enseignements - Le blog de Dr André CHOUBEU
Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Dr André CHOUBEU

Articles avec #enseignements tag

BÂTIR SUR LE FONDEMENT (2)

4 Juillet 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

angel-gallery-22BÂTIR SUR LE FONDEMENT

 

b)  La grâce de Dieu au secours de l’ouvrier du fondement : 

Ce fondement, expliquera Paul, n’est pas le résultat d’une conception ou de la réflexion humaine, mais bien plus de la grâce de Dieu qui nous fais saisir la pensée et la portée des principes et techniques méthodiques de Dieu dans ce qu’il avait prévu d’avance pour exécuter l’ouvrage selon la vision du modèle spirituelle. Ceci justifie pourquoi il est écrit : «Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne» (Hébreux 8.5).  Moïse construisait le Tabernacle physique en s’inspirant de sa réalité spirituelle. La vie spirituelle en effet n’est rien d’autre que l’application de la volonté de Dieu sur la terre telle qu’elle est faite au ciel. L’ouvrier de Dieu a donc besoin d’une connexion préalable avec le ciel avant toute activité. Il ne fera pas son œuvre, mais l’œuvre de celui qui l’a envoyé. L’Apôtre Paul en d’autres termes veut dire aux Corinthiens qui se discutent les serviteurs de Dieu, se les appropriant que nul ne peut faire quelque chose pour Dieu en moins qu’il n’ait reçu un mandat céleste tant sur le type d’ouvrage à faire que le lieu et les méthodes de travail.

Du fait que Jésus Christ lui aussi, dans son ministère terrestre, appartenait à l’ordre céleste et non à celui de la terre ; le sacrifice de sa personne (bien qu’il soit mort sur terre comme un homme) ne peut s’apprécier correctement que dans la perspective du tabernacle céleste ; il joui d’une domination au trône de Dieu, ainsi la façon dont les chrétiens, quoique vivant encore sur la terre, doivent se considérer comme citoyens du ciel étant exhortés, s’ils suivent Jésus, à traverser les cieux et à venir hardiment jusqu’au trône de la grâce pour rendre un culte en Esprit, conforme à ce qui se fait au ciel. La qualification de tout ouvrier fera savoir Paul ne peut aller outre ce principe qui sert de base pour tout service que Dieu exige pour son Eglise.

Alors, nous, Paul, Apollos, Pierre et tous les autres serviteurs sont des ouvriers d’égale valeur dans le champ de Dieu. Mais la vie spirituelle qui grandit dans ce champ provient de la seule grâce et de la seule puissance de Dieu.

Il revient donc une compréhension facile de ce que la grâce peu faire avec nous. Paul donc, se glorifie du privilège immérité dont il jouit par un don gratuit de la part de Dieu (Rom 12.3 ; Eph 3.8), qui l’a rendu Sage  et architecte  pour poser le fondement de la vie spirituelle de l’église de Corinthe. Paul dira que sur ce sage fondement qu’il a posé par l’inspiration du Saint-Esprit, un autre a battit dessus.  (1 Cor 3.10).

Les matériaux utilisés pour le fondement et leur valeur : 

Comme Paul le démontre, son ministère est authentique, n’ayant pas été conçu ou exercé dans la ruse, la duplicité, le mensonge, aucun motif d’enrichissement illicite ou gloriole, mais vise exclusivement à annoncer Jésus Christ. Il dira en substance : « Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs » (1 Cor 1.23). 

« Car j’ai jugé bon, parmi vous, de ne rien savoir d’autre que Jésus–Christ, Jésus–Christ crucifié » (1 Cor 2.2). Dieu ayant fait levé la lumière de sa connaissance dans le cœur de l’Apôtre, il aura pour mission de fondement la description ci-après qu’il donne lui-même à Agrippa en ces termes : « Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds; car je te suis apparu pour t’établir ministre et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai. Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t’envoie, afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés. En conséquence, roi Agrippa, je n’ai point résisté à la vision céleste: à ceux de Damas d’abord, puis à Jérusalem, dans toute la Judée, et chez les païens, j’ai prêché la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d’œuvres dignes de la repentance » (Actes 26.15-20).

Il est clairement établi que par ce témoignage, Paul explique le fait qu’il a été fait chrétien par la puissance divine à traves une révélation de Christ à la fois à lui et en lui, alors qu’il était au maximum de sa carrière de son péché. Il a été fait ministre par l’autorité divine: le même Jésus qui lui est apparu dans cette lumière glorieuse lui a ordonné de prêcher l’évangile aux Païens. Un monde qui est assis dans les ténèbres doit être éclairé; on doit amener à connaître les choses qui appartiennent à leur paix éternelle à ceux qui en sont encore ignorants. Un monde qui repose sur la méchanceté doit être sanctifié et réformé; il n’est pas suffisant pour eux d’avoir leurs yeux qui soient ouverts, ils doivent avoir leurs cœurs renouvelés; il n’est pas suffisant de les amener des ténèbres à la lumière, mais ils doivent être soustraits du pouvoir de Satan, pour être amenés à Dieu. Tous ceux qui sont détournés du péché pour aller vers Dieu ne sont pas seulement pardonnés, mais ils sont assurés d’un riche héritage. Le pardon des péchés conduit à cela. Nul ne peut être heureux s’il n’est pas saint; et pour être saints dans le ciel nous devons d’abord être des saints sur terre, c'est-à-dire, nous devons nous dépouiller au prix même de la honte s’in le faut, des péchés de toute nature, ce publiquement s’il le faut. Nous sommes rendus saints et sauvés par la foi en Christ; par cette foi nous nous appuyons sur Christ comme le Seigneur de notre Justice, et nous abandonnons à lui comme le Seigneur et Souverain de notre vie ; dans ce cas, il doit exercer sans frontière dans nos vies à tout moment qui Lui convient, car nous devenons par cet acte, sa propriété par notre consécration sans retour à Son saint service ; par cette foi nous recevons la rémission des péchés, le don du Saint-Esprit, et la vie éternelle. La croix de Christ étant encore à ce jour une pierre d’achoppement pour les païens, et ils seront toujours en rage à notre prédication sur l’éventuelle sentence divine présente et futur du péché avec la conséquence éternelle de la punition en enfer pour les rebelles. C’est ainsi que le véritable converti peut donner une raison de son espérance, et un bon témoignage du changement par rapport à sa vie passée qui se manifeste en lui. Cette régénération du vrai chrétien converti sera un grand facteur d’évangélisation, avec ou sans parole pour appeler les hommes à se repentir et à se convertir, mais souvent, on y aboutira pas sans blâmes et persécution de la part des ennemis de la bonne nouvelle. 

Les hommes n’ont donc pas de choix en ce qui concerne le fondement, qui doit être la personne et l’œuvre de Jésus-Christ (1 Cor. 2.2 ; 1Pierre 2.5). Tout autre fondement ne produirait pas une Église, mais un club, une secte, un groupe d’intérêt économique ou d’initiative commune œuvrant non sur les principes spirituels, mais humains, charnels, diaboliques produisant  (Ga 1.7).  Paul n’a donc pas posé un autre fondement. Paul n’a pas créé ces fondations de toutes pièces, il ne les a posées qu’en prêchant Christ, et Christ crucifié (1Pierre 2.6-8). Il poursuivra en mettant en garde tout ceux qui aspirent ou veulent faire l’œuvre de Dieu, ce aussi, d’une manière plus large, que ce principe s’applique à tous les croyants qui sont appelés l’Eglise par un service fidèle de l’or, de l’argent des pierres précieuses. Ces matériaux de qualité représentent un service spirituel et caractérisé par la consécration visant à l’édification de l’Eglise, corps de Christ. Lorsqu’il emploie les mots « bois », « foin », « chaume », faisant allusion aux matériaux de moindre valeur, il projette ou renvoie l’image à une activité superficielle, sans impact éternel que l’on peut faire pour Dieu, même si elle n’est pas mauvaise. C’est pour cela que le verset suivant établie l’image du tribunal de Christ où les œuvres du croyants passeront au peine fin afin qu’il reçoive une récompense en fonction de la valeur et qualité de service rendu. Comme pour dire que l’ouvrier et l’œuvre seront évalué à ce moment crucial qui déterminera le résultat médiocre, bon ou excellent de ce que nous aurions fait pour Dieu. 

Ce qui est bâti sur le fondement peut être durable ou non en fonction des matériaux employés : 

Or : L’or est un emblème d’intégrité (Lamentations 4.2) et de grande valeur (Apoc 3.18). Le raffinement de l’or au creuset sert d’image à la purification du peuple de Dieu dans la fournaise de l’épreuve (Zach 13.9; Mal 3.3; 1Pierre 1.7). Dans la typologie du tabernacle (Hébreux 8.5), si l’argent représente le rachat de chaque Israélite (Ex 38.25-28), l’or semble symboliser ce qui est divin et inaltérable dans le sanctuaire. Par exemple l’arche, type le plus complet du Christ, est faite de bois d’acacia recouvert d’or, comme la table des pains de proposition et l’autel des parfums; quant au chandelier à 7 branches, il est d’or pur (Ex 37.1-2, 10-11, 25-26,17).

Nous comprenons immédiatement par cette illustration du bois d’acacia (nature humaine de Christ) enduit d’or (intégrité, justice, droiture, pureté, sainteté dans sa vie et conduite sur la terre en tant qu’homme et serviteur de Dieu), que le croyant né humainement (acacia) est revêtu de Christ (or) pour agir dans sa nouvelle nature gracieusement offerte à la croix du calvaire.

Celui qui rend ministère avec ruse, compromission, brutalité, négligence, superficialité, n’a pas bâti avec l’or.

L’Or étant le métal le plus précieux mentionné dans la Bible est aussi le symbolisme de ce qui est divin, la nature divine («or pur») ; la justice intrinsèque de Dieu («or»). C’est ce fondement qui devait dans cet aspect être posé pour un ministère que Dieu agrée. 

Argent : Dans la construction du tabernacle et le Temple l’argent avait été utilisé pour les socles (Ex 26.19) les clous, le revêtement des chapiteaux, les tringles (27.10; 38.19), les plats, les calices (Nbres 7.13 ; 1Ch 28.17) les bassins (Ez 1.9, 10) les couteaux (2 Rois 12) les chandeliers courants, les tables (1Chron 28.15,16).

L’utilisation de l’argent sur le cortines et les tentures qui étaient suspendus à des tringles par les crochets d’argent (Ex 26.19) d »montre que nous sommes accueillis à Christ non en vertu de la perfection de sa vie (fin lin retors), mais en raison du prix payé pour notre rachat (argent). Les colonnes du parvis ne reposaient pas sur les socles d’argent, mais d’airain, symbole de la manifestation de Dieu en jugement (Nbres 21.9). La rédemption ne met pas seulement en relie la miséricorde de Dieu, mais elle satisfait la justice de Dieu en manifestant sa grâce (Rom 3.21-26).  C’est ainsi que dans le tabernacle, les ais debout, fixés à leurs bases d’argent et unis par des traverses étaient recouverts d’or symbolisent les rachetés du Seigneur, nés de nouveau, devenus «participants de la nature divine» (2 Pierre 1.4) et lorsqu’ils sont considérés dans le sanctuaire, comme les ais, on ne voit plus que l’or qui les recouvre. C’est ainsi qu’ils forment, telles les «pierres vivantes» aujourd’hui, la maison de Dieu (1 Pierre 2). 

La construction du tabernacle et du peuple est le résultat des dons de chaque Israélite. De même, notre rachat est un don de Dieu pour nous. Par conséquent notre disponibilité et notre zèle tels qu’ils animaient les personnes qui construisaient l’arche, la qualité de leur travail accompli, leur fidélité à l’ouvrage et leur recherche d’une bonne coordination de l’ensemble des tâches, tout cela devrait nous servir d’exemple. En ce qui nous concerne, nous et les responsables de l’assemblée, le service pour Dieu, dans son ensemble, devrait avoir les mêmes qualités que le travail accompli à cette époque de la construction du tabernacle. Il devrait en être ainsi dans tout ce qui touche le domaine public et légal, où tant de corruptions, de tentations et de convoitises sévissent. Où se trouve la représentation de l’amour de Dieu parmi nous, celle qui devrait nous faire demeurer en Lui et Lui en nous, comme l’indique le Nom de Celui qui nous a sauvés, Emmanuel, (Matthieu 1.23). En Christ, nous avons tout le ministère de la réconciliation, (2 Corinthiens 5.18,19). Dans le "témoignage du tabernacle", toutes ces choses étaient déjà annoncées, elles étaient un témoignage visible de l’amour de Dieu pour l’humanité et cela, malgré la chute originelle d’Adam et Ève. Cet amour a été manifesté en Christ, lorsqu’Il est descendu sur terre. Quand la Parole a été faite "chair", comme il nous est dit dans (Jean 1.14), Christ représentait le "tabernacle" parmi nous!

L’argent étant un métal précieux brillant, est le symbole de la richesse et de la rédemption ou rachat (Lév 30.16). Le ministère doit dans cet aspect, être exclusivement basé sur Dieu qui a intervenu pour notre rachat, non par le nombre important de nos œuvres ou de quelques efforts personnels, mais par sa grâce. 

Pierres précieuses : La Bible mentionne particulièrement 3 listes des pierres précieuse : les 12 pierres gravées du pectoral du souverain sacrificateur (Ex 28.17-21; 39.10-14), les 9 pierres de la parure du roi de Tyr, les 12 pierres des fondements de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.19-20). On utilisait les pierres précieuses pour confectionner des ornements sacerdotaux et royaux (2Sam 12.30), etc. Souvent les pierres précieuses sont citées comme un symbole de splendeur céleste (Ex 24.10; Isa 54.11-12; Eze 1.26; 10.1; Apoc 4.3), de beauté éclatante (Lam 4.7 ; Soph 5.14), de grande valeur (Prov 17.8 ; Job 28.16-19), d’extrême dureté ou solidité (Eze 3.9 ; Zach 7.12 ; Jér 17.1), de durée inaltérable (1Co 3.12) ou revêtant un éclat particulier (Apoc 9.17). Sur le pectoral du grand prêtre, l’agate était la pierre centrale de la 3e rangée de pierres précieuses (Ex 28.19; 39.12), alors que l’Améthyste (le nom hébreux suggère l’idée d’une pierre précieuse dont on rêve) quant à elle, était de grande valeur occupait la dernière du 3e rang sur le pectoral du souverain sacrificateur (Ex 28.19 ; 39.12). Le 12e fondement de la muraille de la nouvelle Jérusalem est d’améthyste (Apoc 21.20). C’est une variété transparente de quartz qui est limpide, pourpre, ou d’un violet tirant sur le bleu; le manganèse est, pense-t-on, à l’origine de sa couleur. Le Béryl : (en hébreu tarchich) est la première pierre de la 4e rangée du pectoral (Ex 28.20; 39.13; Soph 5.14 ; Eze 1.16 ; 10.9 ; 28.13 ; Dan 10.6). Le grec bêrullos d’Apoc. 21.20 est traduit par béryl, pour désigner le 8e fondement de la nouvelle Jérusalem. Le béryl est un minéral de roche, formé surtout de silice et d’alumine ; il est d’ordinaire vert ou vert bleuâtre; il en existe des variétés bleues, roses, jaunes, ou couleur d’aigue-marine ; il est apparenté à l’émeraude. Le Calcédoine, pierre précieuse sert de 3e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.19). La calcédoine est dure, parce que formée surtout de silice ; de couleur laiteuse, donc beaucoup plus terne que le quartz typique, elle peut être gris pâle, brun bleu, etc. Chrysolithe en grec : pierre d’or. Minéral fait surtout de silice et de magnésie; il y a 2 variétés de chrysolithes, l’une noble, l’autre commune. La pierre précieuse transparente est d’un vert jaunâtre et clair; La chrysolithe est le 7e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.20).  Chrysoprase. : en grec est pierre d’un vert doré. La chrysoprase forme le 10e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc. 21.20). Corail, de hébreux ra’mot : Cette substance était classée parmi les plus précieuses (Job 28.18). Les marchands araméens portaient le corail aux marchés de Tyr (Eze 27.16). Le corail prend souvent l’aspect d’un bel arbre branchu ou d’un arbrisseau, d’où son nom de zoophyte (animal ayant l’aspect d’une plante). Quelques espèces forment de grands récifs. Cornaline, Sardoine, Diamant, sont des minéraux de dureté et d’éclat incomparables, transparents et peuvent acquérir un poli merveilleux. D’autres nombreuses pierres précieuses en hébreux yahalom (Eze 28.13), la 3e du 2e rang du pectoral du souverain sacrificateur ; chamir, pierre dure, taillée en pointe, pour graver (Jér 17.1). Emeraude, en grec smaragdos ; bareget et baregat (brillant comme l’éclair), était la 3e pierre de la 1re rangée du pectoral (Ex 28.15,18 ; 39.11). Le grec, smaragdos, pierre précieuse d’un beau vert, l’arc-en-ciel lui est comparé (Apoc 4.3), cette pierre est le 4e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.19). L’émeraude est une variété de béryl ; Escarboucle, hébreux nophekh (Eze 28.13) est la première pierre du 2e rang du pectoral (Ex 28.18). L’hébreux ‘eqdaH, flamboiement, étincelle (Esaïe 54.12) est une pierre lumineuse ayant l’aspect d’un charbon ardent. Escarboucles distinguent 3 pierres différentes : le grenat, le rubis spinelle et le saphir, sa transparence, sa couleur sont magnifiques. Le rubis spinelle est rouge clair ou légèrement teinté de rouge, transparent ou seulement translucide. Hyacinthe : Pierre précieuse formant le 11e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.20). Le mot hébreu rendu quelquefois par hyacinthe, figure aussi dans Exode 28.19 où il désigne la première pierre du 3e rang du pectoral. Jaspe, de l’hébreu yachpheh, et du grec iaspis (Ex 28.20 ; Eze 28.13 ; Apoc 4.3). Onyx, du grec onux, ongle, traduction de l’hébreu choham, désignant une pierre précieuse (Job 28.16 ; Eze 28.13) portant chacune les noms de 6 tribus d’Israël, étaient fixées aux épaulettes de l’éphod du souverain sacrificateur (Ex 28.9,12). La 2e pierre de la 4e rangée du pectoral était aussi une pierre d’onyx (28.20). Opale, en hébreu lechem est la pierre de la 3e rangée du pectoral (Ex 28.19). Rubis, en hébreu kadkod (Es. 54.12 ; Ez. 27.16), est première pierre du 2e rang du pectoral (Ex 28.18). Saphir, en hébreu sappir et grec sapphiros sur le pectoral du souverain sacrificateur, était la pierre centrale de la 2e rangée (Ex 28.18). Le saphir orne le 2e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.19). Les princes d’Israël sont comparés à des saphirs polis (Lam 4.7) qui avait une grande valeur (Job 28.16 ; Cant. 5.14; Es. 54.11). Le saphir est l’une des 3 variétés de corindons, les autres étant le corindon proprement dit, et l’émeri. Elle était de couleur bleue, transparente (Ex. 24.10); sa dureté n’est surpassée que par celle du diamant. Sardoine, Cornaline, Sardius (Apoc 4.3) constitue le 6e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.20). Le mot sardoine rend l’hébreu ‘odem, pierre rougeâtre, figurait comme première pierre au premier rang du pectoral (Ex 28.17). Le Sardoine sorte de calcédoine différente de la précédente, de son nom grec sardonux occupait le 5e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.20). Topaze, en grec topazion, probablement de l’hébreu pitdah ’était la 2e pierre de la première rangée du pectoral (Ex 28.17). Elle orne le 9e fondement de la nouvelle Jérusalem (Apoc 21.20).

Toute ces précisions voudrai faire voir le sérieux que doit être selon la description de Paul, le fondement de toute œuvre ou Assemblée (église locale) que l’on est appelé à bâtir pour le compte de Christ, ayant au préalable été appelé, formé et équipé. Les pierres précieuses ne sont pas à la portée de la main ou ne se trouvent pas si facilement ; il faut creuser, chercher, parfois même au risque de sa vie pour trouver une pierre précieuse, et jamais en grande quantité. Il faut donc creuser sérieusement dans le fondement de Dieu pour trouver des pierres précieuses, la parole certaine de Dieu qui servira au fondement de l’édifice qu’est le croyant. La parole que nous donnons est-elle celle qu’il faut au moment qu’il faut pour bâtir dans un croyant l’élément fondamental au moment convenable ? 

Bois : le bois vient d’une plante qui a été semé ou bien qui a poussé de manière naturelle sur la terre.  Pendant sa vie, la plante est alimentée par la sève qui vient de la terre. Le bois est essentiellement terrestre et de vie très courte. Une fois la plante coupé des racines, elle commence par se dessèche et chaque supplémentaire conduit à sa dégradation finale. Le bois est un élément précaire de moindre valeur. Nous conclurons que bien que le bois soit plus résistant que la paille, il révèle son caractère, charnel, naturelle, brute.

Nous déduirons ici que poser le fondement d’une œuvre avec le bois consisterait à le faire avec la sagesse humaine. Or de cette sagesse humaine, il est dit : « « Mais si vous avez au cœur une passion jalouse et amère ou une ambition personnelle, n’en soyez pas fiers et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse–là n’est pas celle qui descend d’en haut : elle est terrestre, animale, démoniaque. En effet, là où il y a passion jalouse et ambition personnelle, il y a du désordre et toutes sortes de pratiques mauvaises » (Jacques 3.14-16).

Poser le fondement d’un ministère à la suite des querelles, mésentente d’avec ses frères d’hier, de la jalousie parce qu’on n’a pas fait ceci ou cela, par division, par ambition personnelle, etc, sans que cela soit par appel de Dieu confirmé par d’autres personnes et d’une séparation paisible, relève d’un fondement avec du bois. 

Paille : La balle de froment et d’orge, broyée, était souvent mélangée à des fèves ou à de l’orge. Les Hébreux donnaient ce fourrage au bétail, aux chameaux, aux ânes, aux chevaux (Gen 24.25, 32 ; Jude 19.19 ; 1Rois 5.8 ; Esaïe 11.7). Les Egyptiens mêlaient de l’argile à de la paille dont ils faisaient des briques, afin de les rendre plus compactes et d’en prévenir le fendillement. On mélangeait aussi la paille (ou chaume) à de l’argile pour faire des briques qui servirait à la construction. Il est vrai au la construction en paille simple est de très courte durée car exposée aux intempéries. Un incendie et la construction n’est plus. Quand même la construction serait de paille mélangée à l’argile, les briques qui en sortiront sont toute naturelle avec des matériaux qui n’ont pas coûté cher. La considération d’un tel édifice en matière de jugement de valeur ou d’appréciation est minable. Comparativement à de l’or ou à de l’argent ou de pierres précieuses.

Celui qui rend ministère avec ruse, compromission, brutalité, négligence, superficialité, n’a pas bâti avec l’or car il est écrit : « La sagesse d’en haut, elle, est d’abord pure, ensuite pacifique, conciliante, raisonnable, pleine de compassion et de bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. Or le fruit de la justice est semé dans la paix par les artisans de paix » (Jacques 3.17-18). (1 Cor 3.11-12) Le test de la résistance :

L’apôtre était un sage architecte; mais c’est la grâce de Dieu qui l’a fait ainsi. La fierté spirituelle est abominable; elle utilise les plus grandes faveurs de Dieu pour nourrir notre propre vanité, et nous devenons des idoles à nous-mêmes. Mais que chaque homme fasse attention; il peut y avoir une mauvaise construction sur un bon fondement. Rien ne doit être posé sur cette fondation que ce qu’elle ne peut porter et qui en est un élément qui fait l’approbation divine. Prenons soin de ne pas joindre une vie simplement humaine ou charnelle avec une foi divine, ni la corruption du péché avec la profession du Christianisme. Christ est un roc ferme, durable, et fixe des âges, toujours capable de supporter tout le poids que Dieu lui-même ou le pécheur peut mettre sur lui; il n’y a de salut en aucun autre. Excluons la doctrine de son expiation, et il n’y a pas de fondement pour nos espérances. Mais il y a deux sortes de gens qui s’appuient sur ce fondement. Ceux qui ne soutiennent rien d’autre que la vérité telle qu’elle est en Jésus, et qui ne prêchent rien d’autre. D’autres construisent sur le bon fondement mais ne supporteront pas le contrôle lorsque le jour de l’épreuve viendra. Nous pouvons être trompés en nous-mêmes et dans les autres; mais le jour vient qui montrera nos actions dans la vraie lumière, sans voile ni déguisement. Ceux qui répandent la véritable et pure religion sous toutes ses formes, et dont l’œuvre persistera lors du grand jour, ceux-là recevront une récompense. Et combien importante! Combien plus que ce à quoi ils pensent! Et il y a les autres, dont les opinions et les doctrines corrompues, ou les vaines inventions ou les usages dans l’adoration de Dieu seront dévoilés, et ceux-là seront rejetés lors du grand jour. Il est clair qu’il s’agit ici d’un feu au sens figuré, non d’un feu réel, car quel feu réel pourrait consumer des doctrines ou des rites religieux ? Et ce feu doit éprouver les œuvres de chaque homme, celles de Paul et Apollos aussi bien que des autres. Considérons la tendance de nos entreprises, de ce que nous faisons, comparons-les avec la parole de Dieu, et jugeons nous nous-mêmes, afin que nous ne soyons pas jugés du Seigneur. 

Appréciation du fondement : 

Le jour du jugement, lors du retour de Christ (1 Cor 4.5) sera l’occasion de manifester la véritable qualité de l’œuvre de chacun. Le sujet est le Jour et non pas l’œuvre de l’homme (Mal 4.1). Le feu illumine aussi bien qu’il brûle (2Th 1.7, 8). Il est fréquemment le symbole de l’activité de Dieu (Ex 3.2 ; 13.21; 19.18 ; Actes 2.3). L’œuvre bâtie, selon l’expression de Paul doit être faite sur le fondement exclusif qu’est Jésus-Christ. Ceux qui ont un ministère dans l’Église sont envisagés ici.  Le travail que nous faisons pour le Seigneur est une charge qui nous a été attribuée par confiance. Aussi devrons-nous rendre compte en fonction de la dimension de la confiance qui nous a été faite (Mt 25.14-30 ; Luc 19.12-27). En effet, on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a et l’esclave inutile sera chassé dans les ténèbres du dehors ; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

De même, les ennemis du Seigneur qui n’ont pas voulu que son règne sur eux, seront égorgez devant lui. Vouloir le règne de Jésus, c’est coopérer avec lui dans sa volonté parfaite et non permissive.

En effet, le temps du tribunal de Christ (2 Co 5.10), l’œuvre de chacun se révélera dans le feu. Le feu du jugement divin servira de test (Job 23.10 ; Zach 13.9 ; 1Pierre 1.1,17-18 ; Apoc 3.18). D’après 2 Cor 5.10, le bois, le foin et le chaume représente des choses sans valeur qui ne résisteront pas au jugement par le feu (Col  2.18). (1 Cor 3.13) 

9. Le salaire de l’ouvrier du fondement : 

La récompense (1 Cor. 3.8) n’est pas définie, mais ne peut être le salut lui-même. La parabole des mines (Luc 19.11-27) suggère qu’il existe des occasions d’un service supérieur subsiste. Tout ce qui a été accompli par la puissance de Dieu et pour sa gloire résistera à l’épreuve du feu (Mt 25.21,23 ; 2Cor 5.9 ; Ph 3.13-14 ; 1Th 2.2,19 -20 ; 2Ti 4.7-8 ;  Jacq 1.12 ; 1Pierre 5.4 ; Apoc 22.12). Ce jugement comme le démontre Apoc 22.12, montre qu’il ne s’agit pas du jugement du péché, car Christ l’a pris sur lui (Rom 8.1). Aucun croyant ne sera donc jamais jugé pour le péché. Ce jugement ne sert qu’à déterminer la récompense éternelle (1 Cor 4.5), « la louage qui lui sera due ». 

La perte, de sa récompense (1 Cor. 9.27). « Il sera personnellement sauvé, mais comme un homme arraché au feu » (Phillips). Au travers signifie « du milieu de » et non « par le moyen de » (« à travers l’eau », 1Pi 3.20). Il n’est pas question ici d’un feu purificateur ou « purgatoire ». Le feu révèle la qualité du travail accompli sur terre ; il n’est pas un moyen d’améliorer le caractère de celui qui a fait ce travail. Mais, il est révèle un caractère d’appréciation du travail effectué. Il faut noter ici que l’enjeu est porté sur la vie des corinthiens dont l’instabilité était notoire et manifeste à bien d’égard. D’où, la considération de l’ouvrier et de l’œuvre interviendra. Autrement dit, qui a posé le fondement ? Comment le fondement a-t-il été posé ? Les normes techniques adéquates ont-elles été respectées ? Le modèle tel que révélé par le plan de l’architecte a-t-il été respecté ? Le sol sur lequel la fondation ou fondement a été fait convient-il ayant été l’objet d’une étude pour éviter une fissuration ou un éboulement futur ? Si tel a été le cas, bien que le travail soit effectué, les normes techniques appropriées n’ayant pas été respectées, tout le travail sera complètement rejeté et l’ouvrier blâmé voire disqualifié. En effet, tous ses efforts s’ils sont pris en compte par sentiment, produiront la mort de plusieurs. L’expression sauvé comme au travers du feu veut dont signifié que parce qu’il est demeuré tout de même dans le chantier, n’ayant commis qu’une faute professionnelle, il ne sera pas méconnu, mais la clémence de Dieu ne lui attribuera aucun salaire pour tout son travail, car il est comme un élève quia été hors sujet dans son devoir. Il est donc comme Lot, qui bien qu’ayant échappé la mort à Sodome et Gomorrhe que le feu du jugement de Dieu avait consumé s’est échappé sans rien emporté de tout le fruit de son travail dans cette ville où il était pourtant parmi les anciens. 

Conclusion : 

Au terme de ce long cheminement à traves l’Epître de 1 Corinthiens, le problème qui se posent avec acuité est le fondement. Si le fondement avait été bien posé chez les Corinthiens, il n’y aurait jamais eu division, attachement par sentiment aux serviteurs de dieu et non à Christ, le fondement de leur foi ; la vie mondaine n’aurait pas eu emprise aussi profonde en eux en sorte les dons spirituels soient mal exercé, les divorces, la vie d’immoralité, l’idolâtrie et autres faits charnels.

Revenant à nous-mêmes, comment est notre fondement personnel de la foi, du ministère, de la relation avec les autres ? 

Dr André CHOUBEU

(grec : sophos, employé pour les ouvriers qui élevèrent et ornèrent le Tabernacle : Ex 35.10)

(grec : architecton) dirige les opérations de construction contribuant par sa science plus que par son travail)

lors de la première visite de Paul à Corinthe Un autre bâtit dessus. Dans la fondation de l’Église de Corinthe, différents ouvriers ont coopéré (verset 6 a). Chacun doit répondre devant Dieu de sa participation à l’œuvre.

Voir les commentaires

BÂTIR SUR LE FONDEMENT (1)

4 Juillet 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

Fondations.jpgBÂTIR SUR LE FONDEMENT

(1 Corinthiens 3.9-15) 

Introduction : 

L’Apôtre Paul dans ce passage clé du chapitre 3 du livre de 1 Corinthiens en ces verset 9-15 parle de fondement qui se révèle être la base de l’œuvre que l’on est appelée à faire pour Dieu. Il va plus loin en démontrant que de tous ceux qui sont appelés à bâtir, tous n’utilise pas les même matériaux pour bâtir. La conséquence poursuit-il sagement des matériaux utilisés pour poser ce fondement déterminera sa résistance au jour du feu tant de l’épreuve du temps du ministère que du jugement de Dieu. Il revient donc simplement à comprendre que nous ne bâtissons pas pour nous, mais sur l’ordre de Dieu. Et s’il arrivait que nous n’ayons pas reçu de Dieu l’ordre de bâtir, avec quel matériel, pour le compte de qui avons-nous bâtit, qui appréciera finalement notre travail ? Il est en fait impossible de comprendre ces versets ou plutôt son contexte sans découvrir le contenu de tout le livre de 1 Corinthiens qui dénote une déroute toute totale des corinthiens par rapport aux normes et principes de Die pour le fonctionnement et la vie de son Eglise. Déjà, qu’est ce que l’Eglise ?

Dans mon article sur l’Eglise, une réalité spirituelle, l'Eglise de Christ pouvait être comparée à diverses images différentes qui projettent de multiples significations et d'application pratiques dans la vie des croyants qui la composent à savoir :

Un édifice

Elle est comparée à une construction d'un édifice (1 Cor 3.9) dont Christ est la "pierre angulaire" (1 Pierre 2.4,7). Chaque membre représente "une pierre vivante" (1 Pi 2.5) de ce bâtiment en construction. Nous devons "nous édifier pour former une maison spirituelle" jusqu'à l'achèvement de la construction divine.

Une maison

Ici l'Eglise est comparée à une maison ou un "ménage" ou une "famille". Christ est le maître de la maison (1 Tim 3.15). Dans une maison il faut de l'ordre. Cela nous rappelle que le Dieu de paix est un Dieu de l'ordre (1 Cor 14.33), et il ne désire pas que dans sa famille règne de la confusion. Tout doit se faire avec "bienséance et avec ordre (1 Cor 14.39). Les propos doivent être des moyens de communication pour un partage harmonieux dans une saine communion (Phil 4.8).

Un temple

Quand l'Eglise du Seigneur est comparée à un temple, cela nous rappelle toute la sacrificature sous l'Ancienne Alliance. Seul le sacrificateur avait le droit d'entrer dans le lieu saint. Christ le souverain sacrificateur d’Hébreux 7 et 8 est notre médiateur ayant acquis notre rédemption par son sang précieux, par sa mort expiatoire. La sainteté et la justice de Dieu ont été satisfaites, et désormais l'Eglise est devenue "un temple saint dans le Seigneur… une habitation de Dieu en Esprit" (Eph 2.21-22).

Au vue de ce vient d’être dit, si la fondation de l’édifice, de la maison ou du temple n’est pas posé, à coup sûr, l’effondrement ne tardera pas. Il fait demeure ; ce pas de moindre importance, c’est le matériel qui a servi à poser le fondement. Dans l’architecture, il est clairement établi que l’édifice ou le bâtiment travaille. Pour donc éviter toute fissuration, il faut une fondation qui doit faire face au mouvement de la terre, à l’humidité, au soleil, au vent, tous des éléments qui influencent fortement toute construction. Toute ce qui est important doit avoir un fondement : notre foi, notre vie, notre comportement, notre habitation, notre profession, notre éducation, notre vie spirituelle, etc. Un bon fondement doit de toute façon garantir la durabilité. C’est justement pour cela que notre Seigneur Jésus pouvait mettre en garde en ces termes :

‘‘ C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande’’ (Mt 7.24-27). 

Au vue de la signification symbolique de l’Eglise de Christ par les expressions « édifice », « maison » et « temple », une préoccupation reste majeure à savoir, la vie des corinthiens affirmait telle ou infirmait ses choses ? La structure du livre de 1 Cor nous le démontrera : 

Structure de l’Epitre aux Corinthiens : 

  • Adresses et salutations : 1. 1-3
  • Actions de grâce 1. 4-9

A – Les corinthiens et leur maître à penser (1. 10-3.23)

  • Les tensions entre corinthiens au sujet des maîtres à penser (1.10-17)
  • La sagesse des hommes et la folie de Dieu (1.1-2.5)
  • Une sagesse pour ceux qui sont parfaits (2. 6-16)
  • Le rôle des prédicateurs de l’évangile (3. 1-23)

B - Paul et les corinthiens (4. 1-21)

  • Des intendants des mystères divins : Ne pas juger avant le temps (4. 1-7)
  • L’orgueil des corinthiens (4. 8-17)
  • L’attitude de Paul (4. 18-21)

C - 5.1-6.20

  • Un cas d’inceste (5.1-13)
  • Le procès entre les frères (6.1-11)
  • La fréquentation des prostitués (6.1-12à20

D – Mariage, divorce et célibat

  • L’occupation des corinthiens est la pensée de Dieu (7. 1-2)
  • Les rapports conjugaux (7.1-6)
  • Les veufs et les veuves (7.7-9)
  • Les couples et le divorce (7.10-24)
  • Le célibat et les fiançailles (7. 25-38)
  • Le remariage (7. 39-40)

E – Les viandes sacrifiées aux idoles (8. 10)

  • L’amour dans l’application de la connaissance (8)
  • Le renoncement à ses droits par amour pour autrui (9)
  • L’idolâtrie, ses dangers et ses conséquences (10. 1-22)
  • Faire tout pour la gloire de Dieu (10.23-11.1)

F – La vie dans la communauté (11.2-14)

L’homme et la femme dans l’église (11.2-16)

Le repas du Seigneur (11.17-11.34)

  • Les dons de l’esprit et leurs exercices (12.1-27)
  • Les ministères établis dans l’église (12. 28-31)
  • L’amour fraternel pratique (13)
  • Le don de prophétie et le parler en langue (14.1-25)
  • Le modèle de culte apostolique (14.26-40)

G – La doctrine de la résurrection (15)

  • La foi qui sauve (15.1-11)
  • Les morts ressuscitent (15. 12-34)
  • Le corps des ressuscités (15. 35-58)
  • Application finale (16)
  • Modalités pratiques de la collecte (16.1-4)
  • Les projets missionnaires de Paul (16.5-12)
  • Recommandations finales (16.13-18)
  • Salutations (16.19-24)  

CONTEXTE ET JUSTIFICATION DES PAROLES DE L’APOTRE SUR LE FONDEMENT : 

  1. Contexte géographique et historique de Corinthe : 

Corinthe est une ville  située au sud de la Grèce dans la province d’Achaïe environ à 80km d’Athènes dans un Isthme de plus de 6km de large bordé à l’Est comme à l’ouest d’un Golfe situé au centre de ces Isthmes.  Corinthe occupe une position dominante sur un plateau des siècles avant la naissance de la ville, tout trafic Nord-Sud de cette région passée par là et plusieurs capitaines faisaient transiter leurs bateaux au dessous de cet Isthme. C’est ainsi que la région de la Méditerranée y compris l’Afrique du Nord, l’Italie, l’Asie Mineur et la Grèce profitaient de l’important trafic commercial de cette zone.

Les jeux Isthmiques et les compétitions d’Athlétisme de l’antiquité (les jeux olympiques se déroulaient à Corinthe à l’occasion devant une grande affluence).

  Tous ces facteurs étaient la cause de la dépravation morale très poussée caractérisé par une vie de débauche, d’immoralité et d’ivrognerie qui donna lieu à l’expression ‘‘corinthiser’’ ou ‘‘vivre à la corinthienne’’.  

Ce climat spirituel très pollué avait caractérisé bon nombre des membres de l’église en sorte que certains nombre des péchés étaient toujours présents dans la vie des croyants qui les considéraient comme normal. C’est ainsi que l’un deux ira jusqu’à y coucher avec la femme de son père (1Corinthiens 5.2). Comme la plupart de villes grecques que de l’Antiquité, Corinthe avec son acropole (ville haute) dressée à 600 m de hauteur servant à la fois des citadelles militaires et de lieu de culte abritant le temple principal d’Aphrodite, déesse d’amour. Près de 1000 prêtresses (prostituées « religieuses ») qui vivaient et travaillaient sur le site, descendaient en ville chaque soir pour rendre un culte au dieu  d’amour en se livrant à la prostitution sacrée avec les citoyens et les visiteurs étrangers. On les reconnaissait par leur tenue vestimentaire et leurs attitudes et leur comportement frisant la légèreté notoire, plein de séduction et d’actes grossiers trempés d’immoralité publique. Elles avaient la tête rasée, les tenues indécentes, effrontées de caractère. C’est donc cette attitude qui amené l’Apôtre Paul à prescrire le foulard aux sœurs pour les démarquer des autres d’une part d’autre part selon 1 Corinthiens 11.1-16 :  

1.  De l’autorité de l’homme (chef) dont elle dépend (verset 5) 

2.  Pour attester que l’homme est l’image et la Gloire de Dieu. (verset 7)

3.  Pour confirmer que la femme est la Gloire de l’homme (verset 7).

4.  Que la femme à été tiré de l’homme (verset 8).

5.  A cause des Anges, symbole de leur soumission à l’autorité pour ne pas offenser les Anges qui étaient présents lorsque Dieu établit les ordres pour l’autorité de l’homme et de la femme (verset 10).

6. A couse de la nature : l’hormone masculin, la testostérone contribue à accélérer la perte de cheveux chez l’homme. L’œstrogène, au contraire fait pousser chez la femme des cheveux plus longs et pendants plus longtemps. Les femmes sont rarement chauves, même à un âge avancé. Ce phénomène  physiologique se reflète dans la plupart des cultures par la coutume qui consiste à laisser pousser les cheveux plus longs chez les femmes. Dieu leur a donné les cheveux comme couvre-chef afin de montrer leur tendresse leur douceur et leur beauté (verset 14-15). Les femmes doivent veiller à préserver leur coiffure féminine particulière et doivent aussi porter un viole car ni le Seigneur, ni les Apôtres, ni les Eglises ne toléraient de rébellion féminine, conclut l’Apôtre (verset 16). 

  1. L’hérésie de Corinthe :

Le spiritualisme parmi les corinthiens 

Il est claire que les chrétiens corinthiens ont de la peine à rompe avec leur ancien mode de vie. La ville de Corinthe, en effet, avait la réputation de plaisir et de corruption .Le verbe « corinthianiser » ou                              « corinthiser » voulait dire « vivre dans la débauche » ! Mais cela n’explique pas tout .Car comme Paul le relève avec indignation, l’immoralité des chrétiens d’accepter en son sien –le cas d’inceste – est « telle qu’il ne s’en rencontre même pas chez les païens » (1 Cor 5.1)       

La lecture attentive conduit à déceler la façon déroutante dont certains problèmes des chrétiens de Corinthe se présentent si contradictoirement. Pendant que certains chrétiens fréquentent les prostituées (6.12-20), d’autres affirment que « c’est une excellente chose qu’un homme se passe de femme » (7.1). D’un côté, il y a des chrétiens qui, par motif de conscience n’ont pas la liberté de manger les viandes sacrifiées à des idoles, qui se vendent au marché (8.4-8), tandis que  d’autres n’hésitent pas à participer à des cérémonies corporatives ou familiales dans une salle annexe d’un temple païens (8.10). Ces excès si opposés qui simultanément font bon ménage au sein d’une même communauté créent de véritable controverses. La compréhension de 1 Corinthiens 15 laisse entrevoir des erreurs théologiques issues des couches du gnosticisme. Il est vraisemblable que le grand désordre spirituel des corinthiens dû à leur état spirituel ne pouvait manquer d’engendrer l’hérésie. La multiplicité de leur couche raciale (les enfants issus du fruit de la prostitution sacrée avec les autochtones et les passants ou touristes) ne pouvait que donner un back ground spirituel et culturel assez complexe. Dans une telle confusion, l’imbroglio est chaotique. La résurrection des morts (1 Cor.15) posant un sérieux problème de compréhension, probablement certains corinthiens  ne voient pas l’importance du corps dans la rédemption de Dieu (1Cor 15.12). Les croyants étaient beaucoup influencés  par la pensée grecque qui prévalait l’âme au dépriment de la matière, excluant un possible salut à l’aspect corporel de l’existence humaine. Cette hypothèse leur faisait croire  quant à l’expérience chrétienne qu’ils étaient déjà arrivés. Cette fausse conception très apparemment   innocente pouvait insinuer plusieurs choses horribles :                  

  1. On ait sauvé dans l’esprit et il faut tout  faire pour préserver la sainteté  de l’esprit.
  2. La chair est destinée à la corruption (pourriture), pourquoi s’en occuper ou lui donner une attention aussi bien que ce qui revient à l’esprit ?
  3. De ce pas, les plaisirs et ses actions terrestres pour autant qu’ils n’affectent pas l’esprit,  ne gênent aucunement la vie spirituelle.
  4. En d’autres termes, dans un péché qui concerne la chaire (adultère, manger et boire, etc.) c’est la chaire qui agit mais, l’esprit n’est pas affecté, car non concerné. 

Apôtre Paul diras en outre :   

‘‘Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous! Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ; mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés! Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité; nous sommes maltraités, errants çà et là; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains; injuriés, nous bénissons; persécutés, nous supportons; calomniés, nous parlons avec bonté; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant’’ (1Cor. 4,8-13).

Par ce texte nous comprenons que les Corinthiens estimaient déjà avoir possédé l’essentielle de la réalité spirituelle à venir. Ainsi donc, leur espoir était non de se revêtir le cops de la résurrection, mais de se dévêtir pour devenir totalement spirituel : « Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit » (2Cor. 5.4-5). Ceci justifie la neutralité du corps dans son usage et la perditance éthique de sa conception. Fort de cette insinuation, les un se sentent libres de fréquenter les prostituées tandis que  les autres nient les élans du corps et de la sexualité. A côté des deux camps que nous venons de citer, certains ont des problèmes de conscience face aux viandes sacrifiées aux idoles, lesquels sont traités sans amour ; viennent à leur tour, les questions sociales que l’on traite avec grande légèreté et qui pourtant concerne un domaine très délicat (procès entre frères 1 Cor 6.1). Comme si l’unité d’esprit ne voulait demeurer parmi les frères de Corinthe, la distinction de sexe tendait à disparaître (1 Cor 11.2-16) pendant que la tension entre riches et pauvres qui étaient banalisés perdurait.         

L’église de Corinthe était dans une grande effervescence spirituelle, mais dans un grand désordre,  possédant divers dons spirituels, mais ne les utilisant pas convenablement ; toutes ces choses ne pouvait que produire en retour un culte incongru parce que chacun pouvait prétendre faire comme il voulait sans tenir compte de la hiérarchie spirituelle de l’église (1 Cor 12 ; 13 ; 14).

Qui finalement étaient alors les corinthiens devant Dieu ? 

  1. La crise d’identité des Corinthiens 

La lecture attentive de l’Epître de Paul aux Corinthiens ressort tellement de choses parfois si négatives et controversées que des interrogations inquiétantes ne peuvent manquer d’êtes suscités dans l’esprit du lecteur passionné. Parfois, on se demandera comment Dieu réussi-t-il à gérer les choses ? Parfois, on est confus face à la réalité vécu. C’est dans ce contexte que l’on peut relever à travers ces lignes, les éléments d’une grave crise d’identité de l’église de Corinthe :

- Difficultés de rompre avec les habitudes immorale du passé, scrupules, dérive spiritualiste, tendances syncrétiste, attitudes ascétique, problèmes de pourvoir.

- toutes ces réalités suggèrent une profonde crise d’identité.

Celle-ci révèle au grand jour dans les quatre premiers chapitres de la lettre dans lesquels l’Apôtre cherche à répondre aux dissensions qui divisent les corinthiens (chapitre 1.10-4.21). Le fait que les uns se déclarent « pour Paul », d’autre «pour Apollos », d’autres « pour Pierre » et d’autres encore « pour Christ » (chapitre 1.12). Le volet historique laisse entrevoir qu’à cette époque, il existait des groupuscules d’homme qui s’accordaient autour des but différents selon les points suivants : - coutume grecque des thiases, petits groupes culturel constitué autour d’une divinité par une association libre d’individu, des groupes influencés par le mouvement sophiste ou de l’une ou de plusieurs écoles de sagesse qui regroupait à cette époque, les disciples d’un maître bien renommé.

Leur division en faction apparente par le biais de leur discorde (1.11) et les dissensions (schismata 1.10) au sujet des serviteurs de Dieu, tout ceci, sans l’assentiment desdits serviteurs de Dieu. Nous constatons par cette mentalité que les corinthiens sont en crise d’identité par identification, à la recherche de modèle, de gourous intériorisés. Cette crise d’identité exprime le rejet de Paul comme source de bénédiction divine pour leur salut et croissance. C’est pour cela que Paul leur écrira comme à des enfants bien-aimés, leur rappelant que s’ils avaient même dix mille maîtres (gardiens) dans la foi en  Christ, ils ne pourront avoir qu’un seul père, et c’est bien sûr lui Paul. Fort donc de ce que c’est lui qui les a fait naître dans la foi en Christ par la bonne nouvelle de l’Evangile, les corinthiens ses enfants se devront de suivre son exemple (1 Cor 4.14-16). Au vue de ces choses, l’Apôtre rappellera en insistant à ses enfants que celui qui veut se glorifier, devra le faire non par rapport à lui-même, aux hommes ou aux œuvres, comme ils le font, mais bien plus se glorifier  dans le Seigneur qui nous rachetés, nous a purifiés et libérés de tous péchés (1 Cor 1.29-31). Il conviendrait donc pour ses fils dans le Seigneur de retenir que l’identité d’un homme se construit autour de ce qu’il valorise alors que la gloire du chrétien ne vient pas des serviteurs de Dieu, mais se trouve en Christ (1 Cor 3.20-21). 

Nécessité du fondement : 

     Les effets manifestes de l’incohérence et contraste dans l’Eglise de Corinthe, de la composante sociologique de l’Eglise et la tension entre Corinthiens et Paul nous conduisent à découvrir les caractéristiques certaines de l’église de Corinthe :

Incapacité de rompre complètement avec la culture religieuse.

Extrême division dans les églises.

Immaturité spirituelle et caractère charnel.

Groupe des fans (division) par groupuscules attachés aux serviteurs de Dieu : 

. Apollos :   Homme éloquent. Cet aspect attire certains fidèles qui s’attachent à Apollos non pour plaire à Dieu, mais pour être ses fans.

. Pierre :     Homme disciple et témoin des actions de Jésus. Ces propos du témoin authentique attirent certains qui croient que du fait de l’authenticité de ce que Pierre a vécu, il est mieux rapproché de Dieu, alors devenir ses fans favoriserait un rapprochement de Dieu.

. Paul :       Homme qui a été l’instrument de Dieu pour la création de l’Eglise de Corinthe, était plein de révélation. Certains voyant en cela une connexion directe au Saint-Esprit, trouve en Paul, la personne indiquée et deviennent ses fans.

. Christ :     Pour une ambition plus spirituelle que les autres, certaines brebis se sont attachées directement à Christ, car pour eux, Apollos, Pierre et Paul sont des hommes, mais Jésus est Dieu.

Nous devons toutefois comprendre que cette époque était très rapprochée du judaïsme qui avait encore une très forte influence sur les hommes. Sous la loi en effet, les choses sont beaucoup plu visibles que spirituelles. De tout temps avec les hommes, le changement de paradigme a toujours été un grand problème pour l’adaptation à tout changement. 

Manque de renoncement de l’ancienne matière de vivre

Vie immorale

Egoïsme

Pratiques païennes

Péchés d’ordre sexuel et divorce (1 Cor 7.1-40)

Incapacité, nécessité de comprendre la sainteté de Dieu (3.17)

Identité spirituelle de l’église (12.27)

Nécessité d’une sainte cène dans la pureté (11.17-24)

Pour adoration appropriée

Nécessité de la compréhension et exercice des dons spirituels pour une édification fidèle et efficace (1 Cor 12.1–14-40)

Nécessité de comprendre la résurrection du monde

Nécessité d’une vie spirituelle pieuse (1 Cor  3.13-15)

Conception correcte des idoles et des faux dieux face aux chrétiens immatures (1 Cor 8.1 – 11.1)

Nécessité de la compréhension et l’expression d’un amour authentique pour l’exercice des dons spirituels et adéquats dans la connaissance des choses de Dieu (1 Cor 13.1-13)

Composante sociologique : la ville de Corinthe était composée de plusieurs classes sociales (riches, pauvres…) mais, on y retrouvait une discorde entre les classes sociales :

. Le manque de solidarité entre les riches et les pauvres

. Les riches s’attablent avant l’arrivée des plus pauvres esclaves et affranchis, retenus par le travail (11. 33)

. Le manque de  respect d’autrui

.Le souci et la volonté de dépouiller leur frères

. Le mépris des démunis s’accompagne d’animosité (11.22)

. L’orgueil des riches et des puissants

. Tout ceci est causé par la question du pouvoir dans l’église

Les tensions entre les Corinthiens et Paul : Nous avons entre autre :

. Accusé d’être un faible (4.18 - 21 ; 9.22)

. Manque d’éloquence de Paul contrairement à Apollos (2.1)

. Dénigrement de son autorité (1 4.37)

. Contestation de son enseignement (11.16) exemple :

Nier l’enseignement sur la résurrection, mauvaise interprétation sur l’enseignement « tout est permis » car mettant en service la débauche et l’idolâtrie (5. 9 ; 6.12) 

Il est indéniable qu’une église comme celle-ci au-delà de l’apparence extérieure que peuvent apprécier ceux qui aiment le folklore et non la spiritualité conviendront qu’un fondement sûr est le besoin urgent des Corinthiens. Paul donnera dont les points précis sur les éléments qui devraient constituer ce fondement : 

Les divers points du fondement posé par l’Apôtre : 

Caractéristique de l’ouvrier du fondement : 

L’Apôtre Paul insiste sur le fait réel que sont égaux tous les instruments humain que Dieu emploie pour amener d’autres personnes au salut bénéficient de la même considération et sont également récompensés pour leur disponibilité à se laisser utiliser par le Seigneur. Porter donc une appréciation ou un choix particulier sur un ouvrier de Dieu au détriment de l’autre est une façon de désapprouver Celui (Dieu) qui a fait son choix. Ce serait aussi une grande ignorance de la manière donc Dieu travaille car, tous en effet sont et seront toujours complémentaires. Cependant, c’est à Dieu que revient toute gloire, car lui seul est l’auteur du salut. C’est la raison pour laquelle l’esprit de parti ridicule manifesté par les corinthiens et dénoncé au verset  4 est condamné au  verset 12.  (1 Cor 3.8).                                                 L’Apôtre Paul graduellement passe à l’étape suivante qui facilite l’entendement de la nature et de la qualité de travail que l’ouvrier dans son essence contribuera par rapport à l’intimité avec le propriétaire du champ qu’est Dieu. C’est ainsi que dans la compréhension courante, dire que nous sommes  ouvriers avec Dieu désigne « ceux qui collaborent ensemble au service de Dieu » ; le sens original grec exprime l’idée de « travailler avec Dieu » (Marc 16.20). Dans la langue original grec, les mots « avec Dieu » ou de Dieu marquent une forte insistance, et sont répétés à trois reprises comme au début de trois membres de phrases. L’apôtre change maintenant d’image : après celle du travail dans un champ, celle du travail sur un édifice. (1 Cor 3.9).

(à suivre)

Voir les commentaires

LA VIE COMMUNAUTAIRE

28 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

ARE0062.jpgLA VIE COMMUNAUTAIRE

 

Définition :

Le mot communauté vient du latin "communis",

Communauté est issue du préfixe "cum", qui signifie avec, ensemble et du suffixe "munus", qui comporte l’idée de charge, dette : charges partagées, obligations mutuelles.
La communauté est en fait le caractère de ce qui est commun à plusieurs personnes ou choses.
Au sens général, une communauté désigne un groupe social constitué de personnes partageant les mêmes caractéristiques, le même mode de vie, la même culture, la même langue, les mêmes intérêts.... Elles interagissent entre elles et ont en outre un sentiment commun d'appartenance à ce groupe. Exemples : la communauté chinoise dans une grande ville, la communauté des artistes, les communautés virtuelles sur Internet…

 

Modèle de vie :

Apprendre à vivre - non pas des attitudes, des disciplines qui nous viennent de l’extérieur, imposées par la société ou par une autorité quelconque, même s’il y a cet aspect aussi - mais plus profondément apprendre à vivre des attitudes comme des modalités d’être et d’existence en relation profonde, fraternelle avec Dieu, avec les autres, avec soi-même. Apprendre à vivre ensemble, à vivre avec les autres pour grandir et faire grandir, pour donner et recevoir la vie.

 

 

Pour l’apprentissage de la vie en groupe : La vie en communauté

 

C’est un apprentissage, un exercice, un processus qui durera toute la vie à cause de ce qu’il y a de problème et de mystère dans la personne humaine. Une attitude permanente d’apprendre à apprendre. Apprendre à vivre - non pas des attitudes, des disciplines qui nous viennent de l’extérieur, imposées par la société ou par une autorité quelconque, même s’il y a cet aspect aussi - mais plus profondément apprendre à vivre des attitudes comme des modalités d’être et d’existence en relation profonde, fraternelle avec Dieu, avec les autres, avec soi-même. Apprendre à vivre ensemble, à vivre avec les autres pour grandir et faire grandir, pour donner et recevoir la vie.

Ce sont des attitudes, des valeurs, des modes d’être à expérimenter, toucher, écouter de l’intérieur. Et à intégrer dans une spiritualité authentiquement chrétienne. Spiritualité chrétienne dans le sens de vivre la totalité de sa vie, toute sa vie à la manière de Jésus Christ, selon l’esprit du Christ. Vivre devant Dieu, avec le Christ et dans l’Esprit. Vivre en relation avec des frères, des sœurs dans un groupe pour faire communauté, dans le déroulement du Mystère Pascal Mort-Vie; Croix-Résurrection; donner-recevoir; gratuité-efficacité. Dans une amitié personnelle, profonde avec le Christ, avec son Dieu, en accord avec le Projet du Règne. Si la communauté que nous voulons construire est bâtie sur les valeurs évangéliques, la pierre angulaire du groupe, de la communauté, sera Jésus, son projet et sa mission. La famille trinitaire Père, Fils, Esprit où Dieu Trinité d’amour sera notre modèle et référence.

 

Comprendre et essayer de vivre ainsi la vie communautaire, c’est prendre au sérieux le mystère trinitaire comme fondement de notre foi et réalité de notre vie quotidienne. Il faut alors un amour qui discerne et qui aide à vivre en groupe, en communauté, selon les attitudes et les modes d’existence suivantes:

1.- Apprendre à dire Merci et à vivre dans la gratitude. Merci à Dieu qui est présent, agissant dans la communauté et dans ses membres. Reconnaissance des un(e)s envers les autres frères/sœurs de la communauté.  

2.- Apprendre à se recevoir gratuitement de Dieu et à se donner gratuitement aux autres; la gratuité est source d’efficacité. Sans elle, pauvre communauté! 

3.- Apprendre à aimer, accepter, accueillir l’autre dans sa différence, son originalité, sa richesse. Construire l’unité dans la différence et la complémentarité, non dans l’uniformité. Il faut toujours nous référer à la réalité concrète de Dieu: le Père n’est pas le Fils, n’est pas l’Esprit Saint, mais ils sont le même Amour qui fait l’Unité dans la Différence. 

4.- Apprendre à s’aimer soi-même, s’accepter dans ses forces et ses faiblesses, ses limites, ses blessures, pour apprendre à aimer l’autre dans ses forces et ses faiblesses. La communauté est composée de pécheurs, pécheresses qui demandent pardon à Dieu et les un(e)s aux autres, et aussi de malades qui ont besoin de guérison. Elle est tout de même lieu de Dieu. 

5.- Apprendre à partager dans une atmosphère de prière, d’écoute et de respect, non seulement les « problèmes » rencontrés dans les personnes et dans le groupe, mais aussi le « mystère » de la présence de Dieu et de la grâce dans la communauté. 

6.- Apprendre à être une personne de pardon, de compassion et de miséricorde. Apprendre à se reconnaître non seulement dans  « l’enfant prodigue » qui se met en route vers son père, mais également dans le « fils aîné qui ne soupçonne pas que lui aussi a besoin de pardon ». Mais surtout apprendre, avec la grâce et la force de l’Esprit, le Dieu-Père et Mère qui accueille et qui pardonne (cf. Lc 15, 11-32).

7.- Apprendre à accueillir l’autre à travers de petits gestes, à deviner ses moments difficiles, à célébrer le jour de sa fête comme un moment important du vivre-ensemble. Le moment d’intimité et de communion fraternelle lors du pain et le vin de la Sainte Cène deviennent le symbole du corps et du sang du Christ. La belle alliance de l’agapè fraternelle ! Les repas communs.

8.- Apprendre à développer une conscience collective, conscience communautaire, appartenance communautaire. Traiter les biens de la communauté comme intérieurs à mon propre bien. Mettre ensemble ce que nous sommes et ce que nous avons pour la vie de tous - chacun(e) donne et se donne à l’autre selon ses possibilités et son charisme. Dans cette manière d’exister je fais la communauté, et la communauté me fait.   

9.- Apprendre à se recréer ensemble, travailler ensemble, prier ensemble, célébrer ensemble, évaluer ensemble, se solidariser les uns avec les autres.  

10.- Apprendre à développer une méthode d’évaluation du cheminement du groupe qui ne blesse personne. Dans la vérité, la justice et l’amour. La ´ révision de vie ª, personnelle et communautaire, sera essentiellement un regard ensemble sur la manière discrète et respectueuse dont l’Esprit du Seigneur accompagne le groupe. 

11.- Apprendre à passer de l’égoïsme à la communion, de la rivalité à la complémentarité, de l’individualisme (vivre sa vie pour soi-même) à l’altruisme (donner sa vie aux autres).  

12.- Apprendre à gérer les conflits et les mécanismes - conscients ou inconscients - de groupe. Se comparer aux autres, être jaloux des autres, la soif de la première place, le complexe de supériorité ou d’infériorité face aux autres, tout cela est source de conflits.

13.- Apprendre à bien gérer, administrer le bien commun et le bien personnel. Et ce, dans la vérité et la transparence. Apprendre à économiser. Gaspiller le bien de la communauté, vivre comme des riches et bourgeoisement contredit notre engagement face à l’Évangile, à une vie modeste et à une option préférentielle pour les pauvres. 

14.- Apprendre à vivre la pauvreté, l’obéissance, la chasteté évangéliques dans la vie communautaire comme style de vie, suite du Christ, dons gratuits de Dieu qui sont très efficaces pour notre projet commun et notre mission. Les vivre comme relation à Dieu, aux autres et à soi-même. Les vivre comme source de joie et de liberté. Elles nous rendent libres et joyeux pour aimer et servir.  

15.- Apprendre à faire communauté à partir des pauvres, des faibles, des petits... Cela aidera chacun du groupe à toucher et accepter sa propre pauvreté ainsi que celle de l’autre. C’est alors la solidarité dans notre pauvreté comme dans notre richesse. Humilité et Vérité sont des aspects essentiels et nécessaires de la vie en communauté. 

16.- Apprendre à gagner et à perdre, à bien gérer l’échec, l’erreur, les épreuves personnelles et celles du groupe. L’expérience spirituelle nous apprend que si l’échec, l’erreur, l’épreuve ne sont pas la volonté de Dieu, ils peuvent devenir ´ providentiel ª car tout est grâce.  

17.- Apprendre à exercer l’autorité comme service et non comme source de prestige. Le groupe apprendra à être compréhensif vis-à-vis de celui, de celle qui gouverne... Développer le sens du leadership. Celui, celle qui gouverne ne devra jamais oublier que le modèle d’autorité est Jésus, le Maître qui lave les pieds à ses disciples. Et puis, tous les membres de la communauté doivent apprendre à être de bons disciples pour être de bons Maîtres à leur tour.  

18.- Apprendre ensemble à ne pas dramatiser et à développer le sens de l’humour pour la santé psychologique et spirituelle du groupe. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les problèmes mais apprendre à les résoudre avec vigueur, sans raideur, avec Dieu et devant Dieu. 

19.- Apprendre à s’approprier la prière de saint François d’Assise: «Seigneur, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer, la patience d’accepter ce que je ne peux pas changer, et la sagesse d’y voir la différence ». Prière d’or pour la vie en groupe.  

20.- Apprendre à expérimenter l’autodiscipline comme manière efficace d’exister, dans l’écoute et le respect de l’autre, l’écoute et le respect de soi, l’écoute et le respect de Dieu.  

21.- Apprendre à être à l’aise avec les tâches humbles dans la maison comme lieu de service, de rencontre avec soi-même, avec l’autre, avec Dieu. Classer les tâches et les services à rendre à la communauté en « plus importants, plus élevés » et en moins importants, moins élevés, c’est remplacer l’Évangile de Jésus par les idéologies de la société.  

22.- Apprendre à vivre d’égal à égal avec les petites gens, les gens simples qui travaillent dans la maison. Ils n’ont pas en général reçu notre « équipement intellectuel ». Mais attention! car ils peuvent être nos maîtres. Voir quel petit service concret le groupe peut leur rendre, quel mode de relation fraternelle avec eux, sans complexe de supériorité. Que la petite sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ait été nommée « docteur de l’Église » doit nous faire réfléchir. 

23.- Apprendre à s’ouvrir à l’universel, au monde plus vaste dont fait partie notre communauté. Il existe un seul et même projet commun pour tous et pour toutes. C’est le projet: « en tout aimer et servir ». Aucun problème du monde ne doit nous être étranger. Tous les peuples, toutes les races, toutes les couleurs sont à Dieu. Nous appartenons à une seule grande famille humaine. 

24.- Apprendre à combattre en soi tout germe de supériorité ou d’infériorité dans les relations homme - femme; clergé - laïc; blancs - nègres; riches - pauvres. Le modèle, c’est toujours la Ste-Trinité: l’Amour unit dans la différence.  

25.- Apprendre à s’accepter, s’aimer soi-même de la même manière que Dieu nous aime. Chacun(e) de nous est unique et est une histoire sacrée. Nous apprendrons ainsi à valoriser nos compagnons/compagnes de groupe; prêts aussi à aimer et à valoriser tous ceux et celles que nous rencontrerons ici et là dans la construction de l’histoire. 

26.- Apprendre à vivre en communauté non pas pour paraître et donner bonne image face aux autres, mais pour être - avec les autres et pour les autres. Nous avons été créés à l’Image de Dieu et du Christ; c’est cette image, la seule, que nous avons à communiquer aux autres. Leur donner notre « être » et non notre « paraître ». 

27.- Apprendre à communiquer avec les autres, avec soi, avec Dieu dans le faire ensemble de la communauté. Apprendre à être vrai, transparent. Éviter les mots à double sens, le langage sarcastique, indirect qui blesse l’autre. Communiquer en paroles, gestes, attitudes, c’est entrer en communion avec l’autre de la communauté. Il y a des « paroles et des silences » qui font souffrir; il y a des « paroles et des silences » qui construisent. 

28.- Apprendre à faire de la vie en groupe un lieu d’apprentissage de « la formation humaine » c’est-à-dire où l’on apprend à grandir, mûrir ensemble dans les relations avec l’autre, avec soi, avec Dieu. La formation humaine est un processus d’incarnation jamais achevé pour devenir chaque jour plus humain.

 

 29.- Apprendre à écouter. Écouter Dieu, les autres, écouter l’Esprit qui habite en nous et qui veut nous parler, c’est tout un art. Pour cela, apprendre à articuler silence et parole, « l’être seul avec soi-même », « l’être ensemble avec les autres », « l’être seul avec Dieu ». Solitude et Communion. Font aussi partie de la formation humaine l’hygiène humaine et mentale, la propreté de soi et du bien commun. Cette façon d’exister aide à créer un environnement agréable pour le vivre ensemble. Au fond, la formation humaine consiste à faire de soi « un lieu humain » où le Fils de Dieu puisse s’incarner pour se révéler et se donner. Nous avons à nous humaniser pour que le Christ nous divinise. 

30.- Apprendre à vivre dans la justice les uns vis-à-vis des autres. Justice envers soi-même et justice envers les autres, c’est en même temps justice envers Dieu et condition pour faire communauté. Fondamentalement, la justice est le respect profond de Dieu, des autres et de soi-même.  

31.- Apprendre à ne pas choisir consciemment ou inconsciemment l’un du groupe pour en faire son bouc émissaire, son souffre-douleur. Apprendre aussi à ne pas s’offrir soi-même comme souffre-douleur. Parfois pour des raisons inconscientes, subtiles, on « aime » jouer ce rôle comme façon paradoxale de se faire reconnaître et d’attirer l’attention sur soi. 

32.- Apprendre à trouver la pédagogie de corriger celui/celle qui pèche contre le groupe, dans l’intention de grandir ensemble, vivre ensemble, et se donner la vie les uns aux autres. Tant qu’une personne n’aura pas découvert par elle-même, du dedans, qu’il y a en elle quelque chose à réformer, les remarques que nous lui ferons n’aboutiront pas. Son premier pédagogue, c’est l’Esprit Saint.  

33.- Apprendre à vivre avec les autres, avec soi-même, avec Dieu pour construire la vie en groupe et en communauté est un don de dieu à réaliser dans l’histoire. Ne pas se tromper: vivre avec d’autres en communauté exige que nous marchions sur les pas du Christ et de l’Esprit. Ce n’est pas tout à fait la même chose que de vivre dans nos familles de sang avec nos frères et sœurs. 

34.- Apprendre à avoir « un amour préférentiel » pour celui/celle du groupe qui, pour une raison ou pour une autre, serait « le plus faible », dans la même logique évangélique de notre amour préférentiel pour le pauvre. Une expérience de présence et de travail avec des « pauvres en dehors de la communauté » aidera à articuler l’amour du « faible au dedans » et l’amour du « faible au dehors ». La communauté chrétienne se construit dans l’amitié avec Jésus le Christ et ses préférés les pauvres. De cette façon se jette une base solide pour la vie en groupe.  

35.- Apprendre à vivre avec et à gérer sa propre solitude si l’on veut apprendre à vivre et à gérer la solitude qui se trouve aussi dans la vie communautaire. Inversement, apprendre à découvrir et à assumer que vivre avec les autres a aussi ses moments de solitude. La découverte de la solitude communautaire aide à comprendre ce qu’est la solitude personnelle dans sa vie. 

36.- Apprendre à se conformer de façon réaliste dans la vie avec les autres, en groupe ou en communauté: je n’arriverai pas à changer l’autre pour qu’il s’adapte à moi, c’est à moi de me changer pour m’adapter à l’autre. Autrement dit je ne peux pas changer, réformer les autres. Je ne peux réformer que moi-même. Indirectement ma capacité d’auto-réforme, d’auto-conversion peut indirectement porter l’autre de la communauté à opérer son propre changement. Chacun, chacune a la clef de son propre mystère.

  

La communauté chrétienne participe à la vision renouvelée et approfondie de l'Eglise elle-même. D'où quelques conséquences:

a) De l'Eglise-Mystère à la dimension mystérique de la communauté fraternelle

La communauté chrétienne n'est pas un simple rassemblement de chrétiens à la recherche de leur perfection personnelle. Elle est, beaucoup plus profondément, participation et témoignage qualifié de l'Eglise-Mystère, en tant que vivante expression et réalisation privilégiée de sa "communion", de la grande "koinonia" (rassemblement) trinitaire à laquelle le Père a voulu faire participer les hommes en son Fils et dans l'Esprit Saint.

b) De l'Eglise-Communion à la dimension de communion fraternelle de la communauté chrétienne

La communauté chrétienne, dans sa structure, ses motivations, ses valeurs caractéristiques, rend publiquement visible et continuellement perceptible le don de fraternité fait par le Christ à toute l'Eglise. Elle a donc comme devoir indispensable et comme mission d'être et d'apparaître comme une cellule d'intense communion fraternelle, signe et stimulant pour tous les baptisés.

c) De l'Eglise animée par les charismes à la dimension charismatique de la communauté chrétienne

La communauté chrétienne est cellule de communion fraternelle, appelée à vivre animée dans la lancée du charisme de fondation; elle fait partie de la communion organique de toute l'Eglise, enrichie sans cesse par l'Esprit d'une variété de ministères et de charismes ou dons.

Pour être admis à faire partie d'une telle communauté, la grâce spéciale d'une vocation est nécessaire. Concrètement, les membres d'une communauté chrétienne se trouvent réunis ensemble par un commun appel de Dieu dans la ligne du charisme; ils vivent une consécration ecclésiale commune originale et une réponse commune, participant à "l'expérience de l'Esprit Saint" vécue et transmise par le fondateur, ainsi qu'à sa mission dans l'Eglise.

La communauté chrétienne veut aussi recevoir avec reconnaissance les dons "plus simples et plus répandus", que Dieu distribue à ses membres pour le bien de tout le Corps. Elle existe pour l'Eglise, pour la manifester et l'enrichir, pour la rendre plus apte à remplir sa mission.

 

d) De l'Eglise-mystère ou don d'unité à la dimension apostolique de la communauté chrétienne.

Le sens de l'apostolat est de ramener l'humanité à l'union avec Dieu et à son unité, par le moyen de la charité divine. La vie fraternelle en commun, expression de l'union opérée par l'amour de Dieu, outre qu'elle constitue un témoignage évangélique essentiel, revêt une grande importance pour l'activité apostolique et pour sa finalité ultime. La communauté chrétienne est signe et instrument de la communion fraternelle, est elle-même à l'origine et au terme de l'apostolat.

La compréhension précise approfondie et enrichi de nouveaux apports la vision renouvelée de la communauté chrétienne.

 

 

CONCLUSION

 

La vie communautaire c’est le Dieu trinitaire (Père, Fils, Esprit), les autres (mes frères, mes sœurs) et moi-même. L’Unité trinitaire est le ciment de la fraternité des hommes et des femmes. C’est une illusion de vouloir créer une communauté chrétienne, religieuse si l’on ne respecte pas l’autre comme différent. L’uniformité ne fait pas l’unité. C’est une illusion si l’on espère bâtir la vie chrétienne en groupe si l’on n’est pas prêt à mourir à soi, à son individualisme car on ne devient soi-même qu’en se donnant aux autres. C’est construire la communauté sur le sable que de ne pas réaliser qu’avec la grâce, la beauté qui existe dans les personnes, il existe également la réalité pécheresse. Sans oublier dans certains cas la présence de grandes pauvretés et blessures psychologiques. C’est ce qui nous fait dire que la communauté est à la fois un problème à résoudre et un mystère à vivre. Mais, bonne nouvelle s’il en fut, c’est cette communauté de pécheurs, de pécheresses, pardonnés - sans cesse appelée à la conversion - que l’Esprit nous donne l’audace de nommer: « Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint ».

 

Et une fois que nous aurons développé le réflexe spirituel de demander à Dieu pardon pour nos péchés personnels et communautaires, et guérison pour nos blessures et misères psychologiques, nous verrons que somme toute la vie en communauté n’est pas une malédiction mais plutôt une bénédiction et une grâce. Nous pouvons alors chacun, chacune, dans la vérité et dans l’action de grâce apprendre à se dire merci les un(e)s aux autres; et merci à Dieu qui est communauté et qui fait communauté avec nous.

 

Jaillira naturellement de notre cœur cette prière pour la communauté:

  

Père, aujourd’hui, je veux te prier pour mes frères, pour mes sœurs de communauté. Tu les connais personnellement. Tu connais leur nom, leurs qualités et leurs défauts, leur joie et leurs peines, leur force et leur faiblesse. Tu connais toute leur histoire. Tu les acceptes comme ils sont, et les vivifies par ton Esprit. Tu les aimes, Seigneur, non pas parce qu’ils sont bons mais parce qu’ils sont tes fils, tes filles. Apprends-moi à les aimer en vérité à la manière de Jésus: non pas pour leurs paroles et leurs œuvres, mais pour eux-mêmes, en découvrant en chacun(e), surtout dans les plus faibles, le mystère de ton amour infini.

Je te rends grâce, Père, parce que tu m’as donné des frères, des sœurs. Ils sont tous un cadeau pour moi, un véritable don, signe sensible et efficace de la présence de ton Fils. Donne-moi le regard de Jésus pour les contempler; donne-moi le cœur de Jésus pour les aimer jusqu’au bout, parce que je veux être moi aussi, pour chacun(e) d’eux, un don vivant de la présence de Jésus. Amen.

 

 

 

Voir les commentaires

LA VIE COMMUNAUTAIRE

28 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

LA VIE COMMUNAUTAIRE

 

Définition :

Le mot communauté vient du latin "communis",

Communauté est issue du préfixe "cum", qui signifie avec, ensemble et du suffixe "munus", qui comporte l’idée de charge, dette : charges partagées, obligations mutuelles.
La communauté est en fait le caractère de ce qui est commun à plusieurs personnes ou choses.
Au sens général, une communauté désigne un groupe social constitué de personnes partageant les mêmes caractéristiques, le même mode de vie, la même culture, la même langue, les mêmes intérêts.... Elles interagissent entre elles et ont en outre un sentiment commun d'appartenance à ce groupe. Exemples : la communauté chinoise dans une grande ville, la communauté des artistes, les communautés virtuelles sur Internet…

 

Modèle de vie :

Apprendre à vivre - non pas des attitudes, des disciplines qui nous viennent de l’extérieur, imposées par la société ou par une autorité quelconque, même s’il y a cet aspect aussi - mais plus profondément apprendre à vivre des attitudes comme des modalités d’être et d’existence en relation profonde, fraternelle avec Dieu, avec les autres, avec soi-même. Apprendre à vivre ensemble, à vivre avec les autres pour grandir et faire grandir, pour donner et recevoir la vie.

 

 

Pour l’apprentissage de la vie en groupe : La vie en communauté

 

C’est un apprentissage, un exercice, un processus qui durera toute la vie à cause de ce qu’il y a de problème et de mystère dans la personne humaine. Une attitude permanente d’apprendre à apprendre. Apprendre à vivre - non pas des attitudes, des disciplines qui nous viennent de l’extérieur, imposées par la société ou par une autorité quelconque, même s’il y a cet aspect aussi - mais plus profondément apprendre à vivre des attitudes comme des modalités d’être et d’existence en relation profonde, fraternelle avec Dieu, avec les autres, avec soi-même. Apprendre à vivre ensemble, à vivre avec les autres pour grandir et faire grandir, pour donner et recevoir la vie.

Ce sont des attitudes, des valeurs, des modes d’être à expérimenter, toucher, écouter de l’intérieur. Et à intégrer dans une spiritualité authentiquement chrétienne. Spiritualité chrétienne dans le sens de vivre la totalité de sa vie, toute sa vie à la manière de Jésus Christ, selon l’esprit du Christ. Vivre devant Dieu, avec le Christ et dans l’Esprit. Vivre en relation avec des frères, des sœurs dans un groupe pour faire communauté, dans le déroulement du Mystère Pascal Mort-Vie; Croix-Résurrection; donner-recevoir; gratuité-efficacité. Dans une amitié personnelle, profonde avec le Christ, avec son Dieu, en accord avec le Projet du Règne. Si la communauté que nous voulons construire est bâtie sur les valeurs évangéliques, la pierre angulaire du groupe, de la communauté, sera Jésus, son projet et sa mission. La famille trinitaire Père, Fils, Esprit où Dieu Trinité d’amour sera notre modèle et référence.

 

Comprendre et essayer de vivre ainsi la vie communautaire, c’est prendre au sérieux le mystère trinitaire comme fondement de notre foi et réalité de notre vie quotidienne. Il faut alors un amour qui discerne et qui aide à vivre en groupe, en communauté, selon les attitudes et les modes d’existence suivantes:

1.- Apprendre à dire Merci et à vivre dans la gratitude. Merci à Dieu qui est présent, agissant dans la communauté et dans ses membres. Reconnaissance des un(e)s envers les autres frères/sœurs de la communauté.  

2.- Apprendre à se recevoir gratuitement de Dieu et à se donner gratuitement aux autres; la gratuité est source d’efficacité. Sans elle, pauvre communauté! 

3.- Apprendre à aimer, accepter, accueillir l’autre dans sa différence, son originalité, sa richesse. Construire l’unité dans la différence et la complémentarité, non dans l’uniformité. Il faut toujours nous référer à la réalité concrète de Dieu: le Père n’est pas le Fils, n’est pas l’Esprit Saint, mais ils sont le même Amour qui fait l’Unité dans la Différence. 

4.- Apprendre à s’aimer soi-même, s’accepter dans ses forces et ses faiblesses, ses limites, ses blessures, pour apprendre à aimer l’autre dans ses forces et ses faiblesses. La communauté est composée de pécheurs, pécheresses qui demandent pardon à Dieu et les un(e)s aux autres, et aussi de malades qui ont besoin de guérison. Elle est tout de même lieu de Dieu. 

5.- Apprendre à partager dans une atmosphère de prière, d’écoute et de respect, non seulement les « problèmes » rencontrés dans les personnes et dans le groupe, mais aussi le « mystère » de la présence de Dieu et de la grâce dans la communauté. 

6.- Apprendre à être une personne de pardon, de compassion et de miséricorde. Apprendre à se reconnaître non seulement dans  « l’enfant prodigue » qui se met en route vers son père, mais également dans le « fils aîné qui ne soupçonne pas que lui aussi a besoin de pardon ». Mais surtout apprendre, avec la grâce et la force de l’Esprit, le Dieu-Père et Mère qui accueille et qui pardonne (cf. Lc 15, 11-32).

7.- Apprendre à accueillir l’autre à travers de petits gestes, à deviner ses moments difficiles, à célébrer le jour de sa fête comme un moment important du vivre-ensemble. Le moment d’intimité et de communion fraternelle lors du pain et le vin de la Sainte Cène deviennent le symbole du corps et du sang du Christ. La belle alliance de l’agapè fraternelle ! Les repas communs.

8.- Apprendre à développer une conscience collective, conscience communautaire, appartenance communautaire. Traiter les biens de la communauté comme intérieurs à mon propre bien. Mettre ensemble ce que nous sommes et ce que nous avons pour la vie de tous - chacun(e) donne et se donne à l’autre selon ses possibilités et son charisme. Dans cette manière d’exister je fais la communauté, et la communauté me fait.   

9.- Apprendre à se recréer ensemble, travailler ensemble, prier ensemble, célébrer ensemble, évaluer ensemble, se solidariser les uns avec les autres.  

10.- Apprendre à développer une méthode d’évaluation du cheminement du groupe qui ne blesse personne. Dans la vérité, la justice et l’amour. La ´ révision de vie ª, personnelle et communautaire, sera essentiellement un regard ensemble sur la manière discrète et respectueuse dont l’Esprit du Seigneur accompagne le groupe. 

11.- Apprendre à passer de l’égoïsme à la communion, de la rivalité à la complémentarité, de l’individualisme (vivre sa vie pour soi-même) à l’altruisme (donner sa vie aux autres).  

12.- Apprendre à gérer les conflits et les mécanismes - conscients ou inconscients - de groupe. Se comparer aux autres, être jaloux des autres, la soif de la première place, le complexe de supériorité ou d’infériorité face aux autres, tout cela est source de conflits.

13.- Apprendre à bien gérer, administrer le bien commun et le bien personnel. Et ce, dans la vérité et la transparence. Apprendre à économiser. Gaspiller le bien de la communauté, vivre comme des riches et bourgeoisement contredit notre engagement face à l’Évangile, à une vie modeste et à une option préférentielle pour les pauvres. 

14.- Apprendre à vivre la pauvreté, l’obéissance, la chasteté évangéliques dans la vie communautaire comme style de vie, suite du Christ, dons gratuits de Dieu qui sont très efficaces pour notre projet commun et notre mission. Les vivre comme relation à Dieu, aux autres et à soi-même. Les vivre comme source de joie et de liberté. Elles nous rendent libres et joyeux pour aimer et servir.  

15.- Apprendre à faire communauté à partir des pauvres, des faibles, des petits... Cela aidera chacun du groupe à toucher et accepter sa propre pauvreté ainsi que celle de l’autre. C’est alors la solidarité dans notre pauvreté comme dans notre richesse. Humilité et Vérité sont des aspects essentiels et nécessaires de la vie en communauté. 

16.- Apprendre à gagner et à perdre, à bien gérer l’échec, l’erreur, les épreuves personnelles et celles du groupe. L’expérience spirituelle nous apprend que si l’échec, l’erreur, l’épreuve ne sont pas la volonté de Dieu, ils peuvent devenir ´ providentiel ª car tout est grâce.  

17.- Apprendre à exercer l’autorité comme service et non comme source de prestige. Le groupe apprendra à être compréhensif vis-à-vis de celui, de celle qui gouverne... Développer le sens du leadership. Celui, celle qui gouverne ne devra jamais oublier que le modèle d’autorité est Jésus, le Maître qui lave les pieds à ses disciples. Et puis, tous les membres de la communauté doivent apprendre à être de bons disciples pour être de bons Maîtres à leur tour.  

18.- Apprendre ensemble à ne pas dramatiser et à développer le sens de l’humour pour la santé psychologique et spirituelle du groupe. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les problèmes mais apprendre à les résoudre avec vigueur, sans raideur, avec Dieu et devant Dieu. 

19.- Apprendre à s’approprier la prière de saint François d’Assise: «Seigneur, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer, la patience d’accepter ce que je ne peux pas changer, et la sagesse d’y voir la différence ». Prière d’or pour la vie en groupe.  

20.- Apprendre à expérimenter l’autodiscipline comme manière efficace d’exister, dans l’écoute et le respect de l’autre, l’écoute et le respect de soi, l’écoute et le respect de Dieu.  

21.- Apprendre à être à l’aise avec les tâches humbles dans la maison comme lieu de service, de rencontre avec soi-même, avec l’autre, avec Dieu. Classer les tâches et les services à rendre à la communauté en « plus importants, plus élevés » et en moins importants, moins élevés, c’est remplacer l’Évangile de Jésus par les idéologies de la société.  

22.- Apprendre à vivre d’égal à égal avec les petites gens, les gens simples qui travaillent dans la maison. Ils n’ont pas en général reçu notre « équipement intellectuel ». Mais attention! car ils peuvent être nos maîtres. Voir quel petit service concret le groupe peut leur rendre, quel mode de relation fraternelle avec eux, sans complexe de supériorité. Que la petite sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ait été nommée « docteur de l’Église » doit nous faire réfléchir. 

23.- Apprendre à s’ouvrir à l’universel, au monde plus vaste dont fait partie notre communauté. Il existe un seul et même projet commun pour tous et pour toutes. C’est le projet: « en tout aimer et servir ». Aucun problème du monde ne doit nous être étranger. Tous les peuples, toutes les races, toutes les couleurs sont à Dieu. Nous appartenons à une seule grande famille humaine. 

24.- Apprendre à combattre en soi tout germe de supériorité ou d’infériorité dans les relations homme - femme; clergé - laïc; blancs - nègres; riches - pauvres. Le modèle, c’est toujours la Ste-Trinité: l’Amour unit dans la différence.  

25.- Apprendre à s’accepter, s’aimer soi-même de la même manière que Dieu nous aime. Chacun(e) de nous est unique et est une histoire sacrée. Nous apprendrons ainsi à valoriser nos compagnons/compagnes de groupe; prêts aussi à aimer et à valoriser tous ceux et celles que nous rencontrerons ici et là dans la construction de l’histoire. 

26.- Apprendre à vivre en communauté non pas pour paraître et donner bonne image face aux autres, mais pour être - avec les autres et pour les autres. Nous avons été créés à l’Image de Dieu et du Christ; c’est cette image, la seule, que nous avons à communiquer aux autres. Leur donner notre « être » et non notre « paraître ». 

27.- Apprendre à communiquer avec les autres, avec soi, avec Dieu dans le faire ensemble de la communauté. Apprendre à être vrai, transparent. Éviter les mots à double sens, le langage sarcastique, indirect qui blesse l’autre. Communiquer en paroles, gestes, attitudes, c’est entrer en communion avec l’autre de la communauté. Il y a des « paroles et des silences » qui font souffrir; il y a des « paroles et des silences » qui construisent. 

28.- Apprendre à faire de la vie en groupe un lieu d’apprentissage de « la formation humaine » c’est-à-dire où l’on apprend à grandir, mûrir ensemble dans les relations avec l’autre, avec soi, avec Dieu. La formation humaine est un processus d’incarnation jamais achevé pour devenir chaque jour plus humain.

 

 29.- Apprendre à écouter. Écouter Dieu, les autres, écouter l’Esprit qui habite en nous et qui veut nous parler, c’est tout un art. Pour cela, apprendre à articuler silence et parole, « l’être seul avec soi-même », « l’être ensemble avec les autres », « l’être seul avec Dieu ». Solitude et Communion. Font aussi partie de la formation humaine l’hygiène humaine et mentale, la propreté de soi et du bien commun. Cette façon d’exister aide à créer un environnement agréable pour le vivre ensemble. Au fond, la formation humaine consiste à faire de soi « un lieu humain » où le Fils de Dieu puisse s’incarner pour se révéler et se donner. Nous avons à nous humaniser pour que le Christ nous divinise. 

30.- Apprendre à vivre dans la justice les uns vis-à-vis des autres. Justice envers soi-même et justice envers les autres, c’est en même temps justice envers Dieu et condition pour faire communauté. Fondamentalement, la justice est le respect profond de Dieu, des autres et de soi-même.  

31.- Apprendre à ne pas choisir consciemment ou inconsciemment l’un du groupe pour en faire son bouc émissaire, son souffre-douleur. Apprendre aussi à ne pas s’offrir soi-même comme souffre-douleur. Parfois pour des raisons inconscientes, subtiles, on « aime » jouer ce rôle comme façon paradoxale de se faire reconnaître et d’attirer l’attention sur soi. 

32.- Apprendre à trouver la pédagogie de corriger celui/celle qui pèche contre le groupe, dans l’intention de grandir ensemble, vivre ensemble, et se donner la vie les uns aux autres. Tant qu’une personne n’aura pas découvert par elle-même, du dedans, qu’il y a en elle quelque chose à réformer, les remarques que nous lui ferons n’aboutiront pas. Son premier pédagogue, c’est l’Esprit Saint.  

33.- Apprendre à vivre avec les autres, avec soi-même, avec Dieu pour construire la vie en groupe et en communauté est un don de dieu à réaliser dans l’histoire. Ne pas se tromper: vivre avec d’autres en communauté exige que nous marchions sur les pas du Christ et de l’Esprit. Ce n’est pas tout à fait la même chose que de vivre dans nos familles de sang avec nos frères et sœurs. 

34.- Apprendre à avoir « un amour préférentiel » pour celui/celle du groupe qui, pour une raison ou pour une autre, serait « le plus faible », dans la même logique évangélique de notre amour préférentiel pour le pauvre. Une expérience de présence et de travail avec des « pauvres en dehors de la communauté » aidera à articuler l’amour du « faible au dedans » et l’amour du « faible au dehors ». La communauté chrétienne se construit dans l’amitié avec Jésus le Christ et ses préférés les pauvres. De cette façon se jette une base solide pour la vie en groupe.  

35.- Apprendre à vivre avec et à gérer sa propre solitude si l’on veut apprendre à vivre et à gérer la solitude qui se trouve aussi dans la vie communautaire. Inversement, apprendre à découvrir et à assumer que vivre avec les autres a aussi ses moments de solitude. La découverte de la solitude communautaire aide à comprendre ce qu’est la solitude personnelle dans sa vie. 

36.- Apprendre à se conformer de façon réaliste dans la vie avec les autres, en groupe ou en communauté: je n’arriverai pas à changer l’autre pour qu’il s’adapte à moi, c’est à moi de me changer pour m’adapter à l’autre. Autrement dit je ne peux pas changer, réformer les autres. Je ne peux réformer que moi-même. Indirectement ma capacité d’auto-réforme, d’auto-conversion peut indirectement porter l’autre de la communauté à opérer son propre changement. Chacun, chacune a la clef de son propre mystère.

  

La communauté chrétienne participe à la vision renouvelée et approfondie de l'Eglise elle-même. D'où quelques conséquences:

a) De l'Eglise-Mystère à la dimension mystérique de la communauté fraternelle

La communauté chrétienne n'est pas un simple rassemblement de chrétiens à la recherche de leur perfection personnelle. Elle est, beaucoup plus profondément, participation et témoignage qualifié de l'Eglise-Mystère, en tant que vivante expression et réalisation privilégiée de sa "communion", de la grande "koinonia" (rassemblement) trinitaire à laquelle le Père a voulu faire participer les hommes en son Fils et dans l'Esprit Saint.

b) De l'Eglise-Communion à la dimension de communion fraternelle de la communauté chrétienne

La communauté chrétienne, dans sa structure, ses motivations, ses valeurs caractéristiques, rend publiquement visible et continuellement perceptible le don de fraternité fait par le Christ à toute l'Eglise. Elle a donc comme devoir indispensable et comme mission d'être et d'apparaître comme une cellule d'intense communion fraternelle, signe et stimulant pour tous les baptisés.

c) De l'Eglise animée par les charismes à la dimension charismatique de la communauté chrétienne

La communauté chrétienne est cellule de communion fraternelle, appelée à vivre animée dans la lancée du charisme de fondation; elle fait partie de la communion organique de toute l'Eglise, enrichie sans cesse par l'Esprit d'une variété de ministères et de charismes ou dons.

Pour être admis à faire partie d'une telle communauté, la grâce spéciale d'une vocation est nécessaire. Concrètement, les membres d'une communauté chrétienne se trouvent réunis ensemble par un commun appel de Dieu dans la ligne du charisme; ils vivent une consécration ecclésiale commune originale et une réponse commune, participant à "l'expérience de l'Esprit Saint" vécue et transmise par le fondateur, ainsi qu'à sa mission dans l'Eglise.

La communauté chrétienne veut aussi recevoir avec reconnaissance les dons "plus simples et plus répandus", que Dieu distribue à ses membres pour le bien de tout le Corps. Elle existe pour l'Eglise, pour la manifester et l'enrichir, pour la rendre plus apte à remplir sa mission.

 

d) De l'Eglise-mystère ou don d'unité à la dimension apostolique de la communauté chrétienne.

Le sens de l'apostolat est de ramener l'humanité à l'union avec Dieu et à son unité, par le moyen de la charité divine. La vie fraternelle en commun, expression de l'union opérée par l'amour de Dieu, outre qu'elle constitue un témoignage évangélique essentiel, revêt une grande importance pour l'activité apostolique et pour sa finalité ultime. La communauté chrétienne est signe et instrument de la communion fraternelle, est elle-même à l'origine et au terme de l'apostolat.

La compréhension précise approfondie et enrichi de nouveaux apports la vision renouvelée de la communauté chrétienne.

 

 

CONCLUSION

 

La vie communautaire c’est le Dieu trinitaire (Père, Fils, Esprit), les autres (mes frères, mes sœurs) et moi-même. L’Unité trinitaire est le ciment de la fraternité des hommes et des femmes. C’est une illusion de vouloir créer une communauté chrétienne, religieuse si l’on ne respecte pas l’autre comme différent. L’uniformité ne fait pas l’unité. C’est une illusion si l’on espère bâtir la vie chrétienne en groupe si l’on n’est pas prêt à mourir à soi, à son individualisme car on ne devient soi-même qu’en se donnant aux autres. C’est construire la communauté sur le sable que de ne pas réaliser qu’avec la grâce, la beauté qui existe dans les personnes, il existe également la réalité pécheresse. Sans oublier dans certains cas la présence de grandes pauvretés et blessures psychologiques. C’est ce qui nous fait dire que la communauté est à la fois un problème à résoudre et un mystère à vivre. Mais, bonne nouvelle s’il en fut, c’est cette communauté de pécheurs, de pécheresses, pardonnés - sans cesse appelée à la conversion - que l’Esprit nous donne l’audace de nommer: « Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint ».

 

Et une fois que nous aurons développé le réflexe spirituel de demander à Dieu pardon pour nos péchés personnels et communautaires, et guérison pour nos blessures et misères psychologiques, nous verrons que somme toute la vie en communauté n’est pas une malédiction mais plutôt une bénédiction et une grâce. Nous pouvons alors chacun, chacune, dans la vérité et dans l’action de grâce apprendre à se dire merci les un(e)s aux autres; et merci à Dieu qui est communauté et qui fait communauté avec nous.

 

Jaillira naturellement de notre cœur cette prière pour la communauté:

  

Père, aujourd’hui, je veux te prier pour mes frères, pour mes sœurs de communauté. Tu les connais personnellement. Tu connais leur nom, leurs qualités et leurs défauts, leur joie et leurs peines, leur force et leur faiblesse. Tu connais toute leur histoire. Tu les acceptes comme ils sont, et les vivifies par ton Esprit. Tu les aimes, Seigneur, non pas parce qu’ils sont bons mais parce qu’ils sont tes fils, tes filles. Apprends-moi à les aimer en vérité à la manière de Jésus: non pas pour leurs paroles et leurs œuvres, mais pour eux-mêmes, en découvrant en chacun(e), surtout dans les plus faibles, le mystère de ton amour infini.

Je te rends grâce, Père, parce que tu m’as donné des frères, des sœurs. Ils sont tous un cadeau pour moi, un véritable don, signe sensible et efficace de la présence de ton Fils. Donne-moi le regard de Jésus pour les contempler; donne-moi le cœur de Jésus pour les aimer jusqu’au bout, parce que je veux être moi aussi, pour chacun(e) d’eux, un don vivant de la présence de Jésus. Amen.

 

 

 

Voir les commentaires

LE MINISTERE PASTORAL ET SES DEFIS

28 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

LE MINISTERE PASTORAL ET SES DEFIS

Introduction :

Le ministère, selon Grégoire de Naziance, est une tempête de l'esprit. Chrysostome renchérit n ces termes : ‘‘Un évêque est plus agité de soins et d'orages que la mer par les vents et les tempêtes’’. A la simples lecture de ces deux pensées, leur points de vue semblent être des mots parmi tant d’autres, cependant, ils savent du ministère ce que plusieurs, même en l’exerçant ne savent pas. Autrement dit, il est difficile de comprendre du coup l’affirmation de ces deux hommes qui ont exercé et goûté les âpres contours du ministère dans l’église. L’étude et l’analyse des convictions de leurs propos nous conduiront à une profondeur à la fois surprenante et inquiétante pour les aventuriers de la route du ministère. Toutefois, les engagés du vrai service devant Dieu en sortiront nourris et équipés pour mieux affronter désormais certains axes du ministère. Curieusement pourtant, à voir les luttes de positionnement dans le ministère, les rivalités, les querelles, les guerres de compétence et autres nombreux facteurs, il est honnêtement facile de s’interroger sur ce que plusieurs entendent par servir Dieu. Nous analyserons quinze idées que nous avons tirées et développées de l’étude sur la Théologie du Ministère Pastoral. Nous recommandons une attention particulière du lecteur et surtout de tout Serviteur de Dieu sur les lignes qui suivent. Une véritable cure d’âme, une remise en question, un appel à la retraite, à une prise de conscience pour ceux qui débute le ministère et un appel au retour sur les anciens sentiers pour ceux qui ont déjà fait un b on bout avec le Seigneur, enfin un encouragement à eux qui ont su garder la fidélité sur le parcours.

LES DIFFERENTES CIRCONSTANCES EN QUESTION

1.  Difficulté de gouverner par des moyens purement moraux une multitude d'âmes et d'esprits très divers.

Il y a dans cette multitude de personnes que compte une église locale, beaucoup d'éléments composés qui ne s'accordent pas entre eux. Il s'agit de gouverner cet état, et d'obtenir une obéissance non seulement extérieure, mais intérieure de ceux qu’on conduit dans le Seigneur. Plusieurs méthodes sont proposées soit par l’expérience, soit par les études ou encore par d’autres hommes furent-ils de Dieu ou non. Les conseils de Jéthro ne furent-ils pas salutaires pour le ministère de Moïse ? Il faut parfois pour atteindre les objectifs escomptés, dompter non seulement les actes, mais les pensées, et les réduire à l'unité ; et tout cela par la persuasion, au prix de la prière, des jeûnes, des larmes, des cris et souffrances face au lourd fardeau de l’âme que l’on porte pour le troupeau dont on a le soin de conduire vers le doux pâturage que prescrit la Parole de Dieu. En effet, les armes de notre guerre ne sont point charnelles. (2Corinthiens 10.4)

L'Evangile est humain, de la vraie humanité car son auteur, bien que divin, a laissé que soit manifesté dans sa vie entière, tout les aspects et contours de la spiritualité de la Parole en sorte qu’il soit juste de dire : ‘‘la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du fils unique venu du Père’’ (Jean 1.14). Sans doute, cet Evangile de sa puissance spirituelle, correspond à l'homme intérieur détérioré, à la conscience flétrie par l’iniquité, à laquelle il faut arriver à travers l'homme superficiel travesti qui intercepte la lumière dont il a tant besoin pour se reconnaître, se découvrir afin de pouvoir enfin s’affirmer tel qu’il devait être. En effet, l'homme intérieur tend la main à l'Evangile dans son obscurité ; il y a à discerner en l’homme, une intelligence secrète qui, à l’approche ou au contact de lumière est appelée à se réveiller pour manifester ses vertus endormies par les effets néfastes du péché. Mais que d'obstacles à franchir et à fléchir pour arriver à ce stade ! Comme il est difficile de renouer les deux bouts après une longue vie de désordre !

Saint Grégoire dans son développement de l'idée de la diversité des sentiments et des caractères parmi les hommes, remarque que la vérité est une, mais qu'elle est tantôt conçue d’une manière ou d’une autre, selon les individualités : or, pour parvenir à un point de vue commun, il faut par l’Evangile ou la Parole de Dieu, donner à chacun la nourriture qui lui convient, ce au temps convenable. Et ce temps convenable qui nous échappe tant à cause de nos propres sentiments et émotions sous divers pressions tant personnelles, sociales que du ministère ! Certaines vérités en effet, repoussent les uns tandis qu’elles attirent les autres, étouffent les uns et sauvent les autres : il faut donc donner la même vérité sous des formes diverses aux divers individus en des temps, circonstances, lieux ou période parfois très différents. Il semble souvent bien facile de le dire, mais très difficile de l’appliquer. Le gouvernement pastoral est bien celui des individualités dans la complexité de toute leur composante ; la loi civile pourtant, ne s'embarrasse pas des différences de caractères, parce que mettant toute personne devant la responsabilité de ses faits. Mais saurons-nous en faire autant de la  responsabilité spirituelle dont le processus de la délivrance de la captivité dans ses méandres nous conduira de l’emprise du péché à la libération totale en passant par la guérison intérieure due aux effets des blessures de l’âme, tenant compte de la restitution, du pardon véritable par les effets de la réconciliation verticale et horizontale ?

Nous arrivons donc au point où il faut accepter qu’ainsi, le premier caractère d'excellence du ministère en est aussi la première difficulté qui peut être son point de chute sur un chemin de non retour. Avant de continuer notre étude, pensons-y franchement et ne nous bornons pas seulement sur l’aspect d’apparat, festif ou d’honneur du prestigieux ministère pastoral, mais réfléchissons sur les raisons divines de son existence selon les critères d’excellence céleste de son fonctionnement pour les objectifs de sa raison d’être. Ces critères d’excellence se manifesteront dans notre travail pour Dieu.

2.  Travail considérable dans la dimension du ministère pastoral

Missions, pauvres, malades, écoles, bons offices de charité, interventions pacifiques, correspondance administrative, sermon, études bibliques, visites, prières, etc.,  telle est la tâche du Ministre de Dieu. Bien que la dimension de cette responsabilité soit large, il n’y a aucune excuse à mal donner, faire ou parfaire. Toutefois, le sermon (prédication) offre la seule possibilité  d'atteindre tous les membres ou fidèles présents dans l’église locale. Cependant, le sermon ne peut pas résoudre tous les problèmes du groupe ou de l’église locale comme par un coup de baguette magique. Il y a importance et nécessité d’élargir l’action parce que là même où elle ne se réaliserait pas complètement, il faudrait que le ministère du serviteur de Dieu gagne en profondeur ce qu'il a de moins en largeur. Mais cette notion de profondeur a-t-elle un vrai sens dans le quotidien du Ministre de l’Evangile aujourd’hui ? Une lecture par ci, l’audition d’une cassette par là, le message d’un autre et hop, nous avons notre prédication du dimanche, de la semaine ou de telle rencontre. Alors, où allons-nous finalement ? Cherchons-nous à soulever les émotions des hommes pour affirmer que la prédication d’aujourd’hui était très bonne ou voulons-nous toucher leu homme intérieur pour que le Rhema de la Parole de Dieu révèle leur face cachée afin que prenant conscience de leur nudité, ils cherchent chacun pour sa part, la couverture que donne le fin lin qui est la parole de Dieu ? Mon mentor me disait il y a trois ans : ‘‘mon fils André, ne cherche pas la quantitavité, mais la qualitativité que l’on ne peut trouver que dans la profondeur’’. Oui, il faut marcher quarante jours et quarante nuits comme Elie le Prophète pour sortir de la dépression par la rencontre, le repos à la présence de Dieu et la révélation de la nature réelle de ce vrai Dieu.  Mais comme nous sommes si pressés d’arriver ! Cette impatience qui nous introduit aussi vite dans les raccourcis, les improvisations, les inventions et créations très soutenues des thèmes, doctrines et dogmes qui ne trouvent aucun fondement divins, mais que nous imposons comme les Pharisiens aux hommes sous peine d’excommunication, de blâme, de malédiction comme si c’est pour ces choses, entendons châtiment que l’Evangile était venu. Arrêtons-nous chacun pour sa part un instant et reprenons conscience pour continuer, c’est très important.

Tout cela signifie qu’il faudrait pour arriver à bonne fin ou au standard que Dieu attend de nous, chercher les occasions plus loin, lorsque plus près elles manqueraient. Pour celui que le zèle de la maison de Dieu dévore, une idée de l'étendue du travail pastoral exigerait dans une autre profession, l'enthousiasme le plus exalté à l'homme qui l'exerce ; ceci ne traduirait en fait que l'exacte mesure de son engagement et l’encouragement de Dieu dans le travail effectué dans un cœur pur et une conscience honnête. La satisfaction ne peut arriver ou être ressenti voire manifeste que lorsque l’on peut se réjouir d’une église où l’unité spirituelle est caractérisée extérieurement par l’uniformité acquise par un travail harassant du Pasteur.

 

3.  Travail uniforme pour ramener tous à l’unité en Christ

Le travail du Pasteur consiste à rassembler la matière disparate (traits de vie, comportements, attitudes, sentiments, etc.) pour établir une uniformité dans la pensée, les consciences et actes des membres de l’église. Les effets négatifs de l'uniformité sont surtout sensibles, visibles et manifestes dans les choses délicates comme les prises de positions, les points de vue et les sentiments. Pourtant, ils sont bien moins graves dans d'autres professions où il y a moins à perdre car les avis et les points de vue des sujets ne sont pas importants. Tout ce qu’on demande c’est l’exécution des tâches données à la suite desquelles on peut être approuvé ou désapprouvé. La dimension spirituelle est tout autre car le Serviteur de Dieu doit amener la brebis à la conviction, à la persuasion afin que ce dernier engage sa responsabilité de manière à pouvoir rendre compte sans ambigüité devant Dieu. Cette tâche n’est pourtant pas la moindre car ramener tous à un même point de vue est très difficile. Faire en sorte que tous marchent au même rythme et au même moment est très difficile, voire impossible. Un Pasteur disait un jour qu’il est plus facile aux commerçants de s’entendre qu’aux hommes et femmes de Dieu d’avoir un même point de vue. Les commerçants disait-il, visent un même point qui est le gain alors que les Pasteurs diront qu’ils ont chacun le Saint-Esprit et n’ont pas forcément besoin de soumission.

Un grand danger et pas le moindre que l’on rencontre dans les fonctions pastorales est celui de reposer les pensées, faits et gestes sur le sentiment et ceci finit par devenir insupportables aux yeux de Dieu en moins que l'Esprit de Dieu ne le ravive incessamment. Il arrivera parfois que la conscience de peu souillée, ternisse la dimension de la perception des faits dans leur profondeur, rendant superficielle l’appréhension exacte des choses. Le jugement dès lors s’avèrera faux et les émotions afficheront une négativité inattendue  produisant des effets nauséabonds ou infects. De ce pas, on déduira facilement que si l'uniformité est redoutable, c'est certainement dans l'exercice du ministère. Comment ne pas être effrayé lorsqu'une fonction si solennelle, si sublime, se présente, et qu'au dedans de nous nous ressentons un certain complexe ; ou quand autour de nous, tout semble aussi grand que nous ne l’imaginions et que dans votre âme nous nous voyions tout petit ? Devant une scène de mort, d’accident, d’attaques farouches du monde des ténèbres, l'habitude et notre attitude peuvent laisser votre cœur froid, notre esprit abattu ou notre âme découragé, le tout emporté par un esprit de peur. Dans des circonstances comme celles-là, il y a de fortes tendances d’un immense danger ; celui de tout abandonner ; et s'il n'y avait pas de remède, on envisagerait à renoncer au ministère. Heureusement que le Saint-Esprit est notre Consolateur et que la grâce divine est présente pour nous renouveler à chaque fois que le danger fait surface. Par ailleurs, un assentiment par la contrainte à la doctrine, ou une conformité aux manifestations extérieures sans être convaincu, serait hypocrite et sans aucun avantage. Nous conviendrons aisément que des tentatives humaines pour produire une unité d’esprit absolue parmi les chrétiens seraient inutiles. La fraternité chrétienne ne doit pas remise en question par des luttes de mots, mais doit s’exprimer par des actes concrets d’amour réciproque, point de départ dune uniformité selon Dieu.

Dans ce délicat travail qui consiste à ramener l’uniformité dans la vie entière des croyants, il n’y a aucune perspective, ni des occasions qui sont offertes à d’autres professions ; Est-ce pour autant qu’il faut ramener les méthodes et principes profanes dans le domaine sacré du ministère pastoral ? Loin de là. D’ailleurs, nul ne peut monter dans la hiérarchie spirituelle comme on le fait dans les autres professions sociales quand bien même il excellerait aux yeux de tous. Seul le choix et la décision souveraine de Dieu intervient dans ce cas là. Dans ce travail de l’uniformité, on a dont tendance à se dire : Je ferai toute ma vie la même chose sans jamais en sortir, sans que mon horizon mondain s'étende ? Alors, du haut des cieux, Dieu dans un calme et silence absolus ne dira rien et il nous faut seulement la foi pour continuer. Le danger d’un travail mal apprécié fait rapidement surface.

4.   Travail incompris et mal apprécié

Ne peut vraiment comprendre le travail du ministère que celui qui a reçu une vocation. Pour le profane, il n’y a pas autre profession qui donne des honneurs, des prestiges, des avantages voire une position d’autorité quine devait souffrir d’aucune contestation comme celui de Ministre de Dieu. Ces choses parce que celui qui aspire à la charge d’Evêque désire une œuvre excellente ressort une somme de vérité, mais est-ce le quotidien du Serviteur de Dieu ? Loin delà. Par contre, ce travail est mal apprécié par la plupart des gens, au moins pour ce qui regarde son intensité et son poids. Les personnes qui vivent dans les zones rurales, en particulier, regardent comme un oisif, un paresseux, un mendiant, celui qui ne travaille point de ses mains ; ils ne sentent pas jusqu'à quel point le travail de l'esprit est un travail aussi pénible et avec toutes les dangers comme tout travail. Il m’est souvent dit, tu restes toute la journée devant ton ordinateur ou devant tes livres et Bibles, alors, c’est moins fatigant. Quelle mauvaise appréciation du travail des autres ? Le travail de l'intelligence trouve quelques appréciateurs ; mais le travail du cœur, la prière, le souci spirituel pour son troupeau, qui y verra un travail ? Il faut se soumettre à être peu compris. Trouvera-t-on facilement des cultivateurs qui apporteraient quelques fruits de leurs champs à leur berger pour l’encourager ? Et  même, est-ce facile qu’une brebis aille vers on Pasteur le remercier sincèrement, lui montrer combien elle est sensible aux soins de tout temps qu’administre son berger sur elle ?

 

La perception de cet aspect est aussi confuse que Dieu semble avoir gardé pour Lui-même, l’appréciation exacte de la dimension et de l’ampleur du travail de son Ministre. Aussi, Paul s’écriera : ‘‘Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes’’ (1Co 4:9  ). Comment Christ fut-il traité ? Fut-il compris ? Nous aussi ce sera non.

5.     Beaucoup de fonctions tristes et douloureuses

Dans mon livre à la correction intitulé ‘‘L’Ecole de Dieu’’ j’ai écrit les lignes suivantes :

‘‘Paul étant parvenu à la dernière classe de l’école de Dieu pouvait dire :

" Pour moi, Christ est ma vie et la mort m'est un gain " (Phil 1.21). " Pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, J'ai gardé la foi  (2 Tim 4. 4-8).

Effectivement, tous ceux qui sont arrivés à cette dernière classe n'ont plus peur ni de leur vie, ni de la mort, car ils ont tout offert à Dieu. C'est ainsi qu'ils ont pour la plupart, comme leur Maître posé le fondement de notre foi par leur sang : 

 

- Esaïe fut scié dans une bille de bois,

- Jérémie fut mis à mort,

- Jean Baptiste fut décapité,

- Jésus le chef de l'église fut crucifié

- Jacques frère de Jean fut décapité

- Etienne fut lapidé,

- Matthieu fut mis à mort en Ethiopie,

- Marc fut traîné dans la rue jusqu'à la mort,

- Luc fut pendu

- Pierre fut crucifié la tête en bas,

- Simon le Cananite fut crucifié,

- André fut attaché à une croix en X jusqu’à ce que mort s’en suive,

- Jacques fut jeté à terre du haut du temple et frappé à mort,

- Philippe fut crucifié et lapidé,

- Barthélemy (Nathanaël) fut écorché vif,

- Thomas fut transpercé de lances

- Paul fut décapité

 

De ces lignes, nous constaterons que l'occasion principale pour la marche chrétienne dans le ministère, c'est la souffrance : que de tristes découvertes dans ce labyrinthe de la misère humaine qu’est le parcours de toute vie ! L'Evangile est une pharmacopée pourtant morale. Il y a un Evangile parce qu'il y a des maux à guérir. Le ministre va vers les malades spirituels, mais aussi vers les malades du corps et ceux qui souffrent de quelque autre tristesse parfois due aux chocs, abus, déception et traumatisme du passé. Souvent face à l’ampleur de la souffrance parfois à l’issue d’un soulagement incertain, la maladie ou le deuil semblent être les seuls portiers qui puissent nous introduire dans une maison de repos. Quelle lugubre entrée dans une inquiétante conception ! Il devient donc impossible pour le Ministre de Dieu à ce moment là d’assumer ses responsabilités, voler au secours des affligés et leur prodiguer des soins appropriés parce que plus vite, il a pris son parti des misères du corps ; de médecin recruté par Dieu il s’est offert non de la portion qui revient à tout agent de la fonction céleste, mais des misères de l'âme. De toute façon, la vue du mal moral flétrit et corrompt, et surtout son analyse, si l'on a reçu le don redoutable de connaître l'homme sans connaître Dieu. Le vrai ministre, sans doute, connaît Dieu ; mais les aiguillons enflammés, du malin trouvent quelquefois le défaut de la cuirasse chez ce dernier. Alors, on peut en devenir misanthrope (personne qui a de l'aversion pour le genre humain), et voir s'éteindre en soi le feu de la charité.    

                                                                        

Enfin, il y a pour le ministre des peines de cœur, aussi peu comprises de la plupart des gens que le travail du Pasteur est peu apprécié. Si par contre, le Ministre a trouvé un cœur dur et hypocrite, qu’il ait utilisé toutes les tentatives et attitudes de sa charité et qu'aucune âme n'ait pu être sauvée à cause de circonstances qu’il n’aurait peut-être dû prévoir, personne ne comprendra qu'il en souffre cruellement. Et pourtant, la plus grande compensation de nos chagrins, c'est d'être compris. C’est donc pour cette cause que le Ministre de l’Evangile doit parfois sacrifier tout, jusqu’aux extrêmes.

 

6. Sacrifice de plusieurs goûts, même les plus innocents

L’église locale  est constituée de personnes de degré de maturité différente. Certains sont faibles et d’autres sont forts, cependant tous, nous devons consentir à ne pas vivre pour nous-mêmes. Quiconque a abandonné sa vie à Christ ne peut plus prétendre être un égoïste car, c’est contraire aux principes de la vie communautaire en Christ. Il n’est désormais plus besoin de chercher ou vouloir plaire à nous-mêmes, mais de plaire à Dieu. C’est là où la communion fraternelle a son sens, faisant Christ tout en tout. Certes, les chrétiens sont différents en force, en capacités et en pratiques dans les moindres choses, cependant ils appartiennent tous au Seigneur ; ils regardent et servent Christ, et veulent chacun être approuvé par le Seigneur. De ce fait, nous comprenons aisément que Jésus est le Seigneur de ceux qui vivent, sur qui il doit gouverner ; et de ceux qui sont morts, pour les ranimer et les relever par le pouvoir de sa résurrection. Chaque croyant doit alors sonder son propre cœur et sa vie ; celui qui est strict doit se juger et s’humilier et de ce fait, ne se sentira pas apte à juger et mépriser son frère. Pour donc préserver la communion dont le caractère est saint aux yeux de Dieu, nous devons faire attention de ne pas dire ou faire des choses qui peuvent être pour d’autres des occasions de trébucher ou de chuter. Que ce soit avec un degré d’offense plus ou moins grand, cela peut être une occasion de chagrin ou de culpabilité pour notre frère.

 

Aucun croyant aussi spirituellement prétendu élevé n’a l’autorité d’utiliser sa liberté pour mépriser son frère plus faible et le traiter d’ignorant et superstitieux. Nous usurpons la place de Dieu, quand nous prenons sur nous d’ainsi juger les pensées et les intentions des autres, qui ne voient pas comme nous. Faisons attention à une action qui s’opposerait au doute de la conscience. Nous sommes prompts à faire de nos propres vues le standard de la vérité, et à juger comme certaines des choses qui paraissent douteuses aux autres. Ainsi souvent les frère en Christ méprisent ou condamnent les autres sur des matières douteuses qui ne sont pas d’actualité. Un regard reconnaissant sur Dieu, l’Auteur et le Donateur de toutes nos miséricordes, les sanctifie et les adoucit.

Pour maintenir l’unité de l’Esprit, nous nous devons, ce constamment renoncer à toutes choses innocentes en elles-mêmes, mais qui scandaliseraient les faibles. La mesure de cette interdiction varie, mais elle existe cependant et son concept doit être suffisamment pris en compte en sorte que celui pour qui Christ est mort ne souffre point de complexe, car il est écrit : ‘‘Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés; à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Esaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse.  Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes; car son repentir ne put avoir aucun effet’’(Hébreux 12.15-17).

 

7. Revalorisation des dons, talent perdu, rouillé dans l'obscurité, souveraineté de Dieu


Il devient fréquent de constater que des Pasteurs s’attribuent eux-mêmes leur prétendue supériorité, se basant sur leur capacité à produire des miracles, à enseigner, et clameront plusieurs, une onction particulière repose sur leur vie. Or, tout est dû à la grâce de Dieu, et ainsi la vantardise est hors de place. Nous n’avons aucune raison de nous prétendre supérieurs aux autres, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons, tout ce qui est bien, nous le devons à la grâce gratuite et riche de Dieu. Il serait vraiment absurde et inapproprié pour un pécheur sorti de la destruction par la seule grâce souveraine divine de se glorifier des dons gratuits de Dieu.

 

Le fait que beaucoup de regards sont fixés sur les croyants et non sur Dieu, créé toujours des effets négatifs ; lorsqu’ils vivent péniblement avec des difficultés ou des tentations, certains sont freinés dans leur élan pour Christ, découragés, ils manquent de constance et de patience comme si Dieu n’était plus Dieu pour contrôler toutes les situations et faire taire la tempête lorsque la barque semblait à jamais emportée par les vagues furieuses.

 

"Nous sommes faibles, mais vous êtes forts dira l’Apôtre". Tous les croyants ne sont pas exposés de la même façon aux mêmes difficultés. Quelques-uns subissent de plus grandes épreuves que d’autres. L’apôtre Paul ouvre un pan sur les détails de leurs souffrances. Nous y découvrirons combien glorieux sont l’amour et le dévouement qui les ont portés au travers de toutes ces épreuves! Ils ont souffert dans leurs personnes et leurs caractères comme les pires et les plus vils des hommes; comme la saleté du monde, ils ont été balayés au loin : comme les rebuts de toutes choses, les scories de toutes choses. Et chacun de ceux qui veulent être fidèle en Christ Jésus, doit être préparé pour l’insuffisance et le mépris. Quel que soit ce que les disciples de Christ souffrent de la part des hommes, ils doivent suivre l’exemple et accomplir la volonté et les préceptes de leur Seigneur. Ils doivent être contents, avec lui et pour lui, d’être méprisé et abusés. Il est bien mieux d’être repoussé, méprisé, et mal utilisé, comme ce fut le cas de Paul, que d’avoir la bonne opinion et la faveur du monde. Bien que rejeté par le monde comme un vil personnage, nous pouvons cependant être précieux pour Dieu, ramassé par sa propre main, et placé sur son trône.

 

Il ne se peut pas que tout homme de talent soit placé dans un lieu où on l'appréciera. Il ne s'agit pas d'une jouissance d'amour-propre, mais de l'exercice d'une activité. C'est un sacrifice, mais qu'il faut accomplir. Le sacrifice étant le plus haut degré de l’amour, il va s’en dire qu’au bout du compte, il pénètrera les profondeurs de la pensée de Dieu pour réveiller par la puissance du Saint-Esprit, les talents endormis enfouis dans l’obscurité de l’ignorance de plusieurs. Ce qui est le fait de Dieu, nous n'en sommes pas responsables, et nous devons l'accepter sans murmure. C’est ce qui explique parfois notre solitude qui loin d’être un rejet est un isolement de la foule pour une formation spécifique comme fut le cas d’Elie ou de Jean Baptiste.

8. Isolement pénible à celui qui a connu les charmes de la vie sociale

Dans la marche du Ministre pour sa perfection dans le service, il sera amené à expérimenter des choses qui ne sont pas le lot de la multitude. Cette situation qui le conduira parfois dans des situations inconfortables convaincra parfois à tort certains qu’il est rejeté de Dieu et pourtant, il est pour un temps, soustrait du regard des hommes pour que la main puissante de Dieu le façonne. Pour une mission bien remplie, le Prophète Elie dû sur recommandation divine se séparer de la foule pour aller aux bords d’un torrent auprès duquel il sera de manière exceptionnelle nourri et par les corbeaux (oiseaux pourtant impurs en Israël). Lorsque le torrent sèchera, il sera encore conduit ailleurs jusqu’au temps marqué par Dieu. Paul après sa conversion ne se retira pas en Arabie ? Jean Baptiste ne fut-il pas dans le désert jusqu’au temps maqué où il devait publiquement exercer son ministère ?

 

Il peut à tout moment selon le saint conseil de Dieu, que nous soyons isolés des autres pour un but. Dans un article paru dans Promesses, l’auteur disait qu’il faut arrêter avant d’être arrêté. Des moments d’isolement nous sont parfois imposés par les maladies, les évènements malheureux, les périodes d’incompréhension, de discipline, etc. Mais souvent, nous arrive-t-il de comprendre la voix De Dieu à cette époque là ? Laissons à Dieu la souveraineté à Dieu pour nous conduire dans l’isolement de Patmos afin de nous révéler de grandes choses pour son royaume sans avoir à être inspiré par la peur. Défions les obstacles et fonçons avec Dieu vers de nouveaux horizons de la nouvelle dimension de sa puissance qui doit se manifester en nous.

 

9. Le Pasteur inspire une espèce de défiance et de peur

En Afrique, il arrive bien souvent d’entendre dire : ‘‘il est pauvre comme la souris de l’église’’ ou bien, ‘‘celui là a un salaire de catéchiste’’.  Nous comprenons par là que l’ouvrier de l’église en l’occurrence le Pasteur est un homme d’office frappé de la malédiction de la pauvreté. On ne devrait donc rien attendre de meilleur dans le domaine financier le concernant. Peut-être est-ce le laxisme et la mauvaise interprétation des Ecritures qui en sont la cause ? Dans mon ancienne église, il nous avait été prêché aux premières heures de mon service pour Dieu que le travail spirituel est utile à tout et largement suffisant car la grâce de Dieu nous suffit. Aussi, il fallait prier, lire la Bible et jeûner comme si cela fournirai de la nourriture à la famille. Cette situation a poussé nos enfants à ne pas pousser les études au loin. A cause de cette situation pour le moins rocambolesque, plusieurs on été inspiré de la peur quant à la fonction pastorale. Pour bien des gens, il est le représentant du côté triste de l'existence humaine car leur vie n’est pas épanouie. Parce que le Pasteur doit se retirer de la mondanité pour plaie à son Seigneur, le Pasteur est qualifié de tout ce qu’il y a de négatif et de lugubre, etc. C’est ainsi que le Pasteur sera considéré de sorcier à cause de la puissance divine qui en lui produira la guérison, la délivrance des âmes envoûtées, Le ministre semble porter le deuil de la vie pour plusieurs raisons : ceux qui pensent que se confier en Dieu est une utopie parce qu’il faut se débrouiller à côté pour la protection voit dans la personne du Pasteur, un instrument de destruction, voire de perdition ; d’un autre côté, parce qu’il ne partage pas forcément les point de vue de tous parce que devant ramener toute pensée à Christ, il devient un homme redoutable qui inspire méfiance. Plusieurs défis du Ministère poussent le Pasteur à porter devant Dieu et non devant les brebis les situations de sa vie tant que la situation du Ministère et du domaine social. Ce silence par respect de la déontologie ou de l’éthique pastorale, place le Ministre de Dieu dans les rangs des suspects. Les hommes traversent des situations, mais la sienne est grave, et la gravité toujours confine à la tristesse. Cela le relègue dans une espèce de solitude, qui augmente encore celle qu'il doit se faire à lui-même par les convenances de son état. Là subsiste le double danger de plaire ou de déplaire.

 

10.      Double danger de plaire et de déplaire au monde.

Le Dictionnaire Encarta 2009 définit la mondanité en ces termes : ‘‘goût pour la pratique des habitudes et des distractions propres aux personnes des milieux aisés et en vue’’. Le monde ici n’est ni la planète sur laquelle nous vivons, ni la création qui nous entoure. Il s’agit plutôt de l’ensemble du système érigé par l’homme dans le but d’être heureux sans Christ. Il peut inclure le monde de la culture, de l’opéra, de l’art, de l’éducation, en un mot, tout domaine d’où l’amour du Seigneur Jésus est exclu. On l’a défini en ces termes: « La société humaine organisée sur de faux principes, et caractérisée par de vils désirs, de fausses valeurs et par l’égoïsme. » La mondanité consiste donc à aimer les choses qui passent.

Plus on avance dans le ministère pastoral, plus la tentation devient de plus en plus grande. Généralement, le début dans le service pastoral est un moment empreint de beaucoup d’humilité, de crainte de Dieu, du désir de mieux faire, de la recherche de la volonté parfaite de Dieu et l’ardente passion pour une vie de sanctification, mais plus on avance, plus la simplicité gagne du terrain. Lorsque l’église grandit, la tentation de s’affirmer, d’être apprécier, de ce faire accepter comme le meilleur devient réelle et incontournable. Il faut une profonde humilité, une vie effacée et la grâce de Dieu pour ne pas tomber dans le piège de l’orgueil. Il est certes vrai, les choses du monde peuvent être désirées et possédées pour les emplois et les buts que Dieu a prévus, mais, elles doivent être utilisées par sa grâce, et à sa gloire seulement. Le danger fréquent est que les croyants ne doivent pas les rechercher ou leur donner une valeur qui donne prise au péché. Le monde met un obstacle entre le cœur et Dieu ; et plus l’amour du monde prédomine, le plus l’amour envers Dieu va faiblir.

Les choses du monde sont classées d’après les trois inclinations souveraines suivantes d’une nature dépravée :

1. Le désir de la chair, du corps : les mauvais désirs du cœur, l’appétit de rechercher toutes choses qui excitent et enflamment les plaisirs sensuels.

2. Le désir des yeux : les yeux prennent plaisir aux richesses et aux riches possessions; ceci est le désir de cupidité.

3. La fierté, l’orgueil de la vie: un homme vain désire ardemment la grandeur et le faste d’une vie dont la gloire est vaine; ceci inclut la soif des honneurs et des applaudissements.

Ces vanités sont si attrayantes à la corruption dans nos cœurs, que sans une prière constante nous ne pouvons pas échapper au monde, ou obtenir la victoire sur son dieu, son prince, son système et son emprise.

Si on plaît par contre au monde, on s'attache à ce succès, et on veut se l'assurer pour la suite. Et puisqu’il est dur de se voir déserté après s'être vu fêté, une subtile invention de toute pièce sera à chaque fois orchestrée pour maintenir apparemment la barre toujours haute. Une stratégie mondaine fortement inspirée par Satan sera alors utilisé pour favoriser l’effervescence émotionnelle des chrétiens de la communauté au détriment de l’action du Saint-Esprit. Nous ne devons jamais l’oublier, tout amour-propre à part, il est pénible de renoncer à la bienveillance de ses semblables, et de n'avoir pas la paix avec tous les hommes. Il n’en peut autrement, si l'on déplaît, on s'en attriste, ou l'on s'en irrite, et l'on fait tout pour déplaire davantage. On peut abuser de cette pensée que la vérité offense ; on peut vouloir ajouter à cette impopularité de la vérité avant d'avoir soumis les cœurs. Le ministre doit se concilier l'affection des membres de son troupeau ; et s'il est impopulaire, il doit examiner sa conduite, pour voir si cette impopularité ne vient pas de lui. Quoi qu'il en soit, les deux dangers existent, nous côtoyons deux abîmes et le danger de l’amour propre reste présent à chaque étape, tendant subrepticement ses tentacules pour enlacer ce Pasteur non éveillé.

11.      L'amour-propre est fort en jeu dans une profession qui expose, aux regards, qui est intellectuelle, et qui touche à l'art et à la littérature

L’amour propre est le sentiment de dignité et de valeur (qu'éprouve une personne à l'égard d'elle-même). Toute personne élevée à une certaine position de dignité ou d’autorité se sentira obligatoirement attirée vers l’estime de soi. Les diverses pressions du ministère poussent souvent le Pasteur à défendre de temps en temps son amour propre parfois menacé de dénigrement, de calomnie, d’incompétence et autre facteurs blessants. Lorsqu’il est débordé, la chair devient le lieu de prédilection pour débiter des mots hors contextes visant juste à défendre son amour que menace ruine.

Face à cet amour propre, Paul peut déclarer en toute honnêteté qu’il s’efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non son avantage, mais celui du plus grand nombre. Peu d’hommes ont vécu comme l’apôtre une telle vie de renoncement au service des autres. L’amour ne fait rien de malhonnête. Si une personne agit par amour, elle sera forcément courtoise et pleine d’égards. L’amour ne cherche point égoïstement son intérêt, il s’intéresse plutôt à ce qui profite aux autres. L’amour ne s’irrite point, il supporte patiemment les affronts et les insultes. L’amour ne soupçonne point le mal, c.-à-d. qu’il n’attribue pas de mauvaises intentions aux autres. Il ne suspecte pas leurs actions. L’amour est une preuve tangible de la régénération, et c’est une pierre de touche de notre foi qui est professée en Christ. La charité est un ennemi total à l’égoïsme; elle ne désire ni ne cherche sa propre louange, ou son honneur, son profit, ou son plaisir. Ce n’est pas que cette charité détruit toute estime envers nous-mêmes, ou que l’homme charitable doive négliger lui-même et tous ses intérêts. Mais la charité ne cherche jamais sa satisfaction en blessant les autres, ou en les négligeant. Elle préfère toujours le bien-être des autres à son avantage privé. Combien est accommodante et aimable la charité chrétienne! Combien le christianisme apparaîtrait comme excellent au monde si ceux qui le professent vivaient plus sous ce principe divin, et considéraient avec l’estime qui lui est due le commandement sur lequel son Auteur béni a mis principalement l’accent! Demandons-nous si cet amour divin demeure dans nos cœurs. Est-ce que ce principe nous a guidés dans notre comportement envers tous les hommes? Est-ce que nous sommes disposés à mettre de côté des objets et des buts égoïstes? Il y a ici un appel à la vigilance, l’assiduité, et la prière.  

Le ministre peut rassembler la multitude pour lui parler de ce qu'il veut. Il ne serait pas étonnant de constater que plusieurs eussent embrassé cette profession dans cette espérance. Le troupeau devient alors un public, l'auditoire un tribunal. La position du ministre et ministère dans ses principes deviennent faussés de fait ; la généreuse indépendance du Pasteur, son autorité sont compromises ; il s'est imposé un joug. Il ne prêche plus Dieu, il se prêche lui-même, et par un sacrilège dont il est difficile de mesurer l'étendue, la chaire devient un théâtre, des podiums pour sa vanité dans ses jugements, condamnation et sentence parfois allant jusqu’à la peine capitale. Ce mot semble dur ; et cependant, en rentrant en soi-même, on trouve qu'il n'est souvent que trop juste. A la suite des triomphes oratoires, le Pasteur pourra recueillir des éloges : à chaque éloge un reproche retentira dans son cœur. Ah ! Qu’il préfère aux louanges le respect silencieux d'une âme fidèle qui l'a écouté dans le recueillement et dont il a touché le cœur, victoire bien plus grande que d'avoir excité une stérile admiration. L'amour-propre est notre plus terrible ennemi, parce qu'il est le plus proche. Tout le monde est avide de louanges ; seulement il y a un amour-propre robuste et sans retenue (c'est la vanité), comme il y a un amour-propre maladif et qui se modère. On a baptisé ce dernier du nom de modestie. Ce n'est pas une vertu, c'est une qualité humaine, une simple marque de bon sens : Il y a loin de la modestie à l'humilité ; la vraie humilité est un miracle, il faut une grâce surnaturelle pour la donner au ministre. Il n'y a que l'amour qui puisse, dans son cœur, détrôner l'amour-propre. L'amour est une préoccupation ardente, passionnée, qui distrait de tout ce qui n'est pas lui, du blâme comme de l'éloge. C'est dans l'amour que la conversion s'organise. Il faut aimer son troupeau pour bien le prêcher.

‘‘Il est une forme de l'amour-propre qui se manifeste dans le ministère plus que dans toute autre profession : c'est l'amour du commandement. Le Pasteur est dans sa paroisse le seul de son espèce ; il est appelé à commander. En public, du moins on ne peut discuter avec lui ; il a le monopole de la parole. Souvent il a affaire à des pauvres qui lui témoignent un grand respect, parce qu'ils sont plus ou moins dépendants de lui. Cette habitude du commandement, si facile à contracter, rend étroit, fausse la vue, éloigne ceux qui ne peuvent pas sacrifier leurs goûts à celui du Pasteur’’. Chrysostôme a développé avec une force admirable les dangers de l'amour-propre dans le ministère.

Le danger de l'amour-propre est plus grand chez le protestant que chez le catholique, qui parle beaucoup moins. Il est difficile que le ministre protestant ne se laisse pas un peu aller à cette idée d'être bon orateur. Au bout du compte, le bon prédicateur est bon orateur. Et en cherchant la perfection pour elle-même, il est bien difficile de ne pas la chercher pour plaire, ne fût-ce qu'à soi-même. Cela conduit à ne voir dans les idées de la prédication qu'un substratum neutre qui n'a de valeur que par la forme qu'on lui donne. Et lorsque la popularité est fortement implantée et fait bonne impression parmi le troupeau qui en a prit goût, le changement est sujet à un grand combat intérieur entre la foi de la victoire et le doute des frères du refroidissement émotionnel des membres de l’église.

 

12.      Combats intérieurs entre la foi et le doute 

Les devoirs d’un Pasteur et de son troupeau sont tels que le troupeau doit révéler les problèmes de la fonction pastorale, avec respect et obéissance. Le Pasteur quant à lui, il doit en retour avoir soin du troupeau et le chérir par des témoignages de satisfaction, de joie, et de tendresse. Il doit en outre donner à ses brebis des enseignements appropriés, leur administrer des soins appropriés, s’assurant qu’elles sont aimés de lui et qu’à leur tour, ces brebis manifestent une reconnaissance à son endroit. L’attitude de Tite durant son séjour à Corinthe  nous laisse une belle illustration.  Il était venu à aimer encore plus les Corinthiens, mais au-dedans de lui, il éprouvait une sorte de crainte et tremblement. Cette attitude d’anxiété pleine de sollicitude s’expliquait dans l’appréhension que l’amour ne parvienne pas à faire tout ce qui est nécessaire (explique C. Hodge dans The Second Epistle to the Corinthians, 1959). En fait, Tite, de toute évidence, ignorait quel accueil lui serait réservé en débarquant sur la côte méridionale de la Grèce. Peut-être s’attendait-il au pire. Mais lorsqu’il arriva, non seulement les Corinthiens le reçurent à bras ouverts, mais ils se firent aussitôt aimer de lui en se soumettant d’emblée aux instructions qu’il leur donnait de la part de Paul (2Cor 7.12-16).

Peut-être ces combats plus fréquents et plus profonds chez le Pasteur que chez le simple fidèle, et au milieu desquels desquels il faut poursuivre l'œuvre du ministère. Le doute, comme fait psychologique, a été peu étudié ; il y a un doute philosophique et un doute d'ignorance : nous les laissons de côté. Mais n'y a-t-il que ceux-là ? N'y a-t-il pas un état où les meilleures preuves laissent dans le doute ? Les preuves intellectuelles sont là, et l'âme est incertaine. La certitude chrétienne est autre chose que la certitude de l'intelligence. Le doute est un état de néant, un état de tentation où tous ont passé. Quand la vie faiblit, la foi faiblit. La foi crée la vie, mais la vie entretient la foi. La foi est une vue ; quand elle ne l'est pas, elle descend au rang de croyance. La foi est une, mais elle a ses degrés. Et si, au milieu d'une situation pareille, on pouvait se retirer, se recueillir, interrompre des travaux qui tous supposent la foi, on ne serait pas si malheureux ; mais on ne le peut : il faut toujours prêcher. Chacun peut se trouver dans l'état où tomba Richard Baxter, se sentir tout à coup dans un vide absolu, où tout échappe, même les croyances fondamentales. Cet état est affreux. Il faut en sortir, pour s'efforcer de tendre de nouveau toutes les forces de l'esprit dans une prière fervente.

Dans la marche du ministère, il y avait toujours des combats, de l’opposition ou des luttes continuelles entre la vérité et l’esprit du mal. Le Pasteur, bien que confiant en Dieu à l’intérieur ne sait pas toujours ce qui peut survenir d’un moment à l’autre. Alors, il y a toujours des craintes et une grande inquiétude pour ceux qui ont embrassé la foi chrétienne. Le parcours de la foi marque toujours des surprises, le Saint-Esprit ne nous avertissant pas constamment de tout ce qui se trame contre nous ou qui doit arriver. Le célèbre Prophète Elie ne dit-il pas à notre grand étonnement : ‘‘cette femme souffrait en son cœur, mais l’Eternel me l’a caché’’ ?

Dans son deuxième Epître au Corinthiens, Paul avait quitté Ephèse pour Troas à la recherche de Tite. Mais ne l’ayant pas trouvé là, il s’était rendu en Macédoine. Son arrivée dans cette province ne lui avait pas procuré le repos qu’il cherchait. L’inquiétude le rongeait encore, il était affligé de toute manière. Au dehors, l’ennemi continuait de le harceler impitoyablement, au-dedans il était assailli par les craintes et l’angoisse, sans doute liées au fait qu’il n’avait pas encore revu Tite. En effet, à Troas, où il attendait le retour de Tite qui lui rendrait compte de la situation à Corinthe, il a traversé la mer Égée pour atteindre la Macédoine, afin d’y rencontrer Tite. Là, Paul, anxieux, dut affronter de nouveaux déboires dont les Actes  20.1-3 n’en disent rien qui semble-t-il, n’avaient aucun rapport avec Corinthe.  L’expression luttes au dehors, craintes au-dedans’’ (2 Cor 7.5) est bien une réalité dans le quotidien du Pasteur car il est exposé à tout moment devoir l’écart entre l’homme qu’il est et les exigences qu’imposent son statut, sa nature, sa disposition de Pasteur ou Prédicateur de la bonne nouvelle.

En nous référant à 2Corinthiens  6.3-8,  comment faire pour ne donner aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme en nous rendant à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu devant beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ? Comment en ces temps horribles, manifester la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice ? Comment enfin vivre ces choses au milieu de la gloire et de l'ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques ? Une réponse aisée n’est pas possible. Nous ne pouvons regarder que vers la grâce de Dieu pour notre changement parfois en passant par le feu de l’épreuve de brisement pour que nous répondions aux critères qu’il avait d’avance préétabli. Mais comme nous sommes hostiles au changement ! Que Dieu nous aide à être des vases que le Seigneur tient entre ses mains, pouvant le briser et le pétrir à nouveau pour lui donner enfin la forme de son choix !

13.      Humiliation intérieure de se sentir si distant du prédicateur qu’il est supposé être

Un Serviteur de Dieu déclara tout haut un jour qu’il est plus facile à la famille d’un Pasteur de déterminer plus que quiconque s’il était un bon serviteur de Dieu ou pas. Ceux qui côtoient le quotidien du Pasteur ont-ils toujours un bon témoignage de ce que l’on s’attendait être à l’issu de ses prédications ? Il expose peut-être et de temps en temps les péchés, mais, malgré sa profession de foi et ses vaines prétentions, est-il le modèle que dieu attendait ? Il ne faut pas ce faire une idée selon laquelle, croire, être humble, glorifier Dieu avec reconnaissance est la racine et la plénitude de la foi authentique. Mais l’orgueil, la vantardise et la vaine gloire en Dieu manifestés par la confession extérieure de son nom, ne sont en fait que la preuve, la racine et la plénitude de toute hypocrisie. La fierté spirituelle est la plus dangereuse de tous les genres de fierté. L’un des grands maux des péchés des Professeurs de Théologie et des Pasteurs est le déshonneur qu’ils font à Dieu et à la foi chrétienne est de ne pas vivre selon ce qu’ils professent. Beaucoup méprisent leurs prochains plus ignorants qui restent dans une forme morte de piété ; et cependant eux-mêmes font confiance dans une forme de connaissance, également vide de vie et de puissance, tout en prenant quelque gloire dans l’évangile, et leur vie profane déshonore Dieu dont le nom est ainsi blasphémé au dehors.

Quel est l'homme le plus fidèle qui n'ait faibli ? On se sent repris par ces paroles : ‘‘Quoi donc! tu énumères mes lois, et tu as mon alliance à la bouche, toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi! (Psaumes 50.16-17). Cette parole de Dieu embarrasse tout vrai Pasteur dont la actes peuvent facilement produire la vie et la mort.

 

14.      Pensée angoissante de savoir qu'on porte dans ses mains les destinées de beaucoup d'âmes, et qu'on exerce un ministère qui, s'il ne fait pas vivre, tue

Pour ceux qui sont sauvés, les chrétiens sont une odeur de vie, donnant la vie, mais pour ceux qui périssent, ils sont une odeur de mort, donnant la mort. Un événement de l’A.T. illustre admirablement ce double aspect. Lorsque l’arche de l’alliance fut prise par les Philistins, elle provoqua mort et destruction aussi longtemps qu’elle se trouva parmi eux (1Sam 5). Mais lorsqu’elle fut introduite dans la maison d’Obed-Edom, elle procura bénédiction et prospérité pour lui et pour toute sa maisonnée (2Sam 6.11). Phillips commente cet aspect en ces termes : nous sommes « le parfum suave de la vie elle-même » apportant la vie à ceux qui croient, mais « une odeur mortelle de malédiction » pour ceux qui refusent de croire. En mesurant l’écrasante responsabilité de transmettre un message qui a des répercussions si importantes, il s’écrie : Et qui est suffisant pour ces choses ?

Le Pasteur peut tuer, en aggravant la condamnation des membres de son église, ainsi, ceux qui, pouvant en profiter, n'en profitent pas. Voilà quant au ministère fidèle. Quant à celui qui est exercé sans fidélité, et dans lequel la vie ne répond pas aux paroles, il tue d'une autre manière. Et cette pensée, que les scandales que nous donnons sont les plus grands de tous, et que la moindre de nos infidélités a des conséquences graves, est bien propre à nous épouvanter, et à nous faire dire : Seigneur ! Envoie quelque autre !                                                                                          

‘‘L'Evangile de la plupart des gens du monde est la vie des prêtres dont ils sont témoins. Et cela sera toujours, même au sein du protestantisme. Ils regardent le ministère public comme une scène destinée à débiter de grandes maximes qui ne sont plus à la portée de la faiblesse humaine, mais ils regardent notre vie comme la réalité et le véritable rabais auquel il faut se tenir. Et plus loin : Nous sommes les colonnes du sanctuaire, mais qui, renversées et dispersées dans les places publiques, deviennent des pierres d'achoppement aux passants’’ (Massillon). Lorsque cette vie scandale du Ministre de l’Evangile devient récurrente, l’habitude dont elle est caractérisée devient un facteur de destruction de tout ce qui a pu être semé pendant la bonne saison du Ministère, il ne restera qu’à s’exclamer : Quel désastre !

15.      L’habitude  qui peut produire une destinée

Il ya près de dix de cela, le Seigneur me persuada d’aller demander pardon à une fille avec qui j’avais avant ma conversion, entretenu des relations coupables. En effet, elle me pressa tellement de l’épouser en dépit de mes fermes propos : ‘‘je ne serai jamais polygame car ma mère en a souffert au point d’en trouver la mort ‘’.  Chaque donc, elle utilisait la stratégie de Délila envers Samson, et un jour, pour me débarrasser d’elle bien qu’au dedans de moi, mon nom restait ferme, je lui avouais verbalement, mais par mensonge : ‘‘oui, j’ai compris, on se mariera’’. Quelques mois après, je rencontrais Christ, mais elle garda la promesse en son cœur comme un trésor. Un incident l’amena néanmoins à se marier. Lorsque convaincu que ma parole me liais, je suis aller chez elle lui demander pardon et fut frapper de ce qu’elle m’apporta un tableau accroché au chevet de son lit sur lequel il était écrit : ‘‘A force de vivre ce qu’on n’aime pas, on finit par accepter ce qu’on vit’’.  Elle voulait dire qu’elle n’a pas aimé son foyer, mais l’habitude l’a amené à s’y accommoder bien que son cœur éprouve une autre chose. Les blessures de mon mensonge avaient causé une grande plaie dans son cœur.

Pour le Pasteur par contre, le plus déplorable est vécu lorsque ces blessures, que les consolations de Dieu devaient seules fermer, viennent à être fermées par l'habitude et par une mauvaise résignation ; ce qui malheureusement, n'est que trop souvent le cas. Nous ne devons jamais l’oublier, le repentir répété use l'âme et la met de fait, dans de mauvaises humeurs contre elle-même.

Conclusion :

Toutes ces peines sont fort sensibles, mais parmi elles, il faut avouer qu'il est plus funeste d'éviter que douloureux de subir. Toutes en effet, ont besoin d'être prévues, et comme savourées d'avance afin que toujours préparé, nul n’attrape aucune crise par ces évènements imprévisibles dont le Pasteur qui qu’il soit doit affronter un jour où l’autre. A cette énumération peut-être incomplète, et dont peut-être aucun trait n'est accusé assez fortement, on peut opposer sans doute, comme compensation, les avantages suivants : La foi en Christ, qui est la chose la plus excellente et le tout de l'homme, est, pour le ministre, l'office et le devoir de tous les jours, de toutes les heures, de toutes les circonstances. En effet, le ministère il faut l’avouer sans équivoque, fait partie de la vie intégrante du Pasteur de part sa vocation et se mêlant de fait à la vie des autres hommes qu’il dirige et il faut l’avouer, devant d’une  manière ou d’une autre composer la sienne.

Il vit au milieu des idées les plus hautes, les plus basses, les plus profondes et les plus vastes, et des occupations de l'utilité la plus absolue.

Il n'est appelé à faire que du bien ; rien ne l'oblige ou ne le tente à faire du mal qui n’était plus supposé l’habité.

Il n'occupe aucun rang dans la hiérarchie sociale, n'appartient à aucune classe, mais sert de lien à toutes ; représente en soi, mieux que personne, l'unité idéale de la société.

La vie du Pasteur lorsqu’elle aborde de petites circonstances défavorables, est manifestement la plus propre à réaliser l'idéal d'une vie heureuse. Il y a une grande régularité, une sorte de calme uniforme, qui est peut-être la vraie latitude du bonheur terrestre. La prédilection des poètes et des romanciers pour le personnage du Pasteur de campagne n'est pas sans fondement. Tout cela n'est vrai qu'à supposer que le Pasteur soit fidèle et plein de l'Esprit de Dieu pour prendre conscience de son état. Et lorsqu’il l'est, tout est contrebalancé, corrigé, transformé, et il lui suffit, sans peser minutieusement les inconvénients et les avantages, de faire une réflexion : Jésus-Christ assigne à ses ministres de pénibles épreuves intérieures et extérieures, afin qu'ils puissent sympathiser avec leur troupeau, et connaître, par leur propre cœur, la séduction du péché, les infirmités de la chair, et la manière dont le Seigneur soutient et supporte tous ceux qui se confient en lui. En sorte qu'en un certain degré on peut transporter au ministre ce qui a été dit de Jésus-Christ : ‘‘Nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos infirmités, puisqu'il a été tenté de même que nous en toutes choses’’ (Hébreux 4.15)

Enfin la Parole de Dieu, d'une manière directe ou indirecte, bénit particulièrement les travaux et l’état du Pasteur. Elle déclare que ‘‘ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur de l'étendue ; et que ceux qui en auront amené plusieurs à la justice luiront comme des étoiles à toujours et à perpétuité’’ (Daniel 12.3)

En promettant aux ministres immédiats de Jésus-Christ que, dans le renouvellement de toutes choses, ils seront assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d'Israël, elle fait pressentir, pour leurs successeurs, une gloire et des récompenses proportionnées (Matthieu 19.28)

Elle honore et bénit tellement le ministère, que les secours mêmes qui lui sont prêtés sont l'objet de promesses spéciales : Celui qui reçoit un Prophète en qualité de Prophète, recevra une récompense de Prophète (Matthieu 10.41).

L’ignominie la plus grande que nous pourrions endurer sur terre pour Christ nous paraîtra comme une futilité lorsqu’Il nous appellera à nous présenter devant les multitudes célestes. Même les supplices atroces des martyrs leur paraîtront comme des piqûres d’épingle à l’instant où le Sauveur posera sur leur tête la couronne de vie. Ailleurs, nos souffrances présentes sont comme des afflictions légères et éphémères, tandis qu’elles produisent pour nous un poids éternel de gloire (2Cor 4.17). Le Pasteur, Ministre de Dieu sur terre se doit face aux tribulations diverses dont il est fréquemment victime comme insignifiantes face à la gloire qui sera la sienne !

 

Les Pasteurs d’aujourd’hui n’ont qu’une faible idée des souffrances des anciens saints, considérés comme des parias, méprisés, persécutés, tués (Rom 8.36 ; 2Cor 11.23-28), ainsi, le Ministre de l’Evangile a besoin de patience, notre chemin est rugueux et long, mais Celui qui doit venir viendra, même s’il semble tarder. Surtout, il ne faudra jamais oublier pendant que nous franchissons les pentes sinueuses et désertiques des périodes sombres de notre ministère qu’il est dit : ‘‘Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui’’ (Hébreux 10.38).

Dr André CHOUBEU

 

 

Voir les commentaires

Les types de personnalité que peut avoir un couple

17 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

LES TYPES DE PERSONNALITES QUE PEUT AVOIR UN COUPLE

 

 La connaissance du type de la personne avec qui nous cohabitons est d’une importance vitale. Cela nous permettra d’éviter des querelles fréquentes si nous savons gérer la complexité qui réside dans la diversité les caractères. En général, il existe deux types d’hommes :

le silencieux : ce type de personnes parfois très passives, peuvent faire des semaines avec l’autre sans lui adresser un mot et sans se gêner. Il se plaît dans cette attitude renfermée, solitaire et silencieuse parfois au moment où sa communication était avantageuse. Un époux de ce genre verra son foyer s’ébranler ou parfois s’écrouler parce que la femme aime les petits détails. Il est vrai que parfois, cette attitude est due aux frustrations, abus, blessures de l’âme ou chocs psychologiques du passé qui n’ont jamais été guéris. L’étude de son conjoint est donc très importante.

le bavard : lorsque vous êtes avec ce genre de personnes, elles aiment non seulement parler, mais ne pas contrôler si vous en êtes intéressés ou pas. Son langage très aisé et facile débite des choses nombreuses parmi lesquelles parfois existent des illusions.

 

  Les sous-types de ces deux principaux types d’hommes sont diversifiés :

  Le justificateur, le justicier, le raisonneur, le franc parleur, l’intolérant, le légaliste, le coléreux, le vengeur, le pacifiste, le sournois, l’hypocrite, le sournois, etc. Le comportement de chacun des cas ici cités est différent et il faut une connaissance réciproque pour faciliter une vie commune dans l’harmonie.

 

  Deux amis de longue date étaient l’un de type bavard et l’autre silencieux. Nous les appellerons Tumulte et Mer morte. Lorsque les deux se retrouvaient, Tumultueux enclenchait aussitôt des interminables discours. De temps en temps, Mer morte hochait  simplement la tête. A la fin de leurs retrouvailles, chacun regagne son domicile avec une satisfaction totale. La chose dura longtemps mais un jour, Mer morte était débordée. Le refoulement s’imposait et il avait besoin d’une aide. La présence subite de Tumultueux fut par lui perçu comme salutaire car il croyait enfin se libérer en obtenant de son ami quelques conseils salutaires. Comme d’habitude, Tumultueux se mit à débiter de tout et de rien et croyait que les choses seront comme toujours. C’est alors que ne pouvant plus supporter, Mer morte craqua et se mis à pleurer amèrement. Tumultueux cru d’abord à une plaisanterie avant de réaliser quelques instants plus tard que la chose avait pris un autre sens. Il apprit enfin à écouter à cause de l’amour qu’il avait pour Mer morte et leur amitié dès ce jour changea d’attitude car chacun appris une nouvelle leçon.

 

  Dans le foyer, il est important non de réagir émotionnellement de manière immature, mais de s’étudier afin de savoir être le partenaire qu’il faut pour son conjoint.

Dr André CHOUBEU

(extrait de son livre ‘‘Le Secret d’un Mariage heureux’’.

Voir les commentaires

LA REALITE DE L'ENFER

17 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

LA REALITE DE L’ENFER

 

 

Introduction :

 

De plus en plus, les valeurs morales s’effondre, la Bible est prise juste comme un livre de bon sens plus ou moins vrai. Dans certains milieux, on doit adapter la Bible au contexte mondial et non le contraire. Nombreuses sont les religions où la notions de l’enfer est un mythe. Dans ces milieux il est dit que le Dieu si bon ne pourra pas conduire ses créatures en enfer. Certaines doctrines affirment même qu’à la fin, tous les péchés seront imputés au bouc émissaire qui est le diable et tous les hommes seront sauvés. Les textes bibliques sont  pourtant clairs :

« Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles » (Apoc 2.10)

« Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort » (Apoc 21.8)

En fait, qu’est-ce que l’enfer, l’enfer existe-t-il vraiment, qu’est ce qui arrivera à ceux qui iront en enfer ? Pendant combien de temps durera l’enfer ? Quelle sera la condition de vie en enfer ? Les textes bibliques ci-après nous éclaireront :

 

La réalité de l’enfer :

 

Le mot enfer tire son origine de l’expression latine qui signifie ‘‘région inférieure’’ (Eph 4.9). Faisant allusion à l’enfer, le Seigneur Jésus utilise l’expression ‘‘géhenne’’. Ce mot désigne la vallée de l’Hinnom où les juifs faisaient passer leurs enfants par le feu continu en sacrifice à Moloch (2 Rois 2.10). Ce lieu appelé en hébreux ‘‘Topheth’’ qui signifie ‘‘lieu d’horreur était fort bien l’expression de l’atrocité, de la souffrance vécu en enfer.

L’enfer dépeint dans la Bible : Un nombre impressionnant de passages bibliques et d’expression dépeignent ce lieu affreux :

Bûcher enflammé par le souffle de l’Eternel (Esaïe 30.33 ; Deut 32.22

Les flammes éternelles (Es 33.14 ; Luc 16.24 ; 2 Thess 1.7-8)

Le ver qui ne meurt point (Es 66.24 ; Marc 9.48)

L’opprobre, la honte éternelle (Dan 12.2)

Le feu quine s’éteint point (le feu éternel) : Mt 3.12 ; 18.8 ; 25.41 ; Marc 9.43,45,48 ; Héb 10.26-27)

La géhenne ou le feu de la géhenne (Mt 5.29 ; 22.30 ; 10.28 ; 18.9).

La perdition (Mt 7.13 ; Rom 9.22 ; Phil 3.19)

La fournaise ardente (Mt 13.41-42,50)

Le lieu de pleurs et de grincements de dents (Mt 13.42 ,50 ; 22.13)

Le châtiment éternel (Mt 25.46)

Le ténèbres (Mt 22.13 ; 8.12 ; 2 Pierre 2.4,17 ; Jude 6.13)

La colère à venir (Luc 3.7 ; Rom 2.5,8-9 ; 5.9 , 1Thess 1.10)

Dehors (Luc 13.25,28 ; Apoc 22.15).

Les tourments (Luc 16.23-28 , Apoc 14.11 , 20.10)

La ruine éternelle (2Thess 1.9 ; 2 Pierre 3.7)

Le jugement éternel (Héb 5.11-6.1-2)

La  condamnation (2 Pierre 2.3 ; Jude 4)

La peine (Jude 7)

La destruction (Apoc 11.18 ; 2 Thess 2.8)

Le reniement (Mt 10.33 ; 7.23 ; Marc 8.38 , 2 Tim 2.12)

L’anathème, la malédiction (1Cor 16.22 , Gal 1.9 , 3.10 ; Mt 25.41 ;

              2Pierre 2.14)

La rétribution (2 Cor 11.15 ; Col 3.25 ; 2 Thess 1.6-7 ; 2 Tim 4.14 ; Apoc

             18.6 ; 22.12)

Malheur (Mt 26.24 ; 11.21 ; 23.13 ; Luc 17.1-2)

L’écrasement (Mt 21.44)

La privation (Mt 25.29 ; Luc 18.18)

Le feu et le souffre (Apoc 14.10)

L’étang de feu, le feu ardent (Apoc 19.20 ; 20.15 etc.)

La seconde mort (Apoc 20.14 ; 21.8 ; 14.10-11 ; 2.11).

 

 La réalité de l’enfer : Les jugements de l’Ancien Testament, frappent sur la terre les hommes de déluge, de Sodome et Gomorrhe, de Canaan, d’Israël même, ne trouvent leur existence dans le Nouveau Testament. Les hommes ne trouvent pas l’amour dans l‘Ancien Testament comme dans le Nouveau Testament. Certains s’abusent et ignorent les pires châtiments du jugement sévère et sans miséricorde de Dieu qui les attendent. Dans l’Ancien Testament, les châtiments étaient physiques, corporels et terrestres donnant aux coupables, l’accès ou la possibilité de se repentir avant de mourir ou en mourant. Par là, le salut de l’âme du repentant était assuré. Il est évident que les incrédules de tout temps n’a jamais manqué. Les châtiments du Nouveau Testament sont plus sévères, essentiellement spirituels et éternels (Héb 10.28-31).

La souffrance de l’enfer sont exprimés par plusieurs termes bibliques parmi lesquels : honte éternelle (Dan 12.2), vers qui ne s’éteint point (Mc 9.48), pleurs et grincements de dents (Mt 13.42), ténèbres de dehors (Mt 22.13), en proie aux tourments (Luc 16.23-24).

La souffrance de l’enfer est effective et manifestée par :

Séparation du lieu de félicité

Abîme infranchissable entre enfer et lieu de félicité

Le perdu possède encore toute ses facultés mentales et il est bien conscient

La souffrance dans son âme

La souffrance physique sans espoir de délivrance

Prière non exaucée

Aucune aide possible, ni du ciel, ni de la terre

Solitude

Condition de vie inaméliorable

 

Quelques leçons de l’université de l’enfer (Luc 16.19-31) :

 

L’enfer est vrai ; un lieu de tourment. La douleur dans ce lieu n’était pas physique seulement, mais aussi morale. Une grave séparation de tous, des amis, de la famille, de ses activités, de son argent, de Dieu surtout.

L’homme riche se souvient qu’il avait déjà entendu parler de cet endroit par Moïse et les Prophètes (les Serviteurs de Dieu), en refusant des les écouter, il avait sans le vouloir, choisi l’enfer. Il regrette aujourd’hui son choix, mais c’est trop tard. Sur terre, il savait que Dieu est très bon, miséricordieux, alors, l’enfer, non, Dieu ne peut pas créer un tel endroit. Il avait oublié que Dieu est juste aussi dans ses jugements et sa justice bien que miséricordieux. Il se disait souvent en lui-même, même si l’enfer existe, d’où viendra le bois ou le gaz pour conserver en permanence ce feu ? Il avait oublié que Dieu est omnipotent. Pour cet homme peut-être, il comprenait que si l’enfer existe, ce serait comme la prison, l’école de reforme où les policiers et autres moyens feraient respecter la loi. Il croyait peut-être aussi que son argent pourrait peser lourd compte tenu par ailleurs de son rang social sur terre. Maintenant, il comprend tout différemment, mais c’est trop tard.

A l’université de l’enfer, il a aussi appris à prier. Il a fait tout de même un progrès : «Je te prie donc, père Abraham… (Luc 16.27) ». Il utilisa pour la première fois le verbe prier et le mis en action. Il pria de manière fervente, mais sa vie de prière était basée sur la théorie qui affirmait que Dieu est une aide au temps de difficultés. En effet quand il y a une urgence ne dit-on pas «prions ? ». Sur la terre, il avait tout, était autosuffisant et n’avait besoin de rien. Son argent lui ouvrait toutes les portes. Maintenant, les choses sont différentes. Sa prière est rejetée, car bien qu’elle soit sincère, elle est venue trop tard.

Il apprit aussi la compassion. Sur terre, il n’en connaissait pas. Le pauvre Lazare était hors de sa clôture, mais il lui faisait jeter les miettes de pain par son cuisinier, mais jamais le laisser entrer. Tant pis s’il crève sous le froid. Lazare avec ses plaies aurait souillé son somptueux palais d’odeur nauséabonde. Alors, il fallait laisser un si sale type dehors pour des raisons de commodité et de noblesse. Jacques à son chapitre 2 et 5 le condamnait et il ne le savait pas.

Il appris encore avec tristesse que ce que l’homme considère n’est pas ce que Dieu considère. En effet, là–bas, les rôles étaient renversés. Le pauvre Lazare qu’il méprisait avait l’air extraordinairement beau dans l’université du Paradis. Plus de plaies qui puent, plus de cicatrices ; bien nourries, très belles, alors que lui, qui avait ce privilège sur terre, vivait l’atrocité des pires tourments à l’université de l’enfer, université où on ne valide pas les matières dans lesquelles il y a eu sous moyenne.

Il appris aussi à témoigner Christ. Il ne l’avait jamais fait sur terre, mais maintenant, il comprend l’urgente nécessité. Il allait à l’église,  donnait de sommes colossales, mais témoigner était pour lui, le rôle du pasteur. Comme il aurait vraiment souhaité témoigner aujourd’hui ! Sortir tous les lundi, jeudi et samedi ou un autre jour pour aller évangéliser ! Il demanda donc à Abraham dans un autre sujet de prière d’envoyer Lazare auprès de ses frères sur terre pour parler de Christ afin qu’eux non plus, ne soient aveuglés par toute la richesse qu’il a laissé. C’est étrange comme l’enfer transforme l’indifférence en zèle inutile parce que l’œuvre de la foi n’avait pas été positive. Comme c’est tard de pratiquer une fausse faux sur des bases purement sentimentale dans un but d’exploitation !

Il apprit aussi et surtout une excellente leçon : la repentance. Il regrettait amèrement aujourd’hui tout ce qu’il avait fait hier. Il est vrai qu’un dicton dit : «Mieux vaut tard que jamais». Mais dans le cas d’espèce, c’est très faux ! Il aurait souhaité que le passé revienne, qu’il se réconcilie avec tous, qu’il envoie son chauffeur s’occuper de Lazare etc., mais c’est trop tard ! Le souvenir est douloureux, il regrette son passé, mais c’est trop tard.

Il crut aussi au miracle, car il a pensé qu’il était possible que Lazare revienne à la vie pour aller prêcher à ses frères. Son avis sur les choses a changé, mais il est trop tard encore !

Il apprit aussi qu’il est impossible que les morts parlent aux vivants et que ceux qui sont  au Paradis puissent aider ceux qui sont en enfer. Un abîme infranchissable en effet sépare les deux lieux.

 

Aucune possibilité du salut n’existe après la condamnation de l’enfer (1 Cor 6.10 ; Gal 5.19-21 ; 2Tim 3.1-5 ; Apoc 22.15).

 

Qui ira en enfer ?

1 Cor 6.10

Gal 5.19-21

2 Tim 3.1-5

Apoc 22.15

 

Est-il possible d’échapper à l’enfer ?

 

Puisque aucune possibilité du salut n’existe après la mort, aujourd’hui est le moment favorable pour échapper à l’enfer car un report peut s’avérer dangereux :

Luc 12.16-31

Hébreux 3.7,8,13

Hébreux 4.1,7

Hébreux 2.3

Esaïe 55.6

Josué 24.15

 

Conclusion :

 

En 1992, alors que j’étais déjà au service de Dieu depuis dix ans et Pasteur depuis quatre ans, j’avais une notion subjective de l’enfer. Parfois, je me demandais si vraiment, ce Dieu si bon et vrai pourrait envoyer les gens en enfer. Bien que je l’affirmais tout haut comme étant vrai, tout bas, je croyais que la miséricorde de Dieu prévaudra sur l’enfer et son cœur paternel n’acceptera pas que ceux qui ont confessé Christ, quelque soit ce qu’ils ont fait après, puisse les conduire dans ce lac de feu et de souffre. Je vivais une vraie vie chrétienne, mais les plaintes et murmures, la suffisance et le désir de la célébrité étaient mon lot quotidien. Pour me consoler je disais parfois, ce sont seulement ceux qui ont commis de graves péchés comme l’immoralité sexuelle, l’idolâtrie, le meurtre qui pourront aller en enfer.

Mais ma fausse conception de l’enfer changea lorsqu’un soir, couché sur mon lit de camping devant ma véranda derrière de très belles fleurs que mon épouse et nos deux fils Eric et Pierre avaient plantées, une chose étrange arriva. Un vent doux soufflait et une bonne odeur sortait de ses fleurs. Alors, je me suis mis à dire : Je ne suis tout de même pas n’importe qui, j’ai des enfants, j’ai une femme ; ils m’ont planté ces fleurs. Je suis bien. Mes pensées furent dirigées aussitôt vers le grand camp que je dirigeais. Dans ce camp de près de deux hectares, il y avait des étudiants venus des pays de l’Afrique Centrale pour la formation biblique. Il y avait aussi des fidèles démunis et persécutés, des enseignants à l’Institut Biblique. J’étais alors Directeur de l’Institut Biblique, Pasteur de plusieurs églises locales crées par mes étudiants. Je me ventais de l’exploit que je fais dans la formation de ces étudiants, élèves Pasteurs de l’Afrique Centrale ; comme Nebudcanetsar, je me glorifiais de mes œuvres. Face donc à ces exploits dont je me constituais l’auteur indéniable, je disais en  mon cœur, voici j’ai fait toutes ces choses, mais on parle mal de moi et mon responsable spirituel l’accepte. Il connait mes efforts et accepte, voire cautionne l’injustice contre moi. Alors, je ne ferai plus rien pour quiconque viendra me voir pour la prière, les conseils et autres. Je me contenterai désormais de la formation des élèves Pasteurs, des églises locales que je dirige et c’est tout. Soudain, j’ai senti une main me soulever. Je réalisai que plus la main m’amenait vers le haut, plus la vie me quittait. Etait-ce dans l’inconscience ou dans le conscient, je ne saurais définir, mais à ce que je sache, je sentis à une certaine hauteur un sentiment de culpabilité me saisir et en larme, je pleurais amèrement pour mon orgueil, ma rébellion, la résignation à persister dans ma suffisance et le refus d’aider quiconque viendra solliciter un conseil spirituel ou une prière. C’est alors que la main qui m’avait saisi me lâcha et pendant que je redescendais de la hauteur où cette main invisible m’avait amené, j’entendis une voix claire disant : « le ciel est une réalité et l’enfer en est une autre. Tu dis que tes frères ont parlé mal de toi, mais moi, qu’est-ce que je t’ai fait ».

A peine revenu à moi-même, je couru dans mon bureau juste à côté et pleuré pendant trois heures. Depuis ce jour, j’eu une autre vision de la notion du péché et de l’enfer.

L’enfer est une réalité, vivons une vie intègre car le ciel est vrai.

Dr André CHOUBEUdownload

Voir les commentaires

lesprit et la puissance d'elie

17 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

André Choubeu 8 septembre, à 13:08

L’ESPRIT ET LA PUISSANCE D’ELIE (Luc 1.17)

INTODUCTION :
Le nom Elie qui signifie « mon Dieu est l’Eternel » devrait ramener le croyant à la pensée d’une manifestation de puissance pour un réel retour à Dieu.

La première manifestation de l’esprit d’Elie :
- 918 avant Jésus-Christ (1 Rois 17)
But : ramener le cœur du peuple au vrai Dieu

Deuxième mention de l’esprit d’Elie :
- 455 avant Jésus-Christ (Mal 4.5)
Ici après 463 ans, le peuple avait de nouveau sombré dans l’apostasie et l’hérésie ; Dieu promet envoyer Jean Baptiste pour agir comme Elie afin de ramener le cœur du peuple à son Dieu. Cela devait avoir lieu 400 ans après Malachie.

Troisième mention de l’esprit d’Elie :
Naissance de Jean Baptiste (Luc 1.17)
En ce temps là, le formalisme religieux était de principe, la multiplicité des mouvements religieux, était établie, semant une confusion inédite. Il fallait un homme à la carrure, à la vie à la spiritualité et à la puissance d’Elie pour :
1) Ramener le peuple d’israél à leurs Dieu (Mt 17.10 ; Mal 5.6 ; 1-4 ; 5-6 : Mt 11.14 ; Mc 9.1-3)
2) Marcher dans la puissance et l’esprit d’Elie devant Dieu
3) Faire retourner les cœurs des pères vers les enfants
4) Faire retourner les cœurs des enfants vers leurs pères
5) Faire retourner les rebelles à la sagesse des justes
6) Préparer au seigneur un peuple bien disposé

Quatrième mention de l’esprit d’Elie : (Apoc11.312)
La compréhension profonde nous interpelle à un réel défi pour le retour de l’église sur le fondement biblique .
A. CONTEXTE HISTORIQUE (1 Rois 16.28-34)
Le mariage d’Achat avec la femme étrangère syro-phénnicienne nommée Jézabel introduit au roi à l’adoration de Baal et Astarté ceci eut pour malheureuse conséquence l’institution de Baal comme divinité principale en israél. Cette corruption spirituelle introduisit l’apostasie dans le pays. Cette perversion et prostitution entraîne la déchéance à telle enseigne que l’influence négative de la rupture d’alliance avec Dieu poussa HIEL de Béthel à reconstruire Jéricho en sacrifiant aux divinités ses deux fils respectivement en posant la fondation et par la suite les portes.

Caractéristiques du dieu baal :
Baal est un dieu adoré par les plus anciens habitants de Canaan .Ce nom signifiait « le maître ou le propriétaire ». Il était donc considéré comme le maître de la nature ayant le pourvoir de rendre les champs fertiles, les troupeaux féconds. La prostitution sacrée était le principe de pratique de la religion de Baal .Les mariées devaient au moins une fois par an, s’installer dans le temple de Baal pour se livrer à la prostitution avec les prêtres de Baal et autres adorateurs

B. MANIFESTATION DE L’ESPRIT D’ELIE
a. L’ORIGINE D’ELIE
Eliyahou soit Elie en français est originaire de Tischbé, petit village situé en Galaad. Aujourd’hui appelé Al – ISTIB, en Transjordanie est localise à 12 km au nord de Yabbok, affluent du fleuve jourdain.

PERSONNALITE D’ELIE
Ce personnage d’Elie mystérieux surgit dans la scène à un moment critique de l’histoire d’israél. Nous tirons ici des leçons dans la façon dont Dieu agit :
I Sam 16.7
Jean 1.44-47
Luc 17.20
Le style de la vie d’Elie inspiré de nombreuses leçons :
2 Rois 1.7-8 : 1 habillement : vêtement de poil
Ceinture de cuir autour du rein
Le vêtement de peau d'animal nous amène tout droit au jardin d'Eden où Dieu après la confession de foi d'Adam en Christ (la postérité qui naîtra de Eve) leur fit des vêtement de peau d'animaux. Ceci symbolise le sacrifice expiatoire d'animal pour le pardon de leur péché (Héb 9.22). Elie avait dont la mission de ramener le peuple égaré à la réconciliation avec son Dieu par la rédemption à venir.
Elie était donc revêtu de la puissance de la justice qui vient de la rédemption en Christ (vêtement) pour annoncer la vérité du salut (ceinture au rein voir Ephésiens 6.10-18).

MISSION DE L’ESPRIT D’ELIE :
• Relever le défi
• Restaurer le sanctuaire
• Redonner au peuple sa dignité
• Ramener le cœur des fils au père
• Affronter le danger en face (aller devant Achab )
Lutter contre :
La déviation
L’idolâtrie
La prostitution

CRITERES POUR REVETIR L’ESPRIT D’ELIE :
• Déclarer la vérité
• Homme de foi et de la parole
• Obéissance prompte
• Eau du torrent
• Tchisbée (pas de la célébrité )
• Esprit de prière
• Esprit de jeune
• Esprit d’intercession

Dr André CHOUBEU

 

Voir les commentaires

LA LOGIQUE THEOCRATIQUE DU GOUVERNEMENT DIVIN

17 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

377041 201721079905500 159928490751426 446654 806050360 n

 

Introduction :

Depuis la falsification des principes divins par l’altération des bases de la justice de Dieu au profit de l’adaptation de notre esprit aux enseignements corrompus des démons et de ses agents, les valeurs sont inversées.

Chaque jour, des efforts sont fournis pour éviter de dire ce qui devait être dit ou donner à ce qui est dit un sens qui n’est pas propre à la pensée de Dieu. Au lieu de dire que quelqu’un est voleur, on parlera facilement qu’il est détenteur d’u bien appartenant à autrui, il a abusé la confiance, il a détourné la chose d’autrui ou les fonds. On divorcera en qualifiant la femme d’infidèle. Mais qu’a été cette infidélité que l’on ne peut pardonner ? Juste parce qu’on a convoité une autre ailleurs et que l’on veut croire faire taire sa conscience, on emprunte un langage étranger à Dieu. La liste est longue.

Nous préférons l’indépendance au lieu de la surveillance étroite de Dieu sur nous. Puissions-nous rejeter  dès ce jour toute autre forme de gouvernement étranger aux principes de Dieu que nous avons introduit dans notre vie, foyer, ministère, etc. afin qu’il soit dit en vérité : Que ton règne vienne et que ta volonté soit faire dans nos vie comme au ciel. Il est avantageux pour nous  de laisser la domination de Dieu exercer son œuvre en nous pour que les buts divins dans nos vies soient atteints afin que sont travail en nous se poursuivre pour la raison exacte de notre création, alors, nous passerons de la passivité à l’accomplissement de la volonté de notre Père céleste.

 

Textes clés :

 

« L’Eternel, son Dieu, est avec lui, Il est son roi, l’objet de son allégresse » (Nbres 23.21).

« Tu mettras sur toi un roi que choisira l’Eternel, ton Dieu, tu prendras un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère »(Deut 17.15). 

« Ils lui dirent: Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations » (1 Sam 8.5). 

« Et Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul » (Jean 6.15). 

« Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César »(Jean 19.15). 

« De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations; il les paîtra avec une verge de fer; et il foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant. Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apoc 19.15-16).

 

La Domination absolue de Dieu :

 

La Bibleest un tout, le dessein de Dieu est un. Créé à l’image de Dieu (Gen.1.26-27), l’homme reçu la souveraineté sur la terre (Gen.1.28-30), fut couronné de gloire et d’honneur (Ps.8.6-9). Toutefois, l’homme dépendait de Dieu, son Créateur (Gen.2.15-17). La pensée divine était et demeure que l’homme ait une communion permanente avec Lui par l’obéissance. Les caractéristiques de la logique théocratique sont fondées sur l’amour de Dieu et sa créature. Nous décelons les aspects les plus frappant dans le livre de Genèse :

II.2.1 :  - Dieu créé l’homme pour sa gloire (Gen.1.26)

II.2.2 :  - Dieu par amour associe l’homme à la gestion du monde (Gen.1.27-31)

II.2.3 :  - Dieu crée un environnement favorable à la vie de l’homme (Gen.1.18)

II.2.4 :  - Dieu installe l’homme comme commandeur sur la terre (Gen.2.19-20)   

II.2.5 :  - Dieu responsabilise l’homme (Gen.2.15)

II.2.6 :  - Dieu se souci du bien-être de l’homme (Gen.2.18)

II.2.7 :  - Dieu fait pour l’homme le choix d’une épouse (Gen.2.21-22)

II.2.8 :  - Dieu visite l’homme chaque soir pour s’assurer qu’il va bien (Gen.3.8)

II.2.9 :  - Dieu donne des instructions pour une vie heureuse (Gen.2.15-17)

II.2.10 :- Dieu établit une loi d’ordre social (Gen.2.24)

 

Le but divin pour nous :

 

Le péché dont le principe même est la rébellion contre la volonté de Dieu, étant apparu, l’homme se trouva séparé de Dieu et perdit sa souveraineté sur la terre (Gen.217-19).

Bien que tout ceci soit intervenu pour ternir la bonne relation entre l’homme et son Créateur, l’instigateur de cette révolte contre Dieu à savoir le diable, essuya un affront sans précédant car il croyait pour sa part, qu’en poussant l’homme à se rebeller contre Dieu, il resterait à jamais ‘‘Dieu’’ sur terre parce le Créateur vomirait sa créature à tout jamais. Grande fut sa surprise et déception lorsque la peine qu’il attendait ne fut pas infligée à l’homme, mais plutôt, il fut donné à la postérité de l’homme (Le fils de l’homme qui naîtra d’Adam à savoir Jésus) de lui écraser la tête.  Par ces mots en effet, Dieu disait à Lucifer que son plan pour l’homme n’a pas changé et que son gouvernement théocratique sur l’homme bien que pour un instant troublé, sera restauré et retrouvera sa place initiale. Par cette sentence très forte et ferme dans sa signification, Dieu disait à Satan, ‘‘écoute, l’homme que tu viens de faire tomber devant moi, se relèvera et c’est encore lui qui te jugera et te condamnera’’. Ne jugerons-nous as les anges déchus ?

 

Malgré la chute de l’homme, Dieu ne changea pas d’avis, mais réaffirma sa position quant à son but initial, savoir : que l’homme retrouve l’image et la ressemblance qu’il perdit par le péché, et conserve l’autorité qu’il avait préalablement reçue depuis la création (Rom. 8.29 ; Apoc.21.3 ; 2.6 ; 22.5). Les bases par le Père Céleste posées après la chute de l’homme pour un retour de l’homme  et de sa soumission à son gouvernement, sont contenues dans la promesse de la Rédemption exprimée dans Genèse 3.15 : ‘‘Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.’’

 

Le travail de Dieu pour atteindre son objectif :

 

Pour parvenir à la complète réalisation de ce merveilleux plan du salut qui est un mystère caché, Dieu planifia tout dans la période que couvre les 7 dispensations. Le Seigneur Jésus n’a-t-il pas dit : ‘‘Mon Père travaille jusqu’à présent : moi aussi je travaille’’ ?

 

Comme croyants, nous serons plus conséquents si nous posions quelques questions à nous-mêmes dans ce sens :

1. Depuis quand le Père travaille-t-il ?

 2. A quoi le Père travaille-t-il ?

3. Pourquoi cette longue patience et persévérance dans ce travail ?

4. Si le Seigneur Jésus travaille aussi avec le Père, sommes-nous associés à Lui dans ce travaille ?

5. N’est-il pas écrit : celui qui n’assemble pas avec moi disperse ?

6. Et si nous dispersons au lieu d’assembler avec Jésus, de qui sommes-nous en réalité 

7. Sommes-nous unis aux autres croyants pour former un édifice saint et agréable à Dieu notre Père ?

 

Passivité ou activisme de notre part :

 

Puisque le Créateur notre Père travaille chaque jour pour que s’exprime sur la terre comme avant la chute de l’homme la réalité de son gouvernement théocratique, nous pouvons attendre patiemment, avec assurance, la complète victoire de Dieu sur la terre en vue de son plein règne sur l’humanité entière (Rom. 8.19-25 ; 1 Cor. 15.24-28 ; Apoc. 11.15-18).

Si donc Dieu, Souverain et Tout Puissant,  aime toujours sa créature, persévère pour atteindre son objectif alors que de son plein gré il pouvait en une seconde agir délibérément, que disons-nous consciencieusement de nos haines, manque de pardon, découragement, abandon et autres ? Puisse chacun prendre quelques minutes pour réfléchir sur ce point crucial, ce caractère de la fidélité de Dieu ! Sommes-nous réellement fidèles pour affirmer quelque chose  et y tenir jusqu’au bout ?

 

Conclusion :

 

Au lieu de la théocratie, nous avons choisi même jusque dans l’Eglise d’autres formes de gouvernement ignorées de l’ordonnateur de toutes choses. On constatera entre autres :

la démocratie :

la pornocratie :

le légalisme

le matérialisme

le capitalisme

le communisme

la colonisation

l’intimidation

l’extermination des valeurs spirituelles montante

la médiocratie

le despotisme

la dictature

etc.

Qu’en pensons-nous et quel est notre apport pour ôter le discrédit dans le corps de Christ à l’exemple de ces braves femme qui risquèrent leur vie pour fabriquer le samedi les aromates afin d’aller très tôt le matin de dimanche embaumer le corps de Christ ?

 

Puissions-nous rentrer en nous-mêmes pour savoir quel est l’esprit qui nous anime : le Saint-Esprit, l’esprit malin ou notre esprit corrompu ?

Dr André CHOUBEU

BP 9042 DOUALA

Tél. +237 77 75 71 60

 

Voir les commentaires

LES METHODES APOSTOLIQUES

17 Juin 2011 , Rédigé par dr-choubeu Publié dans #Enseignements

     LES METHODES APOSTOLIQUES

162950 169056983136980 100000980376143 356747 8335652 s[1]

Introduction : 

La vision du retour à la vie et principes de l’Eglise primitive telle qu’exprimée dans le livre des Actes des Apôtres et réitérée par Ephésiens 2.19-20 en ces termes : ‘‘Voilà pourquoi vous n’êtes plus étrangers ou résidants temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple de Dieu, vous faites partie de la famille de Dieu. Dieu vous a intégré à l’édifice qu’Il construit sur le fondement que sont les Apôtres, ses Prophètes et dont Jésus Christ lui-même est la pierre principale’’, devait rester notre préoccupation de chaque jour. Ne faut-il pas considérer que toute plante qui n’aurait pas été plantée par le Père céleste sera coupé et jeté au feu ? Tout ce que nous apportons aujourd’hui dans l’Eglise de Dieu entre-t-il ou plutôt est-il conforme aux éléments du modèle céleste ?

Il est temps aux regards des actions plus que jamais visible de la bête décrite par Daniel 7.5-7, comment ne devons-nous pas prendre le recul et réévaluer la marche pour un retour réel et effectif aux principes et vie de l’Eglise Primitive ! En effet, le respect des piliers de l’église tels que posés par les Apôtres devait demeurer un principe acquit selon le processus bien établi.  

LE COMMENCEMENT ET LE DEMARRAGE.

  1. La repentance, la conversion et la communion ou l’intimité avec le Saint-Esprit, cette personnalité divine était la condition sine qua non pour être qualifié de vrai frère (2.1-13) ; cela reste encore valable pour aujourd’hui et depuis la période des Actes.  Le baptême par l’Esprit immerge le converti dans le Corps de Christ pour qu’il soit « connecté »  spirituellement avec tous les autres enfants de Dieu éparpillés sur toute la terre.
  2. Ils étaient assidus aux enseignements, se soumettant au programme du Saint-Esprit. Les enseignements étaient mis en pratique dans leurs vies.
  3. La communion fraternelle était une réalité parmi tous, la doctrine sociale était un principe non verbal, mais pratique en sorte que les problèmes des uns étaient le fardeau de tous. Il n’y avait point de secret parmi eux, car la transparence était un modèle de la vie communautaire.
  4. L’unité spirituelle était le caractère de la vie de chaque jour.
  5. La prière, les nuits de prière et les veillées de prières étaient fréquentes et bien harmonisés, aimés de tous. Qu’en est-il aujourd’hui ? (2 Cor 11.27)
  6. Les jeûnes étaient multipliés et chacun s’y donnait avec amour, et tous voyaient les résultats par des guérisons, des délivrances et des miracles. Qu’en est-il maintenant ?
  7. La proclamation quotidienne de l’Evangile dans la puissance du Saint-Esprit s’accomplissait par les croyants  qui :     Etaient engagés à fond (2.1)                                                                                                                          Etaient unis (2.1)

                                             Etaient dans le bon endroit au bon moment (2.1). 

Souvent, les croyants sont attachés à un local, parce que c’est là où ils se sont convertis ou parce qu’ils y ont investi beaucoup d’argent ou parce que c’est plus au moins central pour un grand nombre (mais personne de l’assemblée n’y habite, de plus, personne, presque, du quartier n’y vient jamais).  Avait-on demandé à Dieu : « Où veux-Tu, Seigneur, que nous travaillions ? »  Aurons-nous le courage de changer de local si le Saint-Esprit l’ordonne ?

     Les responsables locaux agissaient avec responsabilité et sans réserve pour le Seigneur (2.14)

     On prêchait ou témoignait la Bible concernant Jésus-Christ (2.14-36).  Souvent, nous donnons notre témoignage aux gens plutôt que de leur présenter le Seigneur. Les non convertis rejettent-ils Jésus ou notre témoignage ?

     On donnait une invitation qui est biblique (2.38 ; 3.19) aux perdus.  Généralement, l’invitation est si peu biblique et si vague que les perdus se convertissent malgré nous ! Parfois, ils passent par « une fausse couche », cela veut dire, qu’ils se croient convertis alors qu’il ne s’est rien passé.

Le travail de suite était fait avec soin (2.42 ; 5.21,25,42).  Que faisons-nous pour suivre de près un nouveau converti ?

La vie communautaire était merveilleusement exemplaire (2.43-47), parce qu’elle se baignait dans : 

     La crainte de Dieu

     L’unité

     Le partage matériel

     La joie et la simplicité jointes à l’adoration. 

LE MODELE APOSTOLIQUE

 La prédication de l’Evangile (3.12-26 ; 4.33 ; 5.30-32, 42 ; 6.13-14 ; 7.1-53 ; 8.4-5,25,40 ; 9.20,28 ; 10.34-43 ; 11.20 ; 13.16-49 ; 14.3,7 ; 15.35 ; 20.20 ; 26.1-29 ; 28.31a.  Sommes-nous encore fidèles à l’exemple apostolique ?

  1. La fidélité pendant et en face de la persécution (4.8-12,19-20 ; 5.29,41 ; 7.59-60 ; 13.50 ; 14.2 ; 16.22-24 ; 19.30-31 ; 20.22-24 ; 21.11-13).  Peu d’entre nous avons réellement souffert pour Christ.  Pouvons-nous Lui rester fidèles si une grande persécution arrivait ? Pourquoi ? 
  2. Les remerciements au Seigneur dans les moments difficiles (4.23-30 ; 16.25).
  3. Les problèmes intérieurs graves réglés vite et efficacement (5.1-11 ; 6.1-6 ; 8.18-24 ; 15.1-29,40).  Ô combien l’œuvre est retenue et son énergie dissipée par des problèmes qui traînent en longueur et en largeur, parce que les responsables ne veulent pas « offenser » le frère untel ou le fils de Monsieur X ou la femme de quelqu’un d’autre.  Dans les Actes l’œuvre est toujours plus importante que l’individu, c’est-à-dire, il ne faut jamais sacrifier l’œuvre pour ménager les sentiments d’une seule personne ou d’une seule famille. Avons-nous toujours gardé ces principes ?
  4. Les responsables étaient bibliquement qualifiés (6.5-6 ; 13.1-2 ; 14.23).
  5. Le partage matériel (4.32b,34-35 ; 11.27-30 ; 20.35).  Aujourd’hui, nous avons oublié les soins à porter aux pauvres, démunis, orphelins et veuves. Des raisons sont données quelquefois pour ne pas aider matériellement et légitimement un autre.
  6. La flexibilité dans l’évangélisation (8.26-27 ; 10.9-23,28 ; 13.51).  Sommes-nous prêts à changer notre style, notre endroit,  notre méthode, notre jour pour un autre, ou suivons-nous l’ornière (notre système) ?
  7. Le témoignage personnel de ce que Christ est et a fait pour nous ou en nous (8.29-40 ; 16.31-32 ; 17.17 ; 23.11 ;  24.10-21).  Une vraie assemblée, une vraie œuvre d’évangélisation, c’est chacun témoignant où il travaille et où il vit, etc.  Pour que ces choses redémarrent dans notre assemblée, n’attendons pas la grande campagne avec des grands prédicateurs. L’amour et la prière pour les perdus autour de nous seront utilisés par l’Esprit pour nous mettre en contact avec ceux à qui nous devrons témoigner.  Si nous apprécions vraiment que le Sauveur soit mort et ressuscité pour nous donner la vie éternelle, nous devons vouloir que d’autres soient aussi sauvés.  Comment vont-ils être sauvés si nous ne sommes pas des ambassadeurs leur apportant la Bonne Nouvelle ?
  8. Le travail pastoral (9.32,38-41 ; 6.1-6 ; 9.26-28 ; 14.21-22 ; 15.41 ; 16.40 ; 20.1-2,7).  Lui donnons-nous encore son sens dans la crainte de Dieu ? N’y a-t-il pas des responsables dans l’assemblée locale qui croient que leur seule obligation est de fixer les heures des réunions, de s’asseoir au premier rang, prêcher et recevoir des honneurs ?  Occupons-nous sincèrement et avec dévouement du troupeau ?  Cela prend du temps et demande des sacrifices.  Ce sacrifice, l’avons-nous encore ? Si ce « régime-là », est oublié, nous sommes certainement sous la malédiction et ne sommes pas aux yeux de Dieu un Responsable ou un Ancien.
  9. La vision internationale (8.5 ; 11.27-30 ; 13.1-13 ; 16.1-3).  Notre assemblée, prie-t-elle, le Seigneur Jésus pour que le Saint-Esprit suscite des missionnaires parmi nous ?  Intéressons-nous à un ou à plusieurs missionnaires ? Prions-nous concrètement pour des perdus dans un pays étranger ou dans une autre région ? Prions-nous pour une église autre que le notre assemblée locale ?
  10. Les frères couraient aux besoins des autres afin que le manquement ne les éloignant pas de Dieu. Si le Saint-Esprit nous ordonnait de donner une somme déterminée, notre offrande de tel jour ou un soutien régulier et programmé d’un missionnaire ou serviteur de Dieu dans une contrée X, le ferons-nous librement ? (1 Cor 16.1-3)
  11. L’humilité des responsables était connu de tous (14.15a ; 13.4,13 ; 3.6 ; 11.25-26 ; 10.28,34 ; 8.5-5, 26-27).  Sommes-nous connus pour votre humilité ou est-ce que c’est nous qui avons toujours raison ?
  12. La structure gouvernementale locale biblique (14.23 ; 20.17,28).  Nos jeunes, savent-ils explicitement (chapitre et verset) pourquoi notre assemblée est organisée et gouvernée comme ceci et pas comme cela ?
  13. Un enseignement renforcé, équilibré et continu (19.9-10 ; 20.20,26,31 ; 28.31b ; 6.2,4).  C’est le point faible dans les églises, toute confession confondue.  Qu’allons-nous faire pour améliorer la situation ? La croissance en dépend car, sans lecture biblique personnelle et méditation, aucun progrès spirituel ne peut être possible !
  14. La séparation nette d’avec le péché par les croyants (19.19-20) comme preuve de la réalité de leur conversion.
  15. Les principes de la vie communautaire étaient de rigueur.  La marche par l’Esprit Saint réglementait la vie au quotidien et tous s’attardaient à la direction prophétique de l’église qui est ainsi caractérisée :

Caractéristique d’une église prophétique :

 

 « Parole de l’homme qui a l’œil ouvert. Parole de celui qui entend les parole de Dieu, de celui qui connaît les desseins du Très Haut, de celui qui voit la vision du Tout Puissant, de celui qui se prosterne et dont les yeux s’ouvrent » (Nombres 24.15-16). De ce texte, nous tirons les marques d’une église prophétique : 

  1. Elle saisit la pensée de Dieu : Elle entend la voix de Dieu, saisit la vision de Dieu, et entre dans le programme de Dieu.
  2. Travaille pour l’accomplissement des desseins de Dieu : Evangélisation, prière pour les serviteurs de Dieu sans discrimination ni limite. Il est arrivé à des frères et sœurs d’écouter la voix leur demander de prier pour tel ou tel autre, parfois avec précision de nom et de domaine de la prière. Une église prophétique s’occupe des pauvres, des orphelins et des veuves ; veille sur les œuvres sociales qui accompagnent l’Evangile. Soutien de l’œuvre de Dieu sans borne. Le Saint-Esprit peut dire : donnez à telle ministère toutes vos dîmes ou offrandes. L’œuvre est l’œuvre de Dieu quelque soit la position géographique qu’occupe cette unité de l’église locale dans le monde.
  3. Quand elle se prépare au retour du Seigneur Jésus : L’église s’adapte à la marche selon le plan prophétique de Dieu. Luther a apporté le salut par la foi, les baptistes le baptême authentique, les méthodistes, la crainte de Dieu et la marche dans la sainteté, les pentecôtistes l’expérience de l’effusion de la pentecôte. Les années 1950-1960 ont vu l’onction charismatique dans l’église manifestée par des grands miracles de guérison et autres. Nous sommes à l’heure de la connaissance de la Parole de Dieu et du retour authentique à Dieu en nous joignant à Israël pour une compréhension profonde des Saintes Ecritures.  Le pentecôtiste selon mon constat personnel qui n’engage que moi, s’est beaucoup attardé et s’est arrêté sur l’expérience du Saint-Esprit au point dans certains pays, de déclarer les autres expériences de la marche prophétique de l’Eglise comme dépassées alors ce sont des étapes dont les leçons ont conduit le processus. Cette bavure les fait tourner en rond et se dessècher progressivement.
  4. Elle est dirigée par la nuée : L’église sous Moïse était dirigée par la nuée qui devenait colonne de feu la nuit et colonne de nuée le jour, symbole du Saint-Esprit qui conduit selon la vison de Dieu. Le peuple sous Moïse s’arrêtait, marchait selon les injonctions du Saint-Esprit. L’intelligence, les possibilités humaines étaient complètement exclues dans la marche du peuple d’Israël à travers les quarante années dans le désert.  Les frères comprenaient le plan de Dieu et se soumettaient à l’Esprit Saint sans recours à l’intellect. Nous sommes passés de cet état à l’état d’homme mathématique. Au lieu d’être disciple de Christ, nous sommes devenus disciples de Pythagore, la vie de la foi ayant remplacé les calculs. Une mission donnée à un frère était exécutée sans retard, mais aujourd’hui, la résistance, la rébellion caractérise tous. La voix du Saint-Esprit est décriée au profit de nos méthodes et habitudes.  

Conclusion : Revenons au ministère du Saint-Esprit (20.33-35 ; 24.26). Frères, sommes-nous paresseux, avares, hautains, difficiles, critiques, mondains et aimant la première place ?  Nous sommes interpellés en ces termes :

Osée 6.1-3 : « Venez, retournons à l’Eternel ! Car il a déchiré, mais il nous guérira ; Il a frappé, mais il bandera nos plaies. Il nous rendra la vie dans deux jours ; Le troisième    jour il nous relèvera, et nous vivrons devant lui. Connaissons, cherchons à connaître l’Eternel ; Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre ».

Dr André CH0UBEU

 

Voir les commentaires
<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 > >>