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LA FOI CHRETIENNE ET LE RETOUR AU PAGANISME (3)

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

La foi chrétienne et le retour au paganisme (3)

Jean-Marc Berthoud

IV. Le «Nouvel Age»: Quelles sont les croyances qu'il véhicule?

Elles sont celles du paganisme de tous les temps que nous avons déjà longuement considérées. En voici une revue(57).

1. Tout est UN

Cette notion centrale du Nouvel Age se retrouve dans toutes les manifestations du nouveau paganisme. On le remarque dans les sectes occultes, la méditation orientale, le mondialisme, la nouvelle physique, l'œcuménisme, etc. Il s'agit d'un monisme universel, c'est-à-dire d'un système philosophique qui considère l'ensemble des choses comme réductible à l'unité.

Le Créateur et la créature, bien et mal, vrai et faux, homme et femme, matière et esprit, etc. ne sont finalement que des illusions. Nous avons à nous intégrer dans cette «unité» pour trouver notre épanouissement. Dans un tel système, si le mal existe, ce ne peut être que la division et l'individualité.

Réponse chrétienne

Le christianisme est absolument opposé à ce système:

(a) La diversité de la réalité non seulement n'est point une illusion, mais source immense de richesse. L'unité de la création n'est pas en contradiction avec sa diversité, pas plus que l'unité de Dieu avec la diversité des Personnes de la Trinité. Le récit de la création dans la Genèse montre comment Dieu différencia la lumière des ténèbres, les espèces animales entre elles, l'homme de toute autre forme de vie, l'homme de la femme, etc. A Babel, Dieu divisa le monde en nations, chacune ayant son identité propre.

L'unité absolue, la non-différenciation de toutes choses, s'appelle en français le chaos, autre mot pour péché.

(b) Confondre le bien et le mal résulte en un dérèglement moral complet. La Bible les distingue sans équivoque: Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal... Choisis la vie, afin que tu vives..., pour aimer l'Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix... (Deut 30.15-20).

Esaïe combat la confusion éthique on s'écriant: Malheur à ceux qui appelle le mal bien et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière... Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux et qui se considèrent intelligents! (5.20-21)

Jésus-Christ s'adresse ainsi aux prétendus «intelligents» se croyant objets d'une «illumination spéciale: l'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera illuminé, mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres (Mat 6.22-23).

Quoi d'étonnant si notre époque, on proie à la vision unitaire du monde, a tant de peine à réprimer le mal? Comment les financiers et les hommes politiques de l'occident seraient-ils capables de discerner le danger toujours inhérent au communisme? Car si tout est un, il ne saurait y avoir d'ennemi véritable.

On comprend mieux pourquoi notre époque, pour son malheur, méconnaît à tel point les distinctions créationnelles aussi essentielles que celles entre homme et femme, mariage et cohabitation, ouvriers et patrons, Dieu et diable. etc. Le résultat: notre civilisation sombre dans le chaos, l'anarchie et l'impuissance. Car sans certitudes définissables, aucune action efficace n'est possible.

Influencés par la parapsychologie, certains penseurs pourtant clairvoyants à d'autres égards, tels un Arthur Koestler, en sont venus à appeler la mort (le dernier ennemi selon la Bible) «douce» et «digne», ouvrant ainsi la voie à l'euthanasie et au génocide. Voilà l'aboutissement de la non-discrimination du prétendu Nouvel Age.

2. Tout est Dieu

Tout étant un, il n'y a plus de distinction entre Dieu et le Tout. C'est la divinisation de la nature (panthéisme et animisme propres au paganisme). Tout ce qui existe étant dieu, tout est parfait. Dieu ne peut alors être une personne qui parle et avec laquelle on pourrait communiquer. Il est réduit à un fluide cosmique, une force magnétique impersonnelle avec laquelle on peut être ou ne pas être on harmonie.

Ce panthéisme caractérisant le Nouvel Age est à la base de la théorie de l'évolution, où l'univers se crée pour ainsi dire de lui-même, la matière contenant on germe tout son développement.

Réponse chrétienne

La Bible enseigne que Dieu (Père, Fils et Saint-Esprit) est distinct de sa création, ayant tout créé de rien. Dieu se suffit à lui-même. Il est la source de tout ce qui existe : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre (Gen 1.1). Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue céleste annonce l'œuvre de ses mains (Ps l9.2).

Mais Dieu n'est pas le merveilleux horloger de Newton qui aurait abandonné l'univers une fois créé au fonctionnement des lois établies par lui. En son Fils, Dieu soutient à tout instant le cosmos tout entier et dirige les détails de l'Histoire. Effrayant de puissance et de grandeur, Dieu est aussi merveilleux d'amour et de miséricorde. Dieu est un Etre personnel qui donne des lois à l'homme et le rappelle à la repentance et à la vie.

3. L'homme est Dieu

Si tout est un, si tout est Dieu, l'homme lui-même doit être Dieu. L. L. Whyte, protagoniste du Nouvel Age, déclare: «Il est temps qu'on remette Dieu à sa place, celle qui lui revient indiscutablement: en l'homme lui-même.» Ainsi nous sommes tous des dieux; notre tort est de l'ignorer. Swami Muktananda, un des maîtres de la nouvelle spiritualité, déclare très clairement: «Agenouillez-vous devant votre propre Moi. Honorez et adorez votre propre être. Dieu habite en vous, il est vous-même.» (58)

Réponse chrétienne

Loin d'être des dieux, nous sommes des créatures limitées et pécheresses, perdues sans Dieu, sous l'influence néfaste du Prince des ténèbres. Lui seul peut nous donner l'illusion d'être des dieux, comme il le fit avec Eve au paradis.

L'homme n'est pas Dieu; mais Dieu s'est fait homme en la Personne de son Fils unique pour qu'en lui nous puissions être réconciliés avec Dieu et devenir les fils adoptifs du Père.

4. Un changement de conscience: le salut par les œuvres

Pourquoi ne savons-nous donc pas que tout est un et que nous sommes Dieu? Simplement par ignorance, par manque d'intelligence «spirituelle». Il nous faut être «illuminés»; l'état obscurci de notre conscience qui pèche par modestie doit être changé.

D'une manière semblable, le théologien Karl Barth prétendait que tous les hommes étaient sauvés par l'expiation de la croix, mais qu'ils ne le savaient pas. Il fallait simplement en prendre conscience. Plus besoin de foi, la réalité étant vraie qu'on y croie ou non.

Toutes sortes de techniques peuvent transformer notre conscience et nous faire entrer dans une nouvelle dimension. Le Nouvel Age réunit tous les mouvements gui mènent à l'ancien paganisme: yoga, méditation transcendantale, franc-maçonnerie, Rose-Croix, drogue, expériences extatiques religieuses, artistiques, sexuelles, même sportives. La musique rock peut produire un changement de conscience.

Toutes ces expériences ouvrent la porte à l'action de puissances supérieures que les hommes normalement constitués ne connaissent pas. Il peut s'en suivre une perte de la notion du temps et de l'espace; les limites habituelles semblent effacées et tout semble possible.

Dans de tels états, l'intellect devient l'ennemi, car aucun raisonnement ne peut saisir ce qui se passe, vu que cela se situe au-delà de tout principe logique. Ces expériences sont souvent accompagnées de manifestations tout bonnement magiques.

Remarquons pour finir que ces expériences sont dues aux efforts humains. Il s'agit, au fond, de la vieille erreur du salut par les œuvres de l'homme. On comprend que pour le Nouvel Age, le christianisme basé sur la Parole divine est le plus grand obstacle à la réalisation de notre divinité.

Réponse chrétienne

(a) Le véritable problème de l'homme n'est aucunement un manque de connaissance, l'ignorance de son «état divin», mais son état de péché qui le sépare de Dieu et le met sous la condamnation et en contradiction avec lui-même et les autres, tout comme avec la création entière. L'homme est en état de révolte contre son Créateur dont il provoque la juste colère.

(b) Rom 3.12 constate qu'il n'y a rien de bon en l'homme: Il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. Jésus dit: C'est du coeur que viennent les mauvaises pensées (Mat 15.19). La solution ne se trouve donc pas en l'homme; il n'y a en lui rien qui puisse lui servir d'appui pour son salut.

(c) Livrés à nous-mêmes, notre situation est désespérée, car nous n'avons aucun moyen pour nous purifier de notre faute, qui n'est simplement un complexe de culpabilité, mais un fait objectif. Or Dieu étant juste, le péché doit être puni avant qu'il ne puisse être effacé et la communion avec Dieu restaurée. En la personne de Jésus-Christ, la colère de Dieu a été apaisée par le jugement sur le péché qui frappa son Fils sans péché qui s'est donné en sacrifice à la croix de Golgotha, et ceci sans aucune participation de notre part.

La communion entre l'homme et Dieu ne peut être rétablie que par la seule foi en cette oeuvre accomplie une fois pour toutes par Jésus-Christ, mort à notre place et sorti vainqueur du tombeau en ressuscitant. Nous mettons toute notre confiance en Jésus-Christ, aucun effort de notre part n'y pouvant rien ajouter. Seul le Saint-Esprit peut éclairer notre intelligence et nous régénérer, une fois que nous nous sommes reconnus pécheurs (et non dieux!) et que nous avons fait appel à la grâce de Dieu en Christ, sans aucune technique humaine.

(d) Plus question donc de retrouver nos propres racines par une méditation intérieure, mais de recevoir la vie éternelle de Dieu lui-même. La nouvelle naissance du chrétien justifié par la foi le conduit à se conformer en toutes choses à la bonne et sainte loi de Dieu.

(e) Cette transformation par l'Esprit ne fond pas le chrétien dans le UN cosmique, ni le confond avec le monde créé. Loin de prédire une période de miracles pour l'Eglise à la fin de l'âge (ce que certains imaginent sous l'expression pluies de l'arrière saison), la Bible avertit que le paganisme retournera avec force: L'avènement de l'impie se produira avec la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'injustice pour ceux qui périssent, parce qu'ils n 'on pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés (2 Thes 2.9-10).

5. La conscience renouvelée apportera l'unité spirituelle et politique de l'humanité

Une des affirmations centrales du néo-paganisme est celle de l'unité de toutes les religions. Depuis le début du siècle, on constate un rapprochement des religions païennes au travers de congrès importants. Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) est parvenu à rassembler des milieux protestants et évangéliques devenus infidèles aux Saintes Ecritures avec l'Eglise romaine et mêmes des religions non-chrétiennes. Les diverses religions se confondent en un syncrétisme qui ne se soumet pas à l'autorité de Jésus-Christ, pourtant le seul Seigneur et Chef de l'Eglise. Le Nouvel Age s'est attribué l'arc-en-ciel comme signe de ce rassemblement.

En politique, le mondialisme travaille à l'unification du monde; il est très ouvert à la spiritualité du Nouvel Age. (59)

Position chrétienne

Retenons trois choses de ce double mouvement politique et religieux d'unification de la planète:

1. Jésus-Christ affirme qu'il est le chemin, la vérité et la vie, ce qui exclut d'emblée le véritable christianisme du nouveau panthéon des dieux.

2. Une telle unification mondiale aura pour effet de vouloir éliminer de nos nations toute trace de la foi fondée sur la Bible. Cette sécularisation est déjà bien avancée.

3. Les nations elles-mêmes disparaîtront dans un magma politique international; elles perdront leur indépendance et liberté d'action. Cette unification centralisatrice représentera un immense danger pour toute liberté humaine.

(Texte comprimé et simplifié)

Dernière tranche:
Les effets concrets du nouveau paganisme

Notes:
(57) Cette analyse doit beaucoup au livre de Douglas R. Groothuis: «Unmasking the New Age» - Inter-Varsity Press, Downer's Grove, 1986
(58) Groothuis, op. cit. p. 21
(59) cf. articles de Fréd. Goguel sur le mondialisme dans «Résister et Construire», Nos Z 8, 9 (1989)

Lien :   http://www.promesses.org/arts/97p26-30f.html

 

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LA FOI CHRETIENNE ET LE RETOUR AU PAGANISME (2)

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

La foi chrétienne et le retour au paganisme (2)

Jean-Marc Berthoud

D. Le «Nouvel Age», spiritualité d'un monde nouveau?

I. Les Etats-Unis d'Amérique, berceau du «Nouvel Age»

Le centre d'activité du renouveau païen allait maintenant se situer au delà de l'Atlantique, dans le Nouveau Monde. Le Nouvel Ordre des Siècles, vision illuministe des Francs-Maçons à la racine de la Révolution française, le Nouvel Homme du paradis communiste, des illuministes marxistes des 19e et 2Oe siècles, le Nouvel Ordre de Mille Ans du Troisième Reich, allait céder le pas à ce Nouvel Age du Monde qui, partant des Etats-Unis, se répand aujourd'hui sur la planète tout entière. Le cœur du maelström traversait l'Atlantique pour se situer dans l'immense république des Etats-Unis d'Amérique. Elle aussi, avec ce retard sur le Vieux Monde qui lui est propre, allait connaître l'effondrement spirituel du modernisme théologique ainsi que cette dévaluation si dangereuse que l'on ne peut qu'appeler l'aplatissement spirituel d'un christianisme évangélique peu soucieux de marcher sous la croix du Christ et de se conformer à ses commandements.

Il ne peut faire aucun doute aujourd'hui: Les Etats-Unis d'Amérique constituent le centre de l'influence des ténèbres dans notre monde. Malgré une présence chrétienne certainement plus forte qu'ailleurs, Satan a cependant aujourd'hui établi son trône dans cette nation. Du résultat du rude combat engagé depuis quelques années entre le christianisme américain et les forces occultes d'occupation dépendra l'avenir immédiat de notre planète. Pensons aux plaies que ce pays a déversé sur le monde depuis la seconde guerre mondiale: la pseudo-mystique pentecôtiste, le rock’n’roll, la drogue, la libération sexuelle, le sida, l'abandon de l'Europe orientale et de la Chine au communisme, le financement constant du communisme international, l'intégration du communisme dans un mouvement unitaire mondialiste, et maintenant ce «Nouvel Age» qui, à partir des Etats-Unis, se répand sur le monde entier. Par contraste, il faut aussi le dire, nous devons aux Etats-Unis d'Amérique l'élan missionnaire mondial, le mouvement de reconstruction chrétienne, l'existence d'une économie viable et la résistance au communisme, toutes ces choses étant en très grande partie dues à la persistance de forces saines dans ce pays immense et contradictoire. Mais le Dieu souverain demeure maître de l'histoire, maître du combat entre son Eglise et les puissances des ténèbres.

Lorsqu'en 1926 Annie Besant chercha à introduire le jeune sage indien, Krisnamurti, choisi par le «nouvel âge» de l'époque comme la personnification même du Christ, il se produisit un phénomène étrange. En mettant pied sur le sol américain, le jeune «messie» fut privé de tous ses pouvoirs surnaturels52. L'on pourrait peut-être en conclure qu'à cette époque encore la puissance spirituelle du christianisme américain dominait toujours celle du paganisme cherchant à envahir l'Amérique. Cinquante années plus tard, il n'en allait plus du tout ainsi. Cependant, déjà au milieu du 19e siècle, le renouveau d'intérêt pour les phénomènes occultes en Europe avait d'abord été déclenché aux Etats-Unis. Mais, à la différence de l'ancien occultisme, toujours considéré par ceux qui s'y engageaient comme quelque chose de dangereux, de grave, la nouvel- le vague ésotérique avait un caractère divertissant, léger, insolite qui masquait l'enjeu spirituel terrible qu'il présentait.

II. Le développement du «Nouvel Age» en Amérique

Le mouvement spirituel mondial que nous appelons aujourd'hui le Nouvel Age tire son origine immédiate des Etats-Unis. Déjà dans les années cinquante, les phénomènes culturels des hippies et du rock'n'roll donnaient la couleur de ce qui devait venir. La culture populaire américaine, surtout parmi les jeunes, s'ouvrait de plus en plus à des mystiques purement naturelles, entièrement coupées de la spiritualité chrétienne. Les extases passionnément recherchées par la jeunesse étaient de type oriental. Elles étaient aussi collectives, comme celles des nazis, et étaient provoquées par une musique hallucinante (53), ou personnelle, obtenues au moyen de drogues (54) ou de pratique de méditation de type oriental. Ce qui auparavant avait été le fait d'une petite minorité d'intellectuels détraqués (comme de Quincey, Coleridge, Baudelaire, Rimbaud) devenait, avec le développement de techniques modernes et la décomposition des résistances d'une société en voie de déchristianisation rapide, la soif irrésistible d'un nombre de plus en plus grand de jeunes. A cela s'ajoutait la libération sexuelle et une mystique érotique, fortement facilitées par le développement d'une mentalité contraceptive et de tout l'appareillage hétéroclite qui l'accompagnait dont, bien sûr, la pilule (55). Tout ceci se passait sur la toile de fond de la disparition rapide des restes d'habitudes morales d'origine chrétienne qui pour un temps avaient, dans de nombreuses familles américaines, survécu à l'effondrement d'une foi authentique. Tout ce mouvement de prétendue libération aboutit à l'explosion de la fin des années soixante où, à toutes ces mystiques personnelles et collectives, fut ajoutée la recherche utopique d'une société parfaite, violente révolte contre la société établie et contre les contraintes de la réalité elle-même. Le lien avec l'utopie communiste était évident dans la révolte des jeunes américains en lutte contre la guerre du Vietnam.

III. Le «Nouvel Âge»: la dernière phase de l'invasion de notre société par le paganisme

Le mouvement hippie qui aboutit à la révolte de 68 fut sans doute l'ultime confrontation violente entre le nouveau paganisme et les derniers restes d'une résistance chrétienne au sein de la société. Le phénomène qui passe sous l'appellation de «Nouvel Age» n'est autre chose que l'infiltration graduelle d'une mentalité païenne dans les structures mêmes de notre société. A la stratégie de confrontation a été substituée une politique de pénétration.

Nous assistons aujourd'hui aux dernières phases d'un véritable changement de société. Les bases mêmes de la civilisation occidentale sont en train d'être transformées. Depuis longtemps déjà, la sève chrétienne avait, du moins en Europe, cessé de féconder, de nourrir nos sociétés. Certaines valeurs chrétiennes persistaient cependant par habitude, par une espèce de vitesse acquise allant petit à petit en s'amenuisant. Les aspects d'une société depuis longtemps athée mais s'affirmant humaniste, n'étaient rien d'autre que des restes de notre héritage chrétien. Mais le vide spirituel que représentait cet humanisme sans fondements religieux ne pouvait durer. La société, comme la nature, ne supporte pas le vide. Ce «Nouvel Age» n'est rien d'autre que la montée générale d'une nouvelle religiosité païenne qui remplit le vide laissé dans notre société par l'apostasie d'une immense partie du christianisme. Une des paraboles du Christ qu'il appliquait au peuple juif de son temps, mais qui vaut pour toutes les apostasies, nous décrit remarquablement ce phénomène: Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il traverse des lieux arides, cherche du repos et, comme il n’en trouve pas, il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Puis il s'en va et prend sept autres esprits plus mauvais que lui; ils entrent et
s'établissent là, et la dernière condition de cet homme devient pire que la première
 (Luc 11.24- 26).

Une nouvelle interprétation de l'histoire

Mais qu'est-ce donc que ce Nouvel Age? Tout changement de civilisation s'accompagne inévitablement d'une transformation de la perspective historique. Notre calendrier moderne, qui met la date de la naissance de Jésus-Christ au cœur de sa chronologie - nous datons tout événement comme se situant avant ou après Jésus-Christ - en est un témoignage évident. L'offensive païenne de la Renaissance avait déjà attaqué cette structure chronologique christocentrique en affublant le moyen âge chrétien de l'adjectif de «ténébreux». Dans cette perspective, le retour du paganisme antique était considéré comme une véritable «renaissance». Plus tard, les attaques du rationalisme devinrent plus explicites et plus violentes. Pour Voltaire et pour ses confrères «philosophes», la disparition de l'influence de «l'infâme» Jésus-Christ ne pouvait être que le retour en gloire des «lumières» et la défaite définitive de la superstition chrétienne. Déjà à cette époque, on imaginait être sur le point d'inaugurer «le nouvel âge des siècles», slogan franc-maçon qui figure depuis belle lurette sur les billets de banque américains. Une transformation radicale du calendrier fut tentée par la Révolution française. Mais la tentative était prématurée et ne dura que quelques années. La première année de l'ère nouvelle commença avec l'exécution du roi et la proclamation de la République.

Ce qu'on appelle le Nouvel Age relève de la même prétention à récrire l'histoire en inaugurant un nouveau vocabulaire chronologique. L'inspiration pour cette nouvelle périodisation est puisée dans la vision astrologique de l'histoire qui se développe si fortement aujourd'hui, les signes du zodiac ayant depuis longtemps remplacé dans nos médias les chroniques chrétiennes ou les fêtes chrétiennes. L'idée ici est que les époques de l'histoire sont marquées par des conjonctions de constellations qui influenceraient l'histoire, donnant ainsi à de longues périodes leur caractère propre. Selon cette théorie astrologique, les derniers deux mille ans représenteraient l'ère du Christ, placés comme ils l'on été sous le signe du Poisson. Ce signe, selon le symbolisme même de l'acrostiche grec utilisé par les premiers chrétiens, ICHTHUS, signifie Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. Depuis une vingtaine d'années environ, on prétend que la conjonction des astres serait passée du Poisson au Verseau, et que l'histoire aurait de ce fait versé dans l'Age d'Aquarius. Dans cette nouvelle époque, on verrait la polarisation chrétienne-païenne propre à l'âge du Poisson remplacée par une vision religieuse du monde plus synthétisante, plus harmonieuse. Cet âge nouveau verrait s'affirmer de plus en plus ouvertement la concorde entre toutes les oppositions, l'harmonie entre toutes les religions, entre les nations, entre toutes les croyances, toutes les valeurs, toutes les «vérités», christianisme inclu. Un tel syncrétisme total annoncerait une ère sans précédent de prospérité et de paix. Dans ce sens, la détente entre l'Amérique «capitaliste» et l'Union Soviétique «communiste» doit nécessairement remplacer les confrontations de jadis, maintenant définitivement dépassées. La détente et les inévitables conquêtes du communisme qui en sont la conséquence font intégralement partie du Nouvel Age.

Jean-Marc Berthoud

Notes
(52) Dave Hunt: Peace, Prosperity and the Coming Holocaust. Harvest House, Eugene, 1983, p. 126-127
(53) Sur la musique rock: W.Kobli: Le rock. Musique de l'ombre. Maison de la Bible, Genève, 1987
(54) Sur la drogue: Suzanne Labin: Hippies, drogue et sexe. La Table Ronde, Paris, 1970
Pasteur Claudel: Le joint. Celui par lequel tant de scandales arrivent. Editions Vida, Miami, 1987
(55)
 Sur la libération sexuelle voyez: Jean-Marc Bertboud: La guerre contre la famille. Résister et Construire, No 2-3, janvier 1988

 

Lien :  http://www.promesses.org/arts/96p26-29f.html

/p>�< �M�KNormal>Lien :   http://www.promesses.org/arts/163p24-28f.html

 

 

 

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LA FOI ET LE PAGANISME (1)

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

La foi chrétienne et le retour au paganisme (1)

Jean-Marc Berthoud

C. Les étapes du retour du paganisme

Introduction

Le 10 mars 1979, le Dr Pierre Benoit s'adressant à l'Association médico-sociale protestante, faisait les remarques suivantes: «Ce à quoi nous assistons tous les jours (et il se pourrait bien que nous y assistions et y participions de plus en plus) - à savoir le retour du fond des âges dans nos sociétés des formes les plus sauvages, voire des formes sans nom et de beaucoup les pires, de la violence -, n'était rien d'autre que le fruit monstrueux du mariage d'un christianisme abâtardi. avec les idéologies contemporaines les plus inconsistantes et les plus lénifiantes, dont les bonnes intentions n'ont, au bout du compte, d'autre intention que de paver l'enfer. »

Cette analyse nous place au cœur du retour en force du vieux paganisme, de ce qu'aujourd'hui on appelle le Nouvel Age. Un tel reflux s'est immanquablement manifesté aux époques où l'on pouvait constater l'abâtardissement du christianisme. Il n'a jamais été arrêté autrement que par un retour à la vraie foi. Prenons, par exemple, le fléau de l'Arianisine qui au 4e siècle manqua d'emporter, si ce n'est l'Eglise toute entière, du moins la quasi totalité de la hiérarchie. (Cette hérésie niait l'unité et identité de substance du Fils avec le Père.) Il a fallu l'intransigeante fidélité d'un homme, Athanase, pour que le mal soit arrêté et qu'il subisse une défaite décisive. Il en a été de même de la résistance opiniâtre d'Augustin au pélagianisme, un siècle plus tard. (Cette doctrine mettait l'accent sur le libre arbitre et niait pratiquement la nécessité de la grâce divine.) Plus près de nous, confronté autant à une Eglise catholique de la fin du Moyen Age profondément corrompue, tant dans sa doctrine que moralement, ainsi qu'à un pouvoir politique où la volonté des hommes et des lois d'invention purement humaines avaient pris le dessus sur la parole de Dieu, un homme seul, Martin Luther, ouvrit le chemin au rétablissement de l'autorité de la Bible tant pour l'Eglise que pour l'Etat lui-même, et pour la société toute entière. Ce rétablissement du christianisme au 17e siècle que nous appelons la Réformation fut d'abord le fruit du combat opiniâtre et solitaire d'un chrétien contre les puissances mauvaises qui avaient envahi la maison de Dieu et asservi les nations chrétiennes. Car le combat de l'Eglise contre lé paganisme, que ce soit sous des formes anciennes ou modernes, n'est pas d'abord un combat temporel - politique, social, culturel, même si ce combat a des conséquences dans tous ces domaines - mais avant tout une guerre spirituelle contre les principautés et les dominations du monde des ténèbres. Comme l'apôtre Paul nous le dit: Si nous marchons dans la chair nous ne combattons pas selon la chair Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élèvent contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance au Christ (2 Cor 10.3-5).

1. L'Eglise se place au-dessus du Christ et de sa Parole

A partir du 11e siècle environ, la tendance des évêques de Rome à s'identifier au Christ lui-même et à usurper la place du Seigneur, prend une toute nouvelle ampleur avec des pontificats puissants, ceux de Grégoire VII - pourtant fortement marqué par l'étude de la Bible - puis d'Innocent III et de Boniface VIII. C'est à cette époque que se consolida ce que nous connaissons sous le nom de système catholique romain. La papauté se dégage alors de l'emprise des pouvoirs politiques, prend le dessus dans son conflit avec les Empereurs Hohenstaufen et cherche à libérer l'Eglise tout entière de sa dépendance envers les princes. L'infaillibilité pontificale est affirmée, ajoutant ainsi une infaillibilité purement humaine à celle de la Bible. L'Eglise est maintenant conçue comme le prolongement visible du Christ lui-même, doctrine qui est à la base des pouvoirs particuliers du clergé dont le célibat devient obligatoire. La messe comme renouvellement non-sanglant du sacrifice du Christ par le prêtre prend sa forme actuelle et l'on voit apparaître des doctrines, telles celle du purgatoire, qui ne font que renforcer le pouvoir spirituel du clergé aux dépens de l'action souveraine de la grâce de Dieu». En fait, ce que la grande histoire de Fliche et de Martin appelle la centralisation pontificale ou la monarchie pontificale, n'est rien d'autre que le retour en force d'une vision romaine, impériale et païenne, du pouvoir dans l'Eglise. Ce retour aux formes païennes du pouvoir politique fut fortement renforcé par le rétablissement de l'enseignement du droit romain. particulièrement à l'Université de Bologne, et son introduction dans le droit canon comme source juridique fondamentale du droit à la place de la loi biblique.

2. L'Empire et les royaumes d'Occident imitent la romanisation du pouvoir ecclésiastique

Les empereurs du Saint Empire Romain Germanique, surtout la dynastie des Hohenstaufen, en la personne de Henri VI et de Frédéric Il, ne tardèrent pas à imiter le nouveau modèle du pouvoir établi par la papauté, afin de lui contester la suprématie politique absolue en Occident. Chez Frédéric Il. ceci fut accompagné par un véritable retour au paganisme et par le rejet des normes chrétiennes, allant même jusqu'à prôner la divinisation de la personne de l'Empereur. Plus tard, les monarchies françaises et anglaises, cherchant à consolider leur pouvoir face aux prétentions tant de la papauté que de l'empire, adoptèrent également cette vision sécularisée du pouvoir politique. Ainsi commença le travail de sape de tout l'édifice de la chrétienté qui, au cours du Moyen Âge, avait petit à petit édifié une société imprégnée de fond en comble par les normes de la parole de Dieu.

3. L'entrée en force de la philosophie païenne dans la pensée chrétienne du 13e siècle

Par l'influence d'Augustin, la pensée dualiste de Platon, fondée sur une opposition fondamentale entre esprit et matière (contrairement à la dichotomie chrétienne, qui est entre vérité et erreur, bien et mal), avait fortement marqué tout un aspect de la pensée du haut Moyen Âge. Au 1er siècle, avec l'œuvre de Thomas d'Aquin, une large entrée fut percée dans la citadelle de la chrétienté pour la philosophie païenne par la synthèse qu'il opéra entre christianisme et aristotélisme. Thomas d'Aquin souhaitait, en adaptant la pensée éminemment concrète et réaliste d'Aristote à la théologie chrétienne, contrecarrer l'influence néfaste du spiritualisme dualiste platonicien dans sa forme augustinienne. Il semblerait qu'en fin de compte il ait souhaité donner le dernier mot dans cette synthèse délicate à la pensée chrétienne, mais il n'échappa jamais au dualisme fondamental qui marquait toute la pensée grecque. Il transposa ainsi le dualisme grec (opposition: matière-esprit) en une forme nouvelle partiellement christianisée (opposition: nature-grâce). Pour lui, la foi ne devait pas seulement nous délivrer des liens du péché mais également des limites de la nature. Cette vision dualiste conduisit à séparer en deux domaines fondamentalement distincts les sciences humaines, accessibles aux seules lumières de la raison, des sciences divines, pour lesquelles la révélation devenait indispensable. Ceci revenait à dire que l'exercice de la pensée humaine séparée de la révélation divine était parfaitement adéquat au domaine dit profane. Comme si quelque chose pouvait être indépendant de Dieu! Comme si la pensée de Dieu révélée dans la Bible n'était pas également adéquate au domaine profane! Sous des apparences chrétiennes, il s'agit en fait d'une pensée en fin de compte païenne. Le père Ephrem Longpré (1890-1965), franciscain canadien et disciple de Duns Scot, s'est vigoureusement opposé au compromis thomiste qu'il «rendait responsable pour une bonne partie de la laïcisation de la pensée chrétienne». Ecoutons-le: «Galilée a failli être brûlé parce qu'il enseignait que la terre tournait autour du soleil et non le soleil autour de la terre. C'est toute la différence, et elle est énorme et irréductible, entre l'Ecole franciscaine et l'Ecole thomiste. Nous, nous enseignons que c'est la terre, c'est-à-dire tout le créé, qui tourne autour du Christ et non le Christ qui tourne autour du créé.»(23) (Le thomisme affirme que la raison humaine comprend les faits naturels, mais a besoin de la grâce pour comprendre les faits surnaturels.)

Duns Scot, dont l'influence fut si grande sur la Réforme française au travers de l'enseignement du philosophe et théologien écossais Jean Majeur, qui à Paris avait été un des maîtres de Calvin, trouva en Longpré un ardent défenseur: «La préoccupation de Duns Scot, en effet, est de créer, à l'encontre des philosophes et par-dessus Aristote entendu dans le sens authentique de sa pensée qui est païen. sous l'impulsion directe du donné révélé, une métaphysique intégralement chrétienne sensible dans tout son contenu aux exigences immédiates du dogme et à toutes ses implications les plus lointaines.

Mais l'équilibre instable créé par la pensée de Thomas d'Aquin entre un christianisme paganisé et un aristotélisme christianisé ne pouvait durer De son vivant déjà se montrait le fruit de ce compromis impossible dans la tentative d'un de ses successeurs, Siger de Brabant, de profiter de la brèche ouverte par Thomas d'Aquin pour séculariser radicalement la pensée dans tous les domaines qui ne touchaient pas directement à la théologie. Comme si la théologie ne concernait pas en fait toute la réalité, comme si Dieu n'était pas le maître d'œuvre de toute sa création! Il est significatif que la dernière bataille théologique engagée par Thomas d'Aquin fut contre cette tentative de pousser le système thomiste à sa conclusion laïque logique. C'est de ce mouvement que sont sorties ce que nous appelons aujourd'hui les sciences naturelles et les sciences humaines qui se veulent avant tout indépendantes de la pensée de Dieu exprimée dans la Bible.

4. L'humanisme italien et la première véritable renaissance du paganisme en Occident

Au 15e siècle, l'Italie a connu l'effondrement d'une présence chrétienne jusqu'alors dominante. Ce vide fut rapidement rempli par k redécouverte des valeurs culturelles de l'Antiquité et souvent par un retour explicite au paganisme 1ui-même. Le modèle dominant pour la société n'était plus du tout celui de la Bible, ni même celui de l'équilibre instable représenté par la pensée de Thomas d'Aquin. L'humanisme classique de Rome et d'Athènes devint le nouveau moule culturel dans lequel on souhaitait couler le renouveau des arts et des lettres. Avec ce renouveau d'intérêt pour l'Antiquité vint également un regain de curiosité pour tout ce qui touchait aux religions païennes jadis vaincues par le christianisme. Ainsi se développa un engouement irrésistible pour la mythologie, l'ésotérisme sous toutes ses formes, la magie, la divination, l'astrologie, et l'occultisme. Le néo-platonisme de l'Académie de Florence, fondée par Laurent de Médici et le philosophe Marsile Ficin, rejetait catégoriquement Aristote et le compromis thomiste pour s'orienter vers un platonisme à tendance nettement ésotérique. C'est contre ce retour au paganisme, contre cet affaissement du christianisme, que se dressa Jérôme Savonarole. Il n'est guère surprenant de constater que Ficin s'avérera un ennemi implacable du réformateur florentin. L'historien italien Eugenio Garin nous permet de sentir la violence du combat spirituel que livra Savonarole: «Une fois Savonarole mort (.), le chanoine Marsile Ficin composait son Apologie contre le supplicié, où il soutenait que ce n'était pas un seul esprit mauvais qui s'était incarné en lui, mais toute une armée de démons. Dans un temps qui avait cependant l'invective facile, on vit rarement rassemblées en un même écrit autant d'insultes et d'atteintes à la mémoire d'un mort». L'entreprise de restauration chrétienne de Florence par Savonarole fut abattue par une alliance entre la papauté des Borgia et les forces des humanistes, finalement peu enclins à se soumettre à la royauté de Jésus-Christ. Il est cependant frappant de voir Luther, quelque vingt ans plus tard, reprendre le flambeau de la lutte contre le nouveau paganisme dans l'Eglise et dans la société, se reconnaissant, dans une préface aux dernières Méditations de Savonarole, en quelque sorte comme appartenant à la lignée de son fougueux prédécesseur. Loin d'être des figures «modernes» comme on l'a trop souvent prétendu, des hommes comme Luther et Savonarole furent des personnalités archaïques à leur époque. Leurs préoccupations rappelaient bien plus celles du haut Moyen Age et même de l'antiquité chrétienne des pères de l'Eglise que la Renaissance ou les Lumières. Il est significatif que ce fut un Médici - la famille de banquiers qui avait dominé la vie politique, sociale et culturelle de Florence au 15e siècle et dont Savonarole avait si fortement combattu l'influence paganisante -' le pape Léon X, qui excommunia Luther, action qui rendit impossible toute véritable réforme interne de l'Eglise romaine.

5. La lettre morte d'un protestantisme apostat

La réforme fut le dernier barrage, socialement et politiquement significatif, à s'opposer à la montée apparemment irrésistible du paganisme moderne. Pendant la Réformation, partout où fut prêchée la parole de Dieu dans son intégralité, les forces montantes du paganisme furent arrêtées, et cela autant dans la société qu'à l'intérieur de l'Eglise. L'Eglise catholique, subissant par contre-coup involontaire l'influence bénéfique de la réforme, se mit elle-même à résister vigoureusement à l'offensive d'un paganisme qu'elle avait d'abord encouragé. Mais cette accalmie fut de courte durée.

La nouvelle brèche dans les défenses de la chrétienté se fit cette fois dans le monde gagné au protestantisme, en particulier en Hollande et en Grande Bretagne. La Hollande, par la tolérance relative qui y régnait dans la deuxième moitié du 17e siècle, devint la plaque tournante européenne des publications critiques de l'orthodoxie. La foi réformée, si fortement axée comme elle l'était sur la parole de Dieu et sa prédication et sur la foi seule (aux dépens de toute liturgie, de sacrements, de traditions, de coutumes), était particulièrement vulnérable à la tentation du rationalisme. une fois que s'introduisait un relâchement de la foi en l'autorité de la parole de Dieu. C'est d'un tel relâchement spirituel qu'est en grande partie venue l'offensive rationaliste de la fin du 17e et du siècle suivant. Ce n'est pas un hasard si la Franc-maçonnerie, qui joua un si grand rôle en France dans la montée des Lumières, fut fondée par un pasteur écossais apostat, James Anderson, associé à un prédicateur huguenot, Jean Théophile Désaguliers, ayant lui aussi renié de fait la foi chrétienne. Elle prit racine en Angleterre avant d'envahir l'Europe toute entière. Ces «lumières», dont le caractère principal était leur opposition aux «ténèbres» du christianisme, furent un des moteurs principaux de la Révolution française. Comme d'habitude, nous devons constater que le mal se propage toujours grâce à la démission du bien

.6. Le siècle des lumières et l'éclosion du paganisme moderne

Peter Gay un de meilleurs connaisseurs de la civilisation des lumières, intitule très justement le premier volume de son chef d'œuvre consacré au l8e siècle, «L'essor du paganisme moderne.» Il est aujourd'hui incontestable que le 18e siècle fut marqué par une guerre ouverte menée par la secte des philosophes, partisans modernes du paganisme, contre le christianisme tout entier. Le mot d'ordre de Voltaire, «écrasez l'infâme», s'adressait bien sûr surtout à l'Eglise catholique romaine. mais à travers elle il attaquait le Christ lui-même, la révélation et le christianisme tout entier. Il fallait à tout prix effacer toute trace de l'influence du christianisme de la civilisation européenne. C'est l'influence de ces «lumières» qui donna tout son caractère anti-chrétien à la Révolution française et qui y déchaîna la persécution si violente des chrétiens. Il ne faut pas non plus oublier la fascination de nombreux Français cultivés à la veille de la révolution pour tout ce qui concernait les pratiques occultes. Lemesmérisme faisait rage et un véritable magicien comme Cagliostro était la coqueluche des salons. 

Il nous faut également constater l'extrême faiblesse du christianisme à cette époque, du moins sur le continent. Si l'ancienne et la nouvelle Angleterre ont connu un important réveil spirituel dans la seconde moitié du 18< siècle, il n'en fut guère de même sur le continent. Sur le plan intellectuel, le christianisme n'offrit que peu de résistance aux assauts des philosophes. Le nerf combatif de l'apologétique chrétienne semblait brise. Il v avait certes quelques exceptions comme Edmtind Burke (sur le plan politique) ou Georg Friedrich Hamann (sur celui plus fondamental de la philosophie). Ce dernier était à la fois un ami personnel de Kant (ils s'étaient connus pendant leurs études secondaires à Kônigsberg) et son plus farouche - et unique? - adversaire chrétien.

Mais, comparé au siècle précédent, combien étaient rares les intellectuels chrétiens qui osaient, ou pouvaient, s'attaquer aux idoles idéologiques de l'époque. Abandonnant sa position conquérante, le christianisme se plaçait partout sur la défensive. Au lieu d'affirmer la nécessité absolue de la révélation, du surnaturel, des miracles, de l'irruption de Dieu dans un monde perdu, les chrétiens cherchaient à s'accommoder au mieux avec le rationalisme ambiant, diluant de plus en plus le contenu propre de la foi. Le renouveau piétiste portait ses fruits empoisonnés. Son anti-intellectualisme aboutissait à une attitude passive face au mal et à l'erreur et à une perte complète du sens du combat spirituel, moral et intellectuel. Il est aussi aisé de combattre chrétiennement sans doctrine structurée que de marcher sans colonne vertébrale!

Cette démission doctrinale allait de pair avec une graduelle disparition des préoccupations morales et sociales des chrétiens. L'oubli de la loi de Dieu, l'antinomisme, conduisit au refus de l'autorité de Dieu sur la vie individuelle et publique. La vision de l'autorité royale de Jésus-Christ sur la société toute entière disparut presque totalement et la sphère chrétienne commença à se réduire, là où elle existait encore, à un domaine presque exclusivement spirituel. On oubliait ainsi que tout pouvoir avait été donné au Christ dans les cieux et sur la terre. Faute de vision et de motivation, le christianisme, encore très largement majoritaire à la fin du 18e siècle, plia piteusement devant une petite clique de philosophes fanatiques, brillants et déterminés, et surtout délivrés des chaines qui nous empêchent de donner libre cours à notre penchant au mal que sont les scrupules moraux au cœur du christianisme. Les protestants en France plièrent d'une manière terrible devant le fléau de la révolution. La résistance catholique, elle, fut bien plus sérieuse et opiniâtre. La plupart des chrétiens de cette époque manifestaient bien l'apparence de la piété, mais où donc était leur force? Cette force ne vient que d'une communion constante avec Dieu, d'une vie spirituelle construite autour de cette charpente indispensable qu'est la doctrine biblique, d'une vie pratique tout entière fondée sur l'obéissance, dans tous les domaines de la vie, à la loi divine. Elle manquait lamentablement à beaucoup de chrétiens de ce temps, comme du nôtre d'ailleurs. La foi véritable, celle qui tant de fois auparavant avait montré sa force victorieuse en mettant le paganisme en déroute, avait presque partout disparu. Il n'est guère surprenant qu'alors s'ouvrit le gouffre béant de la Révolution; les portes de l'enfer commençaient à s'entrouvrir sur le monde moderne.

Jean-Marc Berthoud

Lien :   http://www.promesses.org/arts/94p20-27f.html

 

 

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L'ARGENT ET NOUS

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

                                       L'ARGENT ET NOUS

                                                                                                                                   D. WAROUX

      Depuis Adam, nous avons tous à gagner notre pain à la sueur de notre front. Mais les temps nous ont apporté une denrée particulière : l'argent. Nous y avons tous affaire sous une forme ou une autre. Personne de nous ne peut éviter la question de l'épargne et du crédit, ni les problèmes causés par l'économie moderne.

      Je voudrais examiner les deux aspects suivants:

      1. La prospérité est-elle un bien ou un mal?
      2. Quelle est notre responsabilité financière dans l'ouvre de Dieu?
      Avant de poursuivre la lecture, je vous invite à lire les textes que voici Mat 12.14-30 et Mal 3.7-12.

1. LA PROSPERITE

      Nos finances
      Frictions familiales, tensions individuelles, et frustrations diverses sont souvent dues à l'argent et à la manière de l'acquérir.

      Dieu a établi des principes de base selon lesquels le chrétien cherchant la volonté de Dieu doit gérer ses biens. Ils impliquent que le chrétien remette le contrôle total de ce qu'il possède à Dieu, de sorte qu'il n'en est que le gérant. Le chrétien n'est pas le propriétaire de ses biens; le propriétaire, c'est Dieu.

      A la mort de Rockefeller, quelqu'un demanda à son comptable: "Qu'a-t-il laissé ?"- "Tout", répondit le comptable. Toutes les richesses d'un homme se montent à zéro à sa mort. C'est pourquoi Jésus nous dit: Ne vous amassez pas de trésors sur la terre,... mais amassez des trésors dans le ciel... (Mat 6.19-20).

      Dans les temps anciens, on mesurait la richesse d'un homme au nombre de son bétail et à l'étendue de ses terres. Aujourd'hui, la richesse se mesure à l'argent qu'on possède et à la position sociale qu'on occupe. On prêtera plus volontiers à un médecin qu'à un ouvrier.

      Notre richesse peut être utilisée d'une manière créative : diffusion de l'Evangile, construction d'une église, nourriture aux affamés... Mais elle peut aussi servir à des activités frivoles, à des achats de luxe superflu, à la corruption, et j'en passe.

      La foi du chrétien doit s'étendre à tous les domaines. Si nous croyons que Dieu dans son amour nous donnera seulement l'argent que nous saurons gérer, nous serons dans la paix côté finances.

      Erreurs à rectifier
1.
 "La pauvreté est signe de spiritualité."
      Non, la pauvreté n'est pas une vertu. Il y a des pauvres malhonnêtes et des riches honnêtes. Quand Dieu enlève les richesses à l'un de ses serviteurs, ce n'est pas pour l'appauvrir. Le cas de Job est clair Dieu éprouvait son serviteur, et après l'épreuve il lui donna deux fois plus qu'avant.

      Ce qui compte, c'est l'emploi que nous faisons de notre argent. Dans la liste des dons énumérés dans Rom 12.6-8, on trouve la générosité. Or, on ne peut donner que lorsqu'on a de quoi donner. Dieu promet de bénir en biens celui qui donne de ses biens (Mal 3.10).

2. "L'argent est source du bonheur."
      Il n'y a pas plus de relation entre argent et bonheur qu'il n'y en a entre pauvreté et spiritualité. Tous les gens riches sont-ils heureux? Lisez les recommandations de Paul aux riches dans 1Tim 6.17-19!

3. "C'est un péché que d'être riche."
      Quand Dieu donna des richesses à Abraham et à Salomon (qui n'avait demandé que la sagesse), ce n'était certes pas pour les corrompre.

4. "L'argent est la racine de tout les maux."
      On croit que cela se trouve dans la Bible. Ce qu'elle dit est pourtant très différent:
 L'amour de l'argent est la racine de tous les maux (1 Tim 6.10). Paul vise l'avarice. Le jeune homme riche aimait l'argent (Luc 18.18-22); mais la vie d'un homme ne dépend pas de ce qu'il possède (Luc 12.15).

      Faisons le point
      L'argent en soi n'est ni bon ni mauvais. Comme la langue, il peut-être la meilleure et la pire des choses. Tout dépend de la manière dont on l'acquiert et de l'usage qu'on en fait. Il n'est que le symbole de tous les biens matériels que Dieu confie aux hommes.

      Dire que la religion n'a rien à voir avec le porte-monnaie est une piètre excuse pour ceux qui veulent être pieux sans bourse délié.

      Tout comme Jésus observait les gens qui mettaient leur offrande dans le tronc (Marc 12.41-44), il nous observe aujourd'hui. Que voit-il?

2. NOTRE RESPONSABILITE

      Comme tout appartient à Dieu, il est le propriétaire de nos biens. Voici ce qui me semble en découler:

1. Sire Dieu premier servi
      Sous l'ancienne alliance, les prémices revenaient à Dieu. Pourquoi attendre la fin du mois pour voir ce qu'on peut donner à Dieu? Les fins de mois sont difficiles... Ce n'est pas par hasard que Paul recommande aux Corinthiens, qui étaient payés à la semaine, de mettre de côté l'argent destiné au Seigneur le premier jour de la semaine (1 Cor 16.2).

      Mais à qui donner? Où donner? Je pense qu'il y a lieu de confier l'essentiel de l'argent voué au Seigneur à l'église locale, qui est l'instrument de Dieu. Veillons néanmoins que notre église reste dans la vérité.

2. Nos besoins ensuite 
      Dieu nous donne du travail pour que nous ne soyons à la charge de personne (2 Thes 3.8). Nous avons à pourvoir aux besoins de notre famille au risque de renier notre foi et d'être pires que les infidèles (1 Tim 5.8). Cependant,
 prendre soin des siens n'est pas une invitation à satisfaire aussi les besoins superflus. Si donc nous avons la nourriture et les vêtements, cela suffira (1 Tim 6.8). Cela doit nous faire réfléchir.

3. Les besoins du prochain
      Le prochain est d'abord mon frère dans la foi (1 Jean 3.17). L'aider dans son besoin, c'est servir le Seigneur; ne pas le faire entraîne la malédiction (Mat 25.40-45). Il y a des frères autour de nous qui sont privés d'emploi, qui ont des dettes causées par une longue maladie... Il y a aussi ceux au loin, en Ethiopie, au Soudan, au Sahel et ailleurs. Sachons discerner les besoins les plus pressants.

4. Les églises-soeur
      Les églises se doivent soutien et assistance mutuels. C'est une responsabilité réciproque, les églises dans l'abondance aidant les moins privilégiées. Une église nouvellement fondée doit atteindre son autonomie financière avant d'aider d'autres églises.

5. Le monde
      Bien que trésorier d'une société missionnaire, je ne pense pas que l'évangélisation du monde se situe d'abord dans les pays en voie de développement ou dans les pays islamiques. Le monde commence à notre porte. Chaque chrétien a une charge missionnaire correspondant à ses dons. L'un annonce l'Evangile, d'autres lui prodiguent leur support. Les uns ont besoin des autres. Et n'oublions pas que dans une église le pasteur est le missionnaire.

3. La générosité doit être...

générale.
      L'histoire de la veuve dans Marc 12 illustre un état de fait que j'ai constaté lors de collectes faites pour enfants handicapés: elles étaient plus abondantes dans le quartier pauvre que dans le quartier riche ! Ce phénomène se rencontre aussi bien dans le monde que dans l'église. Les pauvres se savent souvent plus concernés que les riches.

      Dieu considère davantage ce que nous gardons que ce que nous donnons. C'est à lui que nous devrons rendre compte de ce que nous avons fait de nos biens.

régulière.
      Dans la vie courante, nous devons périodiquement faire face à des échéances: impôts, loyer, facture d'électricité, etc. L'église locale n'est pas gérée au petit bonheur. Il y a le salaire du pasteur et les charges accessoires (AVS, deuxième pilier), la location des locaux, les dons que l'église a décidé de verser à une église sœur, à telle œuvre chrétienne...

proportionnelle.
      L'israélite était tenu de rendre à Dieu le dixième de ses revenus plus l'offrande volontaire. Pour le chrétien, c'est une base de départ. En fait, la loi demandait le minimum: ne pas tuer, ne pas commettre adultère, donner la dîme. Jésus demande le maximum: aimer l'ennemi, rejeter toute pensée impure dès sa naissance dans le cœur, donner tout ce qu'on peut. Au fur et à mesure que nos revenus augmentent, nous pouvons augmenter nos dons. Les 10 % peuvent croître jusqu'à 90 %, voire 95 %, si 5 % des gains suffisent aux besoins de la famille, comme certains hommes d'affaires en ont témoigné. Le chrétien doit suivre la "règle d'égalité" dont Paul parle dans 2 Cor 8.13-15 (à lire !).

abondante.
      Offririons-nous à Dieu ce qui ne nous coûte rien ?
 Je n'offrirai pas à l'Eternel, mon Dieu, des holocaustes gratuits !s'écriait David (2 Sam 24.24). Si notre générosité s'arrête là où s'arrêtent les besoins immédiats de notre église, la générosité s'arrête tout court! Ces calculs mesquins ne sont pas dignes de nous qui avons, ne l'oublions jamais, reçu pardon, salut et vie éternelle par la pure grâce, ô combien généreuse, de notre Seigneur!

intelligente et prudente

      Ne donnons pas n'importe où, sollicités que nous sommes de toutes parts. Ne soyons pas des aventuriers de la générosité. Demandons compte à ceux à qui nous donnons.

libre et joyeuse

      Aucune autorité ecclésiastique n'a le droit de forcer ou de limiter notre libéralité. Nous sommes entièrement libres de fixer les montants que nous voulons donner ici et là, nous souvenant toutefois de la règle d'égalité mentionnée plus haut. Le principal, c'est de donner joyeusement, d'un coeur débordant de reconnaissance envers Dieu, qui nous a tout donné gratuitement!

      A retenir

Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir, dit Jésus (Actes 20.35). Qui sème en abondance moissonnera en abondance. Que chacun donne comme il l'a résolu en son cour... Car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Cor 9.6-7).

      Donner avec joie: la clé du bonheur !

D. WAROUX
(Adaptation: Jean-Pierre SCHNEIDER)

Lien :  http://www.promesses.org/arts/80p23-27f.html

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LA MARQUE D'UN VRAI DISCIPLE

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

La marque du vrai disciple

Consécration et engagement

Philip NUNN

 

Beaucoup d’entre nous ont eu le privilège d’être nés et élevés dans un foyer chrétien. Nous allons à de bonnes réunions chrétiennes, nous lisons la Bible et nous chantons les cantiques. Nous sentons que nous sommes à la bonne place, faisant ce qu’il faut… Et pourtant, il manque quelque chose. À l’occasion, dans des moments d’introspection, nous nous alarmons de l’émotion insipide qui accompagne notre manière de vivre chrétienne. Cela nous semble si éloigné de l’excitation et de la satisfaction qui nous envahissent lorsque nous progressons dans nos études ou grimpons dans l’échelle de notre entreprise. C’est tellement différent de la fraîcheur et de l’excitation que nous ressentons en réservant nos prochaines vacances à l’étranger ou en revenant à la maison avec un nouveau gadget électronique. Cette platitude chrétienne est-elle normale ? Notre version de la foi chrétienne est-elle authentique ? Pouvons-nous vraiment nous appeler des « disciples de Jésus Christ » ?

Qu’est-ce qu’un disciple de Jésus ?

Être un disciple, c’est être quelqu’un qui apprend, qui suit un maître et se soumet à son enseignement. Dans le Nouveau Testament, le terme « disciple » est utilisé environ 270 fois. Il ne doit pas être utilisé indifféremment à la place de « sauvé », « saint », ou « chrétien né de nouveau ». Dans un sens large, il est utilisé pour parler des personnes qui marchaient avec Jésus ou dont le cœur était bien disposé à son égard (Jean 6.66, 19.38). Il est parfois utilisé exclusivement pour les douze qui le suivaient (Luc 22.11). Il est aussi utilisé pour identifier ceux dont l’attachement à Christ était le plus grand. Nous trouvons des disciples des deux sexes (Actes 9.10, 36). Il est probable que c’est par mépris que les disciples furent appelés « chrétiens » vers l’année 44 (Actes 11.26) – un terme qui n’est utilisé que trois fois dans le Nouveau Testament. Et ce n’est qu’à partir du IIe siècle que le nom de « chrétien » a été accepté par les croyants comme un titre honorifique. Dans ses écrits, l’apôtre Paul n’utilise jamais les mots disciple ni chrétien.

Luc, le docteur, raconte l’histoire au cours de laquelle Jésus explique ce qu’il attend de l’un de ses disciples (Luc 14.25-35). Ce jour-là, beaucoup de gens avaient laissé leur travail et leurs occupations pour venir apprendre et manifester leur adhésion à l’enseignement du Seigneur Jésus. Étaient-ils vraiment des disciples ? Quel était leur degré d’engagement ? Jésus se tourne vers cette foule qui le suivait facilement et la choque. Il place devant elle trois conditions primordiales.

1. Jésus, celui que j’aime le plus

« Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (v. 26). Les Écritures encouragent les valeurs familiales. Il ne nous est bien évidemment pas demandé de mépriser les membres de nos familles. Le mot « haïr » est utilisé dans un sens relatif (Matthieu 10.37). Dans le cercle de nos connaissances, nous aimons naturellement certaines personnes plus que d’autres. Ce que Jésus dit, c’est qu’à moins de l’aimer lui plus profondément et avec plus de force que quiconque, nous ne pouvons pas être son disciple. Le Seigneur Jésus réclame cette place suprême dans notre cœur et nos affections. Quelle place Jésus a-t-il dans votre cœur ?

2. Jésus, la première de mes priorités

« Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple. » (v. 27). À l’époque, sous la domination romaine, ceux qui portaient leur croix n’avaient plus que quelques heures à vivre. Quelles pensées pouvaient donc bien passer par l’esprit d’un homme portant sa croix ? Il devait éprouver un changement radical de ses priorités. Cette dispute familiale au sujet d’un héritage devait lui sembler tellement insignifiante, maintenant. Ses diplômes, comptes bancaires et statut social devaient être devenus bien peu dignes d’intérêt. La récolte à venir, ses projets d’affaires et son plan de retraite devaient alors lui paraître tellement hors de propos. Porter sa croix, c’est vivre le présent. Porter sa croix volontairement, c’est renoncer à nos droits fondamentaux. La croix change nos valeurs et nos priorités. Il n’y a rien de mal à faire des plans, à rêver, à aspirer à quelque chose. Ce que Jésus dit, c’est qu’à moins de l’avoir, lui, comme première des priorités dans notre vie, au dessus de nos rêves et de nos aspirations personnelles, nous ne pouvons pas être ses disciples. Quel rêve ou quelle force dirige votre vie ?

3. Jésus, mon trésor le plus précieux

« Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple. » (v. 33). Ceci constitue-t-il une condamnation de la propriété privée ? Non. Le problème, c’est notre attitude vis-à-vis de ce que nous possédons. Nous sommes des administrateurs provisoires des bénédictions de Dieu, jamais des propriétaires absolus. Nous sommes nés nus, et nous n’emporterons rien avec nous lorsque nous partirons. Et pourtant, au cours de ces quelques décades de vie, il est surprenant de considérer combien fermement nous pouvons tenir à des choses matérielles. Pour certains, il s’agit d’une voiture, d’une maison ou d’un portefeuille d’actions. Pour d’autres, c’est un ordinateur portable, des vêtements ou une collection de CD. Dans ce que vous possédez, qu’est-ce qui vous apporte une grande satisfaction ? Jésus dit qu’à moins de l’estimer, lui, au dessus de tout ce que nous avons, nous ne pouvons pas être son disciple.

La saveur

Nous savons que notre salut est un don de Dieu. Nous ne pouvons pas le gagner. Nous le recevons humblement et avec reconnaissance. Le Seigneur Jésus n’établit pas ici les conditions de notre salut. Il souligne clairement l’attitude requise pour une vie chrétienne normale. L’expression « il ne peut être mon disciple », réaffirmée trois fois par notre Seigneur, ajoute une grande force à ce standard. La foi chrétienne moderne s’autorise une plus grande flexibilité. Beaucoup semblent se satisfaire de suivre les traditions de l’église, d’être baptisé, ou d’aller à ce qu’ils considèrent être des réunions chrétiennes ayant une doctrine correcte. Notre style de vie diffère-t-il de manière significative des matérialistes, humanistes et épicuriens qui nous entourent ? Il n’y a bien sûr rien de mal à créer de la richesse, à aider son prochain ou à s’amuser. Mais le standard auquel Jésus nous appelle engendre une perspective complètement différente dans notre vie. Notre appel n’est pas de ressembler à du sel, mais d’être du sel. D’avoir du goût, d’influencer, de transformer, d’avoir de la saveur (v. 34). Cet engagement pour le Seigneur Jésus doit s’exprimer dans les détails de notre manière de vivre. Et si nous y manquons ? Malheureusement, ça nous arrive ! Nous ne devons jamais oublier la grâce de Dieu. En tant que chrétiens nés de nouveau, nous sommes maintenant enfants de Dieu. Nous sommes acceptés et aimés profondément par le Seigneur, de manière inconditionnelle. Nos succès et nos échecs ne le font pas nous aimer plus ou nous aimer moins. Son amour pour nous est constant et notre salut est certain. Pourquoi donc le Seigneur nous appelle-t-il à un niveau de consécration si élevé ?

Construire une tour, combattre

En exposant les trois conditions requises pour être un disciple, Jésus dépeint deux images à l’esprit de son auditoire. La première est celle d’un bâtisseur qui voudrait construire une tour (v. 28-30), et la suivante celle d’un roi qui voudrait partir en guerre contre un autre roi (v. 31-32). Le bâtisseur et le roi devaient regarder aux objectifs souhaités et évaluer ce dont ils avaient besoin pour les atteindre. Nous pouvons comprendre ces images comme un appel à considérer le coût d’être disciple de Jésus Christ. Le salut est un don gratuit de Dieu, mais il implique le brisement de notre orgueil et de notre volonté propre. Voulons-nous payer un tel prix ? Recherchons-nous une version plus aisée de la foi chrétienne ?

Nous pouvons peut-être également regarder à ces images depuis un angle différent. Nous savons qu’actuellement, le Seigneur a un objectif : l’édification de son église. Vous et moi sommes des pierres vivantes. En posant ces conditions, le Seigneur souligne la qualité désirée des pierres nécessaires à la construction. Nous savons que nous sommes actuellement engagés dans une guerre spirituelle. Ces trois conditions reflètent le degré d’engagement que Jésus demande à ses soldats. Si Jésus n’est pas celui que nous aimons en premier, à un moment critique nous le renierons pour complaire à quelqu’un d’autre. Si Jésus n’est pas la première de nos priorités, à un moment critique nous refuserons de nous laisser guider par lui et suivrons notre rêve. Si Jésus n’est pas notre trésor le plus précieux, à un moment critique nous rejetterons sa cause pour protéger notre investissement.

C’est à prendre ou à laisser !

Nous ne qualifierions pas actuellement les propos de notre Seigneur Jésus de « politiquement correct ». En fait, il est parfois plutôt radical, provocateur et recherche la confrontation. Il ne mangerait pas en d’autres compagnies ni ne retarderait un miracle pour éviter d’offenser les religieux. Il parle ouvertement des ennemis, de l’adultère, du divorce et de l’hypocrisie religieuse. Il n’atténue pas ses mots pour satisfaire son auditoire ou augmenter le nombre de ceux qui le suivent. En Jean 6, nous voyons Jésus encourager à délaisser la superficialité au profit d’une relation et d’une consécration plus profondes. En l’entendant, plusieurs se sont exclamés : « Cette parole est dure ; qui peut l'écouter ? » (v. 60) Que ressentez-vous face au standard élevé établi par Jésus ? Beaucoup étaient attirés par la personnalité chaleureuse de Jésus. Beaucoup suivaient Jésus pour un bénéfice matériel ou à la recherche d’un miracle. Mais lorsque Jésus a demandé un engagement plus profond, beaucoup « se retirèrent ; et ils ne marchaient plus avec lui » (v. 66). Que ressentent les meneurs lorsque ceux qui les suivent commencent à s’écarter ? Jésus a-t-il à offrir une version de la marche chrétienne meilleur marché, moins exigeante ? Jésus veut-il maintenant négocier un accord particulier avec ses amis les plus proches pour qu’ils ne le quittent pas ? En regardant au loin les silhouettes de ceux qui s’en allaient, Jésus se tourne vers les Douze qui étaient restés et leur demande : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » (v. 67) Ils étaient eux aussi libres de partir et s’en aller. Bien qu’ils soient ses plus proches amis, Jésus n’allait pas diminuer son standard pour les retenir. Ne nous trompons pas, ce haut standard de consécration à Jésus est toujours nécessaire aujourd’hui.

Quel autre choix possible ?

Chacun de nous a un moteur à l’intérieur de lui. Il y a quelque chose qui nous motive, quelque chose qui nous fait nous lever le matin, quelque chose qui nous incite à étudier et à travailler dur. Ce quelque chose inspire notre créativité et nous fait faire des sacrifices. Ce moteur peut être une recherche de confort, sécurité, reconnaissance ou succès. Il peut être une fuite devant la peur, l’insignifiance ou le vide. Quelle est la force motrice de votre vie ? Qu’est-ce qui vous fait avancer ? L’apôtre Pierre a considéré les options qui lui étaient offertes. Jésus demandait-il trop ? Devait-il aussi quitter Jésus et suivre la foule qui s’en allait ? Il a regardé à Jésus et lui a répondu : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu. » (v. 68-69) Quelle chose ou quelle personne est-elle digne de cette place centrale dans nos cœurs et dans nos vies aujourd’hui ? Le Seigneur Jésus n’appelle pas les chrétiens à se couper de la vie sociale normale et à se cacher au fond d’un monastère. Mais il les appelle à un changement intérieur radical. Vous ne vous verrez plus comme une mère de famille, un ingénieur ou une infirmière qui se trouve être chrétien(ne). Vous vous verrez comme un(e) chrétien(ne) qui se trouve être une mère de famille, un ingénieur ou une infirmière. Cette consécration à Jésus ne rend pas les gens excentriques ni détachés de ce monde. Lorsque Jésus est la passion de notre cœur, notre vie se place alors dans la bonne perspective. Nous sommes de meilleurs étudiants, de meilleurs travailleurs, de meilleurs voisins, de meilleurs enfants, de meilleurs parents, de meilleurs chrétiens. Seule, la présence centrale de Jésus dans une vie la rend saine et équilibrée.

Conclusion

Jésus Christ a donné sa vie afin de racheter un peuple pour qu’il lui appartienne. Le salut est actuellement offert gratuitement à qui se repent, croit et donne sa vie à Jésus. Le salut est un don, la vie chrétienne un défi. Si nous voulons être utiles à notre Maître, si nous voulons être de vrais disciples du Seigneur Jésus, quelque chose en nous doit céder. Lorsque Abraham a montré qu’il préférait Dieu à son fils, il a reçu son fils en retour. Mais ce faisant, le Seigneur a brisé quelque chose en Abraham. Êtes-vous arrivé à ce point de brisement devant Dieu ? Retenez-vous toujours quelque chose pour vous ? Nous devons volontairement abandonner nos propres plans et rêves, nous devons prendre notre croix, et placer Jésus au centre de nos cœurs. Comment l’apôtre Paul arrivait-il à avancer, avec joie, dans des circonstances tellement adverses ? Il était consacré et engagé envers une personne : « Pour moi, vivre, c’est Christ ! » (Phil 1.21). Certainement, le Seigneur Jésus en vaut encore la peine !

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DEUX VIES CONTRASTEES

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

DEUX VIES CONTRASTEES

Sebastien THERET

 

À la même époque, deux citoyens romains naissent au sein de l’Empire. Saul, issu d’une famille juive, voit le jour dans la ville de Tarse, au sud de la Turquie actuelle, tandis que Sénèque naît à Cordoue, en Espagne. Tous deux vont grandir et connaître les avantages d’une éducation intellectuelle privilégiée afin de les destiner à de hautes fonctions dans leur culture respective.

Jeune, Sénèque se rend à Rome pour y devenir l’élève de plusieurs maîtres dont Attale, qui enseigne la philosophie stoïcienne1 . Quant à Saul, il étudie à Jérusalem auprès du rabbin Gamaliel (Actes 22.3).

Voilà deux personnes assoiffées d’idéal qui souhaitent vivre ce qu’elles emmagasinent et ne pas considérer qu’elles ont agi alors qu’elles ont seulement parlé. Saul et Sénèque s’engagent donc avec ardeur et enthousiasme, chacun dans la voie qui s’ouvre à lui ; l’un comme rabbin, docteur de la loi mosaïque, l’autre comme orateur éloquent, précepteur, conseiller à la cour impériale. Les deux chemins pris par ces deux contemporains illustrent les grandes différences entre la sagesse qui vient d’en haut, de Dieu, et celle qui provient de l’homme et de ses travaux.

Convaincus de ce qu’ils ont reçu comme enseignements, ces deux hommes ne se ménagent pas pour en être de dignes représentants. Saul va jusqu’à pourchasser les chrétiens, dans l’église naissante, les faisant mettre en prison ou même à mort (Act 8.3 ; 9.1). Rien ne semble l’arrêter dans son zèle, dans son désir d’être fidèle à ce qu’il tient pour la vérité — non pas que les principes, ordonnances et préceptes de la Torah, des prophètes et des psaumes, soient erronés mais il n’en saisit pas l’essence même. Sénèque, dont la renommée grandit à Rome, doit faire face aux jalousies qui prévalent à la cour impériale. Il n’est pas facile de vivre en tant que philosophe conséquent avec le message que l’on porte aux alentours du trône du pouvoir temporel.

Mais voilà que ces deux routes, semble-t-il toutes tracées, bifurquent et amorcent un virage inattendu. Saul est arrêté par Dieu à l’approche de la ville de Damas (Act 9). Par cette révélation divine, les écailles qui l’aveuglent tombent et il s’engage dès lors comme serviteur de Christ en laissant complètement tomber les honneurs et la reconnaissance qui auraient pu être siens. Quelques années plus tard, dans la cité romaine, à la suite de l’assassinat de l’empereur Caligula en 41, son successeur Claude exile Sénèque, le brillant orateur, en Corse, dans une retraite forcée loin des fastes du palais ; son éloignement durera huit années, bien longues pour cet homme de cour à la personnalité complexe, et conscient de ses contradictions.

Sénèque n’est pas le fondateur du stoïcisme, mais l’un de ces plus illustres porte-drapeaux, du moins quant à l’une de ses facettes. Ainsi, il ne cherche pas la souffrance pour l’endurer avec courage. Non, il fait tout pour l’éviter et si elle s’invite de force, alors il cherche dans la sagesse humaine les ressources pour pouvoir lui faire face, la surmonter et atteindre le repos de l’âme par un apprentissage du contrôle de lui-même. Sénèque croit en l’homme. Il parle comme si la source du mal n’est pas vraiment dans la nature humaine (au contraire de Saul, devenu l’apôtre Paul de Romains 7). Sénèque écrit sur le bonheur, l’idéal d’une vie qui vaut la peine d’être vécue, sur les attitudes à avoir devant la mort, face aux épreuves de l’existence. Cependant, ses conseils qui paraissent parfois bons, ne sont souvent que des maximes, des belles pensées dont les hommes aiment à se souvenir mais qui ne donnent aucune force en elles-mêmes pour traverser l’épreuve.

En 49, Sénèque est gracié et revient à Rome pour prendre la charge de précepteur auprès du fils de la nouvelle impératrice, Néron qui, sous son instigation, deviendra en 54, à l’âge de dix-sept ans, le nouvel empereur. Le philosophe est alors à l’apogée de sa carrière. Il est célèbre, riche, influent et ce jusqu’au sommet de l’empire.

Pendant ce temps, Paul, l’ancien pharisien aux intéressantes perspectives d’avenir, parcourt les routes de l’empire, et ce dans des conditions difficiles (2 Cor 11.23-28), sans notoriété officielle (2 Cor 6.9), sans biens terrestres tout en enrichissant les autres de la vraie grâce de Dieu (2 Cor 6.10). Cette vie peu enviable de l’extérieur est pourtant riche et extraordinaire quant à sa relation avec Dieu et aux fruits qui en découlent. S’il rencontre l’adversité, il ne regrette en rien son appel à servir Christ quand bien même cela le conduit devant les tribunaux, et notamment dans la ville de Corinthe, lorsqu’il comparaît à la demande des Juifs, devant le frère aîné de Sénèque qui répond au nom de Gallion, alors sénateur et proconsul d’Achaïe (Act 18.12-17).

En 60, comme prisonnier pour l’amour de Christ, Paul est incarcéré à Rome pour comparaître devant l’empereur en personne. Nous ne savons pas si Paul et Sénèque se sont rencontrés lors de ce séjour (voir encart), mais il est évident que Néron est complètement sorti du cadre de l’enseignement que son précepteur s’est efforcé de lui inculquer. En effet, Sénèque n’a pu, au fil des années, que constater la dérive de son ancien élève et son incapacité à contrôler ses excès grandissants et plus qu’inquiétants. À tel point qu’il a voulu se retirer de la cour, prendre de la distance, mais la permission de cette retraite lui fut refusée. Sénèque n’est pas un homme libre. Peut-être se déplace-t-il dans le palais et la ville sans être entravés par des liens au contraire de Paul (Phil 1.13), mais le seul homme libre des deux, affranchi du péché et des vanités de cette terre, c’est bien l’apôtre dont une des consolations est de savoir son disciple Timothée, son enfant quant à la foi, fidèle à l’enseignement qu’il lui a transmis.

Après la libération de Paul, Néron, orgueilleux et vaniteux, s’enfonce dans la mégalomanie. En 64, il fait arrêter et mettre à mort les chrétiens de la ville en les accusant de l’incendie qui a ravagé la cité. L’année suivante, un complot se fomente pour éliminer cet empereur cruel. La tentative échoue et Néron en profite pour se débarrasser de Sénèque en lui donnant l’ordre de mettre fin à ses jours, ce que ce dernier fait en s’ouvrant les veines. Triste fin que celle de cet homme ayant couru après les honneurs et les richesses temporelles tout en se faisant le porte-parole d’une certaine forme de sagesse humaine. Quelle doit être son amertume en quittant ainsi la scène poussé par la folie meurtrière de celui qu’il a instruit en vain dans les voies de la raison humaine ?

L’apôtre Paul, n’a pas été un orateur brillant et estimé (2 Cor 10.10), un homme de pouvoir. Il a plutôt choisi l’opprobre du Christ, l’estimant comme un plus grand trésor que tout ce qui est ici-bas (Phil 3.7-8). Il a combattu le bon combat et achève sa course terrestre avec l’approbation de Dieu (2 Tim 4.6-8) et l’assurance d’une vie éternelle en Christ.

« Cette parole est certaine et digne de toute acceptation ; car c'est pour cela que nous travaillons et que nous sommes dans l'opprobre, parce que nous espérons dans le Dieu vivant qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles. » (1 Tim 4.9-10)

Aujourd’hui les effets bénis de la vie et des travaux de l’apôtre sont manifestes, si bien qu’il est aisé de se dire qu’il a choisi la bonne voie. Mais à l’époque, à part lui et les chrétiens, combien auraient associé à son nom la mention d’une vie réussie ? Pourtant elle l’a bien été au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer, et pas seulement dans ses résultats posthumes. Pour qui suit fidèlement le Seigneur Jésus, il est une abondance de vie que le monde ne peut percevoir ni même soupçonner.

Voulez-vous réussir votre vie, plutôt que de réussir dans la vie ? Suivez donc l’exemple de l’apôtre Paul qui nous invite dans son sillage :

« Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ. » (1 Cor 11.1)

 

 

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ize:13�r; ��J��Jly:"Times New Roman","serif";mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; color:black;mso-fareast-language:FR'>Un soir, le roi avait passablement bu et a décidé d’utiliser les ustensiles venant du Temple de Jérusalem pour continuer la beuverie, une manière peu subtile d’humilier ce dieu de Jérusalem et de proclamer la supériorité des siens. La bonne humeur de tous s’efface très vite lorsqu’apparaît une main qui écrit des mots incompréhensibles sur le mur. Le roi est terrifié, ce qui semble être la réaction la plus intelligente en pareille situation.

« Quand la reine-mère fut informée de ce qui troublait le roi et ses hauts dignitaires, elle pénétra dans la salle du festin. Elle prit la parole et dit : Que le roi vive éternellement ! Ne te laisse pas terrifier par tes pensées et que ton visage ne pâlisse pas ainsi ! Il y a, dans ton royaume, un homme en qui réside l'esprit des dieux saints ; du temps de ton père, on trouva en lui une clairvoyance, une intelligence et une sagesse pareilles à la sagesse des dieux, aussi le roi Nabuchodonosor, ton père, l'a-t-il établi chef des mages, des magiciens, des astrologues et des devins.

» La reine-mère a une théologie lamentable ! Elle parle de quelque chose qu'elle ne comprend pas. Elle doit avoir vaguement entendu dire que les Hébreux emploient un nom au pluriel pour appeler Dieu et que ces dieux sont appelés aussi saints; elle suppose donc que Daniel est un païen comme tous les autres, elle comprise. Mais derrière la confusion théologique, il y a quelque chose de stupéfiant. La reine voit la puissance de Dieu sur Daniel ; qu'elle n'ait pas les bons mots pour la décrire ne signifie pas qu'elle est aveugle. Dieu habite en Daniel de telle manière que, pour ceux qui l’entourent, il ne fait aucun doute que Dieu est derrière son serviteur. Si Dieu lui-même n'est pas présent en nous, le succès va nous échapper. Et c'est une chose à laquelle nous ne pouvons rien faire : il est impossible d'inciter Dieu à demeurer en nous. Soit nous acceptons le salut qu'il nous propose à ses conditions, soit nous n'aurons jamais Dieu en nous.

Toutes les autres clefs sont inutiles sans action de Dieu lui-même. Si Dieu ne lui avait pas révélé le rêve du roi, Daniel serait mort, point final. Si Dieu n'avait pas bien disposé l'intendant, Daniel aurait risqué sa tête aussi. Si Dieu n'est pas présent, garder notre intégrité signifiera devenir des fanatiques coincés, prier signifiera se créer l'impression que Dieu nous écoute et lire la Bible se transformera en activité culturelle avec des pensées positives. Il ne peut y avoir aucun succès sans intervention directe de l'Esprit du Dieu saint.

Comment définir le succès ?

Le succès de Daniel était un succès impressionnant à nos yeux. Et ces clés d'intégrité, de prière, de l'Écriture et de la présence de Dieu ont été essentielles pour le réaliser. Elles sont faciles à expliquer, et demandent surtout à être mises en œuvre. Mais s'arrêter à Daniel nous donnerait une fausse image du succès : la réussite professionnelle, ou familiale, ou artistique n'est pas le succès auquel les êtres humains sont appelés. La meilleure définition de ce dernier se trouve dans une autre partie de la Bible, la lettre aux Hébreux.

« Que dirai-je encore ? Le temps me manquerait si je voulais parler en détail de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes. Grâce à la foi, ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation de promesses, fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l'épée. Ils ont été remplis de force alors qu'ils étaient faibles. Ils se sont montrés vaillants dans les batailles, ils ont mis en fuite des armées ennemies ; des femmes ont vu leurs morts ressusciter pour leur être rendus. D'autres, en revanche, ont été torturés ; ils ont refusé d'être délivrés, afin d'obtenir ce qui est meilleur: la résurrection. D'autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d'autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l'épée. D'autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n'était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre. Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi, et pourtant, aucun d'eux n'a reçu ce qu'il leur avait promis. C'est que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous : ils ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection. » (Héb 11,32-40)

Remarquons que le succès est défini comme la victoire et la force, mais aussi comme la mort et la torture. Le succès, c'est quand Dieu peut dire de vous « le monde n'est pas digne de toi ». Et Dieu nous a fait à ce sujet de plus grandes promesses qu'aux grands héros de la foi. Les clés que nous avons découvertes dans le livre de Daniel vous garantissent ce succès-là ; elles ne garantissent pas l'autre, ni même une vie bien tranquille. Pour cela, il n'y a ni clé, ni garantie…

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Qui est Sénèque ?

Sénèque est né à Cordoue (environ 4 apr. J.-C. jusqu’à 65). Précepteur de Néron dont il encourut la disgrâce, celui-ci lui ordonnant de s’ouvrir les veines. On a de lui des traités de philosophie morale inspirés de la doctrine stoïcienne et des tragédies (Médée, les Troyennes, Agamemnon, Phèdre). D’après le Larousse.

Paul et Sénèque se sont-ils rencontrés ?

Jérôme, Augustin, les Actes des Martyrs de Linus, parlent d’une correspondance qui aurait été échangée entre Paul et le philosophe, lors du séjour de l’apôtre à Rome. Ces lettres, qui ont été conservées, mais avec des recensions différentes, n’ont pas une grande portée. Sénèque loue Paul et sa doctrine, mais il lui recommande d’améliorer son style et il lui envoie un traité sur la valeur des mots. Paul lui recommande d’être attentif à son enseignement. C’est au quinzième siècle seulement que l’on a nié l’authenticité de ces lettres, et contesté que Sénèque fût devenu chrétien ; le séjour de Paul à Rome, ses rapports avec Gallion, frère de Sénèque, et les vagues analogies que l’on a cru trouver entre les maximes du philosophe et la doctrine de l’apôtre, ne constituent en effet pas une preuve suffisante (Jean-Augustin Bost, Dictionnaire d’Histoire Ecclésiastique, Librairie Fischbacher, Paris, 1884) – Nous pouvons ajouter que Paul, s’il a terminé sa course en martyr, n’aurait pas mis fin lui-même à ses jours, étant, comme ses épîtres nous l’enseignent, complètement entre les mains de Dieu tant pour sa vie que pour sa mort. De plus, pourquoi aurait-il donné un quelconque argument à la doctrine stoïcienne en échangeant par écrit à propos de celle-ci ? Au contraire, sous la direction du Saint Esprit, il nous met en garde contre la vacuité de la sagesse humaine (1 Cor 1.20 ; 2.5 ; 3.20).

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QUATRE CLES POUR VOTRE SUCCES

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

QUATRE CLES POUR VOTRE SUCCES

Olivier Bangerter

 

 « Réussir sa vie » est une expression qu'on entend beaucoup. À partir de l'exemple du prophète Daniel, nous allons examiner quatre clés pour atteindre le succès, et nous garderons la définition du succès pour notre conclusion. Cet homme a été un grand prophète mais aussi un premier ministre qui a survécu à plusieurs rois et royaumes en gardant sa position. Il est difficile d'imaginer mieux comme succès.

Avant de nous lancer dans la description de quatre éléments déterminants chez Daniel, il nous faut faire une remarque : le destin et le succès des grands hommes de la Bible n'a pas dépendu de leur situation de départ. Moïse bénéficiait d'une position de départ enviable (familier du pharaon) avant de se retrouver dans la peau d'un meurtrier en cavale, début assez peu enviable pour celui que Dieu allait choisir pour délivrer son peuple d'Egypte. Au contraire, Néhémie a fait de grandes choses avec une position de départ très privilégiée (familier du roi). Quant à lui, David a commencé petit et fini tout en haut. Les circonstances de départ ne sont pas des éléments qui déterminent le succès dans la Bible, et il n'y a aucune raison de croire qu'elles le soient pour nous. Les seules questions pertinentes sont celles des clés du succès, et de sa définition.

Daniel commence en étant jeune, beau, intelligent et noble ; le monde aurait tendance à penser que c'est un bon départ, mais pour Daniel, c'est la recette pour le désastre, pour la déportation. Et la ville où il est déporté contre son gré n'est pas un centre de villégiature ; Babylone est le centre d’un empire qui pratique la guerre à grande échelle, sans égard pour ses voisins ou pour le droit international de son époque, faisant de leur propre force un dieu (Hab 1.6-11). Babylone est aussi le centre d’un empire païen, avec un grand nombre de dieux divers auxquels on rend un culte (Jér 50.38). À l’occasion, on adore même le roi (Dan 6.8). En plus de l’idolâtrie, les démons sont considérés comme la racine de la plupart des maux, et les Babyloniens mettent beaucoup d’effort à concilier leurs grâces. Il n’est donc pas surprenant que, dans cette ville, il n’y ait aucune distinction entre savoir naturel et savoir surnaturel. Ainsi, médecine et exorcisme, politique et divination, astronomie et astrologie (És 47.13) sont liés et la magie a une grande importance (És 47.9,12). Dans cette ville, on ne fait rien sans elle, ce qui explique que l’école du roi dont parle le chapitre 1 soit à la fois une école de magie et d’administration. Ce mélange des genres va poser des problèmes réguliers à Daniel et à ses amis (cf. Daniel 3, p. ex.). Quel chrétien aimerait avoir un rôle dans un endroit si corrompu ? « Dieu, s'il te plaît, pas ça, c'est trop dur. » Mais Dieu appelle chacun de nous à le servir là où nous sommes. Il peut nous envoyer à un autre endroit demain, mais c’est notre rôle de le servir ici aujourd'hui. Il n'y a aucune activité dans notre vie qui ne puisse pas être à sa gloire : « Dans tout ce que vous pouvez dire ou faire, agissez au nom du Seigneur Jésus, en remerciant Dieu le Père par lui. » (Col 3.17)

L'intégrité (Daniel 1.8-20)

Arrivé à Babylone, Daniel est promis à un bel avenir, si seulement il abandonne sa culture : il doit devenir Babylonien et on ne lui laisse pas le choix, allant jusqu’à changer son nom. Il est déraciné et sait qu’il ne reviendra jamais. Va-t-il se fondre dans la masse pour compenser son déracinement par la réussite sociale ? Non, Daniel prend la ferme résolution de ne pas se souiller (Dan 1,8). Son but n’est pas de monter le plus haut possible dans l’administration babylonienne, à n’importe quel prix, mais de rester fidèle à Dieu. C’est une leçon pour les chrétiens d’aujourd’hui : nous avons le choix entre mettre Dieu en premier, quitte à résister à la culture ambiante, ou nous laisser assimiler. A côté de Daniel et de ses trois amis, il y a eu d’autres jeunes juifs déportés dans cette école. D'autres ont « coulé » mais ces quatre-là ont décidé de ne pas nager avec le courant. Ces quatre ont refusé d’être des thermomètres du milieu ambiant : ils se sont intégrés dans cette culture, sans renier le fait que Dieu est leur Seigneur avant toute autre chose. C’est facile à dire, plus difficile à faire. Mais c’est à ça que Dieu nous appelle, dans la culture où nous sommes, que nous y soyons nés ou pas. Nous ne devons pas être des loups voulant être le chef de meute, mais nous ne devons pas plus être des moutons, faisant écho en bêlant à ce que dit le reste du troupeau. Avant de faire n'importe quoi, cherchons à garder notre intégrité.

Daniel prend la ferme résolution de ne pas se souiller. Ce verset est la clé de tout le chapitre, et peut-être de tout le livre de Daniel, bien plus que d’autres versets que nous considérerions comme plus spirituels. Mais avant de l'examiner, arrêtons-nous à ce que Daniel accepte : il ne met pas bêtement les pieds au mur, mais il a une attitude positive face à la culture locale. Pour servir Dieu, il sait qu’il devra montrer qu’il est prêt à cela. Il accepte de s’intégrer dans la culture en apprenant la langue et la littérature. Il accepte de mener ses études pour acquérir des capacités valorisées par le roi. Même si l’école est aussi une école de magie, il arrive à la suivre sans se mettre Dieu à dos, au contraire. Il est possible en tant que chrétien de suivre son exemple et de devenir bons dans notre domaine sans se compromettre. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. J’aimerais vous faire remarquer l’expression « ferme résolution » : ce n’est pas juste une idée passagère, Daniel est prêt à mettre sa position et sa vie même en danger. C’est une démarche d’homme solide, qui sait ce qu’il veut et est prêt à payer le prix pour ; il ne s’est pas simplement levé à un appel sous le coup de l’émotion mais il a mis toute sa personne dans sa décision, et il s'y tiendra. Prendre une ferme résolution est un défi difficile pour nous qui vivons dans un monde où la souplesse et le changement sont plus que valorisés. Mais il n'y a pas de chemin qui évite ce passage difficile, si nous voulons des vies réussies.

Si Daniel refuse la nourriture, et pas le reste, c'est parce qu'elle est liée au culte des idoles ; tous les autres « affrontements » dans le livre de Daniel ont aussi pour objet l’idolâtrie (en particulier, ch. 3 et 6). Si Daniel acceptait cette nourriture, provenant certainement de sacrifices, il devenait complice de l’idolâtrie. Ce premier compromis aurait pu le compromettre pour de bon. Le fait qu'il cherche à éviter un affrontement direct avec l'intendant n'est pas un signe de lâcheté, mais un signe d'intelligence. Daniel garde les conflits pour les situations où ils seront inévitables. Nous aussi, efforçons-nous de vivre en paix avec tous, pour autant que cela dépende de nous (et ce n'est pas simple, car nous sommes tous des pécheurs). Voyant la résolution de Daniel, Dieu va bénir cette attitude, car c’est celle qu’il attend de ses enfants. Il donne à Daniel et à ses amis la réussite scolaire que d’autres ont cherché en se compromettant ! L’apport de Dieu a plus que compensé les domaines où il a fallu s'opposer à des gens bien en place, il a donné dix fois plus de sagesse et des capacités extraordinaires en prime.

Dans certains cas, garder notre intégrité peut signifier des moments très « chauds », comme pour les amis de Daniel quand ils refusent d'adorer l'idole du roi (Dan 3.13-18), ou un danger sauvage comme pour Daniel quand le roi interdit tous pour prier un autre dieu que lui-même (6.6-10). Et pour Étienne (Act 7), garder son intégrité a signifié la mort. Mais il n'y a aucun succès sans intégrité.

La prière (Daniel 2.18 et 6.10-11)

Devant un danger imminent d’exécution, Daniel demande à ses amis « de supplier le Dieu des cieux que, dans sa grâce, il leur révèle ce secret » [le rêve du roi] (2.18). Pendant la nuit, le mystère sera révélé à Daniel dans une vision. La prière, ici en communauté, est une autre des clés du succès de Daniel. Il n'y a aucune manière d'avoir le succès sans ce dialogue avec Dieu. Et il n'y a aucune vraie prière sans connaissance de Dieu ; quand Daniel commence à prier, il a presque promis au roi qu'il pourrait expliquer son rêve. Il sait que Dieu peut agir et indiquer des secrets. Il sait que Dieu répond à ses serviteurs et que son Dieu peut révéler des secrets aux hommes, ce que les dieux de Babylone ne peuvent pas faire (2.11). Il sait que son Dieu est puissant et il demande que cette puissance soit démontrée.

Connaissons-nous un tel Dieu quand nous prions ? Ou comptons-nous sur nos propres capacités, même dans des situations désespérées ? Une des questions qui reviennent toujours dans mon esprit est liée aux livres chrétiens. On y trouve beaucoup de recettes dites « chrétiennes » pour tout, de l'évangélisation à la réussite d'un mariage, en passant par le jardinage ! D'abord décider a, puis lire le livre b, et après avoir dit la phrase c, le résultat d viendra à coup sûr. Quelques livres prétendent même donner la recette d'une prière qui sera exaucée à tous les coups. Mais où Dieu est-il là-dedans ? Si Dieu n'est pas présent et actif, nos recettes seront bien faibles pour répondre à nos défis. Daniel n'a aucun plan B ; si Dieu ne répond pas, il n'y a aucune porte de sortie. C'est d'autant plus une raison de prier, puis de louer Dieu quand il a répondu (2.19). La prière, ce n'est pas que demander, c’est aussi remercier ! Plus loin, il est dit que « trois fois par jour, Daniel se mettait à genoux pour prier et louer son Dieu » (6.10). C'est un exemple que je n'ai réussi à suivre que lorsque je vivais à côté d'une mosquée : l'appel à la prière m'appelant à… prier. Il ne faut pas chercher dans ce verset une prescription légale, trois fois et pas une de moins ou de plus, à genoux et la fenêtre ouverte. Le défi de Daniel est d'être régulier dans la prière, même quand cela devient dangereux, et même quand nos multiples activités nous laissent peu de temps. De nombreux parents de jeunes enfants pourraient nous dire qu'il est difficile de se concentrer pour prier quand le bébé a crié toute la nuit et qu'on n'a que cinq minutes pour le changer avant de devoir prendre un train !

La Bible (Daniel 9.2)

« La première année de son règne, moi, Daniel, je considérais dans les livres le nombre des années que l'Éternel avait indiqué au prophète Jérémie, et pendant lesquelles Jérusalem devait rester en ruine, c'est-à-dire soixante-dix ans.

» Notre conception « naturelle » du prophète est celle d'une personne qui n'a guère besoin de lire la Bible, car il/elle a un accès à la parole de Dieu par Dieu lui-même. C'est une conception erronée, et Daniel nous le prouve ; loin de se considérer au-dessus de la lecture et de la méditation de ce qui constituait pour lui la Bible , il s'y applique sur la durée (de nombreuses années sont déjà passées depuis qu'il est arrivé à Babylone), avec assiduité et dans l'intention d'en apprendre quelque chose. La révélation que Dieu lui donne dans le chapitre 9 est basée sur celle qui avait déjà été donnée à Jérémie.

Ce verset n'est pas dans le livre de Daniel par hasard : l'exemple d'un si grand prophète qui considère nécessaire de lire la Bible et de l'étudier renferme aussi un défi pour nous. Il ne s'agit pas seulement de lire ce livre en entier une fois (l'avez-vous fait ?), mais de continuellement se laisser enseigner par le Saint Esprit au travers de ces pages, et de recevoir humblement la portion de révélation qu'il veut nous donner ce jour-là. Si Daniel a estimé important de le faire, nous serions ridicules de négliger cette source. En effet, sans Bible, il n'y a aucune position ferme, mais seulement des opinions qui évoluent au gré des idées de la société. Si, en tant que chrétiens, nous nous mettons à adopter les idées du monde ambiant, nous serons systématiquement en retard ; les idées vont et viennent dans ce monde et beaucoup de ce qui semblait si important il y a 10 ou 15 ans a été oublié. Seule la Bible peut former votre pensée et votre vie d'une manière qui plaise à Dieu, vous permettant de dire la vérité éternelle de Dieu dans des termes contemporains.

Dieu qui réside en Daniel (Daniel 5.10-11)

Un soir, le roi avait passablement bu et a décidé d’utiliser les ustensiles venant du Temple de Jérusalem pour continuer la beuverie, une manière peu subtile d’humilier ce dieu de Jérusalem et de proclamer la supériorité des siens. La bonne humeur de tous s’efface très vite lorsqu’apparaît une main qui écrit des mots incompréhensibles sur le mur. Le roi est terrifié, ce qui semble être la réaction la plus intelligente en pareille situation.

« Quand la reine-mère fut informée de ce qui troublait le roi et ses hauts dignitaires, elle pénétra dans la salle du festin. Elle prit la parole et dit : Que le roi vive éternellement ! Ne te laisse pas terrifier par tes pensées et que ton visage ne pâlisse pas ainsi ! Il y a, dans ton royaume, un homme en qui réside l'esprit des dieux saints ; du temps de ton père, on trouva en lui une clairvoyance, une intelligence et une sagesse pareilles à la sagesse des dieux, aussi le roi Nabuchodonosor, ton père, l'a-t-il établi chef des mages, des magiciens, des astrologues et des devins.

» La reine-mère a une théologie lamentable ! Elle parle de quelque chose qu'elle ne comprend pas. Elle doit avoir vaguement entendu dire que les Hébreux emploient un nom au pluriel pour appeler Dieu et que ces dieux sont appelés aussi saints; elle suppose donc que Daniel est un païen comme tous les autres, elle comprise. Mais derrière la confusion théologique, il y a quelque chose de stupéfiant. La reine voit la puissance de Dieu sur Daniel ; qu'elle n'ait pas les bons mots pour la décrire ne signifie pas qu'elle est aveugle. Dieu habite en Daniel de telle manière que, pour ceux qui l’entourent, il ne fait aucun doute que Dieu est derrière son serviteur. Si Dieu lui-même n'est pas présent en nous, le succès va nous échapper. Et c'est une chose à laquelle nous ne pouvons rien faire : il est impossible d'inciter Dieu à demeurer en nous. Soit nous acceptons le salut qu'il nous propose à ses conditions, soit nous n'aurons jamais Dieu en nous.

Toutes les autres clefs sont inutiles sans action de Dieu lui-même. Si Dieu ne lui avait pas révélé le rêve du roi, Daniel serait mort, point final. Si Dieu n'avait pas bien disposé l'intendant, Daniel aurait risqué sa tête aussi. Si Dieu n'est pas présent, garder notre intégrité signifiera devenir des fanatiques coincés, prier signifiera se créer l'impression que Dieu nous écoute et lire la Bible se transformera en activité culturelle avec des pensées positives. Il ne peut y avoir aucun succès sans intervention directe de l'Esprit du Dieu saint.

Comment définir le succès ?

Le succès de Daniel était un succès impressionnant à nos yeux. Et ces clés d'intégrité, de prière, de l'Écriture et de la présence de Dieu ont été essentielles pour le réaliser. Elles sont faciles à expliquer, et demandent surtout à être mises en œuvre. Mais s'arrêter à Daniel nous donnerait une fausse image du succès : la réussite professionnelle, ou familiale, ou artistique n'est pas le succès auquel les êtres humains sont appelés. La meilleure définition de ce dernier se trouve dans une autre partie de la Bible, la lettre aux Hébreux.

« Que dirai-je encore ? Le temps me manquerait si je voulais parler en détail de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes. Grâce à la foi, ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation de promesses, fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l'épée. Ils ont été remplis de force alors qu'ils étaient faibles. Ils se sont montrés vaillants dans les batailles, ils ont mis en fuite des armées ennemies ; des femmes ont vu leurs morts ressusciter pour leur être rendus. D'autres, en revanche, ont été torturés ; ils ont refusé d'être délivrés, afin d'obtenir ce qui est meilleur: la résurrection. D'autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d'autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l'épée. D'autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n'était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre. Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi, et pourtant, aucun d'eux n'a reçu ce qu'il leur avait promis. C'est que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous : ils ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection. » (Héb 11,32-40)

Remarquons que le succès est défini comme la victoire et la force, mais aussi comme la mort et la torture. Le succès, c'est quand Dieu peut dire de vous « le monde n'est pas digne de toi ». Et Dieu nous a fait à ce sujet de plus grandes promesses qu'aux grands héros de la foi. Les clés que nous avons découvertes dans le livre de Daniel vous garantissent ce succès-là ; elles ne garantissent pas l'autre, ni même une vie bien tranquille. Pour cela, il n'y a ni clé, ni garantie…

Lien :  http://www.promesses.org/arts/163p4-8f.html

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VICTOIRES ET MISERES DES HEROS

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

VICTOIRES ET MISERES DES HEROS

                                                                                            Joël PROHIN

Pourquoi certains chrétiens ont-ils une vie en apparence facile, sans épreuves, alors que d’autres accumulent les contretemps, les « coups du sort », les difficultés ? Cette question lancinante ne manque pas de surgir lorsque nous apprenons la nouvelle « tuile » qui arrive à tel de nos frères dans la foi, déjà largement éprouvé.

A cette interrogation, les trois premiers amis de Job avaient une réponse simpliste : si Job, autrefois si béni, subissait catastrophe sur catastrophe, c’est tout simplement parce qu’il y avait un péché caché dans sa vie. Job lui-même s’interrogeait sur les raisons de sa situation. C’est d’une logique imparable : si l’on est fidèle, on aura une vie facile, sans épreuve ; si l’on se détourne de Dieu, on connaîtra des circonstances douloureuses. Il est même relativement facile de trouver des textes bibliques à l’appui d’un tel raisonnement, comme celui-ci : « Tout ira bien pour ceux qui craignent Dieu » (Ecc 8.12)1.

Le psalmiste Asaph s’était heurté à la même difficulté. Il s’étonnait de la prospérité des méchants, alors que lui-même était éprouvé (Ps 73.3,12,13,16). Plus tard, il a compris qu’il ne fallait pas juger de la situation sur le court terme, mais en prenant en compte la destinée éternelle de chacun.

On peut aussi se poser la question inverse : pourquoi certains chrétiens sont-ils durement persécutés, alors que d’autres jouissent d’une grande tranquillité, protégés par des lois favorables ? Paul ne dit-il pourtant pas que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Tim 3.12) ? Cela signifie-t-il, par exemple, que nous, chrétiens occidentaux, ne sommes pas fidèles ?

Un des textes les plus éclairants sur ce sujet difficile se trouve à la fin du chapitre 11 de l’épître aux Hébreux. Après avoir analysé rapidement cette portion, nous prendrons deux illustrations dans l’A.T. et deux dans le N.T. avant de livrer quelques pistes de réflexion.

Deux catégories de héros

L'auteur de l'épître aux Hébreux brosse au ch. 11 un panorama grandiose de la vie de la foi, à travers des héros de Dieu, afin d'encourager ses destinataires. Mais, après avoir évoqué des grands hommes (et femmes) de foi du Pentateuque et du livre de Josué (Abel, Hénoc, Noé, Abraham, Sara, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Rahab, v. 4-31), la place lui manque pour développer son sujet. Aussi se contente-t-il de donner une liste rapide de six personnages fameux des Juges et du livre de Samuel ; puis, après avoir mentionné globalement les prophètes, il dresse une liste d'actions d'éclat : vaincre des rois, fermer la gueule des lions, guérir de graves maladies, gagner des batailles (v. 33-35a)… Quels héros ! Quels exploits ! Et, immédiatement, plusieurs récits de grands hommes de l’A.T. nous reviennent en mémoire : les trois jeunes hébreux dans la fournaise, Daniel dans la fosse aux lions, Elie échappant à l’épée de Jézabel, Ezéchias guéri de sa maladie, Elisée ressuscitant le fils de la Sunamite…

Mais l'auteur continue en donnant une seconde liste, beaucoup plus surprenante (v. 35b-38) : des hommes et des femmes torturés, errants, égorgés, lapidés, emprisonnés… Que viennent faire dans ce contexte, ceux qu'on appellerait volontiers aujourd'hui des « loosers » ?

Pourtant, selon Dieu, ces derniers sont, tout autant que les premiers, des héros de la foi. Le terme grec utilisé pour « d'autres » est précis : ce sont des personnes de la même nature, sans différence qualitative avec les premières2 . Vainqueurs et vaincus, ils ont tous « reçu un témoignage par le moyen de la foi » (v. 39). Un Esaïe, mort scié en deux dans un tronc d’arbre, selon la tradition juive, un Michée souffleté pour être resté fidèle (1 Rois 22), un Zacharie lapidé sous Joas (2 Chr 24), de nombreux Juifs fidèles sous Antiochus Epiphane dont les épreuves sont rapportées dans les livres apocryphes des Maccabées, sont tout aussi dignes de figurer dans ce panthéon de la foi. La foi ne se caractérise ni par le fait d'échapper au tranchant de l'épée (v. 34), ni par le fait de mourir sous une épée (v. 37) : elle est avant tout l'attitude du cœur qui se confie en Dieu, dans les jours de succès comme de défaite apparente.

Deux exemples de l’A.T.

Pour préciser ce paradoxe, prenons deux hommes fidèles de l’A.T., en partie contemporains, Daniel et Jérémie :

– Daniel a été un homme particulièrement béni. Déporté dans le premier groupe amené par Nebucadnetsar en Babylonie, il y prospère jusqu’à devenir une sorte de Premier ministre. Il est d’une santé étonnante ; il reçoit de la part de Dieu une sagesse extraordinaire ; il est capable d’interpréter des songes et des messages difficiles ; ses interprétations, pourtant parfois dures, sont bien acceptées des monarques qu’il sert ; il va même jusqu’à « fermer la gueule des lions ». Assurément, il a une place de premier choix dans la liste des héros.
– Jérémie, au contraire, accumule les épreuves. Son message n’est pas reçu ; il est l’objet de complots ; il fait plusieurs séjours en prison ; à peine achevé, le manuscrit de ses oracles est détruit. Pour lui, point de palais somptueux, point de mets raffinés, mais la boue infâme de la citerne de la cour de la prison (Jér 38.6).

Cela voudrait-il dire que Daniel était plus fidèle à son Dieu que Jérémie ? Rien dans l’Ecriture ne permet d’étayer semblable supposition. Ces deux serviteurs, chacun à sa place, là où Dieu avait jugé bon de les mettre, sont restés fidèles, pieux et consacrés. Que ce soit dans l’opulence de la cour du plus grand monarque de l’époque ou dans l’humiliation de la prison d’une ville assiégée, ils ont servi Dieu, conformément à ce qu’il demandait d’eux. Persécuté et rejeté comme Jérémie ou préservé et honoré comme Daniel, ils sont tous les deux des héros de la foi que la Parole de Dieu se plaît à honorer.

Deux exemples du N.T.

Un récit du livre des Actes ne manque pas de nous intriguer : « Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l’église, et il fit mourir par l’épée Jacques, frère de Jean. Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. » (Act 12.1-3) Mais, miraculeusement, Pierre est délivré de prison par un ange et échappe au sort de son co-disciple Jacques.

Etrange différence, alors que le parcours des deux hommes avait été jusque-là très parallèle : tous deux faisaient partie des disciples de la première heure, ayant été appelés alors qu’ils pêchaient en mer de Galilée. Tous deux avaient partagé des moments uniques avec le Seigneur Jésus, dans la chambre de la fille de Jaïrus, sur la montagne de la transfiguration ou au jardin de Gethsémané3 . Alors pourquoi Jacques doit-il mourir si jeune ? Ses expériences particulières avec Jésus n’auraient-elles pas été utiles à l’Eglise ? A quoi bon ce martyre ?

L’un d’eux était-il plus fidèle que l’autre ? Si c’était le cas, le choix se porterait plutôt sur Jacques. Si le Seigneur a dû parfois le reprendre (Luc 9.55 ; Marc 10.38), c’est en tout cas moins souvent que Pierre. De plus, Jacques a abandonné Jésus à Gethsémané, comme tous les autres disciples, mais il n’a pas renié ouvertement son Seigneur comme Pierre l’a fait à trois reprises. Sachons-nous incliner devant la souveraineté de Dieu.

Des applications pour nous

1. Ne pas juger nos frères selon leur succès apparent : Nous sommes souvent prompts à jauger la qualité de la vie chrétienne (la nôtre ou celle de nos frères et sœurs) à l'aune du succès : tel croyant a été guéri d'un cancer a priori incurable ; tel autre a été le moyen de dizaines de conversions ; un autre voit ses affaires prospérer… C'est normal : n'est-il pas écrit : « Le juste prospérera » (Es 3.10) ? Et pour nous, que nous le reconnaissions ou pas, le « bien » se mesure d'abord dans cette vie.

Dieu, dans sa providence, n'a pas promis de garantir les siens contre les malheurs que connaissent tous les hommes ; bien au contraire, il annonce plutôt des souffrances particulières pour ses fidèles (Act 14.22). La Bible annonce davantage pour aujourd'hui l'échec que la réussite. Perdre avec Dieu (du moins à l'estimation de l'homme) est un succès bien plus éclatant de la foi que de gagner, même avec lui. En effet, le vainqueur d’aujourd’hui n’a-t-il pas déjà une partie de sa récompense ici-bas ?

2. Rechercher une « meilleure résurrection » : Parmi les « héros malheureux » d’Hébreux 11, certains n’ont pas accepté la délivrance « afin d’obtenir une meilleure résurrection » (v. 35b). Il est parfois possible d’atténuer, voire de changer, des circonstances adverses en acceptant des compromis. C’est ce que les inquisiteurs proposaient autrefois aux croyants fidèles. Mais ceux qui ont refusé d’être délivrés du bûcher ou des galères auront une part spéciale dans la résurrection : les portes du « royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » leur seront plus largement ouvertes (2 Pi 1.11). Dans ce sens, leur résurrection sera « meilleure »4 que celle qu’ils auraient connue s’ils avaient cédé.

Nous aussi, même si nous ne sommes pas placés devant des choix aussi radicaux, refusons le chemin de la facilité et ayons devant nous la récompense éternelle que le Seigneur promet aux vainqueurs qui persévèrent jusqu’au bout, malgré les difficultés.

3. Penser à la joie commune qui est devant : L’auteur de l’épître aux Hébreux termine son développement en affirmant que tous, héros vainqueurs ou héros vaincus, n’ont pas « obtenu ce qui était promis » (v. 39b) et ne sont pas parvenus à la perfection. Jésus, celui qui nous trace le chemin vers la gloire, lui, y est arrivé (12.1-3).

Aussi, quand parfois nous avons l'impression d'aller de revers en déconvenues, ne perdons pas courage : la perfection est devant nous et le Seigneur sera glorifié un jour dans la vie de tels « héros ».

1L’examen précis du contexte de ces versets permet souvent d’en préciser la portée et limite l’apparente contradiction avec d’autres textes. Par exemple, pour ce verset-ci, le début du verset indique bien qu’un pécheur peut faire le mal cent fois tout en prolongeant ses jours.
2Le grec dispose en effet de deux termes traduits indistinctement en français par « autres » : allos indique une distinction numérique d'objets de même caractère, tandis que heteros indique généralement une distinction générique, de nature (cf. W.E. Vine, Complete expository dictionary of Old and New Testament words, p. 451). On peut illustrer ce distinguo par l'exemple suivant : si à la question : « Voulez-vous encore une boisson ? », je réponds : « J'en voudrais bien une autre (allos) », cela signifie que je veux un deuxième verre de la même boisson ; sinon, « J'en voudrais bien une autre (heteros) », cela signifie que je veux changer de boisson.

3Il existe peut-être une quatrième situation qui a rapproché ces deux disciples. Paul mentionne en 1 Cor 15 deux apparitions particulières de Christ ressuscité à Céphas (i.e. Pierre) et à Jacques. L’identification de ce dernier n’est pas sûre, mais il n’est pas impossible qu’il s’agisse du frère de Jean. Jésus l’aurait rencontré spécifiquement, peut-être pour le préparer à son martyre

4« Meilleur » est un terme caractéristique de l'épître aux Hébreux. D'un point de vue dispensationaliste, la période chrétienne introduit dans un nouvel ordre, meilleur que celui de la loi. Plus généralement, cette lettre indique que le « meilleur » n'est pas encore pleinement arrivé et reste devant nous. C'est ce côté que présente particulièrement la dernière

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26 Septembre 2011 , Rédigé par INSTITUT PROFESSIONNEL DES TECHNIQUES ET DE DEVELOPPEMENT

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LES EXCUSES

12 Septembre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

LES EXCUSES (1)

Luc 14.15-24 ; Mt 22.1-14

 

Les excuses : - Les excuses sont des raisons invoquées pour se soustraire de ses obligations.

- Raison avancée pour se défendre d’une accusation, d’un reproche, pour expliquer ou atténuer une faute.

Dans le sens du pardon, l’excuse est un regret qu’on présente à quelqu’un pour l’avoir offensé. 

 

Loin d’être une simple déclaration, l’excuse est plus qu’une offense, une injure à l’autorité, une trahison à la vérité, un étalage de sa propre justice au détriment de la loyauté. C’est la manifestation d’un esprit corrompu. L’excuse est une preuve de l’immaturité spirituelle, émotionnelle et morale. C’est l’expression d’un esprit enfantin qui prétexte ne pas reconnaître son état, sa faiblesse. En déduction, l’excuse est une stratégie du diable pour nier la vérité, pour mentir. 

 

Ce texte dépeint l’esprit du peuple de Dieu qui manifeste l’ingratitude, l’insolente confiance dans leur aveuglement et hypocrisie spirituelle, la révolte et le refus d’obéissance. Dans la pensée divine de Jésus, il présentait un peuple indifférent au bonheur éternel qui lui est offerte  gratuitement au profit d’une joie éphémère. Tous les motifs présentés pour s’excuser sont honnêtes, légitimes, plausible aux yeux des hommes, mais il n’y a aucune compatibilité entre ces choses et la communion,la volonté de Dieu. Dans la tradition orientale, on offrait toujours une première invitation et la deuxième est remise le jour de la cérémonie. Dès que l’invité arrivait, on lui remettait un manteau appelé « kaftan » avec lequel il pouvait se présenter convenablement devant le Prince. Dans le fond, ce manteau est la justice intérieure, la sanctification qui s’obtient par la repentance et la foi en Christ. Les excuses montrent la culpabilité de ceux qui, préférait les haillons de leur propre justice au détriment de la justice parfaite qui leur est offerte, refusant de soumettre leur cœur irrégénéré à la sanctification, sans laquelle nul ne verra le Seigneur. Dans nos églises, notre position, notre ministère, nos charismes, nos talents, notre éloquence, notre zèle et bien d’autres privilèges extérieurs nous conduisent à une auto glorification du moi ; Dieu ne recherche pas les œuvres extérieures, mais la pureté intérieure qui établie une intimité avec lui. Comment est notre caractère face à plusieurs situations ? N’est-ce pas de nos caractères venant du cœur méchant que sont issues nos mauvaises actions pour lesquelles nous trouvons des excuses ? Toutes les excuses en leur fond, ne sont que des vains prétextes, parce quel e vrai obstacle à l’obéissance est dans le cœur qui refuse la soumission en privilégiant les intérêts propres, personnels et égocentrique : les possessions, les affaires, les affections de famille :

 

1. « J’ai acheté un champ, et il me faut nécessairement sortir pour voir » (Luc 14.18) : Cet homme se croit sous la nécessité absolue de refuser d’aller à l’invitation. Combien trouve nécessaire de se soustraire de sa tâche, de répondre à l’invitation pressante du Saint-Esprit de faire la volonté de Dieu ? Ceci traduit la notion de manque de consécration réelle à Dieu. Pour lui, il y a des priorités au-dessus de Dieu. Combien ont cru avoir raison devant leur responsable spirituelle pour souffrir après ? Combien ont repoussé les instructions reçues pour revenir après confessé en pleurant, mais devant boire l’amère coupe de leur rébellion ?

Dans Mt 22.5, la notion d’excuse est porté sur le son propre champ. La jouissance de sa propriété lui suffit et il méprise l’invitation. Il a mis de côté la réalité selon laquelle, il est esclave de la justice et de l’obéissance au Seigneur parce qu’en se consacrant à Dieu, il l’a fait avec tout ce qui lui appartient. Réalises-tu que l’esclave que tu es n’a plus rien qui lui appartienne et que toi et toute ta richesse est la propriété de Dieu ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Même ce que tu offre à Dieu ne vient-il pas toujours de lui ?

 

2. « J’ai acheté cinq couple de boeufs, je m’en vais les essayer » (Luc 14.19) : Ce second homme informe tout simplement Dieu de l’importance de voir s’il n’a pas fait une mauvaise affaire. Certainement, il l’a fait sans Dieu et veut s’assurer de son ingéniosité. Peut-être a-t-il agit frauduleusement alors qu’il est écrit : « Mauvais! Mauvais! dit l’acheteur; Et en s’en allant, il se félicite » (Proverbes 20.14). Maudit soit celui qui fait ses projets sans moi afin d’accumuler péché sur péché (Es 30.1-5). Plusieurs font leurs choses sans Dieu et après vont l’informer juste pour s’excuser afin d’endosser l’éventuelle responsabilité de l’échec sur Dieu. Les brebis adoptent la même attitude est souvent adopté envers les serviteurs de Dieu.  Le temps de Dieu est le meilleur car il peut prendre soin des choses secondaires, le royaume des cieux étant sa priorité ; « cherchez premièrement le royaume des cieux  et sa justice ».

Selon Mt 22.5, la notion du trafic pour tirer bénéfice en vue de garantir sa suffisance le presse. Demain, dit Jacques, j’irai faire un trafic et tirer un bénéfice ; Sais-tu si tu atteindras demain ? L’homme riche de Luc 12 montre comment le riche insensé avait dit « mon âme, mange et bois, repose-toi, car tu as amassé beaucoup pour plusieurs années. La même nuit, Dieu lui dit : insensé, ce que tu as amassé pour plusieurs années ne sera plus à toi car je retire ton âme ». Arrêtons nous un instant et réfléchissons sur le souci du lendemain au mépris des affaires du ciel !

 

3. « J’ai épousé une femme et c’est pourquoi, je ne puis venir » (Luc 14.20) : ce troisième ne trouve même pas juste de présenter une excuse tellement il est dans ses droits selon la loi Mosaïque, mais loin des exigences du Saint-Esprit. Que de priorité nous avons donné à nos coutumes, traditions, habitude, méthodes et expériences qui devaient être constamment renouvelées non dans le sens de la routine, mais de la révélation divine.

 

Dr André CHOUBEU

 

 

 

 

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