À L’ÉCOLE DU PARDON MUTUEL - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

À L’ÉCOLE DU PARDON MUTUEL

17 Novembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

À L’ÉCOLE DU PARDON MUTUEL

À L’ÉCOLE DU PARDON MUTUEL

Isaac MBABAZI KAHWA

L’auteur, marié et père de deux enfants, a été professeur à l’Institut Supérieur Théologique de Bunia (ISTB), en République Démocratique du Congo (RDC). Actuellement il poursuit ses études de maîtrise en théologie à la NEGST (Faculté de théologie évangélique, Nairobi Evangelical Graduate School of Theology). Il est aussi traducteur des COHETA News, forum par courrier électronique pour un échange périodique de nouvelles, d’informations et de ressources issues de la COHETA (Conseil pour l’Homologation des Etablissements Théologiques en Afrique), des institutions en liaison avec cette dernière ainsi que des écoles théologiques, des organismes de soutien et des personnes intéressées. Son siège est à Jos (Nigeria). La COHETA est une agence de la commission chargée de la formation théologique et chrétienne de l’AEA (Association des Évangéliques en Afrique).

INTRODUCTION

Le pardon est un vaste sujet. Il comprend beaucoup d’aspects, entre autres : le pardon divin, le pardon humain, le pardon accordé par une communauté telle qu’une église. Dans la présente réflexion, je voudrais considérer le pardon humain, c’est-à-dire le pardon mutuel entre les hommes. Pourtant, la notion du pardon ne peut pas être valablement discutée si elle est abordée comme un concept abstrait. Ainsi, le contexte du pardon qui fait l’objet de ma réflexion est celui de la République Démocratique du Congo (RDC), mon pays d’origine, qui fait face à de sérieux problèmes dus aux multiples révolutions armées et guerres civiles. L’Ituri, une région située au nord-est du pays, n’y fait pas exception. Les gens vivent leur vie quotidienne avec les conséquences alarmantes de l’engrenage : les champs, les maisons, les écoles, les bâtiments des églises et hôpitaux sont, soit détruits, soit pillés, soit incendiés. Bien plus, il y a eu de terribles pertes en vies humaines. La société aussi bien que l’Église, croyants et incroyants, sont négativement affectés à tel point qu’ils trouvent très difficile de se pardonner les uns aux autres. Il est très curieux de constater que la plupart de ceux qui ont de la peine à pardonner sont des chrétiens. Pourquoi une telle attitude parmi les chrétiens ? Comment l’Eglise peut-elle, à travers son programme d’éducation, ouvrir à ses membres l’opportunité d’une nouvelle vie de qualité, les libérant ainsi de leur tendance à vouloir se justifier devant Dieu et devant les hommes ? Le pardon peut-il guérir nos éventuelles plaies et nous aider à rétablir nos relations avec les autres? Une vie de pardon a-t-elle vraiment le pouvoir de transformer notre culture et notre société? Que pouvons-nous faire pour augmenter notre capacité de pardonner ?

Telles sont les quelques questions autour desquelles s’articule cette réflexion. J’ai groupé les pistes de réflexion en cinq points. Le premier considère l’exigence du pardon mutuel, le second analyse la nature du pardon, le troisième traite quelques conceptions erronées du pardon, le quatrième esquisse les fondements du pardon mutuel, et le cinquième concerne l’enseignement biblique sur le pardon et son implication sur l’Église du Christ et la communauté de l’Ituri.

EXIGENCE DU PARDON

Comme précédemment mentionné, il est très curieux de constater que la plupart de ceux qui ont de la peine à pardonner sont des chrétiens. Ils justifient une telle attitude en prétendant qu’il y a une condition sine qua non et fondamentale préalablement exigée par le pardon divin ! Ils se réfèrent à Luc 17.3-4 : « … Si ton frère a péché, reprends-le ; et s’il se repent, pardonne-lui. Et s’il a péché contre toi sept fois dans un jour, et que sept fois il revienne à toi, disant: ‘Je me repens’, tu lui pardonneras. » Ainsi, ils avancent que le pardon de Dieu est conditionnel ; il est conditionné par la repentance. Ce qui revient à dire que ceux qui nous offensent doivent tout d’abord regretter leurs fautes et ainsi demander pardon. L’Archidiacre Temple fait allusion à un tel argument presque populaire quand il déclare : « Il est souvent dit que la doctrine de notre Seigneur est celle du pardon gratuit avec la seule condition de la repentance… »1

Cette exigence semble être en accord avec les principes éthiques. Ainsi, vu qu’il existe une condition fondamentale et préalable au pardon de Dieu, l’opinion populaire est que ceux qui nous ont offensés doivent obligatoirement regretter le tort qu’ils commettent contre leurs victimes, se repentir et ainsi demander pardon.

NATURE DU PARDON

Huit mots dans les Écritures saintes contiennent l’idée du pardon. Trois d’entre eux se retrouvent dans l’Ancien Testament (kipper, nasa et salah), et cinq dans le Nouveau Testament (aphesis, hilaskomai, apoluô, kaluptô, charizomai). Il convient de mentionner ici que, pour les termes de l’Ancien Testament, nasa est utilisé pour le pardon divin et le pardon humain, alors que kipper et salah se réfèrent uniquement au pardon divin.2

S’agissant de ceux du Nouveau Testament, aphesis est le plus commun. Il revient quinze fois et est généralement rendu par ‘pardon’. Le verbe, avec le même sens, est très commun : il revient quarante fois. Charizomai est seulement employé par Luc (Luc 7.21 ; Act 3.14, etc.) et par Paul. Ce dernier seulement l’emploie dans le sens de ‘pardon des péchés’ (cf. 2 Cor 2.7 ; Eph 4.32 ; Col 2.13; 3.13). L’idée de base pour tous les deux est celle du pardon gracieux de Dieu. Dans la pensée de Paul, le mot exprime essentiellement l’idée selon laquelle Dieu nous pardonne gratuitement toutes choses (cf. Rom 8.32). C’est dans ce contexte que Grider affirme qu’aucun livre religieux, excepté la Bible, enseigne que Dieu pardonne le péché complètement. 3 De tout ceci que pouvons-nous alors retenir du concept de« pardon » dans le sens biblique du mot ?

Par « pardon » nous comprenons le fait d’accorder l’amour à celui qui nous a offensé. Il est un don d’amour gratuit, une grâce. C’est une libération sans caution ; celui qui pardonne renonce à ses droits et refuse la vengeance. Il offre l’amour quand l’ennemi s’attend à la haine, il ne tient pas rigueur des fautes passées. Le pardon restaure le présent, nous guérit pour l’avenir et nous libère du passé.4 Ainsi qu’on peut le constater, le pardon est un processus, un processus dont le premier pas consiste à abandonner la vengeance contre quelqu’un ou contre un groupe de personnes. L’expérience de Marion Partington est très pertinente et tombe bien à propos ici. Marion Partington avait une sœur qui s’appelait Lucy Partington. Cette dernière a été lâchement assassinée par la famille West en décembre 1973.5 Racontant ce douloureux événement, Marion dit : « Je pense que ce que je suis en train d’apprendre sur le pardon est qu’il est un long processus ; et il est prétentieux et hypocrite pour moi de penser que je peux pardonner à la famille West avant que je ne puisse accepter dans ma propre vie les gens qui me doivent le pardon ainsi que ceux-là à qui je dois le pardon.»6

Il découle de ce qui précède que le pardon est une expérience, une expérience dynamique. Rachel Henderlite la décrit comme « l’expérience d’être enlevé d’un état à un autre. »7

QUELQUES CONCEPTIONS ERRONÉES DU PARDON

1. Pardonner à quelqu’un ne veut pas dire que l’offense dont on est victime n’a pas d’importance ; d’autant plus que, dans la perspective divine, le péché reste péché – qu’il soit grand ou petit.
2. Le pardon n’est pas synonyme d’oubli. Pardonner ne garantit pas la capacité d’oublier complètement. En fait, il est difficile de pardonner à quelqu’un quand on se souvient en son cœur du tort dont on est victime. Il est possible de revivre l’événement, soit éveillé soit en rêve.
3. Pardonner à quelqu’un ne veut pas dire que l’offenseur a changé d’attitude, ni qu’on peut tout de suite se fier à lui. Cela peut prendre assez de temps avant que l’on soit prêt à lui faire pleinement confiance.
4. Le pardon n’exclut pas la justice. La Bible parle de la responsabilité des criminels vis-à-vis de leurs fautes (Rom 13.3-4).

FONDEMENTS POUR LE PARDON MUTUEL

En fait, beaucoup de chrétiens ne sont pas disposés à pardonner à leurs offenseurs. Pourtant, il y a bien des raisons pour pardonner.

1. Raison relationnelle. Dans le but de restaurer sa relation avec Dieu et la fraternité, le chrétien devrait logiquement démontrer l’expression de sa disponibilité à offrir le pardon à quiconque en a besoin. Ainsi, il devrait se libérer de sa colère contre son offenseur en vue de rétablir sa relation avec Dieu aussi bien qu’avec ses semblables (Marc 11.25 ; Mat 6.12).
2. Raison curative. Si nous ne pardonnons pas à notre prochain, nous permettons à l’amertume de croître dans notre cœur, ce qui portera atteinte à notre santé, nous fera souffrir mentalement (cf. Héb 12.15).
3. Raison spirituelle. Jésus est un exemple parfait à suivre. Il a porté les péchés de l’humanité sur la croix, pardonnant à ceux qui le tuaient. Notre refus d’accorder le pardon à nos offenseurs prouverait que nous n’avons pas encore compris la signification de la mort de Jésus sur la croix (Mat 8.1-35). En tant que chrétiens, nous devrions clairement faire preuve de la magnanimité du pardon de Dieu, eu égard à nos péchés et aux blessures causées par les guerres incessantes, et considérant l’immensité de notre dette devant Dieu, dette que nous ne pouvons même pas payer par nous-mêmes. Temple a bien raison quand il déclare:
« A Lui [Dieu] nous devons chaque moment de notre temps et chaque gramme de notre force... Il pardonne gratuitement, à moins que nous bloquions son pardon par notre propre refus de pardonner les blessures relativement insignifiantes que nos semblables peuvent commettre contre nous ».8
4. Raison d’obéissance. Nous sommes appelés à pardonner aux autres par obéissance à la Parole de Dieu. C’est Dieu qui le recommande (Mat 6.14-15 ; Jac 2.13). Autrement nous donnerions à Satan accès à notre cœur (cf. Eph 4.26-27).
5. Raison héréditaire. Si nous refusons de pardonner aux autres, nous transmettons à la génération future un héritage de vengeance ethnique. C’est-à-dire que nous apprenons à nos enfants, parfois sans le savoir et sans le vouloir, à haïr un autre groupe de personnes. Le danger est que ce comportement se prolonge sans répit pendant des générations.9

ENSEIGNEMENT BIBLIQUE SUR LE PARDON ET LA NÉCESSITÉ D’UNE THÉOLOGIE DU PARDON POUR L’ÉGLISE ET LA COMMUNAUTÉ

L’idée du pardon est centrale dans le message chrétien. Je suis d’accord avec H. D. McDonald quand il estime qu’aucun autre thème ne résume mieux le contenu et l’étendue de l’Évangile que celui du pardon.10 Il ajoute même que le christianisme peut être désigné « l’évangile du pardon ».11 Les Écritures révèlent que le pardon de Dieu est conditionnel, dans la mesure où Dieu pardonne à ceux qui se repentent. Jésus abonde aussi dans le même sens (cf. Luc 17.2-3 : « S’il se repent, pardonne-lui »). L. Gregory Jones révèle que selon la tradition chrétienne, Jésus avait pris la vision hébraïque du pardon et l’avait poussée d’un pas. Il avait proposé une culture radicale, laquelle ne serait pas limitée par des frontières éthniques, religieuses ou politiques, une culture dans laquelle nos relations avec les autres devraient être définies et ajustées par notre reconnaissance continuelle de l’amour de Dieu qui pardonne chacun de nous et le monde entier.12

En principe, avant que nous offrions le pardon à nos offenseurs, nous devrions attendre d’eux leur bonne volonté et disponibilité à venir auprès de nous pour demander pardon.Mais alors que faire si l’offenseur ne vient pas vers nous ? Que faire s’il ne se repent pas ?

En tant que chrétiens, nous devrions être prêts à aller au-delà même du principe éthique biblique explicite. Nous sommes appelés à pardonner inconditionnellement13. Ce qui revient à dire que nous sommes appelés à pardonner même à ceux qui ne reconnaissent pas et ne regrettent pas leurs fautes. Nous sommes appelés à pardonner qu’importe le prix à payer. En offrant le pardon à nos offenseurs, nous devons être prêts à subir les humiliations, moqueries, insultes et dédains dont nous pouvons être objets de la part des autres. Tel est exactement ce que Dieu attend de nous, et exactement ce que Jésus sous-entend dans son enseignement sur le pardon. Bien qu’un tel message ne ressorte pas explicitement dans les Écritures Saintes, voilà implicitement ce que Dieu nous enseigne.

Il est très impérieux pour l’Eglise en Ituri de façonner une théologie orthodoxe du pardon mutuel, une théologie nécessaire et pour l’Eglise et pour la communauté toute entière. Le développement d’une telle théologie s’avère nécessaire pour au moins deux raisons: tout d’abord, elle nous aidera à bien gérer le conflit politique et/ou ethnique persistant, qui a ses sources dans le passé; deuxièmement elle nous aidera à prévoir l’avenir et à changer notre perspective pour le futur.

Le fait que nous soyons chrétiens devrait nous donner le pouvoir et la capacité de pardonner aux autres, ayant nous-mêmes fait l’expérience du pardon de Dieu. Ceci nous permettrait de nous approcher de Jésus et de lui demander de guérir les blessures de notre cœur. Ayant expérimenté la guérison et ayant reçu le pouvoir de l’Esprit, nous devrions sentir le désir naturel d’offrir le pardon inconditionnel aux autres. Nous devrions tout de même nous rappeler constamment les conséquences néfastes de notre refus d’accorder le pardon à nos semblables, conséquences sur notre santé physique et mentale (Héb 12.15), conséquences vis-à-vis de Dieu (Marc. 11.25 ; Mt 6.12). Pardonner à quelqu’un non seulement nous libère de l’amertume qui peut croître dans notre cœur, mais peut constituer un moyen utile que Dieu peut utiliser dans son processus pour conduire cette personne à se repentir (Act 7.60 ; 8.1).

CONCLUSION

La compréhension la plus générale et commune de la nature du pardon, telle que rencontrée ces derniers temps dans la tradition chrétienne en Ituri - après une longue période de violences de toutes sortes - est la suivante: pas de pardon sans repentance. En effet, les discussions qui font rage dans l’Eglise chrétienne tournent sur cette question : faut-il pardonner aux gens avant que ceux-ci se repentent ? Il me semble que cet esprit de réticence découle de l’emphase et de l’importance primordiale que l’on accorde à la justice. Pourtant, on oublie la vérité selon laquelle le pardon est avant tout possible à cause de la mort de Jésus-Christ. La Bible nous demande de pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. Ceci inclut tous les faits de guerre et autres souffrances infligées dont nous sommes victimes. Je crois que si nous devons suivre l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ, nous devons offrir le pardon sans condition. Bien entendu, la personne ayant commis le tort ne pourra pas à vrai dire expérimenter ledit pardon à moins qu’elle reconnaisse sa faute. Le pardon n’est possible qu’à cause de l’œuvre infinie de Jésus-Christ. Par là donc, en tant que disciples et imitateurs de Christ, étant nous-mêmes ceux qui ont un standard plus élevé dans le monde, nous sommes tous conviés à nous dépouiller, à nous humilier, à nous dépasser, et ainsi à adhérer à l’école du pardon horizontal, c’est-à-dire à pardonner aux individus, aux autorités politico-militaires et administratives entraînées dans des situations politiques injustes, lesquelles nous ont affectés personnellement ou collectivement.

X13N.d.l.r.: Les deux articles Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ de Philippe Juston et À l’école du pardon mutuel d’Isaac Mbabazi Kahwa sont complémentaires. Une lecture superficielle pourrait donner au premier abord l’impression qu’ils sont contradictoires. C’est loin d’être le cas.
Le premier présente le pardon humain à l’image du pardon divin. La justice de Dieu doit être satisfaite. Christ est mort pour pardonner les pécheurs et celui qui s’approche de Dieu doit saisir le Seigneur Jésus-Christ par la foi et premièrement confesser ses péchés pour saisir la réalité du pardon.
Le second article affirme d’abord la doctrine de la repentance et du pardon, à l’instar du premier auteur de l’article ; mais, ayant vécu les événements à Bunia du conflit ethnique au Congo, il souligne surtout l’aspect de notre pardon inconditionnel envers celui qui nous a offensé. C’est un enseignement implicite dans les Écritures que Jésus a mis en pratique et que les apôtres ont poursuivi.
En conclusion, le pardon gratuit en vertu de la mort de Jésus-Christ pour nos péchés et nos offenses par la foi, nous libère aussi de l’amertume, des ressentiments envers l’offenseur, si nous confessons tout cela au Seigneur, et nous rend capables de l’aimer et de lui pardonner dans notre cœur, même s’il ne vient pas vers nous pour se repentir. Notre devoir est « d’aimer notre prochain comme nous-mêmes » (Mat 22.37-40).
Quant à l’offenseur, il répondra lui-même de ses actes devant Dieu un jour. Peut-être saisira-t-il aussi un jour la grâce de Dieu offerte au même titre qu’à nous !
D’autre part, il incombe aux autorités qui sont instituées par Dieu - quel que soit le régime (l’Épître aux Romains avait été écrite par Paul sous le règne du cruel empereur Néron) - de maintenir l’ordre, protéger les faibles et punir celui qui fait le mal (Rom 13.1-4) ; à ce titre, c’est à ces autorités d’apprécier la responsabilité de celui qui a commis un crime. Toutefois, c’est Dieu qui jugera tout homme en dernier lieu.
Le pardon vu donc sous ses divers aspects inclut la repentance et la discipline et finalement le jugement. L’Église en tant que « lumière du monde » et « sel de la terre » appliquera donc le pardon mutuel, ou le « pardon horizontal » sur la base du pardon « vertical » offert par Jésus-Christ crucifié à tous et accordé à quiconque croit en lui et confesse ses péchés. (H. Lüscher)

Source : http://www.promesses.org/arts/151p10-14f.html

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serrurier paris 24/11/2014 20:31

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Cordialement