Le blog de Dr André CHOUBEU
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CONSEILS PRATIQUES TOUCHANT À L’ÉTHIQUE DU MINISTÈRE ITINÉRANT

5 Novembre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

CONSEILS PRATIQUES TOUCHANT À L’ÉTHIQUE DU MINISTÈRE ITINÉRANT1

 

Fais l’œuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère (1Tm 4.5)

Nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire (Hé 13.18)

Je marche dans l’intégrité… mon pied est ferme dans la droiture (Ps 26.11-12)

Les itinérants réunis à Répit 2002 proposent, ici, une série de conseils qui leur paraissent d’une importance fondamentale dans l’exercice du ministère itinérant, afin que rien n’y fasse obstacle.

+ + +

1. Rappelons-nous que l’impact du message de l’Evangile que nous prêchons dépend, avant tout, de notre propre condition spirituelle, à savoir : notre engagement personnel envers Christ et son Eglise en même temps que de l’authenticité de notre communion avec Dieu, de notre pureté morale et de notre intégrité intellectuelle.

2. Etre invité par une Eglise locale ou un groupe d’Eglises ne sera jamais ni un dû ni un droit. C’est un privilège qu’il convient d’apprécier et dont nous devons être reconnaissants. Ceux auxquels nous nous adressons doivent pouvoir percevoir cette attitude en nous. C’est la conscience de notre responsabilité et l’esprit de service qui doivent, en toutes circonstances, caractériser et donner vie à notre ministère.

3. Nos messages et notre enseignement tiendront compte des particularités des communautés qui nous invitent. On évitera ainsi toute polémique susceptible de nuire à l’accueil de l’Evangile. Veille sur toi-même et sur ton enseignement (1Tm 4.16). Il est vrai que l’itinérant est au service de la Parole avant de l’être du milieu qui l’invite. En ce qui concerne les points théologiques secondaires, il doit conjuguer les deux fidélités: ne rien laisser de ses convictions mais les taire si la liberté de les exprimer ne lui en a pas été clairement donnée et si les dire s’oppose aux positions de ceux qui l’accueillent.

4. La connaissance préalable du milieu qui nous invite permettra une meilleure adaptation à l’auditoire et, par là, un meilleur impact. Relier la prédication à la réalité de l’Eglise locale produira des prolongements sérieux et durables dans la vie des auditeurs que les responsables auront à suivre.

5. Dans l’esprit biblique de la soumission des ministères les uns aux autres, il est capital de respecter les ministères pastoral (pasteur et anciens) et diaconal des communautés qui nous reçoivent.

Honnêteté et loyauté à leur égard sont de rigueur pour manifester clairement notre engagement envers le Seigneur lui-même, et envers les Eglises locales qui sont le reflet de l’Eglise qui est son corps.

6. Par respect des responsables d’Eglise, nous nous garderons de déposer livres, circulaires personnelles, K 7, C.D. ou publicité pour notre association, de les distribuer ou de les vendre sans en avoir préalablement reçu l’accord des responsables.

7. La prédication et l’enseignement biblique ne sont vraiment utiles et efficaces que nourris constamment de la Parole de Dieu qui nous appelle à l’humilité. Tout désir de paraître, en transformant la prédication en spectacle, en fait un contre témoignage. Qu’as-tu que tu n’aies reçu? (1 Co 4.7). Ceux d’entre nous qui travaillent sur des supports artistiques en sont particulièrement conscients, eux qui, d’un spectacle, font une prédication.

8. Amour et compassion doivent être perçus dans nos messages, d’autant plus que nous avons à présenter la gravité du péché et la réalité de la perdition. Méfions-nous du désir de plaire ou de la quête de la popularité qui nous pousseraient à négliger ces deux réalités essentielles de la proclamation de l’Evangile.

9. Cette proclamation doit être nourrie d’enthousiasme, si nous voulons voir le Saint-Esprit interpeller et convaincre les auditeurs relativement au péché, à la perdition et à la nécessité de se repentir pour recevoir le salut offert en Jésus-Christ.

10. Un engagement pour une ou plusieurs réunions doit être considéré comme ayant priorité sur toute autre activité; autant en ce qui concerne la préparation que la prestation elle-même.

11. La fatigue, les déceptions, le manque de motivation personnelle, les petits ennuis de santé, les soucis familiaux ou autres ne sauraient être regardés comme suffisants pour différer ou renoncer à des engagements de prédication publique. Ténacité et courage font partie de la foi qui se repose entièrement sur le Dieu puissant. Il peut faire au-delà de ce que nous osons penser et demander. Ses interventions miraculeuses pour secourir, guérir, renouveler les forces nécessaires ne manquent pas lorsque l’on ose dépasser ses propres craintes et celles de la famille pour aller accomplir la tâche pour laquelle on est attendu. Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse (2Co 12.9).

12. Se faire remplacer pour un message ou une série de réunions ne devrait donc être envisagé qu’en cas d’impossibilité notoire: maladie grave, décès d’un proche parent, situation familiale gravissime. Si, toutefois, l’impossibilité était insurmontable, ne mettons jamais les responsables d’une Eglise devant cette décision sans avoir d’abord tout fait pour trouver un remplaçant qui soit à la hauteur de la tâche et qui leur convienne.

13. Certains conflits ne pourront être évités. Dans toute la mesure possible, il convient de les gérer au mieux avec les responsables d’Eglise de sorte qu’ils restent circonscrits et ne dégénèrent pas en querelles. Il ne faut pas qu’un serviteur de Dieu ait des querelles (2 Tm 2.24). Toute querelle, tôt ou tard, nuirait inévitablement à notre ministère. Elle ferait rapidement tache d’huile et freinerait les invitations. Bien pire, elle hypothéquerait aussi le ministère de la parole auquel Dieu nous a appelés.

14. Il importe d’éviter les entretiens seul à seul, à l’écart des regards, avec une personne de l’autre sexe. Dans le climat actuel d’amoralité où la suspicion est de mise, le diable aurait tôt fait d’utiliser des personnes que ne contrôle pas le Saint-Esprit pour discréditer et nous et l’Evangile. Lorsque l’on pratique la «cure d’âme» seul à seul, on peut difficilement contrer les insinuations ou les attaques calomnieuses. Le Seigneur a envoyé ses disciples deux à deux (Lc 10.1). Pour les entretiens, il est généralement possible de s’associer une tierce personne: collaborateur, pasteur, ancien ou diacre. C’est plus important encore si l’on a affaire à un cas difficile. Notre épouse peut être cette tierce personne lorsqu’elle nous accompagne.

15. Tout entretien touchant à la relation d’aide (ou cure d’âme) relève du secret professionnel. Nous devons être reconnus comme sérieux en ce domaine si nous voulons connaître la bénédiction de Dieu et voir des victoires remportées à la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Toutefois, un grave problème se pose au regard de la jurisprudence actuelle concernant les cas de pédophilie ou de meurtre. Il convient d’être très prudent et très clair pour gérer ce genre de situation.

16. En tant qu’itinérants, il est bon de nous sentir engagés les uns envers les autres dans un respect sans faille. Cela implique rejeter toute critique du ministère des autres et refuser d’entendre des critiques à leur sujet. En cas de médisances rapportées sur l’un ou sur l’autre, il convient de l’en avertir très vite afin de lui permettre d’agir sans attendre pour mettre fin à la rumeur, si cette dernière n’a pas de fondement.

17. Faisons tout pour simplifier la tâche de celui qui nous accueille: ne pas abuser de son hospitalité, par exemple, en usant sans gêne du téléphone ou autre commodité; ne rien demander qui ne soit absolument indispensable, montrer de la reconnaissance… en bref, user du respect le plus strict de la politesse et de la discrétion (cf. Phm 4.10-12).

18. Les questions d’argent sont parfois source de conflits dans l’œuvre de Dieu. Il est essentiel d’être au-dessus de tout soupçon dans la gestion des dons reçus. Pour éviter toute suspicion de la part des autorités, voire des Eglises, il est préférable de dépendre d’un Eglise ou d’une œuvre. Il est important de transmettre à celle-ci tout don reçu lors de l’exercice du ministère (réunions, entretiens, visites, etc.).Contentez-vous de votre solde (Luc 3.14). N’oublions pas que l’amour de l’argent est une racine de tous les maux (1Tm 6.10). Souvenons-nous des fils de Samuel (cf. 1S 8.1-9). Selon les cas, nous pouvons signer un reçu sur place ou faire envoyer un reçu par l’association à laquelle nous sommes rattachés. Les problèmes sont gommés quand tout se fait par chèque à l’ordre de l’association.

1 Texte élaboré lors de la retraite de janvier 2002 organisée par REPIT (Retraite pour les Evangélistes Pionniers et Itinérants Travaillant en France). La Revue réformée a déjà publié un des documents produits à l’occasion de cette rencontre dans son numéro 2000/5: « Des ministères négligés: l’évangéliste itinérant».

 

 

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RETOUR AUX FONDEMENTS

1 Novembre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

162950_169056983136980_100000980376143_356747_8335652_s-1-.jpgRetour aux fondements

Henri LÜSCHER

La fin du vingtième siècle avec ses grands chambardements approche à grands pas. Elle est caractérisée par le renversement des fondements sur lesquels reposait la société occidentale. Profondément marquée par des siècles de culture chrétienne qui plongeait ses racines dans les Ecritures, elle a subi une érosion lente pour aboutir à un changement de paradigme dans son concept du monde. Le psalmiste pose une question pertinente: Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il?(11.3) Quelle sera notre réponse?

Il est bon de revenir un peu en arrière dans le temps. La Réforme nous a légué quelque chose d'inestimable. Par elle, Dieu a opéré un retour aux Ecritures, seule norme de notre foi dans tous les domaines de la vie. Cette foi n'était pas floue. L'ensemble des vérités bibliques constituait le fondement de la foi des Réformateurs. Il engendrait une confiance; et une obéissance totales en la Bible, Parole de Dieu qui avait autorité sur leur intelligence, leur cour, leur vie. Il n'y avait pas de concept relativiste ou pluraliste quant aux fondements de la foi. En revanche, le dualisme entre le spirituel et le matériel, l'invisible et le visible, la nature et la grâce, le temporel et l'éternel a contribué à une sécularisation progressive de la société occidentale. Les lumières et le rationalisme ont encore diminué l'impact de l'Evangile produit par la Réforme. Avec Hegel, au début du 19e siècle, le monde a été bouleversé dans sa manière de penser par le principe dialectique: thèse, antithèse, synthèse. Plus rien n'était absolu, vrai, sans cette démarche philosophique préalable. Ici, on trouve l'origine du relativisme qui a marqué également la théologie.

Au milieu du siècle passé, Darwin, sans doute influencé par la philosophie de Hegel, a publié son fameux ouvrage "De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle", ce qui marqua le début de la diffusion de la théorie de l'évolutionnisme. Roger Liebi écrit avec pertinence: "On exagère à peine en disant que Darwin a posé l'un des fondements essentiels de la cosmologie dominante du 20e siècle. Il est l'auteur d'un tournant décisif dans la manière de penser des pays occidentaux hautement civilisés. Innombrables furent ceux qui commencèrent à se détacher du christianisme. La perspective biblique, selon laquelle Dieu créa le monde et la vie, et fit l'homme à son image, devint pour eux toujours plus inacceptable. L'enseignement de Darwin conduisit aussi à de toutes nouvelles conceptions en philosophie, en psychologie, en pédagogie, en sociologie, en théologie, en histoire, en astronomie, ainsi qu'en beaucoup d'autres domaines" (Le Nouvel Age, p. 11, éd. Bibles et Traités Chrétiens, CH-1800 Vevey). Le marxisme, l'existentialisme et le pragmatisme ne sont que le prolongement de ces philosophies.

En résumé, toute la crise actuelle à tous les niveaux est la conséquence de l'humanisme séculier qui a déshumanisé l'homme, aussi paradoxal que cela paraisse. Dans tous les domaines, il est en faillite. Alors les hommes cherchent leur bonheur ailleurs, dans l'irrationnel, puisque le matérialisme rationnel ne leur a apporté que le goût amer d'une illusion chimérique. Le Nouvel Age se substitue au rationalisme. On parle d'être en harmonie avec soi-même, avec la nature, l'environnement, le cosmos, etc. Pour se déstresser, on a recours à la spiritualité orientale, au mysticisme, à l'astrologie, à la médecine parallèle, à la psychologie moderne, etc. Des termes comme amour, unité, paix, n'ont plus la connotation que la Bible leur donne.

Face à ce déferlement de séductions sataniques et à la désorientation de l'Eglise dans un monde où elle devrait être le sel de la terre, n'y a-t-il pas un retour aux Ecritures Saintes à opérer en laissant libre cours à l'Esprit de Dieu qui veut parler à nos cours? Lui seul peut produire la repentance, l'obéissance à la Parole de Dieu et la mise en pratique des directives divines. L'objectif des articles publiés dans ce numéro est d'avertir nos lecteurs des temps que nous vivons en nous encourageant à revenir aux vérités centrales de la Réforme: Sola Scriptura, Solus Christus, Sola gratia, Sola fide, Soli Deo gloria. Ces vérités claires et fondamentales révélées dans les Ecritures ne se négocient pas. Il n'y a pas de compromission possible. Jésus n'affirme-t-il pas: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ? L'apôtre Pierre n'est pas moins explicite: Il n'y a de salut en aucun autre; car il n y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Jean 14.6; Act 4.12). Paul, dans sa 2e lettre aux Corinthiens, retrace la vie chrétienne au milieu des difficultés. Toutes nos ressources sont en Christ, qui nous fait toujours triompher (2.14). Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser les forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance au Christ (10.4-5). C'est Jésus seul, l'Esprit seul et l'Evangile seul par contraste à un autre Jésus..., un autre esprit... et un autre évangile provenant de Satan lui-même qui se déguise en ange de lumière (11.4, 13-15).

Que Dieu nous fasse la grâce de persévérer dans la foi telle que les Ecritures nous l'enseignent. C'est pourquoi, affermissez votre pensée, soyez sobres et ayez une parfaite espérance en la grâce qui vous sera apportée, lors de la révélation de Jésus-Christ. (1 Pi 1.13).

H.L



Lien :http://www.promesses.org/arts/120p1-2f.html

 

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DECLARATION DE CAMBRIDGE

1 Novembre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Déclaration de Cambridge

Alliance des Evangéliques Confessants 
Cambridge, Massachusetts (USA), le 20 avril 1996 

Traduction Frank HORTON

Aujourd'hui les églises évangéliques sont de plus en plus dominées par l'esprit du siècle plutôt que par l'Esprit du Christ. En tant qu'évangéliques nous nous appelons à nous repentir de ce péché et à recouvrer la foi historique chrétienne.

Au cours de l'histoire, les mots changent de sens. A l'heure actuelle c'est ce qui est arrivé au mot "évangélique". Par le passé il servait de lien d'unité entre chrétiens venant d'une grande diversité de traditions ecclésiastiques. Etre évangélique, c'était confesser sa foi. Etre évangélique, c'était adhérer aux vérités essentielles du christianisme telles qu'elles avaient été définies par les grands conciles ocuméniques de l'Eglise. De plus, les évangéliques partageaient en héritage commun les "sola" de la Réforme protestante du 16e siècle.

Aujourd'hui la lumière de la Réforme a été affaiblie d'une manière significative. En conséquence, le mot "évangélique" est devenu tellement inclusif qu'il a perdu sa signification. Nous sonmes confrontés au danger de perdre l'unité forgée pendant des siècles. En tenant compte de cette crise, et à cause de notre amour pour le Christ, pour son évangile et pour l'Eglise, nous nous efforçons d'affirmer tout à nouveau notre adhésion aux vérités centrales de la Réforme telles qu'elles ont été confessées historiquement par les évangéliques. Nous affirmons ces vérités, non pas à cause de leur rôle dans nos traditions, mais parce que nous croyons qu'elles sont centrales à la Bible.

I. Sola Scriptura: L'érosion de l'autorité

L'Ecriture seule est la règle inhérente de la vie de l'Eglise, et pourtant l'église évangélique à l'heure actuelle a séparé l'Ecriture de sa fonction d'autorité. Dans sa pratique, l'Eglise se laisse diriger trop souvent par la culture ambiante. Techniques thérapeutiques, stratégies de marketing, rythme du monde des divertissements: tout cela correspond beaucoup plus à ce que l'Eglise désire, à sa manière de fonctionner, et à ce qu'elle offre, que ne le fait la Parole de Dieu. Nombre de pasteurs ont négligé le contrôle légitime qu'ils doivent exercer sur l'adoration, y compris sur la substance doctrinale de la musique. Au fur et à mesure qu'on a abandonné dans la pratique l'autorité biblique, que ses vérités ont disparu de la pensée chrétienne, et que ses doctrines ont perdu leur pointe, l'Eglise a été progressivement dépouillée de son intégrité, de son autorité morale et de son orientation.

Plutôt que d'adapter la foi chrétienne pour la faire correspondre et satisfaire aux besoins ressentis par les consommateurs, nous devons proclamer la loi comme l'unique mesure de la justice véritable, et l'évangile comme l'unique annonce de la vérité salvatrice. La vérité biblique est indispensable à la compréhension de l'Eglise, à son édification et à sa discipline.

L'Ecriture doit nous porter; au delà de nos besoins ressentis jusqu'à nos besoins réels, et nous libérer de l'habitude que nous avons de nous voir au travers des images séduisantes, des clichés, des promesses et des priorités d'une culture de masse. C'est seulement à la lumière de la vérité de Dieu que nous sommes rendus capables de nous comprendre et de voir comment Dieu a pourvu à nos besoins. Il est donc indispensable de prêcher et d'enseigner la Bible dans l'église. Les sermons doivent être une exposition de la Bible et de ses enseignements, et non pas l'expression des opinions du prédicateur ou des idées courantes de l'époque. Nous ne devons accepter rien de moins que ce que Dieu a donné.

L'ouvre du Saint-Esprit dans l'expérience ne saurait être dissociée de l'Ecriture. L'Esprit ne parle pas selon des moyens qui seraient indépendants de l'Ecriture. Séparés de l'Ecriture, nous n'aurions jamais connu la grâce de Dieu en Christ. C'est la parole biblique, et non pas l'expérience spirituelle, qui est le critère de la vérité.

Première thèse: Sola Scriptura

Nous réaffirmons l'Ecriture inerrante comme unique source de la révélation divine écrite, qui seule peut lier notre conscience. La Bible seule enseigne tout ce qui est nécessaire pour notre salut (et délivrance) du péché, et constitue la règle selon laquelle tout comportement chrétien doit être mesuré.

Nous déclarons qu'aucun credo, concile ou individu ne peut lier la conscience du chrétien, que l'Esprit Saint ne parle jamais indépendamment de ou contrairement à ce qui est présenté dans la Bible, et que l'expérience personnelle spirituelle ne peut jamais être un véhicule de la révélation. 

II. Solus Christus: L'érosion d'une foi centrée sur le Christ

Au fur et à mesure que la foi évangélique s'est conformée à l'esprit du siècle, ses intérêts se sont confondus avec ceux de la culture ambiante. Les résultats ont été, d'abord, une perte des valeurs absolues et l' émergence d'un individualisme permissif; la guérison s'est substituée à la sainteté, le rétablissement à la repentance, l'intuition à la vérité, la sensation à foi, le hasard à la providence, et gratification immédiate à l'espérance persévérante. Le Christ et sa croix ont été déplacés du centre de nos préoccupations. 

Deuxième thèse: Solus Christus

Nous réaffirmons que notre salut est accompli par le Christ historique seul grâce à son ouvre de médiateur. Sa vie sans péché et l'expiation comme substitut à notre place seules suffisent pour notre justification et notre réconciliation avec le Père.

Nous déclarons que l'Evangile n'est pas prêché si l'on ne déclare pas l'ouvre expiatoire du Christ et si l'on ne sollicite pas la foi en Christ et en son ouvre.

III. Sola Gratia: L'érosion de l'Evangile

La confiance injustifiée dans la capacité de l'homme est un produit de la nature humaine déchue. Cette fausse confiance remplit maintenant le monde évangélique - à partir de l'évangile de l'estime de soi jusqu'à l'évangile de la santé et de la richesse; à partir de ceux qui ont transformé l'Evangile en un produit à vendre et les pécheurs en des consommateurs qui désirent acheter, jusqu'à d'autres qui considèrent que la foi chrétienne est vraie parce qu'elle est efficace. Tous "ces dérapages" réduisent au silence la doctrine de la justification, quels que soient les engagements officiels de nos églises.

La grâce de Dieu en Christ est non seulement nécessaire, mais reste la seule cause efficace du salut. Nous confessons que les êtres humains naissent morts sur le plan spirituel et sont incapables de collaborer avec la grâce qui régénère.

Troisième thèse: Sola Gratia

Nous réaffirmons que par le salut nous sommes délivrés de la colère de Dieu, et cela par sa grâce seule. C'est l'ouvre surnaturelle du Saint-Esprit que de nous conduire au Christ en nous libérant de notre esclavage au péché et en nous ressuscitant de la mort spirituelle à la vie spirituelle.

Nous déclarons que le salut n'est en aucun sens une ouvre humaine. Les méthodes, techniques et stratégies humaines ne peuvent, par elles-mêmes, accomplir cette transformation. La foi ne peut être produite par notre nature humaine non-régénérée.

IV. Sola Fide: L'érosion de l'article principal

La justification est par la grâce seule au travers de la foi seule à cause du Christ seul. Il s'agit là de l'article par lequel l'Eglise tient debout ou s'écroule. Aujourd'hui nombre de responsables, savants et pasteurs qui prétendent être évangéliques négligent, déforment, voire parfois nient cet article. Bien que la nature humaine déchue ait toujours refusé d'admettre la nécessité de la justice de Christ imputée, la pensée moderne alimente peu à peu ce mécontentement à l'encontre de l'Evangile biblique. Nous avons permis à ce mécontentement de dicter la forme de notre ministère et le contenu de notre prédication.

Nombre de ceux qui sont dans le mouvement pour la croissance de l'Eglise croient que la compréhension sociologique des participants au culte est tout aussi importante pour le succès de l'Evangile que la proclamation de la vérité biblique. Par conséquent, les convictions théologiques sont souvent divorcées d'avec l'ouvre du ministère. L'orientation vers le marketing dans beaucoup d'églises va encore plus loin, pour effacer la distinction entre la Parole biblique et le monde, priver la croix de Christ de son aspect choquant, et réduire la foi chrétienne à des principes et des méthodes qui assurent le succès des corporations mondaines.

Tout en prétendant croire à la théologie de la Croix, ces mouvements en réalité la vident de sa substance. Il n'y a pas d'autre évangile que celui de la substitution du Christ à notre place, grâce à laquelle Dieu lui a imputé notre péché et nous a imputé sa justice. C'est parce qu'il a enduré notre jugement que nous pouvons maintenant marcher dans sa grâce, assurés pour toujours de son pardon, acceptés et adoptés comme enfants de Dieu. Il n'y a pas d'autre fondement pour notre acceptation devant Dieu que l'ouvre salvatrice du Christ... pas même notre patriotisme, notre dévouement ou notre rectitude morale. l'Evangile déclare ce que Dieu a fait pour nous en Christ, et nous dissuade de chercher à obtenir la faveur de Dieu par quelque autre voie que ce soit.

Quatrième thèse: Sola fide

Nous réaffirmons que la justification est par la grâce seule au travers de la foi seule grâce au Christ seul. Par la justification, la justice de Christ nous est imputée comme unique satisfaction possible de la justice parfaite de Dieu.

Nous déclarons que la justification ne repose sur aucun mérite qui nous soit propre, ni sur la base d'une infusion de la justice de Christ en nous par voie sacramentelle. Nous déclarons de même qu'une institution qui prétend être une église mais qui refuse ou condamne la sola fide ne peut être reconnue comme une église légitime.

V. Soli Deo Gloria: L'érosion d'une adoration centrée sur Dieu

Partout où, dans l'Eglise, l'autorité biblique a été perdue, le Christ a été déplacé, l'Evangile a été biaisé ou la foi pervertie, cela a toujours été pour une seule raison: nos intérêts ont remplacé ceux de Dieu et nous appliquons nos méthodes à l'accomplissement de son ouvre. Que Dieu ne soit plus au centre de la vie de l'Eglise aujourd'hui est un fait répandu et lamentable. C'est cette perte qui nous permet de transformer l'adoration en divertissement, la prédication de l'Evangile en marketing, la foi en une technique, l'éthique en appréciation agréable de nous-mêmes, et la fidélité en une quête du succès. En conséquence, Dieu, le Christ et la Bible ont perdu une grande partie de leur valeur à nos yeux et ne pèsent plus beaucoup pour nous.

Dieu n'existe pas pour satisfaire nos ambitions humaines, nos convoitises, notre appétit de consommation, ni même nos intérêts spirituels personnels. Nous devrions de nouveau centrer notre adoration sur Dieu lui-même, plutôt que sur la satisfaction de nos besoins personnels. Dieu reste souverain dans l'adoration, et non pas nous. Nos soucis devraient concerner le royaume de Dieu et non pas notre propre sphère, notre popularité ou notre succès.

Cinquième thèse: Soli Deo gloria

Nous réaffirmons que parce que le salut est de Dieu et a été accompli par lui, ce salut est pour la gloire de Dieu, et nous devons le glorifier, lui, toujours. Nous devons vivre notre vie entière devant sa face, sous son autorité et pour sa gloire seule.

Nous déclarons que nous ne pouvons pas glorifier Dieu convenablement si nous confondons l'adoration avec le divertissement, si nous négligeons la Loi ou l'Evangile dans notre prédication ou si nous permettons à la recherche de l'épanouissement de soi, l'estime de soi ou la réalisation de soi de devenir les options préférées de notre "évangile".

Conclusion

Un appel à la repentance et à la réformation

La fidélité de l'Eglise évangélique dans le passé contraste de façon marquante avec son infidélité actuelle. Au début de ce siècle, les églises évangéliques soutenaient un effort missionnaire remarquable et construisaient de nombreuses institutions religieuses au service de la vérité biblique et du royaume de Christ. C'était une époque où le comportement chrétien et son attente étaient tout à fait distincts de ceux de la culture. Aujourd'hui ils ne le sont souvent plus. Aujourd'hui le monde évangélique est en train de perdre sa fidélité à la Bible, sa boussole morale et son zèle missionnaire.

Nous nous repentons de notre mondanité. Nous sommes tombés sous l'influence des "évangiles" de notre culture sécularisée... qui ne sont pas des évangiles. Nous avons affaibli l'Eglise par notre manque de repentance sérieuse, notre aveuglement face aux péchés en nous-mêmes que, pourtant, nous voyons si clairement chez les autres, et notre échec inexcusable d'annoncer efficacement à d'autres l'ouvre salvatrice de Dieu en Jésus-Christ.

Nous appelons sincèrement les évangéliques égarés qui se sont écartés de la Parole de Dieu dans les domaines développés dans cette Déclaration. Nous y incluons ceux qui déclarent qu'il y a une espérance de vie éternelle en dehors d'une foi explicite en Jésus-Christ, qui prétendent que ceux qui rejettent le Christ dans cette vie sont annihilés plutôt que de subir le juste jugement de Dieu au travers d'une souffrance éternelle, ou qui affirment qu'évangéliques et catholiques romains sont un en Christ là même où la doctrine biblique de la justification n'est plus confessée.

L'Alliance des Evangéliques Confessants invite tout chrétien à envisager d'incorporer cette Déclaration dans l'adoration de l'église, comme dans son ministère, ses principes, sa vie et son ouvre d'évangélisation.

Pour la gloire de Christ. 
Amen 

Taduction F. H

 

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