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Le blog de Dr André CHOUBEU

LA MOISSON EST GRANDE, MAIS IL Y A PEU D’OUVRIERS

24 Septembre 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LA MOISSON EST GRANDE, MAIS IL Y A PEU D’OUVRIERS

LA MOISSON EST GRANDE, MAIS IL Y A PEU D’OUVRIERS

« Il leur disait: La moisson est grande, mais les ouvriers peu nombreux; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Luc 10.2).

Introduction :

Plus que jamais, cette parole du Seigneur Jésus prononcée il y a exactement 2020 ans et 6 mois non seulement reste d’actualité, mais est plus présente que jamais. A ce moment-là, il s’adressait à une classe qui prétendait connaître Dieu, mais avait rejeté le Dieu de la Parole pour s’attacher à leurs traditions et raisonnements nettement en contradiction de leur destinée.

Malgré l’aile radicale de ceux qui prétendait détenir la vérité de manière unique et absolue, la race des élus croissait grâce au message du Seigneur qui loin d’être une simple parole écrite est la Parole elle-même, celle-là révélée en chair pour ramener l’homme et son milieu à Dieu.

Bien du temps s’est écroulé et ce que disait le Prophète Esaïe il y a 2770 ans est si évidente que petits et grands en sont conscients. Il disait en substance « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume ! » (Esaïe 5.20). Nos rues, nos vêtements, nos maisons, nos attitudes les uns envers les autres, nos églises, nos administrations, nos comportements, nos nations et autres sont en net déphasage avec la volonté, les principes tant de l’éthique, de l’esthétique que de l’intégrité, décriant les saines manières et la déontologie.

Est-il encore besoin de crier haut et fort qu’un changement s’impose ?

Le constat alarmant ou l’état de lieux désolant :

Comme c’est si vrai ces paroles :

« Ils ont tiré mon peuple au sort; Ils ont donné le jeune garçon pour une prostituée, Ils ont vendu la jeune fille pour du vin, et ils ont bu » (Joël 3.3).

  • Beaucoup de familles ont sacrifié leurs filles sur l’autel de la prostitution pour détruire les foyers, déstabiliser les familles, provoquer des divorces et gagner le cœur des hommes même par envoûtement afin d’obtenir de manière criminelle des sommes d’argent pour mettre les leurs à l’abri des besoins. Toutefois, on oublie qu’on introduit ainsi la colère de Dieu dans la famille à cause des plaintes, des pleurs, des déchirures et blessures causés par ces actes abominables. Ce que l’on sème, on en récoltera les fruits avant la mort, à défaut les descendants paieront le prix.
  • Quel héritage souhaiterez-vous donner à vos enfants ?

«Ils aspirent à voir la poussière de la terre sur la tête des misérables, et ils violent le droit des malheureux. Le fils et le père vont vers la même fille, Afin de profaner mon saint nom » (Amos 2.7).

  • Le mal est si criard que les mères envoient leur filles et fils pour annoncer des nouvelles, donner la nourriture ou prendre cadeaux et argent à leurs amants. Qu’attendrons-nous en retour du comportement moral de nos enfants ?
  • Une telle attitude favorise l’inceste familiale avec le mélange de sang qui créé introduisent des crimes et malédiction dans nos familles.

Dans le livre de Jérémie 6, un fort constat et une forte leçon se dégage :

  • L’adultère, la fornication, les viols, les avortements, les divorces, le lesbianisme et autres crimes sexuels sont à la mode et loin de la punition, il y a un encouragement et une légalisation
  • La trahison, la corruption, la déloyauté, la cupidité et la course au gain sont érigés en principes de vie.
  • Le mensonge est un style de vie communément adopté.
  • Les calomnies, les commérages, la duplicité, l’hypocrisie e les invectives dans un caractère de mensonge chronique est la règle l’institution qui régit la société
  • Les puissants de la société ne le sont aucunement par la vérité.
  • Toute la société dans son ensemble va de méchanceté en méchanceté, et refuse de connaitre la vérité pour s’éloigner du mal.
  • Même l’ami devient un potentiel piège et source de trahison lorsqu’un intérêt se présente.
  • La confiance même envers un frère devient un risque. Tout frère cherche à tromper, tout ami répand des calomnies. Combien de frères s’entredéchirèrent et s’entretuent pour l’héritage qui ne leur ait pas pourtant destiné, le testament ayant désigné un autre qu’on refuse d’accepter ?
  • on se joue les uns des autres, et ne dit point la vérité, exerçant la langue à mentir, et s’étudiant à faire le mal.
  • On vit dans le faux, agit par le faux et refuse par fausseté de connaître, le Dieu de la vérité.

Dans le milieu des croyants :

  • L’ignorance fait de grand ravage et chacun joue l’individualisme, faisant mourir ceux qui pouvaient encore vivre et hériter les grâces de Dieu
  • Le péché devient un modèle de vie et nul ne dénonce. Les Pasteur vivent dans l’immoralité sexuelle, détruisant les vies de jeunes sœurs, introduisant des malédictions dans sa progéniture et les fidèles couvrent ces crimes.
  • Ceux qui vivent dans le péché et qui méritent d’être repris refusent la vérité
  • Des doctrines inventées pour justifier les crimes sont facilement acceptables et quiconque s’oppose est ahuri, méprisé et isolé s’il n’est pas calomnié
  • La vision du ciel est oubliée et tout le plaisir est concentré sur les choses périssables
  • Le monde et l’église font bon ménage à la honte du peuple de Dieu
  • L’évangile de sainteté est décrié au profit de l’évangile de mensonge
  • Le retour de Jésus-Christ n’est plus une préoccupation

Dans la société :

  • Les crimes s’associent aux solennités sous les yeux coupables des croyants
  • Le cortège des victimes destinées à l’enfer s’allonge chaque jour sans un seul geste des croyants qui courent vers leurs préoccupations au lieu de faire du royaume des cieux leur priorité
  • Lorsqu’on cherche le monde, on le voit à l’église et lorsqu’on cherche l’église, on la voit dans le monde
  • Sur 1000 morts, un seul est destiné au ciel et le reste destiné à l’enfer

Un exemple à suivre

Jésus-Christ guérit un paralytique.

Il appelle saint Matthieu à la charge d’apôtre, et il répond à ceux qui se scandalisaient de ce qu’il mangeait avec les pécheurs.

Il répond aussi à ceux qui lui demandaient pourquoi ses disciples ne jeûnaient pas comme ceux de Jean-Baptiste.

il guérit une femme qui avait une perte de sang

il ressuscite une jeune fille,

il rend la vue à deux aveugles,

et il délivre un homme possédé du démon et muet.

Enfin, il exhorte ses disciples à prier Dieu d’envoyer des personnes qui travaillassent à la conversion des peuples.

Les hommes sont dans le désert spirituel, lieu sans communion avec Dieu, ni avec Jésus-Christ, sans les influences de l’Esprit Saint, est un endroit où résident le mal et la tentation ; avec tout ce que le Seigneur nous accorde pour rester en Lui, nous pouvons vraiment vivre dans la sainteté, même dans les villes surpeuplées, où règne l’impiété.

Le peuple qui pourtant se réclame de Dieu, a l’habitude de proférer de nombreux mensonges, à tel point, qu’il est impossible de faire confiance à un frère. Dans leurs transactions diverses et leur négoce, ils s’expriment sous forme de paroles malhonnêtes, afin de posséder toujours davantage. Mais Dieu condamné leur péché.

Là où il n’y a aucune connaissance de Dieu, quel bien peut-on escompter ? Il y a beaucoup de manières de transformer une terre fructueuse en lieu stérile, par la méchanceté de ceux qui y séjournent !

Dieu s’intéresse à la moisson :

« Saisissez la faucille, car la moisson est mûre! Venez, foulez, car le pressoir est plein, Les cuves regorgent ! Car grande est leur méchanceté » (Joël 3.13).

« Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers » (Mt 9.37).

« Il leur dit: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Luc 10.2).

« Allez! De toutes les nations faites des disciples, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28.19)

« La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi ; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là » (Marc 428-.29).

« Et il leur dit: ’Allez dans le monde entier; proclamez l’Évangile à toutes les créatures » (Marc 16.15).

« Il leur disait: « La moisson est grande, mais les ouvriers peu nombreux; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Luc 10.2).

« et qu’on prêcherait en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Luc 24.47).

« Ne dites-vous pas, vous: ‘Encore quatre mois, et ce sera la moisson ? Eh bien! Je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs; ils sont déjà blancs pour la moisson » (Jean 4.35).

« Le moissonneur reçoit déjà son salaire: il ramasse du grain pour la vie éternelle, si bien que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble » (Jean 4.36).

D’autres nombreux textes témoignent la pertinence du besoin de Dieu dans l’œuvre de la moisson : Galates 6.9 ; Actes 16.9 ; Actes 18.10 ; Psaume 68.11 ; 1Cor 3.9 ; 2Cor 6.1 ; Philippiens 2.19,20,21 ; Col 4.11 ; 1Th 5.12 ; 1Th 5.13 ; 1Tim 5.17.

Dans la stratégie de Jésus, il parcourt en vrai missionnaire les divers lieux du pays, n’attendant pas que les hommes viennent à lui, mais plutôt, il va à eux. Qu’en est-il de nos jours ? Les grandes villes sont remplies d’églises et les zones enclavées rien ! Enseigner, prêcher la bonne nouvelle du royaume et guérir le corps et l’âme, telle est l’exemple qu’a laissé le Seigneur Jésus pour le royaume qu’il fondait (Mt 3.2).

Jésus ne visitait seulement pas les grandes villes prospères ; Il est aussi passé dans des villages tristes et insignifiants : mais partout où Il prêchait, Il guérissait ! L’âme la plus médiocre ici-bas est précieuse pour Christ : elle doit donc l’être aussi pour nous, autant que celle des personnes importantes. Il y avait des sacrificateurs, des Lévites, et des scribes, partout en Israël ; mais ils n’étaient en fait, que des « pasteurs de néant » (Zacharie 11.17) : c’est pourquoi Christ avait compassion du peuple, qui n’était composé que de « brebis errantes », des individus périssant, par manque de connaissance religieuse. À ce jour encore, de vastes multitudes sont des brebis sans berger, dont nous devons avoir compassion, et faire tout ce que nous pouvons pour les aider. Les multitudes qui ont besoin d’instruction spirituelle représentent une moisson abondante, qui nécessite beaucoup d’ouvriers actifs : mais peu de personnes se sont hélas levées pour cette tâche.

Christ est le Seigneur de la moisson. Prions pour que beaucoup puissent se lever et être envoyés pour travailler et amener des âmes à Christ. Quelle bénédiction de voir Dieu sur le point d’accorder Sa miséricorde envers un peuple, et d’inciter ce dernier à prier pour cette cause ! Les missions confiées aux « moissonneurs », qui partent, en réponse à cette prière, ont toutes les chances de rencontrer du succès !

Les moissonneurs que Dieu recherche :

Plusieurs aspects du service de Dieu sont aujourd’hui vides parce que l’intérêt des hommes est porté ailleurs dans le matérialisme à outrance. Pourtant, l’ouvrier de Dieu doit :

  • Imiter le zèle de Christ (Esaïe 59.17 ; Mt 21.12)
  • Imiter Christ, l’Enseignant divin (Deut 29.29 ; Mt 11.1)
  • Poser des actes et vivre une spiritualité qui calque son modèle sur les princes de Dieu (1Sam 9.27 ; 2Rois 17.28 ; 2Chron 17.7 ; Esdras 7.10 ; Neh 8.7 ; Mt 5.2 ; Luc 24.27 ; Actes 8.35 ; 18.26 ; 28.23).
  • Fuir les faux Bergers dont les principales caractéristiques sont :

a) l’insensibilité, aimant le plaisir plus que Dieu (Esaïe 56.10-12)

b) Dispersent le troupeau (Jérémie 23.2)

c) Egarent les brebis (Jérémie 50.6)

d) Font leur proie du troupeau au lieu de le nourrir (Eze 34.2,3 ; Zach 11.17)

e) Mercenaires qui abandonnent les brebis (Jean 10.12)

Conclusion :

  • combien d’âmes meurent chaque jour sans connaître Christ parce que le croyant a oublié sa mission première qui consiste à être dispensateur de la grâce de Dieu.
  • Combien de foyers détruits à cause d’un croyant qui leur cache le mystère de la réconciliation ?
  • Quelle quantité de sang versé alors que nous aurions agir pour l’en éviter ?
  • Combien de collègues ignorent notre foi parce que nous nous plongeon dans le même débordement de débauche que eux sans réaction ?
  • Etc.

« Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas; mais je n’en trouve point » (Ézéchiel 22.30)

« Il voit qu’il n’y a pas un homme, Il s’étonne de ce que personne n’intercède; Alors son bras lui vient en aide, Et sa justice lui sert d’appui. Il se revêt de la justice comme d’une cuirasse, Et il met sur sa tête le casque du salut; Il prend la vengeance pour vêtement, Et il se couvre de la jalousie comme d’un manteau. Il rendra à chacun selon ses œuvres, La fureur à ses adversaires, La pareille à ses ennemis; Il rendra la pareille aux îles » (Esaïe 59.16-18).

Dr. André CHOUBEU

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Comment entrer et vivre dans le royaume ?

23 Septembre 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Comment entrer et vivre dans le royaume ?

Comment entrer et vivre dans le royaume ?

Frederic Walraven

Jésus indique clairement qui entre dans le royaume de Dieu et comment cette entrée se fait. Cet article vise simplement à rassembler divers textes qui donnent les conditions pour faire partie de ce royaume et les obstacles qui empêchent d’y parvenir.

1. Les conditions pour entrer et vivre dans le royaume

a. La repentance et la foi

Dès le début de son ministère, Jésus prêche le royaume de Dieu : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (Marc 1.15) Le message de la grâce est proclamé : reconnaître son péché et croire à l’évangile (cette bonne nouvelle du salut de Dieu par pure grâce) est la porte d’entrée dans le royaume de Dieu.

b. La nouvelle naissance

Jésus annonce à Nicodème comment « entrer » et comment « voir » le royaume : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’ai dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. » (Jean 3.3-7) Contrairement à ce que pouvait penser Nicodème, pour qui tout bon juif avait sa place dans le royaume, on n’y entre pas automatiquement. Pour être sauvé, avoir la vie éternelle et ainsi entrer dans ce royaume, il faut une opération surnaturelle de l’Esprit de Dieu qui convainc qu’on est perdu et que Dieu a donné son Fils.

Pour cela, le statut terrestre, qu’il soit social ou religieux, n’a pas d’importance. Jésus dit aux sacrificateurs et aux anciens qui avaient rejeté l’appel de Jean-Baptiste à se repentir : « Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui ; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui. » (Mat 21.31-32) C’est pourquoi le royaume de Dieu a été enlevé aux Juifs pour être donné à d’autres qui se repentent, d’où qu’ils viennent (Mat 21.43)1.

c. L’humilité et la simplicité d’un enfant

L’homme doit mettre de côté ses prétentions et reconnaître ses besoins, sa pauvreté spirituelle pour entrer dans le royaume : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » (Mat 5.3). Plus tard, quand les disciples se demandaient qui était le plus grand dans le royaume des cieux, Jésus prend l’exemple d’un enfant : « Ayant appelé un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. » (Mat 18.1-3)

Un peu plus tard, à ses disciples qui écartaient de lui des enfants, « Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. » (Marc 10.14-15) La caractéristique d’un petit enfant, c’est de croire ce qu’on lui dit. Entrer dans le royaume implique d’abandonner ses raisonnements et de se confier humblement en Jésus.

d. L’obéissance à la volonté de Dieu

Jésus avertit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Mat 7.21) Écouter seulement la parole de Dieu sans la mettre en pratique, c’est s’exclure du royaume.

Cette volonté s’exprime par les commandements de Dieu et en particulier par les deux principaux selon Jésus : aimer Dieu et son prochain. C’est pourquoi Jésus dit au scribe qui lui avait demandé quel est le plus grand commandement et qui avait répondu avec intelligence : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » (Marc 12.28-34)

Jacques parle de la « loi royale » (la « loi du royaume ») : « Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. » (Jac 2.8)

Dans une parabole du royaume des cieux, tous sont invités aux noces que le roi a préparées pour son fils, à condition d’avoir revêtu le bon vêtement, comme le Roi l’a prescrit (Mat 22.2-14) ; sinon on est jeté dans les ténèbres, hors du royaume.

Il faut une justice meilleure qu’une simple obéissance religieuse extérieure : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. » (Mat 5.20) La seule justice qui permette d’y entrer n’a rien à voir avec des œuvres religieuses ; elle est celle que Dieu nous donne par l’œuvre de Jésus à la croix (2 Cor 5.21). Ensuite, une fois entré, le fils du royaume se garde de pécher, non parce que la loi lui dit de ne pas le faire, mais parce qu’il a le désir de plaire à Dieu par amour pour lui.

e. L’amour pour Dieu

Jacques reprend les mêmes thèmes que Jésus et affirme : « Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » (Jac 2.5) L’amour pour Dieu dans un monde où les fidèles peuvent être pauvres aura sa contrepartie dans le royaume futur où Dieu récompensera leur foi.

f. La sanctification

Le thème du royaume est lié de près aux récompenses que Dieu donnera dans le futur à ceux qui auront été fidèles et auront recherché la sanctification. Si on s’y applique, « l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ [nous] sera largement accordée » (2 Pi 1.11). Paul exhortait, consolait, conjurait « de marcher d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire » (1 Thes 2.12).

Si la place dans le royaume sous sa forme glorieuse future dépend de la fidélité ici-bas (cf. les paraboles des talents et des mines, Mat 25.14-30 ; Luc 19.11-27), n’oublions pas que l’entrée dans le royaume n’est que le résultat de la grâce de Dieu. C’est ce qu’indique la parabole du royaume dite « des ouvriers de la 11e heure », où, par la bonté du maître, même les derniers reçoivent une récompense identique aux premiers (Mat 20.1-16).

g. La souffrance aujourd’hui

Pour entrer dans le royaume, il faut être prêt à souffrir ensuite pour Jésus. Ce thème revient dans les 4 grandes parties du N.T. :

– dans les Évangiles : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! » (Mat 5.10)

– dans les Actes : Paul et Barnabas fortifiaient « l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Act 14.22)

– dans les Épîtres : « Toutes vos persécutions [… sont] une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez jugés dignes du royaume de Dieu, pour lequel vous souffrez. » (2 Thes 1.5)

– dans l’Apocalypse : « Moi Jean, votre frère, qui ai part avec vous à la tribulation, au royaume et à la persévérance en Jésus, j’étais dans l’île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. » (Apoc 1.9)

Tant que le Roi est rejeté, les disciples du royaume doivent accepter de partager son rejet. Une fois que le Roi aura établi son royaume visible, ceux qui souffrent aujourd’hui avec lui règneront avec lui (2 Tim 2.12).

h. L’effort

Jésus ne sous-estime pas les obstacles qui se posent devant celui qui veut entrer dans le royaume : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. » (Luc 13.24) Lorsque le royaume glorieux sera établi, certains s’apercevront trop tard qu’ils n’y entreront pas parce qu’ils ont refusé la voie plus difficile qui mène à la vie éternelle. D’où des regrets éternels : « C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi ; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu. Et voici, il y en a des derniers qui seront les premiers, et des premiers qui seront les derniers. » (Luc 13.28-30)

Actuellement, il faut se faire violence pour entrer, pour lutter contre la pente naturelle de la facilité, de l’amour des richesses terrestres ou de la propre justice. « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. » (Luc 16.16)

2. Les obstacles pour entrer dans le royaume

Jésus n’a pas caché qu’il y avait des obstacles qui peuvent empêcher quelqu’un d’entrer dans le royaume de Dieu.

a. Les richesses

« Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! […] Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » (Marc 10.23,25)

Les disciples sont très étonnés par ces affirmations de Jésus : pour eux, la richesse était au contraire un signe de la faveur de Dieu. Mais entrer dans le royaume coûte quelque chose. Pierre avait tout abandonné pour suivre son Maître.

Ailleurs, Jésus indique que le royaume est pour les pauvres : « Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit : Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! » (Luc 6.20)

b. L’immoralité

Paul aussi met en avant l’amour des richesses (la « cupidité ») comme un obstacle pour obtenir l’héritage dans le royaume : « Sachez-le bien, aucun débauché, ou impur, ou cupide, c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. » (Éph 5.5) Il y ajoute l’immoralité : la débauche ou l’impureté.

C’était le cas autrefois des Corinthiens, mais l’Esprit de Dieu avait agi pour les détourner de leur conduite immorale précédente : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. » (1 Cor 6.9-11)

c. Le péché

Jésus avertit : « Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne. » (Marc 9.47)

Paul confirme, à la fin de la liste des œuvres de la chair : « Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. » (Gal 5.21)

Persévérer volontairement dans le péché sans prendre les mesures pour le combattre montre qu’on n’a pas compris l’enjeu du royaume et, à la fin, empêchera d’y entrer.

d. L’hypocrisie

Les scribes et les pharisiens se contentaient de l’apparence et leur hypocrisie était contagieuse, comme Jésus le leur reproche très sévèrement : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. » (Mat 23.13)

e. Les mauvaises priorités

Jésus ne cache pas l’exigence du royaume et le prix à payer, même par rapport à des devoirs qu’on peut considérer comme légitimes : « Pendant qu’ils étaient en chemin, Jésus dit à un autre : Suis-moi. Et il répondit : Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelir leurs morts ; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. Un autre dit : Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répondit : Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu. » (Luc 9.57-62)

f. Le manque de pardon

Jésus y consacre une des paraboles du royaume des cieux (Mat 18.23-35) : l’esclave n’a pas été sensible à l’immensité du pardon que le roi lui avait accordé. « Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. » (Mat 18.33-35) Refuser de pardonner éloigne inexorablement du royaume du Dieu qui pardonne.

Conclusion

Dans le N.T., l’entrée dans le royaume est à la fois présente et future. Comme à Nicodème autrefois, Jésus offre encore aujourd’hui la nouvelle naissance à toute personne qui croit en lui. Ce salut est reçu par pure grâce, sans aucun effort ; il marque l’entrée dans la sphère actuelle du royaume. Cette sphère, c’est les cœurs de ceux qui ont cru dans l’amour du Sauveur à la croix.

Mais le chrétien, purifié de ses anciens péchés, doit s’appliquer d’autant plus « à affermir [sa] vocation et [son] élection » (2 Pi 1.10). Il montre qu’il est vraiment entré dans le royaume en recherchant ce qui lui donnera une large entrée dans le royaume futur, éternel, du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (2 Pi 1.11). Il se soumet à la royauté du Seigneur dans sa vie en faisant « tous [ses] efforts » pour croître dans la foi (2 Pi 1.5), dans la grâce et dans la connaissance de Jésus (2 Pi 3.18). Sa place future sera alors à la hauteur de sa fidélité présente.

1 Cette référence, confirmée par le verdict de l’apôtre Paul à la fin du livre des Actes (28.25-28), ne signifie pas un écartement définitif du peuple juif en tant que peuple élu. Comme Paul l’affirme clairement en Rom 9-11, il s’agit d’un rejet provisoire (11.1-2a) dont le terme coïncide avec l’achèvement du plan de Dieu envers les nations païennes. Lorsque le nombre des rachetés d’entre celles-ci sera complet (11.25), alors Israël sera conduit vers son relèvement (11.12), vers sa réinté-gration (11.15) par sa conversion au Messie, son libérateur (11.26). (NDLR)

Source : http://www.promesses.org/arts/193p03.html

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L’ÉTHIQUE DU ROYAUME

21 Septembre 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L’ÉTHIQUE DU ROYAUME

L’ÉTHIQUE DU ROYAUME

Thierry Huser

Le « royaume/règne de Dieu » annoncé par Jésus est une réalité nouvelle, inaugurée en sa personne, par sa venue, dans l’histoire des hommes. Elle est déjà à l’œuvre partout où se manifeste l’action de Dieu et où s’accomplit sa volonté. Elle débouchera sur le règne universel et pleinement visible de Dieu sur toute chose, dans une création renouvelée. Mais ce règne de Dieu doit se manifester, aussi, par des vies transformées, vécues selon la volonté de Dieu. Prier « Que ton règne vienne » implique aussi, pour chacun, de se soumettre à la volonté de Dieu dans sa manière de vivre.

L’éthique, c’est l’ensemble des règles et des principes moraux qui déterminent la conduite. C’est ce qui donne les orientations d’une vie. C’est aussi le critère qui les juge, qui les évalue. Nous sommes appelés à faire nôtres ces normes éthiques, mais nous n’en disposons pas à notre guise. D’une certaine façon, elles s’imposent à nous : imaginons ce que serait la vie si chacun déterminait lui-même, à son envie, ce qui est bien et ce qui est mal !

Dans la perspective biblique, le fondement de l’éthique, c’est que Dieu est le Créateur, le Seigneur et la source de tout bien. Nous sommes appelés à vivre selon sa volonté, à respecter ses commandements. L’éthique chrétienne est donc, d’abord, une éthique de la volonté de Dieu.

D’autres conceptions de l’éthique ont d’autres priorités : il existe des éthiques du Bien vers lequel on tend et auquel on veut s’assimiler ; du Bonheur à atteindre ; de la Vie à promouvoir ; de l’Utilité à rechercher. L’éthique chrétienne intègre ces éléments, mais de façon dérivée. Son premier souci, c’est de faire ce que Dieu veut, et de lui exprimer ainsi notre amour, notre respect, notre reconnaissance. Nous savons, aussi, que la volonté de Dieu est orientée vers notre bien, qu’elle est l’expression de son amour, de sa sagesse, qu’elle vise ce qui est le mieux pour nous, qu’elle veut nous conduire sur les chemins du bonheur véritable. On retrouve donc les thèmes évoqués. Mais le souci premier, la norme fondamentale, c’est le respect de la volonté de Dieu, et le désir de s’y conformer.

On voit, ici, un lien avec le thème du « royaume de Dieu » : l’éthique est une manière de manifester que nous voulons, concrètement, que le Seigneur « règne » sur notre vie. C’est une façon de nous insérer dans l’œuvre que Dieu fait, dans les plans qu’il met en œuvre pour l’humanité, dans ce qu’il a inauguré et qu’il achèvera.

1. Les formes et les lieux

Les Évangiles ne sont pas construits comme des manuels d’éthique. Ils nous rapportent la vie et l’enseignement de Jésus, au sens le plus large. Les textes sur l’éthique se trouvent donc en plusieurs endroits.

Le texte fondateur de l’enseignement éthique de Jésus est, incontestablement, le « Sermon sur la Montagne » qui, en trois chapitres (Mt 5-7), en condense les principes.

La nouvelle « loi » du royaume de Dieu est enseignée par Jésus à ceux qui sont ses « disciples » (5.2). Il ne s’agit pas d’une éthique universelle, pour tous les hommes, mais d’une éthique pour ceux qui veulent suivre Jésus, et vivre selon la charte du royaume inauguré par Jésus.

Si le Sermon sur la Montagne est le « cœur » de l’enseignement éthique de Jésus, plusieurs enseignements éthiques sont donnés en d’autres circonstances en réponse à des questions, ou à des situations : « Quel est le plus grand commandement de la loi ? » ; « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque ? » Jésus développe alors un enseignement en réponse à la question précise qui lui est adressée.

Certains enseignements éthiques sont aussi donnés dans le cadre de controverses. Jésus y trouve occasion à fustiger la « tradition des anciens » ajoutée à l’Écriture (Mat 15) ou l’hypocrisie religieuse (Mat 23).

Quant à la forme, Jésus développe son enseignement éthique en des formules ramassées, souvent bien travaillées. Il ne se limite pas à enseigner des principes : il veille à donner des exemples, des illustrations, des cas-types, des applications. Il n’hésite pas à inventer des formules frappantes, qu’on retient. Il manie avec art l’hyperbole, cet art de l’exagération calculée pour produire un effet sur l’auditeur (comme « arracher son œil » s’il est occasion de chute, 5.30). Il emploie aussi parfois un langage symbolique, une façon de s’exprimer appréciée en Orient.

2. L’éthique de Jésus et le royaume de Dieu

Quel lien établir entre l’éthique de Jésus et le reste de son enseignement, en particulier de son enseignement sur le royaume de Dieu ?

Admirations sélectives

Plusieurs admirent sans borne l’éthique de Jésus, mais rejettent le reste de sa théologie comme un certain nombre d’auteurs juifs, ou des théologiens libéraux. Chanter la beauté de l’éthique de Jésus peut avoir un côté ambigu. Si l’on valorise un côté pour en dévaloriser un autre, on traite Jésus et son enseignement comme si l’on pouvait disposer d’eux à sa guise. On risque fort, en agissant ainsi, de faire de l’enseignement de Jésus autre chose que ce que lui-même entendait. Il faut considérer l’enseignement éthique de Jésus à l’intérieur du cadre qu’il a lui-même donné.

Éthique et royaume

Il est assez clair, quand on lit le Sermon sur la Montagne, que l’éthique de Jésus est bel et bien liée au royaume de Dieu, comme en témoignent les nombreuses références au royaume tout au cours du Sermon (Mat 5.3,19,20 ; 6.33 ; 7.21)

Ce lien a été compris de plusieurs façons différentes, qui chacune a une incidence sur la façon dont on s’approprie l’éthique de Jésus.

Une éthique de l’intérim

Certains ont pensé que, pour Jésus, le royaume de Dieu allait venir très vite. Il faut revenir à Dieu, et manifester une attitude de renouvellement moral radical. L’éthique de Jésus serait donc une éthique de l’urgence, qui expliquerait le regard assez négatif sur l’attachement à la famille, à la richesse ou le peu d’intérêt pour les questions sociales : on est dans l’intérim. C’est aussi ce qui expliquerait son caractère « impossible » à réaliser : son but est de faire revenir sur soi-même et d’inviter à une position radicale en face de l’imminence. Cette position a été défendue par Albert Schweitzer.

Mais, à aucun moment, dans le Sermon sur la montagne, il n’est question de l’imminence du royaume. Il est donc artificiel de lier les deux thèmes.

Si, par ailleurs, on examine la raison des exigences élevées de l’éthique de Jésus, c’est à Dieu et à ses perfections qu’il faut les rattacher, et non à l’imminence du royaume : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mat 5.48) De même, ce n’est pas parce que le temps est proche qu’il faut aimer même nos ennemis ; c’est « afin d’être fils de notre Père » qui est dans les cieux (Mat 5.43).

Une perspective future

D’autres adoptent une position inverse, et disent que l’enseignement éthique concerne le royaume futur. Nous n’y sommes pas encore : l’éthique de Jésus n’est donc pas pour nous. C’est la loi qui prévaudra dans le royaume à venir. Pour certains, le Sermon sur la Montagne est la règle de ce royaume, qui concerne Israël, et qui est reporté après le retour de Jésus. Mais une vision purement future du royaume peut conduire à nous priver aujourd’hui de cet enseignement éthique de Jésus.

Pour répondre à cette vision des choses, on rappellera que Jésus s’adressait prioritairement à ses disciples (Mat 5.1-2) : cela concerne donc la vie d’aujourd’hui. Et bien des situations évoquées dans le Sermon sur la montagne renvoient à une situation où le mal (adultère, vengeance, etc.) est encore bien présent, et non pas à un royaume solidement établi.

La conception dynamique du royaume

Cette conception dit que Jésus a inauguré le royaume de Dieu, mais qu’il n’est pas encore pleinement abouti. Nous sommes dans une situation d’entre-deux.

Avec la personne de Jésus, sa venue et son œuvre, une nouvelle réalité est inaugurée. Elle manifeste déjà sa nouveauté : c’est pourquoi Jésus pousse plus loin que la loi de Moïse. Il vient « accomplir » cette loi, en approfondissant ses exigences (Mat 5.17-48).

Mais nous ne sommes pas encore dans le royaume achevé : le royaume de Dieu se fraie un chemin dans le monde mauvais où nous vivons, et l’une des manières dont il doit se manifester, c’est par notre conduite éthique : nous sommes appelés à être, par notre conduite et nos paroles, « lumière du monde » (Mat 5.14-16).

Comment ? En appliquant le Sermon sur la montagne ! Il nous faut vivre, dans le monde présent, selon les normes de Dieu. Il y aura parfois des tensions, des choix, des priorités : mais nous avons à exprimer, par notre conduite, que nous attendons la pleine manifestation du royaume de Dieu, et que c’est cette perspective qui aimante et détermine notre vie.[1]1

3. L’exigence de justice

Par son annonce du royaume de Dieu, Jésus inaugure une nouvelle phase de l’histoire. Mais il implique aussi une exigence nouvelle en ce qui concerne l’éthique. Il le dit très clairement : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. » (Mat 5.20) Pour comprendre cette parole de Jésus, il faut l’écouter dans son contexte.

Jésus et le temps de l’accomplissement

Jésus se situe par rapport à tout ce qui l’a précédé, « la Loi et les Prophètes » (Mat 5.17). Une nouvelle ère intervient, qui est celle de l’« accomplissement ». En Jésus, par sa présence et dans sa mission, tout l’A.T. a atteint son but. Ce qui était annoncé s’accomplit. Ce que Dieu avait préparé, préfiguré, trouve son aboutissement et sa lumière. Tout (non seulement l’éthique, mais aussi le salut, la relation de Dieu avec l’homme, l’inauguration d’une nouvelle alliance) arrive à son accomplissement. Jésus, en disant cela, anticipe la suite de son œuvre, car c’est avec sa mort et sa résurrection que se manifestera l’accomplissement décisif.

• Du point de vue de la loi, ce qui était de l’ordre de la préfiguration (lois rituelles : cérémonies, sacrifices, etc.) s’efface devant l’accomplissement, tout comme l’ombre qui annonce quelqu’un n’a plus de raison d’être lorsque la personne réelle est là, en pleine lumière.

• Pour ce qui concerne la justice, ceux qui ont « faim et soif de justice » peuvent être déclarés « heureux », car ils seront « rassasiés »… Rassasiés de pardon, de grâce, comme ce pauvre péager de Luc 18.9-14. Cela, Jésus l’a illustré dans tout son ministère, en accueillant celles et ceux qui venaient à lui en reconnaissant leur besoin de Dieu.

• Pour ce qui concerne les moyens de vie, une nouvelle alliance est inaugurée, selon laquelle Dieu promet de nouvelles ressources pour accomplir sa volonté : la loi est « gravée dans le cœur », renouvelé pour pouvoir pratiquer ses lois (Jér 31 ; Éz 36.27).

Cet accomplissement de la loi et des prophètes en Jésus est un grand privilège. Sur la base de ce privilège, Jésus affirme une exigence éthique encore plus grande. Rien de ce que Dieu a demandé ne doit être supprimé, ni édulcoré : la volonté de Dieu exprimée dans ses commandements subsiste, et doit être respectée. Plus encore, il faut aller jusqu’au bout de la justice, avec une exigence encore plus pointue.

Quelle est-elle, cette justice qui « surpasse celle des scribes et des pharisiens » ?

• C’est une justice qui a des ressources que n’ont pas les scribes et les pharisiens, qui sont simplement face à la Loi de Moïse. Les disciples de Jésus, eux, peuvent être mis au bénéfice des ressources qu’apporte le royaume de Dieu, grâce à l’œuvre de Jésus qui « accomplit la loi et les prophètes ».

• Mais c’est aussi une justice qui donne toute sa radicalité au commandement et à la volonté de Dieu, sans essayer de le contourner.

Autrement dit : un privilège et une responsabilité. Il me semble que l’on a là une sorte de clé du Sermon sur la montagne. Jésus va très loin dans les exigences de justice parce qu’il sait que les temps de l’accomplissement sont inaugurés, avec toutes les ressources de grâce, de pardon et de vie nouvelle qu’ils impliquent. La « justice qui surpasse celle des scribes et des pharisiens » est à la fois une justice reçue par le pardon pleinement disponible, et une justice à accomplir grâce aux ressources de vie nouvelle.

Des dépassements demandés

Du coup, Jésus pousse très loin son appel à une vie selon Dieu. À six reprises, il donne une application plus radicale de certains commandements contenus dans la loi de Moïse, et (mal) interprétés par la tradition (Mat 5.21-47). Jésus invite à aller jusqu’au bout du commandement. Cela, on peut le faire, parce que de bonnes bases sont données dans la nouvelle alliance que Jésus est venu inaugurer.

1. Jésus invite à une éthique de la reconnaissance : pourquoi imiter Dieu ? Parce que l’on reconnaît qu’on lui doit tout, qu’il nous a tout donné. En lui nous recevons la vie, le salut. Nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier (1 Jean 4.19).

2. Jésus nous invite à une éthique relationnelle et motivée : ce que nous faisons, dans les grandes ou dans les petites choses, est appelé à devenir une expression de l’amour pour Dieu (Mat 22.37-39). L’éthique est une forme de la relation entre Dieu et nous : on n’obéit pas à un code, on cherche à plaire à Dieu. Il y a là une source d’élan, de motivation, de joie, de sens. Bien des actes simples peuvent être « transfigurés » par cette motivation.

3. Parce que le vis-à-vis est le Seigneur, Jésus invite à une éthique de la transparence et de la transformation intérieure. Jésus est très sévère avec les pharisiens qui pratiquaient une éthique qui cherchait surtout à préserver les apparences (Mat 23.25-26). Jésus dit ici : il faut aller au fond des choses, ne pas se contenter de la superficialité. Et cela, c’est le fruit d’une éthique relationnelle, où l’on se place constamment devant Dieu et sous son regard. Cela demande aussi un travail sur nos motivations, une purification, une transformation. Mais le but est de conduire à une cohérence plus grande : c’est de l’intérieur que tout doit se construire, pour aller ensuite vers l’extérieur.

4. Parce qu’elle se situe dans la relation avec Dieu, l’éthique est soutenue par l’exemple même de Dieu (Mat 5.45). Jésus développe la même perspective dans d’autres domaines. « Combien de fois pardonnerai-je ? », demande Pierre. La réponse de Jésus est, en substance : « Autant de fois que Dieu te pardonne » (Mat 18.21-35). Jésus veut que la relation avec Dieu nous transforme et nous pousse à agir à son image. C’est ce qu’il dit, dans une formule indépassable : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mat 5.48)

Pour certains, c’est le commandement impossible, l’objectif irréalisable, la parole toujours culpabilisante. C’est se méprendre sur cette parole que d’en faire juste un commandement, juste une exigence. Jésus ne dit pas : « comme Dieu est parfait. » Il parle de « votre Père céleste », décrivant ainsi une relation. Dans cette relation, nous sommes invités à une transformation, constante. Nous recevons du Père force, soutien, encouragement, en même temps que les objectifs. C’est un travail constant, progressif. Jésus dit, en substance : il faut que la relation avec votre Père céleste vous change, vous pousse sans cesse plus loin, et voyez jusqu’où cela va.

L’éthique de Jésus va loin, parce qu’elle combine le modèle et la relation. Jésus nous propose ce qu’il a lui-même vécu (voir Jean 5.19).

4. À la suite du Christ

La grandeur et la particularité de l’éthique de Jésus ne proviennent pas simplement d’une éthique théorique, requise ; celle-ci est aussi pleinement vécue, pleinement incarnée. Quand on regarde la vie de Jésus, quand on médite sur ses attitudes, ses choix, ses priorités, ses réactions, on a un modèle vivant. On peut, constamment, mettre en relation l’enseignement de Jésus et la façon dont il l’a incarné.

Du coup, Jésus lui-même devient source d’inspiration. Il le déclare, lui-même, à la fin de son ministère, juste avant la Croix : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13.34)

La nouveauté du commandement, c’est le « comme je vous ai aimés ». L’éthique chrétienne est une éthique « à la suite du Christ ». Il nous offre :

– un exemple concret,

– une motivation : on suit le Christ par amour, pour lui faire plaisir, en reconnaissance pour ce qu’il a fait pour nous ; c’est un bonheur de pouvoir le faire, y compris dans des situations exigeantes ;

– un encouragement : on voit, dans la vie de Jésus, le fruit et la fécondité de certaines attitudes, qui sont parfois difficiles à adopter (cf. la valeur du service, de l’amour qui se donne, la confiance accordée, le pardon renouvelé…)

On ne peut pas penser l’éthique de Jésus sans méditer, en même temps, sur la vie de Jésus. Ce sont les deux parties d’un même livre, à lire ensemble. Si le Sermon sur la montagne vous semble irréaliste, méditez, en face, la vie de Jésus (Jean 13.15 ; 1 Pi 2:21).

5. Priorités et récompenses

Une éthique des priorités

L’éthique de Jésus se présente souvent comme une éthique des priorités (Mat 6.33). Il y a des choix clairs à faire, en fonction du royaume de Dieu et de sa justice. Il faut savoir donner priorité au royaume de Dieu, de manière claire, nette. Et cela se manifeste par des choix, concrets. Choix du bien par rapport au mal. Choix de nos attitudes, à l’exemple de Jésus. Mais parfois, aussi, savoir donner priorité au royaume de Dieu par rapport à des choses légitimes.

Jésus en parle par rapport à la famille : Jésus valorise le souci et l’amour des siens (Mat 15.4), mais en même temps, il demande à ce que l’on sache donner priorité au royaume de Dieu, même par rapport aux siens, si cela est nécessaire (Mat 19.29 ; cf. 19.12 ; 16.24-25).

Une éthique de la récompense

Enfin il est frappant que jamais Jésus ne tienne ce langage à sens unique. À chaque fois qu’il parle de priorité à donner, de renoncement à effectuer, ou d’engagement à consentir, il a soin d’ajouter que cela ne sera jamais sans récompense, sans compensation (« toutes choses par dessus », 6.33 ; « le centuple », Mat 19.29).

Pourquoi cet accent ? Est-ce la « carotte » pour nous faire avancer ? Est-ce la négation de la gratuité, du don entier ? En aucune manière ! L’idée de « récompense », voire de « compensation », s’inscrit dans la perspective relationnelle de l’éthique de Jésus. Quelle est la récompense du serviteur qui a bien accompli sa tâche ? C’est d’avoir fait la joie de son maître (Mat 25.21). Dieu nous aime : nous pouvons avoir confiance en cet amour ; s’il nous demande, il nous donnera aussi en retour. Nous ne sommes pas dans un calcul d’intérêt. Nous sommes dans une relation réciproque d’attention et d’amour.

1Le témoignage de l’Église ne parviendra toutefois pas à lui seul à instaurer le Royaume de Dieu « sur la terre comme au ciel ». C’est malheureusement ce qu’enseignent les partisans de la théologie dite « dominationniste » comme C. Peter Wagner ou le « restaurationnisme » (postmillénariste). Ces théories ont un fort retentissement dans certains milieux charismatiques. Nous croyons que le monde actuel est en phase de désagrégation spirituelle et morale (apostasie) et que la pleine manifestation du Royaume de Dieu coïncidera avec le retour visible de Jésus-Christ. (NDLR)

Source : http://www.promesses.org/arts/193p08.html

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Sept aspects différents du règne de Dieu

21 Septembre 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Sept aspects différents du règne de Dieu

Sept aspects différents du règne de Dieu

Joël Prohin

Qu'est-ce que le royaume de Dieu ?

La notion de « royaume de Dieu » paraît bien floue à certains chrétiens. Face à des interprétations parfois contradictoires, les questions affluent : Est-il actuel ou futur ? Est-il seulement pour Israël ou aussi pour nous ? Peut-on dire que Jésus est notre roi ? Qu'est-ce que « l'évangile du royaume » ? Le royaume de Dieu est-il différent du royaume des cieux ?

Cet article ne prétend pas répondre à toutes ces questions (d’autres articles de ce numéro s’y essayeront), mais il vise à clarifier le sens du royaume et à décrire son développement.

Qu'est-ce qu'un roi ?

Selon le dictionnaire, un roi est :
– soit un chef d’état qui accède au pouvoir souverain par voie héréditaire,
– soit une personne qui domine un champ particulier (le roi du pétrole),
– soit un représentant éminent d’une espèce donnée (le roi des animaux).

Le Nouveau Testament utilise le terme « roi » (basileus) pour désigner l’empereur romain, comme c’était le cas dans la koinè, la langue grecque populaire du 1er siècle (cf. 1 Pi 2.17). Ce terme peut aussi désigner un roi plus local comme Hérode le tétrarque (cf. Mat 14.9), mais aussi Dieu lui-même ou Christ (cf. Apoc 15.3).

Qu'est-ce qu'un royaume ?

Qui dit roi, dit royaume. Selon le dictionnaire, un royaume désigne soit un pays gouverné par un roi, soit les sujets d’un roi.

Et là, le sens biblique prend des acceptions plus larges. Le sens premier de « royaume » (basileia) est abstrait ou conceptuel, plutôt que géographique ; il désigne avant tout la souveraineté, le pouvoir royal, la domination, le pouvoir de gouverner. Ce n’est que dans un sens second, par métonymie, qu’il prend une signification concrète pour désigner le territoire ou le peuple sur lequel règne une personne appelée « roi ». C’est pourquoi plusieurs versions rendent justement le terme par « règne » plutôt que par « royaume », trop connoté en français.

Le parallélisme du Psaume 145 aide à saisir le sens biblique fondamental du « règne » ou « royaume » :
« Ils diront la gloire de ton règne et ils proclameront ta puissance, pour faire connaître aux fils de l’homme ta puissance et la splendeur glorieuse de ton règne. Ton règne est un règne de tous les siècles et ta domination subsiste dans tous les âges. » (Ps 145.11-13)
Le « règne » répond à la « puissance », à la « domination ».

Cela étant, comme on l’a dit, le « royaume est une des notions les plus complexes de l'Écriture »...

1. Dieu, le roi créateur

La souveraineté absolue de Dieu

L’Écriture affirme que Dieu est roi, en raison de sa nature même de Dieu grand et éternel (Ps 93.1-2 ; 95.3 ; 103.19). La première doxologie de 1 Timothée proclame : « Au roi des siècles, immortel, invisible, seul Dieu, soient honneur et gloire, aux siècles des siècles ! Amen ! » (1 Tim 1.17)

Il est aussi roi parce qu'il est le créateur (Ps 47 ; 29.10) : il domine sur les œuvres de ses mains.

N’ayons donc aucune crainte à appeler Dieu notre roi : c’est reconnaître sa grandeur intrinsèque et ses droits de Créateur.

Dieu et les rois de la terre

En créant l’homme, Dieu lui a délégué une part de son autorité (Gen 1.28). Mais l’homme, par son péché, s'est volontairement assujetti au diable. Satan est devenu le prince du monde, sans être qualifié de roi (Luc 4.6).

Après le déluge, l’homme se voit confier une responsabilité de gouvernement. Le premier roi mentionné est Nimrod (Gen 10.10). Mais si les rois de la terre exercent une autorité déléguée (Rom 13.1-7), Dieu est pourtant toujours au-dessus des rois ; il est « le Dieu des dieux et le Seigneur des rois » (Dan 2.47). Il est aussi le « faiseur » des rois : « C’est lui qui renverse et qui établit les rois. » (Dan 2.21) « Le Très-haut domine sur le royaume des hommes et il le donne à qui il veut. » (Dan 4.32)

2. La royauté de Dieu sur Israël

L'origine de la royauté

Babel et l'histoire humaine subséquente conduisirent Dieu à choisir un peuple particulier, Israël, issu d'Abraham, par lequel la royauté sur le monde serait établie (Gen 12.3). Israël devait être une lumière pour toutes les autres nations : « Si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi ; vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. » (Ex 19.5-6)

La théocratie en Israël

Pendant plusieurs siècles, de Moïse à Samuel, le peuple fut sous la domination directe de Dieu : c’est l’Éternel qui dominait sur le peuple (Jug 8.22-23) et ses conducteurs puis ses juges n’étaient là que pour le conduire et le ramener à Dieu.

Mais, lassé de la théocratie directe, le peuple réclama un roi humain (1 Sam 8.4-6). La réponse de l’Éternel indiquait clairement qu’il s’agissait d’un refus déguisé de son autorité : « C’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. » (1 Sam 8.7) Désormais la royauté divine deviendrait indirecte, avec la médiation d’un homme comme roi.

3. L'annonce de la venue du Roi

En même temps qu'une royauté humaine se met en place sur Israël, Dieu commence à annoncer la venue d’un roi, de son roi, le Roi parfait et définitif. Cette annonce se fait :

Par les rois d'Israël : Après Saül (qui représente l'homme incapable de remplir le plan de Dieu), David (le roi selon le cœur de Dieu, qui délivre le peuple de Dieu de ses ennemis) reçoit la promesse d’un descendant dont le « trône sera pour toujours affermi » (1 Chr 17.11-14). Salomon, le fils direct de David, même si son règne fut brillant, ne faisait qu’annoncer un « plus grand » que lui, le Roi glorieux qui règne en justice.

Par les prophètes : Au fur et à mesure de la déliquescence de la royauté en Israël et en Juda, les annonces prophétiques du royaume se font plus précises. Emmanuel, le fils donné (És 9.7) sera le Roi qui règnera selon la justice (És 32.1), le « germe juste qui règnera en roi » (Jér 23.5), celui qui unira les deux fonctions rigoureusement distinctes sous l’ancienne alliance de la royauté et de la sacrificature (Zach 6.13).

4. La première venue du Roi et son rejet

La naissance du Roi

Les premiers mots de l’Évangile établissent le droit juridique de Jésus-Christ au trône : il est avant tout le « fils de David » promis, enfin là (Mat 1.1). Dès avant sa conception, l’ange annonce à Marie que l’enfant qui va naître est bien le Roi promis : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. » (Luc 1.32-33)

Les mages qui viennent peu après le reconnaissent comme « le roi des Juifs qui vient de naître » (Mat 2.1-2). À travers eux, la royauté de Jésus dépasse dès sa naissance le cercle du seul peuple d’Israël.

Le royaume prêché

Si le Roi est né, c’est que le royaume s’est approché. Dieu n’est plus seulement le créateur absolu, dominant sur ses œuvres ; le Roi est entré dans sa création pour visiter sa créature. Ce « rapprochement » du royaume de Dieu est le thème de la prédication :

– de Jean-Baptiste, en précurseur : « En ce temps-là parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Mat 3.1-2) ;

– de Jésus, dès le début de son ministère : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l’Évangile de Dieu. Il disait : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (Marc 1.14-15) ;

– des disciples, envoyés par le Roi : « Jésus envoya [les douze], après leur avoir donné les instructions suivantes […] : Allez, prêchez, et dites : Le royaume des cieux est proche. » (Mat 10.5-7)

Les caractères du Roi et du royaume

Et pourtant ce royaume qui s’approchait dans la personne du Roi lui-même ne laissait pas de surprendre beaucoup ceux qui attendaient une manifestation bien plus politique et visible. Ce royaume paradoxal était marqué par :

la discrétion : Quand « les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu, il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. » (Luc 17.20-21)

l’humilité : Montant à Jérusalem, Jésus accomplit la prophétie de Zacharie : le « roi qui vient » à Sion ne chevauche pas un cheval, l’attribut des rois du monde, mais « il est humble et monté sur un âne » (Zach 9.9).

Le Roi partiellement reconnu

À trois reprises, au moins, Jésus fut reconnu comme roi :

au début de son service, par Nathanaël : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël » (Jean 1.49) ;

après la multiplication des pains, lorsque les gens rassasiés vinrent l’enlever pour le faire roi — ce que Jésus refusa, car il ne souhaitait pas prendre un rôle politique : le royaume qu’il annonçait était d’un autre ordre ;

lors de l'entrée à Jérusalem, quand la foule s’écria : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! » (Jean 12.13)

Le Roi rejeté

L’annonce de la venue du royaume n’a pas été reçue et le Roi a été rejeté :

– Au cours de son ministère, on attribua la puissance spirituelle indéniable qui se manifestait par des guérisons et des exorcismes à celle du diable (Mat 12). À partir de ce moment, la proclamation du royaume par Jésus prit une forme plus cachée, mystérieuse, au travers de paraboles destinées à révéler et à cacher (Mat 13.34-35).

– Le rejet alla s’amplifiant au cours des mois et fut scellé par le conseil des principaux des Juifs lors de la semaine pascale. Lors de son procès, Jésus indiqua à Pilate, effrayé d’avoir à juger un roi, que son royaume était d'un autre monde (Jean 18.33-37). Mais le procurateur n’hésita pourtant pas à suivre l’avis des Juifs et à condamner leur Roi.

– Le rejet aboutit finalement à la crucifixion du Roi ! Mais sur la croix, Dieu permit qu’un témoignage public multilingue annonce à tous ceux qui passaient que le crucifié était le « roi des Juifs » (Jean 19.19-22), pendu par la volonté délibérée d’un peuple qu’il était venu sauver mais qui le faisait mourir.

Le Roi glorifié

Jésus n’est pas resté dans le tombeau et le Ressuscité peut annoncer qu’il a désormais tout pouvoir dès aujourd'hui. L’Évangile du Roi se termine par cette proclamation : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Mat 28.18) Paul confirme aux Éphésiens que « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire a fait asseoir le Christ à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir et qu’il a tout mis sous ses pieds. » (Éph 1.20-22)

Pour autant, ce pouvoir n’est pas encore visible et ne s’impose pas pour le moment : « Dieu n’a rien laissé qui ne lui soit soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. » (Héb 2.8) Selon les plans de Dieu, la manifestation glorieuse et publique de la souveraineté de son Fils ne suit pas immédiatement la croix et sa glorification.

5. Le royaume en l’absence du Roi

Depuis le départ de Jésus, le royaume de Dieu prend une forme mystérieuse, paradoxale, temporaire : celle que nous vivons actuellement. Il est déjà là, mais pas encore pleinement établi.

Le royaume prêché

La prédication du royaume de Dieu continue dans la période actuelle. Sa proclamation est au cœur du livre des Actes, où il est mentionné à 7 reprises :

– prêché par le Seigneur ressuscité aux apôtres à qui il parla « des choses qui concernent le royaume de Dieu » (Act 1.3) ;

– prêché par Philippe en Samarie, qui « annonçait la bonne nouvelle1 du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Act 8.12) : les Samaritains crurent Philippe qui leur annonçait les bonnes nouvelles touchant le royaume de Dieu et le nom de Jésus Christ.

– prêché par Paul, en particulier à Éphèse et à Rome (Act 19.8 ; 20.25 ; 28.31).

Chaque fois que le pur Évangile est annoncé, on proclame Jésus comme Sauveur et Seigneur — exactement le message du royaume de Dieu !

Les sujets du royaume

Le règne de Dieu s’étend aujourd’hui à tous ceux qui sont nés de nouveau (Jean 3.3-7). Avant de régner un jour, plus tard, les croyants sont actuellement « un royaume » (Apoc 1.5-6). Chaque fois qu’ils montrent dans leur vie les caractères du royaume — des caractères liés à ceux du Roi et à ce qu'il a montré sur terre — les chrétiens rendent visibles le règne de Dieu sur leur cœur : justice, paix et joie (Rom 14.17), puissance spirituelle (1 Cor 4.20), amour (Col 1.15)…

En l’absence du Roi, les sujets sont invités à « faire valoir » les dons qu’il leur a laissés (Luc 19.12-27), à être des ambassadeurs zélés de leur Seigneur (2 Cor 5.20). C’est aussi sur terre qu’ils préparent leur entrée dans le royaume visible futur : elle sera d’autant plus « largement accordée » (2 Pi 1.11) qu’ils auront été fidèles maintenant (2 Tim 4.1,18), même au travers des persécutions (Act 14.22 ; 2 Tim 2.12).

6. L’établissement du règne du Roi

L'établissement du royaume sur la terre

L’Apocalypse dépeint une scène où les vieillards adorent Dieu en disant : « Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu Tout-Puissant, qui es, et qui étais, car tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. Les nations se sont irritées; ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et d’exterminer ceux qui détruisent la terre. » (Apoc 11.17-18) L’introduction du royaume sera donc précédé d'une phase de jugements. Elle est liée à la victoire sur la coalition maléfique de l’Antichrist et du faux prophète sous l’instigation de Satan, et à la mise hors d’état de nuire de ce dernier (Apoc 12.10 ; 19.11-20.3).

Les caractères du règne

Les trois mêmes caractères moraux que nous sommes appelés à montrer aujourd’hui (Rom 14.17) seront alors visibles et partagés par une humanité apaisée : la justice (És 32.1-8 ; Ps 45.6 ; 89.14), la paix (Mich 4.3 ; 5.5), la joie (Ps 47.1-2).

La place centrale sera occupée par le Roi des rois qui règnera depuis Jérusalem sur la terre entière (Ps 2.6-7). L’épouse de l’Agneau partagera le règne de son royal époux (Col 3.4). Les apôtres auront une place privilégiée (Luc 22.28-30). Si Israël a une place centrale (És 60 ; Jér 3.17), toutes les nations seront bénies à travers lui (Zach 8.13,23 ; 14.16) — réalisation de la bénédiction faite autrefois à Abraham.

Jésus concentrera en sa personne tous les pouvoirs : selon És 33.22, il sera à la fois juge (pouvoir judiciaire), législateur (pouvoir législatif) et roi (pouvoir exécutif) : plus besoin de constitutions imparfaites pour garantir l’équilibre des pouvoirs : le Roi parfait les concentra tous pour la bénédiction de tous. Les trois fonctions autrefois séparées de roi, de prêtre (Zach 6.13) et de prophète (Apoc 19.13b,15a) seront réunies en lui.

7. Le royaume éternel

La fin du royaume terrestre

Le royaume terrestre est, selon nous, une nécessité théologique : « Il faut qu’il règne. » (1 Cor 15.25) Sur la terre où il a été rejeté, il faut qu’il soit reconnu et qu’il règne. Pour autant, le millénium n’est pas encore l’état final parfait : le péché et la mort seront toujours présents (És 11.4) et la révolte continuera à gronder dans certains cœurs, même de façon cachée (Zach 14.17-19). Aussi ce règne aura-t-il un aspect coercitif : l’autorité de Christ sera exercée avec une verge de fer (Ps 2.9-12 ; Apoc 2.26-27).

La vaste perspective tracée par Paul en 1 Cor 15.20-28 montre qu’au royaume médiatorial du Fils de l’homme succède « la fin », où Christ « remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir réduit à l’impuissance toute domination, toute autorité et toute puissance », jusqu’à la dernière, à savoir la mort. L’Apocalypse décrit le diable délié pour un bref laps de temps, la dernière révolte, le jugement final et la fin de la mort (Apoc 20).

Dieu, roi éternel

Alors est introduit finalement le règne éternel de Dieu. L’état éternel est une forme bien mystérieuse du royaume, peu explicite pour nous. « Dieu sera tout en tous. » (1 Cor 15.28) Il habitera avec les hommes « et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu » (Apoc 21.1-3). Ces mots doivent nous suffire pour aspirer à ce « royaume éternel » d’où toute opposition sera définitivement bannie, dans un bonheur, une paix et une harmonie que plus rien ni personne ne troubleront jamais.

Conclusion

Nous avons donc vu que l’essence du « royaume », cette domination souveraine de Dieu, est la même au cours de ces 7 phases ; mais son expression et sa manifestation varient dans l'histoire de la rédemption. Continuité et ruptures marquent l’histoire du règne de Dieu.

Nous vivons aujourd’hui dans une phase paradoxale, magistralement résumée dans l’expression « déjà… et pas encore » : le « siècle à venir » est « déjà » introduit depuis la première venue de Christ, mais il n’est « pas encore » réalisé. Les changements politiques ne sont « pas encore » là, mais les révolutions spirituelles dans les cœurs sont « déjà » en route. La puissance du royaume est « déjà » réelle, mais elle est « encore » résistible. Nous qui « aimons son apparition », qui prions « Que ton règne vienne », cherchons donc, en attendant que notre Roi vienne dans sa splendeur, à faire déjà sa volonté en démontrant dès aujourd’hui les qualités du Roi au travers de nos vies.

1 Litt. « évangélisait le royaume de Dieu », remarquable rapprochement entre le royaume et l’évangile.

Source : http://www.promesses.org/arts/193p02.html

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LES PRINCIPES DU LEADERSHIP

10 Septembre 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

LES PRINCIPES DU LEADERSHIP

LES PRINCIPES DU LEADERSHIP

1 Timothée 3.15

  1. Qu’est-ce que le leadership ?
  1. Exercer l’influence de la mobilisation (2 Sam ­6.1-3)
  2. Mobiliser autour d’un but commun du changement (2 Samuel 6.11-18)
  3. Bâtir le savoir et le savoir-faire (Actes 19.8-12 ; Mt 13.10-23 ; Jean 13.13-17)
  4. Développer la confiance et la résilience (capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser, continuer de fonctionner de la même manière qu’avant) Colossiens 4.9 ; Philippiens 2.19-30 ; 2 Tim. 4.9-11)
  5. Amener au dépassement de soi (2 Cor 4.7-15 ; 6.1-10 ; 11.16-33 ;
  6. Responsabiliser (Tite 1.5-6)
  7. Recadrer, développer les façons de penser
  1. L’exercice du leadership (Exode 18.13-27)

‘‘Même dans l’exercice du bien, on assume parfois trop de travail ! Il est bon de faire preuve de sagesse lorsqu’on dirige des affaires, de façon à exercer au moins ce que nous dicte notre devoir, sans aller au-delà de nos forces. C’est pourquoi Jéthro suggéra à Moïse une meilleure stratégie.

Les grands responsables ne doivent pas uniquement être attentifs à accomplir leurs tâches, ils doivent aussi savoir les déléguer aux autres, pour valoriser ces derniers. Un grand soin doit être pris, dans le choix de telles personnes. Elles doivent faire preuve de bon sens, être aptes à comprendre les différentes affaires, être non sujettes à mauvaise réputation, ni à la corruption. Il en va de même pour les hommes qui veulent exercer la piété et le ministère religieux ; ils doivent craindre Dieu, accomplir leur devoir aux yeux de tous, sans cacher quoi que ce soit. La crainte de Dieu fortifiera l’homme soumis à la tentation, à l’injustice. Moïse n’a pas dédaigné le conseil de son beau-père. Il n’y a que les insensés qui refusent constammentde suivre le conseil des autres !’’

  • Verticalement :

. du haut vers le bas,

.du bas vers le haut

  • Horizontalement :

. les collègues

. les partenaires internes et externes de la structure

  1. Le leadership partagé
  • La mise en commun des ressources et du leadership de chaque membre partie pour une plus grande influence collective
  • Se guider l’un, l’autre, afin de réaliser un but commun
  • Dans l’intérêt d’une collectivité
  • Et dans le respect des imputabilités
  1. Fondement du leadership partagé
  • Compréhensions communes, claires, partagées
  • But commun, clair, et partagé
  • Sentiment d’efficacité partagé (confiance)
  • Interdépendance et imputabilité claire
  • Apprentissage les uns, les autres
  • Capacité de dialoguer à des niveaux supérieurs
  • Leadership individuel assumé et exprimé
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