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Le blog de Dr André CHOUBEU

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LA SPIRITUALITÉ DANS LA FORMULE DU BAPTÊME ?

13 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Introduction : 

De plus en plus des controverses s’élèvent au sujet du baptême. Deux formules divisent les enfants de Dieu, donnant lieu à des interprétations à la fois honteuses et alarmantes parce l’ignorance du contexte créé des prétextes, causant des sujets de polémiques constantes.

Les dégâts sont tels que les enfants de Dieu se déchirent, se dénigrent mutuellement et chaque partie se croit meilleure que l’autre. Les arguments avancés par chaque côté semblent si convainquant les uns que les autres, que nous avons découvert des leaders d’église se baptiser de nuit afin de ne pas perdre leurs brebis disent-ils.

Au-delà des faits, que signifient concrètement les deux expressions autour de laquelle se livre au nom du Seigneur, une guerre sans merci qui a déjà fait des victimes, dévié plusieurs et placé un grand nombre dans l’expectative pour finalement adopter  la position : ‘‘le baptême ne sauve pas, il faut mieux rester comme ça’’. Alors, que voulait dire le Christ ? Les Apôtres ont-ils désobéi à l’ordre de la grande commission en pratiquant autre chose dans le livre des Actes, le Saint-Esprit les conduisant à la rébellion contre les ordres du Seigneur ? 

Le contexte : 

Jésus s’adresse à ses disciples à la fin de sa mission terrestre. Avant de promulguer la grande commission  ‘‘Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie’’ (Jean 20.21). 

Les Ecritures Saintes sont très claires : ‘‘Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs’’ (Jean 4.22).

Jésus ayant apporté le salut aux siens selon le plan de rédemption divin commande aux disciples qu’il avait formé depuis trois et demi d’étendre la bonne nouvelle au monde entier afin qu’au jour du jugement, la sentence divine contre tout pécheur soit juste. La peuple juif connaissait Dieu le Père, d’où l’expression ‘‘Abba, Père’’ dans : ‘‘En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux !’’ (Mt 6.7-9) 

Il connaissait le Saint-Esprit : ‘‘Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint–Esprit, vous comme vos pères’’ (Actes 7.52). 

Mais les Juifs ont rejeté Jésus, l’auteur de leur délivrance (salut). Pourtant, hors de Lui, il n’y a de salut en aucun autre reporte sans équivoque Actes 4.32. Christ s’établit dès lors comme la condition sine qua non, la plaque tournante absolue pour être sauvé. Les Juifs qui l’ont rejeté doivent le confesser pour être baptisé afin d’entrer en communion dans l’amour du Père qui a tant aimé le monde, la grâce du Seigneur Jésus Christ, mort sur la croix pour le salut de l’humanité déchue,  la communication du Saint-Esprit pour leur régénération. Il convient de préciser que les Juifs connaissaient le Père et le Saint-Esprit (Actes 7). Il ne leur manquait plus que Jésus pour entrer dans le plan parfait de la rédemption. 

Les païens quant à eux se doivent de connaître le Père comme Créateur de toute chose, Christ, l’Oint de Dieu qui apporte la réconciliation pour la paix avec Dieu par le pardon des péchés et le rejet des idoles muettes pour accepter le salut gracieusement offert par sa mort a leur place sur la croix de Golgotha ; enfin, accepter le Saint-Esprit pour leur restauration dans le plan parfait de Dieu établit depuis avant la fondation du monde à leur égard. 

  1. 1.   LA FORMULE DE BAPTEME AU NOM DU PERE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT

 A-   L’IMPACT SPIRITUEL DE LA FORMULE 

Loin d’être une simple formule, l’expression ‘‘au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit’’ enseigne une vérité incontestable :

Au nom du Père : retourner avec des larmes de repentance au Père, Créateur de toute chose contre qui nous avons été rebelles par notre vie de péché. Nous constaterons que ceux qui venaient a Jean Baptiste confessaient leurs péchés en premier et ils étaient baptises ensuite.

-   Au nom du Fils : Apres la chute, le Père promis en Genèse 3.15, un fils qui écraserait la tête du serpent. Se faire baptiser au nom du Fils consiste a croire que Christ est le Fils promis qui par son sacrifice sur la croix a accompli la promesse de la rédemption pour notre salut complet.

- Au nom du Saint-Esprit : Initialement, l’homme est créé pour fonction indépendamment, mais pour une victoire qui ne peut être dissociée des principes de l’Esprit de Dieu. Se baptiser au nom du Saint-Esprit consisterait simplement à se remettre au Saint-Esprit pour notre régénération par le façonnement du caractère de Dieu en nous tel que contenu en Christ, le dieu manifeste en chair et quia vécu au milieu de nous pour nous servir de modèle au service de Dans tant par sa vie, ses actes, ses paroles, ses pensées, son zèle pour l’œuvre de Dieu que son attitude et comportement. 

Ainsi, au cours de la rencontre des trois personnes de la trinité par le baptême au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, une chose importante se manifeste : le Père le reçoit comme un enfant, le Fils le reçoit comme un frère, et le recouvre du manteau de sa pureté, le Saint-Esprit le dote de cet Esprit par lequel il peut dire « Abba, Père. » « Au nom de » peut aussi être l’équivalent à : sur ordre de, dans la présence de  ou dans le Père, et dans le Fils, et dans le Saint-Esprit. 

Par ailleurs, baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est baptiser avec l’assurance que toutes les grâces dont le Dieu trois fois saint est la source seront communiquées au croyant, qu’il est reçu par le baptême dans la communion du Père, source éternelle de tout amour, de toute vie ; dans la communion du Fils, qui l’a racheté et qui fait de lui un membre vivant de son propre corps ; dans la communion du Saint-Esprit, qui l’éclaire et le sanctifie. Telle est la riche et profonde signification du baptême chrétien, qui a pour fruit la purification et la régénération par le Saint-Esprit (Jean 3.5 ; Tite 3.5).

Nous trouvons ainsi dans cette solennelle parole de Jésus-Christ une révélation complète de Dieu, tel que l’Église le connaît et l’adore et tel qu’il répond seul aux profonds besoins de notre âme. L’Écriture, en effet, ne présente pas les rapports de ces trois Êtres de l’essence divine comme objets de spéculation, mais comme la source de toutes les grâces qui sont indispensables à la vie spirituelle (2Cor 13.13). Ôtez à la foi l’un de ces noms divins, avec les dons qu’il nous garantit, et aussitôt le chrétien sentira une diminution dans sa foi, dans sa vie ou dans son espérance. 

Le passage ci-après tirée de la version Louis Segond Révisée stipule en des termes sans équivoques :

‘‘C’est lui, Jésus–Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang, non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, la Parole et l’Esprit Saint. Et ces trois sont un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord’’ (1 Jean 5.6-8).

(Extrait d’un livre en préparation 2012)

Dr André CHOUBEU.

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L'AU-DELA

9 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Henri LÜSCHER

A.  L'au-delà : un monde à part

Comment se représenter « l'au-delà » ? Le Larousse trois volumes en couleurs 1970 le décrit comme « l'autre monde, la vie future » ; le Quillet 1959 parle également de « l'autre monde » et de « l'après la mort », tandis que le Petit Robert 1996 donne : « Le monde supraterrestre ; la vie, l'activité imaginée après la mort ». Plutôt flou .

L'au-delà serait donc le monde invisible qui nous attend après la mort. Mais quel monde ? Michel Colucci, dit Coluche, a cru pouvoir résoudre le problème en déclarant : « Y a-t-il une vie après la mort ? Seul Jésus pourrait répondre à cette question. Malheureusement il est mort ». Cent ans avant Coluche, Charles Darwin écrivait : « Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l'esprit et de la vie future une absurdité »1.

Cependant, la croyance en un au-delà reprend ses droits dans notre société postmoderne. La question a même envahi les médias depuis la parution des fameux ouvrages sur les « expériences de mort imminente » (EMI) du Dr R. Moody : La vie après la vie (R. Laffont, Paris, 1977), de P. Van Eersel : La Source noire - Révélations aux portes de la mort (B. Grasset, Paris, 1986), de B. Martino : Voyage au bout de la vie (Editions Balland, 1987), et de bien d'autres.

Cet engouement n'a rien de surprenant : Dieu ayant mis la pensée de l'éternité dans le cour de l'homme, ce dernier ne peut s'empêcher de penser à la mort et à ce qui la suivra. C'est pourquoi, dans notre étude sur l'au-delà, nous nous concentrerons sur la question de notre survie individuelle. Nous laisserons de côté le monde invisible des anges, ainsi que les divers aspects de l' « environnement » supraterrestre. Et nous donnerons la première place à la Révélation de celui qui est le Dieu éternel, le Créateur de toutes choses.

B.  Une mort  à deux dimensions

La Bible enseigne dès ses premières pages que la mort est une conséquence tragique de la chute de nos premiers parents. Ainsi, nous apprenons que cet acte historique de désobéissance devait fatalement amener le péché et la mort dans le monde :

« Mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Gen 2.17).

Il a ainsi entraîné l'humanité dans la mort, et la création dans « l'asservissement de la corruption »  (Rom 8.21-22) :

« Le salaire du péché c'est la mort » (Rom 6.23) ;

« Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché » (Rom 5.12-14).

Nous reconnaissons ainsi l'universalité du péché, et de la mort qui atteint tous les hommes. Personne n'y échappe. La mort est irréversible et elle scelle définitivement le sort de l'homme. Les meilleurs soins et cures de santé, la science la plus avancée ne pourront jamais éliminer la mort physique.

La mort spirituelle

Depuis la chute, l'homme est mort spirituellement. Cela veut dire que son être tout entier est corrompu. Il est loin de Dieu, et son intelligence est enténébrée quant à la connaissance de Dieu :

« Morts dans vos fautes et dans vos péchés; morts dans nos fautes » (Éph 2.1,5) ;

« Celui qui croit en moi a passé de la mort à la vie » (Jean 5.24) ;

« Ils ont la pensée obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu à cause de l'ignorance qui est en eux et de l'endurcissement de leur cour » (Éph 4.18).

La mort physique

La mortalité est la conséquence de la mort spirituelle de l'homme depuis sa chute au jardin d'Eden :

« Le salaire du péché, c'est la mort » (Rom 6.23) ;

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois - après quoi vient le jugement » (Héb 9.27).

Le corps se décompose et retourne à la poussière :

« Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (Gen 3.19).

C'est Dieu qui tient tout en main, même le jour de notre mort :

« Tu leur retires le souffle; ils expirent et retournent dans leur poussière » (Ps 104.29).

Le Ps 90 nous enseigne que la mort a été décrétée sur tous les hommes, dont les plus robustes atteignent 80 ans. Le simple bon sens voudrait donc que nous nous efforcions de « conduire notre cour avec sagesse en comptant nos jours ».

En bref, la mort n'est pas un simple « phénomène naturel ». Elle est anormale et contraire à la théorie évolutionniste qui enseigne que la mort est une phase nécessaire et positive dans l'évolution des espèces vivantes. La Bible enseigne que la mort est un jugement de Dieu, une conséquence de la désobéissance d'Adam et Ève au jardin d'Eden. Nous sommes tous « dignes de mort » (Rom 1.32) et « le jugement, après une seule faute, aboutit à la condamnation » (Rom 5.17). La mort est « le roi des épouvantements », le terme ultime vers lequel nous marchons tous, selon Job 18.14. Elle est le signe de la défaite de notre race, et s'est constituée comme notre suprême ennemie (1 Cor 15.26). C'est pourquoi Jésus-Christ, le Sauveur, l'a attaquée de front, triomphant de ses liens par sa résurrection et par la vie impérissable qu'il réserve aux siens.

C.  Quand notre corps s'en va

L'homme est un être tripartite - corps, âme et esprit (1 Thes 5.23). Il va continuer son existence après la mort jusqu'à sa résurrection, soit pour la vie éternelle, soit pour la mort éternelle :
- le corps, dépouille mortelle, est appelé à retourner à la poussière (Gen 3.19 et Ecc 12.7 : « la poussière retourne à la terre »).
- l'âme, séparée du corps, s'en va dans un lieu appelé « séjour des morts » - une sorte de salle d'attente de la résurrection des corps. En Luc 16.19-31, nous voyons que cette sphère (le « hadès » en grec) est caractérisé par une séparation infranchissable entre le lieu de tourments des réprouvés, et « le sein d'Abraham » où se trouve Lazare. Les âmes des justes comme celles des injustes continuent d'exister, conscientes.
- l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné (Ecc 12.7; Act 6.59).

A noter que certains passages décrivent l'être humain de manière plutôt dualiste : ils distinguent entre sa partie matérielle et visible, le corps, et sa partie invisible, immatérielle, comportant à la fois l'âme et l'esprit.

D.  L'état intermédiaire

Jusqu'à la résurrection « des justes » et des « injustes » (Dan 12.2; Jean 5.25, 28-29 ; Act 24.15; Apoc 20.4-6, 12 -13), l'âme reste séparée du corps, ayant rejoint le lieu intermédiaire, le « séjour des morts ». Nous savons très peu de choses sur l'état intermédiaire jusqu'à la résurrection des corps.

Le lieu

L'A.T. appelle ce lieu « shéol », mot équivalent à peu près au « hadès » du N.T. Toute âme humaine séparée du corps y entre jusqu'à la résurrection. C'est une réalité incontournable : « Le séjour des morts apparaît comme la résidence des croyants aussi bien que des réprouvés » (Précis de doctrine chrétienne, J.M. Nicole, Éd. de l'Institut biblique, Nogent, 1983, p. 320).

Bien que « Dieu seul possède l'immortalité » (1 Tim 6.16), l'âme est également immortelle. Elle ne cesse donc pas d'exister à la mort physique.

Les morts ne reviennent plus sur terre (Job 16.22) et n'ont « plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil » (Ecc 9.6).

Le récit de Lazare et de l'homme riche (Luc 16.19-31) nous révèle les vérités suivantes quant à l'au-delà :
- il y a dans le séjour des morts deux endroits distincts ;
- il y a entre ces deux lieux un gouffre infranchissable ;
- l'âme est consciente et jouit du bonheur dans le sein d'Abraham, mais souffre de tourments dans le séjour des injustes ;
- il n'y a plus de possibilité de repentir après la mort (Héb 9.27).

E.  L'âme du défunt incroyant

Dans son état intermédiaire

L'âme entre dans le « séjour des morts » (Éz 32.21). Elle est consciente, à l'exemple des âmes des grands de ce monde décédés lorsqu'ils voient Satan les y rejoindre :

« Le shéol s'émeut jusque dans ses profondeurs pour t'accueillir à ton arrivée. Il réveille pour toi des défunts, tous les guides de la terre. Il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations. Tous prennent la parole pour te dire: toi aussi, tu es sans force comme nous. Tu es devenu semblable à nous » (És 14.9-10).

C'est un lieu de tourments qui la fait souffrir constamment, consciemment, irrémédiablement.

Dans son état final

Les réprouvés restent dans le "hadès" jusqu'au jugement dernier. Ils seront jugés « selon leurs ouvres » et jetés dans « l'étang de feu » (Apoc 20.11-15). Il s'agit de la résurrection des injustes :

« Ne vous en étonnez pas, car l'heure vient où tous ceux  qui sont dans les tombeaux entendront  sa voix, ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection et la vie, ceux qui auront pratiqué le mal pour la résurrection et le jugement » (Jean 5.28-29).

Il y aura une résurrection des justes et des injustes (Act 24.15).

Les incroyants aussi ressusciteront et seront jugés devant le grand Trône blanc et jetés dans « l'étang de feu...où brûle le soufre » (Apoc 20.15; 19.20). La Bible appelle ce lieu de tourment la « Géhenne » (Mat 5.22), qui signifie « Vallée de Hinnom », au sud de Jérusalem, où du temps des rois on célébrait un culte idolâtre, et qui était devenu l'endroit où l'on brûlait les immondices, si bien que le feu y était continuel" (Précis de doctrine chrétienne, J.-M. Nicole, p. 324).

C'est aussi l'endroit où « le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas » (Es 33.14; Marc 9.48). Il implique une séparation d'avec Dieu: « Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel préparé pour le diable » (Matt 25.41; 7.3). Ce sort final des incroyants est éternel, aussi permanent que la félicité des croyants : « Ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Mat 25.46).

Cet état définitif est appelé « étang de feu - seconde mort » (Apoc 20.14). La « mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu » (Apoc 20.14). Ce sera la séparation définitive d'avec Dieu, le lieu de tourments sans fin, celui  « des pleurs et des grincements de dents" (Mat 8.12; 13.42,50; 22.13; 24.51; 25.30). « Ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » (Apoc 14.10; 20.10). Les réprouvés seront donc conscients dans leur tourment.

F.  L'âme du défunt croyant

Dans son état intermédiaire

Pendant les temps pré-chrétiens, il est probable que l'âme du croyant défunt soit allée au séjour des morts, dans un « compartiment » séparé de celui des incroyants. La mort et la résurrection de Jésus ont peut-être changé quelque chose à leur condition. Ceux qui étaient dans « le sein d'Abraham » sont maintenant « auprès du Seigneur ».

Le Seigneur, à la croix, disait au brigand :

« Aujourd'hui, tu seras aujourd'hui avec moi au paradis » (Luc 23.43).

Paul dit:

« Nous savons qu'en demeurant dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur, car nous marchons par la foi et non par la vue - nous sommes pleins de courage et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur » (2 Cor 5.6-8) ;

« Christ est ma vie et mourir m'est un gain. Mais, est-ce utile pour mon ouvre que je vive dans la chair ? Que dois-je préférer ? Je ne sais. Je suis pressé des deux côtés; j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui est de beaucoup meilleur » (Phil 1.21-23).

L'auteur de l'épître aux Hébreux parle des « esprits des justes parvenus à la perfection » (12.23), ce qui veut dire qu'après la mort, notre progression dans le chemin de la sanctification, sera terminée. Arrivés auprès du Seigneur, nous jouirons de la présence de Dieu :

« Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Après que ma peau aura été détruite, moi-même en personne, je contemplerai Dieu. C'est lui que moi je contemplerai, que mes yeux verront, et non quelqu'un d'autre » (Job 19.25-27) ;

« Etienne, rempli d'Esprit Saint, fixa les regards vers le ciel et vit la gloire de Dieu. Il dit: Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu . Ils lapidèrent Etienne qui priait et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Act 7.55-59) ;

« Je suis persuadé que ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l'avenir, ni les puissances, ni les êtres d'en-haut, ni ceux d'en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Christ Jésus notre Seigneur » (Rom 8.38-39).

Ces âmes sont conscientes (Luc 9.30-31). Moïse et Élie, en compagnie de Jésus, apparurent à Pierre, Jacques et Jean sur la montagne de la transfiguration. Abraham, dans « le sein d'Abraham », était également conscient (Luc 16.19-31), et il parlait avec le défunt riche. Ces âmes-là sont dans le bonheur et le repos (Apoc 14.13).

Dans son état final

La Bible parle étonnamment peu de l'état intermédiaire de l'âme du croyant. En revanche, tout est centré sur le retour de Christ qui amène le croyant à la résurrection du corps. Une étude approfondie de 2 Cor 5.1-9 montre qu'il est question d'espérance dans le « revêtement » d'un corps de résurrection immortel, soit par la transformation instantanée des croyants encore sur terre lors du retour de Christ, soit par la résurrection des croyants déjà décédés à ce moment-là.

Lors de la venue de Jésus-Christ qui, « au son de la trompette de Dieu descendra du ciel, [et] les morts en Christ ressusciteront en premier. Ensuite nous, les vivants serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées, à la rencontre du Seigneur »(1 Thes 4.13-18). Notre être tout entier, corps, âme et esprit, ayant été « conservé sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus » (1 Thes 5.23) aura été réunifié en un « corps spirituel » (1  Cor 15.44; 35-58).

Les récompenses promises par le Seigneur feront alors pleinement notre joie (Luc 14.14; 2 Tim 4.8). Nous serons réunis définitivement autour du trône de l'Agneau pour chanter éternellement « un cantique nouveau » en rendant gloire à l'Agneau divin qui « a été immolé et est digne de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange ». Nous adorerons pleinement « celui qui est assis sur le trône et l'Agneau à qui sont dus la louange, l'honneur, la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles » (Apoc 5.11-14).

G.  Notions erronées

Plusieurs enseignements erronés circulent, inconciliables avec la Parole de Dieu.

Le conditionalisme et l'universalisme

Le conditionalisme et l'universalisme, sont des hérésies déjà condamnées au second Concile de Constantinople en 553. L'une enseigne l'annihilation des rebelles et leur destruction par un jugement ponctuel (avec ses diverses variantes), et l'autre le salut universel et final de tous (également avec ses diverses variantes). Les deux théories erronées sous leurs diverses formes sont tout à fait contraires à l'enseignement clair de l'Écriture sur les peines éternelles pour les rebelles (Mat 10.28 ; 25.46 ; Héb 9.27-28 ; Apoc 20.10).

Mentionnons de façon plus détaillée encore la réincarnation et le purgatoire.

La réincarnation

Ce mot est composé de « ré » (de nouveau) et « incarner » (dans la chair). Selon cette fausse doctrine, l'âme, au moment de la mort, quitte la personne et fait une « transmigration » dans un nouveau corps. Origène (185 - 254), influencé par la philosophie grecque, a soutenu cette doctrine. La réincarnation moderne, importée de l'hindouisme, n'est donc pas nouvelle. Elle enseigne que l'âme est purifiée à travers la réincarnation - au cours de nombreuses vies - et arrive finalement à l'état pur du Nirvana. La Bible dit au contraire en Hébr. 9.27 « qu'il est réservé aux hommes de mourir une seule fois - après quoi vient le jugement ». Cette doctrine est basée sur une auto-rédemption et nie de ce fait que Jésus seul sauve. Aucun homme ne pourra jamais atteindre un état de perfection par ses propres moyens.

Le purgatoire

Cette fausse doctrine fut officiellement admise au Concile de Florence en 1439 par l'Église romaine. L'Église orthodoxe ne reçoit pas cette doctrine.

Le mot « purgatoire » vient de « purgare » (purger, purifier), mot composé de « purus » (pur) et d' « agere » (faire). C'est un lieu où, après la mort, l'âme peut être purifiée plus complètement. Déjà Augustin (354 - 430) avait une fausse notion sur ce point , pensant que les esprits des morts seraient purifiés par le feu entre leur mort et leur jugement. Le Concile de Trente accepte la notion du purgatoire et affirme qu' « il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont détenues, sont aidées par l'intercession des fidèles, mais la plupart d'entre elles le seront pas le sacrifice acceptable de l'autel » (Dictionary of Christian Theology de Peter A. Angeles, p. 168). Plusieurs passages sont cités pour soutenir cette doctrine (Zach 9.11; Mat 12.32; 1 Cor 3.13-15). Mais le passage clé pour la soutenance de cette doctrine se trouve dans les Apocryphes (2 Maccabées 12.42-45). Voici quelques dogmes corrélatifs à ce faux enseignement du purgatoire

- c'est une période de discipline et de châtiment après la mort pour purger les péchés commis dans cette vie ;
- les non baptisés ne peuvent pas y entrer ;
- tous les baptisés n'y entrent pas, car quelques-uns vont directement en enfer ;
- le temps passé au purgatoire correspond à la somme des péchés commis dans cette vie moins le nombre d'indulgences données pour l'absolution des péchés ;
- le purgatoire cessera au moment du Jugement dernier ;
- les fidèles encore en vie peuvent avoir une influence sur la condition et le statut des occupants du purgatoire, et ceci par leurs prières, leurs intercessions, leur ouvres de charité, et les messes (Dictionary of Christian Theology, p.168).

Ces fausses notions sont à rejeter, parce qu'elles sont contraires à ce que l'Écriture enseigne. Le texte d'Héb 9.27 est clair quant à l'illusion d'un tel lieu. Par le récit de l'homme riche et du pauvre Lazare (Luc 16.19-31), le Seigneur nous avertit solennellement que le sort de l'homme est scellé à sa mort physique. C'est lors de son vivant que l'homme, responsable devant Dieu, doit se repentir de ses péchés devant Lui et croire en Jésus-Christ. Seule l'ouvre de Jésus-Christ est suffisante pour effacer les péchés (Héb 7.25; 10.14, 19-20; Rom 8.1). En Lui, il n'y a plus de condamnation. Nous avons un exemple touchant dans le brigand repentant qui, du lieu de sa crucifixion, put entrer directement au paradis (Luc 23.43).

H.  Bon voyage !

Ce monde moderne nous offre mille moyens trompeurs pour nous rassurer au sujet de l'au-delà. Toutes ces séductions attrayantes ont un instigateur, « Satan, se transformant en ange de lumière » (2 Cor 11.14). Tenons-nous simplement à la Parole de Dieu qui est suffisante pour lever quelque peu le voile sur l'au-delà et nous dire l'essentiel. Elle invite chacun à prendre au sérieux le temps de notre voyage terrestre, qui ne se répètera pas. C'est une question aux conséquences éternelles. Alors, « prépare-toi à la rencontre de ton Dieu » (Amos 4.12).

Cher lecteur, si tu n'as pas encore saisi la main de ton Sauveur Jésus-Christ, fais-le maintenant. Jésus nous dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt. Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais » (Jean 11.25-26).

Suivons donc le Seigneur et « revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour » (Rom 13.11-14). « Nous sommes donc toujours pleins de confiance . C'est pour cela aussi que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous demeurions dans ce corps, soit que le quittions. Car il nous faut tous [nous les chrétiens] comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps » (2 Cor 5.5-10).

Note :
1 (tiré de www.atheisme.free.fr/Citations/au_dela.htm -- site hors-ligne)

Ouvrages recommandés

Et après ? d'Henry Bryant (80 p.) Éditions Clé, 1993, 2, Impasse Morel, FR-69003  Lyon

L'Au-delà de René Pache (292 p.) éditions Emmaüs, 1977, CH-1806 St-Légier

Le lieu invisible et l'état de l'âme après la mort de H. Rossier (16 p.) et Les peines éternelles d'après les Écritures de J.N. Darby (24 p.) aux éditions EBLC, La Foge C, CH-1816 Chailly-Montreux

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CHAQUE VIE EST SACREE

9 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Chaque vie est sacrée

Gilles GEORGEL

1. L'histoire de ma vie

1er mai : Par amour, aujourd'hui, mes parents m'ont appelée à la vie !

15 mai : Mes premières artères apparaissent et mon corps se forme très rapidement.

19 mai : J'ai déjà une bouche.

21 mai : Mon cour commence à battre. Qui pourra mettre en doute le fait que je vive ?>

28 mai : Mes bras et mes jambes commencent à croître.

8 juin : À mes mains poussent de petits doigts. Que c'est beau ! Bientôt, je pourrai saisir, grâce à eux.

16 juin : C'est seulement aujourd'hui que maman a appris que j'étais là. Je m'en suis bien réjouie.

20 juin : Maintenant, c'est sûr : je suis une fille.

24 juin : Tous mes organes se dessinent. Je peux sentir la douleur.

6 juillet : J'ai des cheveux et des sourcils. Cela me rend jolie.

8 juillet : Mes yeux sont finis depuis longtemps, même si mes paupières sont encore fermées. Bientôt je pourrai tout voir : le monde si grand et si beau et, par-dessus tout, ma chère maman qui me porte encore.

18 juillet : Mon cour bat magnifiquement. Je me sens protégée et je suis heureuse.

20 juillet : Aujourd'hui, maman m'a fait mourir. (Tiré du livre du Dr S. Saltzmann, Et Dieu donna la vie, éd. LLB, p. 106-107).

Le massacre des innocents

Ils sont en France 220'000 par an dans ce cas. Éliminés à peine conçus, ils n'ont pas franchi la première étape de la vie : la naissance. Ni désirés, ni attendus, ils ont débarqué au mauvais moment. Ils sont de trop, ils ne survivront pas.

Conçu aujourd'hui, Jésus aurait couru le même risque. Malcom Muggerdidge l'exprime en ces termes : « La grossesse de Marie, dans des conditions aussi précaires et en l'absence de père, aurait fait d'elle une candidate tout indiquée pour un avortement » (cité par Philip Yancey dans Ce Jésus que je ne connaissais pas, éd. Farel, p.28-29). Orientée vers les services du planning familial, elle aurait peut-être eu droit à ce discours :

- Vous avez voulu  cet enfant ?

- Non !

- Qu'allez-vous faire de lui ? Vous n'allez pas le garder ?

- Je ne sais pas.

- Vous êtes encore jeune ! C'est une erreur de parcours qui peut être effacée !

- Mais cet enfant que je porte vit !

- Vous savez, l'embryon n'a pas de statut. On ne peut pas encore dire qu'il soit un être vivant !

Plus vite vous interromprez votre grossesse, mieux ce sera. Pensez à vous-même et à votre avenir !

- !

- Alors, on le prend, ce rendez-vous ? Vous verrez, tout se passera bien ! Ce n'est pas douloureux  et, à votre âge, on oublie vite.

Chaque vie est sacrée

« Notre cinquième enfant, Maxime, est né huit ans après Florine, notre seconde fille atteinte de myopathie. À la nouvelle de cette grossesse, la gynécologue a demandé à ma femme ce qu'elle comptait faire. Le risque que notre garçon soit malade était réel. Des examens prénataux auraient pu nous révéler son état de santé. Nous les avons refusés. Qui sommes-nous pour décider qui doit vivre ou non ? Maxime est né en bonne santé. L'avortement nous aurait privés de la joie que sa venue a procurée à toute la famille ! » (Le handicap des bien-portants, Radio Réveil, BP 310, FR-18007 Bourges cedex)

2.  Dieu et la vie

Heureusement, Jésus est né ! Sa naissance, décidée par Dieu, atteste deux choses au sujet de la condition humaine :

Dieu est l'Auteur de la vie, pas l'homme !

Chaque créature est le fruit de la volonté divine. Elle correspond à un projet personnel et précis. Le roi David a écrit : « Mon corps n'était pas caché à tes yeux quand, dans le secret, je fus façonné et tissé comme dans les profondeurs de la terre. Je n'étais encore qu'une masse informe, mais tu me voyais et, dans ton registre se trouvaient déjà inscrits tous les jours que tu m'avais destinés alors qu'aucun d'eux n'existait encore » (Ps 139.15-16).

Dieu a droit de vie et de mort sur l'être humain, pas l'homme ! 

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Chaque vie est sacrée, y compris celle qui est en formation. Dans la pensée de Dieu, celui qui attente à la vie d'un embryon en est pénalement coupable.

La Bible donne un exemple à ce sujet : « Si des hommes, en se battant, heurtent une femme enceinte et causent un accouchement prématuré, mais sans qu'il y ait d'autre conséquence grave, l'auteur de l'accident devra payer une indemnité dont le montant sera fixé par le mari de la femme et approuvé par arbitrage. Mais s'il s'ensuit un dommage, tu feras payer vie pour vie, oil pour oil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied » (Ex 21.22-24).

3.  La famille de Jésus

Le témoignage des Évangiles sur l'enfance de Jésus est succinct. Contrairement à une idée reçue, il n'est pas resté enfant unique dans le foyer de Marie et de Joseph. Alors que Jésus enseigne à Nazareth, ses contemporains s'étonnent : « D'où tient-il cette sagesse et le pouvoir d'accomplir ces miracles ? N'est-il pas le fils du charpentier ? N'est-il pas le fils de Marie, et le frère de Jacques, de Joseph, de Simon, de Jude ? Ses sours ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D'où a-t-il reçu tout cela » (Mat 13.54-56). Jésus a donc au moins eu quatre frères et deux sours.

Faire de Marie une femme définitivement vierge est :

- culturellement inacceptable.

Quel sens le mariage de Marie et de Joseph a-t-il sans la possibilité de créer une famille ? La Bible dit : « Des fils : voilà bien l'héritage que donne l'Éternel, oui, des enfants sont une récompense » (Ps 127.3). Dans la culture juive de l'époque de Jésus, une famille nombreuse est signe de bénédiction. Que Marie, choisie par Dieu pour porter son Fils, devienne mère de beaucoup d'enfants, n'est qu'un juste retour des choses.

- bibliquement incorrect.

L'évangéliste Matthieu est précis. Marie est bien vierge lorsque Jésus est conçu en elle. Elle le restera jusqu'à sa naissance. Troublé par la grossesse de sa fiancée, Joseph reçoit en songe  la visite d'un ange qui le rassure sur l'origine de ce qui se passe en Marie. «À son réveil, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait commandé : Joseph prit sa fiancée pour femme. Mais il n'eut pas de relations conjugales avec elle avant qu'elle ait mis au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus » (Mat 1.24-25).

Dieu donne toujours plus qu'il ne réclame : il y a quelque chose d'injuste à imaginer que Dieu exige de Marie et Joseph, légalement mariés, de rester indéfiniment vierges. Jusqu'où, dans l'expression de son amour pour sa femme, Joseph a-t-il le droit d'aller ? Lui est-il permis de l'embrasser ? Peut-il la caresser ? Que doit-il faire de ses désirs d'homme ? Pourquoi Dieu insiste-t-il tant auprès de Joseph pour qu'il épouse Marie si, par la suite, il lui interdit de s'unir à elle ?

Selon l'apôtre Paul, Dieu n'impose jamais une épreuve qui soit au dessus des forces humaines (1 Cor 10.13). Il ne peut exiger telle chose du couple qu'il a choisi comme foyer d'accueil pour son Fils. Dieu donne toujours beaucoup plus qu'il ne réclame. La virginité perpétuelle de Marie ne peut être que le fruit d'une imagination pervertie. Elle n'est pas digne de Dieu.

- historiquement en voie d'être infirmé.

Plus que toute autre discipline, l'archéologie a contribué à crédibiliser la Bible. Des dizaines de découvertes ont permis d'exhumer des documents confirmant l'exactitude de nombreux récits concernant des lieux, des civilisations ou des personnages dont la Bible parle. La dernière trouvaille en date est celle de l'ossuaire de Jacques. En 2002, André Lemaire, directeur d'études à l'École pratique de la Sorbonne, annonce une nouvelle stupéfiante : la découverte d'un ossuaire du 1er siècle portant l'inscription suivante en langue araméenne : « Jacques fils de Joseph, frère de Jésus ». Elle serait, selon les spécialistes, la première preuve épigraphique de l'existence du Christ et de son lien de parenté direct avec Jacques. Le débat fait rage. L'inscription est-elle authentique ou un rajout tardif ? (RevueChristianisme aujourd'hui, sept 2003).

Pour les lecteurs honnêtes de la Bible, cette découverte n'est pas nécessaire à leur foi. Elle confirme cependant un écrit de Paul : « Ce n'est que trois ans plus tard que je suis allé à Jérusalem pour  faire la connaissance de Pierre, chez qui je suis resté quinze jours. À part lui et Jacques, le frère du Seigneur, je n'ai rencontré aucun apôtre » (Gal 1.18-19).

Note de la rédaction : Devant l'importance que l'Écriture accorde à la vie humaine, à la femme comme à l'homme, au mariage et à la famille, sommes-nous prêts à considérer que dans tous ces domaines, Dieu doit conserver la haute main ? Son honneur et notre bonheur sont les enjeux de la bataille pour la vie.mais c'est aussi tout l'avenir de nos sociétés qui est suspendu au respect des dispositions divines. Mépriser ces dernières, c'est courir à la ruine et encourager la mort.

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LES CONTROVERSES DOCTRINALES (4) de 312 à 590 après J.-C.

8 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Scott McCARTY

I. Introduction

Une lecture, même rapide, du N.T. peut nous convaincre qu’une saine doctrine est essentielle et les premiers chrétiens tenaient à la Vérité. La doctrine détermine le contenu du salut et elle influence la conduite quotidienne. Après un calme doctrinal relatif pendant les trois premiers siècles, le Corps de Christ a été secoué par des discussions âpres au sujet du contenu de la doctrine biblique :

1) Comment Christ, le Fils de Dieu, est-il lui-même Dieu (la doctrine trinitaire), en même temps homme et Dieu (la doctrine de la personne de Christ) ?
2) Comment distinguer le Père du Fils sans nier la vraie humanité, ni la vraie divinité absolue du Fils ? Les meilleurs penseurs et théologiens s’y sont penché pendant 125 années (de 325 à 451).

L’hérésie consiste souvent, au départ, à s’accrocher avec ténacité à un aspect évident, mais incomplet, de la vérité biblique. Cet aspect, développé hermétiquement, est déformé jusqu’à compromettre l’équilibre de toute la saine doctrine. En relisant cette histoire doctrinale, si complexe et subtile - où même parfois l’incompréhension et la violence dominaient - je suis émerveillé par la manière dont les doctrines du N.T. se sont imposées. Chaque protagoniste se servait de la Bible pour affirmer « sa vérité ». Où est La Vérité ? Sans la ténacité de certains érudits éclairés par le Saint-Esprit quant à l’enseignement du N.T., le christianisme aurait sombré dans le marasme hérétique : les vérités concernant le Christ, la rédemption, le salut par la grâce, la vie éternelle auraient été irrémédiablement perdues. Nous devons remercier Dieu pour le contrôle qu’il a exercé sur l’élaboration de la doctrine dans cette période.

L’orthodoxie a été définie par les travaux exténuants des quatre premiers Conciles, appelés « œcuméniques » (= généraux), où étaient représentés les chrétiens de tout l’Empire, et tenus sous les auspices des empereurs romains (!) : les conciles de Nicée (325), de Constantinople (381), d’Éphèse (431) et de Chalcédoine (451). Seul un survol en est possible ; mais il vaut la peine de lire les textes qui y ont été élaborés pour saisir pourquoi ils ont tenu à l’orthodoxie doctrinale, comme nous le faisons aujourd’hui.

II. Les Quatre Conciles.

A. Le Concile de Nicée (325)

Arius, ancien d’une église d’Alexandrie en Egypte, veut à tout prix sauvegarder les privilèges du Père au sein de la Trinité, car Lui seul est éternel, souverain, incréé, selon Arius. Il affirme : puisque le Fils de Dieu a été créé par la volonté et la puissance du Père, il n’est donc pas de la même « substance » que le Père. Donc, Christ est une créature qui s’est développée humainement avec ses propres faiblesses ; il n’est pas Divin, car seulement similaire au Père, mais différent de lui, quant à sa nature. Le Logos (le Fils de Dieu) remplace l’âme humaine de Jésus ; le Logos habite le corps de Christ, mais il a soigneusement évité de s’identifier avec la nature humaine complète. Le Fils est subordonné dans sa nature au Père.

Cet enseignement hérétique plaît beaucoup aux ex-païens « convertis » ( ?), parce qu’il ressemble au gnosticisme qui affirme que Dieu (=le Père) règne seul entouré d’êtres moins importants mais au service de Dieu vis-à-vis des humains. Même les vrais convertis ont de la difficulté pour comprendre que le Logos ( la Parole, Jean 1.1) existe éternellement en tant que l’égal du Père ! Les vues d’Arius étaient très populaires, parce que sa prédication était prisée, et il savait gérer les relations publiques ! Il a écrit des chansons appréciées qui véhiculaient ses erreurs ! Les idées de « La Tour de Garde » (Témoins de Jéhovah) sont un type d’arianisme moderne.

Après bien des débats « animés », le Concile réuni à Nicée (Iznik, Turquie), adopte le Credo suivant :

« Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant, Créateur de tous les êtres visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui à cause de nous les hommes et à cause de notre salut est descendu et s'est incarné, s'est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel, viendra juger les vivants et les morts ; et en l'Esprit Saint.

Ceux qui disent : "Il était un temps où il n'était pas" et : "Avant d'avoir été engendré, il n'était pas" et qu'il est devenu à partir de ce qui n'était pas, ou d'une autre hypostase ou substance, ou qui affirment que le Fils de Dieu est susceptible de changement ou d'altération, ceux-là l'Église catholique et apostolique les anathémise. »

Le Corps de Christ avait toujours cru en la Trinité, laquelle est biblique, et l’a confessée dans la formule trinitaire (Mat 28.19). Le Fils est entièrement Dieu existant éternellement en la même « substance » que le Père et l’Esprit, car Dieu est UN, présent en trois révélations personnelles - Père, Fils, et Saint-Esprit - , tous égaux en la même essence et en actions. Dieu est Un en Trois et Trois en UN. Il n’existe ni trois dieux ni un Dieu divisé en trois tiers. Toute connaissance biblique du Père est acquise en Christ par l’Esprit-Saint. Notre salut dépend de la connaissance du vrai Dieu trinitaire révélé dans le N.T. «La Définition» de Nicée fut la norme pour toutes les autres définitions conciliaires futures.

B. Le Concile de Constantinople (381)

Qui est Jésus-Christ ? Tous les chrétiens n’avaient pas la même conviction !

Appollinarius, un pasteur de Laodicée (en Turquie actuelle), nie que Christ possède un esprit humain. Il affirme : Christ a été dépossédé de son esprit par le divin Logos, ce dernier étant un homme céleste préexistant ! Il est impossible que deux natures, divines et humaines cohabitent en une seule personne, donc Christ n’est ni entièrement Dieu, ni entièrement homme, mais une combinaison des deux. (Appollinarius voulait pour résoudre ce dilemme que Christ sauve des hommes, et pour cela Christ n’ait eu qu’une seule nature, la humaine, selon lui ).

Après délibération, le Concile a publié le Credo suivant :

« Nous croyons en un Dieu, Père tout?puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles ; et en un Seigneur Jésus?Christ, le Fils unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel (?µ???s??? (homoousios) au Père, par qui tout a été fait, qui pour nous, les hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux, par le Saint Esprit s'est incarné de la Vierge Marie, et s'est fait homme ; il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, est monté aux cieux ; il siège à la droite du Père et il reviendra en gloire juger les, vivants et les morts ; son règne n'aura pas de fin ; et en l'Esprit Saint, le Seigneur, qui vivifie, qui procède du Père, qui avec le Père et le Fils est conjointement adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes, et en une Église sainte, catholique{= universelle}, et apostolique. Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen. »

Il est évident que l’évangélique ne peut accepter l’avant-dernière phrase de ce « symbole ». Elle n’est pas biblique : le pardon des péchés vient par la repentance du péché et par la foi en Christ, et non par le baptême d’eau.

Ce Concile affirme

1) l’unité de la Trinité,
2) la pleine divinité de Christ,
3) la nature humaine complète, mais sans péché, de Christ permettant ainsi à Jésus-Christ de racheter le corps-l’âme-l’esprit de l’individu,
4) la divinité et l’égalité du Saint-Esprit.

Le problème de la relation entre la nature divine et la nature humaine en Christ n’y est pas totalement solutionné, mais l’Église va dans la bonne direction : Dieu a été manifesté en chair. Ce concile réaffirme, puis élargit le « Symbole de Nicée ».

C. Le Concile d’Éphèse (431)

La bataille pour l’orthodoxie doctrinale biblique continue entre 381 et 431. Le sommet, sur le plan de l’explication théologico-biblique dans certains domaines importants, y est atteint à Éphèse.

Nestorius, prédicateur fameux et grand évêque à Constantinople, s’est opposé hardiment à l’emploi populaire de « Marie, Mère de Dieu », dans le culte des églises. Combien il avait raison de le faire ! Or, en condamnant cette appellation, il employait des mots qui faisaient croire que Christ était composé de deux personnes ! Il ne nie pas la divinité de Christ, mais en accentuant tellement la réalité et l’intégrité de son humanité, il parle d’une « conjonction » morale ou d’une fonte de deux volontés plutôt qu’une union essentielle des deux natures. Il refuse de reconnaître la participation de la nature divine dans les actes et les souffrances de l’homme Jésus. Il considère Jésus-Christ comme un composite de deux personnes distinctes, divine et humaine ; selon lui, Jésus-Christ a eu deux personnalités distinctes. Dieu résidait en l’homme Jésus ; Jésus n’a été que le « véhicule » qui portait le passager Dieu. Jésus et Dieu (le Père) sont de très bons amis ! Cette conception met en danger l’unité théanthropique (Dieu-homme) de la personne et de l’œuvre de Christ. De plus l’œuvre de la rédemption est affaiblie, compromise.

Nestorius est condamné par le Concile d’Éphèse. Ce concile affirma sa foi en la « Définition » de Nicée, mais fait étrange, il n’a promulgué ni « définition=symbole », ni canons doctrinaux. Le concile exprima sa pensée positivement en approuvant solennellement une lettre écrite par l’imminent théologien d’Alexandrie, Cyrille. En voici l’explication essentielle :

La nature divine du Verbe n’a subi aucun changement en S’incarnant, car Il S’est uni selon l’hypostase (« l’être réel », cf., Héb 1.3) une chair (sans péché), animée d’une âme raisonnable, par laquelle Il est appelé Fils de l’homme. Les deux natures différentes ont fait une unité véritable, un seul Christ et un seul Fils. La différence des natures n’a pas été supprimée par l’union. On croit en un seul Christ, le Seigneur, donc nous n’adorons pas un homme avec le Verbe ; nous adorons un seul et même Christ. Refuser l’union selon l’hypostase serait dire qu’il existait deux fils, deux personnes. L’Ecriture ne dit pas que le Logos S’est uni à l’apparence (prosopon) d’un homme, mais qu’Il S’est fait chair. Une seule personne donc (Jésus-Christ, Dieu-homme) est morte et ressuscitée.

Le Christ est Dieu et homme, une seule personne en deux natures, divine et humaine (sans péché). Malheureusement, le terme « Marie, Mère de Dieu » y est reproduit ; le faux terme signifie que Marie a créé Dieu ! Marie est seulement « la mère du Seigneur » (cf. Jean 2.1 ; Act 1.14).

Nestorius est exilé par l’Empereur en 431 et meurt en 439. Le Nestorianisme est éradiqué assez rapidement dans l’Empire, mais il se perpétue parmi les chrétiens en Iran, se répandant jusqu’aux Indes et en Chine au 7ème siècle ! Cette conception de Christ existe aujourd’hui en Arménie, en Iraq (sous le nom de « chaldéen » ; le Premier Ministre actuel (Tariq Aziz) du dictateur Saddam Hussein est un « chaldéen » !).

Malheureusement Mahomet a reçu sa connaissance, très imparfaite, au sujet de Christ d’un moine nestorien ! D’ailleurs, l’Islam a protégé et a permis la propagation de nestorianisme pendant des siècles !

D. Le Concile de Chalcédoine (451)

L’enseignement d’Éphèse n’a pas tout réglé : Après la mort de Cyrille en 444, certains théologiens d’Alexandrie propagent l’hérésie du « monophysisme » (= une seule nature, la Divine, en Christ ) afin de contrer la vérité des deux natures élaborée 20 années plus tôt à Ephèse. En Christ, selon eux, il n’y a qu’une nature, l’humaine absorbée par la divine. Ainsi, le Logos, Christ, possède les attributs humains sans avoir eu la nature humaine, car la nature humaine de Jésus est assimilée et divinisée par la Parole (Jean 1.1). Ainsi, le corps de Christ est rendu divin et incorruptible !

La réaction ne tarde pas à venir pour combattre l’hérésie qui supprime la vraie humanité de Jésus-Christ. Si Christ n’est pas réellement humain mais sans péché, Ses souffrances, Sa Mort et Sa résurrection n’ont plus de valeur réelle. Le Concile de Chalcédoine définit théologiquement en peu de mots la relation entre l’humain et le divin en Jésus-Christ :

" Suivant donc les saints Pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché, avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et pour notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité, un seul même Christ, Fils du Seigneur, l'unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des deux natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt sauvegardée et concourant à une seule personne et une seul hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais en un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus-Christ".

Jésus-Christ est parfaitement Dieu et homme, étant de la même substance que le Père et de la même substance que l’homme, sans péché. Ces deux natures, divine et humaine, sont unies sans être mélangées ni transformées ni divisées ni séparées. L’erreur, « Marie, Mère de Dieu » est encore incluse !

Le Symbole de Chalcédoine crée immédiatement une énorme division dans la chrétienté qui dure jusqu’au 21ème siècle ! Les « chrétiens » d’Égypte (coptes), d’Éthiopie, ceux de Syrie (2 groupes), et d’Arménie n’ont pas accepté « Chalcédoine », car ils voulaient rester monophysites (une seule nature). Sont-ils sauvés selon le N.T. ? Dieu est seul juge, mais il me paraît logique de croire qu’il faudrait le « bon » Sauveur biblique pour être sauvé.

III. Un Résumé.

Les grandes branches du protestantisme évangélique apprécient ces 4 Conciles pour leurs formulations de la vérité biblique touchant à toute la personne de Jésus-Christ :

1) Le Credo de Nicée (325) a été rédigé afin de réfuter la prétention arienne que le Fils de Dieu aurait seulement été le sommet de la création de Dieu, et donc, différent en tout aspect du Père. Le Credo affirme l’unité de Dieu en insistant que Christ est de la même « substance » que le Père et éternel comme lui. Le Saint Esprit, lui aussi, est Dieu au même titre.
2) Le Credo de Constantinople (381) est calé sur celui de Nicée, mais avec des additions très importantes ; les historiens les regroupent jusqu’à appeler celui de Constantinople (plus complet) « le Credo de Nicée » (le premier et le plus connu) !
3) Le Credo d’Éphèse (431) déclare que les deux natures, divine et humaine, sont distinctes, chacune ayant ses propres caractéristiques, quoique unies en une seule personne, Jésus-Christ.
4) Le Credo de Chalcédoine (451) atteste que Christ, quant à sa divinité, est consubstantiel avec le Père et consubstantiel avec l’humanité dans son humanité parfaite ; de plus la divinité et l’humanité de Christ existent ensemble sans mélange, ni changement, ni division, ni séparation.

IV. La Conclusion

Des credos bibliques, et parfois d’autres, ont toujours eu des fonctions multiples :

- L’emploi dans le contexte baptismal (Matt 28.19 ; Act 8.37 ).
- Un rôle de bases pour l’instruction dans les essentiels de la FOI biblique et chrétienne. Leur concision aide les convertis à les mémoriser (Rom 1.4 ; 10.9-11 ; 1 Cor 15.3-4 ; Phil 2.6-11 ; 2 Cor 13.13 ; 1 Tim 3.16 ; etc.).
- Un rôle pour encadrer la bonne doctrine afin de contrer les hérésies.
- Leur place dans le culte, des siècles suivants, à la fin de la lecture des Ecritures où tous pouvaient confirmer leur attachement à la FOI biblique (toutes les doctrines qui font du christianisme ce qu’il est). Le seul danger ici serait la répétition mécanique pour les convertis et de la possibilité de tromper des perdus assistant au culte de se croire convertis si facilement en ne répétant que des mots!
- Le danger de composer un credo se révèle parfois dans sa rigidité formelle, complexe, et abstraite, car il peut devenir extensible à l’infini. Pire, les bien intentionnés, mais ignorants, les utilisent pour « filtrer » même la vérité des Écritures, portant, ainsi, des lunettes bien colorées pour voir seulement ce que l’on veut voir !

Apprécier le rôle joué dans le passé et l’utilité actuelle dans le domaine théologique des credos encourage la foi personnelle, nous protège des erreurs, et nous pousse vers l’étude plus approfondie de la Bible afin de connaître ses vérités pour nous-mêmes.

La prochaine grande étude de l’histoire de l’Église va couvrir la période de 590 à 1517, coupée en plusieurs mini-périodes à cause de sa richesse, de son enseignement, et de ses avertissements.

Lien : www.promesses.org

 

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LES DIX REGLES D'OR DU DIALOGUE

8 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Exhortation

LES DIX REGLES D'OR DU DIALOGUE

Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN1

1. Sachez écouter avec attention et ne répondre que lorsque votre conjoint a fini de parler.

" Celui qui répond avant d'avoir écouté, fait un acte de folie et s'attire laDialogue confusion" (Pr 18.13).
" Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère" (Jac 1.19).

2. Soyez lent à parler. Réfléchissez d'abord. Parlez de telle façon que votre conjoint comprenne bien ce que vous voulez dire.

" Le cœur du juste médite pour répondre, mais la bouche des méchants répand de la méchanceté (Pr 15.28)."Si tu vois un homme irréfléchi dans ses paroles, il y a plus à espérer d'un insensé que de lui (Pr 29.20).

3. Dites toujours la vérité, mais dans l'amour. N'exagérerez en rien.

" C'est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres (Eph 4.25). "Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres" (Col 3.9).

4. N'utilisez pas le silence pour frustrer votre conjoint. Expliquez-lui la raison de votre hésitation momentanée.

" Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur" (Eph 5.5-8).

5. Ne vous querellez point; n'oubliez pas qu'il est possible d'avoir un avis différent sans pour autant devoir se disputer.

" Commencer une querelle, c'est ouvrir une digue; avant que la dispute s'anime, retire-toi" (Pr 17.14).
" C'est une gloire pour l'homme de s'abstenir des querelles, mais tout insensé se livre à l'emportement" (Pr 20.3).

6. Soyez aimable dans vos réponses. Ne répliquez pas avec colère.

" Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, mais celui qui est prompt à s'emporter proclame sa folie" (Pr 14.29). "Une réponse douce calme la fureur. Mais une parole dure excite la colère" (Pr 15.1).

7. Sachez reconnaître vos torts et demander pardon.

" Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris" (Jac 5.16). "Supportez- vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autres, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez vous aussi" (Col 3.13).

8. Cessez de harceler votre conjoint de doléances. Evitez de l'agacer continuellement.

" Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher, mais celui qui retient ses lèvres est un hommes prudent" (Pr 10.19). "Celui qui couvre une faute cherche l'amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis" (Pr 17.9).

9. Ne critiquez pas votre conjoint et ne le blâmez pas, mais cherchez plutôt à l'encourager et à l'édifier.

" Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes" (Rom 12.17). "Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure; bénissez, au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction" (1 Pi 3.9).

10. Cherchez à comprendre, avant d'être compris. Soyez tolérant et prenez sincèrement à cœur les intérêts de votre conjoint.

" Ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ" (Phil 2.2-5).
" Marchez d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix" (Eph 4.1-3).

1 Extrait avec autorisation du livre MARIES ET HEUREUX de Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN, pages 98 - 101, Editions Compassion FR-73190 Saint-Baldoph, e-mail: ass.compassion@wanadoo.fr ; site web: www.compassion-France.com . Nous recommandons ce livre.

Lien : http://www.promesses.org/arts/144p23f.html

 

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LES DEUX AVENEMENTS

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Henri Blocher 

24 Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. 25 Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire mais pour offrir un autre sang que le sien ; 26 autrement, il aurait fallu qu’il ait souffert plusieurs fois depuis la création du monde; mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour effacer le péché par son sacrifice. 27 Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, 28 de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut.  (Hébreux 9.24-28)

Lorsqu’on évoque l’avènement de Christ, on pense plus naturellement à son retour en gloire. Or le dernier verset d’Hébreux 9 souligne la dualité de l’avènement de Jésus : il est venu et il reviendra. Entre les deux avènements, il y a des ressemblances et des différences, dont nous allons exposer brièvement la portée pour nous.

Des différences

Une venue pour les péchés et une venue sans péché

L’auteur de l’Épître aux Hébreux met l’accent sur le contraste entre la première venue de Christ « pour les péchés » et sa seconde venue, « sans péché ».

• Le premier avènement a eu comme objet principal, sinon unique, le traitement du problème du péché. L’ange l’avait d’ailleurs expliqué dès la communication du nom que le Sauveur devait porter : « Tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mat 1.21) Le péché, d’après l’attestation scripturaire constante, est le problème entre Dieu et les hommes, entre les hommes entre eux et à l’intérieur de la propre nature des hommes. Le péché est le détournement dont nous nous sommes rendus coupables à l’égard de Dieu en lui refusant la reconnaissance (dans son double sens de gratitude et de confession) de sa souveraine bonté. Or notre tendance spontanée est d’esquiver le péché et de reporter sur quelque autre facteur la causalité de ce qui ne va pas dans notre monde et en nous-mêmes. Nous cherchons de fausses excuses et écartons la pointe de l’accusation. Cette tendance apparaît dès l’aube de l’histoire humaine et elle est toujours vivace. Il me semble que notre culture contemporaine accroît encore la force de cette tentation.

Le péché est donc la réalité qu’il fallait traiter en priorité pour que la situation de l’humanité par rapport à Dieu puisse être améliorée. L’heure pour laquelle Christ est déjà venu est celle de la croix, la croix sur laquelle il a ôté le péché du monde. Les Évangiles sont en quelque sorte des préfaces pour le récit de la croix qui y tient une place majeure, tout à fait à l’opposé des traditions littéraires des biographies de l’Antiquité. Et cela parce que Jésus-Christ est venu « pour le péché ».

Une grave dérive menace la foi évangélique lorsque le péché, avec la solution apportée par la croix à ce problème, cesse d’être au centre de la prédication. Si l’exemple de Jésus-Christ est mis avant son œuvre pour nous, si l’incarnation devient plus centrale que l’expiation, ce n’est déjà plus tout à fait la bonne nouvelle qui retentit ; la dérive est indubitable. C’est comme si le problème majeur était la différence entre la nature divine et la nature humaine, la distance entre le ciel et la terre. Or cette distance existait déjà en Éden, dans l’harmonie du premier rapport que Dieu avait institué par sa création ; ce n’était pas et ce n’est pas en soi un problème. Le vrai problème est le mésusage et l’abus de sa liberté qu’a fait la créature : le péché.

• Le second avènement sera « sans péché » (litt.). Cette mention signifie d’abord la pleine et définitive efficacité de la croix. C’est « une fois pour toutes » que Jésus-Christ a porté les péchés. « Tout est accompli » à cet égard, comme il l’a crié lui-même. Et s’il revient « sans péché » (9.28), c’est qu’il n’y a plus de problème du péché à résoudre. Il y a apporté, en donnant sa vie, en versant son sang, une solution définitive, sans besoin d’aucun complément ou d’aucune répétition. Le mal est déjà totalement vaincu. Le second avènement inaugurera la manifestation de cette victoire déjà acquise. Il sera possible à ce moment-là de voir toute la portée de la croix, qui a commencé à être mise en évidence par la résurrection et qui continue de l’être dans la vie de ceux qui reçoivent l’Esprit du Ressuscité. Mais la pleine élimination du mal — nous le savons assez ! — doit attendre le second avènement.

Il me semble que ce que l’Écriture nous révèle — si solennellement que nous ne pouvons pas l’atténuer — du châtiment éternel qui attend ceux qui se seront fermés à cette bonne nouvelle, doit être compris d’une façon qui respecte la plénitude de la victoire remportée lors de la première venue de Jésus-Christ. Rien ne soutient, dans l'Écriture, l'idée, devenue assez commune, que les réprouvés grinceraient des dents contre Dieu, qu'ils persisteraient ainsi dans la révolte et la porteraient au paroxysme. Au contraire, le temps de la patience passé (cette tolérance inouïe de Dieu), ils ne peuvent plus narguer le Seigneur par qui seul ils ont l'être, ils ne peuvent plus pécher. En subissant leur jugement, ils satisfont la justice divine — qu'ils reconnaissent désormais, comme l'enseignent Phil 2.11 et Col 1.20 (où la « réconciliation » ne signifie pas le salut mais la remise en ordre pacifiée : la fin de la guerre par la totale victoire de Dieu). Le grincement des dents doit sans doute être compris du remords total qui est le leur<sup<1< sup="">.</sup<1<>

Une venue en faiblesse et une venue en puissance

• À cause de sa mission d’Agneau de Dieu portant les péchés du monde, Jésus-Christ est venu en faiblesse, dans la misère. Il a renoncé à faire usage contre ses ennemis de sa puissance royale. Il s’est abstenu d’engager les légions d’anges qui étaient à sa disposition pour sortir du mauvais pas (Mat 26.54). Jésus a choisi la voie de la pauvreté ; il est venu pour servir et donner sa vie.

• Mais sa seconde venue sera dans sa gloire. L’éclat de son avènement foudroiera l’adversaire : « Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. » (2 Th 1.7-8) « Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile. » (Apoc 2.27)

À cause de la forme qu’a prise la première mission de Jésus-Christ, certains s’imaginent qu’il faut renverser le concept de pouvoir. Comme ce concept n’est pas bien reçu parmi les intellectuels de notre génération, ils saisissent l’occasion de suggérer que l’humilité de Jésus lors de sa première venue représente un refus du pouvoir comme tel. Or la lecture de l’ensemble du N.T. ne soutient pas cette vue. Si Jésus-Christ est venu dans la faiblesse, non pas pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui (Jean 3.17), sans faire usage de sa force, c’était la sagesse mystérieuse et cachée du Seigneur pour l’expiation des péchés. Après cela, il a dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Mat 28.18) Et il exercera ce pouvoir lors du second avènement. Son exercice sera un service, car il usera de sa force pour le bien. Mais ce n’est pas un changement du concept : c’est une voie mystérieuse, unique, que la sagesse inouïe de Dieu a conçue pour que le mal commis envers le Saint et le Juste soit la victoire même sur le mal.

Une venue voilée et une venue visible

• Une autre différence concerne la façon dont il « apparaîtra » (litt. « sera vu »). Certes Jésus a bien été vu par ses contemporains lorsqu’il a prêché aux foules, guéri des malades, circulé sur les routes de Galilée… Mais son humilité même, sa chair faible, ont été comme un voile pour la plupart de ses contemporains — et même une occasion de chute. De sorte qu’ils n’ont pas vu qui il était réellement.

• En contraste, lors du second avènement, il « sera vu » dans sa gloire de Fils de Dieu, Seigneur des seigneurs et Roi des rois. Il sera vu, là où il n’avait été qu’entrevu par certains à qui cela avait été donné. « Ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux », a dit Jésus à Pierre quand ce dernier a eu l’intuition juste de la véritable identité de Jésus (Mat 16.17). La plupart se sont achoppés à l’apparence. Nous-mêmes le voyons par le regard de la foi, mais cette vue est à travers bien des brumes et des obscurités. Nous l’aimons quand même, sans l’avoir vu (1 Pi 1.8). La foi n’est pas encore la vue. Le second avènement sera enfin la vision vers laquelle nous languissons : « Nous le verrons tel qu’il est » dans sa gloire (1 Jean 3.2). « Tout œil le verra » (Apoc 1.7) mais Hébreux souligne qu’il sera vu en particulier de ceux qui l’attendent pour leur salut, qui ne l’auront jusque là qu’entrevu par la foi et qui seront comblés par la vision qui leur sera accordée. C’est là notre espérance. Un chant d’enfant dit : « Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus ». Un brave chrétien se trompait et chantait : « Je sais qu’un jour mes yeux verra Jésus ». Sans le vouloir, il énonçait une profonde vérité : « Jésus verra nos yeux. » Non seulement nous le verrons de nos yeux, mais lui aussi plongera son regard dans nos yeux à nous et nous dira peut-être, comme Pascal l’imaginait : « J’ai versé telles gouttes de sang pour toi.

Des ressemblances

Au-delà des différences entre les deux avènements, il y a aussi des ressemblances qui méritent d’être soulignées.

Deux venues personnelles

Jésus est venu dans notre temps et dans notre espace, comme un individu humain, avec un corps. Il reviendra comme un individu humain. Notre espérance est l’attente d’une venue corporelle et personnelle de Christ.

Ne réinterprétons pas ce qui est dit du futur avènement comme un symbole réconfortant qui pourrait orienter la vie, mais qui n’aurait pas de réalité littérale. Son retour n’est pas un mythe, une figure de style : c’est celui de l’homme Jésus.

Deux venues au temps fixé par le Père

La première venue de Christ a eu lieu à un moment bien défini de l’histoire. Les promesses se sont accomplies selon le calendrier de Dieu. Son second avènement aura lieu à un moment tout aussi défini, que Jésus, dans les jours de son humiliation, a déclaré ne pas connaître lui-même (Mat 24.36).

Hébreux 10.38 interprète les versets d’Habakuk 2 en marquant un temps fixé : « Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. » La vision se réalisera finalement par l’avènement de Jésus. Nous devons attendre ce temps fixé avec la patience et la persévérance de la foi (« le juste vivra par la foi »), même s’il paraît tarder.

Il en fut de même pour le premier avènement. Certaines prophéties pouvaient laisser penser que la venue du Messie aurait lieu beaucoup plus tôt : par exemple, à la lecture d’Ésaïe 40 à 66, il ne semble pas que les deux serviteurs de l’Éternel — Cyrus et le vrai Serviteur qui va libérer spirituellement le peuple — soient séparés par plus de cinq siècles ! Au calendrier de Dieu, il y avait là un espace de temps qui n’était pas spécifiquement indiqué dans les prophéties d’Ésaïe. Il faut attendre Daniel 9 pour le comprendre. Ceux qui attendaient le Messie ont donc dû patienter, rester fermes dans la foi.

Plusieurs paraboles du Seigneur avertissent que le laps de temps entre les deux avènements pourra paraître long. Pierre parle de « moqueurs » qui railleront ce délai. Après presque 2000 ans, nous constatons la nécessité de la patience. La victoire est acquise ; nous avons une pleine assurance de cette seconde venue « sans péché », mais nous ne maîtrisons pas le calendrier. Nous avons à nous placer dans la même attitude que ces croyants qui, sur la base des promesses de l’A.T. attendaient le Messie.

Dans ce temps de patience, des « signes » nous sont donnés. Ils ont commencé à être visibles dès la génération du premier siècle : « Cette génération ne passera point, que tout cela n’ait commencé à arriver. » (Mat 24.36) Ces signaux révèlent que notre vieux monde n’est qu’en sursis ; ils nous encouragent dans l’attente, sans nous fixer de date précise. Sans doute les verra-t-on s’intensifier au moment final ; mais il serait illusoire de prétendre connaître « le jour et l’heure ». Attendons avec confiance, en recevant les signes qui nous sont nécessaires pour faire face à l’adversité.

Le second avènement est proche et, comme les Juifs pieux qui attendaient « la consolation d’Israël » et vivaient d’une façon intègre, soyons de ceux qui attendent la venue glorieuse de notre Seigneur et Maître qui nous regardera avec amour face à face.

1 Pour bien entendre ce message de la fin du péché, je crois approprié de l'associer à un autre trait du châtiment éternel : la fixité de cette forme d'existence, selon qu'elle est seconde mort. 2 Blaise Pascal, Pensées, 553. 3 La vision qui doit venir chez Habakuk est interprétée par l’auteur d’Hébreux comme la venue d’une personne : « celui ». 4 Traduction littérale de l’aoriste ingressif du verbe « arriver ».

Lien :  http://www.promesses.org/arts/178p8.html

 

 

 

 

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ENTRONS DANS LE REPOS ! (HÉBREUX 4)

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

ENTRONS DANS LE REPOS ! (HEBREUX 4)

Philippe Calame

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1 Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. 
2 Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. 
3 Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, selon qu’il dit : Je jurai dans ma colère : Ils n’entreront pas dans mon repos ! Il dit cela, quoique ses œuvres aient été achevées depuis la création du monde. 
4 Car il a parlé quelque part ainsi du septième jour : Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres le septième jour. 
5 Et ici encore : Ils n’entreront pas dans mon repos !
6 Or, puisqu’il est encore réservé à quelques-uns d’y entrer, et que ceux à qui d’abord la promesse a été faite n’y sont pas entrés à cause de leur désobéissance, 
7 Dieu fixe de nouveau un jour — aujourd’hui — en disant dans David bien longtemps après, comme il est dit plus haut :Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs.
8 Car, si Josué leur avait donné le repos, Dieu ne parlerait pas après cela d’un autre jour. 
9 Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. 
10 Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes.11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance

Cette portion de l’Épître aux Hébreux nous présente le repos sous divers aspects et nous indique comment y entrer. Ce texte est complexe ; aussi traiterons-nous ces « repos » de façon thématique, sans suivre l’ordre précis des versets.

1. Le repos initial de Dieu

Dieu s’est reposé lorsqu’il a constaté la perfection de la création (4.3,10). Après avoir achevé son œuvre, le septième jour de la création, Dieu, pleinement satisfait, s’est reposé. Ainsi, dès le début, il a montré qu’il avait un repos à lui : « mon repos ». Non un repos solitaire, mais un contentement qu’il désirait partager avec l’homme, en pleine communion avec sa créature. Or, très rapidement, le péché d’Adam a troublé ce projet. Le contexte montre que la séduction du péché (3.13), l’incrédulité (4.2) et la désobéissance (4.6), barrent l’accès au repos de Dieu.

Après l’intrusion du péché, Dieu résolut d’entreprendre de nouvelles œuvres afin d’établir un nouveau repos pour les habitants de la terre. Sans remettre en cause le repos lié à la perfection initiale de la première création, Dieu œuvre donc pour susciter une nouvelle création : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille. » (Jean 5.17, Darby) Il le fait jusqu’à ce qu’il puisse inaugurer un repos sabbatique définitif.

2. Le repos historique pour Israël en Canaan

Dieu avait délivré son peuple de l’esclavage de l’Égypte, mais malgré les bons conducteurs choisis pour l’amener dans le repos, les Israélites furent nombreux à tomber dans le désert à cause de leur incrédulité, comme le prouvent ces paroles répétées : « Ils n’entreront pas dans mon repos ! »

Moïse, représentant de la loi, n’avait pu faire entrer le peuple en Canaan. Josué, au contraire, représentant de la grâce, l’y introduisit. Le pays promis offrait au peuple d’Israël une forme de repos, mais ce repos était incomplet (4.6) : les Israélites adultes sortis d’Égypte étaient tous morts dans le désert et seuls Caleb et Josué, hommes de foi, avaient pu entrer dans le pays promis. Ce repos était aussi imparfait (4.8) : la conquête du pays promis n’ayant pas été complète, de nombreux ennemis y subsistaient (Jug 1 ; 2). Au cours de son histoire, Israël a toujours dû batailler contre ses ennemis et s’est maintes fois détourné de Dieu. C’est ainsi que le repos d’Israël en Canaan n’offrit jamais qu’une pâle image du repos définitif de Dieu.

C’est pourquoi l’auteur de l’Épître aux Hébreux cite le Psaume 95, écrit par David environ 500 ans après l’introduction du peuple en Canaan sous Josué. Le « aujourd’hui » prononcé sous David prouve que le repos sous Josué n’a pas été définitif (4.7) et que Dieu a encore « aujourd’hui » un repos en réserve.

3. Le repos actuel et futur pour le croyant

Cet « aujourd’hui » sous David se prolonge jusqu’à maintenant : Dieu a déterminé un nouveau « jour », où les croyants peuvent et pourront entrer dans le repos. Ce dernier prend plusieurs formes.

a. Le repos de la conscience

Le repos de la conscience est obtenu par le sang de Christ à la croix. Ce sang délivre de la malédiction de la loi, du poids du péché et procure la paix avec Dieu. « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (4.3), ce repos qui découle de la foi en l’œuvre de Jésus à la croix. Mais ce n’est pas le seul repos dont il est question pour nous dans ce chapitre.

b. Le repos du cœur

Le repos du cœur est donné à ceux qui marchent dans la soumission à la volonté de Dieu, comme l’indique Jésus lui-même : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Mat 11.29-30) La paix de Dieu est liée à la foi que l’auteur de l’Épître nous invite à mettre en œuvre tout au long de notre chemin vers le ciel. Mais il y a encore un autre repos.

c. Le repos sabbatique futur

Ce « repos de sabbat » est le repos futur, éternel, dans la gloire à venir. L’auteur le rapproche du repos du septième jour de la création, mais il ne sera pleinement acquis que dans une période future, celle de l’aboutissement du plan de Dieu pour l’homme qui pourra enfin goûter « son » repos — c’est-à-dire le repos définitif de Dieu, dans la joie de son plan parfaitement accompli et la mise à l’écart de ses ennemis définitivement vaincus. Nous, les croyants, allons y entrer pour nous reposer de toutes nos luttes, de toutes nos tentations, de toutes nos douleurs (4.10). Ce repos sera l’aboutissement de notre chemin.

d. Entrons dans le repos !

Le repos dont il est question dans ce chapitre est donc à la fois un repos acquis et un repos à poursuivre. Nous y entrons (4.3 — verbe à l’indicatif), et nous sommes exhortés à y entrer plus avant : « Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos » (4.11 — verbe à l’impératif). Le repos est déjà notre part, mais pas encore pleinement nôtre.

Nous y sommes d’autant plus exhortés que l’exemple des désobéissants d’autrefois montre que tous ne l’atteignent pas (4.11b).

Pour entrer dans ce repos de Dieu, il faut marcher dans le chemin du Seigneur en accomplissant la volonté de Dieu, ce qui demande la mise de côté du « moi », le brisement de la propre volonté insoumise à Dieu. Cela demande aussi l’énergie fournie par l’espérance vivante d’être avec Christ dans le ciel. La foi s’empare des promesses de Dieu. Notre confiance est en Jésus, que nous n’avons qu’à suivre pour arriver à bon port, comme autrefois Israël devait suivre Josué. « Empressons-nous » de nous attacher à lui. Imitons ceux qui, par leur persévérance, ont hérité les promesses (6.12). Ne nous laissons pas décourager par ceux qui perdent espoir au milieu des difficultés, faute de foi (4.2). Alors nous pourrons déjà jouir, sans attendre le ciel, de la paix intérieure, prémices de ce repos.

4. Les trois ressources pour un vrai repos

Pour nous aider à entrer dans le repos, l’auteur place devant nous trois grandes ressources indispensables à notre voyage sur terre :

1. La parole de Dieu (4.12-13) : Elle nous aide à faire le point sur ce qui nous encombre et nous empêche d’avancer joyeusement vers le repos promis. Se placer dans la pleine lumière divine est une sécurité et un apaisement pour le croyant.

2. Le souverain sacrificateur (4.14-15) : La prêtrise de Christ nous aide à surmonter les difficultés de la vie sur terre que redoute notre faiblesse naturelle, et à offrir une louange digne de Dieu. Pour nous comprendre, Christ a pris part expérimentalement aux épreuves liées à la condition humaine sur terre. Ces tentations1 sont de deux ordres : les unes proviennent de nos limites physiques face aux obstacles placés sur notre route ; les autres sont liées aux sollicitations de Satan qui voudrait nous empêcher d’avancer vers le repos de la foi et nous faire douter de la fidélité de Dieu. Jésus a connu les unes et les autres (sans jamais pécher) et nous aide à les traverser.

3. Le trône de la grâce (4.16) : En nous approchant de ce trône, nous apprenons à connaître le cœur compatissant de Jésus. Nous y venons pour apporter à Dieu par lui nos chagrins, nos soucis, nos inquiétudes et attendons paisiblement le secours qu’il nous donnera, selon sa sagesse parfaite et son amour. Ainsi notre cœur entre dans le repos dès lors que nous lui remettons tout ce qui nous pèse.

1 Le même mot peut être traduit par « épreuve » ou par « tentation ».

 

Lien : http://www.promesses.org/arts/178p7.html

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JÉSUS, SUPÉRIEUR EN TOUT

22 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

JESUS, SUPERIEUR EN TOUT

Simon Mvondo

L’Épitre aux Hébreux nous montre la pleine suffisance de Jésus-Christ par rapport à tout ce qui peut tenter le chrétien de s’écarter de la voie de la foi. Les Hébreux étaient tentés de revenir au système de la loi de Moïse, comme beaucoup parmi nous sont tentés aujourd’hui de retourner vers le système du monde dans lequel nous vivions autrefois, lorsque nous étions morts dans nos offenses. L’auteur de l’Épître écrit pour les amener (et nous aussi) à considérer l’auteur de leur salut. Voyons donc ensemble ces quelques aspects qui montrent la supériorité de Jésus-Christ.

Jésus, la révélation ultime

Selon Hébreux 1.1-3, Jésus est la dernière révélation de Dieu aux hommes. Il est supérieur à toute autre révélation parce qu’il est la révélation finale. Il n’y a plus de révélation des Écritures après Jésus. Ce que les apôtres et les prophètes de l’Église nous ont communiqué, c’est la révélation de Jésus (Jean 16.12-15). D’ailleurs, le livre de l’Apocalypse est appelé « la révélation de Jésus-Christ ». Éloignons-nous donc de toute prétendue révélation hors des Écritures.

Il est aussi supérieur en ce sens qu’il est le reflet du Dieu invisible, « l’empreinte de sa personne ». Jésus n’a-t-il pas dit à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père » ? Lorsque Dieu, se révélant aux hommes, manifeste son Fils qui est Dieu, nous devons comprendre qu’il y n’y a plus rien à ajouter, plus rien de supérieur.

Jésus est supérieur aux anges

L’auteur de l’Épître donne les raisons pour lesquelles Jésus est supérieur aux anges dans le ch. 1 :

– Il a hérité d’un nom plus excellent que celui des anges parce qu’il est « Fils de Dieu » (1.4-5).

– Tous les anges l’adorent (1.6) et le servent (1.14). Dans les Évangiles, nous voyons que les anges vinrent le servir après la tentation (Matt 4.11) et que les démons se prosternaient devant lui (Marc 5.6).

– Par rapport aux anges, il est le seul être céleste à qui Dieu a dit : « Assieds-toi à ma droite », position unique auprès du Père.

– Ses ennemis sont son marchepied ; les anges n’ont pas cette prérogative. Nous devons donc nous éloigner du culte des anges et ne jamais prier les anges, car cela n’est pas conforme à l’enseignement de la Parole de Dieu.

Jésus est supérieur à Moïse

Les Juifs avaient une grande considération pour Moïse, mais l’auteur de l’Épître aux Hébreux leur montre que Jésus est supérieur à Moïse en ce sens que Moïse était dans la maison de Dieu comme serviteur, mais Jésus-Christ l’est comme Fils (3.5-6). Dans une maison, le fils est supérieur à l’esclave, ou même au domestique.

Jésus est supérieur à Aaron

Aaron était le grand prêtre d’Israël, selon les exigences de la loi de Moïse. Mais Christ est le grand prêtre selon Dieu. Aaron était le sacrificateur d’Israël, mais Jésus est le sacrificateur de toutes les nations de la terre (5.8-10). Les sacrifices d’Aaron ne contribuaient qu’à couvrir les péchés parce que le sang des animaux ne peut réellement ôter les péchés, mais le sacrifice de Jésus-Christ expie et ôte les péchés (10.4-14).

Ici, la leçon est qu’un homme, quel que soit son rang ecclésiastique, ne peut pardonner nos péchés ; et un sacrifice, quel qu’il soit, ne peut apaiser la colère de Dieu sur nous. Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». C’est lui qui a pu satisfaire les exigences de la colère de Dieu. C’est vers lui que nous devons nous tourner pour recevoir soit le salut, soit le pardon des péchés commis en tant qu’enfant de Dieu. Lorsque nous avons fait tort à quelqu’un en agissant mal envers lui, notre devoir est d’aller le trouver pour lui demander son pardon, en espérant que l’offensé sera d’accord de nous l’accorder. Lorsque nous offensons Dieu, et nous en repentons sincèrement devant lui, nous avons l’assurance qu’il nous relèvera, puisqu’il a déjà pourvu au moyen de réconciliation. En effet, bien avant notre naissance, la purification des péchés a été accomplie par l’aspersion du sang de la seule victime parfaite que le monde ait connue : Jésus-Christ.

Jésus donne une motivation supérieure dans la course de la foi

Après avoir donné des exemples de foi dans le ch. 11, l’auteur nous démontre dans le ch. 12 qu’une fois de plus, Jésus est supérieur lorsqu’il s’agit de trouver une motivation dans la course chrétienne. C’est en effet Jésus qui suscite la foi et la mène à la perfection.

Dans les difficultés, nous devons fixer nos yeux sur lui et sur son exemple de souffrance (12.2-4). Jésus nous encouragera lorsque nous nous souviendrons des expériences de peine et d’ignominie qu’il a endurées parmi les hommes. La leçon principale ici est que, même si nous pouvons être aidés par l’exemple de vie de foi d’autres croyants, le plus grand encouragement nous viendra en considérant la marche triomphante de Jésus. Ne nous décourageons pas de suivre Jésus-Christ, ne nous arrêtons pas à nos propres faiblesses ou au mauvais comportement que nous remarquons chez certains chrétiens ; cela ne nous excuse pas devant Dieu car il a donné son Fils Jésus pour nous amener à lui, en dépit de toute l’opposition imaginable.

Ce petit examen de la supériorité de Jésus en tout nous interpelle au plus haut point. Beaucoup de religions nous présentent des chefs ou des leaders, mais sachons que Jésus est supérieur à tous. D’autres chemins nous sont proposés pour nous amener au ciel, mais Jésus leur est supérieur : il est à la fois le seul guide et le seul chemin qui nous y amène véritablement. Si nous sommes tentés d’abandonner Jésus-Christ, nous n’avons qu’à considérer attentivement l’excellence de Jésus, et nous comprendrons que rien au monde ne peut nous satisfaire comme Jésus parce qu’il est l’auteur d’un salut éternel qui nous mène vers la perfection.

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PLEINEMENT DIEU, PLEINEMENT… FILS (HÉBREUX 1)

21 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Frédéric Mondin

« Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis. » (12.12) L’auteur veut raffermir la reconnaissance et la foi de judéo-chrétiens persécutés et tentés de délaisser le culte pour retourner à la première alliance. Celle-ci a été promulguée par les prophètes et — dans la tradition juive — par les anges. L’auteur va donc montrer la supériorité de Christ sur la première alliance, sur les prophètes et sur les anges.

Dieu a parlé deux fois (1.1-2)

Les auditeurs doivent rediriger leur foi dans la bonne direction. Or, la foi dépend de la considération portée à la révélation divine (Rom 10.17). C’est donc sur le contraste entre deux façons de la considérer que l’auteur commence. Il souligne le contraste entre la première révélation et la nouvelle, celle-ci étant, tout comme l’alliance, « plus excellente » (8.6).

Inachèvement de la première révélation (1.1)

Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes […]

Voici quelques caractéristiques de la première phase de la révélation divine :

• La première est close depuis longtemps (« autrefois ») : le dernier prophète en fut Malachie, plus de quatre siècles auparavant.

• La première est progressive (« à plusieurs reprises ») : Dieu l’a développée sur plusieurs siècles.

• La première est diverse (« de plusieurs manières ») : Dieu a employé plusieurs modes de communication pour transmettre la richesse de sa Parole (création, déluge, promesse à Abraham, prophéties, récompenses et punitions, sacrifices, etc.).

• La première était donnée essentiellement aux Juifs (« à nos pères »).

• La première a été communiquée par des intermédiaires (« par les prophètes »).

Perfection de la révélation par le Fils (1.2a)

Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils […].

• La nouvelle révélation dans le Fils est ouverte. L’expression « ces derniers temps » se réfère à la présente époque ouverte depuis l’Ascension et qui s’achèvera avec la seconde venue de Jésus.

• La nouvelle s’adresse à l’humanité. Le « nous » englobe Juifs et Gentils (Éph 2).

• La nouvelle révélation est communiquée par le Fils. Cette seule affirmation contraste avec ce qui vient d’être dit dans le paragraphe précédent : – non pas sur plusieurs siècles, puisqu’en trois années de ministère, – non pas de plusieurs manières, puisque par un canal unique, – non pas par plusieurs hommes (les prophètes), mais par un seul, – non par des hommes créés ou de simples intermédiaires, mais par un homme bien particulier : un « Fils ». L’original n’emploie pas l’article, comme pour indiquer là un statut et l’opposer au statut de prophète : il ne sera pas prophète mais fils. La suite du chapitre développe ce statut à part.

« Fils » : plus que « prophète » (1.2)

Il l’a établi héritier de toutes choses ; par lui il a aussi créé l’univers.

L’auteur s’applique à montrer qu’être Fils est supérieur à être prophète. Tandis que le prophète parle au nom de Dieu et qu’il est lui-même créé, le Fils, lui, parle avec autorité car « la maison » lui appartient.

1. Héritier

Être fils, c’est être « héritier de toutes choses ». Tout lui appartient, c’est-à-dire qu’il est souverain et contrôle toute chose et tout événement (2.7-8 ; cf. Ps 2.8 ; Phil 2.9-11).

Un prophète ne domine pas tout : il a pu subir à contrecœur les incompréhensions, l’hostilité et les méfaits de ses compatriotes. Le Fils est venu dans ce monde en sachant ce qui l’attendait. Lorsque nous méditons sa « passion », rappelons-nous qu’il avait prévu la croix et choisi de ne pas se défendre afin que s’accomplissent les Écritures qu’il avait inspirées. Une étude des textes de la passion montrera qu’il a lui-même provoqué la réaction en chaîne des événements. Il a bel et bien le contrôle de tout, même quand tout semble lui échapper ; la victoire sur la croix le prouve.

2. Agent créateur

C’est par lui que Dieu a « créé l’univers » (voir le parallèle en Col 1.15-17). Dieu a parlé par des prophètes mais il n’a pas créé le monde par eux.

Ces deux caractères décrivent la relation filiale, vue du Père. La suite la décrit, vue du Fils.

« Fils » : révélateur et révélation de Dieu (1.3)

Il est le rayonnement de sa gloire et l’empreinte de son être. Il soutient toutes choses par la parole de sa puissance. Après avoir fait la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté, dans les lieux élevés.

Ce verset produit, en première lecture, un sentiment merveilleux. Il entrouvre la porte d’un profond mystère. À partir de là, ce n’est plus « Dieu » le sujet mais « il », le Fils : le prédicateur change de ton. Il n’est plus question de mettre en contraste ancienne et nouvelle alliance, mais de dévoiler un peu plus la nature divine et le rôle salvateur du Fils.

1. Un « rayonnement » : Christ est le révélateur de Dieu

Le Fils est « le reflet de sa gloire » ou : « le rayon, le rayonnement ». Les scientifiques ont découvert qu’un rayon lumineux révèle une quantité d’informations incroyable sur des étoiles se trouvant à des milliers de milliards de kilomètres : composition chimique, âge, durée de vie, vitesse d’éloignement ou de rapprochement, etc. Quel exploit, quand on y pense ! Un monde objectivement inaccessible nous est ouvert et nous paraît moins lointain. Il en est ainsi du Fils : il accomplit l’exploit incomparable de mettre Dieu à notre portée. En effet, « Dieu est lumière » (Jean 1.5) dans sa gloire inabordable, lui qui « habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir » (1 Tim 6.16). Or, « personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1.18). Ce Dieu objectivement transcendant, Jésus le rend accessible (4.16 ; 10.19-20 ; cf. aussi Rom 5.2 ; 1 Cor 16.9 ; Éph 2.18 ; 3.12). Il fait de notre Créateur lointain un Père proche et abordable (Rom 8.15-17 ; Gal 4.6-7).

Si la lumière révèle la nature et le mouvement de l’étoile lointaine, celle-ci n’en est cependant pas affectée le moins du monde : elle demeure à sa place, dans le ciel. De même, la révélation du Père par le Fils n’ôte rien au caractère glorieux et transcendant de Dieu. Dieu demeure dans son ciel de majesté. Le Père et le Fils partagent la même nature « lumineuse » tout en étant distincts l’un de l’autre.

Pas besoin d’avoir fait de hautes études pour saisir, en s’exposant à la lumière naturelle, que le soleil est « chaud » ! De même, à proximité de Christ, nous bénéficions de toute la « chaleur » bienfaisante de notre Père céleste : sa grâce, sa miséricorde, ses perfections, sa majesté, etc.

2. Une « empreinte » : Christ est la révélation de Dieu

L’image du rayonnement parle d’un Dieu rendu proche, mais ne fait pas tout à fait honneur au Fils lui-même. Un « reflet »… Pourquoi pas un fantôme ? Ce n’est pas une blague : certains hérétiques — les docétistes — affirment dès le premier siècle que le Christ possède un corps apparent, mais irréel. Faire de Christ une simple émanation de Dieu serait toutefois lui refuser la fatigue, la faim, la soif, et jusqu’à la mort. La résurrection n’aurait-elle donc pas tout à fait eu lieu ?

L’auteur n’en reste heureusement pas là. Il affirme que Christ est « l’empreinte » de Dieu : sa manifestation réelle sur terre. Plus encore, il est « l’empreinte de sa personne ». Le concept de personne est tardif ; le texte parle plutôt de « substance » (litt. : hypostase). Il désigne l’être de Dieu. Christ est donc véritablement Dieu en chair et en os, lui « que nos mains ont touché » (1 Jean 1.4).

Le mot « empreinte » se traduit aussi par « caractère ». Pensez au caractère d’imprimerie qui s’enfonce profondément pour marquer de son empreinte le papier encore vierge. C’est ainsi que le Fils montre les marques du Père.

Montrer les caractères du Père est aussi le plan de Dieu pour tous ses enfants. Et pour faire ressortir sa gloire, il doit parfois « frapper fort », en sorte que Paul dira : « Je porte en mon corps les marques de Jésus » (Gal 6.17) en parlant de ses persécutions (2 Tim 3.12). Dieu veut aussi marquer de son empreinte d’amour tous ses enfants, afin que sa gloire soit manifeste dans le monde : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13.35 ; cf. Éph 5.1-2 ; 1 Jean 3.10). C’est le rôle de l’Esprit : transformer notre « caractère » à la ressemblance de Jésus (2 Cor 3.17), lui-même caractérisant le Père. Adam, créé à l’image de Dieu, a déformé celle-ci par le péché. Le second Adam, Christ, recrée en nous l’image de Dieu.

3. Le rôle salvateur du Fils

Ces deux attributs du Fils laissent place à trois actions qui résument son mandat : création soutenue, rédemption, glorification.

a. Création : « portant toutes choses par la parole de sa puissance »

Le Fils, Parole de Dieu, a créé le monde (1.2 ; Gen 1.1), mais il le préserve aussi de la destruction.

b. Rédemption : « après avoir fait la purification des péchés »

Dieu lui-même, venu en chair, a pourvu au salut (Rom 8.33 ; 1 Tim 3.16). La formulation décrit un souverain sacrificateur opérant le rite sacrificiel, ce que la suite de l’Épître développera.

c. Glorification : « assis à la droite de la Majesté »

Christ ne vit pas dans une gloire statique. Comme il soutient sa première création, il préserve aussi sa nouvelle création.

« Fils » : plus qu’« ange » (1.4-14)

Étant devenu d’autant plus excellent que les anges, qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

« Les Juifs se glorifiaient d’avoir reçu la loi par le ministère des anges (2.2 ; cf. Actes 7.53 ; Gal 3.19). Il fallait montrer combien Christ était supérieur à ces intelligences célestes pour prouver la supériorité de la révélation dont il était le porteur (1.1). » (La Bible annotée) Ses auditeurs veulent retourner à la loi ? L’auteur montre que celle-ci avait prévu la supériorité de Christ sur les anges, d’où le grand nombre de prophéties messianiques pour appuyer ses dires.

• Contrairement aux anges, le Fils est considéré par Dieu comme son Fils, son égal (1.5, citant 2 Sam 7.14 et Ps 2.7).

• Même les anges doivent adoration au Fils (1.6, citant les Ps 89 et 97).

• Dieu ne s’adresse pas aux anges, ses serviteurs, comme il s’adresse au Fils l’appelant lui-même Dieu et roi, juste et bienheureux (1.7-9 citant les Ps 104 et 45).

• Dieu honore le Fils et souligne sa souveraineté sur sa propre création, sa divinité éternelle et sa royauté parfaite et juste (1.10-12 citant les Ps 102 et 104).

• Contrairement aux anges, Dieu a appelé son Fils à la royauté et à la sacrificature (1.13 citant Ps 110.1).

Le verset 14 conclut : contrairement au Fils, les anges n’occupent pas la place d’honneur dans le ciel, mais assument un rôle de serviteurs en faveur de ceux qui doivent hériter le salut.

Conclusion

Il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. (8.6-7)

Le premier chapitre de l’Épître aux Hébreux frappe fort et dévoile une image majestueuse et incomparable de Christ dans sa personne (divine), dans son œuvre (créatrice et rédemptrice) et dans sa supériorité sur tous les saints anges. La nouvelle alliance ne pouvait bénéficier d’un meilleur fondement !

Le chapitre 2 équilibre cette présentation glorieuse du Fils avec l’humanité d’un Jésus compatissant et proche de nos faiblesses et de nos préoccupations. L’Épître peut alors développer en quoi il est un intercesseur plus excellent que les prêtres mosaïques.

Puisse cette Épître raffermir nos cœurs vacillants et nous encourager à suivre le modèle de nos pères dans la foi, ayant en vue la joie éternelle donnée à tous ceux qui auront persévéré.

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LES PELERINS DE LA FOI ONT UN GRAND SEIGNEUR

21 Novembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Lucien Jouve

 

Les croyants qui ont la foi en Jésus forment ensemble l’Église. Elle est représentée par des images :

– une « maison faite de pierres vivantes », sous la plume de Pierre ;

– un temple, un corps, une épouse, sous celle de Paul ;

– comme une famille, des enfants, selon Jean.

L’Épître aux Hébreux présente plutôt les croyants comme un peuple en marche, comme des pèlerins qui avancent vers un but.

D’un bout à l’autre de la lettre, il leur est montré la grandeur de leur Seigneur, la place suprême qu’il occupe, et les offices qu’il remplit pour eux. Mais ce Souverain est aussi accessible, ses sujets peuvent s’approcher de lui librement pour le prier (ch. 4), pour l’adorer (ch. 10). Mieux encore, les pèlerins sont assurés d’être écoutés avec bienveillance. En effet, leur Seigneur les comprend, sympathise avec eux, ayant lui-même parcouru leur chemin avant eux et pour eux. L’auteur de la lettre s’efface derrière la gloire de Celui de qui il parle et qu’il nous invite à découvrir en sept étapes.

1. Jésus plus grand que les anges (ch. 1 et 2) 

Le premier chapitre présente la grandeur du Fils et répond à trois questions :

a. Qui est-il ?

– « Le Fils », par lequel Dieu a parlé (1.2)

– « L’héritier de toutes choses » (1.2)

– Le Créateur « par lequel Dieu a fait les mondes » (1.2)

b. Qu’a-t-il fait, à part cette œuvre créatrice ?

– « La purification des péchés » (1.3)

c. Où est-il ? :

– « Assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts » (1.3).

Suivent sept citations de l’Ancien Testament qui témoignent de la grandeur de Celui qui est « plus excellent que les anges ».

Le chapitre 2 nous décrit :

– son humiliation, toute résumée dans l’expression : « [il] a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges » (2.7,9) ;

– son exaltation, toute résumée par l’expression « couronné de gloire et d’honneur » (2.7,9).

« Le monde à venir » ne sera pas assujetti aux anges, mais « au Fils de l’homme » (2.5-8). Pour les croyants, il est « le Prince de leur salut » (2.10).

Les pèlerins de la foi doivent savoir pourquoi leur Seigneur a participé à leur humanité :

– « afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort », et qu’il les délivre de la « crainte de la mort » (2.14) ;

– « afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle », et secourable (2.17-18).

2. Jésus plus grand que Moïse (ch. 3)

« Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur » (litt. thérapeute : celui qui soigne). Il a pris soin d’Israël, a intercédé pour lui… mais il n’a pas bâti la maison d’Israël. Jésus « a été jugé digne d’une gloire […] supérieure à celle de Moïse » (3.3). Lui seul a dit : « Je bâtirai mon Église. » (Matt 16.18) C’est ce qu’il a inauguré par sa mort et sa résurrection, et ce qu’il accomplit chaque jour par son Esprit.

Aussi il importe que ce peuple de pèlerins en marche ne soit pas comme celui d’Israël dans le désert, peuple caractérisé par « le péché » (3.17) et « l’incrédulité » (3.19).

3. Jésus plus grand que Josué (ch. 4)

Après la mort de Moïse, Josué a conduit le peuple au travers du Jourdain jusque dans la terre promise. Mais il ne leur a pas donné le repos (le repos de Dieu) dont le sabbat était une image (4.8).

Par contre, Jésus nous ouvre le repos de Dieu, d’où cette certitude absolue : « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (v. 3).

Ce repos n’est pas une invitation à la passivité : les pèlerins de la foi de la nouvelle alliance, comme ceux de l’ancienne, sont appelés à mêler les promesses de Dieu à une foi vivante. A leur suite, nous sommes vivement exhortés : « Empressons-nous donc (litt. : mettons tout notre zèle, tout notre cœur) d’entrer dans ce repos. » (4.11)

Mais où trouver l’énergie d’un tel empressement ? Nous disposons de deux ressources :

– La Parole de Dieu : la « séduction du péché » et « l’incrédulité » guettent les pèlerins de la foi, mais la Parole vivante et puissante est là pour agir sur leur cœur et sur leur conscience (4.12-13).

– Jésus, le « grand souverain sacrificateur » : les pèlerins sont-ils sans force et souffrants ? Ils ont pour eux quelqu’un qui a été éprouvé en toutes choses comme eux et qui est capable de compatir maintenant à leurs infirmités (4.15). Ils peuvent donc librement s’approcher de son trône par la prière. Miséricorde, grâce et secours sont en lui, pour eux (4.16).

4. Jésus plus grand qu’Aaron et sa sacrificature (ch. 5 à 10)

Aaron, le souverain sacrificateur, était un personnage important en Israël. Il était « appelé de Dieu » à cette place et cette fonction « d’honneur » (5.4). Il en fut de même de Christ (5.5). Mais la faiblesse était la part d’Aaron : il devait offrir des sacrifices aussi « pour lui-même » (5.3). Le sacrifice de Christ en contraste sera uniquement pour les autres.

La sacrificature de Christ est plus grande, car elle est « selon l’ordre de Melchisédek » et cumule les fonctions de roi de justice, de roi de paix, de sacrificateur (7.1-3) et elle touche à l’éternité : « sans père, sans mère, sans généalogie, il n’a ni commencement de jours ni fin de vie » (7.3).

Sous l’ancienne alliance, les sacrificateurs se succédaient car la mort les arrêtait (7.23), mais Jésus est ressuscité « selon la puissance d’une vie impérissable » (7.16) et il « est toujours vivant pour intercéder » pour les siens (7.25b). Aussi ceux qui s’approchent de Dieu par lui peuvent-ils être secourus (7.25a).

Aaron était médiateur dans l’ancienne alliance, alliance établie sur des promesses conditionnées par l’obéissance. Mais Jésus est « médiateur d’une meilleure alliance qui a été établie sur de meilleures promesses » (7.22 ; 8.6 ; 9.15).

Les multiples sacrifices offerts chaque année par Aaron le grand jour des expiations ne pouvaient ôter durablement les péchés ni purifier la conscience des adorateurs (9.9 ; 10.2-4). « Mais Christ, avec son propre sang, a obtenu une rédemption éternelle. » (9.11-12) « Par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » (10.14)

Aussi l’adorateur peut-il maintenant, en toute liberté, s’approcher de Dieu lui-même par le sang de Jésus (10.19-22).

5. Jésus plus grand que tous les héros de la foi (ch. 11 et 12)

Qu’est-ce qui unit tous ces hommes, ces femmes et ces anonymes du ch. 11, qui ont vécu au fil des siècles et qui, pour la plupart, ne se sont jamais connus ? La foi !

Ces personnes se sont fiées à Dieu avec, il est vrai, une connaissance fragmentaire et progressive de Dieu et de ses pensées. Leur foi les a poussés à agir : « par la foi » ils firent ceci ou cela.

Cette foi est au départ (et probablement en chacun de nous) élémentaire : « C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu. » (11.3) Avec Abel, la foi annonce, figurativement, le sacrifice de Jésus-Christ qui seul permet d’être agréé devant Dieu et de l’adorer en vérité. Alors on commence à marcher avec Dieu, comme Hénoc, en cherchant à lui plaire jusqu’à l’enlèvement. Comme Noé, le résidu futur d’Israël exercera cette même foi en traversant « la grande tribulation » et, gardé par Dieu, il entrera en possession d’une terre purifiée par le jugement.

La foi d’Abraham et de Sara a su écouter l’appel de Dieu, a su obéir à sa parole, a su compter sur ses promesses, sur sa fidélité, sa miséricorde, sa puissance pour les accomplir. Leur foi nous apprend aussi à attendre la cité céleste « meilleure » que celle des bâtisseurs de nos Babels contemporaines ! La foi d’Abraham éprouvé, celle de Jacob et de Joseph à la fin de leur vie, nous apprend à faire face à la mort dans la connaissance d’un Dieu plus puissant que la mort, d’un Dieu qui a le pouvoir de la résurrection.

La foi de Moïse, de Rahab, de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et d’une foule d’anonymes inconnus (mais bien connus de Dieu) nous apprend qu’elle seule peut être victorieuse du monde. Quelle galerie de héros ! Ils ont vécu par la foi, ils sont morts dans la foi, ils ont triomphé dans la souffrance par la foi.

Quelle « grande nuée de témoins » ! Elle nous a précédés ? Non point, mais « elle nous environne » ! Cela implique certainement que nous connaissons leur histoire. Témoins tous unis par une même foi, la foi qui nous habite à notre tour. C’est comme si l’Esprit disait aux pèlerins fatigués : vous n’êtes pas seuls sur le chemin difficile de la foi ; en tous temps, il a été difficile, car jamais tous n’ont eu la foi (2 Thes 3.2).

Pourtant, si béni que soit l’exemple de ces héros de la foi, en aucun d’eux nous ne pouvons reconnaître le Chef. Jésus seul a vécu sans aucune défaillance dans son chemin de foi avec Dieu. Aussi, incontestablement, il marche en tête de tous, et amène cette foi à la perfection. Après avoir enduré l’« opposition des pécheurs » (12.3), il a traversé dans la foi en Dieu l’épreuve suprême de la croix pour parvenir jusqu’au trône de Dieu où il est assis (12.1-2). Aussi, incontestablement, il marche à la tête de tous, pour amener la foi de chacun à la perfection.

C’est vers lui que tous les pèlerins de la foi sont finalement invités à regarder. « Rejetant le péché et tout fardeau », c’est vers lui qu’ils sont appelés à courir (12.1-2).

6. Jésus plus grand que les conducteurs (ch. 13)

Nous n’avons pas connu personnellement les témoins de « la grande nuée » du ch. 11. Mais le chapitre 13 fait référence à « vos conducteurs » (13.7) : ce terme semble indiquer des serviteurs que nous avons connus et surtout écoutés. Ils nous ont annoncé la Parole de Dieu. Ils avaient une connaissance profonde des Écritures. Ils ont marché patiemment en comptant sur Dieu dans les jours faciles de leur vie comme dans les jours d’épreuve. Ils ont « gardé la foi », « jusqu’au bout » (3.6 ; 6.11). Nous nous souvenons d’eux, mais ils nous ont quittés ; leur départ laisse un grand vide. Alors l’Esprit dresse devant nous le portrait d’un plus grand qu’eux : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. » (13.8) Lui ne change pas, ne passe pas. Il faut que le pèlerin de la foi dans le deuil, découragé, lassé, le sache.

Mais la grâce et la puissance du Chef de l’Église donne encore des conducteurs (13.17) : « ils veillent sur nos âmes » et nous devons leur « obéir ». Mais là encore, il faut que chacun garde son rang : Jésus est plus grand qu’eux. Il est « le grand berger des brebis » (13.20) que Dieu « a ramené d’entre les morts ». Ainsi le Père peut produire en nous « ce qui lui est agréable par Jésus-Christ, à qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! » (13.21)

Cher lecteur, pèlerin de la foi comme moi, aux prises avec la « séduction du péché » et avec les doutes de « l’incrédulité » (3.12,19), comme moi — sans force (4.5), souffrant (10.32), peut-être frustré matériellement (10.34), ployant sous des fardeaux (12.1), lassé, découragé (12.3) — toi et moi, nous avons un Seigneur vivant, glorieux et accessible. Il nous dit : « Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas. » (13.5) Dans notre marche vers lui, « le précurseur » (6.20), que notre foi soit toute en lui !

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