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Le blog de Dr André CHOUBEU

Articles récents

OUI JE VIENS BIENTÔT !

4 Avril 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

OUI JE VIENS BIENTÔT !

Oui je viens bientôt !

Luc. 10, 25-37

J. Fritschi

L'apôtre répond: «Amen! Viens, Seigneur Jésus!» L'église entière fait de même. De tout temps, les chrétiens ont dirigé leurs regards vers le ciel et ont attendu l'accomplissement de la prophétie d'Actes l,11: «Ce Jésus qui, du milieu de vous, a été enlevé dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'y avez vu monter.»
A maintes reprises, Jésus a parlé de sa mort et de son retour. Il y a consacré plusieurs grands discours et de nombreuses paraboles. Les Juifs s'attendaient à voir paraître un Messie glorieux qui les délivrerait de la main de tous leurs ennemis, car les prophéties de l'Ancien Testament se rapportent principalement à son règne. Ils n'avaient pas remarqué qu'il devait d'abord souffrir sur une croix. «Ne fallait-il pas que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire?» (Luc 24, 26). Le Christ, le Messie est venu; il a souffert; il est mort et ressuscité; il annonce son retour. Le tableau ci-dessous indique, au moyen de quelques citations de la Parole, le double aspect de ce retour.

Le retour pour l'enlèvement de l'église de
1re phase

Le retour pour Israël et le règne 1000 ans
2e phase

1. Nous serons enlevés tous ensemble à la rencontre du Seigneur dans les airs.
I Thess. 4, 17.

1. Le Seigneur vient sur la terre, sur la montagne des Oliviers.
Zach. 14, 4.

2. Le Seigneur viendra chercher les saints.
1 Thess. 4, 17; I Cor. 15, 51-52; Jean 14, 1-3; Jean 17, 24.

2. Le Seigneur viendra avec (parmi) les saints.
2 Thess. 1, 10; Jude 14; Col. 3, 4.

3. Le Seigneur ne sera vu que par les rachetés.
I Thess. 4, 17; Héb. 9, 28.

3. Le Seigneur sera vu par tous les hommes.
Zach. 12, 10; Mat th. 24, 30-31.

4. Les morts en Christ (c'est-à-dire les croyants décédés) ressusciteront premièrement.
Ensuite, les vivants en Christ seront enlevés avec eux dans les nuées.
1 Thess. 4, 16.

4. Pas de résurrection mentionnée dans: Zach. 12 et 14; Mat th. 24 et 25; 2 Thess. 2.

5. Le Seigneur lui-même avec un cri de commandement et une voix d'archange. ..descendra du ciel.
I. Thess. 4, 16.

5. Il enverra ses anges, qui, au son éclatant de la trompette, rassembleront ses élus.
Math. 24, 31 (aussi Marc 8, 38 et Matth. 16, 27).

6. Le Seigneur viendra pour sauver les siens d'un jugement imminent
-de la colère à venir; IThess.1,10.
-de l'heure de l'épreuve; Ap. 3,10.
-pour échapper à ce qui doit arriver; Luc. 21, 36.

6. Le Seigneur viendra pour rendre justice avec les saints
I Cor. 6, 2; Jude 14 et 15; Ap. 19,11-18.

L'enlèvement de l'église, première phase de son retour

Quand viendra-t-il? Jésus lui-même répond: «Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans les cieux, mais le Père seul.» Pour ce qui nous concerne, il nous est simplement dit: «Veillez, tenez-vous prêts.»
L'église comprend tous les croyants en Jésus-Christ, de la Pentecôte au jour à venir de l'enlèvement. Une fois complétée, elle formera l'épouse de Christ (Ap. 21, 9). Ainsi les chrétiens fidèles attendent le retour de leur Maître et Sauveur, «car nous servons le Dieu vivant et vrai, pour attendre des cieux son Fils» (I Thess. 1, 10).

Le retour pour Israël et le règne de 1000 ans, deuxième phase de son retour

Israël était et est encore le peuple de Dieu. Pendant la durée de l'existence de l'église sur la terre, il a été mis de côté pour un temps. Dans l'épître aux Romains, ch. 11,25-26, nous lisons: «l'endurcissement d'une partie d'Israël durera jusqu'à ce que l'ensemble des païens ait été admis au salut», car «Israël reste aimé» (v. 28); «l'appel de Dieu est irrévocable» (v. 29). Mais une fois l'église enlevée, Israël connaîtra à son tour une période glorieuse, ayant à sa tête le Christ, le Messie. Cette période aura une durée de 1000 ans (Ap. 20, 1-5).
Aujourd'hui, «la création tout entière espère être délivrée de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu» (Rom.8,21). Pendant cette période de 1000 ans (ou millénium), toute la terre sera bénie, non seulement le peuple d'Israël. Ce sera un temps de paix, de joie, de vie, car Jésus-Christ aura le gouvernement en mains. Ces heures bénies et heureuses seront réalisées à ce moment-là, la Parole de Dieu nous l'annonce.
Notice
A la suite de ce court exposé, nous pouvons conclure que

L'ENLÈVEMENT DE L'ÉGLISE

-est distinct du retour de Jésus-Christ pour Israël (retour en gloire).
De plus
-il ne signifie pas la mort ou le délogement du chrétien;
-il ne se rapporte pas à la parabole des dix vierges de Matt. 25;
-il ne concerne pas la multitude des 144000 d'Israël d'Ap. 17.

Lien : http://www.promesses.org/arts/4p78-79f.html

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Le ciel, qu'est-ce?

31 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

Le ciel, qu'est-ce?

Le ciel, qu'est-ce?

W. Ferrazzini

Il n'est autre que la présence de Jésus-Christ. Eventuellement, il commence déjà sur la terre. Et cela signifie :

AMOUR

sans passion, car nous serons semblables à Lui. I Jean 3 : 2.

SERVICE

sans fatigue, car ses serviteurs le serviront. Apoc. 22 : 3.

SAINTETÉ

sans altération, car son nom sera sur nos fronts. Apoc. 22 : 4.

BENEDICTION

sans interruption, car il n'y aura plus d'anathème. Apoc. 22 : 3.

VIE

sans deuil, car la mort n'existera plus. Apoc. 21 : 4.

JOIE

sans pleurs, car il essuiera toute larme de nos yeux. Apoc. 21 : 4.

LUMIÈRE

sans ténèbres, car il n'y aura plus de nuit. Apoc. 22 : 5.

GLOIRE

sans lutte, car il n'y aura plus de peine. Apoc. 21 : 4.

SATISFACTION

sans lacune, car nous n'aurons plus faim. Apoc. 7: 16.

ORDRE

sans interdiction, car nous régnerons aux siècles des siècles. Apoc. 22 : 5.

BEAUTE

sans laideur, car nous serons sans tache ni ride. Ephés. 5 : 27.

EXISTENCE

sans péché, car nous serons irréprochables. Jude 24.

COMPAGNIE

sans absence, car nous serons toujours avec Lui. I Thes. 4: 17.

Lien : http://www.promesses.org/arts/32p95f.html

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LE CHAPITRE INTERDIT

29 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

 LE CHAPITRE INTERDIT

LE CHAPITRE INTERDIT

La révélation faite à Esaïe : Lumière de l'Eternel

Esaïe 2: 1-5 - Esaïe 53

Telle est la vision glorieuse des « derniers jours », donnée à Esaïe, fils d'Amots, une vision d'une portée sans égale pour toute l'humanité, une vision de paix universelle, une paix d'amour dont le centre et le point crucial est la

montagne du temple de l'Eternel

Cherchons ce que veut nous enseigner ce merveilleux tableau.

La montagne du temple de l'Eternel

Dieu est esprit, un être spirituel. Le crédo « Rambam » nous donne une précision: « Je crois en toute assurance de foi que le Créateur, - Béni soit son Nom - n'a pas de corps, qu'il n'est restreint par aucune limitation corporelle et qu'il n'a aucune apparence ». D'autre part, une maison (le temple) est tangible et visible. Dans le livre d'Esaîe, nous constatons l'union de deux idées opposées -Dieu et le temple - non pas une maison qui aurait été bâtie pour la gloire de l'Eternel, mais bâtie d'une manière mystérieuse que nous ne comprenons pas, car dans cette maison Dieu habite.

Présence divine

Ezéchiel, le prophète, vit la glorieuse « shekina »(shekina = présence divine. Cette nuée certifiant la présence divine a habité le temple pendant neuf cents ans environ.) quitter le temple et la cité de Jérusalem au jour où la nation erra loin du chemin du Seigneur et refusa d'écouter sa voix. il vit la shekina s'élever, se dirigeant vers le seuil du temple, puis elle se retira du seuil du temple vers la porte orientale, elle s'arrêta sur la ville et de là sur le Mont des Oliviers.

D i e u

être souverain, invisible à l'oeil humain, réalité spirituelle, ce Dieu, d'une manière mystérieuse, mais très réelle, habita (au milieu) de la maison, c'est-à-dire le temple, à Jérusalem.

La montagne du temple de l'Eternel sera exaltée au-dessus de toute colline

Il est clair que cela ne veut pas dire que la montagne du temple de l'Eternel sera plus élevée que les collines, physiquement ou topographiquement. C'est ici une parabole, spirituelle ou morale, concernant une montagne. Il existe de nombreuses religions dans le monde, mais une seule révélation divine. Il y a de nombreux temples désignés comme saints, mais une seule maison de l'Eternel; il y a de nombreux livres saints. mais un seul livre vivant, qui est en vérité la Parole de Dieu.

Sir Walter Scott, sur son lit de mort, appela son serviteur: « Apporte- moi, s'il te plaît, le LIVRE ». « Quel livre, Monsieur ? » « II n'ya qu'un livre », répondit le célèbre écrivain. « La montagne du temple de l'Eternel » est un symbole de révélation divine adressée à la nation d'Israël, et par Israël au monde entier.

« Toutes les nations y afflueront »

Pendant une longue période, ce fut le lieu de rendez-vous de Dieu et d'Israël, mais ce n'était pas l'unique dessein de Dieu, ni son but final. Comme le soleil éclaire le monde entier, la lumière de la révélation divine doit éclairer l'humanité entière.

En vain cherchons-nous à ressusciter un esprit d'exclusivité (réservant pour eux seuls Dieu et ses bénédictions -Note du traducteur) dans le nouvel état d'Israël. Cette attitude nous empêche d'avancer et continue à le faire. Elle apporte solitude et destruction. Ce n'est pas le vrai, l'original judaïsme. Peut-être ce zèle sans largeur de vues, ce manque de vision est- il la source du vide et du néant qu'épreuve la nouvelle génération en Israël. A l'origine, le judaïsme a été donné pour être une lumière pour toutes les nations: « Toutes les nations y afflueront ».

Les nations instruites dans Ses voies (Es, 2 : 4).

Un esprit d'amour remplacera la haine que nous constatons aujourd'hui, Ce n'est pas dans les grandes capitales de ce monde que sera déversée une onction sainte sur toutes les nations, mais elle viendra de « la montagne du temple de l'Eternel », Car, « de Sion viendra la loi, de Jérusalem sortira la Parole de l'Eternel », Cependant, ce ne sera pas la loi du Sinaï, car si cette loi n'a pas changé, ni renouvelé le peuple d'Israël, comment pourrait-elle changer les nations du monde entier ? Ce grand Juif, le Rabbi Saul de Tarse, explique combien les commandements de Dieu sont en conflit avec la nature humaine et la chair de l'homme pécheur. « Car la Loi est sainte et pure et bonne, mais moi, je suis charnel, vendu au péché » (Ro. 7: 12-14), écrivait Paul.

Il y a quelque deux mille ans, Dieu a envoyé le Messie, l'âme et la gloire d'Israël, pour conquérir le péché de l'homme dans la chair, pour lui éviter la corruption qui découle de son égoïsme, pour établir la paix et l'amour sur la terre. Lui, le Messie, s'est offert Lui-même sur l'autel du sacrifice, afin de nous révéler le coeur d'un Dieu aimant et saint. Pour nous, il a payé un chemin de victoire sur nous-mêmes, sur notre « moi ».

Mais sur la montagne du temple de l'Eternel. il ne s'est pas trouvé de place pour Lui. Le Messie est venu vers les siens et les siens ne l'ont pas reçu...

Ceci est la grande tragédie de notre peuple d'Israël

Et de plus la source de nos souffrances à travers toutes les générations. Le Messie est le coeur de Dieu. La nation d'Israël était destinée à être le corps « divin », par lequel aurait été exprimé l'amour et la sainteté de Dieu envers toutes les nations. Cependant, à cause d'un manque de vision et de foi, ce corps est affligé de paralysie, et pendant deux mille années, la nation n'a pas rempli l'oeuvre qui lui était dévolue.

Si jamais la vision d'Israël se profile à l'horizon et se réalise, - et elle se réalisera -ce sera par l'influence du Messie lui-même. « Il a livré son âme (sa vie) à la mort », accomplissant sa mission, révélant le coeur d'amour de Dieu envers l'homme, lui ouvrant ainsi le chemin de la rédemption.

Maintenant, Dieu attend que la nation qui demeure en Sion (nom poétique pour Jérusalem) reconnaisse l'erreur vieille de deux mille ans. Alors la nation sera réconciliée avec son Messie. Des ruisseaux d'amour divin pourront jaillir et arroser le monde entier.

« O, Jacob, que la lumière de l'Eternel éclaire nos pas! »

(D. V. une étude complète d'Esaïe 53 suivra). -Traduction autorisée.

Non, dans les sombres jours de ta marche pénible,
Jamais, ô racheté, tu n'es seul ici-bas :
Ton Berger, ton Sauveur se tient, bien qu'invisible,
Sans Gesse à tes côtés et veille sur tes pas !

(Mme Brunel)

Lien : http://www.promesses.org/arts/53p4-6f.html

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CE QUE LES APÔTRES APPORTENT

28 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

CE QUE LES APÔTRES APPORTENT

CE QUE LES APÔTRES APPORTENT

La puissance de bâtir

L’exactitude de la révélation divine

La force de la paternité

La réalité du gouvernement

La communication d’une force de percée pionnière

La libération d’un niveau plus élevé de combat spirituel (décrets, proclamations)

La manifestation d’un plus haut niveau du caractère de Christ en nous

L’élévation du positionnement personnel à travers le partenariat et le travail en réseau.

Renforcer le gouvernement dans l’église

Tite 1.5 « que tu mettes en ordre… selon mes instructions »

Salomon est un type de l’apostolique (2 Chr 5.2,10) « rien que les tablettes de la loi »

Hébreux 9.1-4 le contenu de l’Arche : le bâton d’Aaron, le pot de Manne et les tables de la loi.

Il y a une différence entre le contenu dans Hébreux et le contenu dans chroniques.

Salomon représente l’environnement de bâtisseur apostolique qui ôte de devant la présence de Dieu (l’Arche) tous les éléments qui font référence à la désobéissance et à la rébellion du peuple.

Tout ce qui était seulement resté est les tablettes de la loi qui représentent le gouvernement et la Parole du Seigneur à Son église.

Il est évident que personne n’a ouvert l’Arche pour y ôter ce qu’elle contenait d’autre.

1 Samuel 6.19

La Manne : Exode 16.1-4,32-34

Le Bâton : Nombres 17.1-10

Ces deux articles de l’Arche font référence à la rébellion et aux mauvais comportements au milieu du peuple.

Mais dans l’ordre de Salomon ces articles sont tous ôtés, ce qui indique que dans la dimension de l’apostolique, l’ordre et le gouvernement de Dieu sont affirmés au milieu de son peuple.

Définir le gouvernement

Le gouvernement est la puissance d’apporter une réglementation et un impact divin sur l’humanité et les systèmes démoniaques sur la terre, dans le but de permettre aux desseins éternels de Dieu de poursuivre son œuvre sur la terre selon Ses plans.

Certains aspects de la vie de la communauté ont besoin du gouvernement (réajustement divin) pour permettre que les buts de Dieu se poursuivent et s’accomplissent sans opposition!

Lien : http://ossee.unblog.fr/

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LE PARDON ET LA RESTAURATION

26 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE PARDON ET LA RESTAURATION

LE PARDON ET LA RESTAURATION
Par Watchman Nee

Que devons-nous faire si un frère nous offense ? C'est une question à laquelle nous devons tous répondre. Que devons-nous faire lorsque nous n'offensons pas les autres mais que nous sommes offensés ? En lisant les passages ci-dessus de la Parole du Seigneur, nous verrons que nous devons non seulement pardonner à un frère qui nous a offensés, mais aussi le restaurer. Considérons tout d'abord la question du pardon.

I. PARDONNER À SON FRÈRE

A. Le pardon est exigé

Dans Matthieu 18.21-22, nous lisons :

Matthieu 18:21-22
“Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. [...] ” » suite

Dans Luc 17.3-4, nous lisons :

Luc 17:3-4
“Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le; et, s'il se repent, pardonne-lui. Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, -tu lui pardonneras. [...] ” » suite

Les versets de Matthieu disent que nous devons pardonner à un frère sept fois soixante-dix fois, et non sept fois seulement. Les versets de Luc disent que nous devons pardonner à un frère qui pèche contre nous sept fois dans une journée, qui se repent et revient à nous sept fois, en disant : « Je me repens. » Que la repentance soit sincère ou non, nous devons lui pardonner, à partir du moment où il se repent. La sincérité de sa repentance n'est pas de notre responsabilité. Nous devons lui pardonner.

Sept fois n'est pas trop, mais sept fois dans une même journée n'est pas si rare. Supposons que la même personne vous fasse la même chose sept fois dans la même journée, et qu'elle vous dise sept fois qu'elle a péché. Croiriez-vous encore que sa confession est sincère ? Je crains que vous pensiez qu'elle ne confessait que des lèvres. C'est pourquoi Luc 17.5 continue : « Les apôtres dirent au Seigneur : Augmente notre foi. » Ils trouvaient que cela leur posait problème. Il leur était impensable qu'un frère puisse offenser quelqu'un sept fois dans une seule journée, puis revenir vers la personne et se repentir sept fois. Ils ne pouvaient pas le croire, c'est pourquoi ils ont dit : « Seigneur augmente notre foi. » Mais les enfants de Dieu doivent pardonner même lorsqu'ils sont amenés à le faire sept fois par jour. Lorsqu'un frère pèche contre vous, vous ne devez pas lui en vouloir.

B. La mesure de Dieu

Dans Matthieu 18.23-27, le Seigneur continue avec une parabole :

Matthieu 18:23-27
“C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. [...] ” » suite

Le serviteur devait dix mille talents, ce qui représentait une somme considérable. Il n'avait pas les moyens de restituer, car « il n'avait pas les moyens de payer ». Nous ne pouvons jamais repayer tout ce que nous devons à Dieu. C'est bien plus que ce que peuvent nous devoir les hommes. Dès qu'un enfant de Dieu a une estimation juste de sa dette envers Dieu, il remettra généreusement sa dette à son frère. Lorsque nous oublions l'immensité de la grâce que nous avons reçue de Dieu, nous devenons impitoyables envers les autres. Si nous voyons la grandeur de notre dette envers Dieu, nous verrons la petitesse de celle des autres envers nous.

Le serviteur n'avait pas les moyens de repayer, et le maître a ordonné « qu'il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette soit acquittée ». En fait, même s'il avait vendu tout ce qu'il avait, il n'aurait pas pu tout repayer. « Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. »

Il est difficile à l'homme de comprendre ce qu'est la grâce et ce qu'est l'évangile. L'homme pense souvent qu'il ne peut pas repayer aujourd'hui, mais qu'un jour, il pourra repayer. Aujourd'hui, il n'en est pas capable, mais un jour, il le pourra. Cependant, dans ces versets, nous voyons un serviteur qui, même s'il vendait tout ce qu'il avait, n'aurait pas de quoi acquitter sa dette. Il dit : « Aie patience envers moi, et je te paierai tout. » Son intention était bonne. Il ne cherchait pas à éviter sa dette, il demandait simplement à son maître de lui accorder un peu de temps. Il avait l'intention de tout repayer. Une telle pensée ne peut venir que de celui qui n'a aucune connaissance de la grâce.

« Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. » C'est cela l'évangile. L'évangile, ce n'est pas Dieu qui travaille pour vous selon vos propres conceptions. Vous direz peut-être : « Seigneur, aie patience envers moi, et je Te repayerai tout », mais le Seigneur ne répond pas : « Paie ce que tu as, et repaie le reste plus tard. » Le Seigneur vous a remis votre dette tout entière. Les prières et les requêtes de l'homme sont sans mesure avec la grâce du Seigneur. Le Seigneur travaille pour nous et répond à nos prières selon ce qu'Il possède. Le maître du serviteur l'a laissé aller et lui a remis la dette. Telle est la grâce de Dieu ; telle est Sa mesure. Si quelqu'un demande la grâce de Dieu, il obtient la grâce, même si sa compréhension de la grâce est très limitée. Il nous faut être au clair sur ce principe : le Seigneur aime répandre Sa grâce sur les hommes. Tant que nous désirons Sa grâce, Il la déversera sur nous. Ce qu'Il craint, c'est que nous ne Lui demandions pas. Dès qu'un homme a une petite lueur d'espoir et ouvre la bouche pour dire : « Seigneur, aie pitié de moi », le Seigneur déverse sur lui Sa grâce. De plus, le Seigneur donne cette grâce pour Sa propre satisfaction. Nous pensons peut-être qu'un dollar suffirait, mais Lui nous donnera dix millions de dollars, et non pas seulement un dollar. Il agit pour Sa propre satisfaction. Ses actes sont en accord avec Sa personne. Nous nous contenterions d'un dollar, mais Dieu ne peut pas donner à quelqu'un une somme si minime. Soit Il ne donne rien du tout, soit Il donne selon Sa propre mesure.

Il faut comprendre que le salut est réalisé dans l'homme selon la mesure de Dieu. Le salut ne se déroule pas selon la pensée de l'homme. Il est réalisé en accord avec la pensée et le plan de Dieu.

Le criminel sur la croix supplia le Seigneur, disant :

Luc 23:42-43
“Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. [...] ” » suite

Le salut de l'homme se fait selon la volonté de Dieu, et non selon la volonté du pécheur. Le salut ne s'opère pas selon la compréhension limitée du pécheur de ce que Dieu peut faire pour lui. Le salut, c'est ce que Dieu fait pour les pécheurs selon Sa propre pensée. Le Seigneur n'a pas attendu d'être dans Son royaume pour se souvenir du criminel. Il promit au criminel qu'il serait avec Lui au paradis le jour même.

Le publicain pria dans le temple et se frappa la poitrine, disant : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » Tout ce qu'il demanda à Dieu, c'était que Dieu soit apaisé envers lui. Mais Dieu ne lui répondit pas à la mesure de sa requête. Le Seigneur Jésus dit :

Luc 18:9-14
“Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres: Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. [...] ” » suite

Autrement dit, ce pécheur s'en alla justifié. C'est là bien plus que le pécheur n'avait demandé. Pour le pécheur, il n'était pas question de justification ; il demandait seulement la pitié. Mais Dieu dit qu'il était justifié, c'est-à-dire que Dieu ne le considérait plus comme un pécheur, mais comme un homme justifié. Non seulement ses péchés étaient pardonnés, mais il était également justifié devant Dieu. Cela nous montre que Dieu ne réalise pas Son salut selon la pensée de l'homme, mais selon Sa propre pensée.

Il en est de même du retour du fils prodigue:

Luc 15:11-32 : “Il dit encore: Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d'un des habitants du pays, qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. [...] ” » suite

Quand il était loin de chez lui et qu'il n'avait pas encore vu son père, il était prêt à retourner chez lui pour travailler comme serviteur. Mais lorsqu'il arriva chez lui, son père ne lui demanda pas d'être serviteur. Il demanda à ses serviteurs d'amener sa plus belle tunique et de l'en revêtir. Il lui mit une bague au doigt et des sandales aux pieds et fit tuer le veau gras. Ils mangèrent et s'égayèrent parce que le fils qui était mort était revenu à la vie ; il était perdu, mais il avait été retrouvé. Par ces versets, nous voyons à nouveau que Dieu ne réalise pas Son salut selon la pensée du pécheur, mais selon Sa propre pensée.

Marc 2 parle de quatre hommes qui amenèrent un paralytique devant le Seigneur Jésus. Comme ils ne pouvaient pas l'amener jusqu'au Seigneur, à cause de la foule, ils enlevèrent le toit de la maison où se trouvait le Seigneur et ils descendirent le lit sur lequel le paralytique était couché, dans l'espoir que le Seigneur Jésus le fasse se lever et marcher. Mais le Seigneur dit :

Marc 2:5 : “Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. ”
Le Seigneur Jésus l'a non seulement guéri, mais lui a aussi pardonné ses péchés. Cela nous montre également que Dieu travaille à Sa propre satisfaction. Tout ce que nous avons à faire, c'est d'aller à Dieu et de Lui demander. Que vous ayez demandé suffisamment ou non importe peu. Dieu travaille à Sa propre satisfaction. Par conséquent, nous ne devons pas considérer le salut de notre propre point de vue, mais de celui de Dieu.

C. Ce que Dieu attend

Il y a une chose que Dieu attend de nous : celui qui veut recevoir la grâce doit d'abord apprendre à dispenser la grâce. Celui qui reçoit la grâce doit d'abord apprendre à partager la grâce. Si un homme reçoit la grâce, Dieu attend de lui qu'Il partage cette grâce avec les autres.

Matthieu 18.28-29 dit :

Matthieu 18:28-29
“Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. [...] ” » suite

Le Seigneur nous montre ici que nous lui devons dix mille talents, alors que les autres ne nous doivent que cent deniers. Quand nous disons au Seigneur : « Aie patience envers moi, et je te paierai », non seulement Il nous laisse aller, mais en plus, Il nous remet notre dette. Notre compagnon, notre frère, nous doit au maximum cent deniers. Quand il dit : « Aie patience envers moi et je te paierai », il a la même requête et le même espoir que nous. Comment pouvons-nous ne pas être patients envers lui ? Mais le serviteur:

Matthieu 18:30
“Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. ”

Le Seigneur a raconté cette parabole pour montrer à quel point ceux qui ne pardonnaient pas aux autres étaient déraisonnables. Si vous ne pardonnez pas à votre frère, vous êtes le serviteur même dont il est question dans ces versets. En lisant cette parabole, nous sommes remplis d'indignation envers ce serviteur. Le maître lui avait remis sa dette de dix mille talents, mais il ne voulut pas pardonner à son compagnon sa dette de cent deniers. Il jeta son compagnon en prison jusqu'à ce que celui-ci ait payé ce qu'il devait. Il agissait selon sa propre norme de justice ! Un croyant devrait se traiter personnellement selon la justice et se comporter avec les autres selon la grâce. Votre frère vous doit peut-être quelque chose, et le Seigneur sait bien qu'il vous le doit. Mais Il sait aussi que si un croyant ne pardonne pas à son frère, il n'agit pas avec les autres selon la grâce. Un tel homme manque de grâce aux yeux de Dieu.

Nous lisons dans les versets 31-33 :

Matthieu 18:31-33
“Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? [...] ” » suite
Le Seigneur attend de nous que nous agissions envers les autres comme Il a agi envers nous. Il ne nous a pas jugés selon la justice. De la même manière, Il attend de nous que nous ne jugions pas les autres selon la justice. Le Seigneur nous a pardonné nos dettes selon la miséricorde, et Il attend de nous que nous pardonnions nous aussi les dettes des autres selon la miséricorde. Le Seigneur veut que nous mesurions les autres avec la même mesure qu'Il emploie envers nous. Le Seigneur dispense la grâce envers nous selon une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde. Il veut que nous fassions de même envers les autres, selon une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde. Le Seigneur veut que nous agissions envers notre frère comme Il agit envers nous.
Ce qu'il y a de plus laid aux yeux de Dieu, c'est qu'un homme pardonné refuse de pardonner aux autres. Il n'y a rien de plus laid que de refuser de pardonner alors qu'on nous a pardonné, ou d'être impitoyables alors que nous avons reçu miséricorde. Nous ne devons pas recevoir la grâce d'une part, et refuser de la partager, de l'autre. Nous devons nous rendre compte devant le Seigneur que nous devons traiter les autres de la même manière que le Seigneur nous a traités. Il est très laid de recevoir la grâce tout en refusant de la partager. Il est honteux d'être pardonné et pourtant de refuser de pardonner aux autres. Dieu condamne l'homme surendetté qui exige un paiement d'un autre homme surendetté. Il ne trouve aucun plaisir dans ceux qui se souviennent des faiblesses des autres, alors qu'eux-mêmes ont été faibles.

Le maître demanda à l'esclave : « Ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi ? » Dieu veut que nous usions de miséricorde envers les autres et que nous leur pardonnions. Un homme qui a expérimenté la grâce et à qui Dieu a pardonné doit apprendre à pardonner les dettes des autres. Il doit apprendre à pardonner aux autres, à avoir pitié d'eux et à être miséricordieux envers eux. Nous devons lever les yeux vers Dieu et dire : « Seigneur, Tu as remis ma dette de dix mille talents. Je veux pardonner à ceux qui m'ont offensé aujourd'hui. Je veux aussi pardonner à ceux qui m'offenseront à l'avenir. Tu as pardonné mes grands péchés. Je veux aussi apprendre à être comme Toi dans une moindre mesure en pardonnant aux autres. »
D. La discipline de Dieu

Le verset 34 continue :

Matthieu 18:34 : “Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. ”

Voilà un homme qui est tombé sous la discipline de Dieu. Dieu le livre aux bourreaux jusqu'à ce qu'il paye tout ce qu'il doit.

Le verset 35 dit :

Matthieu 18:35 : “C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. ”

C'est là une affaire très sérieuse. Nous espérons que personne ne tombera dans la main de Dieu. Nous devons pardonner à notre frère de tout notre cœur, comme Dieu nous a pardonné de tout Son cœur. Nous espérons que tous les frères et sœurs apprendront à pardonner toutes les offenses. N'essayez pas de vous souvenir des péchés de votre frère. Nous ne devons pas demander à notre frère de nous repayer. Les enfants de Dieu doivent être comme Dieu à cet égard. Dieu nous traite généreusement, Il attend de nous que nous traitions nos frères de la même manière.

II. RESTAURER LES FRÈRES

Il ne suffit pas de pardonner à notre frère. Cela ne prend en compte que l'aspect négatif. Il nous faut encore le restaurer. C'est ce dont il est question dans Matthieu:

Matthieu 18:15-20
“Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. [...] ” » suite ”.
A. Le dire à la personne

Matthieu 18.15 dit :

Matthieu 18:15 : “Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. ”

Des offenses se produisent sans arrêt parmi les enfants de Dieu. Si un frère vous offense, que devez-vous faire ? Le Seigneur dit : « Va, et reprends-le entre toi et lui seul. » Si un frère vous offense, la première chose à faire n'est pas de le dire aux autres. Ne le dites pas aux frères et sœurs ni aux anciens de l'Église. Ce n'est pas là ce que le Seigneur vous demande de faire. Si un frère vous offense, la première chose que vous devez faire, c'est d'aller lui en parler.

Lorsqu'un frère offensé par un autre frère publie la chose haut et fort, cela entraîne souvent des problèmes. Il en parle continuellement jusqu'à ce que l'Église tout entière le sache. Cependant, le frère qui l'aurait offensé n'est toujours pas au courant de l'offense. Ce genre de bavardage est caractéristique d'une personne faible ; seule une personne faible est trop timide pour parler directement avec la personne qui a commis l'offense. Elle n'osera parler de l'affaire que derrière son dos ; elle n'osera pas en parler face-à-face. C'est un péché que de parler dans le dos des autres et de faire courir un commérage. Nous n'avons pas à traiter de la faute de notre frère, mais le Seigneur ne veut pas que nous en parlions d'abord avec les autres. Le premier qui doit être au courant, c'est celui qui est directement concerné et non les autres. Si nous apprenons bien cette leçon fondamentale, l'Église évitera bien des problèmes.

Comment devons-nous en parler aux autres ? Devons-nous leur écrire une lettre ? Ce n'est pas cela que le Seigneur nous a demandé de faire. Le Seigneur ne nous a pas dit de régler la chose par écrit, mais plutôt d'aller voir notre frère pour lui parler face-à-face. Cependant, tout comme il ne faut pas en parler dans le dos de l'autre, il ne faut pas non plus en parler devant beaucoup de personnes. L'affaire doit être réglée « entre toi et lui seul ». Beaucoup d'enfants de Dieu ne respectent pas ce principe. Ils publient ce genre d'affaires en présence de beaucoup de personnes. Mais le Seigneur nous dit de ne parler que lorsque les personnes concernées sont seules. Autrement dit, les péchés individuels doivent être réglés par les individus seuls ; aucune tierce personne ne doit s'en mêler.

Nous devons apprendre cette leçon devant Dieu, ne jamais rien dire dans le dos du frère qui nous a offensés, et ne jamais lui parler devant beaucoup de personnes. Nous n'avons pas besoin de parler d'autres choses ni de soulever d'autres sujets. Il nous suffit de montrer la faute. Pour cela, nous avons besoin de la grâce de Dieu. C'est une leçon que les enfants de Dieu doivent apprendre.

Certains frères et sœurs trouveront peut-être cela trop difficile. Il est vrai que c'est assez difficile, mais celui qui veut marcher selon la Parole de Dieu ne doit pas craindre les difficultés. Si vous estimez que l'offense de votre frère est insignifiante, vous trouverez peut-être qu'il n'est pas nécessaire de lui parler. Si tel est le cas, il est aussi inutile d'en parler aux autres. Si vous estimez que l'affaire est insignifiante, simple, triviale, et qu'elle ne mérite guère qu'on s'y arrête, vous ne devez pas non plus en parler aux autres. Il ne faut pas penser que lui n'a pas besoin d'être informé mais que les autres doivent l'être. Si vous voulez en parler, parlez-en à lui seul. S'il n'y a pas besoin d'en parler, gardez le silence. Il ne faut pas que les autres soient au courant de quoi que ce soit, aussi longtemps que le frère qui a commis l'offense n'en sait rien.

B. La motivation pour en parler

La deuxième moitié du verset 15 nous dit : « S'il vous écoute vous avez gagné votre frère. » Voilà ce qui doit vous motiver. Vous ne devez pas parler à votre frère dans le but de recevoir quelque dédommagement. Il n'y a qu'une seule motivation pour en parler : « S'il vous écoute, vous avez gagné votre frère. »

Par conséquent, la question n'est pas de savoir quel dommage vous avez subi. Si votre frère vous a offensé, et que l'affaire n'est pas mise au clair, il ne pourra pas communier avec Dieu ; il y aura des obstacles dans sa communion et dans sa prière. C'est pourquoi vous devez le reprendre. Il ne s'agit pas de faire connaître vos blessures. Si vous vous sentez simplement blessé, si l'affaire ne vous pose pas de problème et si vous pensez que vous pourrez la surmonter, vous n'avez pas besoin d'en parler à votre frère ni à qui que ce soit d'autre. Vous êtes le seul à pouvoir estimer si l'affaire est vraiment sérieuse ou non. C'est vous qui avez la responsabilité de décider d'en parler ou non. Cette responsabilité appartient à celui qui voit le plus clair dans l'affaire. Il y a beaucoup de choses qu'on peut laisser passer, mais il y a aussi beaucoup de choses qu'il faut régler. Si certaines offenses risquent de faire trébucher votre frère, vous devez lui montrer sa faute pendant que vous êtes seuls tous les deux. Vous devez traiter attentivement tout ce qui a besoin d'être réglé. Vous pourriez peut-être laisser passer la chose, mais ce serait peut-être au détriment de l'autre. Il a commis une offense devant Dieu, et Dieu ne lui a pas encore pardonné. Si un frère a commis une erreur qui risque de mettre en danger sa relation avec Dieu, ce n'est pas une mince affaire et vous devez aller lui en parler clairement. Vous devez trouver une occasion où vous êtes seul avec lui, et lui dire : « Frère, tu as eu tort de m'offenser de cette manière. Ton offense va détruire ton avenir devant Dieu. Tu te créeras des obstacles et tu subiras des pertes devant Dieu. » S'il vous écoute, vous avez « gagné votre frère ». C'est ainsi que vous pouvez restaurer votre frère.
Aujourd'hui, beaucoup d'enfants de Dieu n'obéissent pas à ces enseignements précis des Écritures. Certains parlent sans cesse des torts des autres et les diffusent continuellement. Certains n'en parlent pas aux autres, mais ne pardonnent jamais, et gardent toujours des rancœurs dans leur cœur. Certains pardonnent mais ne cherchent pas à restaurer. Mais ce n'est pas ainsi que le Seigneur nous demande d'agir. Il ne faut pas parler des fautes des autres ; il ne faut pas se taire tout en gardant des rancœurs ; et il ne faut pas non plus pardonner sans exhorter.

Le Seigneur n'a pas dit qu'il nous suffisait de pardonner au frère qui nous a offensés. Le Seigneur nous a aussi montré que celui qui a été offensé avait la responsabilité de restaurer l'offenseur. Puisque ce n'est pas une mince affaire que d'offenser quelqu'un, nous avons la responsabilité d'en parler à la personne qui nous a offensés, pour son propre bien. Nous devons trouver un moyen de restaurer notre frère et de le regagner. Lorsque nous lui parlons, nous devons avoir une bonne attitude et des motivations pures. Le but doit être de restaurer notre frère. Si notre intention est de le gagner, nous saurons comment lui montrer sa faute. Si notre intention n'est pas de le restaurer, cela ne pourra qu'aggraver la relation. Le but de l'exhortation n'est pas de demander un dédommagement, ni de justifier sa façon de voir ; le seul but est de restaurer notre frère.
C. L'attitude à avoir lorsque nous parlons aux autres

Si nos motivations sont pures, nous saurons faire les choses pas à pas. Premièrement, nous devons avoir le bon esprit. Ensuite, nous devons veiller aux mots que nous utilisons, à la manière dont nous les prononçons, à notre attitude et au ton sur lequel nous parlons. Notre but est de le restaurer, non pas simplement de l'informer de sa faute.

Si nous cherchons simplement à le reprendre, nous pourrons avoir raison de le reprendre et la force des mots employés peut-être tout à fait justifiée, mais notre attitude, notre ton et notre expression faciale peuvent nous empêcher d'atteindre notre but, qui est de le gagner.
Il est facile de dire de bonnes choses sur un frère ; il est facile de dire des gentillesses sur quelqu'un. Il est aussi très facile de se mettre en colère contre quelqu'un. Il nous suffit de donner libre cours à nos émotions, et nous nous mettrons en colère. Mais seuls ceux qui sont pleins de grâce sont capables de mettre en évidence les fautes de quelqu'un tout en cherchant à le restaurer et à le gagner. Il faut s'oublier complètement pour être humble, doux, sans fierté et prêt à aider ceux qui sont en faute. Avant tout, il faut commencer par avoir raison soi-même.

Il faut réaliser que le Seigneur permet à un frère de vous offenser parce qu'Il vous a fait une faveur et qu'Il vous a choisi. Il vous a donné une grande responsabilité. Vous êtes l'instrument que Dieu a choisi et Dieu se sert de vous pour restaurer votre frère.

Si un frère vous offense un peu et que vous lui pardonnez, l'affaire est réglée ; il n'y a pas besoin de faire d'avantage. Mais si un frère vous offense à tel point que cela devient un véritable problème, vous ne pouvez pas fermer les yeux et dire qu'il n'y a pas de problème. Le problème existe, et vous ne pouvez pas l'ignorer. Si le problème n'est pas résolu, ce sera un fardeau pour l'Église. L'Église est souvent affaiblie à cause de ces fardeaux. La vie du Corps est desséchée par ces fardeaux, et le travail des ministres est gâché par de tels fardeaux. Devant Dieu, nous devons apprendre à régler chacun de ces problèmes lorsqu'ils se manifestent. Si quelqu'un nous offense, nous ne devons pas fermer les yeux et essayer de l'ignorer. Nous devons traiter cela avec rigueur. Cependant, notre esprit, notre attitude, nos paroles, notre expression faciale et notre ton doivent être corrects. C'est la seule façon de gagner notre frère.

D. En parler aux autres

Le verset 16 dit :

Matthieu 18:16
“Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. ”

Si vous allez vers lui seul, que vous lui parlez avec des motivations pures, dans une bonne attitude et avec des mots doux, et qu'il ne vous écoute pas, vous devez en parler à d'autres personnes. Cependant, vous ne devez en parler aux autres qu'à partir du moment où il a refusé vos paroles. Il ne faut pas en parler aux autres trop librement.

Si un problème s'élève entre deux enfants de Dieu, et qu'ils vont tous les deux vers le Seigneur pour le régler, il sera facilement résolu. Mais supposons que l'un des deux ne veille pas à sa bouche et qu'une troisième personne est informée. Le problème sera beaucoup plus compliqué et plus difficile à résoudre. Si une plaie n'est pas contaminée, elle guérira assez facilement. Mais si des impuretés entrent dans la plaie, non seulement la douleur est accrue, mais la plaie devient plus difficile à guérir. Informer une tierce personne du problème c'est comme faire entrer des impuretés dans une plaie. Tout problème entre les frères et les sœurs doit être réglé directement par les personnes concernées. Nous ne devons parler du problème aux autres qu'à partir du moment où l'une des parties concernées refuse la réprimande. Notre but en informant les autres n'est pas de multiplier le commérage, mais d'inviter d'autres personnes à exhorter, à aider et à communier ensemble.

Les « une ou deux personnes » supplémentaires doivent être des personnes ayant de l'expérience dans le Seigneur et un bon discernement spirituel. Vous devez leur présenter la situation et leur demander leur avis. Elles devront juger si l'offenseur est fautif ou non. Les plus matures doivent prier et considérer l'affaire devant le Seigneur, puis juger selon leur discernement spirituel. Si elles sentent que l'offenseur est en faute, elles doivent aller vers ce frère et lui dire : « Vous avez tort dans cette affaire. En agissant ainsi, vous vous coupez du Seigneur. Vous devez vous repentir et vous confesser. »

« Afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. » Les « deux ou trois » ne doivent pas parler trop librement. N'invitez jamais des gens trop bavards pour régler ce genre de problèmes. Ceux qui parlent beaucoup ne sont jamais très persuasifs ; invitez plutôt ceux qui sont fidèles, honnêtes, spirituels et qui ont de l'expérience devant le Seigneur. Ainsi, toute l'affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins.

E. Enfin, le dire à l'Église

Le verset 17 dit :

Matthieu 18:17
“S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. ”

Si nous ne pouvons pas régler le problème par nous-mêmes, nous devons amener une ou deux autres personnes pour nous aider à le régler. Si l'autre personne refuse encore de les écouter, nous devons le dire à l'Église. En parler à l'Église ne signifie pas que nous publions l'affaire au moment où l'Église tout entière est assemblée. Cela signifie qu'on doit en parler aux anciens qui sont responsables dans l'Église. Si la conscience de l'Église trouve aussi que ce frère a tort, il a certainement tort. Si l'offenseur est un frère qui marche devant Dieu, il devra mettre de côté ses propres opinions, et accepter le témoignage de deux ou de trois. S'il n'accepte pas le témoignage de deux ou de trois, il devrait au moins accepter le verdict de l'Église. L'avis et le jugement unanimes de l'Église reflètent le cœur du Seigneur. Le frère doit se rendre compte qu'il n'est pas bon d'ignorer l'Église. Il doit être humble et ne pas s'en tenir à ses propres sentiments. Il devrait plutôt accepter le sentiment de l'Église.

Que faire s'il refuse encore ? Le verset 17 continue : « S'il refuse d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. » C'est là une parole grave. Autrement dit, s'il refuse d'écouter l'Église, tous les frères et sœurs de l'Église ne devraient plus communiquer avec lui. Puisqu'il ne veut pas régler son problème, l'Église doit le considérer comme un païen et un publicain et ne devrait pas avoir de communion avec lui. Quoiqu'il ne soit pas excommunié, tous les frères et sœurs doivent le considérer comme un païen et un publicain, et personne ne devrait prêter attention à lui. S'il parle, personne ne doit l'écouter. S'il vient rompre le pain, tous doivent l'ignorer. S'il prie, personne ne devrait dire « amen ». S'il veut venir, il peut venir. S'il veut partir, il peut partir. Mais tous doivent le considérer comme un étranger. Si les enfants de Dieu s'accordent pour adopter une telle attitude, il sera facile de restaurer un frère. Le but, en traitant avec lui de cette façon, c'est de le restaurer.

Le verset 18, qui dit :

Matthieu 18:18 : Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. ”

est en rapport avec les versets précédents. Le Seigneur dans le ciel reconnaît ce que fait l'Église sur la terre. Si l'Église trouve qu'une personne qui refuse de l'écouter a tort, l'Église le considérera comme un païen et un publicain, et le Seigneur dans le ciel reconnaîtra la même chose.

Les versets 19 et 20 sont aussi fondés sur la partie précédente.

Matthieu 18:19-20 : “Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. [...] ” » suite

Pourquoi dans le verset précédent est-il dit : « Afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins » ? On voit ici que le principe des deux ou trois est le principe de l'Église. Si deux ou trois agissent en unité sur une certaine question, et si ces deux ou trois considèrent cette question devant Dieu d'un commun accord, Dieu tiendra compte de la décision. Matthieu 18.18-20 s'applique en particulier aux problèmes entre frères. Lorsqu'une question est amenée devant deux ou trois personnes, puis devant l'Église tout entière, le Père dans le ciel tiendra compte d'une telle décision.

Nous voudrions soulever ici un point au passage. Comment l'Église prend-elle des décisions importantes ? Dans Actes 15, nous voyons que lorsque les frères se réunissent, tous les frères et sœurs peuvent parler et débattre. Même ceux qui sont en faveur de la loi peuvent se lever et dire ce qu'ils pensent, bien que leur opinion soit totalement erronée. Autrement dit, la même occasion de parler est offerte à tous. Mais tous les frères ne peuvent pas diriger les affaires. Tous les frères peuvent exprimer devant le Seigneur ce qu'ils pensent. Après que les anciens les ont écoutés, ils doivent exprimer ce qu'ils ressentent devant Dieu et prononcer un jugement final sur l'affaire. Les frères responsables auront peut-être le même sentiment devant le Seigneur. Ce sentiment est le sentiment de l'Église ; c'est aussi la conscience de l'Église. Après qu'ils ont parlé, tous doivent se soumettre et les suivre en totale unité. Telle est la voie de l'Église. L'Église n'empêche ni n'interdit à personne de parler. Mais personne ne doit parler de manière irréfléchie. Quand vient le moment d'une décision, les anciens doivent parler sous la direction du Saint-Esprit, et tous les frères et sœurs doivent écouter les anciens. Si l'autorité du Saint-Esprit est respectée dans l'Église, de telles questions peuvent se régler facilement. Si le Saint-Esprit n'a pas d'autorité dans l'Église, et s'il y a beaucoup d'opinions de la chair, le Saint-Esprit ne pourra rien diriger du tout. Nous devons apprendre à nous soumettre à l'autorité du Saint-Esprit et à écouter l'Église.

Que Dieu use de grâce envers nous ! Puissions-nous être comme notre Maître qui est si plein de grâce ! Si un frère nous offense, nous devons lui pardonner de tout notre cœur. De plus, nous devons porter la responsabilité de le restaurer selon la Parole du Seigneur. Puisse le Seigneur nous amener à vivre une telle vie dans l'Église !

Par Watchman Nee

enseignemoi.com

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La 8ème lettre aux 7 églises

25 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La 8ème lettre aux 7 églises

La 8ème lettre aux 7 églises

Jean CHOPARD

A 7 églises d'Asie mineure du 1er siècle de notre ère, le Chef de l'Eglise a fait adresser par Jean des messages en rapport avec l'état et la situation de chacune d'elles (Apoc 2-3). A chacune il se présente sous l'aspect convenant au message qu'il lui destine. A toutes il affirme d'entrée sa parfaite connaissance de ses circonstances. Louanges, reproches, avertissements, appels à la repentance ou à la persévérance précèdent une promesse et un renvoi à ce que l'Esprit dit aux églises. Outre ces lettres particulières, propres à chaque église destinataire, une 8ème leur est commune; il en émane un message général, valable pour l'ensemble de toutes les églises aussi bien que pour l'Eglise de Christ dans tous les temps et tous les lieux (Apoc 1:4-6).

Toute lettre comporte 4 éléments un auteur, un destinataire, un message et un but. Nous les trouvons réunis dans celle qui va nous occuper.

1. L'AUTEUR

Il se présente comme Jean:
- serviteur (ou esclave) de Jésus-Christ (Apoc 1.1),
- frère des destinataires (1.9),
- parmi les prophètes (22.9),
sans se désigner plus précisément. Aussi la tradition apostolique unanime a-t-elle reconnu en lui l'apôtre Jean, celui qui, dans son évangile, se fait connaître seulement comme le disciple que Jésus aimait.

Mais Jean n'apparaît que dans le rôle d'un rédacteur sur ordre (Apoc 1.11,19) et non comme l'auteur véritable de cette extraordinaire révélation.

Celui-ci n'est autre que le vivant aux siècles des siècles (1.18), le ressuscité, Jésus-Christ. Cette révélation (ou dévoilement) de lui-même lui a été donnée par Dieu (1.1), dont les paroles sont rapportées en Apoc 19.9. Le livre de l'Apocalypse, ou "Révélation de Jésus-Christ", est ainsi attesté, dès le 1er verset, par 4 autorités: Jésus-Christ, Dieu, l'ange et Jean. Il s'agit donc d'une portion de l'Ecriture particulièrement digne d'être reçue comme parole de Dieu, par les croyants (ses serviteurs ou "esclaves"); de plus, il s'agit d'un livre ouvert (Apoc 22.10) et non fermé ou obscur, comme Satan essaie de le faire croire pour en décourager la lecture, car son jugement et sa fin y sont annoncés et décrits.

Il convient de considérer séparément la personne et les attributs de Jésus-Christ présentés dans ce chapitre (Apoc 1).

Aux versets 13 à 16 apparaissent 10 aspects de Jésus-Christ qui sont autant de caractères significatifs de sa personne.

1. Fils d'homme
L'humanité de Jésus rappelle son abaissement (Phil 2.7-8). Pour entrer dans sa création, il lui fallut un corps (Héb 10.5). Dieu a été manifesté en chair (1 Tim 3.16) pour rejoindre les hommes, chez eux, comme eux dans la vie de chaque jour.

Jésus fut l'homme selon le cour de Dieu. Il a connu les peines et les joies de cette vie; aussi est-ce comme Homme qu'il jugera un jour les vivants et les morts (Act 10.42; 17.31).

2. La robe évoque le sacrificateur revêtu de fin lin pour le sacrifice d'expiation (Lév 16.4), après avoir ôté sa robe glorieuse, pour la revêtir après le sacrifice. Christ aussi s'est dépouillé en venant sur la terre (Phil 2.7-8); mais il a revêtu la gloire céleste antérieure à la création (Jean 17.5), après la résurrection. Il fut le sacrifice sur la croix; il est maintenant notre grand souverain sacrificateur au ciel (Héb 4.14), pour plaider devant Dieu la valeur de son sang, en faveur de tous ceux qui s'approchent de Dieu par lui.

3. La ceinture d'or parle aussi du sacrificateur. A la hauteur de la poitrine, elle souligne la pureté glorieuse des affections du Fils pour son Père et pour les siens, jusqu'à la mort.

4. La tête et les cheveux blancs sont ceux du roi de justice (Pr 16.31) qui a souffert et, par cette voie, a atteint l'âge et le niveau de la sagesse et de l'autorité.

5. Les yeux font penser au prophète (appelé aussi "voyant" en 1 Sam 9.9). Ils sont le siège de la connaissance, de l'intelligence et du discernement (Apoc 5.6). Environ 80 % de nos perceptions sensorielles nous parviennent par les yeux.

6. Les pieds et l'airain brillant évoquent encore le sacrificateur et le feu du jugement. Le serpent au désert et la cuve du tabernacle étaient d'airain. Quand le Seigneur posera ses pieds sur la terre, ce sera pour le jugement des nations. Auparavant, pour enlever les siens, il se tiendra dans les nuées; la rencontre avec lui aura lieu en l'air (1 Thes 4.17).

7. La voix est bien caractéristique du prophète; il parle pour Dieu aux hommes. Jésus fut la Parole faite chair (Jean 1.14). Auprès des chutes du Niagara, toute voix humaine est couverte. Après tous les discours tonitruants de ce monde, un jour Dieu parlera plus fort que tous ceux assemblés qui l'auront blasphémé parmi les nations, il leur parlera dans sa colère et, dans sa fureur, il les épouvantera (Ps 2.5).

8. La main droite est forte et active. Par elle s'exercent la direction et l'autorité du roi qui conduit à la sécurité. Personne ne pourra ravir les rachetés de la main qui fut percée pour eux.

9. La bouche assortie de l'épée aiguë (longue) évoque la parole du prophète. C'est cette parole de Dieu qui discerne les pensées et les intentions du cour, dans l'Eglise (Héb 4.12); c'est elle aussi qui jugera le monde (Apoc 19.13).

10. Le visage d'un éclat insoutenable rappelle celui du grand roi qu'Esaïe vit sur son trône (Es 6.1-5). Plus tard, Paul en fut aveuglé 3 jours (Act 9.9). Le Seigneur habite la lumière inaccessible (1 Tim 6.12). On ne peut le voir et vivre. On comprend donc la fuite des hommes à l'approche du jugement divin (Apoc 6.16-17).

Cette description fait usage de maintes notions et images de l'Ancien Testament. Sur les 405 versets de l'Apocalypse, 285 s'y rapportent. Dans cette apparition, le Ressuscité se tient au milieu des 7 lampes représentant les 7 églises. Il est personnellement leur seul lien intercommunautaire. Aucune organisation humaine ne peut se substituer à l'autorité du seul Chef de l'Eglise sur chaque assemblée locale. Il ne s'agit plus du chandelier à 7 branches du tabernacle d'Israël, formé d'une seule pièce. La nuance souligne l'importance du changement intervenu. La lumière du témoignage dû à Dieu n'est plus le fait d'un peuple dans un pays; elle est portée dans le monde entier par une multitude d'églises locales dispersées.

L'apparition du vivant laisse Jean comme mort. En revanche, près de la croix, le disciple vivant avait vu le Maître mort. La résurrection a bouleversé toute ancienne relation avec Jésus ( 2 Cor 5.16).

Une autre cause de stupeur pour Jean est de voir réunis en un seul homme les attributs du prophète, roi et sacrificateur, parfaitement équilibrés (3 fois chacun). Les deux dernières fonctions s'excluaient mutuellement en Israël (Héb 7.13-14). Pour pouvoir tenir les trois rôles à la fois, il fallait que le Fils de Dieu devienne homme (fils d'homme est le caractère en tête de la liste).

La notion de roi n'est pas familière dans l'Eglise. En fait, le chrétien n'y est pas roi lui-même; il est membre d'un royaume (Apoc 1.6,9) sous l'autorité de Christ, qui n'est jamais appelé le roi de l'Eglise, ni son Seigneur non plus, mais le Chef de l'Eglise, la tête du corps (Col. 1.18). Il est le Seigneur du croyant individuellement.

Il suffit ici de les citer (versets 5 et 8):

1. Le témoin fidèle (ce qu'il fut sur la terre)

2. Le premier-né des morts (ce qu'il est au ciel)

3. Le prince des rois de la terre (ce qu'il sera sur terre)

4. L'alpha (le commencement)

5. L'oméga (la fin)

6. Seigneur Dieu (comp. Jean 20.28!)

7. Tout-puissant (Mat 28.18)

2. LE DESTINATAIRE

L'Apocalypse s'adresse en premier lieu aux 7 églises qui sont en Asie (1.4), à la fin du 1er siècle: Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée. A travers elles se présentent 7 types d'églises susceptibles de correspondre à une église actuelle, la vôtre peut-être. On a vu aussi, dans la succession de ces 7 églises, une vaste fresque de l'église chrétienne, des temps apostoliques à l'enlèvement des croyants.

L'Ecriture associe le chiffre 7 à l'idée de plénitude, de perfection aussi. Ainsi, cette 8ème lettre adressée en commun aux 7 églises, vaut pour chacune d'elles. On peut l'envisager aussi comme un saisissant condensé, enfermant la plénitude du message de Dieu à l'Eglise universelle, de tous les temps et en tout lieu. A ce titre, la lettre nous concerne encore aujourd'hui, aussi vraie et vivante qu'au temps de son envoi initial en Asie.

3. LE MESSAGE

Le contenu de la lettre comprend deux parties.

a) Versets 4-5a: un message appuyé par 3 signatures

1. Le message est sobre et net: "grâce et paix"
La première fois qu'apparaissent ensemble les deux termes se situe dans le livre des Nombres (6.25-27), avec la formule de la salutation-bénédiction au peuple de Dieu.

La grâce est bien le seul terrain de rencontre entre le Dieu trois fois saint et le pécheur. Ne l'oublions jamais. Jusqu'au bout, nous dépendrons de la grâce miséricordieuse de Dieu.

La paix est la conséquence directe de la grâce accordée par la justice de Dieu accomplie à la croix. Etant donc justifiés parla foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ (Rom 5.1).

Ce fut aussi le message du soir de Pâques, dans la chambre haute (Jean 20.19). Jésus ressuscité (la grâce en personne) apporte la paix à ses disciples apeurés.

"Grâce et paix", c'est enfin la salutation apostolique en tête des épîtres de Paul et de Pierre.

2. Les 3 signatures ne sont en rien inférieurs au message qu'elles attestent. Ce sont:
- l'Etre absolu en soi-même, par nature; hors du temps et de toute création, mais aussi dans le temps qui enferme notre condition présente; souverain universel dont le trône est inébranlable et la domination éternelle (Ex 3.14, Jean 8.58).
- l'Esprit dans sa plénitude absolue (voir 3.1; 4.5; 5.6); on relève le chiffre 7, dans l'Apocalypse, 49 fois (7 x 7)!
- Jésus-Christ, sous trois aspects dans le temps, en rapport avec son incarnation.

L'autorité suprême de la trinité divine suffit-elle à accréditer le message de grâce et de paix à votre conscience et à votre cour?

b) Versets 5b-6: une réponse en 2 mots pour 3 raisons

Cette 8ème lettre, en effet, est une lettre avec réponse payée par le précieux sang de Christ. Aussi est-ce à lui que monte la reconnaissance de 1'Eglise.

- Celui qui nous aime = un présent permanent, à tout âge de la vie, dans toutes les circonstances, pour tous les temps et sous tous les cieux.

- Il nous a délivré de nos péchés = un passé accompli à la croix une fois pour toute, mais qui prolonge ses effets dans notre présent vécu et jusque dans l'avenir sans fin (notez les 3 temps en vue dans 2 Cor 1.10).

- Il a fait de nous un royaume, des sacrificateurs. A la sortie d'Egypte, Dieu voulait pour lui un peuple entier de rachetés, qui soit un royaume formé de sacrificateurs (Ex 19.6). Mais seul la tribu de Lévi tint ce rôle. Or, dans l'Eglise, ce peuple des rachetés de la nouvelle alliance, ce nouveau royaume, tous sont sacrificateurs (1 Pi 2.9), appelés à offrir des sacrifices spirituels (Héb 13.15) et matériels (Heb 13.16). Pensons-y en pratique, aussi bien pour la louange que pour la bienfaisance.

A Celui en qui nous avons tout pleinement, l'Eglise apporte la gloire et la force pour l'éternité ! Deux simples mots aussi, mais qui enferment l'expression de la reconnaissance, en retour d'un si grand salut offert à tout pécheur qui se repent et qui croit. Cette louange commence déjà sur la terre, mais elle se prolongera aux siècles des siècles, sans jamais s'épuiser. Cette note finale de la réponse rejoint ainsi la révélation du premier signataire du message: l'Eternel en personne. Quel admirable message et quelle admirable réponse!

Dieu à son Eglise : "grâce et paix à vous"
L'Eglise à son Chef: "à lui gloire et force"!

4. LE BUT

L'Apocalypse est devenue synonyme de frayeur et d'épouvante. C'est vrai pour ceux qui n'ont pas la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. C'est le livre des trois malheurs (Apoc 8.13; 9.12; 11.14).

Mais la "révélation de Jésus-Christ", c'est aussi le livre des sept bonheurs (Apoc 1.3; 14.13; 16.15; 19.9; 20.6; 22.7; 22.14).

Lire, comprendre, garder le message de cette 5ème lettre, et du livre entier, n'est-ce pas se préparer sagement au temps de l'accomplissement prochain des choses annoncées? Ce temps approche rapidement. Le Seigneur est proche.

Plus le monde dérive vers le jugement de Dieu, plus aussi se fait pressant l'appel du verset 7: Voici il vient avec les nuées. Plus aussi le but du message est de préparer son peuple au retour du Seigneur. Oui, dans cette attente patiente, confiante et active, la 8ème lettre ouvre magistralement le dernier livre de la Bible, dans lequel on a pu voir la campagne électorale du Roi des rois !

AMEN; VIENS, SEIGNEUR JESUS (Apoc 22.20).

Lien : http://www.promesses.org/arts/82p7-12f.html

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L'ENLEVEMENT DE L'EGLISE

22 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L'ENLEVEMENT DE L'EGLISE

L'ENLEVEMENT DE L'EGLISE

Ph. J.-J. BENOÎT

L'Eglise est constituée de tous ceux qui croient en Christ comme leur Sauveur. Elle poursuivra sa mission terrestre jusqu'à ce que Christ vienne la chercher. Or cet événement, appelé l'enlèvement - le passage des croyants de ce monde-ci vers le ciel - peut survenir à n'importe quel moment. .

Le texte du Nouveau Testament qui nous donne le plus de détails sur l'enlèvement est certes celui de 1 Thes 4.13-18. Bien que l'ensemble de la première Epître aux Thessaloniciens fasse souvent allusion aux événements futurs, la doctrine de l'enlèvement repose sur des certitudes émanant de ces six versets.

Une raison

«Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui sont décédés» - littéralement «ceux qui dorment».

Lors de son passage à Thessalonique, l'apôtre avait sans doute annoncé le retour de Christ dans sa prédication (voir 1 Thes 2.19). Mais depuis son départ, certains des croyants étaient décédés, et leurs survivants s'interrogeaient: "Est-il possible d'espérer que ces chrétiens morts avant l'enlèvement participent à cet événement béni?" L'apôtre avait enseigné aux Thessaloniciens à vivre chaque jour dans la fervente espérance du retour imminent de Christ (voir 1 Thes 1.9-10). Mais apparemment l'apôtre ne leur avait laissé aucune instruction quant au sort des croyants décédés. Aussi se posaient-ils diverses questions à leur sujet: seraient-ils exclus de l'enlèvement? et ceux qui seront enlevés vivants, ne reverront-ils jamais leurs bien-aimés en Christ décédés auparavant?

Les chrétiens de Thessalonique étaient d'autant plus perplexes que l'apôtre avait l'habitude de répéter: Je ne veux pas que vous ignoriez... (Rom 11.25; 1 Cor 10.1; 12.1; cp Rom 1.13; 2 Cor 1.8). Poussé par le Saint-Esprit, Paul abordait donc ce sujet avec des raisons bien précises: il devait rassurer les Thessaloniciens au sujet de ceux qui dorment, une expression qui dans la Bible ne concerne que la mort des croyants et jamais celle des incroyants (voir Jean 11.11; Act 7.60; 1 Cor 11.30; 15.6, 18,51; 2 Pi 3.4).

Un raisonnement

Car si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont décédés (1 Thes 4.14). Cette espérance repose sur le solide fondement d'un raisonnement bien étayé. Le mot si gagnerait à être remplacé par puisque. Ainsi l'espérance du retour de Christ pour les siens, qu'ils soient morts ou vivants lors de sa venue, est un fait aussi certain et essentiel que celui de la mort et de la résurrection de Christ lui-même. L'homme privé de certitudes au sujet de la mort et de la résurrection de Christ n'aura pas non plus de certitude par rapport à sa propre résurrection. Ici le raisonnement est logique. L'espérance chrétienne ne repose pas sur une philosophie spéculative quelconque. La mort physique et la résurrection corporelle de Jésus-Christ sont le fondement même de notre assurance: Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts (1 Pi 1.3). La préposition si de 1 Thes 4.14 écarte tout doute. Christ étant mort et ressuscité, aucun racheté ne sera oublié dans la tombe lorsque Jésus reviendra. Sa propre résurrection est le gage de la nôtre (voir Rom 8.11; 1 Cor 6.14; 15.20-22).

Une révélation

Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur (1 Thes 4.15). Cette phrase n'implique pas nécessairement la citation par l'apôtre Paul de paroles prononcées par le Seigneur au cours de son ministère terrestre, et qui n'auraient pas été transcrites jusqu'alors (voir Act 20.35). Du reste, rien dans les quatre Evangiles ne correspond pleinement à ce passage de l'Epître aux Thessaloniciens. Et si quelques versets de son discours sur le mont des Oliviers évoquent bien l'enlèvement, le Seigneur, en Mat 24, met surtout l'accent sur des scènes consécutives à cet événement (voir Mat 24.29-31).

Il est plus vraisemblable que ces vérités au sujet de l'enlèvement et de la résurrection des croyants aient été l'objet d'une révélation spéciale réservée à Paul. D'autant plus que plusieurs des déclarations de l'apôtre se réfèrent à une révélation directe qui lui a été accordée, ce qui lui permet de se réclamer d'une pleine inspiration divine (cp Act 16.6; 18.9; 1 Cor 11.23; 15.3; 2 Cor 12.4; Gal 1.12; Eph 3.3). Il n'a donc rien imaginé ou inventé; mais le Saint-Esprit lui a révélé ces mystères. C'est pourquoi les croyants n'ont aucune crainte à avoir, car Dieu lui-même est la source de cette révélation pleinement authentique, crédible et digne de confiance.

Cette révélation spéciale a aussi dissipé bien des mystères. Ainsi: Nous les vivants, restés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont décédés (v.15). On aurait pu penser que les rachetés encore vivants lors de l'enlèvement auraient pu avoir une "longueur d'avance" sur leurs frères et sœurs décédés précédemment. Mais non, ils ne les devanceront pas. Au contraire, les morts en Christ qui seront arrachés au tombeau auront l'insigne privilège de précéder les croyants demeurés vivants pour l'avènement du Seigneur.

Un autre point apparaît en ce verset 15. Paul espérait personnellement connaître l'enlèvement de son vivant. Il croyait que cet événement étant imminent, il pouvait se produire à tout instant. Bien qu'il se soit refusé à formuler une date quelconque, il souhaitait ardemment être du nombre des vivants en ce jour et à cette heure suprême (cp 1 Cor 15.51-52; Phil 4.5; Tite 2.13). Il faut dire qu'aucun des apôtres ni aucun des premiers chrétiens ne se sont attendus à ce que le temps de l'Eglise s'étende à près de 2000 ans. Cependant rappelons aussi que Paul envisageait simultanément la possibilité de mourir avant l'avènement du Seigneur (cp 2 Cor 5.1-10; Phil1.23-24; 2 Tim 4,6).

Un retour

Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel (1 Thes 4.16). Voilà qui implique littéralement le retour corporel de Christ. Jésus a dit: je reviendrai... (Jean 14.3). Les deux témoins célestes de l'ascension de Jésus l'ont attesté: Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel (Actes 1.11). Ce retour ne saurait donc être la venue du Saint-Esprit ni celle d'un ange, mais bien celle du Seigneur Jésus-Christ lui-même. Du reste, l'expression lui-même déjà mise en évidence en 1 Thes 3.11 ressort aussi en 1 Thes 4.16. Oui, c'est le Seigneur lui-même, mort et ressuscité, que nous attendons! Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois... (l Pi 2.24). C'était son corps; pas son esprit qui fut enseveli dans le tombeau de Joseph d'Arimathée. C'est son corps qui fut enlevé (Marc 16.19; Luc 24.51) et élevé devant les disciples vers le ciel (Act 1.9), et ce sera le même corps qui descendra du ciel (1 Thes 4.16).

Deux résurrections

Jésus l'a dit: Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement (Jean 5.28-29). Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle (Dan 12.2). Il y aura donc deux résurrections distinctes. Avec l'enlèvement, les rachetés connaîtront la résurrection pour la vie; après la grande tribulation, les perdus ressusciteront pour la damnation. Sauvé ou perdu, chaque individu qui a vécu ressuscitera physiquement un jour. Mais l'enseignement d'une résurrection globale et simultanée ne cadre pas avec l'interprétation des passages précités. Gardez toujours à l'esprit qu'il y aura deux résurrections, la première qui mène à la vie, la deuxième qui mène à la damnation.

La première résurrection

L'Ecriture nous montre qu'elle ne surviendra pas d'un coup, mais qu'elle se manifeste par étapes ( voir 1 Cor 15.20-23). Christ est déjà ressuscité, et il est les prémices de ceux qui sont morts. Puis ce sera le tour de ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement (l Cor 15.23). Précisément l'étape à laquelle se réfère le passage de 1 Thes 4.16 que nous étudions en ce moment.

Les morts en Christ ressusciteront premièrement (l Thes 4.16). L'expression morts en Christ est synonyme de ceux qui dorment en Christ (v.14). Le mot premièrement utilisé dans ce passage implique de manière absolue le fait que les morts en Christ ressusciteront avant que les vivants ne soient changés. Au lieu d'être désavantagés parce qu'ils seront décédés avant que l'enlèvement n'intervienne, ils ressusciteront avant les croyants demeurés sur la terre jusqu'à ce moment-là. Et si le moindre doute subsistait encore quant aux risques pour les morts en Christ de manquer une part de la bénédiction inhérente à l'enlèvement, il est définitivement dissipé par la phrase: Les morts en Christ ressusciteront premièrement.

Dans le texte de 1 Thes 4, il n'est nullement fait allusion à l'ensemble des trépassés, mais seulement à la résurrection des rachetés, ceux qui sont morts en Christ. Cette première résurrection s'inscrit dans le cadre de la seconde venue de Christ sur la terre; car après la grande Tribulation il reviendra régner ici-bas. C'est pourquoi la première résurrection englobera encore les croyants sauvés pendant la grande Tribulation et devenus martyrs. Eux aussi ressusciteront. L'apôtre Jean l'atteste : Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans (Apoc 20.6).

Une réunion

Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur (l Thes 4.17). Les morts ressuscités et les vivants en Christ formeront dès l'enlèvement un seul groupe pour rencontrer leur Seigneur. Oh! la majesté d'une telle scène devrait remplir nos cours à la fois de respect sacré et d'une attente joyeuse. Ce sera le jour de la merveilleuse réunion des enfants de Dieu, et dès lors tout ce que nous ferons, nous le ferons ensemble!

Je pense à toutes les divisions qui affligent le peuple de Dieu. Il est des chrétiens qui n'adressent pas la parole à certains de leurs frères en Christ. Je connais une jeune fille chrétienne qui a refusé d'adresser la parole à sa mère pendant des années. Oh! quel merveilleux jour ce sera, lorsque tous ceux qui sont en Christ seront réunis; alors toute querelle sera apaisée, et les affligés seront consolés. Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.

Alléluia!

Une nouvelle affirmation

Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles (1 Thes 4.18). Voici le baume pour les cours brisés, la parole de consolation pour ceux qui pleurent, et pour tous un vibrant espoir. Les Thessaloniciens traversaient des jours difficiles; aussi ces paroles de réconfort durent-elles leur apporter un nouveau courage, une espérance renouvelée. Paul leur montrait qu'ils n'auraient pas à affronter la grande Tribulation, mais qu'ils devraient se préparer à l'enlèvement, délivrance qui devrait précéder ces terribles événements. Aussi pourraient-ils se consoler réciproquement. Comme pasteur, j'ai eu l'insigne privilège de partager cette glorieuse perspective avec de nombreux enfants de Dieu frappés par le deuil, suite au départ d'un de leurs bien-aimés, et j'ai vu à quel point chacun des mots de Paul pèse de tout son poids pour communiquer force et secours en toute situation.

Soyez prêts

Toute dissertation sur l'enlèvement serait incomplète si l'on n'en tirait pas une application pratique. Une chose est de savoir que Christ peut revenir à n'importe quel moment, C'en est une tout autre que d'être prêt pour le moment de ce retour. Sans aucun doute, l'enlèvement sera, pour certains chrétiens, comparable à la brusque fermeture d'une trappe, tout simplement parce qu'ils ne se seront pas préparés à rencontrer le Seigneur. Sa venue pour chercher son Eglise sera soudaine et foudroyante. Et Dieu a tenu à garder secrète la date de ce retour.

Dans une telle perspective, quels doivent être les attitudes et les actes qui assurent au chrétien à la fois sécurité et pleine approbation de Dieu? L'apôtre Paul, qui attendait pour lui-même aussi bien l'enlèvement que la mort en Christ, pouvait écrire: Pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche (2 Tim 4.6). Il est un fait inéluctable: le jour vient où notre séjour terrestre prendra fin, soit par la mort, soit par l'enlèvement. Dans ce passage, Paul envisage sa mort comme imminente. En même temps il affirme sa conviction inébranlable par rapport à la couronne de justice qui lui est destinée et que le Seigneur a réservée à tous ceux qui auront aimé son avènement (2 Tim 4.8). Parce que Paul aimait cet avènement et vivait dans la perspective de l'apparition de son Seigneur, il pouvait affirmer: Maintenant je suis prêt...

Suis-je personnellement prêt, maintenant?

Peut-être avons-nous l'intention louable de nous préparer au retour de Jésus, mais cela ne veut pas dire que nous soyons réellement prêts aujourd'hui. Vivre dans l'expectative du retour de Christ ne peut que produire en nous le besoin urgent d'une vie sanctifiée et d'un cour entièrement dévoué à son service. Les chrétiens que j'ai rencontrés au cours des années et dont le cour vibrait à la perspective du retour de Christ, étaient tous entièrement dévoués au salut des âmes. Je n'ai par contre jamais rencontré un croyant charnel, égoïste ou mondain, manifestant un intérêt quelconque pour l'avènement du Seigneur Jésus-Christ. Voici du reste neuf passages de l'Ecriture qui nous exhortent à une vie sainte et à un service fructueux en vue de ce retour: 1 Cor 4.5; Col 3.4-5; 1 Thes 5.23; 2 Tim 4.1-2; Tite 2.11-13; 1 Pi 1.7; 4.12-13; 1 Jean 2.28; 3.1-2.

Mystère et soudaineté

Permettez-moi d'examiner encore brièvement l'exhortation de Paul aux Corinthiens au sujet de l'enlèvement: Voici je vous, dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d'oil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés (1 Cor 15.51-52).

Il est d'importantes vérités qui ne doivent pas être considérées avec superficialité. Ce passage nous dit que l'enlèvement est un mystère. Or ce n'était pas un mystère que les saints doivent ressusciter un jour, et la doctrine de la résurrection n'avait pas été introduite par Paul, puisque tout l'Ancien Testament - comme le Nouveau - démontre que les morts doivent ressusciter. Le mystère réside plutôt dans le fait qu'au retour de Christ certains des saints seront enlevés sans connaître la mort. L'expression ceux qui dorment qui ne concerne donc que les morts en Christ, fait allusion au sommeil du corps. Lorsqu'un croyant décède, il se rend auprès de Christ. Ce n'est pas Christ qui vient à lui, c'est son âme qui a directement rendez-vous avec Jésus. Son esprit est dès lors auprès du Seigneur (2 Cor 5.8). Cependant, que nous dormions ou que nous soyons vivants lorsque Jésus reviendra, nous serons changés. Tel était le secret, le mystère que le Saint-Esprit avait confié à Paul.

Une autre vérité est la soudaineté de l'enlèvement: en un instant, en un clin d'oil. La translation des saints sera d'une rapidité extrême. Songez par exemple à ce croyant qui gît sur un lit de maladie, endurant des souffrances presque insupportables et qui, en une fraction de seconde, partira à la rencontre du Seigneur dans les airs, dans un corps qui ne connaîtra plus aucune souffrance. Et tout cela se produira en l'espace d'un clin d'oil.

Une dernière vérité révélée situe l'événement dans le temps: à la dernière trompette. La trompette sonnera...
Le rôle de cette trompette n'est pas d'annoncer la séparation d'avec Dieu ou le jugement, mais bien la résurrection et la vie. Ce n'est pas un ange qui soufflera dans cet instrument, et nous ne pouvons pas l'apparenter aux trompettes de jugement résonnant dans l'Apocalypse. Il s'agira de la trompette de Dieu (I Thes 4.16); elle sera la dernière de la période de la grâce. Le son de cette trompette ne sera pas perçu du monde entier, car Dieu ne convoquera que ses rachetés pour qu'ils viennent à sa rencontre et soient toujours avec lui. Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Une perspective propre à nous jeter à genoux pour nous humilier, nous préparer... et adorer!

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L'IMPORTANCE D'UNE ETUDE DES PROPHETIES

21 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L'IMPORTANCE D'UNE ETUDE DES PROPHETIES

L'importance d'une étude des prophéties

Il est logique de poser quelques bases afin de justifier notre intérêt pour l'étude des prophéties, puisque tant de responsables chrétiens d'autrefois les négligeaient, voire méprisaient et craignaient d'aborder le sujet.

Les chrétiens devraient s'intéresser aux prophéties à cause de la personne de Dieu. En effet, ou le monde échappe au contrôle de Dieu et son plan n'est rien d'autre qu'une sorte de replâtrage, ou il est absolument souverain et « il accomplit ses desseins » (Esaïe 46 : 11 ). Certaines parties de son plan ont déjà connu un accomplissement littéral; elles indiquent que le reste s'accomplira aussi à la lettre. Croire aux prophéties, c'est croire en Dieu et en son dessein révélé.

L'accomplissement des prophéties est l'une des preuves les plus solides de la véracité et de l'exactitude des Ecritures. Il est impossible que d'aussi nombreuses prophéties se soient réalisées en détail par pur hasard. D'autre part, nous n'échappons pas à l'obligation de connaître et d'expliquer les prophéties, puisque le serviteur du Seigneur doit « annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20 : 27). Seize livres de l'Ancien Testament et de nombreux chapitres du Nouveau sont de nature prophétique ; nous ne pouvons certes pas négliger une part aussi importante de la Parole de Dieu. C'est une question d'obéissance.

L'étude des prophéties est extrêmement profitable au croyant.

a) elle le garde des fausses doctrines et des espérances erronées.

b) elle l'aide à saisir la réalité du monde invisible et crée dans sa vie l'atmosphère même du royaume. La lecture de l'Apocalypse conduit à l'adoration par ses nombreuses visions de la gloire divine.

c) elle le remplit de joie dans les épreuves et les afflictions de la vie (II Corinthiens 4: 17).

d) elle augmente sa fidélité à Jésus-Christ et l'amène à un service et un don de soi authentique.

e) quand le croyant réalise pleinement quelle gloire l'attend, il saisit plus facilement la vanité du siècle présent et ses attraits.

f) la vérité prophétique est la grande source de réconfort dans les périodes de chagrin, d'échec et de perte (I Thessaloniciens 4: 13-18).

g) toute l'Ecriture est profitable et la prophétie ne fait pas exception à cette règle : elle produit et nourrit en effet une vie consacrée (I Jean 3 : 3).

Que le Saint-Esprit garde les lecteurs de ces pages de se borner à entendre seulement la parole prophétique, mais qu'il augmente en chacun l'amour du retour de notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous avons esquissé les fondements bibliques du prémillénarisme et avons, en même temps, examiné les arguments de l'amillénarisme là où ils touchent nos convictions. Nous l'avons fait dans un esprit que nous voulons fraternel. Certes, nous n'avons pas traité en détail tous les aspects de la question et Dieu ne nous demande pas l'unité parfaite sur tous les points. Certaines questions sont d'importance secondaire et doivent être regardées comme telles.

Nous l'avons dit au début, tout système théologique comporte des problèmes. Nous les avons examinés et nous avons proposé des solutions basées sur les Ecritures. Nous avons démontré que la doctrine prémillénariste n'est pas une invention moderne mais qu'elle est apostolique et se fonde sur les principes herméneutiques prêchés par tous les grands réformateurs.

Les alliances conclues avec Abraham et David sur des bases inaltérables, et dont l'accomplissement reste à venir, apportent un soutien aux thèses prémillénaristes. C'est un des aspects essentiels de ce livre. Ainsi Israël et l'Eglise restent distincts et ne se confondent pas dans l'accomplissement de ces alliances.

Si le plan de Dieu pour le peuple d'lsraë1 n'est pas assimilé au programme de l'Eglise, il existe alors une eschatologie véritable et complète qui fait justice à toutes les prophéties, tout en gardant intact le mystère de l'Eglise présenté dans le Nouveau Testament. Le prémillénarisme dépasse donc le simple programme eschatologique pour déboucher sur une ecclésiologie authentique.

Tous les éléments analysés (histoire, herméneutique, alliances, ecclésiologie et eschatologie) constituent les maillons d'une chaîne qui traverse toute l'Ecriture. Ils forment un ensemble harmonieux et donnent un fondement spirituel solide au prémillénarisme. Mais à l'arrière plan de l'histoire et des prophéties se profile la fidélité de Dieu qui tient ses promesses, termine ce qu'il commence et triomphe partout où il est aux prises avec l'ennemi. A lui seul la gloire aux siècles des siècles !

Lien : http://www.promesses.org/arts/62pxv-xvif.html

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LES DANGERS DES SOUCIS LEGITIMES

15 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LES DANGERS DES SOUCIS LEGITIMES

LES DANGERS DES SOUCIS LEGITIMES

Mt 6.33-34

Introduction :

‘‘Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine’’ (Mt 6.24-34).

Une lecture attentive de Matthieu 6 qui est le chapitre central du Sermon sur la montagne ressort les trois premières sections qui abordent les trois actes fondamentaux de la piété dans le judaïsme : (1) l’aumône, (2) la prière et (3) le jeûne (Mt 6.1-18). Ces trois œuvres ont une caractéristique commune frappante : il est facile pour des pécheurs de se lancer dans des activités valables, philanthropiques et même religieuses moins pour faire ce qui est bien que pour être admiré. si passer pour généreux est plus important que de l’être, si passer pour s’adonner à la prière est plus important que de prier quand personne n’écoute sauf Dieu, si nous ne jeûnons que pour pouvoir en parler hypocritement, alors ces actes de piété sont en réalité des actes d’impiété.

La marche quotidienne de tout homme est constamment soumise à une confrontation toujours liée à un problème important. A tout moment, nous avons des décisions à prendre. Notre tendance naturelle est toujours hanté par la cherche du point de moindre résistance, le passage le plus facile qui soit ou qui exclut toute difficulté. Le culte de la facilité devient un principe de vie et par là, le petit mensonge s’il pouvait en avoir un nous faciliterait grandement la vie. Fermer les yeux un instant fera croire que l’on n’a pas vu ce que l’on a vu ; porter des choses secondaires sur le devant de la scène permettra de masquer le problème principal ou réel ; laisser opprimer quelqu’un nous dispensera de beaucoup de soucis, etc. Ces pratiques honteuses constituent le contraire de la justice pratique qui est de règle lorsqu’on est un Ambassadeur de Christ dont la mission principale est non seulement de dire la vérité, mais d’en être en Christ, la manifestation. Nous devons à tout moment convenir que bien que notre Roi (Jésus) soit absent du monde, il est au ciel et nous sur la terre ; mais il est aussi omniprésent en Esprit, aussi, tout croyant doit porter les caractères. Il ne faut pas confondre la justice humaine avec celle de Christ dont nous sommes revêtus. La justice pratique dont nous parlons consiste à vivre toutes nos relations, avec Dieu et les hommes, dans la droiture et l’amour. A propos de la justice divine, les Saintes Ecritures disent :

  1. Qu’est-ce que l’Éternel recherche de ta part ? » la réponse est : « Que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Michée 6.8).
  2. Qu’est-ce que les croyants doivent poursuivre avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ? « la justice, la foi, l’amour, la paix » (2Tim 2.22).
  3. Quelles sont les deux premières pièces de l’armure pour résister victorieusement aux puissances spirituelles de méchanceté ?« Tenez donc ferme, ayant ceints vos reins de la vérité, et ayant revêtu la cuirasse de la justice… » (Eph 5.14).
  4. Quelles sont les choses qui doivent occuper nos pensées ? « Toutes les choses qui sont vraies, vénérables, justes… » (Ph 4.8-9).

Soyons donc les imitateurs de notre Seigneur Jésus appelé par Dieu « mon serviteur juste » (Esaïe 53.11), connu de ses rachetés comme celui qui demeure éternellement « le Juste » (Actes 22.14). Jour après jour, appliquons-nous à être justes et droits dans toutes nos relations.

La priorité du croyant :

« Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus. Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain… : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6.33,34).

Ce texte extrait du « Sermon sur la montagne » où Jésus présente la charte du royaume, dépasse de loin la loi de Moïse et propose pour le nouveau royaume dont le caractère est éternel, un vrai « manuel d’instruction chrétienne » pour tous ceux qui reconnaissent l’autorité de Dieu des cieux sur eux.

Depuis toujours, la vie matérielle qui préoccupe tous les hommes toujours au plus haut, le rendant généralement insatiable. Cette préoccupation est légitime, tant pour soi que pour sa famille. Cependant le texte fait remarquer deux choses capitales qui fixent une priorité à rechercher : (1) la relation avec Dieu que nous négligeons trop souvent et (2) la providence de Dieu dans le domaine matériel. La priorité qui s’en dégage concernant le commencement de nos journées est « d’abord le royaume de Dieu ». De cette résultante, nous devons convenir qu’ à nos efforts et nos soucis légitimes, nous devons toujours retenir qu’«à chaque jour suffit sa peine ».

Tout vrai croyant dépend désormais du ciel, le décret céleste devant seul régir son existence, il devrait donc bannir l’inquiétude dans le domaine matériel, car à cause d’elle l’esprit n’est plus libre pour une relation avec son Créateur.

L’apôtre Paul réprimande dans la seconde épître aux Thessaloniciens ceux qui ne travaillent pas. Il démontre bien qu’étant au service de son Maître, il aurait eu droit au soutien matériel de ses frères, mais, il travaillait « nuit et jour pour n’être à charge à aucun (d’eux) » (2Th 3.8). On ne saurait insister davantage sur l’importance d’avoir ou de chercher activement un travail. C’est une nécessité pour notre vie matérielle et c’est un facteur d’équilibre, pour le chrétien comme pour tout homme, qui prend toute sa valeur quand il est fait avec le Seigneur.

A cause de l’importance du Royaume, le Seigneur insiste sur le fait que quels que soient les problèmes matériels que connaît tout homme, il y a une priorité : la relation avec Dieu. Pour le quotidien, le Seigneur désire la démonstration de notre confiance et zèle pour Lui, tout en assumant nos responsabilités. La prévenance pour notre âme est le meilleur « traitement » ici-bas. Chercher premièrement le royaume de Dieu, et faire de la piété notre priorité. Ne considérons pas que c’est le désistement ; au contraire, cette attitude de dépendance totale à Dieu nous assurera de nombreuses bénédictions en ce monde.

Ce texte indique que cet enseignement représente la Volonté et le commandement du Seigneur pour notre bonheur entier. Ainsi, sans murmures, soucis, inquiétudes, au moyens des prières quotidiennes, nous puissions obtenir la force de supporter nos différents problèmes, et être armés contre les tentations qui peuvent en découler, afin qu’aucune de ces épreuves ne nous ébranle spirituellement !

La considération du Seigneur comme notre Dieu, la manifestation de notre pleine confiance en Lui provoqueront sa providence qui seront immédiatement activées en notre faveur ! Par l’Esprit, soyons convaincus de la présence du péché en nous, si nous n’avons pas cette disposition de cœur, et débarrassons-nous de toutes les mauvaises pensées de ce monde !

La dimension de l’inquiétude, des soucis et la méfiance de la vie

La lecture attentive de Mt 6.25-34 laisse clairement démontrer qu’il n’y a pratiquement aucun autre péché contre lequel notre Seigneur mette autant en garde Ses disciples comme l’inquiétude, les soucis et la méfiance envers les aléas de cette vie.

  1. Les biens temporels :

Ces pensées sont souvent un piège pour le pauvre, comme d’ailleurs l’amour des richesses pour l’homme aisé. Même si notre devoir nous incite à observer une certaine défiance vis-à-vis des biens temporels, nous ne devrions pas accorder trop d’importance à ces soucis bien légitimes.

  1. La longueur de la vie :

Nous allons parfois jusqu’à nous tracasser pour votre vie, en particulier sur sa durée ; laissons plutôt le soin à Dieu de l’allonger ou de la raccourcir comme Il le désire ; notre temps est dans Sa main, en une bonne main ! Le disciple du Christ doit apprendre à valoriser ce qui est éternel et à choisir Dieu plutôt que ce qui est éphémère. Mais son ennemi mesquin c’est l’inquiétude qui dissimule une part d’orgueil puisqu’elle présuppose la possibilité de gérer sa vie tout seul. C’est donc en ayant confiance en lui et en aspirant à voir l’établissement du royaume de justice sur terre que les fils du Père calment leur angoisse du lendemain et trouvent le bonheur.

  1. Notre devenir :

Ne vous souciez pas non plus de votre devenir ici-bas ; mais permettez à Dieu de le rendre amer ou doux, selon Sa Volonté. Nous ne devons pas nous soucier du lendemain, ni du temps à venir. Ne soyons pas non plus inquiets pour le futur, quelle sera votre vie l’an prochain, ou quand nous serons âgés, ce que nous laisserons derrière nous. De même que nous ne devons pas nous « vanter » du lendemain, nous ne devons pas non plus nous en occuper outre mesure, quant aux aléas qu’il peut comporter. Toutefois, nous devons dans la directive de l’Esprit de Dieu prendre des dispositions pour les jours futurs, pour notre progéniture. L’Apôtre Pierre fut visité par cet esprit qui voulait à sa perte avant que le Seigneur ne l’en délivre : ‘‘Pierre se mit à lui dire ; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi. Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle’’ (Marc 10.28-30).

  1. Le bien-être :

La nourriture et le vêtement : Dieu nous les a promis, nous pouvons dons les attendre paisiblement. Si Dieu nous a donné la vie, ainsi qu’un corps que ne pourrait-Il faire encore pour nous, puisque rien ne Lui est impossible ? Si nous prenons soin de notre âme et de notre éternité, ce qui représente plus que le corps et la vie, nous pouvons laisser à Dieu le soin de pourvoir à notre nourriture et à notre vêtement, éléments mineurs, en comparaison. Nous devons nous adapter à notre état de personnes qui « vivent dans le monde », nous ne pouvons pas changer les dispositions de la Providence : nous ne pouvons que nous y soumettre et nous y résigner si elles ne nous conviennent pas !

  1. L’inquiétude :

L’inquiétude est caractérisée comme l’excuse par excellence du matérialisme. Le Seigneur attire notre attention sur cette question importante qui ne laisse personne indifférent. Nous devons cependant établir une nette différence importante entre la prévoyance et l’inquiétude. La prévoyance est commandée par le Seigneur (Prov. 6.6-8 ; 30.25). Celui qui ne pourvoit pas aux besoins de sa famille est pire qu’un infidèle (1Tim 5.8). L’inquiétude, par contre, est un péché, un refus de voir que Dieu régit notre vie. Notre Seigneur dans le passage de Mt 6.24-34, indique à la fois la folie de ce manque de confiance dans notre Père Céleste et sa futilité. Les assurances que nous trouvons dans ces versets sont parmi les plus belles et les plus réconfortantes de toutes les Écritures.

Nous ne devons pas nous inquiéter, parce que :

1. Si Dieu s’occupe des moindres de ses créatures, à combien plus forte raison de ses propres enfants. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

2. L’inquiétude est parfaitement inutile et ne peut rien changer dans une situation donnée. Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée (un demi-mètre) à la durée de sa vie ?

3. L’inquiétude est indigne d’un enfant de Dieu, et le rend semblable à ceux qui n’ont pas d’espérance. Toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent.

4. L’inquiétude n’est pas nécessaire, car Dieu promet formellement de pourvoir aux besoins de celui qui a les bonnes priorités. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Dieu « ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » (Ps 84.11). « Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » (Rom 8.32).

L’inquiétude ajoute inutilement d’autres nombreux fardeaux à notre vie. Ne nous inquiétons donc pas du lendemain … Chaque jour suffit sa peine. Ce mot peine veut littéralement dire méchanceté. Il s’agit des problèmes et des tensions de la vie quotidienne : un enfant qui a mal à la gorge ou un patron difficile à vivre. Demain, Dieu m’accordera la force et la sagesse pour résoudre les difficultés du jour : ‘‘Car les bontés de l’Éternel ne sont pas à leur terme et ses tendresses ne sont pas épuisées. Chaque matin, elles se renouvellent. Oui, ta fidélité est grande !’’ (Lamentations 3.22-23).

Tous les soucis que nous pouvons nous faire aujourd’hui pour notre avenir n’allégeront en rien les difficultés de demain. L’inquiétude est non seulement inutile, mais néfaste. Ce n’est pas en se faisant du mauvais sang qu’on peut changer quoi que ce soit à une situation. C’est pour cela que le Seigneur dit : Qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ?

Voulons-nous goûter un plein repos quant aux choses de la vie présente ? Cherchons avant tout et par-dessus tout, toujours plus et toujours mieux, le royaume de Dieu, ce royaume dont Jésus est l’unique Roi, puis la justice de Dieu, la justice que Dieu donne (Mt 5.6). Cherchons en Christ le salut et la vie de Dieu qui procure l’abondance. Alors, tout ce qui est vraiment nécessaire nous sera donné par-dessus et comme si cela ne comptait pas : car « si Dieu n’a point épargné son propre Fils pour nous, ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec lui ? » (Rom 8.32).

  1. Nos motivations les plus profondes :

Le Seigneur nous demande de nous amasser un trésor dans le ciel, car notre cœur se fixe immanquablement sur notre trésor. Ce qui pour nous a le plus de valeur finit par tirer notre cœur à savoir : notre personnalité, nos rêves, notre temps, notre imagination, notre for intérieur ; inévitablement, nous irons à sa poursuite. Indéniablement, cet objet ou cette chose devient notre dieu et l’asservissement à la satisfaction de ses désirs devient une idolâtrie. Si ce que nous valorisons par-dessus tout est purement matériel, nous avons le matérialisme pour dieu. En revanche, si tout ce que nous chérissons le plus appartient au domaine spirituel, nous poursuivrons de tout notre être ce qui revêt une signification élevée.

Ensuite, le Seigneur déclare qu’une communion véritable et fidèle avec Dieu ne peut s’accommoder d’une inquiétude perpétuelle et vaine. Nous pouvons faire confiance à Dieu à savoir : à sa sagesse, sa bonté, sa maîtrise providentielle sur toutes choses, ce, même dans ce monde déchu et mauvais. Le refus de compter sur lui révèlerait le caractère païen de notre cœur.

Conclusion :

Aujourd’hui, travaillons et prions ; aujourd’hui, préparons ce qui doit être prêt aujourd’hui pour demain : mais dans tous les cas, point de soucis ! Confions-nous, non pas à la manière des gens indolents, paresseux, dissipateurs ; mais à la manière de ceux qui, chaque jour, prennent de la peine, en se disant toutefois que le jour de demain ne leur appartient point encore ; que, par conséquent, ils doivent lui laisser, ou mieux laisser à Dieu, le souci de ce qui le regarde. Que l’Esprit de Celui qui les a prononcés daigne les graver dans nos cœurs ! Cherchez premièrement le royaume de Dieu. La promesse est faite que si nous le recherchons en priorité, avec sa justice, tous nos besoins terrestres seront satisfaits. La condition implique :

(1) Que nous recherchions d’abord le royaume du point de vue du temps. C’est immédiatement que nous devons servir Dieu.

(2) Nous devons le placer d’abord en importance. Toute autre chose, considérée comme moins importante, nous sera donnée en plus.

(3) Il doit être placé le premier dans nos affections, avant toute autre chose dans notre cœur. Nous devons « aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur. »

Dieu établit donc une alliance avec les siens par ces termes : « Si vous prenez d’abord en compte les intérêts de Dieu, je m’engage à subvenir à vos besoins futurs. Si vous cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, alors je veillerai à ce que vous ne manquiez jamais du nécessaire. »

Pour aller plus loin, l’Apôtre Paul dira : ‘‘Recommande à ceux qui possèdent des richesses en ce monde de se garder de toute arrogance et de ne pas fonder leur espoir sur la richesse, car elle est instable. Qu’ils placent leur espérance en Dieu, qui nous dispense généreusement toutes ses richesses pour que nous en jouissions. Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en œuvres bonnes, d’être généreux et de partager avec les autres. Ils s’assureront ainsi pour l’avenir un beau capital placé en lieu sûr afin d’obtenir la vraie vie’’ (1Timothée 6.19).

Il n’y a qu’un seul moyen efficace de tester notre sincérité : pratiquer ces actes discrètement afin que Dieu seul le sache. Soyons généreux, mais ne disons à personne que nous donnons (Mt 6.1-4). Insistons auprès du bénéficiaire pour qu’il garde le silence. Prions beaucoup plus souvent en secret qu’en public (Mt 6.5-8). Jeûnez, mais ne le disons à personne (Mt 6.16-18). Un autre test s’applique au thème qui accompagne ces trois actes traditionnels de piété : ne nous donnons pas la peine de demander pardon à votre Père céleste si nous ne sommes pas disposés à pardonner à autrui (Mt 6.14-15). Ainsi donc, la vie chrétienne authentique se caractérise par le désir simple et profond de plaire à Dieu, et non par une attitude ostentatoire qui, en réalité, cherche davantage à donner l’impression à nos semblables que nous plaisons à Dieu.

Faire du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux notre préoccupation première, consiste à souscrire aux mêmes hiérarchies de valeurs que dans la prière du Notre Père. C’est alors que toutes ces choses nous seront données en plus. L’Apôtre Paul ne dit-il pas : ‘‘Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi toutes choses avec lui ?’’ (Romains 8.32).

Dr. André CHOUBEU

Tél. (237) 99 58 65 05

E-mail. : chandre403@gmail.com

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Le corps du chrétien face à l'Eternité

13 Mars 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le corps du chrétien face à l'Eternité

Le corps du chrétien face à l'Eternité

« C'est par la foi que nous savons que le monde a été formé par la Parole de Dieu, en sorte que les choses qui se voient ne proviennent pas de choses visibles » (Héb. 11 : 3). Le mot « créa » (bara) se trouve trois fois dans Genèse, ch. 1. Il correspond au texte cité ci-dessus, c'est-à-dire que Dieu a créé sans matériel préalable, sans élément intermédiaire, le monde que nous voyons aujourd'hui. De la poussière qu'il venait de former, Il créa un corps pour l'être qu'il allait placer sur cette terre. Puis, lui ayant donné un « souffle de vies », ce corps se mit à fonctionner: cerveau, cœur, poumons, glandes diverses, sommeil, cinq sens, tout un organisme très compliqué, qui, en général, fonctionne merveilleusement et sans qu'entre en jeu notre volonté.

Le point que nous désirons relever et qui importe ici, c'est que notre corps, formé de chair et d'os, est « charnel » ; c'est le terme que nous donne la Bible (le mot charnel se rapporte à notre être physique, en opposition à l'esprit, et deuxièmement aux instincts des sens - nous le verrons plus loin). Mais il est une création divine; nous ne devons point le mépriser, mais en prendre soin. Il a des besoins: faim, soif, et d'autres encore. Il a des appétits divers, des exigences charnelles. C'est normal. « Je vous ai parlé comme à des hommes charnels », écrivait l'apôtre aux Corinthiens, « comme à de petits enfants » (I Cor. 3 : 1). Notons bien qu'il s'adressait à des croyants en Christ. Il n'est pas écrit que ces chrétiens s'opposaient à Dieu. Non, leur croissance spirituelle avait plutôt été trop lente, capricieuse peut-être, coupée de rechutes, etc. Ils n'avaient pas obéi, semble-t-il, « de cœur » aux recommandations de l'apôtre; ils étaient encore dominés (peut-être même esclaves) de ce qui avait été le cadre et le fond de leur vie avant leur conversion à Dieu et à Christ (I Cor. ch. 5, 6).

Les mots « chair » et « charnel », pris dans le sens voulu par l'apôtre, sont en opposition à l'esprit. Ils sont relatifs aux instincts des sens, en particulier à l'instinct sexuel. Voici quelques citations: « en effet, lorsque nous vivions selon la chair, les passions mauvaises, excitées par la Loi, agissaient dans nos membres et produisaient des fruits pour la mort » (Rom. 7 : 5). « C'est pourquoi faites mourir ce qui dans vos membres est terrestre: la débauche, l'impureté, les passions, la mauvaise convoitise et l'avarice » (Col. 3 : 5). « Ils déshonorent eux-mêmes leur propre corps; c'est pour cela que Dieu les a livrés à des passions déshonorantes » (Rom. 1 : 26).

Qu'est-ce qu'une passion ? On peut avoir une passion pour les arts, la musique, la peinture, les voyages. pour des choses bonnes en elles-mêmes; on peut trop aimer le jeu, le luxe, les louanges, les éloges. Plus encore, on peut avoir une passion irrésistible pour la cigarette, le tabac, pour l'alcool, le sexe; on peut trop aimer l'argent. Une pensée raisonnable, un emploi modéré des choses mises à notre disposition peuvent être transformés en envie, puis en convoitise et devenir un acte irréfléchi; éventuellement même une passion à laquelle l'homme ne résiste plus.

C'est ainsi que l'Ecriture décrit une puissance malsaine qui domine l'homme, une force qui dégrade l'être créé par Dieu: « Ils (les hommes) se sont égarés dans leurs pensées, et leur coeur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres » (Rom. 1 : 21).

En fait, tout ce qui domine l'homme et l'obsède, tout appétit insatiable est passion. Pour le chrétien, tout ce qui prend une place réservée à Dieu et à Christ dans la vie psychique et physique devient passion. Aujourd'hui, nous voulons chercher à comprendre quels sont les devoirs du chrétien concernant son corps, laissant à plus tard ce qui concerne l'âme. En effet, la Parole de Dieu nous invite à prendre soin de notre corps, car il est écrit: « Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rom. 8 : 11). « Il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité » (I Cor. 15: 53). Certes, cela concerne la vie à venir, mais aujourd'hui : « Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises » (Rom. 6: 12). « Vos corps sont les membres de Christ », « le temple du Saint-Esprit ». Création divine, le corps du croyant a une grande valeur aux yeux de Dieu, alors qu'il n'est que poussière...». Ce que Dieu veut, c'est votre propre sanctification ; c'est que vous vous absteniez de l'impudicité; c'est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l'honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu » (I Thes. 4 : 3-5). « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité » (Col. 3: 5, cp. Rom. 7: 5, Gal.5 : 24, Marc 7: 21-23. II Tim. 2: 22).

L'essentiel des pages suivantes est condensé des livres « Man's Origin, Man's Destiny » et « Herkunft und Zukunft des Menschen », de M. A. E. Wilder Smith, Editions Telos, 9535 Heerbrugg.

L'Ecriture Sainte fait au croyant deux grandes promesses, parmi tant d'autres. La première est le renouvellement du caractère, de l'être intime (âme), au moment de la rencontre avec Christ, à l'heure de la repentance, du pardon des péchés, et par conséquent à la nouvelle naissance. Ce renouvellement de l'homme intérieur se continue pendant tout le reste de sa vie; il est résumé en ces mots: « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création » (II Cor. 5: 17).

Ce renouvellement est activé par la lecture de la Bible, la prière, la communion avec d'autres chrétiens et par l'effort porté à obéir à la volonté de Dieu. Le chrétien est appelé à réformer son caractère, de telle manière qu'il puisse un jour ressembler à son Maître, Christ. C'est la première grande promesse. En termes plus modernes, il est souhaitable que la philosophie de la vie de Christ devienne celle du croyant.

Ce renouvellement ne peut rester isolé. Il influe l'ensemble de l'être humain. Il envahit le corps de l'homme. Les yeux commencent à briller différemment; l'expression de la face devient autre: seules les personnes qui n'ont pas fait l'expérience de la nouvelle naissance douteront de ces faits. L'Ecriture s'exprime comme il suit :

« Nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit » (II Cor. 3 : 18). La langue chante un « chant nouveau » (Ps. 96 : 1-4). Les forces de la jeunesse sont renouvelées (Esaïe 40 : 31).

Nous savons, en effet, que si cette tente (notre corps) où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l'ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n'a pas été faite de main d'homme. Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste... » (II Cor. 5 : 1-2).

Pour parler en langage moderne, l'apôtre nous informe que ce corps sera dissous. Cependant, nous pouvons être tranquilles, car Dieu a déjà prévu, pour nous, un autre corps, supramatériel (mais pas immatériel), pour recevoir notre âme et notre esprit. Car « nous les vivants qui serons restés (c'est-à-dire qui serons en vie au moment du retour du Seigneur), nous serons tous ensemble enlevés avec eux dans les nuées » (I Thes. 4: 17). Ces chrétiens-là ne passeront pas par le passage souvent si pénible de la mort, mais le corps mortel sera transformé en un instant en un corps de « résurrection », la mortalité sera remplacée instantanément par l’immortalité (I Cor. 15: 53, 54).

En effet, la « chair et le sang » ne sont pas propres à la vie du royaume supramatériel de Dieu. « Mais notre cité est dans les cieux, d'où nous attendons le Seigneur Jésus-Christ qui transformera notre corps humilié (par le péché, la faiblesse, la maladie, la mort), en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses » (Phil. 3: 20, 21).

Dans le verset ci-dessus, nous avons l'essence de la deuxième promesse faite au chrétien. La vie n'est pas sans signification, comme de nombreux penseurs modernes aiment à le répéter à satiété. Voici le but de la vie ici-bas : « Car nous sommes dans cette tente (notre corps) ...non pas pour nous dépouiller, mais pour nous revêtir (pour nous donner un corps éternel), afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie » (II Cor. 5: 4, 5). Certainement, Dieu nous en a donné l'assurance et laissé une garantie sous la forme du don présent et actuel du Saint-Esprit. Car « celui qui nous a formés pour cela, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit » (II Cor. 5: 5).

Lorsque la nouvelle naissance, confirmée par le don de l'Esprit, a assuré le point de départ d'une personnalité renouvelée et restaurée, le Seigneur dirige notre attention sur la question de notre corps, car notre corps devient nécessairement l'enveloppe, le vase dont a besoin le nouveau-né dans un environnement différent. L'âme du chrétien, l'être intime est préparé en vue de vivre dans la présence du Créateur. Le sang et la chair doivent être transformés pour hériter du Royaume éternel, tout comme la chenille doit être métamorphosée pour vivre dans l'air, devenue papillon.

Le corps à venir, éternel, en supra-matériel, sera évidemment un organe neuf (la chair et le sang ayant été éliminés), mais sa structure sera en quelque sorte basée sur le vieux corps de chair, tout comme le corps de la chenille forme la base structurelle du nouveau papillon. Ainsi, aujourd'hui même, notre corps de poussière, assujetti à la pourriture et à la mort appartient à Celui qui l'a formé, au Créateur; de ce fait, il est saint, c'est-à-dire séparé pour Dieu, mis à part (cf. I Cor. 6 : 13, 19).

Il est ainsi essentiel que nous n'estimions pas pouvoir traiter notre corps comme nous le voulons; nous ne pouvons en faire ce que nous désirons. Aussi étrange que cela paraisse, les péchés dont il a été le siège, les œuvres pour lesquelles il a servi de base, ne disparaissent pas du tout. Ils demeurent comme une base, un fondement. Les outrages physiques (outrages aux bonnes mœurs, par exemple) laissent au cours de la vie une trace sur le corps ou sur les cellules cérébrales ; ils sont enregistrés dans la « mémoire cellulaire ». Comment ? Nous ne le savons pas! C'est encore un mystère.

Notre corps physique sera métamorphosé, tout comme le corps de Jésus-Christ a été transformé après la résurrection. Ce dernier a certainement gardé diverses marques ou empreintes de sa vie passée ici-bas. On peut bien admettre que la marque des clous constitue une exception, car nous savons qu'Il a été « l'Agneau immolé dès avant la fondation du monde », ce qui nous donne une explication suffisante.

Une raison profonde nous invite à garder notre corps dans un état de « sainteté », bien qu'il soit appelé à disparaître. Les quelques versets suivants devraient suffire pour nous instruire. « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps ». On ne se rend pas encore compte du mal qu'apportent les contraceptifs distribués dans les hautes écoles et les collèges, mais nous sommes informés de la pensée du Créateur concernant l'impudicité, la fornication et l'adultère. « Le corps n'est pas fait pour l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps; mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps » (I Cor. 6 : 13, 18; cp. Eph. 5: 3; Col. 3: 5; Gal. 5: 19). Nous sommes clairement avertis que celui qui se joint à une prostituée pèche contre la sainteté (pureté) de son propre corps.

En Christ, le chrétien s'est tourné vers Dieu. En Christ, il Lui appartient. Renouvelé, métamorphosé, le corps du chrétien appartient au Créateur. Il n'est pas un terrain de jeu pour satisfaire à toute indulgence. D'une manière à nous encore incompréhensible, il demeure la base de notre futur corps éternel. Si la base n'est pas en ordre, la superstructure en supportera les conséquences ! Pourquoi le Créateur tient-il tant à l'homme et à son corps en particulier ? Il désire qu'il revienne à Lui - corps, âme et esprit. Pourquoi est-il si intéressé à notre vie tout entière ? Nous ne le saurons pas ici-bas. Mais le fait qu'Il nous aime et qu'Il veut nous arracher des mains du Méchant a été prouvé par

L E D O N D E S O N F I L S

envoyé pour un temps comme homme sur la terre, afin de vivre, de mourir, de ressusciter pour apporter, face à sa créature, la preuve qu'Il l'aimait, qu'Il l'aime. A toujours !

Lien : http://www.promesses.org/arts/38p222-226f.html

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