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Le blog de Dr André CHOUBEU

La mission du Paraclet du monde

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La mission du Paraclet du monde

La mission du Paraclet du monde

F. Horton

Mais moi, je vous dis la vérité: il vous est avantageux (utile, profitable) que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. Mais si je pars, je vous l'enverrai. Et celui-là, étant venu, convaincra (confondra, accusera) le monde à propos de péché et à propos de justice et à propos de jugement: à propos de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; à propos de justice, parce que je me retire vers le Père et vous ne me contemplerez plus; à propos de jugement, parce que le prince de ce monde a été (et reste) jugé.

(Jean 16,7-11)

Avec cet article nous laisserons provisoirement de côté le thème du Saint-Esprit dans le croyant pour ouvrir une parenthèse sur Son oeuvre dans le monde. Comme il s'agit d'un texte présentant quelques difficultés d'interprétation, nous le soumettrons à un examen exégétique mot par mot et phrase par phrase, en nous excusant auprès du lecteur d'un exercice intellectuel qui, quoique ardu peut-être, devrait nous conduire à des conclusions pratiques et utiles.

ET CELUI-LA, ETANT VENU...

Ce début de phrase fait allusion à l'époque subséquente à la venue de l'Esprit dans le monde après l'ascension de Jésus, c'est-à-dire à notre époque, celle de l'Eglise, qui va de la Pentecôte jusqu'au retour du Christ.
-c o n va i n c r a. ..L'idée est complexe et renferme plusieurs prérogatives divines: le droit d'examiner, d'accuser et de réprouver, la capacité de prouver les accusations faites, la compétence de convaincre, l'autorité de rendre un jugement et de condamner, la puissance de punir. Cependant, cette conviction divine n'aboutit pas forcément à la condamnation, car elle est en même temps un appel à la repentance, appel qui peut être ou ne pas être entendu. C'est par grâce que l'Esprit convaincra, dans un but miséricordieux!
- l e m o n d e...,
dans le sens de l'humanité séparée de Dieu, organisée par Satan sur une base égoïste de révolte contre Dieu.
-à propos de péché et justice et à propos de jugement. ..,
Tout ce qui est nécessaire pour déterminer l'état religieux de l'homme est compris dans ces trois catégories, lesquelles, d'ailleurs, sont rangées dans un ordre logique. En premier lieu, l'homme est présenté comme un être déchu; ensuite paraissent les deux puissances spirituelles qui contestent l'hégémonie sur lui: le Christ, élevé au trône de gloire, et le prince, déjà jugé, de ce monde. Sous un autre angle, on peut dire que la conviction du péché conduit l'homme à un choix entre deux possibilités: obtenir la justice du Christ, ou subir le jugement avec Satan. L'homme est central lorsqu'il s'agit du «péché», tandis que la mention de «justice» nous rappelle que seul Christ est juste, et le mot «jugement» nous apprend que le diable est déjà jugé.
Il est significatif, en rapport avec la triple oeuvre de conviction accomplie par l'Esprit, de comprendre les circonstances dans lesquelles Jésus a prononcé ces mots. Le monde d'alors, religieux, aveuglé par des notions totalement fausses de péché, de justice et de jugement, se persuadait qu'il était lui-même juste (Luc 18, 9), accusait Jésus d'être un pécheur (Jean 9, 24) et un... malfaiteur (18, 30), et le jugeait en disant qu'Il méritait la mort (Matthieu 26, 66). Remarquons que ces notions n'étaient le monopole, ni de cette époque-là, ni de la masse! Il s'ensuit que l'oeuvre du Paraclet, de l'Avocat de Dieu auprès des hommes, ne serait rien moins qu'un renversement spectaculaire et absolu des valeurs, conduisant ceux qui, parmi les hommes, voudraient bien se repentir (c'est-à-dire, littéralement, c h a n g e r d'a v i s) à reconnaître qu'en réalité ce sont eux-mêmes les pécheurs, que Jésus est le Juste, et que le jugement véritable est celui prononcé par Dieu contre le prince de ce monde. Une oeuvre miraculeuse de redressement, à la mesure de Dieu le Saint-Esprit, aboutissant à une révolution profonde dans la pensée et l'attitude du coeur de l'homme!

A PROPOS DE PECHE, PARCE QU'ILS NE CROIENT PAS EN MOI. ..

Le refus de croire en Christ (c'est-à-dire de Le reconnaître pour ce qu'Il est, Lui faire confiance et se soumettre à Son autorité) est la racine de tout péché. Car l'essence même du péché consiste en une auto-déification, en une déclaration d'indépendance par rapport à Dieu et à Son Christ, en un refus d'accorder à Jésus Ses droits sur Sa créature de Rédempteur et de Maître. Comme ce péché est d'ordre spirituel et que la conscience de l'homme reste insensible, impuissante et silencieuse devant lui, seul l'Esprit, au travers de la parole écrite et parlée, peut révéler à l'homme le caractère véritable et la gravité de son incrédulité, lui montrer sa condition de révolté et le laisser sans excuse.

A PROPOS DE JUSTICE, PARCE QUE JE ME RETIRE VERS LE PERE...

L'oeuvre historique de Jésus-Christ, depuis l'Incarnation jusqu'à l'Ascension, en passant par Sa Vie, Sa Mort et Sa Résurrection, établit une fois pour toutes un critère définitif et absolu de la Justice. L'obéissance du Seigneur, Son accomplissement parfait de la Loi, la conformité absolue de Sa vie à l'idéal divin, la Croix..., tout cela est une manifestation complète de justice par rapport à Dieu et à l'homme. Ayant achevé l'ouvre que le Père lui avait donné à faire, Il se retire, non pas simplement au ciel, mais vers Celui même qui l'avait envoyé, en signe d'un accomplissement auquel rien ne manque. Dans leur terrible aveuglement, les hommes avaient condamné le Christ; par l'Ascension, le Père donne la preuve qu'Il agrée la perfection de Sa personne et de Son OEuvre, ce dont la venue ultérieure de l'Esprit est aussi un signe éclatant. Et maintenant, dans Son ministère d'Avocat auprès du monde, le paraclet rend témoignage à la Justice de Christ et à la possibilité offerte à l'homme de participer à cette Justice, en Lui.
-et vous ne me contemplerez plus...
Idée d'un changement dans le mode d'existence.

A PROPOS DE JUGEMENT, PARCE QUE LE PRINCE DE CE MONDE A ETE (ET RESTE) JUGE. ..

Au moment où celui qui incarne l'esprit du monde - ses idées de péché, de justice, de jugement, de succès et de faillite - croit avoir triomphé, semble, à vues humaines, avoir triomphé par la «perte» du Christ, à ce moment même et par cet acte-là, il a en réalité perdu, il a été jugé, et son jugement est définitif. Dans Sa défaite apparente, le Christ a remporté la victoire des siècles, victoire dont la consommation est sûre. Cela aussi, le Paraclet doit le faire comprendre aux hommes: la victoire de Jésus est acquise et le jugement du prince de ce monde est un fait accompli. Partant, le triomphe final de la Justice ne sera qu'une conséquence de ce qui est déjà réalisé, et les actions des hommes seront passées en revue par le grand Vainqueur à qui le Père a remis tout jugement.

Quelles conclusions pratiques pouvons-nous tirer de ces versets magnifiques? D'abord, ils résument l'action du Saint-Esprit sur une vaste échelle dans le monde, action pour la plupart cachée et mystérieuse, qui passe sans doute par l'Eglise lorsque celle-ci se laisse utiliser dans la soumission et la fidélité, mais qui peut aussi se poursuivre indépendamment de l'Eglise, voire malgré elle.
Ensuite, reconnaissons que cette oeuvre de conviction est une oeuvre surnaturelle, miraculeuse, impossible à tous sauf à Celui qui seul possède l'autorité, la puissance et la mission divines, Dieu le Saint-Esprit. Enfin, puisque seul le Paraclet peut éclairer, convaincre et opérer ce changement d'avis bouleversant qu'est la repentance, ne confondons pas les rôles! N'essayons pas de nous arroger Son travail, de vouloir convaincre nos interlocuteurs. Gare au danger des techniques psychologiques de persuasion! A L u i de c o n va i n c r e ; à n o u s de d é c I a r e r la Bonne Nouvelle, de t é m o i g n e r dans un esprit d'humilité, de dépendance, de prière, en comptant sur Lui pour rendre fructueux nos pauvres balbutiements.

(Note: cette étude doit beaucoup au commentaire de B. F. Westcott sur l'Evangile de Jean.)

Source : http://www.promesses.org/arts/6p118-120f.html

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