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LE FRUIT DE L’ESPRIT

30 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

LE FRUIT DE L’ESPRIT

LE FRUIT DE L’ESPRIT

Pierre-Yves Charrière

« Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ; la loi n’est pas contre ces choses. » (Galates 5.22-23)

Nous examinerons d’abord les différents sens du mot « fruit » et le rôle de l’Esprit en relation avec ces différentes significations ; puis nous examinerons ce qu’évoque l’allégorie du « fruit de l’Esprit » ; enfin nous regarderons brièvement les différents aspects de ce fruit.

A. Qu’est-ce qu’un fruit ?

Considérons trois sens du mot « fruit » :

• organe végétal succédant à la fleur et protégeant la graine ;

• aliment sucré produit par un arbre ;

• au sens figuré : résultat, bénéfice, but (« il récolte le fruit de son travail »).

Un fruit, comme porteur de graines et comme aliment, vise deux finalités évoquées dans le récit biblique de la création :

1. Transmettre la vie et la disséminer (le fruit a le sens de « porteur de graines ») : « Dieu dit : Que la terre produise […] des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. » (Gen 1.11) Le fruit protège les graines, puis les dissémine. Par exemple, une noix de coco flotte, et, en échouant sur un rivage lointain, peut faire germer un cocotier.

Dans un sens figuré, ces graines de vie ainsi semées sur toute la terre évoquent le résultat du travail de l’Esprit : il produit d’abord là où il le juge bon (il souffle « où il veut ») une conviction de péché qui conduit à accepter le salut en Jésus-Christ (Jean 16.8). L’Esprit peut alors transmettre la puissance d’une vie éternelle (Jean 3.5 ; 6.63).

2. Entretenir, fortifier la vie (le fruit a alors le sens d’aliment, de nourriture). Adam a entendu autrefois la voix de Dieu : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin » (cf. Gen 2.16) et depuis, l’homme se nourrit de tous ces fruits délicieux qui désaltèrent et fournissent de l’énergie. De tous ces fruits sans lesquels nous manquerions de vitamine C, nourriture essentielle pour notre santé (entre autres pour éviter la maladie du scorbut !) Non seulement les fruits entretiennent la vie de l’homme, mais ils procurent aussi un plaisir renouvelé par leur immense variété en goût, en consistance, en couleur, en taille, etc.

De même, la vie de l’homme intérieur doit être renouvelée : « Qu’il [le Père] vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur » dira Paul (Éph 3.16). « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. » (Gal 5.25)

B. L’allégorie du « fruit de l’Esprit »

L’expression « le fruit de l’Esprit » est en relation avec le sens figuré du mot fruit (résultat, bénéfice, but).

L’action de l’Esprit dans le croyant a donc pour « but » les neuf caractères énumérés en Galates 5.22 : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi.

Le choix inspiré du terme « fruit » est magnifique ! Paul reprend le terme que Jean-Baptiste ou le Seigneur lui-même avaient déjà utilisé dans son sens figuré : « Produisez donc du fruit digne de la repentance. » (Mat 3.8) « Tout bon arbre porte de bons fruits » (Mat 7.17)

Un FRUIT

Le fruit de l’Esprit est différent des dons de l’Esprit, lesquels sont accordés à différents chrétiens, à des moments choisis par Dieu (1 Cor 12.7-11). Par contre, le fruit de l’Esprit doit être porté par tous les chrétiens de tous les temps !

Mais ces caractères ne sont pas « portés » d’une façon automatique. Comme pour l’arbre, des conditions sont nécessaires, que le Seigneur précise à ses disciples : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit. » (Jean 15.5)

La fragilité de certains fruits peut évoquer aussi la fragilité de notre relation avec Dieu. Le fruit de l’Esprit pourrait-il disparaître ? « N’attristez pas le Saint-Esprit » enjoint Paul (Éph 4.30). Le contexte de cette exhortation indique comment ne pas attrister cet hôte divin en nous : par une vie droite, honnête, communiquant la grâce, sans amertume, dans un chemin de pardon et d’amour. Paul évoque aussi un cœur disposé à la prière et à la reconnaissance, et l’abstention de toute espèce de mal quand il écrit : « N’éteignez pas l’Esprit. » (1 Thes 5.19)

Comme le sarment de vigne « porte » la grappe de raisin, le chrétien « porte » ces caractères produits par l’Esprit ; le fruit est vu comme le résultat direct de la vie de Christ (la sève) dans le chrétien (Jean 15.1-8).

Nous avons tous, certainement à des degrés divers, des capacités naturelles, mais limitées : par exemple, les uns auront plus de douceur ou de patience que d’autres… L’Esprit saura sans doute utiliser ces capacités, mais fera en sorte qu’elles soient transcendées, et subsistent même au travers d’épreuves trop grandes pour nos forces naturelles.

Un fruit issu DE L’ESPRIT

Il est donc le résultat d’une action surnaturelle de Dieu en nous. Dieu souhaite nous rappeler que les caractères du fruit de l’Esprit sont le résultat, non de nos efforts ou de nos œuvres, mais de la présence du Saint-Esprit en nous.

Paul donne aux Éphésiens une autre description du fruit de l’Esprit (appelé ici le « fruit de la lumière »), qui complète bien celle donnée aux Galates : « Maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. » (Éph 5.8-9) À la liste des neuf caractères du fruit de l’Esprit de Galates 5, s’ajoutent donc la justice et la vérité. (D’ailleurs, l’absence de ces deux caractères aurait été très surprenante !)

UN fruit au singulier, bien que multiple

L’utilisation du singulier suggère non seulement que le Saint-Esprit ne produit qu’une sorte de fruit (il transforme le chrétien pour le rendre semblable à l’image de Christ), mais aussi que le résultat de l’action de Dieu en nous est globale, harmonieuse, équilibrée dans ses effets. Inutile donc de revendiquer une marche juste et vraie, si nous sommes dépourvus d’amour et de bonté, et réciproquement !

Un fruit en contraste avec les ŒUVRES de la chair

Par opposition aux « œuvres de la chair » (Gal 5.19-21), on s’attendrait à l’expression « les œuvres de l’Esprit ». Mais l’apôtre parle du « fruit de l’Esprit » pour montrer l’aspect intérieur du développement de la vie nouvelle, dont la source est l’Esprit de Dieu en l’homme.

Les œuvres sont produites par l’énergie humaine. Le fruit pousse quand la branche reste attachée au cep (Jean 15.5). La différence est comparable à celle qui existe entre une usine et un verger ! Dans le contexte de cette comparaison, les « œuvres » de la chair évoquent une activité fiévreuse alors que le « fruit » de l’Esprit évoque un verger paisible.

C. Les différentes facettes du fruit de l’Esprit

Examinons succinctement tous les aspects de ce fruit :

1. L’amour : En Galates 5.14, nous comprenons que toute la loi est contenue dans un seul commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous avons tous besoin de l’œuvre de Dieu dans nos cœurs pour aimer vraiment Dieu, notre conjoint, nos frères et sœurs, etc. Et c’est l’Esprit saint qui va verser dans nos cœurs l’amour même de Dieu (Rom 5.5).

2. La joie : La joie qui subsiste au sein de la souffrance ne peut que découler de la grâce de Dieu, comme celle par exemple de la joie de notre salut (Luc 10.20 ; Ps 51.12).

3. La paix : Elle désigne avant tout la paix avec Dieu. Elle nous est acquise par la foi en Christ (Rom 5.1). Si nous avons trouvé la paix avec Dieu, nous devons, par la puissance de l’Esprit en nous, nous efforcer de vivre en paix avec nos frères et nos sœurs dans l’Église (Rom 14.19) pour que l’unité de l’Esprit soit gardée par le lien de la paix (Éph 4.3) ! De même, cherchons à vivre en paix avec tous les hommes (Rom 12.18).

Ces trois vertus évoquent aussi la confiance en notre Père céleste.

4. La patience : Elle décrit la persévérance dans l’épreuve. Être patient, c’est savoir supporter, attendre, faire preuve de sympathie et de compréhension envers notre frère malgré ses faiblesses et ses péchés (Éph 4.2). En puisant dans la patience dont Jésus a fait preuve à notre égard, usons de patience les uns envers les autres (1 Tim 1.16).

5. La bienveillance : Elle est la disposition d’accueillir favorablement dans son cœur l’autre, tel qu’il est. La bienveillance recherche les occasions de faire le bien envers tous les hommes.

6. La bonté : Être bon, c’est être compatissant et faire du bien à son prochain.

Ces trois vertus de Christ — la patience, la bienveillance et la bonté — conduisent tout naturellement au pardon (Mat 18.21-22).

7. La foi ou la fidélité : Être fidèle, c’est être loyal et fiable dans nos affections, nos pensées, nos engagements. La fidélité et la confiance constituent le fondement sans lequel la société, le couple et la famille ne peuvent subsister !

8. La douceur : Souvenons-nous de ce que dit l’apôtre Pierre : « Un esprit doux et paisible […] est d'un grand prix devant Dieu » (1 Pi 3.4). La douceur intérieure est synonyme d’humilité. Un homme humble, animé d’un esprit de douceur, ne se préoccupe pas de son honneur (Gal 5.26), mais il se soucie de l’honneur de Christ (Gal 6.1-2).

9. La maîtrise de soi : Cette vertu consiste à placer notre « vieille nature » pécheresse sous le contrôle de l’Esprit et à ne pas accomplir les désirs de la chair (Gal 5.16). C’est aussi la retenue par rapport à la colère, aux paroles, aux désirs, à la passion pour l’argent ou le pouvoir…

Paul souligne la valeur de ces neuf facettes par une litote : « La loi ne condamne certes pas de telles choses. » (Gal 5.23)

D. La maturité du fruit de l’Esprit

Un fruit a besoin de temps pour mûrir. Minuscule au départ, il se développe, croît lentement et arrive progressivement à maturité grâce aux éléments nutritifs apportés par la sève et à l’énergie des rayons du soleil.

De même, le terme « fruit » évoque une action progressive de Dieu en nous. Dieu nous fait cheminer pas après pas, progrès après progrès. « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour. » (Pr 4.18)

Comment savoir si le fruit de l’Esprit en nous est « mûr » ? Quels sont nos critères pour savoir si une pêche est arrivée à maturité ? En la pressant ! N’est-ce pas les circonstances difficiles de la vie qui mettent le plus en relief le fruit de l’Esprit ? Tant que tout va bien, il nous semble facile d’être chrétiens. Le fruit de l’Esprit peut donner l’impression qu’il est arrivé à maturité. Lorsque l’épreuve survient, lorsque nous sommes « pressés », nous savons si le fruit de l’Esprit est réellement mûr ou pas. Comment réagissons-nous lorsque nous sommes confrontés à la calomnie, à l’injustice, à une simple contrariété ? Que sort-il du fruit pressé ? Un jus amer de récriminations ? Un jus d’orgueil blessé, de colère ? Un jus de mépris ? Ou un jus fait d’amour, de joie, de patience, d’humilité ?

E. Les bienfaits du fruit de l’Esprit

Quand nous voyons de beaux fruits sur un arbre ou sur l’étalage d’un marché, nous sommes attirés par eux. Ce fut l’expérience de Salomon : « Ce qui attire dans un homme, c’est sa bonté. » (Pr 19.22, Darby) Le fruit de l’Esprit que nous pourrons porter (souvent à notre insu) non seulement nous fera du bien, mais aussi sera bénéfique pour nos proches (notre conjoint, nos collègues de travail, nos frères et sœurs dans l’église, etc.). « Le fruit que porte le juste est un arbre de vie » (Pr 11.30, Semeur). Autrement dit, tout ce qui procède du juste (paroles et actions) est salutaire à ses proches. Quel encouragement pour nous !

F. Un fruit durable

Jésus l’évoque : « C’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné mission d’aller, de porter du fruit, du fruit qui soit durable. » (Jean 15.16, Semeur) Le bon fruit porté aujourd’hui a produit des conséquences pour l’éternité ! L’habit de toile fine de l’Épouse, dans le ciel, sera constitué des « œuvres justes des saints » (Apoc 19.8) !

L’apôtre Paul dit aussi : « Le fruit que vous portez, c’est une vie sainte, et le résultat auquel vous aboutissez, c’est la vie éternelle » (Rom 6.22, Semeur) et nous paraîtrons devant lui « chargés d’œuvres justes, ce fruit que Jésus–Christ aura produit en vous, à la gloire et à la louange de Dieu. » (Phil 1.11, Semeur)

Conclusion

Pour paraphraser une publicité qui vantait les bienfaits d’un yaourt bio, on pourrait dire, à la suite de la description que Paul fait du « fruit de l'Esprit » : « Ce que l’Esprit fait dans votre être intérieur se voit à l'extérieur ! »

L’expression « le fruit de l’Esprit » indique une action :

– surnaturelle de Dieu,

– globale, touchant tout l’être, harmonieuse, équilibrée dans ses effets,

– progressive tout au long de la vie,

– tranquille, paisible, attirante

Que Dieu nous aide à pouvoir dire à notre bien-aimé Sauveur qui vient bientôt : « Tous les fruits exquis [dans ma vie avec toi], nouveaux et anciens : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi ! » (Cant 7.13, Darby)

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p09.html

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LES SYMBOLES DE L’ESPRIT

30 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

LES SYMBOLES DE L’ESPRIT

LES SYMBOLES DE L’ESPRIT

Joël Prohin


Pour que nous saisissions mieux la nature et l’action de l’Esprit, la Bible utilise des symboles, bien adaptés à notre condition actuelle. Ces images fonctionnent par analogie : l’Esprit est « comme ». Le danger est double : soit on « presse » trop l’image, et on lui fait dire plus qu’elle n’en contient ; soit on la néglige, et on perd la richesse du symbole. Laissons-nous donc « porter » avec sobriété et reconnaissance par les sept images que nous allons examiner, en appliquant chacune d’elles à différents domaines de la vie chrétienne.

1. Le vent

La première image est le vent. Elle vient directement de la signification du mot « Esprit » dans les langues bibliques originales :

– en hébreu, rouah désigne à la fois le souffle (l’haleine), et le vent (l’air en mouvement1) ;

– en grec, pneuma désigne aussi à la fois le vent et la respiration2.

L’immatérialité de l’Esprit saint a conduit naturellement à utiliser ces termes pour le désigner et pour désigner l’esprit de l’homme. De plus, le vent peut souffler d’une force irrésistible : pensons à la puissance d’une tornade ! Ce souffle de l’Esprit est mis en relation avec plusieurs « créations » tout au long de l’Écriture :

La création de l’homme

« L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante. » (Gen 2.7) Par ce souffle de vie propre à la création de l’homme, Dieu distingue cette créature de toute autre. Et ce souffle est celui de son Esprit : « L’Esprit de Dieu m’a créé, et le souffle du Tout-Puissant m’anime. » (Job 33.4) Ainsi, tout être humain reçoit la vie naturelle par l’action directe et puissante de l’Esprit saint.

La nouvelle création

Le Saint-Esprit joue un rôle tout aussi fondamental dans la nouvelle création : « Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. […] Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. » (Jean 3.5-8) Jésus compare ici directement l’action de l’Esprit à celle du vent. Par cette analogie, il veut illustrer l’immense variété de l’activité de l’Esprit pour conduire quelqu’un à la nouvelle naissance. Les témoignages abondent pour prouver que Dieu a su toucher par son Esprit des personnes au travers de moyens très divers. Loin s’en faut que tous se convertissent grâce à Jean 3.16 ! Aussi, gardons-nous soigneusement de dicter à l’Esprit la façon dont il devrait s’y prendre pour atteindre une âme. Il n’y a pas de schéma-type de conversion.

La création collective de l’Église

« Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. » (Act 2.2) Les 120 réunis ont reçu à ce moment « la promesse du Père » : l’Esprit est venu les habiter collectivement et les a constitués en un seul corps, l’Église de Jésus-Christ (1 Cor 12.13). Le vent accompagnait souvent dans l’A.T. des manifestations divines3. C’est bien Dieu le Saint-Esprit qui descend faire sa demeure personnelle dans les croyants.

Comme dans son action individuelle, l’action collective de l’Esprit ne peut pas davantage être enfermée dans nos petits schémas que le vent ne peut être enfermé dans une boîte.

Enfin, le grand bruit souligne la « puissance » de son action (Act 1.8). Cette puissance se montrera dans le développement rapide de l’Église au cours du livre des Actes. Elle est encore active aujourd’hui dans l’Église, soyons-en persuadés !

La création collective du nouvel Israël

Dans une vision saisissante, Ézéchiel perçoit par anticipation le réveil collectif du peuple d’Israël, figuré par des ossements desséchés à qui Dieu redonne vie (Éz 37.9-10). Dieu va un jour agir dans le peuple élu, par le souffle puissant de son Esprit, et Israël se tournera, repentant, vers son Dieu. Il entrera ainsi dans les bénédictions de la nouvelle alliance qui sont déjà les nôtres.

Comme le vent, l'Esprit saint est donc libre, souverain, imprévisible, puissant, actif.

2. L’eau

En l’absence d’eau, toute vie est impossible. Notre besoin d’eau est tellement vital qu’un être humain normalement constitué, sous un climat tempéré, ne peut survivre plus de trois jours à la privation totale d’eau. On comprend alors pourquoi le Seigneur a utilisé l’image de l’eau pour illustrer l’action du Saint-Esprit qui donne la vie et qui l’entretient.

Un symbole expliqué par Jésus

À Nicodème, dans le texte déjà cité de Jean 3.5, Jésus parle de la nouvelle naissance « d’eau et d’Esprit ». Il est très probable qu’il s’agit d’un hendiadys4 ; aussi peut-on traduire : « Si quelqu'un n'est né d'eau, c'est-à-dire de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » La nouvelle naissance est opérée dans nos cœurs par l’Esprit, qui vient inonder notre âme et pénètre en nous, comme l’eau est présente dans toutes les cellules de notre corps.

À la femme samaritaine, Jésus dit : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4.13-14) Non seulement l’Esprit vient à la nouvelle naissance, mais il nous rafraîchit et nous désaltère continûment, en particulier en étant le moyen de notre communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus. Alors que le monde où nous vivons nous dessèche si rapidement et ne nous propose que des « citernes crevassées » (Jér 2.13), c’est l’Esprit qui nous parle des réalités célestes de notre foi et nous les rend présentes dès aujourd’hui (És 44.3). Grâce à lui, nous expérimentons ce qu’est la « vie en abondance ».

À la foule de Jérusalem, Jésus s’écrie : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » (Jean 7.37-38) Non seulement l’Esprit désaltère celui qui croit en Jésus, mais le croyant devient à son tour une source de bénédiction abondante pour d’autres ! Suis-je rempli et abreuvé de cet Esprit au point qu’il déborde ainsi du profond de mon être vers les autres ?

Comme l'eau, l'Esprit saint apporte donc la vie, la bénédiction et l'abondance.

3. L’huile

L’huile était utilisée pour de multiples usages dans l’Antiquité. Dans le peuple d’Israël, elle avait avant tout une fonction sacrée : l’onction d’huile distinguait pour un service particulier les rois (Saül et David portaient le titre « d’oint de l’Éternel »), les sacrificateurs (voir Lév 8) et les prophètes (1 Rois 19.18). Les lépreux guéris étaient aussi oints d’huile (Lév 14.18).

L’onction de Jésus

Homme mis à part pour Dieu par l’Esprit dès le ventre de Marie, Jésus a également reçu l’onction divine lors de son baptême, par la descente du Saint-Esprit sur lui. C’est pourquoi il a légitimement pu s’appliquer la prophétie d’Ésaïe dans la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. » (Luc 4.18-21) Pierre rappellera à Corneille : « Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth. » (Act 10.38)

À cette onction terrestre, va succéder l’onction céleste du Fils glorifié : « C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes collègues. » (Héb 1.9)

L’onction des croyants

À la suite de Jésus, les croyants ont reçu l’onction divine, par laquelle ils sont mis à part pour Dieu : « Celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu. » (2 Cor 1.21)

Nous aussi, pécheurs pardonnés (à l’image du lépreux guéri), nous sommes tous, dans notre petite mesure, « oints » : Dieu nous a distingués pour être sacrificateurs (adorateurs pour Dieu), prophètes (porteurs de la parole divine pour le monde) et rois (un jour avec Christ).

En étendant le sens de l’onction aux diverses fonctions de l’huile à cette époque, nous pouvons dire que :

– comme l’huile qui brûlait dans les lampes pour éclairer (Matt 25), l’Esprit saint nous aide à témoigner (Jean 15.26-27 ; Mat 5.14-16) ;

– comme l’huile qui entrait dans la composition de nombreux mets (1 Rois 17.12-13), l’Esprit saint nourrit ceux qui ont reçu son onction de toute la connaissance de Christ au travers de la Bible (1 Jean 2.20) — et les trois (Jésus, la Parole et l’Esprit) sont « la vérité » ;

– comme l’huile qui servait de médicament (Luc 10.34), l’Esprit saint a une puissance de guérison : c’est lui qui, dans les situations difficiles, face aux blessures de la vie, apporte l’apaisement nécessaire, incline le cœur au pardon, « console » dans le plein sens du terme ;

– comme l’huile sainte qui était à la base du parfum (Ex 30.24), l’Esprit saint est le moyen par lequel nous pouvons rendre un culte à Dieu (Phil 3.3) ;

– enfin, aujourd’hui, et peut-être déjà à l’époque du N.T., nous avons souvent besoin d’ « huile dans les rouages » pour faire fonctionner un mécanisme ; l’Esprit saint agit pour nous permettre de « fonctionner » harmonieusement ensemble, en un seul corps (Éph 4.3-4,16).

Comme l’huile, l’Esprit saint met à part, éclaire, nourrit, guérit, aide.

4. Le feu

Le baptême de feu

Le feu est associé au baptême de l’Esprit : « Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu », annonçait Jean-Baptiste (Luc 3.16).

S’agit-il du même baptême ? Les avis sont partagés. Si le feu est le symbole du jugement éternel (cf. Mat 25.41), le croyant est baptisé dans l’Esprit précisément pour échapper au sort final des pécheurs, la seconde mort, l’étang de feu. Mais le feu peut aussi symboliser la purification dans son sens positif5. Le feu est d’ailleurs la forme que l’Esprit a prise pour venir sur les 120 rassemblés : « Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit. » (Act 2.3-4)

Cette action de purification s’opère déjà lors de la nouvelle naissance : l’Esprit nous convainc de péché (Jean 16.8) : son action porte le fer au plus profond de notre être pour nous faire percevoir notre état de pécheur et produire en nous ce demi-tour vers Dieu.

Tout au long de notre vie, l’action de l’Esprit est efficace pour nous faire discerner et pour ôter ce qui est impropre à sa présence. Écoutons donc la voix de l’Esprit quand il met le doigt sur une dérive dans notre comportement, dans nos pensées, dans nos sentiments. Même si son intervention peut nous paraître aussi sensible qu’une brûlure, soyons assurés qu’il agit pour notre bien, afin que nous participions à la sainteté de notre hôte divin (Jac 4.6).

L’épreuve du feu pour nos œuvres

L’action purificatrice de l’Esprit s’étend aussi à notre service. Juste avant de rappeler que nous sommes le temple de Dieu et que l’Esprit habite en nous, Paul dit aux Corinthiens que leur activité sera éprouvée par le feu (1 Cor 3.13-17). Si l’Esprit est dit « saint », c’est justement parce que son action est incompatible avec un péché ouvertement toléré. Cela est vrai tant pour un individu que pour une église.

Comme le feu, l'Esprit saint purifie, convainc de péché, brûle le mal.

5. La colombe

C’est sous cette forme que l’Esprit s’est matérialisé lors du baptême de Jésus au Jourdain (Marc 1.9-11). La colombe suggère la pureté (à laquelle fait penser le blanc de ses plumes), la douceur, la tendresse. L’Esprit n’est pas seulement une puissance irrésistible, mais également un Esprit d’amour qui console avec douceur.

Le Seigneur demandait aussi à ses disciples d’être « simples comme des colombes » (Mat 10.16). « Simple » signifie « sans artifice », « sans duplicité ». En effet, l’Esprit de sagesse n’est en rien tortueux (Pr 8.8) et il ne trompe pas. C’est d’ailleurs un critère utile pour juger si une action est faite sous son influence ou pas…

Comme la colombe, l'Esprit saint est « simple », doux et pur.

6. Le sceau

Dans l’Antiquité, un souverain apposait son sceau sur les documents officiels de façon à les rendre définitifs. Si l’Esprit est comparé à un sceau, c’est précisément pour indiquer que son habitation en nous est définitive : « En lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis. » (Éph 1.13) Ce sceau signale un acte accompli une fois pour toute et l’Esprit en nous garantit que nous appartenons à Dieu pour l’éternité. Le lien entre Christ et nous est ferme (2 Cor 1.21-22). Quelle assurance ce symbole procure quant à notre salut !

Comme le sceau, l’Esprit saint marque la propriété, donne la sécurité, assure la protection.

7. Les arrhes

Lors d’une transaction, il était (et il est encore souvent) d’usage de verser des arrhes. Il s’agit d’une somme irrémédiablement acquise au propriétaire, en jouissance anticipée de la pleine propriété6. Paul utilise cette image pour indiquer que l’Esprit est pour nous un « avant-goût » de « notre héritage » (Éph 1.14). Dans notre condition présente, nous ne jouissons pas encore de tout ce qui sera notre partage éternel au ciel (2 Cor 5.5), mais nous en avons déjà une anticipation grâce à l’Esprit de Dieu dans nos cœurs : « Celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit. » (2 Cor 1.21-22) Quand nous pensons à tout ce que cet hôte divin est déjà pour nous, que dire de ce qui nous attend quand nous aurons la plénitude de notre héritage ?

Comme les arrhes, le Saint-Esprit nous assure de notre glorification.

Grâce à ces sept images (le vent, l’eau, l’huile, le feu, la colombe, le sceau, les arrhes), nous connaissons peut-être un peu mieux l’Esprit de Dieu ; mais le plus important est de le laisser agir en nous pour que, par sa plénitude, nous ressemblions toujours plus à celui qu’il nous révèle : Jésus Christ.

1 Voir Job 1.19 et Ps 135.17 pour deux exemples (parmi d’autres) de sens littéral.
2 Voir Jean 3.8 et 2 Thes 2.8 pour deux exemples (parmi d’autres) de sens littéral.
3 Voir le grand vent de 1 Rois 19.11-12, le tourbillon de Job 38.1, etc.
4 L’hendiadys est une figure de style qui consiste à désigner le même objet ou la même personne par deux mots reliés par « et ». Par exemple : « Voici ma femme et la mère de mes enfants » (mais il s’agit d’une seule et même personne).
5 L’absence de conjonction dans le texte original avant « feu » fait pencher vers un seul et même baptême. Le texte pourrait se paraphraser ainsi : « il vous baptisera du Saint-Esprit qui vous puri
-fiera comme

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p03.html

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L'EGLISE A BESOIN DE SE JOINDRE AU NOUVEAU "SHIFT DIVIN"

30 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

L'EGLISE A BESOIN DE SE JOINDRE AU NOUVEAU "SHIFT DIVIN"
par Alfred Noah (Articles), mardi 30 avril 2013, 08:08
L'EGLISE A BESOIN DE SE JOINDRE AU NOUVEAU "SHIFT DIVIN"


Dieu ne change pas, il est le même hier, aujourd'hui et éternellement, mais il bouge.
Dieu a bougé et a ouvert une nouvelle saison spirituelle et l'Eglise aussi doit suivre le mouvement divin sinon son immobilisme le positionnera hors de la volonté exacte et précise de Dieu.
ET DANS L'ACTUEL MOUVEMENT DE DIEU, L'ACCENT EST MIS PARTICULIÈREMENT SUR:
- l’alignement du style de vie par rapport à la parole de Dieu. nous n'avons plus droit de parler de Dieu et de contaminer son action de rédemption de la terre par notre manière de vivre. Tout ce que nous proclamons, nous devons le pratiquer.
- Le royaume qui est différent de l’église locale : le royaume de Dieu
va au-delà des frontières de l’église car Dieu est dans le monde. LUC 17 :20-21
-Le principe de la paternité (circoncision) : Dieu ne peut pas se faire un peuple
ayant un cœur bien disposer pour le retour de Christ, sans que ce
principe fonctionne dans l’église. LUC 1 :17 ; MALACHIE 4 :6
le jour grand et redoutable que la Bible parle ; c’est le retour du
Christ.
- Les alliances (relation): bâtir des relations de destinée et non celles basées sur les intérêts et buts humains. 1 Samuel 18:1-3
- Le voyage et la transition: la vie chrétienne est une réalité dynamique, donc l'immobilisme n'est pas tolérer dans le royaume
- L’importance de la doctrine: l'enseignement de la doctrine devient important pour le perfectionnement des saints. Tite 1:9; 2:1
- Les principes et les valeurs: là où les vies ne sont plus régis par Babylone, mais par les principes et valeurs d'un royaume (celui de Dieu) d'équité et de justice dont nous sommes citoyens.
- L’esprit de martyr ACTES 1 :8: vivre au-delà de son confort personnel mais pour les intérêts du royaume.
- La pureté intérieure (intégrité) : Matthieu 5:6 aspirer de toute notre force à vivre comme Dieu le demande.
- La puissance dans la prière: prier d'une manière gouvernementale; une coopération entre les intentions du ciel (volonté de Dieu) et l'activité des hommes sur la terre. Matthieu 6:10
- Le changement radical 2 CORINTHIENS 5 :17
- Les affaires du royaume (dont le but est d'apporter les moyens pour l'avancement des intentions de Dieu sur la terre) et non sur les affaires des chrétiens (qui sont conduits sur les mêmes standards que celles des babyloniens et qui ont pour finalité l'enrichissement personnel au détriment du royaume). Esaïe 60:5

CENTRE CHARIS GLOBAL (Nous sommes une famille, une nation, une armée, une initiative de Dieu qui va au-delà de l'église).
L'INVASION APOSTOLIQUE ET PROPHÉTIQUE CONTINUE....
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L’ADMINISTRATION COLLEGIALE ET EQUILIBREE DE L'EGLISE

21 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

L’ADMINISTRATION COLLEGIALE ET EQUILIBREE DE L'EGLISE

L’ADMINISTRATION COLLEGIALE ET EQUILIBREE DE L'EGLISE

Philip NUNN

Dans la Bible, on voit que l'administration1 de l'assemblée est confiée à des hommes, des frères mûrs, pieux, agissant d'une manière collégiale (1 Tim 3, Tite 1). Leur rôle est de guider l'assemblée2 de façon à répondre aux désirs de Christ, la tête de l'Église. Le Nouveau Testament énumère les qualités personnelles de ces hommes. De manière assez détaillée, il décrit aussi leurs responsabilités et la façon dont ils doivent agir.

Cet article laisse de côté des questions techniques importantes — de quel nom appeler ces hommes (s’il y a lieu de le faire) ? Comment deviennent-ils des conducteurs ? dans quelle mesure sont-ils publiquement reconnus ? Certains sont-ils (ou devraient-ils être) plus influents que d'autres ? Etc. Le propos est d'abord de montrer comment ces conducteurs peuvent être efficaces dans l’accomplissement de la tâche que Dieu leur a confiée.

I. Comité ou équipe ?

Certains considèrent le rôle de conducteur comme un statut dans l'Eglise. Bibliquement, conduire n'est pas une position, mais un travail, un humble service pour Dieu et pour ses frères et sœurs (1 Tim 3.1). C'est une tâche ardue. Si l'on n'est pas au clair sur ce point, on risque fort de devenir un tyran spirituel.

Les frères conducteurs fonctionnent en général comme un comité. Même dans les assemblées où ils se respectent, se font confiance et entretiennent un véritable dialogue, chaque frère peut être influencé par ses liens familiaux ou avoir des vues personnelles sur des points de détail. Ils recherchent ensemble la volonté du Seigneur sur différentes questions par voie de consensus. Le plus souvent, ces hommes essaient de se considérer comme égaux. Ils reconnaissent, et parfois tolèrent simplement le fait qu'ils soient différents, mais ils ne capitalisent pas sur ces différences.

Par contre, une équipe est quelque chose de différent. Dans une équipe, on reconnaît que Dieu a fait chaque frère conducteur différent des autres, avec des dons uniques, des forces propres, et par conséquent un apport spécifique à la tâche commune. Ainsi, chaque frère conducteur sait qu'il remplit un rôle particulier ou apporte une contribution spécifique dans le processus de conduite, et les autres frères le reconnaissent et l'apprécient dans le rôle qui lui est propre.

II. Cinq types de conduite dans l’assemblée

Depuis le début des années 1980, le commerce et l'industrie européens se sont particulièrement intéressés au concept du travail en équipe. Plusieurs études ont été réalisées pour identifier les caractéristiques personnelles qui freinent ou dynamisent les efforts de l'équipe. Certains de ces auteurs profanes imaginent avoir trouvé quelque chose de révolutionnaire et de nouveau, mais en fait ils décrivent tout simplement ce que l'apôtre Paul avait présent à l’esprit quand il parle du fonctionnement interne du "corps" de Christ. Dans ce corps unique, chaque membre est différent d'un autre, chaque membre est nécessaire pour assurer le fonctionnement équilibré de l’ensemble, les différentes parties se complètent mutuellement et travaillent harmonieusement, dans leurs diverses fonctions, pour le bien commun (1 Cor 12). Cette image du corps humain s'applique à tous les aspects de la vie d'église, y compris son administration.

De nombreux milieux chrétiens ont adopté des structures fortement hiérarchisées, plus ou moins éloignées du modèle biblique. Mais on constate que beaucoup réfléchissent sur ces sujets et aspirent à plus de simplicité.

Mon expérience et les observations que j'ai pu faire sur plusieurs continents et sur le champ missionnaire m'ont conduit à distinguer 5 rôles distincts ou types de conduite.

1. Le "visionnaire" : c'est un frère qui a un sens aigu du devoir. Il cherche à se tenir informé de ce qui se passe (dans le sens général) et il entretient des contacts dans et en dehors de l'assemblée. Il associe les Écritures aux besoins présents et futurs, propose de nouvelles idées et améliore la façon de réaliser les choses. Il est créatif, visionnaire et révolutionnaire ; ses propositions et ses idées troublent fréquemment le "train-train" de l'ensemble.

2. Le "coordinateur" : c'est le frère qui d’habitude regarde sa montre, qui a la capacité naturelle d’empêcher une réunion entre conducteurs de stagner. Il aide à prendre des décisions, et il s'assure que chacun est au clair sur la personne responsable de mettre en chantier les actions décidées. Quand ce frère ne peut pas venir, les discussions tournent souvent en rond et la réunion traîne !

3. Le "réalisateur" : c’est un plaisir d’avoir ce genre de frère dans la conduite de l’assemblée. Par exemple, aussitôt qu’une nouvelle disposition des sièges est décidée, il modifie leur agencement ! C'est un homme énergique, qui tient ses promesses, un homme de Dieu discipliné. Il n'a pas peur des obstacles, mais il peut parfois être trop rigide pour atteindre le but convenu.

4. Le "pasteur" : en fait, tous les frères conducteurs doivent avoir un cœur pastoral, c’est-à-dire un amour profond pour le peuple de Dieu et le désir de le servir (1 Pi 5.1-4). Mais l'observation montre que chez certains frères seulement, ce caractère est bien développé, joint à de bonnes aptitudes sociales. Le frère "pasteur" aime faire des visites ; il connaît le nom de la plupart des croyants dans l'assemblée (même le nom de leur chat !), et il est intéressé par tout ce qui les concerne et s’en rappelle. Il est la personne vers laquelle on se tourne naturellement dans les moments de crise familiale. Il est très affecté quand quelqu'un est critiqué injustement dans une réunion. Il rappelle aux frères d'être pratiques et réalistes. Par exemple, il leur fera remarquer que les enfants ne peuvent pas rester tranquilles et écouter parler du tabernacle pendant 4 heures ! Il rappelle à ses frères qu'ils ont affaire à de vraies personnes, des blessées, des frustrées, des fatiguées, des vulnérables. Reflétant le grand cœur du Souverain Berger, il rappelle constamment aux frères conducteurs que chaque personne et chaque cas sont différents et dignes d'une attention particulière.

5. Le "contrôleur de qualité" : ici aussi, tous les frères conducteurs doivent tenir "ferme la fidèle parole selon la doctrine" et être capables de "réfuter les contredisants" (Tite 1.9). Mais là encore, on constate des différences entre frères. Le "contrôleur de qualité" paraît souvent un peu passif et réservé. Il connaît sa Bible et pose fréquemment des questions qui dérangent sur les propositions qui viennent d'être faites. Il peut être vieux ou jeune, et il n'est pas nécessairement le plus "éduqué" ou le plus "intellectuel" du groupe, mais il ressent profondément que Christ est le chef de l'Église et que nous devrions faire attention de ne pas le décevoir. Il se méfie instinctivement du changement ou de la nouveauté et voit les dangers de chaque option envisagée. Il demande fréquemment qu’une décision soit renvoyée à la prochaine réunion pour donner plus temps à la réflexion et à la prière. Dans une période de changement, son rôle doit être particulièrement estimé et apprécié. Cette fonction est aussi importante que n'importe laquelle des 4 autres.

On devrait donc trouver environ cinq frères conducteurs dans une assemblée. Ce nombre est approximatif, puisque plusieurs frères peuvent appartenir au même profil ou un seul peut réunir les caractéristiques de plusieurs types. Pour maintenir une conduite saine, et par conséquent une vie d’assemblée saine et heureuse, il faut s'occuper de ces cinq domaines de responsabilité et les équilibrer.

III. Qui est qui ?

Dans le sport, le commerce et l'industrie, on forme des équipes équilibrées en choisissant des personnes qualifiées et des personnalités variées pour atteindre au mieux les résultats désirés. Dans l'Eglise, c'est l'Esprit Saint qui accorde les dons (1 Cor 12.11 ; Eph 4.11) et le vouloir (Phil 2.13), et qui choisit les hommes devant surveiller ou conduire le troupeau (Act 20.28).

Pourtant nous ne devons pas rester passifs dans le processus. Nous devons désirer avec ardeur les dons spirituels (1 Cor 14.1). Pour la conduite de l’assemblée, nous avons une parole "certaine" : "Si quelqu'un aspire à la charge de surveillant, il désire une œuvre excellente" (1 Tim 3.1). C’est alors la responsabilité de la personne et de l'assemblée de reconnaître ce que le Saint Esprit accomplit parmi eux (1 Thes 5.12,13). Comme les frères conducteurs travaillent en équipe, résolvent les problèmes et recherchent la direction du Seigneur pour l'assemblée, leurs dons et leurs aptitudes vont naturellement se manifester. Il n'est pas question de donner à chaque frère conducteur un rôle dans l'équipe des frères conducteurs, mais simplement de reconnaître la contribution unique que chacun apporte. Lentement le groupe se transformera en une équipe de frères conducteurs.

Maintenant, posez-vous les questions suivantes, particulièrement si vous avez une responsabilité dans votre assemblée : quel est celui ou quels sont les deux types parmi les cinq types de conduite d'assemblée qui vous caractérisent le mieux ? Réfléchissez également à la façon dont vos autres frères participent aux réunions. Notez leurs noms et leurs caractéristiques générales et essayez de les classer dans un ou plusieurs types de conduite. Cet exercice, fait seul ou avec d'autres, présente les avantages suivants :

1. Pour aider au développement personnel : chaque type de conduite a des faiblesses inhérentes. Le "visionnaire" risque d'avancer trop rapidement et de se distancer des autres. Le "coordinateur" court le danger de manipuler les autres. Le "réalisateur" devient facilement impatient et le "pasteur" mou et trop tolérant. Le "contrôleur de qualité" peut tomber dans la méfiance et développer un esprit de jugement et de critique sur les motifs et la spiritualité des autres frères.

Identifier le type auquel vous appartenez vous aidera à améliorer votre contribution, en développant vos points forts, tout en faisant un effort pour éviter vos faiblesses naturelles.

2. Pour mieux apprécier les autres : identifier la contribution de vos frères conducteurs vous aidera à devenir plus flexible, plus patient et plus réceptif aux différences observées et aux diverses contributions. Cela aide à réduire notre esprit instinctif de jugement envers ceux qui diffèrent de nous, nous ralentissent ou essayent d’introduire des changements.

3. Pour approfondir l’interdépendance : se considérer et s’accepter les uns les autres comme membres d’une équipe de frères conducteurs avec des profils différents encourage l'interdépendance et l'approfondissement, toujours important, de la confiance mutuelle. Les conducteurs apprennent à se faire confiance, à s’appuyer et à compter les uns sur les autres.

4. Pour tendre vers le maintien d’un équilibre : il est très possible que vous détectiez des lacunes chez les frères qui conduisent l'assemblée. Si l’un ou l’autre de ces 5 types de conduite fait défaut, l'assemblée en souffrira. L'absence du type "visionnaire" mène à la stagnation de l'assemblée. Le manque de "coordinateur" se voit dans l'incapacité de prendre des décisions et le découragement. Sans le "réalisateur", beaucoup de bonnes choses sont discutées et décidées, mais peu se réalisent. Si le type "pasteur" est faiblement représenté, l'équipe de conduite tend à se couper des autres saints. Sans l’influence du "contrôleur de qualité", des décisions rapides et imprudentes peuvent être prises ou alors l'assemblée suit des tendances populaires et s'éloigne des Écritures. Une fois que les frères conducteurs se sont rendu compte collectivement de toutes leurs lacunes, ils peuvent prier pour que Dieu stimule les types de conduite faiblement représentés ou suscite ceux qui leur manquent. En attendant, ils peuvent rechercher collectivement à combler leurs lacunes et à restaurer un sain équilibre dans la conduite de l’assemblée.

Conclusion

L’administration de l'assemblée par des hommes, dans un esprit de piété et de collégialité, était pratiquée et enseignée dans l'Église du temps des apôtres. Mais les bénéfices de la collégialité, selon les plans divins, sont loin d’être automatiques. Ils seront réalisés si les frères conducteurs essayent de travailler davantage comme une équipe, chacun reconnaissant son propre type de contribution et celui des autres. Ensemble ils chercheront à combler leurs lacunes pour conduire d'une manière équilibrée. N'oublions pas que le jour viendra où nous nous tiendrons devant Dieu pour lui rendre compte de la façon dont nous avons conduit son peuple (Héb 13.17). Nos familles, les croyants, les non-croyants, et la prochaine génération, bénéficieront de tous les progrès que nous pourrons réaliser. Il en vaut vraiment la peine.

1 Les mots "conduite" ou "administration" ont été utilisés dans cet article pour rendre le mot "leadership" utilisé par l'auteur dans son texte anglais initial. Pour désigner ceux qui assument cette fonction, le terme de "conducteurs" (utilisé en Héb 13.7, 17, 24) a été retenu. Cependant, l'emploi de ce dernier exige de se défaire de l'image du conducteur de bus qui dirige son véhicule rempli de passagers passifs (défense de parler au conducteur !). Dans l'Eglise, les conducteurs sont ceux qui sont à la tête, donnent des impulsions, assument des responsabilités, etc., sans pour autant tout contrôler ! Dans l'assemblée, il s'agit à proprement parler des anciens ; dans d'autres contextes (services, œuvres...), ce peut être d'autres personnes.
2 Dans cet article, le mot "assemblée" désigne une église locale.

http://www.promesses.org/arts/147p15-18f.html

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L’ŒUVRE DU SAINT-ESPRIT

19 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

L’ŒUVRE DU SAINT-ESPRIT

L’ŒUVRE DU SAINT-ESPRIT

Philip Nunn

Le Seigneur Jésus-Christ a donné à ses disciples l’assurance qu’il leur enverrait l’Esprit saint : « Quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. » Il a aussi expliqué que « l’Esprit de vérité […] [les] conduira dans toute la vérité […] Il [le] glorifiera » (Jean 16.8-14). Parmi ses dernières paroles, en leur confiant une importante mission, le Seigneur Jésus donne une garantie à ses disciples : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins […] jusqu’aux extrémités de la terre. » (Act 1.8) Du jour de la Pentecôte à aujourd’hui, le Saint-Esprit est intimement mêlé à la vie de chaque croyant et à l’édification de l’Église de Jésus-Christ. Travailler à l’œuvre du Seigneur sans la puissance de l’Esprit saint est aussi absurde que de vouloir coudre un vêtement sans fil. Même un travail conduit avec abnégation et esprit de sacrifice n’obtiendra, à la fin, aucun résultat durable. Aussi est-il primordial de savoir si nous avons vraiment l’Esprit et comment il peut agir pour nous remplir et nous guider.

L’Esprit saint vit-il en moi ?

Quand l’Esprit saint entre-t-il dans la vie d’une personne ? En qui demeure l’Esprit saint ? Comment puis-je savoir si j’ai l’Esprit saint ? Le livre des Actes rapporte le processus historique de transition entre le judaïsme et l’établissement de l’Église. Il s’y produisit différents événements uniques qui ne se répètent pas systématiquement. En contraste, les Épîtres sont didactiques et laissent des enseignements pour tous les âges. Dans les Actes, quatre passages relatent des événements au cours desquels des personnes reçoivent le Saint-Esprit :

Actes 2 : les croyants juifs le jour de la Pentecôte

Cet événement historique unique a marqué la naissance de l’Église. L’Esprit saint est descendu sur les croyants juifs rassemblés. Ils ont reçu de la puissance et ont parlé en langues de telle manière que les Juifs de différentes parties du monde, en visite à Jérusalem, entendaient le message, chacun dans sa propre langue.

Actes 8 : les Samaritains (moitié juifs, moitié païens)

Ils ont reçu le message par Philippe et plus tard, quand l’apôtre Pierre est arrivé, ils ont reçu l’Esprit saint. Notons que, lors de cet événement, rien n’est dit sur le parler en langues.

Actes 10 : les non-Juifs dans la maison de Corneille

Quand ils ont entendu l’Évangile de la bouche de l’apôtre Pierre, ils ont reçu le salut et l’Esprit saint. Ils ont reçu le don de parler en langues comme signe que Dieu a accepté également les non-Juifs pour faire partie de son Église (Actes 11.15-18).

Actes 19 : les disciples juifs de Jean-Baptiste, à Éphèse

L’apôtre Paul les interrogea : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru ? » (Act 19.2) Il faut noter que recevoir l’Esprit de Dieu au moment de la conversion était normal. Ces personnes n’étaient pas chrétiennes avant de rencontrer Paul. C’étaient des croyants comme ceux de l’Ancien Testament, comme une minorité résiduelle dans une période de transition.

L’apôtre Pierre a donc utilisé ses « clefs » du royaume, premièrement en Actes 2 en inaugurant l’Église parmi les Juifs, ensuite en Actes 8 en ajoutant les Samaritains à l’Église et, pour finir, en Actes 10, en ouvrant la porte du salut aux nations. Actes 2 est un commencement. Actes 8 et 10 sont une transition. Actes 19 présente un groupe de Juifs en dehors de l’actualité (ils n’avaient pas entendu parler de l’Esprit saint). En Actes 2 et 8, des personnes reçoivent le Saint-Esprit après leur conversion. En Actes 10 et 19, elles reçoivent le Saint-Esprit au moment de leur conversion. Ce dernier cas est le modèle pour les chrétiens aujourd’hui. C’est ce que confirment les Épîtres.

Quand une personne devient chrétienne en croyant ce que l'Écriture dit du Seigneur Jésus, elle reçoit également le Saint-Esprit : « après avoir entendu la parole de la vérité, […] en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit. » (Éph 1.13) La Bible n’envisage pas la possibilité qu'un chrétien n'ait pas l’Esprit saint ; voilà pourquoi l’apôtre Paul affirme : « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » (Rom 8.9) Jésus-Christ lui-même enseigne que tout croyant a l’Esprit saint (Jean 7.38-39).

Quelques croyants à Corinthe ne savaient pas (ou avaient oublié) que l’Esprit saint vivait en eux ; c’est pourquoi l’apôtre Paul les interroge : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? » (1 Cor 6.19) Sans qu’ils l’aient demandé, même sans qu’ils le sachent, l’Esprit saint demeurait déjà en eux. Les écrits du N.T. prennent pour acquis que Dieu a donné son Esprit à tous les croyants1.

Le chrétien n’est pas exhorté/invité à demander l’Esprit saint. Dieu promet de donner son Esprit à celui qui croit. Si Dieu dit que l’Esprit saint habite dans chaque croyant, il suffit de le croire et d’accepter sa Parole avec foi.

Me manque-t-il le baptême du Saint-Esprit ?

Sept mentions du baptême du Saint-Esprit

Nous trouvons sept fois l’expression « baptême du Saint-Esprit » dans le Nouveau Testament. C’est en étudiant ces citations que nous comprendrons le sens de l’expression :

– Elle est utilisée quatre fois par Jean-Baptiste en référence au ministère de Jésus : Matthieu 3.11, Marc 1.8, Luc 3.16 et Jean 1.33 ;

– Elle est utilisée une fois par le Seigneur Jésus qui se réfère à la prophétie de Jean-Baptiste (Act 1.5-8). Il explique dans ce passage que l’événement « baptisés du Saint-Esprit », s’accomplira « dans peu de jours », c’est-à-dire lors de la fête de la Pentecôte rapportée en Actes 2 ;

– Elle est utilisée une fois par l’apôtre Pierre en Actes 11.15-16. Il cite ici les paroles du Seigneur Jésus en Actes 1.15 et montre que, désormais, les non-Juifs (la maison de Corneille) sont également bénéficiaires de l’événement inaugural du baptême de l’Esprit saint, comme les Juifs le jour de Pentecôte, « au commencement » de l’Église ;

– La septième et dernière référence est faite par l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 12.13 : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul esprit. » L’église à Corinthe était formée de croyants matures et immatures, spirituels et charnels, et même ainsi l’apôtre affirme que tous avaient été baptisés.

En conclusion, le baptême du Saint-Esprit est l’événement initial accompli le jour de Pentecôte quand le divin Esprit a été répandu sur les croyants. Ce baptême a uni ce jour-là tous les croyants en un seul corps et a marqué le début de l’Église de Jésus-Christ.

Quand un pécheur se repent et se soumet à Christ, il devient aussitôt participant du baptême du Saint-Esprit — il reçoit en lui le Saint-Esprit — qui l'introduit dans l’Église, le corps de Christ. C’est pourquoi tout croyant peut affirmer avec certitude : « J’ai été baptisé de l’Esprit saint ! » Quand ? « Le jour de ma conversion. »

Baptême et plénitude

Il n’existe pas un seul cas où nous soyons exhortés à chercher ou à demander le baptême du Saint-Esprit. Par contre, nous devons chercher à être remplis de l’Esprit saint.

Vivre dans la plénitude de l'Esprit (en d’autres termes, « être rempli de l’Esprit ») est la même chose que « marcher selon l’Esprit » (Gal 5.16,25) et que « rendre culte par l’Esprit » (Phil 3.3). La conséquence d’être contrôlé par le Saint-Esprit, ou rempli de lui, ne se manifeste pas dans des attitudes curieuses, des sauts, des bruits ou par la réception subite de dons extraordinaires. La plénitude de l’Esprit saint se démontre par un caractère moral régénéré et par une vie de sainteté. Comment a-t-on su que les sept hommes en Actes 6 étaient remplis de l’Esprit ? Par la manifestation du fruit de l’Esprit dans leurs vies. Les caractéristiques d’une vie pleine de l’Esprit de Dieu sont énumérées en Galates 5.22-23. Personnellement, comment est-ce que je vis ? Est-ce que je cherche la direction de l’Esprit dans mes décisions et mes choix ? Est-ce que je lui laisse le contrôle de ma vie ?

L’exemple des croyants à Corinthe

Cette église était marquée par trois caractéristiques, vraies pour toute église :

– L’Esprit saint habitait dans tous les croyants (1 Cor 6.19) ;

– Tout croyant avait été baptisé par l’Esprit (1 Cor 12.13) ;

– Tout croyant avait reçu au moins un don (1 Cor 1.4-7 ; 12.7).

Toutefois, l’apôtre classait ces croyants en croyants charnels et croyants spirituels (1 Cor 3.1-3). Les uns et les autres avaient reçu l'Esprit, avaient été baptisés par l’Esprit. Le croyant charnel est celui qui ne se laisse pas conduire par l’Esprit, c’est-à-dire qui n’est pas rempli de l’Esprit.

Ce qui montre qu’un croyant est rempli de l’Esprit, ce ne sont pas ses dons (tout croyant possède au moins un don), mais sa manière d’être, son caractère transformé, la vie de Christ manifestée dans sa vie quotidienne.

Suis-je un chrétien spirituel ?

Toute personne née de nouveau est une nouvelle création (2 Cor 5.17). Notre position change devant Dieu. Nous devenons « saints » et commençons une vie « spirituelle » comme enfants de Dieu. Cependant, un chrétien qui ne serait pas attentif à sa vie devant Dieu deviendrait un chrétien charnel s'il recommençait à se comporter comme avant sa conversion. Comment reconnaît-on un chrétien spirituel ?

Être un chrétien spirituel ne réside pas dans le fait d’avoir eu une « expérience spirituelle ». C’est un processus, un changement continu dans sa manière de vivre. L’apôtre Paul disait : « Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je cours […] je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but. » (Phil 3.12-14) Un homme spirituel, une femme spirituelle, est une personne consciente de sa faiblesse et de son péché et qui désire de tout son cœur être comme Jésus-Christ. La seule méthode est : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. » (Gal 5.16) Jésus-Christ a enseigné que les fruits démontrent la réalité et la qualité de la vie : « Tout bon arbre produit de bons fruits. » (Mat 7.17) Comment sait-on qu’un croyant est spirituel ? Il montre le fruit de l’Esprit dans sa vie !

Comment suis-je guidé par l’Esprit ?

Jésus-Christ a dit à ses disciples : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. » (Jean 16.13) L’Esprit saint désire guider tout chrétien et pas seulement certains d’entre eux.

Être guidé par l’Esprit est un style de vie : nous devons rechercher la direction de l’Esprit saint, non seulement dans des moments particuliers, mais aussi dans toutes nos décisions, grandes ou petites, personnelles, familiales ou d’église : « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. » (Gal 5.25)

La direction de l'Esprit n’est pas automatique : nous avons le devoir de ne pas contrister le Saint-Esprit (Éph 4.30) et de ne pas l’éteindre (1 Thes 5.19) par une vie superficielle ou désordonnée. Nous avons l’ordre de « marcher selon l’Esprit » (Galates 5.16,25). Avec quel sérieux recherchons-nous la direction du Saint-Esprit ? Avant de prendre des décisions, avant de planifier des études, avant d’accepter un nouveau travail, avant de chercher une fiancée, avant de faire une visite, etc., demandons à Dieu qu’il nous dirige par son Esprit. Soyons des instruments purs, souples et utiles dans ses mains. Ainsi, Dieu pourra répandre sa bénédiction sur notre vie et notre ministère. Il n’y a aucun doute : le Saint-Esprit désire nous guider sans cesse.

De plus, le Saint-Esprit agit et guide toujours en harmonie avec la Parole de Dieu. Il est donc nécessaire d’étudier la Parole. Un but saint et biblique ne justifie pas qu’on cherche à l’atteindre en utilisant des activités ou des moyens en opposition avec la Parole de Dieu. Quand l'Esprit guide, l’objectif comme la réalisation sont en harmonie avec les Saintes Écritures.

1 Voir également 1 Thes 4.8 et 1 Jean 3.24 ; 4.13.

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p04.html

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Les dons et les ministères de l’Esprit

19 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

Les dons et les ministères de l’Esprit

Les dons et les ministères de l’Esprit

Frédéric Walraven

1. Définition d’un don

Un don de grâce, ou « charisme », est une capacité spirituelle donnée d’en haut. C’est plus qu’une aptitude naturelle, bien que le Saint-Esprit remette des talents à chacun selon sa propre capacité (Mat 25.15), de sorte que le Seigneur tient compte des aptitudes naturelles quand il distribue souverainement des dons et des talents pour le service (Éph 4.8) ; mais l’aptitude naturelle seule ne fait pas le don. Il faut absolument qu’il soit conféré par le Saint-Esprit.

En 1 Corinthiens 12, les divers dons sont décrits comme manifestations de l’Esprit. Ils sont vus comme s’exerçant par le Saint-Esprit : « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » (1 Cor 12.11) Le Seigneur est le donateur ; mais ici, l’Esprit de Dieu est celui par qui le don est transmis, et celui qui le rend efficace — la puissance par laquelle le Seigneur agit.

Un ministère est l’exercice d’un don spirituel, un service accompli avec une responsabilité envers Christ.

Les fonctions d’anciens et de diacres sont des charges qui sont généralement distinctes des dons, avec un aspect local plus marqué. Toutefois, il faut se garder de trop distinguer les dons des charges : dans la liste des dons en Romains 12, le mot « service » désigne ailleurs la charge du diacre (1 Tim 3.8) ; le mot « présider », « gouverner » en Romains 12.8 est le devoir du surveillant, de « l’évêque » (1 Tim 3.4-5 ; 5.17) ; enfin, être pasteur est un don spirituel (Éph 4.11), mais paître le troupeau est la fonction des anciens (Act 20.27 ; 1 Pi 5.1).

L’important est de ne pas négliger le don que Dieu a donné à « chacun » :

– « Ne néglige pas le don qui est en toi. » (1 Tim 4.14) ;

– « Je t’exhorte à ranimer la flamme du don de Dieu que tu as reçu. » (2 Tim 1.6)

2. Les différents dons

2.1. Les dons fondamentaux

Le N.T. fournit au moins quatre listes de dons. Celle d’Éphésiens 4 est particulièrement importante, car elle mentionne les dons principaux qui édifient l’assemblée : « Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. » (Éph 4.11)

Les apôtres

Les douze apôtres ont eu, dans l’établissement de l’Église, une place unique qui ne pouvait être transmise à d’autres. Ils étaient des témoins particuliers de la résurrection du Seigneur (Act 1.22 ; 1 Cor 9.1 ; 15.5-8). Dans ce sens, il ne peut donc y avoir de « succession apostolique » après le fondement qu’ils ont établi (Éph 2.20).

En dehors des Douze, la Bible mentionne d’autres apôtres (1 Cor 9.5-6) : Paul (Rom 1.1), Barnabas (Act 14.14), Andronique et Junias (Rom 16.7), Jacques, le frère du Seigneur (Gal 1.19), Silas et Timothée (1 Thes 2.6).

Aujourd’hui, certains missionnaires partis pour implanter de nouvelles églises font un travail qui s’apparente à celui des apôtres.

Les prophètes

Les prophètes du N.T. étaient des messagers directs de la révélation divine (ex : Act 21.10). Maintenant que le canon des Écritures est complet, le prophète remet en lumière la vérité et, par l’action puissante de l’Esprit sur les âmes, applique cette vérité aux circonstances actuelles. Ce don est très utile et Paul encourage vivement son exercice (1 Cor 14.1,3,31-32).

Les évangélistes

L’évangéliste est l’instrument que Dieu emploie habituellement pour amener des âmes à Christ. Tous les croyants ne sont pas évangélistes ; tous pourtant devraient avoir l’amour des âmes et être prêts à diriger un pécheur vers Christ (2 Tim 4.5). Mais ceux qui ont reçu le don d’évangéliste ont une vraie passion pour les âmes ; ils ont appris à présenter l’Évangile, à amener les âmes à la conversion, à distinguer entre détresse vraie et sentiments superficiels, entre réalité et simple profession (voir Act 8 et 21.8).

Les pasteurs

Le mot grec désigne un berger, c’est-à-dire quelqu’un qui procure nourriture et soins aux brebis du troupeau. Le pasteur prend soin du peuple de Dieu ; il veille à ce que les brebis ne s’égarent pas, et il s’emploie à les ramener si elles s’écartent dans l’indifférence ou la mondanité. Il a un cœur compatissant, il apporte la consolation à ceux qui sont dans l’affliction. Il entre dans leurs épreuves et dans leurs problèmes ; il cherche à les ranimer et à les fortifier, donnant conseils, encouragements, répréhensions, en appliquant la Parole selon les besoins de chaque cas1.

Les docteurs

Le docteur a reçu le don de comprendre et de saisir les vérités de la Parole de Dieu et de discerner les divers aspects de la vérité et les nuances de sens. Par la puissance du Saint-Esprit, il est capable d’exposer la vérité et de la communiquer à d’autres de façon claire et convaincante, si bien que l’intelligence et les affections des croyants en sont touchées, et qu’elle opère avec puissance dans leur âme (2 Tim 2.15).

C’est le docteur qui fait face aux enseignements erronés, qui démasque les doctrines fausses et perverses, et qui sauvegarde et délivre ainsi les âmes.

Dans Éphésiens 4, les dons de pasteurs et de docteurs sont liés : tous deux contribuent aux soins du peuple de Dieu.

2.2. Les autres dons

Tous les membres du corps ont reçu par l’Esprit un don pour l’édification du corps de Christ. Chacun a sa place et son service : « Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. » (1 Pi 4.10)

Voici une liste des dons énumérés dans l’ordre dans lequel ils apparaissent dans le texte :

– Rom 12.6-8 : la prophétie, le service, l’enseignement, l’exhortation, la libéralité, la présidence, la miséricorde ;

– 1 Cor 12.8-10 : une parole de sagesse, une parole de connaissance, la foi, les guérisons, les miracles, la prophétie, le discernement des esprits, les langues, l’interprétation des langues ;

– 1 Cor 12.28-30 : les apôtres, les prophètes, les docteurs, les miracles, les guérisons, les secours, le gouvernement, les langues ;

– Éph 4.11 : les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs, les docteurs.

– 1 Pi 4.11 : parler, servir ;

Il existe des recoupements entre ces listes : les dons de prophétie, d’enseignement, d’exhortation, de direction (Rom 12), la parole de sagesse et la parole de la connaissance (1 Cor 12), pourraient sans aucun doute être compris dans les dons de prophète, de docteur et de pasteur d’Éphésiens 4.

Les « dons les meilleurs » sont ceux par lesquels nous pouvons démontrer le mieux notre amour pour les autres et ceux qui édifient tout le corps de Christ. Désirons-les ardemment (1 Cor 12.31 ; 14.12).

2.3 Les dons miraculeux

Plusieurs dons mentionnés en 1 Corinthiens 12, tels que les dons de guérison, l’opération des miracles, et diverses sortes de langues et interprétations des langues, ont accompagné la venue du Saint-Esprit sur la terre, le commencement de la prédication de l’évangile et la naissance de l’Église. Ils ne figurent pas dans la liste des dons d’Éphésiens 4 qui seront donnés jusqu’à ce que l’Église parvienne à « la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éph 4.11-13).

On pourrait penser, d’après l’utilisation de verbes différents en 1 Corinthiens 13.8 pour les prophéties et la connaissance, d’une part, et pour les langues, d’autre part, que ces dernières « cesseront ». Dans la seconde partie du N.T., il est de moins en moins parlé de miracles2. Ainsi, ces opérations de miracles étaient surtout des dons temporaires faits à l’Église à son début pour confirmer la Parole annoncée : « Le salut annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté. » (Héb 2.3-4)

Diverses personnes prétendent posséder aujourd’hui de tels dons, mais s’il y manque les vraies caractéristiques de l’œuvre de l’Esprit, nous ne pouvons les accepter comme authentiques3. Plus encore, Jésus et les apôtres ont averti que les derniers temps seront caractérisés par une recrudescence de signes et de miracles. Les croyants sont appelés à veiller afin de ne pas être séduits (Mat 24.24 ; 2 Thes 2.9-10 ; Apoc 13.13-14 ; 16.14 ; 19.20). Sans être trop catégorique, nous concluons que les miracles opérés par l'homme n'arrivent plus avec la même intensité qu’aux jours de l'Église primitive.

S'attendre aux miracles afin que Dieu confirme l'authenticité de sa Parole, pour aider ceux qui sont dans les détresses, pour enlever les obstacles à l'Évangile et pour glorifier Dieu est toujours légitime. Dieu est souverain, et s'il lui plaît d'accorder aujourd'hui les mêmes signes ou les mêmes dons que précédemment, il en est le seul juge. Mais c’est une chose de s'attendre aujourd'hui aux miracles, c’en est une autre chose de les chercher sans cesse.

Des signes peuvent se reproduire sur le champ missionnaire où le témoignage chrétien n'est pas encore établi. Mais là où le témoignage est établi, la nécessité de confirmer la Parole n'a plus la même urgence. De toute façon, les signes et les miracles ne produisent pas la foi (cf. Luc 16.29-31) ; seule la Parole le fait (Rom 10.17).

2.4 Remarques générales

Pour terminer, remarquons que :

- tous les dons ne se manifestent pas à chaque endroit ;

- Dieu se sert aussi de nos dons naturels et de nos désirs et nos aspirations (1 Cor 14.1) ;

– le mot charisma (don de grâce) est lié au mot chara (joie) : l’exercice de nos dons spirituels nous donne généralement une grande satisfaction ;

- la valeur d’un don se mesure à son utilité dans le corps ;

– recevoir un don implique une responsabilité et une disponibilité pour l’exercer, qui ne va pas sans sacrifices.

3. Les ministères

Un don de grâce (charisma) est une aptitude reçue par l’Esprit de Dieu qui doit être reconnue et développée. Le « ministère » est sa mise en œuvre au service du Seigneur et des autres (1 Cor 12.5). Nous pouvons posséder un don sans en exercer le ministère correspondant ou, au contraire, mal assumer un service par méconnaissance des exigences de la Parole.

3.1. Le but des ministères

Les ministères principaux d’Éphésiens 4.11 sont « pour le perfectionnement des saints, en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ » (Éph 4.12). Ils équipent, préparent, rendent aptes au service (katartismos) les autres chrétiens afin qu’ils soient capables d’accomplir leur ministère dans le corps. Ils sont donc essentiellement des formateurs. Ainsi tout le corps croîtra « par l’activité qui convient à chaque partie » (Éph 4.16). La condition est que chaque organe remplisse son office suivant la fonction qui lui a été assignée et selon les forces et capacités qui lui ont été données.

Le corps est vivant au moment où les dons sont mis en action et au moment où les croyants sont mis en relation. La Bible insiste beaucoup plus sur l’importance pour les chrétiens d’acquérir de la maturité en Christ, aussi bien individuellement que collectivement, que sur la recherche des dons. Si quelqu’un accomplit fidèlement les tâches qui se présentent, Dieu peut lui révéler le don qu’il lui a accordé. Le Seigneur rendra son ministère efficace par son Saint-Esprit qui le remplira d'une puissance divine (1 Pi 4.10-11 ; 1 Cor 2.4-5).

3.2. Chaque croyant est appelé à un ministère

En principe, un croyant ne peut pas entrer dans un ministère sans avoir reçu un don, parce que le ministère est un don en exercice. Mais, dans la pratique, nous découvrons souvent notre don au travers d’un service pour le Seigneur. Pour qu’un don devienne un ministère, il faut une volonté de service, c’est-à-dire, une disponibilité.

– Chaque croyant est créé pour un ministère : « Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » (Éph 2.10)

– Chaque croyant a reçu au moins un don pour un ministère : « Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. » (1 Pi 4.10)

– Chaque ministre est dépendant de l’autre : « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds: Je n’ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires. » (1 Cor 12.21-22)

– Chaque ministère est nécessaire pour l’édification du corps : « C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans l’amour. » (Éph 4.16)

– Chaque croyant doit rendre compte de son ministère et sera récompensé : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » (Col 3.23)

1Signalons que tout pasteur n'est pas nécessairement ancien et que tout ancien n'a pas nécessaire-ment le don de pasteur. L'ancien peut avoir le don de pasteur (1 Pi 5.1-2), d’enseignant (1 Tim 5.17) ou le don de gouvernement (Rom 12.8). Cependant « pasteur » et « ancien » sont souvent rapprochés (Act 20.17,28).
2Dans l’A.T., les miracles n’ont jamais été permanents ; c’étaient des événements exceptionnels ayant lieu au début d’une nouvelle œuvre de Dieu : essentiellement lors de la sortie d’Égypte et de la traversée du désert ; ensuite du temps d’Élie et d’Élisée.<br>
3 Par exemple, les miracles opérés par les apôtres dans le N.T. étaient instantanés, complets, irréfu-tables : le boiteux de naissance marchait (Act 3.7-8 ; 4.16,22) ; le paralytique depuis 8 ans se levait aussitôt (Act 9.33-34) ; la morte ressuscitait (Act 9.41) ; il suffisait de l’ombre d’un apôtre passant sur le lit d’un malade pour que ce dernier soit guéri (Act 5.15), etc. C’est cela, le vrai don de guérison néotestamentaire.

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p08.html

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Dieu le Saint-Esprit

19 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

Dieu le Saint-Esprit

Dieu le Saint-Esprit

Philippe Juston

Affirmer que l'Esprit est Dieu, c'est entre autres affirmer qu'il est un être personnel. Pour étayer cette doctrine, nous allons dans un premier temps donner des appuis bibliques à la personnalité de l'Esprit, avant d'en mentionner d'autres qui soutiennent sa divinité. Enfin, nous indiquerons comment l’Esprit s’inscrit dans l’unité des personnes divines.

L'Esprit est une personne

Il possède les caractéristiques d'une personne

Une personne peut être définie comme un « Je » capable de faire face à un « Tu ». De façon plus précise, la personnalité est caractérisée par la possession de la pensée, du sentiment, de la volonté ainsi que de l'existence comme centre individuel de conscience capable de relations avec d'autres personnes1. À la lumière de cette définition, la Bible montre que l'Esprit est bien une personne ; en effet :

- Il peut dire « je2 » et peut recevoir le titre personnel de Paraclet3 ;

- Il possède une pensée : il lui « paraît bon », il connaît4, etc. ;

- Il a des sentiments : il peut être attristé5 ;

- Il a une volonté : il empêche des hommes d'agir6, il ordonne7, il distribue des dons selon sa volonté8, etc. ;

- Il est capable de relations avec d'autres personnes : il enseigne9, il prie10, on peut lui mentir, le provoquer11, l'insulter12, etc.

Un point de grammaire grecque

En grec, le neutre est généralement utilisé pour des choses, alors que le masculin l'est pour des personnes. Or, en Jean 14.26 ; 15.26 ; 16.13, l'évangéliste utilise un pronom masculin (ekeinos) pour l'Esprit alors que la grammaire exigerait un neutre (ekeino). Pourquoi cela, sinon pour souligner la personnalité du Saint-Esprit ?

Réponse à quelques objections

Il est bon de répondre succinctement à plusieurs objections qui peuvent être soulevées quant à la personnalité du Saint-Esprit.

1. Le Saint-Esprit ne serait pas une personne puisqu'il est parfois présenté sous forme de réalités impersonnelles telles l'eau13, le vent14, le feu15, etc.

Lorsque l'Esprit est présenté ainsi, il s'agit de métaphores qui ne permettent en rien d'en déduire qu'il n'est pas une personne. En effet, un raisonnement semblable amènerait à conclure que Jésus n'est pas une personne puisqu'il se compare à du pain, à la lumière, à une porte, à un pied de vigne16, etc. !

2. L'Esprit ne serait pas une personne puisqu'il peut être répandu17, puisqu'on peut en être oint18 ou encore en être rempli19, etc.

Là encore, ces verbes sont employés dans le cadre de métaphores. Par exemple, c'est parce que l'Esprit est comparé à de l'eau qu'il peut être répandu20. Dès lors il devient clair que l'emploi de telles métaphores ne peut servir de preuve au fait que l'Esprit n'est pas une personne. Qui, en effet, oserait dire que l'auteur du Psaume 22 n'est pas une personne puisque ce dernier se compare à de « l'eau qui s'écoule » (Ps 22.15) ?

3. L'Esprit ne saurait être une personne, puisque Dieu peut en « ôter une partie21 », ou en répandre, ou encore en donner22.

S'il n'y avait que ces textes, on pourrait en effet conclure que l'Esprit est une « chose » et non une personne. Mais il existe des textes en bien plus grand nombre qui le présentent comme une personne23. Il faut donc comprendre cette notion quantitative au niveau des effets produits : dire que Dieu « ôte de son Esprit » à une personne signifie qu’elle bénéficiera « à un niveau moins élevé » des capacités que donne l'Esprit, mais ne signifie pas que Dieu « morcelle » son Esprit pour lui en enlever une partie !

Cette lecture est d'ailleurs confirmée par certains des textes en question. En effet, dans le livre des Nombres un même texte affirme que Dieu ôte de son Esprit à Moïse pour donner l'Esprit (et non « de l’Esprit ») aux anciens24 ; ou encore, dans le livre des Actes, où il est question de la Pentecôte, il est dit que Dieu a répandu de son Esprit sur les hommes, alors qu'un peu plus loin, ce même livre affirme que c'est l’Esprit (et non « de l’Esprit ») qui est tombé sur eux à ce moment là25.

L'approche proposée ci-dessus se trouve également confortée par la notion de plénitude de l'Esprit26 telle qu'elle apparaît dans le Nouveau Testament. Par exemple, le croyant est appelé à ne pas attrister le Saint-Esprit27, mais au contraire à en être rempli28. Dire que le croyant est rempli de l'Esprit signifie que l'Esprit peut « pleinement se manifester » dans sa vie, contrairement au moment où il est attristé et où sa liberté d'action est « entravée ». Le N.T. n'envisage donc pas « une présence morcelée » de l'Esprit, mais plutôt une présence qui va pouvoir se manifester à des degrés plus ou moins élevés.

L'Esprit est Dieu

La divinité de l'Esprit est clairement affirmée sous la plume de l'apôtre Paul qui écrit que le Seigneur est l’Esprit29.

D'autres textes bibliques la font ressortir de façon indirecte en montrant que le Saint-Esprit possède des attributs divins. L'Esprit est en effet omniscient puisqu'il connaît tout, même les profondeurs de Dieu30. Son omniprésence est affirmée par le psalmiste lorsqu'il souligne qu'il n'existe pas de lieu où il puisse échapper à la présence de l'Esprit de Dieu31. Le fait que l'Esprit de Dieu soit présent en chaque croyant va également dans le sens de son omniprésence. La toute puissance de l'Esprit ressort du fait que la venue de l'Esprit sur Marie est assimilée à la venue de la puissance de Dieu sur elle32. Enfin, l'auteur de l'épître aux Hébreux affirmel'éternité de l'Esprit lorsqu'il écrit que c'est par l'Esprit éternel que Christ s'est offert à Dieu33.

Un texte du livre de Job fait ressortir la divinité de l'Esprit en lui attribuant le pouvoir divin de création de l'être humain34.

Ailleurs, elle ressort du fait que le Seigneur est assimilé à l'Esprit du Seigneur. Par exemple, le livre de Samuel affirme que l'Esprit du Seigneur s'est retiré d'avec Saül pour aller avec David, avant de dire plus loin que c'est le Seigneur qui s'est retiré d'avec Saül pour aller avec David35.

D'autres textes vont assimiler la présence du Seigneur à la présence de l'Esprit : l'auteur du Psaume 139 considère comme équivalente la présence du Seigneur avec celle de son Esprit36 et Jésus fait de même lorsqu'il dit à ses disciples que lui et son Père demeureront chez les croyants par l'Esprit saint qui sera en eux37.

Le livre des Actes, quant à lui, assimile le fait de mentir à Dieu au fait de mentir à l'Esprit : en effet, lorsqu'Ananias a menti à l'apôtre Pierre, ce dernier lui a dit qu'en mentant à l'Esprit saint, ce n'est pas à des hommes qu'il a menti, mais à Dieu38.

Pour certains auteurs du N.T., il est équivalent de dire que des paroles proviennent de Dieu et qu'elles proviennent de son Esprit. Par exemple, l'auteur du livre des Actes attribue au Saint-Esprit des paroles de Dieu rapportées par le prophète Ésaïe39. Ou encore, dans la lettre aux Hébreux, une affirmation du Psaume 95 est attribuée indistinctement à Dieu40 ou au Saint-Esprit41.

Dans la lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul relève que les croyants sont le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en eux42. Si l'Esprit n'était pas Dieu, il semble que l'apôtre aurait plutôt parlé du temple de l'Esprit.

Une utilisation particulière de la grammaire grecque dans un texte de l'Évangile de Matthieu appuie aussi la divinité de l'Esprit. En effet, avant son ascension, le Seigneur a demandé à ses disciples de faire des disciples en les baptisant « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit43. Selon la grammaire grecque, il faudrait employer un pluriel (« aux noms ») si les trois avaient un nom différent, propre à chacun. Pour le théologien Henri Blocher, le singulier signifie que les trois ont le même nom, celui du Dieu unique44.

Enfin, comme le relève Henri Blocher, « il est naturel de supposer que l'Esprit de Dieu est un seul être avec Dieu, comme l'esprit de l'homme ne se sépare pas de cet homme. Au cas où quelqu'un trouverait la logique de l'analogie trop “naturelle”, nous observons que l'apôtre lui-même la met en œuvre (1 Cor 2.10s). »

En terminant ce survol des appuis bibliques à la divinité de l'Esprit, il apparaît une différence notable par rapport à la façon dont est affirmée celle de Jésus. En effet, si Jésus est présenté comme recevant adoration et prières, tel n'est pas le cas pour l'Esprit. Ce silence qui peut surprendre est probablement dû à la différence de rôle qui existe entre le Fils et l'Esprit : « Si l'Esprit n'est pas l'objet de l'adoration explicite (elle est implicite dans les textes trinitaires de caractère liturgique), si on ne le prie pas (malgré l'invocation d'Ézéchiel 37.9, qui montre qu'on peut s'adresser à lui), c'est qu'on distingue son rôle dans l'économie du salut : le Saint-Esprit est Dieu nous faisant le prier ! »

L’Esprit est une des trois personnes de la Trinité

Les trois personnes de la Trinité ont des fonctions différentes dans leurs relations avec le monde, que ce soit dans l'œuvre de la création ou dans celle de la rédemption. On parle de « l'économie » de la Trinité, où « économie » a son sens ancien, d'organisation des activités.

Dans l’œuvre de la création, Dieu (le Père) est celui qui prononce les paroles créatrices, le Fils est celui par qui tout a été créé et en qui tout subsiste45, le Saint-Esprit planait sur la surface des eaux46, peut-être comme manifestation de la présence de Dieu au sein de la création.

Dans l'œuvre de la rédemption, le Père envoie le Fils et le Fils obéit au Père et meurt pour les péchés. Le Saint-Esprit qui est envoyé par le Père et le Fils, est celui qui applique la rédemption : il fait naître de nouveau47, il œuvre pour la sanctification du chrétien48, il équipe le croyant pour le service49. Ces différents textes font ressortir un certain ordre au sein de la Trinité, une certaine subordination. En fait, le Fils et le Saint-Esprit sont égaux au Père dans leur être, mais ils lui sont subordonnés dans leur rôle. On parle d'égalité ontologique mais de subordination économique. Cette subordination doit être éternelle50.

En résumé, la distinction des personnes au sein de la Trinité touche au rôle de chacune et non à leur être. Chaque personne est réellement une personne, qui possède pleinement l'être de Dieu ainsi que tous ses attributs, sans en avoir de supplémentaires. Les personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit se distinguent donc par leurs relations interpersonnelles et par leurs relations avec le monde créé.

Nous n'arrivons pas à comprendre comment tous ces différents aspects peuvent s'articuler, mais cela ne doit pas nous surprendre : l'existence de trois personnes en un seul Dieu est quelque chose qui dépasse notre compréhension.

L’unité de l’Esprit avec le Père et le Fils

De même qu’il y a unité entre le Père et le Fils51, il y a unité :

– entre le Père et l'Esprit : le Père demeure dans ses enfants par l'Esprit qui est en eux52 ;

– entre le Fils et l'Esprit : Jésus demeure dans ses disciples par son Esprit qui est en eux53.

Père, Fils et Saint-Esprit sont donc un quant à leur être : il y a un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Quelques textes qui associent le Saint-Esprit au Père et au Fils

Différents textes associent les trois personnes de la Trinité. Par exemple, avant son ascension, Jésus demande aux siens de faire des disciples en les baptisant « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit54. Comme nous l’avons déjà vu, ce texte implique bien sûr la distinction des personnes et milite aussi fortement en faveur de la divinité des trois55.

À la fin de la seconde lettre aux Corinthiens, Paul appelle « la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit »à être sur ses lecteurs. Ce texte qui implique la distinction des personnes milite aussi fortement en faveur de la divinité des trois en les associant intimement à travers une seule et même salutation.

D'autres textes associent également les trois personnes de la Trinité sans pour autant que des implications quant à la divinité des trois puissent en être tirées : lors du baptême de Jésus, les trois personnes de la Trinité sont présentes56 ; Jean le baptiseur souligne que Jésus dit les paroles que Dieu lui donne et que Dieu lui donne également son Esprit57 ; Jésus annonce à ses disciple qu'il va prier le Père pour que ce dernier leur envoie le Paraclet58 ; l'apôtre Paul souligne qu'il y a un seul Esprit, un seul Seigneur, un seul Dieu59, ou encore que c'est grâce au Fils que les croyants ont accès au Père par l'Esprit60 ; l'auteur de la lettre au Hébreux souligne que Christ s'est offert à Dieu par l'Esprit éternel61 ; l'apôtre Pierre, lui, souligne que les croyants sont élus selon le dessein de Dieu par la sanctification de l'Esprit pour obéir à Jésus-Christ62, ou encore que Jésus, qui s'est offert pour présenter les croyants à Dieu, a été vivifié par l'Esprit63.

L’Écriture est donc irréfutable : l’Esprit est une personne, l’Esprit est Dieu, l’Esprit est une des trois personnes de la Trinité divine.

1 Cf. citation de Wainwright dans : Henri Blocher, Fac étude, La doctrine du péché et de la rédemption, vol. II, Vaux-sur-Seine, FLTE, 2001, p. 211
2 Act 13.2
3 Jean 14.16-17
4 Act 15.28
5 1 Cor 2.10-11
6 És 63.10 ; Éph 4.30
7 Act 16.6
8 Act 13.2
9 1 Cor 12.11
10 Jean 14.26
11 Rom 8.26-27
12 Act 5.3,9
13 Héb 10.29
14 Jean 7.37-39.
15 Jean 3.8.
16 Act 2.3-4.
17 Jean 6.35 ; 8.12 ; 10.7 ; 15.1.
18 Act 2.17 ; És 44.3.
19 Act 10.38.
20 Act 2.4.
21 És 44.3.
22 Nom 11.17,25.
23 Jean 4.13.

24 Certains s'appuient sur Proverbes 8 et 9 où la sagesse et la folie sont personnifiées pour dire que ce n'est pas parce que l'Esprit est présenté comme une personne qu'il en est nécessairement une. À cela nous répondons que le style de Proverbes 8 et 9 est poétique et qu'il est évident qu'il s'agit d'une personnification. Par contre, les nombreux passages qui présentent l'Esprit comme étant personnel ne s’inscrivent pas dans ce style littéraire et dans leur contexte, rien n'indique qu'il s'agisse d'une personnification !

25 Nom 11.17,25, cité plus haut.
26 Act 2.17 ; 11.15.
27 Act 2.4 ; 6.3 ; 7.55, etc.
28 Éph 4.30.
29 Éph 5.18.
30 2 Cor 3.17.
31 Cor 2.10.
32 Ps 139.7.
33 Luc 1.35.
34 Héb 9.14.
35 Job 33.4.
36 1 Sam 16.13-14 ; 18.12.
37 Ps 139.7.
38 Jean 14.17,23.
39 Act 5.3-4.
40 Act 28.25.
41 Héb 4.3.
42 Héb 3.7-8.
43 1 Cor 3.16.
44 Mat 28.19.
45 Cf. Henri Blocher, Fac étude, Christologie, fascicule 1, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1986, p. 169 ; La doctrine du péché et de la rédemption, vol. 2, p. 212.
46 Henri Blocher, Fac étude, La doctrine du péché et de la rédemption, vol II, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1997, p. 213.
47 Ibid., p. 213.
48 Col 1.16-17.
49 Gen 1.2.
50 Jean 3.5-6.
51 Rom 8.13.
52 1 Cor 12.7.

53 Si le Fils n'est pas éternellement soumis au Père dans son rôle de Fils, alors le Fils n'est pas éternellement Fils, et le Père n'est pas non plus éternellement Père, ce qui remettrait en cause l'immuabilité ontologique de Dieu. Cela semble confirmé par l'Écriture qui enseigne que lorsque tout aura été soumis à Christ, lui-même sera soumis au Père (1 Cor 15.28).

54Jean 10.30 ; 14.10-11.
55 1 Jean 3.24.

56 Jean 14.16,23. Voir aussi les sept lettres d’Apocalypse 2-3 : au début de chacune, c'est Jésus qui parle, et pourtant toutes se terminent en demandant d'écouter ce que l'Esprit dit aux églises.

57 Mat 28.19.
58 Cf. Henri Blocher, Fac étude, Christologie, fascicule 1, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1986, p. 169 ; La doctrine du péché et de la rédemption, vol. 2, p. 212.
59 2 Cor 13.13
60 Mat 3.16-17.
61 Jean 3.34.
62 Jean 14.16.
63 1 Cor 12.4-6.
64 Éph 2.18.
65 Héb 9.14.
66 1 Pi 1.2.
67 1 Pi 3.18.

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p02.html

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LE PECHE CONTRE LE SAINT-ESPRIT

17 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE PECHE CONTRE LE SAINT-ESPRIT

Alfred Kuen

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Beaucoup de chrétiens ont été tourmentés à l’idée qu’après une certaine faute, ils aient commis « le péché irrémissible », qui ne pourrait jamais être pardonné. Que dit l’Écriture à ce sujet ?

Le blasphème impardonnable

L’expression provient d’une parole de Jésus : « C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. » (Mat 12.31-32)

En voyant les miracles de Jésus qui l’accréditaient manifestement comme Envoyé de Dieu, les pharisiens ont attribué les guérisons et les exorcismes à Satan. Après leur avoir démontré l’illogisme d’une telle supposition (Mat 12.25,26,29) et le sens de ce signe (v. 28), Jésus les avertit des conséquences de leur mauvaise foi évidente : si, en toute connaissance de cause, ils refusent de croire en lui, en s’opposant au témoignage intérieur de l’Esprit de Dieu en eux, c’est qu’ils ont sciemment choisi de refuser la vérité. Dans son respect du libre choix de l’homme, Dieu ne peut que leur dire : « Que votre volonté soit faite ! » Ce refus est ici moins un acte ponctuel qu’un état du cœur résultant d’une opposition volontaire et persistante à la reconnaissance de la vérité.

Un refus délibéré d’accepter la grâce

L’évangéliste allemand Ernst Modersohn disait : « Le péché contre le Saint-Esprit consiste donc dans le fait que, contrairement à ce qu’on sait pertinemment, on attribue à Satan une action de l’Esprit de Dieu afin de ne pas être obligé de changer sa vie… Un signe de ce péché est un endurcissement contre l’action du Saint-Esprit en poursuivant sans vergogne son chemin dans le péché.

Celui qui a commis ce péché n’a que mépris et moqueries pour tout ce qui est divin et sacré. Celui qui reste préoccupé de son salut peut être assuré qu’il n’a pas commis ce péché… Chaque péché dont on demande le pardon sera pardonné. Mais s’endurcir contre Dieu et contre son Esprit, c’est précisément refuser d’être pardonné ; c’est ne pas demander à Dieu de pardonner ce péché — qui, par conséquent, ne peut pas être pardonné1. »

Nombres 15.30 faisait déjà une distinction entre des péchés commis par inadvertance et d’autres commis « la main haute » (« délibérément ») pour lesquels il n’existait pas de sacrifice — donc pas de pardon.

Un refus de l’aide du Saint-Esprit

Luc 12.10 situe cette parole dans un autre contexte : entre un enseignement sur le rôle de l’Esprit saint comme conseiller et défenseur de ceux qui confessent le nom du Fils de Dieu (v. 8-9) et une promesse de l’aide qu’il apporte à ceux qui sont traduits devant les tribunaux afin qu’ils disent les bonnes paroles (v. 11-12).

Cela fait penser que Luc suggère l’idée que le blasphème contre le Saint-Esprit implique un refus de son aide puissante lorsqu’elle est disponible pour empêcher les disciples de le renier et, ce faisant, d’apostasier. Si tel est le cas, le blasphème contre l’Esprit est synonyme d’apostasie, d’une répudiation délibérée et décisive de Jésus comme Seigneur. Ce n’est pas le seul passage du N.T. qui avertit contre le mal irrémédiable de l’apostasie : un autre exemple bien connu est Hébreux 6.4-6 où il est dit qu’il est impossible d’amener de nouveau des apostats à la repentance, puisqu’ils ont répudié le seul chemin du salut. Mais Luc joint à cet avertissement contre le péché impardonnable l’affirmation de Jésus qu’il y a pardon « pour tous ceux qui parlent contre le Fils de l’homme, parce que son identité réelle était voilée2 ».

Un blasphème, c’est-à-dire une insulte contre Dieu

Sidlow Baxter consacre tout un chapitre de ses Studies in Problem Texts au « péché impardonnable » (p. 117-130). Il fait remarquer d’abord que ceux qui avaient commis ce péché — ou qui étaient susceptibles de le commettre — étaient des gens moraux, c’étaient même les plus religieux d’Israël. Cela nous avertit que ce péché n’est pas un péché « crapuleux » (débauche, crime, ivrognerie, violence). Ce péché était un blasphème, c’est-à-dire une insulte contre Dieu.

La raison pour laquelle ce péché ne peut pas être pardonné, c’est qu’il procède d’une attitude déterminée de l’esprit qui s’est fermé volontairement à la lumière divine et s’est barricadé contre la vérité. Tout péché dont on se repent peut être pardonné, mais la particularité de ce péché, c’est qu’il refuse la repentance. Et, à force de refuser de se repentir, on en devient incapable. C’est par de nombreuses résistances à l’appel de Dieu que l’on s’endurcit contre ses appels et que l’on développe une attitude qui rend toute repentance impossible.

Un peu comme certains abus engendrent des maladies irréversibles. Si un fumeur invétéré, qui a entendu tous les avertissements au sujet des dangers de sa tabagie, développe un cancer des poumons, peut-il encore revenir en arrière ? Le médecin peut-il « pardonner » son cancer ? Le Saint-Esprit « convainc de péché, de justice et de jugement », mais il n’a aucun pouvoir sur ceux qui ne veulent pas se laisser convaincre. Il arrive un moment où Dieu dit : « Le peuple d’Ephraïm s’est lié aux idoles. Qu’il aille son chemin. » (Osée 4.17, Semeur)

C’est ce qui s’est passé pour le pharaon de l’Exode. Dix-huit fois, nous lisons que son cœur était endurci : neuf fois, c’est lui qui endurcit son cœur contre l’appel de Dieu, et neuf fois, Dieu endurcit son cœur. Malgré toutes les démonstrations de la puissance et de la souveraineté de Dieu, il refusa de céder à l’ordre de laisser partir le peuple d’Israël. C’est un refus qui s’apparentait au péché contre le Saint-Esprit.

Un autre exemple est celui de Saül, le premier roi d’Israël qui, malgré un excellent début, s’engagea de plus en plus sur la voie de la résistance à Dieu, s’arrogeant présomptueusement les prérogatives sacerdotales (1 Sam 13), désobéissant consciemment à Dieu (ch. 14) et mentant à Samuel (ch. 15). Puis il ouvrit son cœur à la jalousie et tenta par trois fois de tuer David qu’il savait consciemment être l’élu de Dieu pour lui succéder.

Lorsqu’il constata : « Dieu s’est retiré de moi » (1 Sam 28.15), au lieu de se repentir et de revenir à lui, il alla consulter la pythonisse d’En-Dor, tout en sachant que Dieu l’avait interdit. Même si nous ne pouvons pas dire qu’il ait commis le péché impardonnable, il a, en tout cas, illustré le chemin qui y mène.

Un autre exemple, dans le N.T., est celui d’Hérode auquel Jésus ne répond plus : il avait eu maintes occasions d’entendre la vérité par Jean-Baptiste, mais il a fermé son cœur à la voix de Dieu, préférant vivre dans le péché.

Lorsque Paul persécutait les chrétiens, il ne péchait pas contre le Saint-Esprit, car, comme il l’a dit plus tard, il agissait par ignorance (1 Tim 1.13). Mais si, sur la route de Damas, en voyant le Seigneur ressuscité et en entendant sa voix, il avait fermé ses yeux et ses oreilles, s’il avait persévéré dans son opposition au Christ, il se serait définitivement fermé à la vérité en commettant le péché contre le Saint-Esprit.

Au-delà du point de non-retour

Un passage qui a souvent été rapproché de ceux des Évangiles qui parlent du péché contre le Saint-Esprit est Hébreux 6.4-6.

Le péché dont il est question ici a un certain nombre d’analogies avec le « péché contre le Saint-Esprit » de Mat 12.32 et Luc 12.10. « Dans ces versets, dit F. F. Bruce, il n’est pas question de la “persévérance des saints” ; nous dirions plutôt qu’ils insistent sur le fait que ceux qui persévèrent sont les vrais saints. Mais, en fait, il énonce une vérité pratique qui s’est vérifiée toujours à nouveau dans l’histoire de l’Église visible. Ceux qui ont partagé les privilèges de l’alliance avec le peuple de Dieu et qui, ensuite, y ont renoncé délibérément sont les personnes les plus difficiles à convertir à la foi. […] Sur le plan spirituel, l’expérience nous suggère qu’il est possible d’être “immunisé” contre le christianisme. […] Certains voient clairement où se trouve la vérité, s’y conforment même pour un temps, mais ensuite, pour une raison ou une autre, y renoncent3. »

Ces personnes s’acheminent inéluctablement vers une séparation définitive d’avec Dieu, vers la perdition éternelle.

Nous avons tous connu de ces personnes qui étaient tout près du salut et qui s’en sont détournées par la suite. Pourquoi ? Dieu seul le sait. Mais nous savons qu’elles ont été immunisées contre la foi et ne veulent généralement plus rien savoir des chrétiens. C’est en toute connaissance de cause qu’elles ont choisi de ne pas accepter l’offre que Dieu leur faisait en l’appuyant du témoignage du Saint-Esprit ; elles ont méprisé le Fils de Dieu, considéré comme sans valeur le sang de l’alliance par lequel cette alliance a été consacrée, outragé le Saint-Esprit qui nous transmet la grâce divine (Héb 10.29).

Le péché qui mène à la mort

Cependant, l’apôtre Jean parle « d’un péché qui mène à la mort », pour lequel il ne demande même pas aux chrétiens de prier (1 Jean 5.16). Albert Nicole et John Stott, dans leurs commentaires, assimilent ce péché au « péché contre le Saint-Esprit » dont parlait Jésus, c’est-à-dire « un aveuglement volontaire, une rébellion systématique contre les vérités reconnues4 ». « Ils ont mieux aimé les ténèbres que la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » (Jean 3.19) Il a « volontairement péché contre sa conscience5 », c’est pourquoi il mourra dans ses péchés (Jean 8.24), ayant refusé ce qui aurait pu lui en procurer le pardon.

Le péché qui mène à la mort est « un péché sur le chemin de la mort, car il est commis sur le chemin vers un état où l’idée de repentance n’entrera plus dans la tête » (O. Barclay). Ce texte est un avertissement réel contre un danger réel, un danger toujours présent aussi longtemps qu’un cœur mauvais et incrédule peut se détourner du Dieu vivant (Héb 3.12).

Jean n’interdit pas de prier pour ceux qui ont commis ce péché : seulement, il ne le demande pas. Mais pouvons-nous savoir si quelqu’un a commis ce péché-là ? Même dans notre église évangélique, quelqu’un peut n’être qu’un « chrétien de nom », quelqu’un qui n’a jamais accepté la grâce de Christ, le sang de Christ qui purifie de tout péché (1 Jean 1.7). Dieu seul sonde les cœurs.

Dans le doute, nous pouvons toujours prier pour quelqu’un qui semble s’être volontairement détourné de la foi : l’offre de Dieu est encore valable tant qu’on peut encore dire « aujourd’hui » (Héb 3.13). Toute désobéissance à la loi est un péché, certes, mais tous les péchés ne mènent pas à la mort (1 Jean 5.17), Dieu sait ce qui est dans le cœur du frère ou de la sœur et, s’il n’a pas commis le péché qui mène à la mort, Dieu lui donnera la vie, la vie qui triomphe de la mort.

1 Neun und neunzig Widersprüche und dunkle Stellen in der Bibel, Berlin, Evangelische Verlagsanstalt, 1953, p. 53.
2 F.F. Bruce, Hard sayings of Jesus, p. 91-92.
3 F.F. Bruce, The Epistle to the Hebrews, London, Marshall, Morgan & Scott, 1974, p. 118s.
4 A. Nicole, La marche dans l’obéissance et dans l’amour, Vevey, Éditions Groupes missionnaires, 1961, p. 251.
5 John Stott, Les Épîtres de Jean, Paris, Farel/Sator, 1984, p. 185.

Lien : http://www.promesses.org/arts/180p07.html

 

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