Le blog de Dr André CHOUBEU

LE MINISTERE PASTORAL ET SES DEFIS

28 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

LE MINISTERE PASTORAL ET SES DEFIS

Introduction :

Le ministère, selon Grégoire de Naziance, est une tempête de l'esprit. Chrysostome renchérit n ces termes : ‘‘Un évêque est plus agité de soins et d'orages que la mer par les vents et les tempêtes’’. A la simples lecture de ces deux pensées, leur points de vue semblent être des mots parmi tant d’autres, cependant, ils savent du ministère ce que plusieurs, même en l’exerçant ne savent pas. Autrement dit, il est difficile de comprendre du coup l’affirmation de ces deux hommes qui ont exercé et goûté les âpres contours du ministère dans l’église. L’étude et l’analyse des convictions de leurs propos nous conduiront à une profondeur à la fois surprenante et inquiétante pour les aventuriers de la route du ministère. Toutefois, les engagés du vrai service devant Dieu en sortiront nourris et équipés pour mieux affronter désormais certains axes du ministère. Curieusement pourtant, à voir les luttes de positionnement dans le ministère, les rivalités, les querelles, les guerres de compétence et autres nombreux facteurs, il est honnêtement facile de s’interroger sur ce que plusieurs entendent par servir Dieu. Nous analyserons quinze idées que nous avons tirées et développées de l’étude sur la Théologie du Ministère Pastoral. Nous recommandons une attention particulière du lecteur et surtout de tout Serviteur de Dieu sur les lignes qui suivent. Une véritable cure d’âme, une remise en question, un appel à la retraite, à une prise de conscience pour ceux qui débute le ministère et un appel au retour sur les anciens sentiers pour ceux qui ont déjà fait un b on bout avec le Seigneur, enfin un encouragement à eux qui ont su garder la fidélité sur le parcours.

LES DIFFERENTES CIRCONSTANCES EN QUESTION

1.  Difficulté de gouverner par des moyens purement moraux une multitude d'âmes et d'esprits très divers.

Il y a dans cette multitude de personnes que compte une église locale, beaucoup d'éléments composés qui ne s'accordent pas entre eux. Il s'agit de gouverner cet état, et d'obtenir une obéissance non seulement extérieure, mais intérieure de ceux qu’on conduit dans le Seigneur. Plusieurs méthodes sont proposées soit par l’expérience, soit par les études ou encore par d’autres hommes furent-ils de Dieu ou non. Les conseils de Jéthro ne furent-ils pas salutaires pour le ministère de Moïse ? Il faut parfois pour atteindre les objectifs escomptés, dompter non seulement les actes, mais les pensées, et les réduire à l'unité ; et tout cela par la persuasion, au prix de la prière, des jeûnes, des larmes, des cris et souffrances face au lourd fardeau de l’âme que l’on porte pour le troupeau dont on a le soin de conduire vers le doux pâturage que prescrit la Parole de Dieu. En effet, les armes de notre guerre ne sont point charnelles. (2Corinthiens 10.4)

L'Evangile est humain, de la vraie humanité car son auteur, bien que divin, a laissé que soit manifesté dans sa vie entière, tout les aspects et contours de la spiritualité de la Parole en sorte qu’il soit juste de dire : ‘‘la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du fils unique venu du Père’’ (Jean 1.14). Sans doute, cet Evangile de sa puissance spirituelle, correspond à l'homme intérieur détérioré, à la conscience flétrie par l’iniquité, à laquelle il faut arriver à travers l'homme superficiel travesti qui intercepte la lumière dont il a tant besoin pour se reconnaître, se découvrir afin de pouvoir enfin s’affirmer tel qu’il devait être. En effet, l'homme intérieur tend la main à l'Evangile dans son obscurité ; il y a à discerner en l’homme, une intelligence secrète qui, à l’approche ou au contact de lumière est appelée à se réveiller pour manifester ses vertus endormies par les effets néfastes du péché. Mais que d'obstacles à franchir et à fléchir pour arriver à ce stade ! Comme il est difficile de renouer les deux bouts après une longue vie de désordre !

Saint Grégoire dans son développement de l'idée de la diversité des sentiments et des caractères parmi les hommes, remarque que la vérité est une, mais qu'elle est tantôt conçue d’une manière ou d’une autre, selon les individualités : or, pour parvenir à un point de vue commun, il faut par l’Evangile ou la Parole de Dieu, donner à chacun la nourriture qui lui convient, ce au temps convenable. Et ce temps convenable qui nous échappe tant à cause de nos propres sentiments et émotions sous divers pressions tant personnelles, sociales que du ministère ! Certaines vérités en effet, repoussent les uns tandis qu’elles attirent les autres, étouffent les uns et sauvent les autres : il faut donc donner la même vérité sous des formes diverses aux divers individus en des temps, circonstances, lieux ou période parfois très différents. Il semble souvent bien facile de le dire, mais très difficile de l’appliquer. Le gouvernement pastoral est bien celui des individualités dans la complexité de toute leur composante ; la loi civile pourtant, ne s'embarrasse pas des différences de caractères, parce que mettant toute personne devant la responsabilité de ses faits. Mais saurons-nous en faire autant de la  responsabilité spirituelle dont le processus de la délivrance de la captivité dans ses méandres nous conduira de l’emprise du péché à la libération totale en passant par la guérison intérieure due aux effets des blessures de l’âme, tenant compte de la restitution, du pardon véritable par les effets de la réconciliation verticale et horizontale ?

Nous arrivons donc au point où il faut accepter qu’ainsi, le premier caractère d'excellence du ministère en est aussi la première difficulté qui peut être son point de chute sur un chemin de non retour. Avant de continuer notre étude, pensons-y franchement et ne nous bornons pas seulement sur l’aspect d’apparat, festif ou d’honneur du prestigieux ministère pastoral, mais réfléchissons sur les raisons divines de son existence selon les critères d’excellence céleste de son fonctionnement pour les objectifs de sa raison d’être. Ces critères d’excellence se manifesteront dans notre travail pour Dieu.

2.  Travail considérable dans la dimension du ministère pastoral

Missions, pauvres, malades, écoles, bons offices de charité, interventions pacifiques, correspondance administrative, sermon, études bibliques, visites, prières, etc.,  telle est la tâche du Ministre de Dieu. Bien que la dimension de cette responsabilité soit large, il n’y a aucune excuse à mal donner, faire ou parfaire. Toutefois, le sermon (prédication) offre la seule possibilité  d'atteindre tous les membres ou fidèles présents dans l’église locale. Cependant, le sermon ne peut pas résoudre tous les problèmes du groupe ou de l’église locale comme par un coup de baguette magique. Il y a importance et nécessité d’élargir l’action parce que là même où elle ne se réaliserait pas complètement, il faudrait que le ministère du serviteur de Dieu gagne en profondeur ce qu'il a de moins en largeur. Mais cette notion de profondeur a-t-elle un vrai sens dans le quotidien du Ministre de l’Evangile aujourd’hui ? Une lecture par ci, l’audition d’une cassette par là, le message d’un autre et hop, nous avons notre prédication du dimanche, de la semaine ou de telle rencontre. Alors, où allons-nous finalement ? Cherchons-nous à soulever les émotions des hommes pour affirmer que la prédication d’aujourd’hui était très bonne ou voulons-nous toucher leu homme intérieur pour que le Rhema de la Parole de Dieu révèle leur face cachée afin que prenant conscience de leur nudité, ils cherchent chacun pour sa part, la couverture que donne le fin lin qui est la parole de Dieu ? Mon mentor me disait il y a trois ans : ‘‘mon fils André, ne cherche pas la quantitavité, mais la qualitativité que l’on ne peut trouver que dans la profondeur’’. Oui, il faut marcher quarante jours et quarante nuits comme Elie le Prophète pour sortir de la dépression par la rencontre, le repos à la présence de Dieu et la révélation de la nature réelle de ce vrai Dieu.  Mais comme nous sommes si pressés d’arriver ! Cette impatience qui nous introduit aussi vite dans les raccourcis, les improvisations, les inventions et créations très soutenues des thèmes, doctrines et dogmes qui ne trouvent aucun fondement divins, mais que nous imposons comme les Pharisiens aux hommes sous peine d’excommunication, de blâme, de malédiction comme si c’est pour ces choses, entendons châtiment que l’Evangile était venu. Arrêtons-nous chacun pour sa part un instant et reprenons conscience pour continuer, c’est très important.

Tout cela signifie qu’il faudrait pour arriver à bonne fin ou au standard que Dieu attend de nous, chercher les occasions plus loin, lorsque plus près elles manqueraient. Pour celui que le zèle de la maison de Dieu dévore, une idée de l'étendue du travail pastoral exigerait dans une autre profession, l'enthousiasme le plus exalté à l'homme qui l'exerce ; ceci ne traduirait en fait que l'exacte mesure de son engagement et l’encouragement de Dieu dans le travail effectué dans un cœur pur et une conscience honnête. La satisfaction ne peut arriver ou être ressenti voire manifeste que lorsque l’on peut se réjouir d’une église où l’unité spirituelle est caractérisée extérieurement par l’uniformité acquise par un travail harassant du Pasteur.

 

3.  Travail uniforme pour ramener tous à l’unité en Christ

Le travail du Pasteur consiste à rassembler la matière disparate (traits de vie, comportements, attitudes, sentiments, etc.) pour établir une uniformité dans la pensée, les consciences et actes des membres de l’église. Les effets négatifs de l'uniformité sont surtout sensibles, visibles et manifestes dans les choses délicates comme les prises de positions, les points de vue et les sentiments. Pourtant, ils sont bien moins graves dans d'autres professions où il y a moins à perdre car les avis et les points de vue des sujets ne sont pas importants. Tout ce qu’on demande c’est l’exécution des tâches données à la suite desquelles on peut être approuvé ou désapprouvé. La dimension spirituelle est tout autre car le Serviteur de Dieu doit amener la brebis à la conviction, à la persuasion afin que ce dernier engage sa responsabilité de manière à pouvoir rendre compte sans ambigüité devant Dieu. Cette tâche n’est pourtant pas la moindre car ramener tous à un même point de vue est très difficile. Faire en sorte que tous marchent au même rythme et au même moment est très difficile, voire impossible. Un Pasteur disait un jour qu’il est plus facile aux commerçants de s’entendre qu’aux hommes et femmes de Dieu d’avoir un même point de vue. Les commerçants disait-il, visent un même point qui est le gain alors que les Pasteurs diront qu’ils ont chacun le Saint-Esprit et n’ont pas forcément besoin de soumission.

Un grand danger et pas le moindre que l’on rencontre dans les fonctions pastorales est celui de reposer les pensées, faits et gestes sur le sentiment et ceci finit par devenir insupportables aux yeux de Dieu en moins que l'Esprit de Dieu ne le ravive incessamment. Il arrivera parfois que la conscience de peu souillée, ternisse la dimension de la perception des faits dans leur profondeur, rendant superficielle l’appréhension exacte des choses. Le jugement dès lors s’avèrera faux et les émotions afficheront une négativité inattendue  produisant des effets nauséabonds ou infects. De ce pas, on déduira facilement que si l'uniformité est redoutable, c'est certainement dans l'exercice du ministère. Comment ne pas être effrayé lorsqu'une fonction si solennelle, si sublime, se présente, et qu'au dedans de nous nous ressentons un certain complexe ; ou quand autour de nous, tout semble aussi grand que nous ne l’imaginions et que dans votre âme nous nous voyions tout petit ? Devant une scène de mort, d’accident, d’attaques farouches du monde des ténèbres, l'habitude et notre attitude peuvent laisser votre cœur froid, notre esprit abattu ou notre âme découragé, le tout emporté par un esprit de peur. Dans des circonstances comme celles-là, il y a de fortes tendances d’un immense danger ; celui de tout abandonner ; et s'il n'y avait pas de remède, on envisagerait à renoncer au ministère. Heureusement que le Saint-Esprit est notre Consolateur et que la grâce divine est présente pour nous renouveler à chaque fois que le danger fait surface. Par ailleurs, un assentiment par la contrainte à la doctrine, ou une conformité aux manifestations extérieures sans être convaincu, serait hypocrite et sans aucun avantage. Nous conviendrons aisément que des tentatives humaines pour produire une unité d’esprit absolue parmi les chrétiens seraient inutiles. La fraternité chrétienne ne doit pas remise en question par des luttes de mots, mais doit s’exprimer par des actes concrets d’amour réciproque, point de départ dune uniformité selon Dieu.

Dans ce délicat travail qui consiste à ramener l’uniformité dans la vie entière des croyants, il n’y a aucune perspective, ni des occasions qui sont offertes à d’autres professions ; Est-ce pour autant qu’il faut ramener les méthodes et principes profanes dans le domaine sacré du ministère pastoral ? Loin de là. D’ailleurs, nul ne peut monter dans la hiérarchie spirituelle comme on le fait dans les autres professions sociales quand bien même il excellerait aux yeux de tous. Seul le choix et la décision souveraine de Dieu intervient dans ce cas là. Dans ce travail de l’uniformité, on a dont tendance à se dire : Je ferai toute ma vie la même chose sans jamais en sortir, sans que mon horizon mondain s'étende ? Alors, du haut des cieux, Dieu dans un calme et silence absolus ne dira rien et il nous faut seulement la foi pour continuer. Le danger d’un travail mal apprécié fait rapidement surface.

4.   Travail incompris et mal apprécié

Ne peut vraiment comprendre le travail du ministère que celui qui a reçu une vocation. Pour le profane, il n’y a pas autre profession qui donne des honneurs, des prestiges, des avantages voire une position d’autorité quine devait souffrir d’aucune contestation comme celui de Ministre de Dieu. Ces choses parce que celui qui aspire à la charge d’Evêque désire une œuvre excellente ressort une somme de vérité, mais est-ce le quotidien du Serviteur de Dieu ? Loin delà. Par contre, ce travail est mal apprécié par la plupart des gens, au moins pour ce qui regarde son intensité et son poids. Les personnes qui vivent dans les zones rurales, en particulier, regardent comme un oisif, un paresseux, un mendiant, celui qui ne travaille point de ses mains ; ils ne sentent pas jusqu'à quel point le travail de l'esprit est un travail aussi pénible et avec toutes les dangers comme tout travail. Il m’est souvent dit, tu restes toute la journée devant ton ordinateur ou devant tes livres et Bibles, alors, c’est moins fatigant. Quelle mauvaise appréciation du travail des autres ? Le travail de l'intelligence trouve quelques appréciateurs ; mais le travail du cœur, la prière, le souci spirituel pour son troupeau, qui y verra un travail ? Il faut se soumettre à être peu compris. Trouvera-t-on facilement des cultivateurs qui apporteraient quelques fruits de leurs champs à leur berger pour l’encourager ? Et  même, est-ce facile qu’une brebis aille vers on Pasteur le remercier sincèrement, lui montrer combien elle est sensible aux soins de tout temps qu’administre son berger sur elle ?

 

La perception de cet aspect est aussi confuse que Dieu semble avoir gardé pour Lui-même, l’appréciation exacte de la dimension et de l’ampleur du travail de son Ministre. Aussi, Paul s’écriera : ‘‘Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes’’ (1Co 4:9  ). Comment Christ fut-il traité ? Fut-il compris ? Nous aussi ce sera non.

5.     Beaucoup de fonctions tristes et douloureuses

Dans mon livre à la correction intitulé ‘‘L’Ecole de Dieu’’ j’ai écrit les lignes suivantes :

‘‘Paul étant parvenu à la dernière classe de l’école de Dieu pouvait dire :

" Pour moi, Christ est ma vie et la mort m'est un gain " (Phil 1.21). " Pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, J'ai gardé la foi  (2 Tim 4. 4-8).

Effectivement, tous ceux qui sont arrivés à cette dernière classe n'ont plus peur ni de leur vie, ni de la mort, car ils ont tout offert à Dieu. C'est ainsi qu'ils ont pour la plupart, comme leur Maître posé le fondement de notre foi par leur sang : 

 

- Esaïe fut scié dans une bille de bois,

- Jérémie fut mis à mort,

- Jean Baptiste fut décapité,

- Jésus le chef de l'église fut crucifié

- Jacques frère de Jean fut décapité

- Etienne fut lapidé,

- Matthieu fut mis à mort en Ethiopie,

- Marc fut traîné dans la rue jusqu'à la mort,

- Luc fut pendu

- Pierre fut crucifié la tête en bas,

- Simon le Cananite fut crucifié,

- André fut attaché à une croix en X jusqu’à ce que mort s’en suive,

- Jacques fut jeté à terre du haut du temple et frappé à mort,

- Philippe fut crucifié et lapidé,

- Barthélemy (Nathanaël) fut écorché vif,

- Thomas fut transpercé de lances

- Paul fut décapité

 

De ces lignes, nous constaterons que l'occasion principale pour la marche chrétienne dans le ministère, c'est la souffrance : que de tristes découvertes dans ce labyrinthe de la misère humaine qu’est le parcours de toute vie ! L'Evangile est une pharmacopée pourtant morale. Il y a un Evangile parce qu'il y a des maux à guérir. Le ministre va vers les malades spirituels, mais aussi vers les malades du corps et ceux qui souffrent de quelque autre tristesse parfois due aux chocs, abus, déception et traumatisme du passé. Souvent face à l’ampleur de la souffrance parfois à l’issue d’un soulagement incertain, la maladie ou le deuil semblent être les seuls portiers qui puissent nous introduire dans une maison de repos. Quelle lugubre entrée dans une inquiétante conception ! Il devient donc impossible pour le Ministre de Dieu à ce moment là d’assumer ses responsabilités, voler au secours des affligés et leur prodiguer des soins appropriés parce que plus vite, il a pris son parti des misères du corps ; de médecin recruté par Dieu il s’est offert non de la portion qui revient à tout agent de la fonction céleste, mais des misères de l'âme. De toute façon, la vue du mal moral flétrit et corrompt, et surtout son analyse, si l'on a reçu le don redoutable de connaître l'homme sans connaître Dieu. Le vrai ministre, sans doute, connaît Dieu ; mais les aiguillons enflammés, du malin trouvent quelquefois le défaut de la cuirasse chez ce dernier. Alors, on peut en devenir misanthrope (personne qui a de l'aversion pour le genre humain), et voir s'éteindre en soi le feu de la charité.    

                                                                        

Enfin, il y a pour le ministre des peines de cœur, aussi peu comprises de la plupart des gens que le travail du Pasteur est peu apprécié. Si par contre, le Ministre a trouvé un cœur dur et hypocrite, qu’il ait utilisé toutes les tentatives et attitudes de sa charité et qu'aucune âme n'ait pu être sauvée à cause de circonstances qu’il n’aurait peut-être dû prévoir, personne ne comprendra qu'il en souffre cruellement. Et pourtant, la plus grande compensation de nos chagrins, c'est d'être compris. C’est donc pour cette cause que le Ministre de l’Evangile doit parfois sacrifier tout, jusqu’aux extrêmes.

 

6. Sacrifice de plusieurs goûts, même les plus innocents

L’église locale  est constituée de personnes de degré de maturité différente. Certains sont faibles et d’autres sont forts, cependant tous, nous devons consentir à ne pas vivre pour nous-mêmes. Quiconque a abandonné sa vie à Christ ne peut plus prétendre être un égoïste car, c’est contraire aux principes de la vie communautaire en Christ. Il n’est désormais plus besoin de chercher ou vouloir plaire à nous-mêmes, mais de plaire à Dieu. C’est là où la communion fraternelle a son sens, faisant Christ tout en tout. Certes, les chrétiens sont différents en force, en capacités et en pratiques dans les moindres choses, cependant ils appartiennent tous au Seigneur ; ils regardent et servent Christ, et veulent chacun être approuvé par le Seigneur. De ce fait, nous comprenons aisément que Jésus est le Seigneur de ceux qui vivent, sur qui il doit gouverner ; et de ceux qui sont morts, pour les ranimer et les relever par le pouvoir de sa résurrection. Chaque croyant doit alors sonder son propre cœur et sa vie ; celui qui est strict doit se juger et s’humilier et de ce fait, ne se sentira pas apte à juger et mépriser son frère. Pour donc préserver la communion dont le caractère est saint aux yeux de Dieu, nous devons faire attention de ne pas dire ou faire des choses qui peuvent être pour d’autres des occasions de trébucher ou de chuter. Que ce soit avec un degré d’offense plus ou moins grand, cela peut être une occasion de chagrin ou de culpabilité pour notre frère.

 

Aucun croyant aussi spirituellement prétendu élevé n’a l’autorité d’utiliser sa liberté pour mépriser son frère plus faible et le traiter d’ignorant et superstitieux. Nous usurpons la place de Dieu, quand nous prenons sur nous d’ainsi juger les pensées et les intentions des autres, qui ne voient pas comme nous. Faisons attention à une action qui s’opposerait au doute de la conscience. Nous sommes prompts à faire de nos propres vues le standard de la vérité, et à juger comme certaines des choses qui paraissent douteuses aux autres. Ainsi souvent les frère en Christ méprisent ou condamnent les autres sur des matières douteuses qui ne sont pas d’actualité. Un regard reconnaissant sur Dieu, l’Auteur et le Donateur de toutes nos miséricordes, les sanctifie et les adoucit.

Pour maintenir l’unité de l’Esprit, nous nous devons, ce constamment renoncer à toutes choses innocentes en elles-mêmes, mais qui scandaliseraient les faibles. La mesure de cette interdiction varie, mais elle existe cependant et son concept doit être suffisamment pris en compte en sorte que celui pour qui Christ est mort ne souffre point de complexe, car il est écrit : ‘‘Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés; à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Esaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse.  Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes; car son repentir ne put avoir aucun effet’’(Hébreux 12.15-17).

 

7. Revalorisation des dons, talent perdu, rouillé dans l'obscurité, souveraineté de Dieu


Il devient fréquent de constater que des Pasteurs s’attribuent eux-mêmes leur prétendue supériorité, se basant sur leur capacité à produire des miracles, à enseigner, et clameront plusieurs, une onction particulière repose sur leur vie. Or, tout est dû à la grâce de Dieu, et ainsi la vantardise est hors de place. Nous n’avons aucune raison de nous prétendre supérieurs aux autres, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons, tout ce qui est bien, nous le devons à la grâce gratuite et riche de Dieu. Il serait vraiment absurde et inapproprié pour un pécheur sorti de la destruction par la seule grâce souveraine divine de se glorifier des dons gratuits de Dieu.

 

Le fait que beaucoup de regards sont fixés sur les croyants et non sur Dieu, créé toujours des effets négatifs ; lorsqu’ils vivent péniblement avec des difficultés ou des tentations, certains sont freinés dans leur élan pour Christ, découragés, ils manquent de constance et de patience comme si Dieu n’était plus Dieu pour contrôler toutes les situations et faire taire la tempête lorsque la barque semblait à jamais emportée par les vagues furieuses.

 

"Nous sommes faibles, mais vous êtes forts dira l’Apôtre". Tous les croyants ne sont pas exposés de la même façon aux mêmes difficultés. Quelques-uns subissent de plus grandes épreuves que d’autres. L’apôtre Paul ouvre un pan sur les détails de leurs souffrances. Nous y découvrirons combien glorieux sont l’amour et le dévouement qui les ont portés au travers de toutes ces épreuves! Ils ont souffert dans leurs personnes et leurs caractères comme les pires et les plus vils des hommes; comme la saleté du monde, ils ont été balayés au loin : comme les rebuts de toutes choses, les scories de toutes choses. Et chacun de ceux qui veulent être fidèle en Christ Jésus, doit être préparé pour l’insuffisance et le mépris. Quel que soit ce que les disciples de Christ souffrent de la part des hommes, ils doivent suivre l’exemple et accomplir la volonté et les préceptes de leur Seigneur. Ils doivent être contents, avec lui et pour lui, d’être méprisé et abusés. Il est bien mieux d’être repoussé, méprisé, et mal utilisé, comme ce fut le cas de Paul, que d’avoir la bonne opinion et la faveur du monde. Bien que rejeté par le monde comme un vil personnage, nous pouvons cependant être précieux pour Dieu, ramassé par sa propre main, et placé sur son trône.

 

Il ne se peut pas que tout homme de talent soit placé dans un lieu où on l'appréciera. Il ne s'agit pas d'une jouissance d'amour-propre, mais de l'exercice d'une activité. C'est un sacrifice, mais qu'il faut accomplir. Le sacrifice étant le plus haut degré de l’amour, il va s’en dire qu’au bout du compte, il pénètrera les profondeurs de la pensée de Dieu pour réveiller par la puissance du Saint-Esprit, les talents endormis enfouis dans l’obscurité de l’ignorance de plusieurs. Ce qui est le fait de Dieu, nous n'en sommes pas responsables, et nous devons l'accepter sans murmure. C’est ce qui explique parfois notre solitude qui loin d’être un rejet est un isolement de la foule pour une formation spécifique comme fut le cas d’Elie ou de Jean Baptiste.

8. Isolement pénible à celui qui a connu les charmes de la vie sociale

Dans la marche du Ministre pour sa perfection dans le service, il sera amené à expérimenter des choses qui ne sont pas le lot de la multitude. Cette situation qui le conduira parfois dans des situations inconfortables convaincra parfois à tort certains qu’il est rejeté de Dieu et pourtant, il est pour un temps, soustrait du regard des hommes pour que la main puissante de Dieu le façonne. Pour une mission bien remplie, le Prophète Elie dû sur recommandation divine se séparer de la foule pour aller aux bords d’un torrent auprès duquel il sera de manière exceptionnelle nourri et par les corbeaux (oiseaux pourtant impurs en Israël). Lorsque le torrent sèchera, il sera encore conduit ailleurs jusqu’au temps marqué par Dieu. Paul après sa conversion ne se retira pas en Arabie ? Jean Baptiste ne fut-il pas dans le désert jusqu’au temps maqué où il devait publiquement exercer son ministère ?

 

Il peut à tout moment selon le saint conseil de Dieu, que nous soyons isolés des autres pour un but. Dans un article paru dans Promesses, l’auteur disait qu’il faut arrêter avant d’être arrêté. Des moments d’isolement nous sont parfois imposés par les maladies, les évènements malheureux, les périodes d’incompréhension, de discipline, etc. Mais souvent, nous arrive-t-il de comprendre la voix De Dieu à cette époque là ? Laissons à Dieu la souveraineté à Dieu pour nous conduire dans l’isolement de Patmos afin de nous révéler de grandes choses pour son royaume sans avoir à être inspiré par la peur. Défions les obstacles et fonçons avec Dieu vers de nouveaux horizons de la nouvelle dimension de sa puissance qui doit se manifester en nous.

 

9. Le Pasteur inspire une espèce de défiance et de peur

En Afrique, il arrive bien souvent d’entendre dire : ‘‘il est pauvre comme la souris de l’église’’ ou bien, ‘‘celui là a un salaire de catéchiste’’.  Nous comprenons par là que l’ouvrier de l’église en l’occurrence le Pasteur est un homme d’office frappé de la malédiction de la pauvreté. On ne devrait donc rien attendre de meilleur dans le domaine financier le concernant. Peut-être est-ce le laxisme et la mauvaise interprétation des Ecritures qui en sont la cause ? Dans mon ancienne église, il nous avait été prêché aux premières heures de mon service pour Dieu que le travail spirituel est utile à tout et largement suffisant car la grâce de Dieu nous suffit. Aussi, il fallait prier, lire la Bible et jeûner comme si cela fournirai de la nourriture à la famille. Cette situation a poussé nos enfants à ne pas pousser les études au loin. A cause de cette situation pour le moins rocambolesque, plusieurs on été inspiré de la peur quant à la fonction pastorale. Pour bien des gens, il est le représentant du côté triste de l'existence humaine car leur vie n’est pas épanouie. Parce que le Pasteur doit se retirer de la mondanité pour plaie à son Seigneur, le Pasteur est qualifié de tout ce qu’il y a de négatif et de lugubre, etc. C’est ainsi que le Pasteur sera considéré de sorcier à cause de la puissance divine qui en lui produira la guérison, la délivrance des âmes envoûtées, Le ministre semble porter le deuil de la vie pour plusieurs raisons : ceux qui pensent que se confier en Dieu est une utopie parce qu’il faut se débrouiller à côté pour la protection voit dans la personne du Pasteur, un instrument de destruction, voire de perdition ; d’un autre côté, parce qu’il ne partage pas forcément les point de vue de tous parce que devant ramener toute pensée à Christ, il devient un homme redoutable qui inspire méfiance. Plusieurs défis du Ministère poussent le Pasteur à porter devant Dieu et non devant les brebis les situations de sa vie tant que la situation du Ministère et du domaine social. Ce silence par respect de la déontologie ou de l’éthique pastorale, place le Ministre de Dieu dans les rangs des suspects. Les hommes traversent des situations, mais la sienne est grave, et la gravité toujours confine à la tristesse. Cela le relègue dans une espèce de solitude, qui augmente encore celle qu'il doit se faire à lui-même par les convenances de son état. Là subsiste le double danger de plaire ou de déplaire.

 

10.      Double danger de plaire et de déplaire au monde.

Le Dictionnaire Encarta 2009 définit la mondanité en ces termes : ‘‘goût pour la pratique des habitudes et des distractions propres aux personnes des milieux aisés et en vue’’. Le monde ici n’est ni la planète sur laquelle nous vivons, ni la création qui nous entoure. Il s’agit plutôt de l’ensemble du système érigé par l’homme dans le but d’être heureux sans Christ. Il peut inclure le monde de la culture, de l’opéra, de l’art, de l’éducation, en un mot, tout domaine d’où l’amour du Seigneur Jésus est exclu. On l’a défini en ces termes: « La société humaine organisée sur de faux principes, et caractérisée par de vils désirs, de fausses valeurs et par l’égoïsme. » La mondanité consiste donc à aimer les choses qui passent.

Plus on avance dans le ministère pastoral, plus la tentation devient de plus en plus grande. Généralement, le début dans le service pastoral est un moment empreint de beaucoup d’humilité, de crainte de Dieu, du désir de mieux faire, de la recherche de la volonté parfaite de Dieu et l’ardente passion pour une vie de sanctification, mais plus on avance, plus la simplicité gagne du terrain. Lorsque l’église grandit, la tentation de s’affirmer, d’être apprécier, de ce faire accepter comme le meilleur devient réelle et incontournable. Il faut une profonde humilité, une vie effacée et la grâce de Dieu pour ne pas tomber dans le piège de l’orgueil. Il est certes vrai, les choses du monde peuvent être désirées et possédées pour les emplois et les buts que Dieu a prévus, mais, elles doivent être utilisées par sa grâce, et à sa gloire seulement. Le danger fréquent est que les croyants ne doivent pas les rechercher ou leur donner une valeur qui donne prise au péché. Le monde met un obstacle entre le cœur et Dieu ; et plus l’amour du monde prédomine, le plus l’amour envers Dieu va faiblir.

Les choses du monde sont classées d’après les trois inclinations souveraines suivantes d’une nature dépravée :

1. Le désir de la chair, du corps : les mauvais désirs du cœur, l’appétit de rechercher toutes choses qui excitent et enflamment les plaisirs sensuels.

2. Le désir des yeux : les yeux prennent plaisir aux richesses et aux riches possessions; ceci est le désir de cupidité.

3. La fierté, l’orgueil de la vie: un homme vain désire ardemment la grandeur et le faste d’une vie dont la gloire est vaine; ceci inclut la soif des honneurs et des applaudissements.

Ces vanités sont si attrayantes à la corruption dans nos cœurs, que sans une prière constante nous ne pouvons pas échapper au monde, ou obtenir la victoire sur son dieu, son prince, son système et son emprise.

Si on plaît par contre au monde, on s'attache à ce succès, et on veut se l'assurer pour la suite. Et puisqu’il est dur de se voir déserté après s'être vu fêté, une subtile invention de toute pièce sera à chaque fois orchestrée pour maintenir apparemment la barre toujours haute. Une stratégie mondaine fortement inspirée par Satan sera alors utilisé pour favoriser l’effervescence émotionnelle des chrétiens de la communauté au détriment de l’action du Saint-Esprit. Nous ne devons jamais l’oublier, tout amour-propre à part, il est pénible de renoncer à la bienveillance de ses semblables, et de n'avoir pas la paix avec tous les hommes. Il n’en peut autrement, si l'on déplaît, on s'en attriste, ou l'on s'en irrite, et l'on fait tout pour déplaire davantage. On peut abuser de cette pensée que la vérité offense ; on peut vouloir ajouter à cette impopularité de la vérité avant d'avoir soumis les cœurs. Le ministre doit se concilier l'affection des membres de son troupeau ; et s'il est impopulaire, il doit examiner sa conduite, pour voir si cette impopularité ne vient pas de lui. Quoi qu'il en soit, les deux dangers existent, nous côtoyons deux abîmes et le danger de l’amour propre reste présent à chaque étape, tendant subrepticement ses tentacules pour enlacer ce Pasteur non éveillé.

11.      L'amour-propre est fort en jeu dans une profession qui expose, aux regards, qui est intellectuelle, et qui touche à l'art et à la littérature

L’amour propre est le sentiment de dignité et de valeur (qu'éprouve une personne à l'égard d'elle-même). Toute personne élevée à une certaine position de dignité ou d’autorité se sentira obligatoirement attirée vers l’estime de soi. Les diverses pressions du ministère poussent souvent le Pasteur à défendre de temps en temps son amour propre parfois menacé de dénigrement, de calomnie, d’incompétence et autre facteurs blessants. Lorsqu’il est débordé, la chair devient le lieu de prédilection pour débiter des mots hors contextes visant juste à défendre son amour que menace ruine.

Face à cet amour propre, Paul peut déclarer en toute honnêteté qu’il s’efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non son avantage, mais celui du plus grand nombre. Peu d’hommes ont vécu comme l’apôtre une telle vie de renoncement au service des autres. L’amour ne fait rien de malhonnête. Si une personne agit par amour, elle sera forcément courtoise et pleine d’égards. L’amour ne cherche point égoïstement son intérêt, il s’intéresse plutôt à ce qui profite aux autres. L’amour ne s’irrite point, il supporte patiemment les affronts et les insultes. L’amour ne soupçonne point le mal, c.-à-d. qu’il n’attribue pas de mauvaises intentions aux autres. Il ne suspecte pas leurs actions. L’amour est une preuve tangible de la régénération, et c’est une pierre de touche de notre foi qui est professée en Christ. La charité est un ennemi total à l’égoïsme; elle ne désire ni ne cherche sa propre louange, ou son honneur, son profit, ou son plaisir. Ce n’est pas que cette charité détruit toute estime envers nous-mêmes, ou que l’homme charitable doive négliger lui-même et tous ses intérêts. Mais la charité ne cherche jamais sa satisfaction en blessant les autres, ou en les négligeant. Elle préfère toujours le bien-être des autres à son avantage privé. Combien est accommodante et aimable la charité chrétienne! Combien le christianisme apparaîtrait comme excellent au monde si ceux qui le professent vivaient plus sous ce principe divin, et considéraient avec l’estime qui lui est due le commandement sur lequel son Auteur béni a mis principalement l’accent! Demandons-nous si cet amour divin demeure dans nos cœurs. Est-ce que ce principe nous a guidés dans notre comportement envers tous les hommes? Est-ce que nous sommes disposés à mettre de côté des objets et des buts égoïstes? Il y a ici un appel à la vigilance, l’assiduité, et la prière.  

Le ministre peut rassembler la multitude pour lui parler de ce qu'il veut. Il ne serait pas étonnant de constater que plusieurs eussent embrassé cette profession dans cette espérance. Le troupeau devient alors un public, l'auditoire un tribunal. La position du ministre et ministère dans ses principes deviennent faussés de fait ; la généreuse indépendance du Pasteur, son autorité sont compromises ; il s'est imposé un joug. Il ne prêche plus Dieu, il se prêche lui-même, et par un sacrilège dont il est difficile de mesurer l'étendue, la chaire devient un théâtre, des podiums pour sa vanité dans ses jugements, condamnation et sentence parfois allant jusqu’à la peine capitale. Ce mot semble dur ; et cependant, en rentrant en soi-même, on trouve qu'il n'est souvent que trop juste. A la suite des triomphes oratoires, le Pasteur pourra recueillir des éloges : à chaque éloge un reproche retentira dans son cœur. Ah ! Qu’il préfère aux louanges le respect silencieux d'une âme fidèle qui l'a écouté dans le recueillement et dont il a touché le cœur, victoire bien plus grande que d'avoir excité une stérile admiration. L'amour-propre est notre plus terrible ennemi, parce qu'il est le plus proche. Tout le monde est avide de louanges ; seulement il y a un amour-propre robuste et sans retenue (c'est la vanité), comme il y a un amour-propre maladif et qui se modère. On a baptisé ce dernier du nom de modestie. Ce n'est pas une vertu, c'est une qualité humaine, une simple marque de bon sens : Il y a loin de la modestie à l'humilité ; la vraie humilité est un miracle, il faut une grâce surnaturelle pour la donner au ministre. Il n'y a que l'amour qui puisse, dans son cœur, détrôner l'amour-propre. L'amour est une préoccupation ardente, passionnée, qui distrait de tout ce qui n'est pas lui, du blâme comme de l'éloge. C'est dans l'amour que la conversion s'organise. Il faut aimer son troupeau pour bien le prêcher.

‘‘Il est une forme de l'amour-propre qui se manifeste dans le ministère plus que dans toute autre profession : c'est l'amour du commandement. Le Pasteur est dans sa paroisse le seul de son espèce ; il est appelé à commander. En public, du moins on ne peut discuter avec lui ; il a le monopole de la parole. Souvent il a affaire à des pauvres qui lui témoignent un grand respect, parce qu'ils sont plus ou moins dépendants de lui. Cette habitude du commandement, si facile à contracter, rend étroit, fausse la vue, éloigne ceux qui ne peuvent pas sacrifier leurs goûts à celui du Pasteur’’. Chrysostôme a développé avec une force admirable les dangers de l'amour-propre dans le ministère.

Le danger de l'amour-propre est plus grand chez le protestant que chez le catholique, qui parle beaucoup moins. Il est difficile que le ministre protestant ne se laisse pas un peu aller à cette idée d'être bon orateur. Au bout du compte, le bon prédicateur est bon orateur. Et en cherchant la perfection pour elle-même, il est bien difficile de ne pas la chercher pour plaire, ne fût-ce qu'à soi-même. Cela conduit à ne voir dans les idées de la prédication qu'un substratum neutre qui n'a de valeur que par la forme qu'on lui donne. Et lorsque la popularité est fortement implantée et fait bonne impression parmi le troupeau qui en a prit goût, le changement est sujet à un grand combat intérieur entre la foi de la victoire et le doute des frères du refroidissement émotionnel des membres de l’église.

 

12.      Combats intérieurs entre la foi et le doute 

Les devoirs d’un Pasteur et de son troupeau sont tels que le troupeau doit révéler les problèmes de la fonction pastorale, avec respect et obéissance. Le Pasteur quant à lui, il doit en retour avoir soin du troupeau et le chérir par des témoignages de satisfaction, de joie, et de tendresse. Il doit en outre donner à ses brebis des enseignements appropriés, leur administrer des soins appropriés, s’assurant qu’elles sont aimés de lui et qu’à leur tour, ces brebis manifestent une reconnaissance à son endroit. L’attitude de Tite durant son séjour à Corinthe  nous laisse une belle illustration.  Il était venu à aimer encore plus les Corinthiens, mais au-dedans de lui, il éprouvait une sorte de crainte et tremblement. Cette attitude d’anxiété pleine de sollicitude s’expliquait dans l’appréhension que l’amour ne parvienne pas à faire tout ce qui est nécessaire (explique C. Hodge dans The Second Epistle to the Corinthians, 1959). En fait, Tite, de toute évidence, ignorait quel accueil lui serait réservé en débarquant sur la côte méridionale de la Grèce. Peut-être s’attendait-il au pire. Mais lorsqu’il arriva, non seulement les Corinthiens le reçurent à bras ouverts, mais ils se firent aussitôt aimer de lui en se soumettant d’emblée aux instructions qu’il leur donnait de la part de Paul (2Cor 7.12-16).

Peut-être ces combats plus fréquents et plus profonds chez le Pasteur que chez le simple fidèle, et au milieu desquels desquels il faut poursuivre l'œuvre du ministère. Le doute, comme fait psychologique, a été peu étudié ; il y a un doute philosophique et un doute d'ignorance : nous les laissons de côté. Mais n'y a-t-il que ceux-là ? N'y a-t-il pas un état où les meilleures preuves laissent dans le doute ? Les preuves intellectuelles sont là, et l'âme est incertaine. La certitude chrétienne est autre chose que la certitude de l'intelligence. Le doute est un état de néant, un état de tentation où tous ont passé. Quand la vie faiblit, la foi faiblit. La foi crée la vie, mais la vie entretient la foi. La foi est une vue ; quand elle ne l'est pas, elle descend au rang de croyance. La foi est une, mais elle a ses degrés. Et si, au milieu d'une situation pareille, on pouvait se retirer, se recueillir, interrompre des travaux qui tous supposent la foi, on ne serait pas si malheureux ; mais on ne le peut : il faut toujours prêcher. Chacun peut se trouver dans l'état où tomba Richard Baxter, se sentir tout à coup dans un vide absolu, où tout échappe, même les croyances fondamentales. Cet état est affreux. Il faut en sortir, pour s'efforcer de tendre de nouveau toutes les forces de l'esprit dans une prière fervente.

Dans la marche du ministère, il y avait toujours des combats, de l’opposition ou des luttes continuelles entre la vérité et l’esprit du mal. Le Pasteur, bien que confiant en Dieu à l’intérieur ne sait pas toujours ce qui peut survenir d’un moment à l’autre. Alors, il y a toujours des craintes et une grande inquiétude pour ceux qui ont embrassé la foi chrétienne. Le parcours de la foi marque toujours des surprises, le Saint-Esprit ne nous avertissant pas constamment de tout ce qui se trame contre nous ou qui doit arriver. Le célèbre Prophète Elie ne dit-il pas à notre grand étonnement : ‘‘cette femme souffrait en son cœur, mais l’Eternel me l’a caché’’ ?

Dans son deuxième Epître au Corinthiens, Paul avait quitté Ephèse pour Troas à la recherche de Tite. Mais ne l’ayant pas trouvé là, il s’était rendu en Macédoine. Son arrivée dans cette province ne lui avait pas procuré le repos qu’il cherchait. L’inquiétude le rongeait encore, il était affligé de toute manière. Au dehors, l’ennemi continuait de le harceler impitoyablement, au-dedans il était assailli par les craintes et l’angoisse, sans doute liées au fait qu’il n’avait pas encore revu Tite. En effet, à Troas, où il attendait le retour de Tite qui lui rendrait compte de la situation à Corinthe, il a traversé la mer Égée pour atteindre la Macédoine, afin d’y rencontrer Tite. Là, Paul, anxieux, dut affronter de nouveaux déboires dont les Actes  20.1-3 n’en disent rien qui semble-t-il, n’avaient aucun rapport avec Corinthe.  L’expression luttes au dehors, craintes au-dedans’’ (2 Cor 7.5) est bien une réalité dans le quotidien du Pasteur car il est exposé à tout moment devoir l’écart entre l’homme qu’il est et les exigences qu’imposent son statut, sa nature, sa disposition de Pasteur ou Prédicateur de la bonne nouvelle.

En nous référant à 2Corinthiens  6.3-8,  comment faire pour ne donner aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme en nous rendant à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu devant beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ? Comment en ces temps horribles, manifester la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice ? Comment enfin vivre ces choses au milieu de la gloire et de l'ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques ? Une réponse aisée n’est pas possible. Nous ne pouvons regarder que vers la grâce de Dieu pour notre changement parfois en passant par le feu de l’épreuve de brisement pour que nous répondions aux critères qu’il avait d’avance préétabli. Mais comme nous sommes hostiles au changement ! Que Dieu nous aide à être des vases que le Seigneur tient entre ses mains, pouvant le briser et le pétrir à nouveau pour lui donner enfin la forme de son choix !

13.      Humiliation intérieure de se sentir si distant du prédicateur qu’il est supposé être

Un Serviteur de Dieu déclara tout haut un jour qu’il est plus facile à la famille d’un Pasteur de déterminer plus que quiconque s’il était un bon serviteur de Dieu ou pas. Ceux qui côtoient le quotidien du Pasteur ont-ils toujours un bon témoignage de ce que l’on s’attendait être à l’issu de ses prédications ? Il expose peut-être et de temps en temps les péchés, mais, malgré sa profession de foi et ses vaines prétentions, est-il le modèle que dieu attendait ? Il ne faut pas ce faire une idée selon laquelle, croire, être humble, glorifier Dieu avec reconnaissance est la racine et la plénitude de la foi authentique. Mais l’orgueil, la vantardise et la vaine gloire en Dieu manifestés par la confession extérieure de son nom, ne sont en fait que la preuve, la racine et la plénitude de toute hypocrisie. La fierté spirituelle est la plus dangereuse de tous les genres de fierté. L’un des grands maux des péchés des Professeurs de Théologie et des Pasteurs est le déshonneur qu’ils font à Dieu et à la foi chrétienne est de ne pas vivre selon ce qu’ils professent. Beaucoup méprisent leurs prochains plus ignorants qui restent dans une forme morte de piété ; et cependant eux-mêmes font confiance dans une forme de connaissance, également vide de vie et de puissance, tout en prenant quelque gloire dans l’évangile, et leur vie profane déshonore Dieu dont le nom est ainsi blasphémé au dehors.

Quel est l'homme le plus fidèle qui n'ait faibli ? On se sent repris par ces paroles : ‘‘Quoi donc! tu énumères mes lois, et tu as mon alliance à la bouche, toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi! (Psaumes 50.16-17). Cette parole de Dieu embarrasse tout vrai Pasteur dont la actes peuvent facilement produire la vie et la mort.

 

14.      Pensée angoissante de savoir qu'on porte dans ses mains les destinées de beaucoup d'âmes, et qu'on exerce un ministère qui, s'il ne fait pas vivre, tue

Pour ceux qui sont sauvés, les chrétiens sont une odeur de vie, donnant la vie, mais pour ceux qui périssent, ils sont une odeur de mort, donnant la mort. Un événement de l’A.T. illustre admirablement ce double aspect. Lorsque l’arche de l’alliance fut prise par les Philistins, elle provoqua mort et destruction aussi longtemps qu’elle se trouva parmi eux (1Sam 5). Mais lorsqu’elle fut introduite dans la maison d’Obed-Edom, elle procura bénédiction et prospérité pour lui et pour toute sa maisonnée (2Sam 6.11). Phillips commente cet aspect en ces termes : nous sommes « le parfum suave de la vie elle-même » apportant la vie à ceux qui croient, mais « une odeur mortelle de malédiction » pour ceux qui refusent de croire. En mesurant l’écrasante responsabilité de transmettre un message qui a des répercussions si importantes, il s’écrie : Et qui est suffisant pour ces choses ?

Le Pasteur peut tuer, en aggravant la condamnation des membres de son église, ainsi, ceux qui, pouvant en profiter, n'en profitent pas. Voilà quant au ministère fidèle. Quant à celui qui est exercé sans fidélité, et dans lequel la vie ne répond pas aux paroles, il tue d'une autre manière. Et cette pensée, que les scandales que nous donnons sont les plus grands de tous, et que la moindre de nos infidélités a des conséquences graves, est bien propre à nous épouvanter, et à nous faire dire : Seigneur ! Envoie quelque autre !                                                                                          

‘‘L'Evangile de la plupart des gens du monde est la vie des prêtres dont ils sont témoins. Et cela sera toujours, même au sein du protestantisme. Ils regardent le ministère public comme une scène destinée à débiter de grandes maximes qui ne sont plus à la portée de la faiblesse humaine, mais ils regardent notre vie comme la réalité et le véritable rabais auquel il faut se tenir. Et plus loin : Nous sommes les colonnes du sanctuaire, mais qui, renversées et dispersées dans les places publiques, deviennent des pierres d'achoppement aux passants’’ (Massillon). Lorsque cette vie scandale du Ministre de l’Evangile devient récurrente, l’habitude dont elle est caractérisée devient un facteur de destruction de tout ce qui a pu être semé pendant la bonne saison du Ministère, il ne restera qu’à s’exclamer : Quel désastre !

15.      L’habitude  qui peut produire une destinée

Il ya près de dix de cela, le Seigneur me persuada d’aller demander pardon à une fille avec qui j’avais avant ma conversion, entretenu des relations coupables. En effet, elle me pressa tellement de l’épouser en dépit de mes fermes propos : ‘‘je ne serai jamais polygame car ma mère en a souffert au point d’en trouver la mort ‘’.  Chaque donc, elle utilisait la stratégie de Délila envers Samson, et un jour, pour me débarrasser d’elle bien qu’au dedans de moi, mon nom restait ferme, je lui avouais verbalement, mais par mensonge : ‘‘oui, j’ai compris, on se mariera’’. Quelques mois après, je rencontrais Christ, mais elle garda la promesse en son cœur comme un trésor. Un incident l’amena néanmoins à se marier. Lorsque convaincu que ma parole me liais, je suis aller chez elle lui demander pardon et fut frapper de ce qu’elle m’apporta un tableau accroché au chevet de son lit sur lequel il était écrit : ‘‘A force de vivre ce qu’on n’aime pas, on finit par accepter ce qu’on vit’’.  Elle voulait dire qu’elle n’a pas aimé son foyer, mais l’habitude l’a amené à s’y accommoder bien que son cœur éprouve une autre chose. Les blessures de mon mensonge avaient causé une grande plaie dans son cœur.

Pour le Pasteur par contre, le plus déplorable est vécu lorsque ces blessures, que les consolations de Dieu devaient seules fermer, viennent à être fermées par l'habitude et par une mauvaise résignation ; ce qui malheureusement, n'est que trop souvent le cas. Nous ne devons jamais l’oublier, le repentir répété use l'âme et la met de fait, dans de mauvaises humeurs contre elle-même.

Conclusion :

Toutes ces peines sont fort sensibles, mais parmi elles, il faut avouer qu'il est plus funeste d'éviter que douloureux de subir. Toutes en effet, ont besoin d'être prévues, et comme savourées d'avance afin que toujours préparé, nul n’attrape aucune crise par ces évènements imprévisibles dont le Pasteur qui qu’il soit doit affronter un jour où l’autre. A cette énumération peut-être incomplète, et dont peut-être aucun trait n'est accusé assez fortement, on peut opposer sans doute, comme compensation, les avantages suivants : La foi en Christ, qui est la chose la plus excellente et le tout de l'homme, est, pour le ministre, l'office et le devoir de tous les jours, de toutes les heures, de toutes les circonstances. En effet, le ministère il faut l’avouer sans équivoque, fait partie de la vie intégrante du Pasteur de part sa vocation et se mêlant de fait à la vie des autres hommes qu’il dirige et il faut l’avouer, devant d’une  manière ou d’une autre composer la sienne.

Il vit au milieu des idées les plus hautes, les plus basses, les plus profondes et les plus vastes, et des occupations de l'utilité la plus absolue.

Il n'est appelé à faire que du bien ; rien ne l'oblige ou ne le tente à faire du mal qui n’était plus supposé l’habité.

Il n'occupe aucun rang dans la hiérarchie sociale, n'appartient à aucune classe, mais sert de lien à toutes ; représente en soi, mieux que personne, l'unité idéale de la société.

La vie du Pasteur lorsqu’elle aborde de petites circonstances défavorables, est manifestement la plus propre à réaliser l'idéal d'une vie heureuse. Il y a une grande régularité, une sorte de calme uniforme, qui est peut-être la vraie latitude du bonheur terrestre. La prédilection des poètes et des romanciers pour le personnage du Pasteur de campagne n'est pas sans fondement. Tout cela n'est vrai qu'à supposer que le Pasteur soit fidèle et plein de l'Esprit de Dieu pour prendre conscience de son état. Et lorsqu’il l'est, tout est contrebalancé, corrigé, transformé, et il lui suffit, sans peser minutieusement les inconvénients et les avantages, de faire une réflexion : Jésus-Christ assigne à ses ministres de pénibles épreuves intérieures et extérieures, afin qu'ils puissent sympathiser avec leur troupeau, et connaître, par leur propre cœur, la séduction du péché, les infirmités de la chair, et la manière dont le Seigneur soutient et supporte tous ceux qui se confient en lui. En sorte qu'en un certain degré on peut transporter au ministre ce qui a été dit de Jésus-Christ : ‘‘Nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos infirmités, puisqu'il a été tenté de même que nous en toutes choses’’ (Hébreux 4.15)

Enfin la Parole de Dieu, d'une manière directe ou indirecte, bénit particulièrement les travaux et l’état du Pasteur. Elle déclare que ‘‘ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur de l'étendue ; et que ceux qui en auront amené plusieurs à la justice luiront comme des étoiles à toujours et à perpétuité’’ (Daniel 12.3)

En promettant aux ministres immédiats de Jésus-Christ que, dans le renouvellement de toutes choses, ils seront assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d'Israël, elle fait pressentir, pour leurs successeurs, une gloire et des récompenses proportionnées (Matthieu 19.28)

Elle honore et bénit tellement le ministère, que les secours mêmes qui lui sont prêtés sont l'objet de promesses spéciales : Celui qui reçoit un Prophète en qualité de Prophète, recevra une récompense de Prophète (Matthieu 10.41).

L’ignominie la plus grande que nous pourrions endurer sur terre pour Christ nous paraîtra comme une futilité lorsqu’Il nous appellera à nous présenter devant les multitudes célestes. Même les supplices atroces des martyrs leur paraîtront comme des piqûres d’épingle à l’instant où le Sauveur posera sur leur tête la couronne de vie. Ailleurs, nos souffrances présentes sont comme des afflictions légères et éphémères, tandis qu’elles produisent pour nous un poids éternel de gloire (2Cor 4.17). Le Pasteur, Ministre de Dieu sur terre se doit face aux tribulations diverses dont il est fréquemment victime comme insignifiantes face à la gloire qui sera la sienne !

 

Les Pasteurs d’aujourd’hui n’ont qu’une faible idée des souffrances des anciens saints, considérés comme des parias, méprisés, persécutés, tués (Rom 8.36 ; 2Cor 11.23-28), ainsi, le Ministre de l’Evangile a besoin de patience, notre chemin est rugueux et long, mais Celui qui doit venir viendra, même s’il semble tarder. Surtout, il ne faudra jamais oublier pendant que nous franchissons les pentes sinueuses et désertiques des périodes sombres de notre ministère qu’il est dit : ‘‘Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui’’ (Hébreux 10.38).

Dr André CHOUBEU

 

 

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