessaires? » Pour sa démonstration, il s’appuie principalement sur trois textes bibliques:

Le Psaume 19 montre que la Parole de Dieu, opposée à la révélation limitée que Dieu nous donne de lui-même dans la nature, est «parfaite, digne de confiance, elle donne la sagesse et du discernement, tous ses décrets sont vrais, parfaitement justes»;

Dans Matthieu 4, nous découvrons la pleine suffisance de la Parole pour résister aux tentations de l’Adversaire. Jésus n’a eu recours ni à un pouvoir surnaturel, ni à des signes ou à une intervention spéciale de Dieu. Il a cité trois textes du Deutéronome et il a vaincu l’Ennemi;

Dans 2 Timothée 3.16-17, l’apôtre Paul avertit son jeune disciple en lui présentant les caractéristiques des derniers temps où les gens «seront égoïstes, avides d’argent, vantards et prétentieux. Ils parleront de Dieu d’une manière injurieuse et n’auront pas d’égards pour leurs parents. Ils seront ingrats, dépourvus de respect pour ce qui est sacré, sans cœur, sans pitié, calomniateurs, incapables de se maîtriser, cruels, ennemis du bien; emportés par leurs passions et enflés d’orgueil, ils seront prêts à toutes les trahisons. Ils aimeront le plaisir plutôt que Dieu. Certes, ils resteront attachés aux pratiques extérieures de la religion mais, en réalité, ils ne voudront rien savoir de ce qui en fait la force» (2 Tim 3.1-5).

Quelle arme secrète Paul va-t-il dévoiler à Timothée pour agir en un temps pareil? Rien de neuf: seules les saintes lettres qu’il connaît depuis son enfance, auxquelles il doit rester attaché car elles peuvent lui donner la vraie sagesse, qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ, et puisque toute l’Ecriture est inspirée de Dieu, elle est aussi utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu, de sorte que l’homme de Dieu se trouve parfaitement préparé et équipé pour accomplir toute œuvre bonne.

Pleinement suffisante dans tous les domaines

1. Dans l’évangélisation

Toutes les techniques employées: musique captivante, témoignages personnels, appels à l’émotion, s’avancer pour témoigner de sa consécration au Christ, tout cela est, dans le meilleur des cas, un complément. «Mais si on utilise de tels moyens ou si on s’appuie sur eux sans une prédication fidèle et un enseignement de la Parole de Dieu, les «conversions» qui en résultent seront de fausses conversions, ce qui veut dire que ceux qui y répondent ne seront pas de vrais chrétiens, mais seulement des chrétiens de nom. Le seul moyen par lequel le Saint-Esprit agit pour régénérer des hommes et des femmes, c’est la Parole de Dieu». L’apôtre Pierre a dit:Vous êtes nés à une vie nouvelle, non d’un homme mortel, mais d’une semence immortelle: la Parole vivante et éternelle de Dieu (1 Pi 1.23).

2. Dans la sanctification

En parlant de sanctification, la plupart d’entre nous pensent soit à une méthode («Si vous voulez être saint, voici trois choses que vous devrez faire... »), soit à une expérience («Vous avez besoin d’une seconde œuvre de la grâce, d’un baptême du Saint-Esprit »). Pour Paul, il s’agit de connaître la Bible et ce qu’elle enseigne au sujet de ce que Dieu a fait pour nous lorsqu’il nous a sauvés. Dans Rom 6.11, Paul dit pour la première fois dans l’épître que le croyant doit faire quelque chose: se considérer comme mort au péché et vivant pour Dieu en Jésus-Christ. Il doit s’appuyer sur quelque chose qui a été accompli pour lui - il doit donc connaître l’Ecriture, puis agir sur la base de cette connaissance. Telle est l’approche biblique de la sanctification: connaître et vivre par la Parole suffisante de Dieu.

3. Pour être guidé

La Parole de Dieu nous renseigne amplement sur la manière dont nous devons vivre pour plaire à Dieu. Pour toutes les questions qui ne sont pas directement prévues par elle (quelle profession choisir, avec qui nous marier?), si nous obéissons aux directives que la Parole nous donne, nous ne pourrons pas faire fausse route.

4. Réformes sociales431802_255069737938323_1321882455_n.jpg

Là aussi, la Parole de Dieu est suffisante pour renouveler et réformer la société. J.M. Boice en donne pour preuve l’exemple de Genève au temps de Calvin. En 1535, le Conseil des Deux Cent qui gouvernait la ville a décidé de rejeter le catholicisme et de se tourner vers la Réforme. Jusque là, la ville était connue pour ses émeutes, les jeux de cartes, les danses indécentes, l’ivrognerie, les adultères et autres vices. Certains se promenaient nus dans les rues et chantaient des chansons grivoises et blasphématoires. Lorsque la ville s’est tournée vers le protestantisme, les gens voulaient continuer comme auparavant. Le Conseil ne savait que faire pour changer cet état des choses. Il émit décret sur décret pour endiguer les vices, mais rien n’y fit. Le niveau moral de la cité continuait à décliner.

Calvin arriva à Genève une année après la décision de changer d’obédience. Il était pratiquement ignoré et ne touchait même pas de salaire la première année. Ses premiers essais de prédication furent si impopulaires que le Conseil le démit au début de l’année 1538. Il partit pour Strasbourg où il fut très heureux et n’eut aucune envie de retourner à Genève. Lorsque la situation eut tellement empiré là-bas, on lui demanda de revenir. Mû par un sentiment du devoir, il y revint le 13 septembre 1541.

Sa seule arme était la prédication de la Parole de Dieu. Il la reprit exactement à l’endroit où il l’avait laissée en partant trois ans et demi auparavant. Il prêcha tous les jours et, sous l’effet de cette prédication, les choses commencèrent à changer. «Lorsque les Genevois eurent connaissance de la Parole de Dieu et lui permirent d’influencer leur comportement, leur cité devint presque une nouvelle Jérusalem d’où l’Evangile rayonna vers le reste de l’Europe, vers la Grande Bretagne et le Nouveau Monde». Ce changement en entraîna d’autres sur le plan social (réglementation des conditions sanitaires, création d’un hôpital et d’une maison pour les pauvres, éducation des gens à tous les niveaux, création de l’Académie qui influença toute l’Europe, établissement d’industries).

Genève est le meilleur exemple de ce que peut réaliser, sur le plan moral et social, la prédication fidèle de la Parole de Dieu.

A.K. et F.H.

N.D.L.R.: Cet article est le premier d’une série de cinq articles sur les SOLI de la foi des Réformateurs, articles rédigés par Frank Horton et Alfred Kuen

Note
1 Publié dans «What Makes a Church Evangelical?», Crossway Books, Wheaton, IL, USA, 1999, p. 19-27.

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Déclaration de Cambridge

12 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Déclaration de Cambridge

Alliance des Evangéliques Confessants 
Cambridge, Massachusetts (USA), le 20 avril 1996 

Traduction Frank HORTON

Aujourd'hui les églises évangéliques sont de plus en plus dominées par l'esprit du siècle plutôt que par l'Esprit du Christ. En tant qu'évangéliques nous nous appelons à nous repentir de ce péché et à recouvrer la foi historique chrétienne.

Au cours de l'histoire, les mots changent de sens. A l'heure actuelle c'est ce qui est arrivé au mot "évangélique". Par le passé il servait de lien d'unité entre chrétiens venant d'une grande diversité de traditions ecclésiastiques. Etre évangélique, c'était confesser sa foi. Etre évangélique, c'était adhérer aux vérités essentielles du christianisme telles qu'elles avaient été définies par les grands conciles ocuméniques de l'Eglise. De plus, les évangéliques partageaient en héritage commun les "sola" de la Réforme protestante du 16e siècle.

Aujourd'hui la lumière de la Réforme a été affaiblie d'une manière significative. En conséquence, le mot "évangélique" est devenu tellement inclusif qu'il a perdu sa signification. Nous sommes confrontés au danger de perdre l'unité forgée pendant des siècles. En tenant compte de cette crise, et à cause de notre amour pour le Christ, pour son évangile et pour l'Eglise, nous nous efforçons d'affirmer tout à nouveau notre adhésion aux vérités centrales de la Réforme telles qu'elles ont été confessées historiquement par les évangéliques. Nous affirmons ces vérités, non pas à cause de leur rôle dans nos traditions, mais parce que nous croyons qu'elles sont centrales à la Bible.

I. Sola Scriptura: L'érosion de l'autorité

L'Ecriture seule est la règle inhérente de la vie de l'Eglise, et pourtant l'église évangélique à l'heure actuelle a séparé l'Ecriture de sa fonction d'autorité. Dans sa pratique, l'Eglise se laisse diriger trop souvent par la culture ambiante. Techniques thérapeutiques, stratégies de marketing, rythme du monde des divertissements: tout cela correspond beaucoup plus à ce que l'Eglise désire, à sa manière de fonctionner, et à ce qu'elle offre, que ne le fait la Parole de Dieu. Nombre de pasteurs ont négligé le contrôle légitime qu'ils doivent exercer sur l'adoration, y compris sur la substance doctrinale de la musique. Au fur et à mesure qu'on a abandonné dans la pratique l'autorité biblique, que ses vérités ont disparu de la pensée chrétienne, et que ses doctrines ont perdu leur pointe, l'Eglise a été progressivement dépouillée de son intégrité, de son autorité morale et de son orientation.

Plutôt que d'adapter la foi chrétienne pour la faire correspondre et satisfaire aux besoins ressentis par les consommateurs, nous devons proclamer la loi comme l'unique mesure de la justice véritable, et l'évangile comme l'unique annonce de la vérité salvatrice. La vérité biblique est indispensable à la compréhension de l'Eglise, à son édification et à sa discipline.

L'Ecriture doit nous porter; au delà de nos besoins ressentis jusqu'à nos besoins réels, et nous libérer de l'habitude que nous avons de nous voir au travers des images séduisantes, des clichés, des promesses et des priorités d'une culture de masse. C'est seulement à la lumière de la vérité de Dieu que nous sommes rendus capables de nous comprendre et de voir comment Dieu a pourvu à nos besoins. Il est donc indispensable de prêcher et d'enseigner la Bible dans l'église. Les sermons doivent être une exposition de la Bible et de ses enseignements, et non pas l'expression des opinions du prédicateur ou des idées courantes de l'époque. Nous ne devons accepter rien de moins que ce que Dieu a donné.

L'ouvre du Saint-Esprit dans l'expérience ne saurait être dissociée de l'Ecriture. L'Esprit ne parle pas selon des moyens qui seraient indépendants de l'Ecriture. Séparés de l'Ecriture, nous n'aurions jamais connu la grâce de Dieu en Christ. C'est la parole biblique, et non pas l'expérience spirituelle, qui est le critère de la vérité.

Première thèse: Sola Scriptura

Nous réaffirmons l'Ecriture inerrante comme unique source de la révélation divine écrite, qui seule peut lier notre conscience. La Bible seule enseigne tout ce qui est nécessaire pour notre salut (et délivrance) du péché, et constitue la règle selon laquelle tout comportement chrétien doit être mesuré.

Nous déclarons qu'aucun credo, concile ou individu ne peut lier la conscience du chrétien, que l'Esprit Saint ne parle jamais indépendamment de ou contrairement à ce qui est présenté dans la Bible, et que l'expérience personnelle spirituelle ne peut jamais être un véhicule de la révélation. 

II. Solus Christus: L'érosion d'une foi centrée sur le Christ

Au fur et à mesure que la foi évangélique s'est conformée à l'esprit du siècle, ses intérêts se sont confondus avec ceux de la culture ambiante. Les résultats ont été, d'abord, une perte des valeurs absolues et l’émergence d'un individualisme permissif; la guérison s'est substituée à la sainteté, le rétablissement à la repentance, l'intuition à la vérité, la sensation à foi, le hasard à la providence, et gratification immédiate à l'espérance persévérante. Le Christ et sa croix ont été déplacés du centre de nos préoccupations. 

Deuxième thèse : Solus Christus

Nous réaffirmons que notre salut est accompli par le Christ historique seul grâce à son ouvre de médiateur. Sa vie sans péché et l'expiation comme substitut à notre place seule suffisent pour notre justification et notre réconciliation avec le Père.

Nous déclarons que l'Evangile n'est pas prêché si l'on ne déclare pas l'ouvre expiatoire du Christ et si l'on ne sollicite pas la foi en Christ et en son ouvre.

III. Sola Gratia: L'érosion de l'Evangile

La confiance injustifiée dans la capacité de l'homme est un produit de la nature humaine déchue. Cette fausse confiance remplit maintenant le monde évangélique - à partir de l'évangile de l'estime de soi jusqu'à l'évangile de la santé et de la richesse; à partir de ceux qui ont transformé l'Evangile en un produit à vendre et les pécheurs en des consommateurs qui désirent acheter, jusqu'à d'autres qui considèrent que la foi chrétienne est vraie parce qu'elle est efficace. Tous "ces dérapages" réduisent au silence la doctrine de la justification, quels que soient les engagements officiels de nos églises.

La grâce de Dieu en Christ est non seulement nécessaire, mais reste la seule cause efficace du salut. Nous confessons que les êtres humains naissent morts sur le plan spirituel et sont incapables de collaborer avec la grâce qui régénère.

Troisième thèse : Sola Gratia

Nous réaffirmons que par le salut nous sommes délivrés de la colère de Dieu, et cela par sa grâce seule. C'est l'ouvre surnaturelle du Saint-Esprit que de nous conduire au Christ en nous libérant de notre esclavage au péché et en nous ressuscitant de la mort spirituelle à la vie spirituelle.

Nous déclarons que le salut n'est en aucun sens une ouvre humaine. Les méthodes, techniques et stratégies humaines ne peuvent, par elles-mêmes, accomplir cette transformation. La foi ne peut être produite par notre nature humaine non-régénérée.

 

IV. Sola Fide: L'érosion de l'article principal

La justification est par la grâce seule au travers de la foi seule à cause du Christ seul. Il s'agit là de l'article par lequel l'Eglise tient debout ou s'écroule. Aujourd'hui nombre de responsables, savants et pasteurs qui prétendent être évangéliques négligent, déforment, voire parfois nient cet article. Bien que la nature humaine déchue ait toujours refusé d'admettre la nécessité de la justice de Christ imputée, la pensée moderne alimente peu à peu ce mécontentement à l'encontre de l'Evangile biblique. Nous avons permis à ce mécontentement de dicter la forme de notre ministère et le contenu de notre prédication.

Nombre de ceux qui sont dans le mouvement pour la croissance de l'Eglise croient que la compréhension sociologique des participants au culte est tout aussi importante pour le succès de l'Evangile que la proclamation de la vérité biblique. Par conséquent, les convictions théologiques sont souvent divorcées d'avec l'ouvre du ministère. L'orientation vers le marketing dans beaucoup d'églises va encore plus loin, pour effacer la distinction entre la Parole biblique et le monde, priver la croix de Christ de son aspect choquant, et réduire la foi chrétienne à des principes et des méthodes qui assurent le succès des corporations mondaines.

Tout en prétendant croire à la théologie de la Croix, ces mouvements en réalité la vident de sa substance. Il n'y a pas d'autre évangile que celui de la substitution du Christ à notre place, grâce à laquelle Dieu lui a imputé notre péché et nous a imputé sa justice. C'est parce qu'il a enduré notre jugement que nous pouvons maintenant marcher dans sa grâce, assurés pour toujours de son pardon, acceptés et adoptés comme enfants de Dieu. Il n'y a pas d'autre fondement pour notre acceptation devant Dieu que l'ouvre salvatrice du Christ... pas même notre patriotisme, notre dévouement ou notre rectitude morale. l'Evangile déclare ce que Dieu a fait pour nous en Christ, et nous dissuade de chercher à obtenir la faveur de Dieu par quelque autre voie que ce soit.

Quatrième thèse: Sola fide

Nous réaffirmons que la justification est par la grâce seule au travers de la foi seule grâce au Christ seul. Par la justification, la justice de Christ nous est imputée comme unique satisfaction possible de la justice parfaite de Dieu.

Nous déclarons que la justification ne repose sur aucun mérite qui nous soit propre, ni sur la base d'une infusion de la justice de Christ en nous par voie sacramentelle. Nous déclarons de même qu'une institution qui prétend être une église mais qui refuse ou condamne la sola fide ne peut être reconnue comme une église légitime.

V. Soli Deo Gloria: L'érosion d'une adoration centrée sur Dieu

Partout où, dans l'Eglise, l'autorité biblique a été perdue, le Christ a été déplacé, l'Evangile a été biaisé ou la foi pervertie, cela a toujours été pour une seule raison: nos intérêts ont remplacé ceux de Dieu et nous appliquons nos méthodes à l'accomplissement de son ouvre. Que Dieu ne soit plus au centre de la vie de l'Eglise aujourd'hui est un fait répandu et lamentable. C'est cette perte qui nous permet de transformer l'adoration en divertissement, la prédication de l'Evangile en marketing, la foi en une technique, l'éthique en appréciation agréable de nous-mêmes, et la fidélité en une quête du succès. En conséquence, Dieu, le Christ et la Bible ont perdu une grande partie de leur valeur à nos yeux et ne pèsent plus beaucoup pour nous.

Dieu n'existe pas pour satisfaire nos ambitions humaines, nos convoitises, notre appétit de consommation, ni même nos intérêts spirituels personnels. Nous devrions de nouveau centrer notre adoration sur Dieu lui-même, plutôt que sur la satisfaction de nos besoins personnels. Dieu reste souverain dans l'adoration, et non pas nous. Nos soucis devraient concerner le royaume de Dieu et non pas notre propre sphère, notre popularité ou notre succès.

Cinquième thèse: Soli Deo gloria

Nous réaffirmons que parce que le salut est de Dieu et a été accompli par lui, ce salut est pour la gloire de Dieu, et nous devons le glorifier, lui, toujours. Nous devons vivre notre vie entière devant sa face, sous son autorité et pour sa gloire seule.

Nous déclarons que nous ne pouvons pas glorifier Dieu convenablement si nous confondons l'adoration avec le divertissement, si nous négligeons la Loi ou l'Evangile dans notre prédication ou si nous permettons à la recherche de l'épanouissement de soi, l'estime de soi ou la réalisation de soi de devenir les options préférées de notre "évangile".

Conclusion

Un appel à la repentance et à la réformation

La fidélité de l'Eglise évangélique dans le passé contraste de façon marquante avec son infidélité actuelle. Au début de ce siècle, les églises évangéliques soutenaient un effort missionnaire remarquable et construisaient de nombreuses institutions religieuses au service de la vérité biblique et du royaume de Christ. C'était une époque où le comportement chrétien et son attente étaient tout à fait distincts de ceux de la culture. Aujourd'hui ils ne le sont souvent plus. Aujourd'hui le monde évangélique est en train de perdre sa fidélité à la Bible, sa boussole morale et son zèle missionnaire.

Nous nous repentons de notre mondanité. Nous sommes tombés sous l'influence des "évangiles" de notre culture sécularisée... qui ne sont pas des évangiles. Nous avons affaibli l'Eglise par notre manque de repentance sérieuse, notre aveuglement face aux péchés en nous-mêmes que, pourtant, nous voyons si clairement chez les autres, et notre échec inexcusable d'annoncer efficacement à d'autres l'ouvre salvatrice de Dieu en Jésus-Christ.

Nous appelons sincèrement les évangéliques égarés qui se sont écartés de la Parole de Dieu dans les domaines développés dans cette Déclaration. Nous y incluons ceux qui déclarent qu'il y a une espérance de vie éternelle en dehors d'une foi explicite en Jésus-Christ, qui prétendent que ceux qui rejettent le Christ dans cette vie sont annihilés plutôt que de subir le juste jugement de Dieu au travers d'une souffrance éternelle, ou qui affirment qu'évangéliques et catholiques romains sont un en Christ là même où la doctrine biblique de la justification n'est plus confessée.

L'Alliance des Evangéliques Confessants invite tout chrétien à envisager d'incorporer cette Déclaration dans l'adoration de l'église, comme dans son ministère, ses principes, sa vie et son ouvre d'évangélisation.

Pour la gloire de Christ. 
Amen 

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RETOUR AUX FONDEMENTS

11 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Retour aux fondements

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La fin du vingtième siècle avec ses grands chambardements approche à grands pas. Elle est caractérisée par le renversement des fondements sur lesquels reposait la société occidentale. Profondément marquée par des siècles de culture chrétienne qui plongeait ses racines dans les Ecritures, elle a subi une érosion lente pour aboutir à un changement de paradigme dans son concept du monde. Le psalmiste pose une question pertinente: Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il ? (11.3) Quelle sera notre réponse?

Il est bon de revenir un peu en arrière dans le temps. La Réforme nous a légué quelque chose d'inestimable. Par elle, Dieu a opéré un retour aux Ecritures, seule norme de notre foi dans tous les domaines de la vie. Cette foi n'était pas floue. L'ensemble des vérités bibliques constituait le fondement de la foi des Réformateurs. Il engendrait une confiance; et une obéissance totales en la Bible, Parole de Dieu qui avait autorité sur leur intelligence, leur cour, leur vie. Il n'y avait pas de concept relativiste ou pluraliste quant aux fondements de la foi. En revanche, le dualisme entre le spirituel et le matériel, l'invisible et le visible, la nature et la grâce, le temporel et l'éternel a contribué à une sécularisation progressive de la société occidentale. Les lumières et le rationalisme ont encore diminué l'impact de l'Evangile produit par la Réforme. Avec Hegel, au début du 19e siècle, le monde a été bouleversé dans sa manière de penser par le principe dialectique: thèse, antithèse, synthèse. Plus rien n'était absolu, vrai, sans cette démarche philosophique préalable. Ici, on trouve l'origine du relativisme qui a marqué également la théologie.

Au milieu du siècle passé, Darwin, sans doute influencé par la philosophie de Hegel, a publié son fameux ouvrage "De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle", ce qui marqua le début de la diffusion de la théorie de l'évolutionnisme. Roger Liebi écrit avec pertinence: "On exagère à peine en disant que Darwin a posé l'un des fondements essentiels de la cosmologie dominante du 20e siècle. Il est l'auteur d'un tournant décisif dans la manière de penser des pays occidentaux hautement civilisés. Innombrables furent ceux qui commencèrent à se détacher du christianisme. La perspective biblique, selon laquelle Dieu créa le monde et la vie, et fit l'homme à son image, devint pour eux toujours plus inacceptable. L'enseignement de Darwin conduisit aussi à de toutes nouvelles conceptions en philosophie, en psychologie, en pédagogie, en sociologie, en théologie, en histoire, en astronomie, ainsi qu'en beaucoup d'autres domaines" (Le Nouvel Age, p. 11, éd. Bibles et Traités Chrétiens, CH-1800 Vevey). Le marxisme, l'existentialisme et le pragmatisme ne sont que le prolongement de ces philosophies.

En résumé, toute la crise actuelle à tous les niveaux est la conséquence de l'humanisme séculier qui a déshumanisé l'homme, aussi paradoxal que cela paraisse. Dans tous les domaines, il est en faillite. Alors les hommes cherchent leur bonheur ailleurs, dans l'irrationnel, puisque le matérialisme rationnel ne leur a apporté que le goût amer d'une illusion chimérique. Le Nouvel Age se substitue au rationalisme. On parle d'être en harmonie avec soi-même, avec la nature, l'environnement, le cosmos, etc. Pour se déstresser, on a recours à la spiritualité orientale, au mysticisme, à l'astrologie, à la médecine parallèle, à la psychologie moderne, etc. Des termes comme amour, unité, paix, n'ont plus la connotation que la Bible leur donne.

Face à ce déferlement de séductions sataniques et à la désorientation de l'Eglise dans un monde où elle devrait être le sel de la terre, n'y a-t-il pas un retour aux Ecritures Saintes à opérer en laissant libre cours à l'Esprit de Dieu qui veut parler à nos cours? Lui seul peut produire la repentance, l'obéissance à la Parole de Dieu et la mise en pratique des directives divines. L'objectif des articles publiés dans ce numéro est d'avertir nos lecteurs des temps que nous vivons en nous encourageant à revenir aux vérités centrales de la Réforme: Sola Scriptura, Solus Christus, Sola gratia, Sola fide, Soli Deo gloria. Ces vérités claires et fondamentales révélées dans les Ecritures ne se négocient pas. Il n'y a pas de compromission possible. Jésus n'affirme-t-il pas: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ? L'apôtre Pierre n'est pas moins explicite: Il n'y a de salut en aucun autre; car il n y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Jean 14.6 ; Actes 4.12). Paul, dans sa 2e lettre aux Corinthiens, retrace la vie chrétienne au milieu des difficultés. Toutes nos ressources sont en Christ, qui nous fait toujours triompher (2.14). Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser les forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance au Christ (10.4-5). C'est Jésus seul, l'Esprit seul et l'Evangile seul par contraste à un autre Jésus..., un autre esprit... et un autre évangile provenant de Satan lui-même qui se déguise en ange de lumière (11.4,13-15).

Que Dieu nous fasse la grâce de persévérer dans la foi telle que les Ecritures nous l'enseignent. C'est pourquoi, affermissez votre pensée, soyez sobres et ayez une parfaite espérance en la grâce qui vous sera apportée, lors de la révélation de Jésus-Christ. (1 Pi 1.13).

 

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LE COMMERCE OCCULTE (Suite)

7 Juillet 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Introduction :

Dans notre dernier article sur le commerce occulte, nous disions que ce domaine est bien complexe, mysterieux et large. Nous ne devons jamais l'ignorer, ce sont les enfants de Dieu qui dorment sur leurs lauriers se vantant de leur acquis oubliant que dans le combat, deux strategies sont obligatoires sont indispensables : "Combat defensif" et "Combat offensif". 

Le Seigneur Jesus Christ dit a dessein ; ''Si un aveugle conduit un aveugle, les deux tomberont dans un trou''. Sortons de notre sommeil de mort et combattons le bon combat en exposant les oeuvres du malin. Dans les lignes suivantes, le Pr Titus EDZOA nous nous plonge dans les mysteres de l'inedit dont sont victimes les hommes du pouvoir. 

 

Bonnes feuilles. Titus Edzoa,

Boire tout frais du sang humain, c’est particulièrement excitant pour les caprices des démons ; lassé des langoureuses divines sirènes, trop exigeantes et jalouses, l’on se fait incube, pour priver de leur virginité des nymphettes aussi lascives que naïves : cela procure de la jouvence à perpétuité ; pratiquer comme rituel de purification et d’allégeance l’homosexualité, c’est une haute distinction discriminatoire pour l’honorabilité de la confrérie supposée prestigieuse ; engager en astral des combats nocturnes épiques et suicidaires sur des « avions-tapis volants », bourrés de missiles incendiaires, l’ennemi redouté ne s’éliminant que de nuit, déguster de la chair humaine faisandée à l’étouffée, c’est de l’ambroisie pour l’éternité ; livrer en sacrifice à la confrérie et, tour à tour, le plus aimé de ses proches, c’est renforcer la solidarité et la respectabilité du groupe ; organiser des messes sabbatiques, très noires en couleur, pour défier le Dieu tout puissant entouré de sa cohorte de saints, de bienheureux et consorts ; pactiser avec Lucifer, le diable doublement connu, le plus redouté parce que le plus redoutable, en signe de fierté d’être son flambeau de l’incarnation du mal ; forniquer avec des cadavres féminins, à défaut de harpies particulièrement décaties, ça donne de la pêche et du courage ; s’abreuver de coctions hallucinogènes, c’est l’accès assuré au royaume des ancêtres, éternels gardiens de la sagesse ; consulter de vieux grimoires, pour y découvrir des formules magiques : ainsi à la carte peut-on tuer à l’envi, avant de périr soi-même heureux, comblé d’une mort violente…, car parait-il, tout « mystique » meurt toujours d’une mort violente, et toute mort violente démasque « tout mystique camouflé »… ; ablutions, bains publics en tenue d’Adam et lavements d’écorces diverses, assorties de force piment et poivre, en cocktails explosifs, voilà qui « blinde », immunise contre des sortilèges de tous genres, rendant invulnérable à toutes balles et flèches empoisonnées, visibles ou invisibles, à toutes attaques, de jour comme de nuit ; se rendre invisible par des « mots de passe-passe », avec la faculté, le pouvoir de détruire préventivement l’autre, et cela d’une façon ostentatoire, car le secret pourrait occulter la puissance ; posséder l’âme de l’autre, en même temps jouir du privilège du pouvoir d’exorciser, car il faut être un brin diable pour terrasser le démon ; passer à travers les fissures des murs, les palâtres des serrures, en démonstration du pouvoir d’ubiquité… Et bien d’autres prouesses, bien d’autres fadaises, encore et encore !

Décapant et fantasmagorique, c’est un empire qui, en permanence, se voit métamorphosé de l’illusion la plus étonnante à une prétendue réalité, submergé par l’ignorance et l’obscurantisme ! Et pour causes ? Pour acquérir, paraît-il, toujours plus de pouvoir, plus de puissance, afin de posséder, accumuler force richesses, dans l’ostentation qui terrifie ; dominer tout et dominer tous ; accéder à des fonctions les plus prestigieuses de la société, où argent et biens matériels seraient l’aboutissement glorieux et mirobolant d’une vie réussie de prétendu bonheur !!!

Royaume de l’occultisme, empire de la sorcellerie. Voilà comment, hélas, est perçu le mysticisme, dans une société gavée d’ignorance et sans défense, victime d’un empoisonnement mental délétère et subtilement distillé, sous un joug déconcertant des forces obscurantistes ! « L’Homme contemporain cherche le plaisir sans le bonheur, le bonheur sans la science et la science sans la sagesse », disait déjà, il y a un siècle environ, Edouard Schuré…

Ce royaume des fantasmes comprend trois grands groupes interdépendants :
Le premier : il est constitué de tous ces charlatans et myriades de sorciers, auteurs et vendeurs d’illusions à l’encan ; exaltés par une auto-contemplation et par un narcissisme hors du commun, ils s’attribuent de prétendus pouvoirs cyclopéens ; il se peut que certains d’entre eux aient eu un accès furtif, à quelques moments de leur existence, à certains aspects des lois universelles, sans maîtrise aucune ; et dans une ignorance caractérisée, ils s’en servent, les manipulant dangereusement à leurs risques et périls, pour arnaquer, hanter, harceler, prendre en otage leurs victimes trop crédules et sans défense ; pour des fins égoïstes, ils se font passer pour des chantres patentés de la « magie », obsédés par leurs propres turpitudes, peurs, angoisses et défaites refoulées… Quel cynique courage !

Le deuxième groupe : il comprend des individus de tous genres aussi, affiliés à des mouvements ou organisations religieux ou non, prétendument altruistes et charitables, pour le moins respectables et quelquefois reconnus dans le monde ; ils se distinguent par des envolées verbales violentes et dilatoires, opposant foi et raison, amalgamant savoir et connaissance, fanatisme et vérité, violence et rédemption, distillant aussi, depuis leur apparence hégémonie et condescendance sociétales ou cléricales, le venin mental de la peur et de la condamnation qui « assassine » l’âme indocile. Dans une attitude honteusement hypocrite, ils confondent deux mondes diamétralement opposés, se délectant à diaboliser, à tout crin, le mysticisme authentique, dévoilant fantasmagorique mitoyen, de même nature que le premier, dont ils prétendent pourtant dénoncer les frasques. Leur extrême et inlassable violence est aussi surprenante que suspecte : l’attrait permanent que suscite le monde illusoire charlatanesque assécherait inexorablement les théories de leurs chapelles de plus en plus parsemées. Une attitude qui prend résolument l’allure d’un combat sans merci d’hégémonie, bien loin de la charité rédemptrice et oblative, psalmodiée par ces exaltés dangereux. Ce groupe est au moins aussi nuisible que le premier.

Le troisième et le dernier groupe : c’est cette masse anonyme, englobant tous ces êtres fragilisés par les dures expériences de la vie, plongés quelquefois dans l’abîme du désarroi et du désespoir, et qui cherchent des solutions faciles, voire miraculeuses à leurs problèmes. Soumis depuis leur enfance à cet environnement malsain, hypocrite et ignorant, leur mental empoisonné et déséquilibré s’est progressivement imbibé de schèmes d’horreur, de peurs, se faisant esclave de fantasmes et otage d’une déconcertante supercherie. Ils sont des victimes privilégiées autant du premier que du deuxième groupe, une clientèle rentable à fort prix, au mépris de leur dignité et de leur naïve sincérité…

Voilà ce que le mysticisme ne peut pas être !

Voilà ce que le mysticisme n’est

(Extrait du Messager)

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