Dieu le Saint-Esprit - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

Dieu le Saint-Esprit

19 Avril 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

Dieu le Saint-Esprit

Dieu le Saint-Esprit

Philippe Juston

Affirmer que l'Esprit est Dieu, c'est entre autres affirmer qu'il est un être personnel. Pour étayer cette doctrine, nous allons dans un premier temps donner des appuis bibliques à la personnalité de l'Esprit, avant d'en mentionner d'autres qui soutiennent sa divinité. Enfin, nous indiquerons comment l’Esprit s’inscrit dans l’unité des personnes divines.

L'Esprit est une personne

Il possède les caractéristiques d'une personne

Une personne peut être définie comme un « Je » capable de faire face à un « Tu ». De façon plus précise, la personnalité est caractérisée par la possession de la pensée, du sentiment, de la volonté ainsi que de l'existence comme centre individuel de conscience capable de relations avec d'autres personnes1. À la lumière de cette définition, la Bible montre que l'Esprit est bien une personne ; en effet :

- Il peut dire « je2 » et peut recevoir le titre personnel de Paraclet3 ;

- Il possède une pensée : il lui « paraît bon », il connaît4, etc. ;

- Il a des sentiments : il peut être attristé5 ;

- Il a une volonté : il empêche des hommes d'agir6, il ordonne7, il distribue des dons selon sa volonté8, etc. ;

- Il est capable de relations avec d'autres personnes : il enseigne9, il prie10, on peut lui mentir, le provoquer11, l'insulter12, etc.

Un point de grammaire grecque

En grec, le neutre est généralement utilisé pour des choses, alors que le masculin l'est pour des personnes. Or, en Jean 14.26 ; 15.26 ; 16.13, l'évangéliste utilise un pronom masculin (ekeinos) pour l'Esprit alors que la grammaire exigerait un neutre (ekeino). Pourquoi cela, sinon pour souligner la personnalité du Saint-Esprit ?

Réponse à quelques objections

Il est bon de répondre succinctement à plusieurs objections qui peuvent être soulevées quant à la personnalité du Saint-Esprit.

1. Le Saint-Esprit ne serait pas une personne puisqu'il est parfois présenté sous forme de réalités impersonnelles telles l'eau13, le vent14, le feu15, etc.

Lorsque l'Esprit est présenté ainsi, il s'agit de métaphores qui ne permettent en rien d'en déduire qu'il n'est pas une personne. En effet, un raisonnement semblable amènerait à conclure que Jésus n'est pas une personne puisqu'il se compare à du pain, à la lumière, à une porte, à un pied de vigne16, etc. !

2. L'Esprit ne serait pas une personne puisqu'il peut être répandu17, puisqu'on peut en être oint18 ou encore en être rempli19, etc.

Là encore, ces verbes sont employés dans le cadre de métaphores. Par exemple, c'est parce que l'Esprit est comparé à de l'eau qu'il peut être répandu20. Dès lors il devient clair que l'emploi de telles métaphores ne peut servir de preuve au fait que l'Esprit n'est pas une personne. Qui, en effet, oserait dire que l'auteur du Psaume 22 n'est pas une personne puisque ce dernier se compare à de « l'eau qui s'écoule » (Ps 22.15) ?

3. L'Esprit ne saurait être une personne, puisque Dieu peut en « ôter une partie21 », ou en répandre, ou encore en donner22.

S'il n'y avait que ces textes, on pourrait en effet conclure que l'Esprit est une « chose » et non une personne. Mais il existe des textes en bien plus grand nombre qui le présentent comme une personne23. Il faut donc comprendre cette notion quantitative au niveau des effets produits : dire que Dieu « ôte de son Esprit » à une personne signifie qu’elle bénéficiera « à un niveau moins élevé » des capacités que donne l'Esprit, mais ne signifie pas que Dieu « morcelle » son Esprit pour lui en enlever une partie !

Cette lecture est d'ailleurs confirmée par certains des textes en question. En effet, dans le livre des Nombres un même texte affirme que Dieu ôte de son Esprit à Moïse pour donner l'Esprit (et non « de l’Esprit ») aux anciens24 ; ou encore, dans le livre des Actes, où il est question de la Pentecôte, il est dit que Dieu a répandu de son Esprit sur les hommes, alors qu'un peu plus loin, ce même livre affirme que c'est l’Esprit (et non « de l’Esprit ») qui est tombé sur eux à ce moment là25.

L'approche proposée ci-dessus se trouve également confortée par la notion de plénitude de l'Esprit26 telle qu'elle apparaît dans le Nouveau Testament. Par exemple, le croyant est appelé à ne pas attrister le Saint-Esprit27, mais au contraire à en être rempli28. Dire que le croyant est rempli de l'Esprit signifie que l'Esprit peut « pleinement se manifester » dans sa vie, contrairement au moment où il est attristé et où sa liberté d'action est « entravée ». Le N.T. n'envisage donc pas « une présence morcelée » de l'Esprit, mais plutôt une présence qui va pouvoir se manifester à des degrés plus ou moins élevés.

L'Esprit est Dieu

La divinité de l'Esprit est clairement affirmée sous la plume de l'apôtre Paul qui écrit que le Seigneur est l’Esprit29.

D'autres textes bibliques la font ressortir de façon indirecte en montrant que le Saint-Esprit possède des attributs divins. L'Esprit est en effet omniscient puisqu'il connaît tout, même les profondeurs de Dieu30. Son omniprésence est affirmée par le psalmiste lorsqu'il souligne qu'il n'existe pas de lieu où il puisse échapper à la présence de l'Esprit de Dieu31. Le fait que l'Esprit de Dieu soit présent en chaque croyant va également dans le sens de son omniprésence. La toute puissance de l'Esprit ressort du fait que la venue de l'Esprit sur Marie est assimilée à la venue de la puissance de Dieu sur elle32. Enfin, l'auteur de l'épître aux Hébreux affirmel'éternité de l'Esprit lorsqu'il écrit que c'est par l'Esprit éternel que Christ s'est offert à Dieu33.

Un texte du livre de Job fait ressortir la divinité de l'Esprit en lui attribuant le pouvoir divin de création de l'être humain34.

Ailleurs, elle ressort du fait que le Seigneur est assimilé à l'Esprit du Seigneur. Par exemple, le livre de Samuel affirme que l'Esprit du Seigneur s'est retiré d'avec Saül pour aller avec David, avant de dire plus loin que c'est le Seigneur qui s'est retiré d'avec Saül pour aller avec David35.

D'autres textes vont assimiler la présence du Seigneur à la présence de l'Esprit : l'auteur du Psaume 139 considère comme équivalente la présence du Seigneur avec celle de son Esprit36 et Jésus fait de même lorsqu'il dit à ses disciples que lui et son Père demeureront chez les croyants par l'Esprit saint qui sera en eux37.

Le livre des Actes, quant à lui, assimile le fait de mentir à Dieu au fait de mentir à l'Esprit : en effet, lorsqu'Ananias a menti à l'apôtre Pierre, ce dernier lui a dit qu'en mentant à l'Esprit saint, ce n'est pas à des hommes qu'il a menti, mais à Dieu38.

Pour certains auteurs du N.T., il est équivalent de dire que des paroles proviennent de Dieu et qu'elles proviennent de son Esprit. Par exemple, l'auteur du livre des Actes attribue au Saint-Esprit des paroles de Dieu rapportées par le prophète Ésaïe39. Ou encore, dans la lettre aux Hébreux, une affirmation du Psaume 95 est attribuée indistinctement à Dieu40 ou au Saint-Esprit41.

Dans la lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul relève que les croyants sont le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en eux42. Si l'Esprit n'était pas Dieu, il semble que l'apôtre aurait plutôt parlé du temple de l'Esprit.

Une utilisation particulière de la grammaire grecque dans un texte de l'Évangile de Matthieu appuie aussi la divinité de l'Esprit. En effet, avant son ascension, le Seigneur a demandé à ses disciples de faire des disciples en les baptisant « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit43. Selon la grammaire grecque, il faudrait employer un pluriel (« aux noms ») si les trois avaient un nom différent, propre à chacun. Pour le théologien Henri Blocher, le singulier signifie que les trois ont le même nom, celui du Dieu unique44.

Enfin, comme le relève Henri Blocher, « il est naturel de supposer que l'Esprit de Dieu est un seul être avec Dieu, comme l'esprit de l'homme ne se sépare pas de cet homme. Au cas où quelqu'un trouverait la logique de l'analogie trop “naturelle”, nous observons que l'apôtre lui-même la met en œuvre (1 Cor 2.10s). »

En terminant ce survol des appuis bibliques à la divinité de l'Esprit, il apparaît une différence notable par rapport à la façon dont est affirmée celle de Jésus. En effet, si Jésus est présenté comme recevant adoration et prières, tel n'est pas le cas pour l'Esprit. Ce silence qui peut surprendre est probablement dû à la différence de rôle qui existe entre le Fils et l'Esprit : « Si l'Esprit n'est pas l'objet de l'adoration explicite (elle est implicite dans les textes trinitaires de caractère liturgique), si on ne le prie pas (malgré l'invocation d'Ézéchiel 37.9, qui montre qu'on peut s'adresser à lui), c'est qu'on distingue son rôle dans l'économie du salut : le Saint-Esprit est Dieu nous faisant le prier ! »

L’Esprit est une des trois personnes de la Trinité

Les trois personnes de la Trinité ont des fonctions différentes dans leurs relations avec le monde, que ce soit dans l'œuvre de la création ou dans celle de la rédemption. On parle de « l'économie » de la Trinité, où « économie » a son sens ancien, d'organisation des activités.

Dans l’œuvre de la création, Dieu (le Père) est celui qui prononce les paroles créatrices, le Fils est celui par qui tout a été créé et en qui tout subsiste45, le Saint-Esprit planait sur la surface des eaux46, peut-être comme manifestation de la présence de Dieu au sein de la création.

Dans l'œuvre de la rédemption, le Père envoie le Fils et le Fils obéit au Père et meurt pour les péchés. Le Saint-Esprit qui est envoyé par le Père et le Fils, est celui qui applique la rédemption : il fait naître de nouveau47, il œuvre pour la sanctification du chrétien48, il équipe le croyant pour le service49. Ces différents textes font ressortir un certain ordre au sein de la Trinité, une certaine subordination. En fait, le Fils et le Saint-Esprit sont égaux au Père dans leur être, mais ils lui sont subordonnés dans leur rôle. On parle d'égalité ontologique mais de subordination économique. Cette subordination doit être éternelle50.

En résumé, la distinction des personnes au sein de la Trinité touche au rôle de chacune et non à leur être. Chaque personne est réellement une personne, qui possède pleinement l'être de Dieu ainsi que tous ses attributs, sans en avoir de supplémentaires. Les personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit se distinguent donc par leurs relations interpersonnelles et par leurs relations avec le monde créé.

Nous n'arrivons pas à comprendre comment tous ces différents aspects peuvent s'articuler, mais cela ne doit pas nous surprendre : l'existence de trois personnes en un seul Dieu est quelque chose qui dépasse notre compréhension.

L’unité de l’Esprit avec le Père et le Fils

De même qu’il y a unité entre le Père et le Fils51, il y a unité :

– entre le Père et l'Esprit : le Père demeure dans ses enfants par l'Esprit qui est en eux52 ;

– entre le Fils et l'Esprit : Jésus demeure dans ses disciples par son Esprit qui est en eux53.

Père, Fils et Saint-Esprit sont donc un quant à leur être : il y a un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Quelques textes qui associent le Saint-Esprit au Père et au Fils

Différents textes associent les trois personnes de la Trinité. Par exemple, avant son ascension, Jésus demande aux siens de faire des disciples en les baptisant « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit54. Comme nous l’avons déjà vu, ce texte implique bien sûr la distinction des personnes et milite aussi fortement en faveur de la divinité des trois55.

À la fin de la seconde lettre aux Corinthiens, Paul appelle « la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit »à être sur ses lecteurs. Ce texte qui implique la distinction des personnes milite aussi fortement en faveur de la divinité des trois en les associant intimement à travers une seule et même salutation.

D'autres textes associent également les trois personnes de la Trinité sans pour autant que des implications quant à la divinité des trois puissent en être tirées : lors du baptême de Jésus, les trois personnes de la Trinité sont présentes56 ; Jean le baptiseur souligne que Jésus dit les paroles que Dieu lui donne et que Dieu lui donne également son Esprit57 ; Jésus annonce à ses disciple qu'il va prier le Père pour que ce dernier leur envoie le Paraclet58 ; l'apôtre Paul souligne qu'il y a un seul Esprit, un seul Seigneur, un seul Dieu59, ou encore que c'est grâce au Fils que les croyants ont accès au Père par l'Esprit60 ; l'auteur de la lettre au Hébreux souligne que Christ s'est offert à Dieu par l'Esprit éternel61 ; l'apôtre Pierre, lui, souligne que les croyants sont élus selon le dessein de Dieu par la sanctification de l'Esprit pour obéir à Jésus-Christ62, ou encore que Jésus, qui s'est offert pour présenter les croyants à Dieu, a été vivifié par l'Esprit63.

L’Écriture est donc irréfutable : l’Esprit est une personne, l’Esprit est Dieu, l’Esprit est une des trois personnes de la Trinité divine.

1 Cf. citation de Wainwright dans : Henri Blocher, Fac étude, La doctrine du péché et de la rédemption, vol. II, Vaux-sur-Seine, FLTE, 2001, p. 211
2 Act 13.2
3 Jean 14.16-17
4 Act 15.28
5 1 Cor 2.10-11
6 És 63.10 ; Éph 4.30
7 Act 16.6
8 Act 13.2
9 1 Cor 12.11
10 Jean 14.26
11 Rom 8.26-27
12 Act 5.3,9
13 Héb 10.29
14 Jean 7.37-39.
15 Jean 3.8.
16 Act 2.3-4.
17 Jean 6.35 ; 8.12 ; 10.7 ; 15.1.
18 Act 2.17 ; És 44.3.
19 Act 10.38.
20 Act 2.4.
21 És 44.3.
22 Nom 11.17,25.
23 Jean 4.13.

24 Certains s'appuient sur Proverbes 8 et 9 où la sagesse et la folie sont personnifiées pour dire que ce n'est pas parce que l'Esprit est présenté comme une personne qu'il en est nécessairement une. À cela nous répondons que le style de Proverbes 8 et 9 est poétique et qu'il est évident qu'il s'agit d'une personnification. Par contre, les nombreux passages qui présentent l'Esprit comme étant personnel ne s’inscrivent pas dans ce style littéraire et dans leur contexte, rien n'indique qu'il s'agisse d'une personnification !

25 Nom 11.17,25, cité plus haut.
26 Act 2.17 ; 11.15.
27 Act 2.4 ; 6.3 ; 7.55, etc.
28 Éph 4.30.
29 Éph 5.18.
30 2 Cor 3.17.
31 Cor 2.10.
32 Ps 139.7.
33 Luc 1.35.
34 Héb 9.14.
35 Job 33.4.
36 1 Sam 16.13-14 ; 18.12.
37 Ps 139.7.
38 Jean 14.17,23.
39 Act 5.3-4.
40 Act 28.25.
41 Héb 4.3.
42 Héb 3.7-8.
43 1 Cor 3.16.
44 Mat 28.19.
45 Cf. Henri Blocher, Fac étude, Christologie, fascicule 1, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1986, p. 169 ; La doctrine du péché et de la rédemption, vol. 2, p. 212.
46 Henri Blocher, Fac étude, La doctrine du péché et de la rédemption, vol II, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1997, p. 213.
47 Ibid., p. 213.
48 Col 1.16-17.
49 Gen 1.2.
50 Jean 3.5-6.
51 Rom 8.13.
52 1 Cor 12.7.

53 Si le Fils n'est pas éternellement soumis au Père dans son rôle de Fils, alors le Fils n'est pas éternellement Fils, et le Père n'est pas non plus éternellement Père, ce qui remettrait en cause l'immuabilité ontologique de Dieu. Cela semble confirmé par l'Écriture qui enseigne que lorsque tout aura été soumis à Christ, lui-même sera soumis au Père (1 Cor 15.28).

54Jean 10.30 ; 14.10-11.
55 1 Jean 3.24.

56 Jean 14.16,23. Voir aussi les sept lettres d’Apocalypse 2-3 : au début de chacune, c'est Jésus qui parle, et pourtant toutes se terminent en demandant d'écouter ce que l'Esprit dit aux églises.

57 Mat 28.19.
58 Cf. Henri Blocher, Fac étude, Christologie, fascicule 1, Vaux-sur-Seine, FLTE, 1986, p. 169 ; La doctrine du péché et de la rédemption, vol. 2, p. 212.
59 2 Cor 13.13
60 Mat 3.16-17.
61 Jean 3.34.
62 Jean 14.16.
63 1 Cor 12.4-6.
64 Éph 2.18.
65 Héb 9.14.
66 1 Pi 1.2.
67 1 Pi 3.18.

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