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Le blog de Dr André CHOUBEU

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Conducteurs dans l'Eglise

6 Juin 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Conducteurs dans l'Eglise

Conducteurs dans l'Eglise

Domination, direction ou dévouement

Une réflexion sur Marc 10 : 43

A. M. I., Zaïre.

« J'ai l'ambition d'être un conducteur dans l'Eglise - j'aimerais occuper une position d'importance, d'autorité, d'influence ».

« Je voudrais diriger les membres de l'église de manière que l'église prospère et porte des fruits spirituels de première qualité ».

Ce sont des paroles jamais entendues, mais ne sont-elles pas souvent les paroles secrètes du coeur d'un ancien, d'un pasteur, d'un missionnaire, même si, dans la sincérité de leur désir de servir Dieu, ils ne s'en rendent pas compte ?

Parfois une telle ambition pourrait être entièrement charnelle, comme celle de Jean et de Jacques qui désiraient être assis, dans sa gloire, l'un à la droite de Jésus, l'autre à sa gauche (Marc 10: 37).

En répondant à cette demande, Jésus fait remarquer une nette distinction entre les moeurs des royaumes du monde et celles du royaume de Dieu, les moeurs du monde (voir Jean 17: 14-19) et celles qui doivent prévaloir parmi les chrétiens. Jésus dit: « Vous savez que... les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les dominent. Il n'en est pas de même au milieu de vous ».

Or, l'usage du mot « nations » dans le Nouveau Testament est souvent religieux plutôt qu'ethnologique, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas tout simplement de peuples physiquement différents des Juifs, mais spirituellement différents. Ce mot grec « ethnoi » est traduit quelquefois par « païens » (I Cor. 12: 2; Eph. 2: 11; Math. 5: 47). il est, d'ailleurs, intéressant de remarquer que dans Luc 6 : 35, verset parallèle à Math. 5 47, « hamartoloi », pécheurs, remplace « ethnoi », justifiant la traduction de « ethnoi » par « païens » plutôt que « nations » et, dès lors, le sens religieux que nous attachons à « nations ».

Remarquons aussi que Jésus parle à ses disciples non seulement comme aux adhérents de la race juive, mais comme aux hommes qui se soumettent aux lois de son royaume, comme à son peuple spirituel. La distinction dont il s'agit ici n'est pas entre Juifs et Gentils, mais entre chrétiens et païens.

Dans le cadre de cette distinction entre les païens et le peuple de Dieu, Jésus relève une différence particulière, la conception de la grandeur humaine. Dans la mentalité païenne. suggère-t-il, la grandeur et la supériorité d'un homme sont évaluées en fonction de sa position, de la mesure de son autorité, tandis que la vraie grandeur d'un homme « parmi vous », c'est-à-dire d'après les valeurs du royaume de Dieu, est une grandeur non pas de position mais de caractère, dont la qualité est démontrée par le travail accompli au service du Seigneur. La conséquence de la prééminence dans le monde est l'exercice de l'autorité, de la domination, tandis que la primauté dans le royaume de Dieu résulte du choix réel, intime de la dernière place au service de tous.

Cela ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de positions de responsabilité ou d'autorité dans l'église. Certes, tous les croyants sont des prêtres, devant offrir sans cesse à Dieu un sacrifice de louange; il est vrai, en outre, que les dons de l'Esprit sont distribués à tous les croyants de sorte que nul n'est sans fonction dans la communauté. Mais dans le Nouveau Testament, il est également évident que certains hommes oeuvrent comme conducteurs, occupant une position de responsabilité particulière, voire d'autorité parmi les autres chrétiens. Jésus lui-même n'a-t-il pas choisi parmi tous ses disciples une douzaine d'hommes auxquels il a donné une formation spéciale. Ce sont ceux qui l'ont accompagné dans ses voyages, et qui devaient devenir les conducteurs, les responsables de la première élise locale.

L'existence des charismes et des charges dans l'église n'est donc pas mise en question par Jésus, mais bien la façon d'évaluer et d'occuper ces ministères. La vraie grandeur d'un homme de Dieu ne doit pas être jugée à la position qu'il occupe, mais à son caractère.

Nous ferions bien de nous demander si notre mentalité est réellement chrétienne, si nous évaluons la grandeur d'un pasteur ou d'un ancien simplement par sa position, ou même par les résultats visibles, voire spectaculaires, de son travail, et non pas par le degré de dévouement apporté à son service.

Nous devons sans doute admettre que l'Eglise a été et est encore souvent influencée par la mentalité du monde en ce qui concerne les positions de responsabilité spéciale. Ce n'est pas uniquement le cas dans les églises institutionnelles où opère un système hiérarchique. Même dans les églises de structure plus simple, dans les assemblées locales autonomes, les pasteurs et les anciens risquent de concevoir et de jouer leur rôle de conducteurs dans une perspective mondaine, de donner à leur charge l'image d'un conducteur dans la société contemporaine. En occident, cela pourrait être l'image d'un directeur ou d'un gérant dans une entreprise industrielle ou commerciale dont le travail est de surveiller un ensemble de subordonnés et envers qui ces subordonnés seraient responsables; ou bien du leader ou de l'animateur d'une oeuvre sociale avec droit de délégation de travail et d'organisation des travailleurs. En culture africaine, un pasteur pourrait s'attribuer dans l'église le rôle d'un chef coutumier dans une position d'autorité sans limite, avec des sujets à qui incomberait le devoir de le servir, de pourvoir à ses besoins, sous peine de sanctions.

Jésus dit: « Il n'en est pas de même au milieu de vous ». Dans beaucoup de régions du monde, il est de coutume que les hauts fonctionnaires soient accompagnés en voyage d'une suite nombreuse; mais dans la société chrétienne, qui est l'Eglise, le conducteur doit être l'esclave de tous.

Ni la culture européenne, ni la culture africaine ne nous offrent l'image biblique d'un leader chrétien. En effet, quand nous considérons la relation entre le christianisme et les diverses cultures du monde, il ne s'agit pas de l'adapter à telle ou telle culture, ni d'adapter une culture humaine au christianisme, mais de rechercher et d'appliquer la culture spécifiquement chrétienne qui franchit les frontières politiques, culturelles, raciales et sociales du monde. Le conducteur spécifiquement chrétien ne se conforme point à l'image païenne d'un conducteur, qu'il soit en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe. « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence » (Rom. 12: 2). Nous devons cultiver la mentalité chrétienne. Chez les païens, conduire, c'est dominer, commander, régner, gouverner; c'est l'arrogance, la parade, la primauté, même l'effronterie. Dans la mentalité chrétienne, conduire c'est servir; c'est l'humilité, l'obscurité.

Cette leçon est difficile à apprendre en pratique, que l'on soit ancien dans une assemblée, missionnaire ou pasteur dans une église de brousse. Ici en Afrique, le missionnaire aura de la peine, peut-être, à ne plus se considérer comme le dirigeant d'une oeuvre et dont la parole s'impose en toute affaire; le pasteur africain aura peut-être de la peine à ne pas s'attribuer les droits d'un chef, à être esclave de ceux qui sont moins instruits que lui.

Oui, très difficile pour tous, et pourtant non pas plus difficile que pour le Fils de l'homme qui est venu, comme il l'explique à Jacques et à Jean (Marc 10: 45), « non pour être servi, mais pour servir ». Le Roi des rois prit la forme de serviteur, ôta ses vêtements, prit un linge et lava les pieds de ses disciples. Il exhorta ses disciples avec ces paroles: « Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait ».

* * *

Ce qui importe !

Ce qui importe, ce n'est pas ce que pensent et disent de nous les gens, mais ce que nous sommes devant Dieu.
Ce qui importe, ce n'est pas qui nous sommes, mais comment nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas d'avoir beaucoup de connaissance, mais de mettre en pratique la connaissance que nous avons.
Ce qui importe, ce n'est pas ce que nous paraissons être, mais ce que nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas que la souffrance nous épargne, mais que les souffrances atteignent en nous leur but.

Source : http://www.promesses.org/arts/29p16-19f.html

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L’EXIL SPIRITUEL

4 Mai 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L’EXIL SPIRITUEL

L’EXIL SPIRITUEL

Introduction :

L’exil spirituel est une sorte de fuite en avant qui consiste à se détourner des responsabilités que l’on se devait d’assumer en empruntant des échappatoires :

- C’est une sorte de refus de faire l’école de Dieu à laquelle la providence nous y avait inscrits.

- L’exil spirituel est la recherche du repos à l’ombre de la mort par crainte de souffrir pour Christ. En face d’une faute dont les conséquences sont désastreuses, la chair se réfugie dans une logique criminelle et propose à la place de la vérité, un mensonge bien façonné et tissé subtilement avec les fibres des ténèbres.

- Lorsqu’une vérité cinglante pour dire blessante fait obstacle à nos pensées souvent négatives, la tendance générale est une rapide protection à l’ombre d’une contre-vérité, adoptant par là même, la position d’adversaire à la vérité, se constituant agent du diable contre la vérité qui est Christ.

Le parcours de tout serviteur de Dieu est jonché de périodes sombres, difficiles pendant lesquelles il lui est arrivé de renier sa conviction d’hier, de douter, d’hésiter, de prendre fausse route, de mettre sa vocation en cause. Pendant ces moments douloureux, insupportable on se cache face à ses responsabilités, attribue aux autres la cause de nos échecs voyant en eux la source de nos problèmes. La traversée du désert occasionne toujours des moments de doutes momentanés qui obscurcissent le ciel du croyant. Parfois pendant ces moments d’aveuglement spirituel où le tunnel semble très lointain à l’issue incertaine, on se réfugie derrière les raisonnements et des prétextes divers aux multiples préjugés, jugements, fausses conceptions multiples. Même Dieu à cet instant a tort dans ses méthodes à notre endroit. Serait-il trop de dire qu’à ce tournant là nous nous hissons au rang des divinités voulant à tout prix que soit faite notre volonté ? Des exemples sont légions autour de nous :

- Jean Baptiste : « Jean-Baptiste, dans sa prison, a entendu parler du Christ et de ce qu’il fait. Il envoie quelques-uns de ses disciples, pour demander à Jésus : Est-ce que tu es le Messie qui doit venir? Ou bien devons-nous en attendre un autre ? Jésus leur répond : Allez raconter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient clair, les boiteux marchent bien, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts se réveillent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle » (Mt 11.2-5).

- Abraham : il doute au sujet de l’héritage de Canaan : « Il dit à Abram : C’est moi le Seigneur qui t’ai fait sortir d’Our en Babylonie. J’ai voulu que le pays où tu es maintenant soit à toi. Abram demande : Seigneur Dieu, comment savoir qu’il sera à moi?» (Genèse 15.7-8).

- Élie : il doute de l’intervention de son Dieu et de sa puissance, lui qui a fait descendre le feu du ciel en invoquant l’Eternel : « Le roi Akab raconte à Jézabel, sa femme, tout ce qu’Élie a fait, et comment il a fait tuer tous les prophètes de Baal. Alors Jézabel envoie un messager dire à Élie : Demain, à cette heure-ci, j’espère que je t’aurai traité comme tu as traité tous ces prophètes. Sinon, que les dieux me punissent très sévèrement ! Élie a peur et il s’enfuit avec son serviteur pour sauver sa vie. Il arrive à Berchéba, dans le royaume de Juda. Il laisse son serviteur à cet endroit, puis il marche pendant une journée dans le désert. Il s’assoit sous un petit arbre. Il a envie de mourir et il dit: «Maintenant, Seigneur, c’est trop! Prends ma vie! Je ne suis pas meilleur que mes ancêtres. Arrivé au mont Horeb, Élie entre dans une grotte et il passe la nuit à cet endroit. Le Seigneur lui adresse sa parole: «Pourquoi es-tu ici, Élie ? Il répond : Seigneur, Dieu de l’univers, j’ai pour toi un amour brûlant. Mais les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont détruit tes autels, ils ont tué tes prophètes. Moi seul, je suis resté, et ils veulent prendre ma vie» (1Rois 19.1-5,9-10).

- Pierre : « Après cela, Jésus se montre encore à ses disciples, au bord du lac de Tibériade. Voici comment il se montre à eux. Simon-Pierre, Thomas appelé le Jumeau, Nathanaël qui est du village de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples sont ensemble. Simon-Pierre leur dit : Je vais à la pêche. Ils lui disent : Nous aussi, nous venons avec toi. Ils partent et ils montent dans la barque, mais cette nuit-là, ils ne prennent rien » (Jean 21.1-3).

Nous comprenons ici que Pierre ne croyait plus en Jésus. Il est mort dit-il, nos espoirs sont perdus, la célébrité que nous avions hier en sa compagnie n’est plus. Quoi d’autres encore ? Il vaut mieux que je rentre à mon ancien métier.

- Pierre : « Alors Pierre dit à Jésus : Écoute! Nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Donc pour nous, qu’est-ce qui va se passer ?» (Mt 19.27).

- Les Apôtres : « À ce moment-là, ses disciples reviennent. Ils sont étonnés parce que Jésus parle avec une femme. Pourtant personne ne lui demande : Qu’est-ce que tu veux? Ou : Pourquoi est-ce que tu parles avec elle ? ….. Pendant ce temps, les disciples de Jésus insistent : Maître, mange donc ! Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. Alors les disciples se demandent entre eux: «Est-ce que quelqu’un lui a apporté de la nourriture ? » (Jean 4.27,31-33). Ils soupçonnent sans se prononcer, demeurant dans l’hypocrisie.

Plusieurs causes sont à la base de l’exil spirituel :

  1. L’orgueil qui consiste à ne pas accepter l’humiliation.

Le Saint-Esprit par la bouche de l’Apôtre Paul ne dit-il pas : « Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Romain 9.16).

On croit courir, réussir par nos propres méthodes, calcul, force, pouvoir et puissance ! Quelle utopie !

Comme le dit si bien le Prophète Jérémie, nous ne sommes que de simples vases entre les mains du Potier qui peut nous modeler et modifier à souhait (Jérémie 18).

Dans ce cas, on se réfugie sous les raisonnements, le mensonge, la ruse et autres :

"Le Seigneur déclare : Quel malheur pour vous, enfants désobéissants! Vous faites des projets qui ne viennent pas de moi. Vous passez des accords contraires à ce que je veux. Vous ajoutez une faute à l’autre. Vous vous mettez en route pour l’Égypte, mais vous ne m’avez pas demandé mon avis. Vous voulez que le roi d’Égypte vous protège, et vous cherchez un abri à l’ombre de son pays ! Mais la protection de ce roi sera pour vous une déception. L’abri que vous cherchez en Égypte vous fera perdre votre honneur" (Es 30.1-3).

" Malheur, dit l’Éternel, aux enfants rebelles, Qui prennent des résolutions sans moi, Et qui font des alliances sans ma volonté, Pour accumuler péché sur péché !" (Es 31.1)

  1. La recherche de la gloire sans passer par la croix.

Satan proposa ces choses à Christ qui les refusa : "L’esprit du mal l’emmène plus haut, en un instant, il montre à Jésus tous les royaumes de la terre, et il lui dit : Je vais te donner tout le pouvoir et la richesse de ces royaumes. Oui, je suis le maître de tout cela, et je le donne à qui je veux. Donc, mets-toi à genoux devant moi pour m’adorer, et tout cela sera à toi. Jésus lui répond: «Dans les Livres Saints on lit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu dois adorer, et c’est lui seul que tu dois servir" (Luc 4.5-8).

Ne courons-nous pas aujourd’hui vers certaines destinations bien connues pour acquérir quelques puissances officiellement occultes pour produire quelques miracles au nom de Jésus ? Quelle honte et abomination !

  1. La perte de la confiance en Dieu :

De plus en plus, le retour aux anciens sentiers des prescriptions bibliques semble si vieillot que le système du monde a remplacé la ligne directrice de la foi. C’est ainsi que lorsque le péché survient, on ne confesse plus ni ne cherche le chemin du retour à Dieu à l’exemple du fils prodigue. Plutôt on a recours à la doctrine du nouvel âge et de la doctrine de la théologie libérale à savoir :

  • Le péché que l’on commet l’est dans la chair, mais l’esprit est saint
  • Pour certains, tout ce que l’on sent bon en le faisant n’est pas péché
  • Le péché ne l’est que pour celui qui le conçoit
  • L’homme est créé pour jouir de la vie autant que possible
  • Tout est pur pour celui qui le croit pur
  • Tous les péchés seront imputés à la Satan à la fin, pourquoi ne pas profiter pour en commettre autant que possible afin d’alourdir le fardeau de Satan en ce jour-là !

Par ces choses, Dieu n’agit plus ou tarde à agir pour celui qui espère encore en lui et l’on se croit abandonné pour aller chercher le secours en Egypte.

  1. La crainte de la souffrance :

La crainte de la souffrance est une peur souvent gratuite inspirée par Satan pour retenir plusieurs dans la captivité, l’ignorance et l’assujettissement.

La souffrance pour Christ est un fait normal qui nous introduit à la glorification par notre identification à Christ dans sa souffrance :« car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Philippiens 1.29)

On ne peut suivre Christ sans payer le prix. Comme ils m’ont haï, ils vous haïront aussi a dit Jésus à ses disciples. Le monde ne dit-il pas : « à force de vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » ?

La souffrance n’a pas pour but de nous détruire, mais de cultiver, exercer notre pensée à la recherche des méthodes victorieuses qui sont en Christ ou témoignées dans les Ecritures.

Refuser la souffrance est un aveu d’échec, un refus de progresser, une résignation, une inscription sur la longue liste des complexés. C’est refuser de voir les choses en face et de solliciter d’en haut le secours nécessaire. C’est l’incrédulité, l’endurcissement du cœur, ce qui est une offense et manque de confiance en Dieu. Pour ces derniers, le péril est la portion : « Il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par une fin soudaine » (Psaumes 78.33). Toute vie frivole, improductive, stérile, oisive est celle de l’incrédule, du méchant qui s’achève dans la douleur du refus de Dieu par une mort brusque, laissant les familiers dans le désarroi.

La marche du peuple d’Israël se décrit avec détails dans les scènes du passage de la mer Rouge et du séjour au désert. Ces scènes de la mer Rouge et de la traversée du désert n’avaient pas pour seul but d’étaler la souffrance du peuple, mais bien plus la démonstration de la puissance de Dieu qui en résultait, transformant la souffrance en victoire et l’humiliation en gloire.

  1. Le cœur dur ou le refus de la repentance

Un constat s’impose : Personne n’avait encore offert de sacrifice sinon Dieu seul qui l’avait fait premièrement et à l’endroit de l’Homme. Cette pensée d’offrir à Dieu est donc suscité par Dieu aussi bien chez Abel que chez Caïn. Cependant l’attitude du cœur à l’endroit de Dieu est différente chez les deux. Abel reconnait le Dieu Eternel créateur de toutes choses qui doit occuper la première place, siégeant au centre de nos vies et de nos intérêts, chose contraire chez Caïn. Nous pouvons donc nous poser les questions suivantes : quelle place accordons-nous à Dieu ? , quelle obéissance manifestons-nous envers lui ? Ou alors suivons-nous notre propre voie ?, le Servons nous lui ou selon notre volonté propre ?

La bible dit dans la suite que Dieu a approuvée Abel et désapprouvée Caïn. ce qui a plonge ce dernier dans une colère contre Dieu, suscite la jalousie contre son frère cadet ; il se sent indigne, se décourage et devient fort malheureux. Bien qu’averti de sa chute eventuelle annoncée non seulement par ces signes précurseurs evidents mais par Dieu lui-même, Cain n’a pas saisi l’opportunité de se relever mais négligeant ou endurci, il a fini par querellé, agressé et tué son frère. Que dirons nous à l’égard de tout ceci : l’approbation de Dieu et sa présence dans la vie de plusieurs (élévation, bénédictions et faveurs diverses, dons,…etc.) loin d’inciter et même de susciter chez les autres un réel attachement et une consécration plus sérieuse à Dieu afin d’expérimenter les bontés, la sagesse et la puissance infini du Dieu vivant ; conduisent plutôt à des conflits d’autorité, des rivalités et des guerres détruisant plusieurs. Notons aussi qu’après un echec c-a-d après avoir manquer le but, la chute nous guette généralement car à ce moment il y a déviation d’objectif , déviation de personnalité (trouble,stress, indignation,…) et peut alors survenir le pire.

Toutefois, après un forfait ; Dieu offre toujours une possibilité de rachat par repentance mais la dissimulation devant Dieu, l’orgueil, l’endurcissement de cœur et mémé la rébellion comme ce fut le cas de Caïn, dominent et remportent sur la conscience de notre pèche nous plongeant dans l’aveuglement spirituel et l’égarement

  1. L’incrédulité, le manque de miséricorde

Lecture des textes bibliques de Matthieu permettent de ressortir les points suivants :

Les ambitions de Judas

1- s’intéressait beaucoup à l’argent (Jean12 :4-6)

2- cherchait le prestige, la reconnaissance des autres, et surtout de la classe religieuse au pouvoir.

3- être quelqu’un d’important, valorisé par le peuple et bien sûr riche

Le mauvais fondement spirituel de Judas

Judas avait vu une grande opportunité de richesse via la réputation de Jésus faiseur de miracles et pourvoyeur de solutions à tout problème car il aimait beaucoup l’argent et volait dans la caisse. Il eut même l’occasion d’expérimenter cette puissance de Jésus faisant des miracles et des délivrances .De plus sa présence auprès de Jésus comme apôtre et intendant était pour lui un prestige. Il espérait également un positionnement futur dans le nouveau régime politique et social que mettrais en place Jésus Roi des Juifs .Mais dès qu’il a compris qu’il s’était trompé sur le Christ, Il décida alors d’exploiter sa position privilégiée d’apôtre pour se faire une place au soleil en faisant alliance avec la classe religieuse des sacrificateurs alors au pouvoir. On peut donc se poser cette question : Judas avait-il cru ?

Conséquences d’une fuite en avant

Judas ne désirait pas la mort de Jésus qu’il reconnaît comme innocent Quoique ayant bel et bien prémédité la trahison de son Maître pour son bénéfice personnel. Le malheureux attendait avec des angoisses faciles à concevoir la fin de ce procès persuadé que Jésus échapperait de quelque manière à la haine des Juifs. Mais les choses n’ont pas tourné comme il l’espérait ; il se rend compte qu’il a mal calculé son coup et mal agi. Saisi par l’aiguillon du remords agissant par la douleur morale, il se tournant vers les hommes et non vers Dieu en tentant humainement de réparer ses torts autant qu’il lui est possible en déclarant publiquement l’innocence et en restituant le fruit de son crime , mais plus grave encore et atroce fut sa douleur car ceux-ci le refoulèrent très vivement « Que nous importe ? lui dirent ceux qui avaient profité de sa trahison… ». Effet, comment aurait-il pu se tourner vers ce Sauveur dont il n’a jamais connu le grand amour et la grande miséricorde quoique l’ayant longtemps côtoier ?

La situation de Judas suit de très près celle de Pierre. Ces disciples ont tous deux vendu leur Maître, mais Pierre seul connait se repent la vraie repentance et sera rétabli car assurément dans son profond regret, son amertume et ses larmes, il a considéré toutes les paroles et œuvres de Christ et il s’est dit : « Peu importe qui je suis et ce que j’ai pu faire, le sacrifice de Jésus couvre mes fautes si je me confie en Lui….. ». Il pu implorer la miséricorde du Christ et recevoir le pardon tandis que Judas a sombré dans le désespoir pour finir au suicide.

L’exil spirituel conduit la victime à des voies et attitudes négatives :

 La construction de forteresses en pensée dans lesquelles on se cache

 L’abandon du droit chemin

 La haine, le manque de confiance en Dieu

 Le refus de pardonner, l’amertume

 La comptabilité des bienfaits à l’endroit de celui qu’on qualifie d’ennemi

L’illustration de la vie de David nous servira de cadre d’étude :

1. Vie de berger :

Chargé comme cadet du soin des brebis de son père, il montrait son dévouement et son courage en allant jusqu’à tuer le lion ou l’ours qui attaquaient le troupeau (1Sam 16.11 ; 17.34-36). Le jeune homme, gratifié de dons musicaux remarquables, jouait fort bien de la harpe ; plus tard il composa des cantiques. Lorsque Dieu eut rejeté le roi Saül, il envoya le prophète Samuel à Bethlehem et lui commanda d’oindre David pour lui succéder. Il n’y eut pas de proclamation publique, de peur de susciter l’hostilité de Saül. Samuel oignit David en présence des anciens, qui ne furent pas renseignés, semble-t-il, sur le but de cette onction (1Sam 16.4-5, 13), mais Isaï et David lui-même le furent certainement. Ce fut un point tournant dans la vie du jeune homme et « l’Esprit de l’Éternel le saisit » ; mais David ne méprisa pas son humble travail quotidien.

2. Au service de Saül :

Le roi abandonné de Dieu, hanté par un mauvais esprit, sujet à la mélancolie et à des crises de démence, reçut de ses serviteurs le conseil de s’attacher un harpiste, dont la musique calmerait son agitation. Quelqu’un lui recommanda David excellent musicien, jeune homme vaillant, ayant l’âge d’être soldat, plein d’adresse, de courage, quoiqu’il n’eût pas encore l’expérience de la guerre ; avec cela, avisé, beau et pieux (1Sa 16.14-18). Saül lui ordonna de venir ; la musique de David l’apaisa, son caractère lui plut, il demanda à Isaï de le laisser à la cour, et en fit l’un de ses vaillants (v. 16-23 ; 2Sam 18.15). En remplissant cet emploi, David s’instruisit : il apprit à connaître la guerre, la monarchie, des hommes éminents, le bon et le mauvais côté de la vie de cour. Il ne resta pas constamment avec Saül. Le roi allait sans doute mieux ; David retournait souvent à Bethlehem surveiller les brebis de son père (1Sam 17.15).

Le défi de Goliath l’émut profondément. Comprenant que l’Éternel voulait se servir de lui, David, pour enlever l’opprobre d’Israël, s’enquit de ce Philistin qui défiait les armées du Dieu vivant. On rapporta ses paroles à Saül ; s’apercevant de quel esprit le jeune homme était animé, le roi permit au berger de se mesurer avec le géant. David objectant qu’il n’y était pas habitué, se débarrassa de l’armure dont Saül l’avait revêtu. Il eut une idée géniale. L’allure de Goliath était ralentie par le poids de son armure, le genre d’arme qu’il portait l’obligeait à combattre de près, il n’était vulnérable qu’au visage. Libre de ses mouvements, David, excellent frondeur, se dirigea vers le Philistin avec cinq pierres qu’il pouvait lancer de loin. Il était convaincu que sa cause était juste et que Dieu le secourrait.

La victoire remportée sur Goliath marqua une seconde étape dans la vie de David. Le courage, l’humilité, la piété de David lui gagnèrent l’affection désintéressée et fidèle de Jonathan, fils de Saül (1Sam 18.1).

Les causes de l’exil spirituel de David :

L’ovation que l’on fit au vainqueur éveilla la jalousie de Saül, qui devint l’ennemi de David (1Sam 18.6-9).

Le roi comprit que la prédiction de Samuel concernant le transfert de la royauté à quelqu’un de meilleur (1Sam 15.17-29), allait s’accomplir en la personne de David, et il tenta de s’y opposer.

Il essaya de tuer David avec sa lance (1Sam 18.10-11).

Ayant échoué, il l’envoya diriger des expéditions militaires (v. 13).

Il donna sa fille, qu’il avait promise à David, à un autre (17-19).

Profitant de l’amour de David pour Mikal, Saül essaya de le faire mourir sous les coups des Philistins (20-27).

Cependant, la popularité de David allait croissant (29-30) ; la crainte qu’en avait Saül augmenta, et il ne cacha plus son dessein de tuer David (1Sam 19.1).

On lit plus loin que les partisans de Saül ne le détournaient pas de ce dessein qu’encourageaient des intrigues de cour (1Sam 24.10 ; Psaumes 7, titre). La jalousie du roi, en veilleuse pendant quelque temps, se raviva ; il essaya de nouveau avec sa lance de transpercer David (1Sam 19.4-9) qu’il voulut ensuite faire arrêter et qui échappa grâce à la ruse de Mikal, fille du roi (10-17). David écrivit alors le (Psaume 59).

Les différentes étapes de l’exil spirituel de David :

1. Il s’enfuit auprès de Samuel, à Rama, où Saül tenta encore de le saisir (18-24).

2. David se sauva, rejoignit Jonathan qui s’enquit de tout, et apprit que son ami ne pouvait plus rester à la cour, où sa vie était menacée (chapitre 20).

3. Troublé dans sa confiance en Dieu et désespéré, David s’enfuit loin de Saül.

S’arrêtant à Nob, il manqua de foi et mentit (1Sam 21.2-10 [1-9]) ;

4. Puis il se hâta d’aller à Gath, se mettre sous la protection d’Akich, ennemi de Saül. Mais les princes philistins refusèrent de donner asile à celui qui les avait humiliés ; ils s’emparèrent de lui (1Sam 21.14 ; Psaumes 56, titre).

4. David simula la folie et Akich le chassa (Psaumes 34 ; ici Abimélek est mis pour Akich).

5. Reprenant confiance en Dieu (Psaume 34), le fugitif retourna dans le pays de Juda et demeura dans la caverne d’Adoullam (1Sam 22.1), tandis qu’il plaçait ses parents dans le pays de Moab (v. 3, 4). Un ramassis d’éléments divers, la plupart désœuvrés et aux abois, commença à rejoindre David ; ce groupe qui était d’abord de 400 hommes finit par en compter 600. Il y avait parmi eux Abiatar, prêtre de l’Eternel ; il avait échappé au massacre des prêtres de Nob, et avait apporté un éphod. Le prophète Gad, que David avait probablement rencontré à Rama (1Sam 22.5, 20 ; 23.6) était aussi avec eux. David avait donc des soutiens spirituels et une équipe dévouée. D’Adoullam, il se rendit à Qeïla, ville qu’il délivra de la main des Philistins (1Sam 23.1-5).

6. Dieu reprend David par le Prophète et lui ordonne de rentrer dans le territoire de Juda (1 Sam 22.5)

7. Apprenant que Saül se préparait à l’enfermer dans Qeïla, il s’enfuit au désert de Juda (1Sam 23.14 ; Psaumes 63). Les Ziphiens en informèrent Saül qui le traqua, jusqu’au moment où la nouvelle d’une invasion philistine le contraignit à cesser sa poursuite (1Sam 23.14-28).

8. Quand il eut réglé l’affaire des Philistins, Saül se mit à chercher David dans le désert voisin d’Eyn-Guédi. Il dut s’incliner devant la grandeur d’âme de David qui, ayant la possibilité de tuer le roi dans la caverne, épargna sa vie (1Sam 24 ; Psaume 57 ; 142). David et sa troupe d’hommes armés défendaient les propriétés israélites exposées aux razzias (1Sam 23.1 ; 25.16, 21 ; 27.8).

9. Après avoir gardé le troupeau de Nabal, David et ses défenseurs s’attendaient à recevoir des vivres comme prix de ces services. Le refus méprisant du richissime propriétaire exaspéra David. Il ne fut gardé de verser le sang que par la sagesse et la diplomatie de la femme de Nabal (1Sam 25). Quand elle fut veuve, David l’épousa.

10. Il arriva de nouveau dans les parages du désert de Ziph, dont les habitants recommencèrent à informer Saül, qui se remit à poursuivre David. Ce dernier révéla à nouveau sa magnanimité en ne tuant pas le roi endormi ; il se borna à emporter sa lance et sa cruche d’eau (1Sam 26).

11. Désespérant de pouvoir échapper à Saül, David quitta le territoire de Juda et obtint d’Akich la permission d’occuper Tsiqlag, ville de la frontière, dans la direction du désert méridional. Il y resta un an et quatre mois, protégeant les Philistins contre les tribus du désert, dévastant parfois un village éloigné, même en Philistie (1Sam 27).

12. Lorsque les Philistins allèrent à Guilboa pour attaquer Saül, leurs princes ne voulurent pas que David les accompagnât (1Sam 28.1, 2 ; 1Sa 29).

Conclusion : La révélation de la personne du Christ glorifié (Apoc 1.8-16)

Jésus-Christ apparaît comme le premier et le dernier, omniscient, omnipotent, éternel, porteur de la parole de vérité. Cette première vision est complétée par diverses images disséminées à travers le livre :

1. le lion (Apoc 5.5 : qui exprime le pouvoir royal)

2. le rejeton d’une racine (Apoc 5.5 ; 22.16 : descendant de David),

3. le cavalier sur le cheval blanc (Apoc 19.11 : victoire sur le mal)

4. l’Agneau immolé (Apoc 5.6 : victime pour le rachat de l’humanité).

5. Il partage le trône de Dieu (Apoc 7.17 : et viendra pour juger les hommes (Apoc 19.11)

6. Il source de la vie (Apoc 21.22 ; 22.1).

7. celui qui est, qui était, et qui vient (1.4) : ce livre met un accent particulier sur l’éternité de la nature divine dans plusieurs passages : celui qui vit aux siècles des siècles (4.10) ; le Seigneur Dieu… qui était, qui est et qui vient (4.8) ; je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout Puissant (1.8) ; Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts (1.18). Dans un monde qui, tout au long de son histoire, les royaumes, empires et états se font et se défont, où tout n’est que momentané, passager, Dieu ici est décrit comme immuable, éternel, hors de l’environnement spatio-temporel, au-dessus de tous, sa promesse nous rassure que sa nature peut nous être impartie et que nous pouvons, comme lui et par sa grâce, vivre pour toujours sans que la mort nous fasse du mal ou nous inquiète. Vivre à jamais ! Une jeunesse immortelle ! Quelle merveilleuse promesse réconfortante pour les croyants devant le martyre ! Quel encouragement pour nous aujourd’hui !

8. le prince des rois de la terre ! (1.5) : L’affirmation de la suprématie inconditionnelle de notre Souverain Roi sur le monde est ici démontrée. Des grands hommes, des rois, des monarques, des dictateurs, des empereurs, des rois se sont levés dans l’histoire du monde contre Christ (Psaumes 2, l’histoire des martyrs, etc.), et ils continuent à le faire avec un grand zèle et une audace insolente, sans honte. De nos jours, il est évident que des monstres de l’enfer gouvernent nos pays sous forme humaine, mais leur chute est inévitable. Christ refusa le royaume que lui offrit un jour Satan, mais un jour viendra et ce jour n’est plus loin, où ce monde lui (Christ) reviendra, mais à sa manière à lui, le Roi des rois. Tous, vivants, les rachetés de tous les âges, les âmes du paradis aspirent ardemment à ce règne glorieux où tout n’est que pureté et bonheur. Il viendra sûrement comme vient le matin et rien ne l’empêchera car Christ est sur le trône ; même quand tout semble s’écrouler autour de nous voire aller au pire, ne l’oublions jamais, Christ revient bientôt !

9. La révélation de la personne de Christ (Apoc 1.12-20)

Il était vêtu d’une longue robe allant jusqu’aux pieds, représentant la robe sacerdotale, comme l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes (Psaumes 133.2). Lorsque la robe est ceinte autour des reins, c’est pour exprimer son service d’Intercession (Lév 16.4).

Ce vêtement était ceint avec une ceinture d’or sur la poitrine, qui indique combien est précieux son amour, son autorité et son affection, mais aussi la fermeté judiciaire employée à apprécier et à juger le mal selon la justice divine (Apoc 1.12,13). En d’autres endroits, la ceinture est la fermeté pour le service, la marche, le combat et l’intercession.

Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige, pouvant signifier sa majesté, sa pureté, sa justice personnelle, sa sainteté et son éternité ; n’est-il pas l’Ancien des jours ?

Ses yeux comme une flamme de feu, peuvent représenter sa connaissance des mobiles et secrets de tous les cœurs, ainsi que les événements les plus éloignés. Cette description de Jean symbolise le jugement scrutateur et consumant, auquel rien n’échappe et qui n’épargne pas. Rien n’est caché aux yeux de Celui à qui nous rendrons compte de nos actes positifs comme négatifs.

Ses pieds semblables à de l’airain ardent, embrasé dans une fournaise. L’airain dans les Écritures est souvent l’emblème de la justice immuable de Dieu, venant rencontrer sur la terre le péché, où qu’il se trouve, soit pour juger, soit pour condamner, soit pour sauver éternellement par un jugement exercé sur la terre, soit pour sauver son peuple terrestre par un jugement gouvernemental, soit pour établir le royaume sur ce jugement (Ex 38.1-8 ; Nombres 21.9 ; Ezéchiel 40.3 ; Zacharie 6.1 ; 1 Rois 7.15-22). Ceci peut aussi exprimer la fermeté de ses projets et l’excellence de ses actes souverains et irrévocables. Tout croyant doit aux regards de cette description garder toujours en mémoire que sa marche sur la terre doit être exclusivement sur les voies de Christ qui, par le feu d’un jugement absolu et sans mélange à l’égard du péché et de la corruption dans l’église agira à l’endroit de tous ceux qui se réclament siens.

Sa voix comme le bruit de grandes eaux : cette expression traduit la puissance de sa parole, la voix du Tout Puissant, voix majestueuse de l’Éternel pour enlever, juger ou pour détruire (Ezéchiel 1.24 ; 43.2). Les voix qui viennent d’auprès du Très Haut, portent son caractère de puissance imposante (Apoc 14.2 ; 19.6).

Il avait dans sa main droite sept étoiles : Main droite symbolise sa Force, puissance et soutien (Ex 15.6 ; Psaumes 20.6 ; 89.13 ; Esaïe 41.10). Les étoiles symbolisent les autorités subordonnées, envisagées sous leur caractère de lumière et d’ordre moral, et destinées à être des luminaires ou lumière célestes sur la terre (Psaumes 136.9 ; Genèse 37.9 ; Jérémie 31.35 ; Dan 12.3 ; Phil 2.15). Les sept étoiles étaient les emblèmes des ministres des sept églises à qui l’apôtre a reçu l’ordre d’écrire, et que Christ soutenait et dirigeait afin qu’ils fassent luire dans ce monde perverti, l’éclat de la justice céleste, afin que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel.

De sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants : L’épée représentait la justice et la parole de Dieu sortant de la bouche de Christ pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointure et moelle pour discerner et juger ce qui de l’Esprit ou ce qui est de la chair et éventuellement pour frapper tout ce qui est contraire à la volonté divine exprimée par cette parole (Hébreux 4.12 ; Ps 149.6-7 ; Apoc 2.12,16 ; 19.15).

Son visage était comme le soleil comme il brille dans sa force : Ce style de langage décrit l’autorité, la domination et l’éclat de la lumière suprême, établies de manière inaltérable et immuable. La manifestation de la gloire de Dieu est éclatante, brillant clairement et puissamment ; L’éclat du ressuscité (Christ) dans son triomphe éternel, est trop vif et trop éblouissante pour que des yeux mortels puissent le regarder. L’apôtre a été comme écrasé par la grandeur de la luminosité et de la gloire dans laquelle Christ a paru. Nous pouvons être satisfaits de marcher par la foi, pendant que nous sommes ici-bas parce que sa gloire et sa majesté nous envelopperont tout au long de notre parcours car il est le fidèle. Le Seigneur Jésus adresse des paroles de réconfort : Ne crains pas ! Des paroles d’instruction : il révèle sa personne qui, dans sa nature divine est le Premier et le Dernier. Il rassure que c’est bien Lui en faisant référence à ses précédentes souffrances : J’étais mort ; il garantit là qu’Il est et reste le même que ses disciples ont vu sur la croix. Sa résurrection et sa vie sont une réalité incontournable : J’ai vaincu la mort, et je suis participant de la vie sans fin.

Il tient les clés de la mort et du séjour des morts : cette expression définit le pouvoir administratif enlevé à Satan par la mort et la résurrection de Christ et s’exerçant avec souveraineté pour faire entrer et sortir, pour enfermer ou délivrer. Il peut donc délivrer les corps de la mort, et les âmes du lieu invisible, non pour les y enfermer à nouveau, mais pour les conduire dans le royaume de lumière dont il est l’éternel Roi (Esaïe 22.22 ; Mt 16.18-19 ; Apoc 3.7 ; 9.1 ; 20.1). Il définit en même temps-là, sa fonction et son autorité qui est souveraine dans et sur le monde invisible autant que visible, comme Juge de tous, de qui les décisions sont sans appel.

Ainsi l’adoption de l’attitude d’Élie serait salutaire (1 Rois 19.11-18).

Dr André CHOUBEU

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LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

26 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

Exode 3.1-10

Définition :

De l’hébreu millu’ (mil-loo’), אלמ, le mot français consécration signifie : garniture, pierres à enchâsser; installation.

La consécration est le résultat de la séparation. Mais cette séparation revêt deux aspects importants sans lesquelles l’impact de Dieu sur nous ou pour nous, peut être soit superficiel soit partiel. La séparation dans son aspect premier implique une séparation, un retrait d’avec les choses du monde tandis que le second aspect est la séparation ou une mise à part pour Dieu.

Le hébreu millu’ (mil-loo’), vient d’une racine primaire male’ (maw-lay’) ou mala’ (maw-law’) אלמ et signifie remplir, être plein, pleinement, regorger, garnir, accomplir, achever, s’écouler, être employé, assouvi, s’armer, compléter, déborder.

Ainsi, par le fait de la consécration, le consacré est mise à part pour Dieu, devenu membre de la famille de Dieu (Eph 2.19-20), rempli et atteint la plénitude, l’abondance, la main remplie : « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur,

19 et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Ephésiens 3.14-19)

La consécration est également l’expression de : « c’est Christ au lieu du moi, ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Galates 2.20).

La consécration ne consiste donc pas en un acte résolu d’abandon de soi-même, mais dans le fait que nous acceptons Christ à la place de nous-mêmes, que nous lui donnons sa vraie place de prééminence en nous.

Etymologiquement, la consécration est l’action de consacrer, dédier ou dédicacer une personne, un objet, ou un bien, en les vouant au service de Dieu. D’où les mots con : avec et sacré : dévoué (attachement) ou voué (dépendance totale et absolue, vocation).

Les étapes de la consécration de Moïse :

Toute nouvelle saison qui introduit le peuple de Dieu dans un nouveau mouvement de l’Esprit provoque un courroux du monde des ténèbres et appelle impérativement les serviteurs à un discernement complet sinon, ils prendront Dieu pour diable et le diable pour Dieu. La sortie d’Israël de l’Egypte conformément à la prophétie donnée à Abraham (Genèse 15.13-14) approchait et Satan le savait. Pour tenter de l’empêcher, il a décrété par son instrument humain la mort des garçons. Cette scène macabre se répétera à la naissance du Christ (Mt 2.18).

Lorsque Dieu décide de passer à une nouvelle saison avec son Serviteur, les classiques du conservatisme aveugle, sauvage et brut se dressent en ambassadeurs des traditions pour s’opposer aux révélations à ce nouveau départ (Actes 26.16).

  1. La prescience de Dieu sur Moïse

Pharaon régissait sur l’Egypte comme dieu. Ses décrets devenaient impérativement exécutoires car toute action contraire aux désirs de ce monarque était passible de mort sans appel. Aussi, il n’y a que Dieu qui pouvait entrer dans les sages-femmes pour préserver un enfant à cette époque et en garder confidentiellement le secret (Exode 2.17).

Les dispositions prises par la Providence sont toujours surprenantes, étonnantes et merveilleuses. Au moment précis où Pharaon, parvenu au fait de sa puissance, a cruellement ordonné de tuer les enfants des Hébreux, celui qui devait les délivrer est né ! Quand les hommes tentent de détruire un enfant de Dieu, un Serviteur de Dieu ou l’église, Dieu prépare de Son côté le moyen qui la sauvera. Les parents de Moïse virent que leur fils était beau.

  1. La consécration à Dieu par les parents (Exode 2.1-3)

« Un homme de la maison de Lévi avait pris pour femme une fille de Lévi.

Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu’il étaitbeau, et elle le cacha pendant trois mois. Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu’elle enduisitde bitume et de poix; elle y mit l’enfant, et le déposa parmi les roseaux,sur le bord du fleuve ».

La mère de Moïse savait voir dans la vision de Dieu (Nombres 24.4) et compris que si les sages-femmes n’ont pas tué son fils, selon le puissant décret satanique de Pharaon, assurément la main de Dieu y est et par conséquent, Dieu a un plan particulier pour ce fils.

La mère de Moïse a la foi au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui au-delà de la menace de Pharaon peut assurer la vie et la protection de son fils.

La mère de Moïse de vit surnaturellement que son fils était très beau, et elle prend le risque par la foi pour faire la caisse de joncs dans laquelle, elle le placera.

En effet, la beauté exceptionnelle de Moïse est représentée comme remarquée de Dieu même, ou encore consacrée à Dieu. Le texte original dit simplement et noblement : Il était beau à Dieu. La beauté du petit Moïse est célébrée aussi par Josèphe: « On se retournait dans la rue, dit-il, et l’on abandonnait ses affaires pour le voir passer »

Comment de mères voit-elles en leurs fruits des entrailles, les desseins de Dieu et savent-elles les consacrer à Dieu ?

La mère de Moïse s’appuyait sur le fait qu’Israël serait préservé selon la promesse divine. La foi dans ces promesses, incite à exploiter des moyens tout à fait légaux, dans le but d’obtenir la miséricorde divine. S’il nous appartient de connaître notre devoir, les évènements, quant à eux, sont conduits par Dieu. Même quand il conduisait les Israélites dans le désert, Moïse n’était pas été autant protégé que lors de ce périple sur le fleuve, simple bébé sans aide. Ni les eaux du Nil, ni les Égyptiens ne pouvaient lui faire de mal. C’est quand nous sommes au point le plus bas de la vague que Dieu est alors le plus près de nous !

  1. La consécration à la fille de Pharaon (Exode 2.5-10)

« ……. Quand il eut grandi, elle l’amena à la fille de Pharaon, et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l’ai retiré des eaux ».

A cause de la prédestination divine sur celui qui lui appartient, Dieu approuve la consécration de Moïse et pourvoit par la fille de Pharaon pour prendre soin de Moïse depuis sa récupération des eaux jusqu’à la vie majeure :

  • Education exceptionnelle au sommet de connaissance égyptienne
  • A cause de la prédestination divine sur Moïse, la consécration de l’enfant par la mère a valu à cette dernière un salaire pour son œuvre, bien qu’elle soit mère.
  • Comme toute mère, bien qu’ayant comme perdu l’enfant humainement parce ne l’ayant plus comme fils, elle a par la grâce de Dieu, le privilège de l’allaiter.
  • La fille de Pharaon adopte Moïse comme son propre fils avec toutes les conséquences positives, lui permettant de mieux connaître le milieu pharaonique, la gestion politique, sociale, économique, militaire de l’Egypte.
  1. La consécration au service de l’Egypte (Actes 7.22)

La fille de Pharaon pris soin de nourrir Moïse comme son propre fils (littéralement: pour elle-même en tant que fils). Il ne fut pas seulement nourri ; il fut aussi instruit, de manière à posséder toute la sagesse du pays des Pharaons. Les jeunes Egyptiens, les futurs prêtres surtout, suivaient alors volontiers l’université d’Héliopolis. Ils y recevaient des enseignements, distingués pour l’époque, sur la théologie, la médecine, le droit, les mathématiques, l’astronomie et l’histoire naturelle. Les plus récents travaux de l’égyptologie ont établi ces données presque avec certitude. Moïse se préparait de la sorte, à son insu, à devenir à la fois le législateur et le guide de son peuple, non seulement à travers le désert, mais pour les siècles à venir. Cette éducation porta ses fruits. Il fut puissant par ses paroles et par ses œuvres.

  1. La première étape de la consécration à Dieu de Moïse (Hébreux 11.23-27)

La séparation de Moïse d’avec Pharaon et le service de l’Egypte pour se donner à Dieu.

« Il avait quarante ans, lorsqu’il lui vint dans le cœur de visiter ses frères, les fils d’Israël. Il en vit un qu’on outrageait, et, prenant sa défense, il vengea celui qui était maltraité, et frappa l’Egyptien. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main; mais ils ne comprirent pas. Le jour suivant, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il les exhorta à la paix: Hommes, dit-il, vous êtes frères; pourquoi vous maltraitez-vous l’un l’autre ? Mais celui qui maltraitait son prochain le repoussa, en disant: Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l’Egyptien ? » (Actes 7.23-28)

« Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Egypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Egypte, sans être effrayé de la colère du roi; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Hébreux 11.23-27)

Moïse ayant vu dans le surnaturel en contemplant Dieu dans sa vie, comprend par le Saint-Esprit que le bouleversement final de l’univers et le remplacement de toutes les choses ébranlées de ce monde par celles qui ne peuvent être ébranlées et qui subsisteront à toujours est évidente.

Notre consécration se heurte aujourd’hui par l’amour du siècle présent, la cupidité d’honneur, la gloire éphémère et le matérialisme satanique. Puisse chacun revoir le degré de sa consécration pour un retour véritable à Dieu en marchant sur les anciens sentiers.

Moïse s’enfuit et demeure comme étranger au désert, à cause de l’aveuglement de son peuple. Mais le jour de sa vocation comme libérateur de ce peuple était réservé auprès de Dieu. Lorsque l’amour du royaume nous inonde et que l’incompréhension de notre entourage se dresse contre nous de quelque manière que ce soit, quelle est notre réaction ?

Moïse, devenu grand, montre comme ses parents une foi exceptionnelle. Hébreux 11.24… souligne comment il refuse l’avenir brillant qui s’offre à lui ; il choisit…, il estime…, et quel est son secret ? Il regarde à la rémunération. Grand exemple pour nous qui sommes tous, tôt ou tard, placés devant ce choix : le monde avec ses ambitions et ses plaisirs ou "l’opprobre du Christ"! Moïse se présente pour délivrer son peuple. Mais son échec nous instruit aussi. Si grandes que soient les affections, on ne peut pas suivre Christ par l’énergie naturelle (Exode 2.12 ; Jean 18.10).

  1. La deuxième étape de la consécration à Dieu de Moïse (Actes 7.29)

« A cette parole, Moïse prit la fuite, et il alla séjourner dans le pays de Madian, où il engendra deux fils » (Actes 7.29).

« Pharaon apprit ce qui s’était passé, et il cherchait à faire mourir Moïse. Mais Moïse s’enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s’arrêta près d’un puits » (Exode 2.15)

Moïse s’est séparé du monde avec sa luxure, il a l’amour de Dieu dans son cœur, mais, il doit apprendre la patience, l’endurance, la souffrance pour l’œuvre de Dieu. Dieu l’envoie dans le désert.

Moïse, au pays de Madian, rencontra des bergers. Malgré son rang, à la cour d’Égypte, il était prêt à aider les filles de Réuel, pour faire boire les troupeaux. Moïse aimait que la justice soit rendue, il cherchait à défendre ceux qui étaient injuriés ; c’est d’ailleurs ce que devrait faire chacun de nous, dans la mesure du possible. Moïse aimait faire le bien.

Quel que soit l’endroit où la Providence nous place, nous devrions désirer et chercher à être utiles. Si nous ne pouvons pas réaliser tout le bien que nous voudrions, soyons au moins prêts à accomplir ce qu’il nous est possible de faire.

Moïse habita chez Réuel qui signifie « ami de Dieu », mais appelé communément Jéthro selon son nom de fonction qui signifie « excellence). Cet homme politique et religieux pour son peuple avait la culture des hébreux, étant fils d’Abraham par Ketura, l’Ethiopienne qu’épousa le patriarche après la mort de Sara (Genèse 25.1).

Les leçons du désert pour une consécration plus efficace de Moïse :

Moïse, le prince dans sa vie de palais, était servi, maintenant, il est serviteur

Il était honoré, maintenant, il doit honorer

Il était respecté, maintenant, il doit respecter

Il était craint, maintenant, il doit craindre

Il dormait sous les climatiseurs, maintenant, il dort dans la tente

Il avait des gardes de corps, maintenant il garde les brebis

Il était chef de l’armée d’Egypte, maintenant, il est berger

Il avait un fusil, maintenant, il a un bâton

Il donnait des ordres, maintenant, il en reçoit

Etc.

Sommes-nous prêts pour une telle école ? Moïse l’a vécu pendant 40 ans.

La consécration, c’est se placer sous la souveraineté de Dieu pour tout ce que nous vivons, voyons, ou faisons. La traversée ou la formation du désert est un passage obligé pour tout vrai serviteur de Dieu.

  1. La troisième étape de la consécration à Dieu de Moïse (Exode 3.1-10)

Cette dernière étape de la consécration de Moïse qui a certes de l’expérience et des acquis non négligeables est remplie de symbolismes qui nous instruisent sur des aspects sans lesquels nous pouvons rester toujours loin des principes de la consécration bien qu’ancien de plusieurs années dans le service pour Dieu.

Vocation de Moïse et son retour en Egypte (Exode 3)

  1. Dieu apparaît à Moïse dans un buisson ardent (Exode 3.1-6)

Le beau-père de Moïse de son vrai nom Réuël qui signifie « familier ou ami de Dieu » est Sacrificateur de son pays. Le titre de Jéthro signifiant « Excellence » (Exode 4.18) qu’il porte correspondrait de sens au titre actuel d’Iman ou chef de tribu. On ne saurait jouer avec le troupeau d’un tel personnage.

Moïse est berger et comme chaque jour, doit chercher le bon pâturage pour son troupeau. C’est ainsi que ce jour-là, il se trouva au pied du Mont Horeb qui est le même lieu que Sinaï ou la Montagne de Dieu (Ex 3.1 ; 17.6 ; Deut 4.10 ; 5.2 ; 9.8 ; 1Rois 8.9 ; 19.8 ; 2Chron 5.10 ; Psaume 106.19 ; Mal 4.4).

Nous noterons ici la particularité de la présence de Moïse à cette montagne en ce moment précis là. En effet, en se référant à la Bible, les scènes de grands événements se sont déroulées sur les Montagnes et Collines :

1) Ararat : l’arche s’est posée (Genèse 8.4)

2) Morija: Abraham sacrifia Isaac (Genèse 22.)

3) Horeb : Moïse vit le Buisson Ardent (Exode 3.1,2)

4) Sinaï : la Loi fut donnée à Moïse (Exode 19.11,20)

5) Ebal et Garizim : Bénédictions et Malédictions y furent prononcées (Deut 11.29 ; 27.11-13)

6) Carmel : le sacrifice d’Elie (1Rois 18.19)

7) Hermon ou Tabor : Transfiguration du Christ (Marc 9.2)

8) Mont des Oliviers : Ascension de Christ (Actes 1.12)

Retenons que le chiffre huit exprime un nouveau départ, ce qui est nouveau.

La révélation du buisson ardent :

La présence de l’ange de l’Eternel, suivant le sens habituel de cette expression est la manifestation de Dieu sous une forme visible (Genèse 21).

Le mot hébreu buissons, sené est le nom d’une sorte d’acacia épineux et velu, commun dans ces montagnes et qui leur a peut-être valu leur nom de Sinaï. Le mot hébreu au singulier a ici un sens collectif, ce qui explique l’article. Du milieu du taillis s’élevait la flamme provenant du buisson en feu. Le feu est un des faits de la nature qui nous représentent le mieux ce que Dieu est : lumière, chaleur, vie, détruisant ce qui est vil, purifiant ce qui est précieux. Aussi l’Esprit de Dieu est-il apparu à la Pentecôte en langues de feu et Dieu est-il appelé, un feu consumant (Exode 24.17 ; Deut 4.24)

L’attention de Moïse sur la révélation :

Moïse remarque que le buisson enflammé demeure cependant complètement intact. C’est donc là un feu d’une nature particulière qui n’a besoin d’aucun aliment extérieur et qui s’entretient par lui-même. Dieu veut donner par là le magnifique emblème de ce qu’il est lui-même, comme la vie absolue, indépendante de toute matière, se reproduisant incessamment elle-même. C’est l’illustration de l’essence divine telle qu’il va la révéler à Moïse, en se désignant par le nom de Jéhovah, « Je suis » (Exode 3.14).

Dans les divers songes, les révélations, les signes divers que Dieu nous donne, notre attention y est-elle tournée ?

« Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions, afin de détourner l’homme du mal et de le préserver de l’orgueil, afin de garantir son âme de la fosse Et sa vie des coups du glaive. Par la douleur aussi l’homme est repris sur sa couche, quand une lutte continue vient agiter ses os. Alors il prend en dégoût le pain, Même les aliments les plus exquis ; Sa chair se consume et disparaît, Ses os qu’on ne voyait pas sont mis à nu ; son âme s’approche de la fosse, et sa vie des messagers de la mort » (Job 33.14-22).

L’étape décisive de la consécration de Moïse (Exode 3.4)

« L’Eternel vit qu’il se détournait pour voir; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit: Moïse! Moïse! Et il répondit: Me voici » !

Le désert et surtout celui-là est un lieu où les serpents brûlants, les loups, les voleurs sont légion. Une tradition raconte que dans des lieux comme ceux-là, lorsqu’un jeune homme veut épouser une fille, il va simplement tout faire pour voler des bêtes dans le troupeau de son beau futur beau-père. Lorsque cela est constaté et certifié, son beau-père l’appelle, le félicite et déclare que s’il est capable de voler bétail, il est capable de se battre pour nourrir sa fille. De là, la fille est accordée en mariage.

Moïse est conscient du grand danger qui guette sa décision : « je veux me détourner ». Il risque perdre sa femme et ses deux enfants en compensation du bétail complètement volé pendant qu’il est détourné. Il ne sait pas combien de temps coûtera la recherche de la vérité dans la compréhension de la révélation.

Il sait qu’il est étranger dans cette contré depuis 40 ans et les hommes de la localité le savent aussi. On sait qu’il n’a pas de maison à lui et habite depuis lors dans la maison de son beau-père. Il sait qu’il peut se retrouver en état de fuite et de poursuite à cause de la perte du troupeau. Mais par une ferme décision de la foi qui engage tout son avenir, il fait le choix ultime :

  1. Quelles sont encore les choses qui nous occupent tant de sorte qu’une consécration véritable soit difficile ?
  2. Que sert-il à l’homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ?
  3. Depuis que nous sommes préoccupés par ce qui retarde notre consécration, quel avantage avons-nous eu ?
  4. Savons-nous que nous avons plaqué Dieu au carrefour dans l’attente de notre consécration véritable ?
  5. Si quelqu’un aime son frère, son métier, son argent ou autre chose plus que Jésus, il doit savoir qu’il n’est pas digne d’être appelé son disciple.
  6. Si quelqu’un renie Jésus devant les hommes ou les circonstances, Jésus le reniera devant le Père céleste et les anges.

Ôte tes sandales : Les Orientaux (tant chrétiens que musulmans) ont toujours eu et ont encore la coutume de se déchausser avant d’entrer dans un lieu saint, apparemment afin de ne pas mêler à une terre sainte la poussière d’une terre profane.

La décision de Moïse l’amenait à un autre niveau de consécration qui exigeait la dépendance totale à Dieu. Il entrait dans un monde nouveau dont les instructions ne viendrait plus de ses efforts, de sa connaissance ou de sa force, mais de Celui est. Il entrait ainsi une fois pour toute dans la présence sainte de Celui qui est tout en tous.

Discernons-nous aujourd’hui le sacré du profane ? Nos danses, nos pensées, notre habillement ne connaissent plus le lieu saint. L’Egypte est dans nos cœurs même quand nous prétendons être à Canaan.

Jacob expérimenta une consécration qui nous interpelle :

  • Il dépouilla les siens des petits dieux qu’il enfouit sous le térébinthe.
  • Il montant ensuite à Bethel (maison de Dieu)
  • Il vécut un évènement particulier (la terreur de Dieu s’empara autour de lui et tous ses ennemis eurent peur de le poursuivre)
  • Il bâtit un autel à El Bethel.

Que nous inspire cette action ?

Quel est notre degré de révérence, pour Dieu et les choses sacrées ?

  1. Dieu envoie Moïse pour délivrer Israël (Exode 3.7-10)

Le besoin est présent, la souffrance d’une grande multitude est effective et Dieu dit : « Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas; mais je n’en trouve point. Le répandrai sur eux ma fureur, je les consumerai par le feu de ma colère, je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, dit le Seigneur, l’Eternel » (Ex 22.30)

De même que tous ceux qui craignent Dieu, doivent s’unir, pour favoriser le développement de la Vérité et de la Droiture divines, à l’inverse des âmes de tout rang et de toute profession qui s’associent pour conduire chacun à la ruine, une action urgente et efficace pour la restauration des principes de la consécration divine s’impose.

« La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière » (Rom 13.12).

Conclusion : Les années de la vie de Moïse sont réparties en trois périodes de quarante ans ; la première partie s’est passée à la cour de Pharaon, la deuxième en tant que berger, au pays de Madian et la troisième pendant laquelle il fut un grand dirigeant.

Nous remarquons à quel point la destinée d’un homme peut changer au cours de sa vie ! La première fois que Dieu apparut à Moïse, ce dernier s’occupait des moutons. Cela peut sembler être une modeste occupation, pour un homme possédant une telle éducation, mais il s’en accommodait apparemment ; ce travail lui a appris l’humilité et le contentement de peu, qualités qui sont mentionnées plus loin dans la Parole. Satan aime nous voir paresser ; Dieu, quant à Lui, aime que nous soyons actifs. Le fait de nous retrouver seul, nous permet d’entrer vraiment en communion avec Dieu. À sa grande surprise, Moïse vit un buisson ardent, sans avoir vu comment ce dernier avait été allumé. Ce buisson était en feu et ne se consumait pas ; c’est un peu une image du peuple de Dieu en Égypte. Cela nous rappelle également l’Église à travers les âges, persécutée sévèrement, mais préservée de la destruction, par la présence de Dieu.

Dans l’Écriture, le feu est l’emblème de la Sainteté et de la Justice divines ; il caractérise également les afflictions et les épreuves que Dieu envoie pour purifier Son peuple ; le feu représente aussi le baptême du Saint Esprit, par lequel les affections du péché sont consumées et qui transforme l’âme en une image conforme à la nature divine. Dieu, dans Sa miséricorde, appela Moïse ; ce dernier répondit aussitôt. Ceux qui désirent entrer en communion avec Dieu, doivent se plier à Ses ordonnances, par lesquelles Il se manifeste, Lui et Sa gloire ; Moïse a vu cette gloire, même au sein de ce buisson. Le fait d’ôter ses chaussures fut pour le patriarche un signe de respect et de soumission.

Nous devrions nous approcher de Dieu dans la solennité, avec des cœurs préparés, cherchant à éviter tout propos léger ou grossier et tout service peu convenable.

Dieu n’a pas dit : « J’étais le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », mais, « Je suis… ». Les patriarches vivent encore, malgré le fait que leur corps soit dans la tombe depuis de nombreuses années. Aucun laps de temps ne peut séparer l’âme des justes, du Créateur. Par ce témoignage, Dieu instruisit Moïse, sur l’existence d’un autre monde ; Il a ainsi affermi sa foi sur cet état futur. C’est ce qu’annonce aussi notre Seigneur Jésus, à propos de la résurrection des morts, dans Luc 20.37. Moïse cacha son visage, comme s’il était à la fois effrayé et honteux de voir Dieu.

Plus nous discernons Dieu, Sa Grâce et Son Amour, plus nous sommes amenés à l’adorer avec révérence, sous une crainte respectueuse de Sa Personne.

Dr. André CHOUBEU

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LE DIACONAT

21 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE DIACONAT

Les signes précurseurs de la fin des temps se dessinent de plus en plus, appelant tout véritable enfant de Dieu à plus de responsabilité. A la lumière d’Apocalypse 13, Satan par le système du mal enveloppera le monde, apportant une fausse sécurité, plongeant le politique, la religion, la morale, les finances et tout autre domaine de la vie active à son contrôle total afin de mieux faire asseoir sa domination mondiale. Plus que par le passé, l’esprit de l’antéchrist comme aime si bien le dire Jean dans le premier de ses Epîtres est déjà au milieu de nous. Ne constatons-nous pas que toute la révélation de 2 Tim. 3.1-5 est en plein dans nos milieux chrétiens ? Cessons de jouer à la farce avec Dieu et reprenons conscience pour agir, parler et faire selon les méthodes de Dieu : « Moïse en fut divinement averti lorsqu'il allait construire le tabernacle: Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne » (Hébreux 8.5).

A l’heure de la fin où l’amour d’un grand nombre refroidi, Satan se déguisant en ange de lumière pénètre dans l’église pour la falsification de Parole de Dieu au profit d’un formalisme religieux désagréable à Dieu, il devient nécessaire si non impératif de revenir sur la base de l’enseignement de l’église primitive afin d’ôter la confusion qui règne dans les milieux chrétiens.

Il n’est plus de secret pour personne, les diacres aujourd’hui s’élèvent au-dessus du Pasteur local et même du ministère spécifique pour prendre une autorité et se réclamer au même titre que les cinq ministères. Ainsi, passant des choses matérielles, ils vont jusqu’à exiger le ministère spirituel tels la prédication, l’enseignement et la direction d’une église locale.

Dans le souci de faire mieux, nous sommes retournés aux sources des Ecritures Saintes. Nous croyons par-là apporter notre contribution pour l’harmonie dans l’église locale de manière à glorifier Dieu dans l'exercice de ce ministère.

Définition :

Du grec diakonos, signifiant chez les écrivains classiques : domestique, subordonné, messager. Mt 20.26 traduit ce mot dans ce sens pour le différencier de Mt 20.27 ; 23.11 ; Jean 2.5,9 ; Rom 13.4 ; 15.8 ; 1 Cor 3.5 ; 2 Cor 6.4 etc. où il est utilisé pour serviteur afin de lui éviter le sens de doulos qui signifie esclave.

Champ d’application du ministère :

Le diacre est un frère en Christ exerçant les fonctions auxiliaires (complémentaires) dans l’église locale Phil 1.1 ; 1 Tim 3.8-13).

Le diacre est un ministère plein, installé dans l’église par les Apôtres. Il se traduit par « serviteur ». Le Diaconat était employé, pour homme ou femme chargée d’un service à l’église. Pour la première fois, les diacres ont vu le jour dans l’église de Jérusalem à l’issu d’un conflit parmi les disciples au sujet de la distribution de la nourriture. Ils ne sont jamais mentionnés comme conducteurs d’église, mais comme s’occupant des choses matérielles, pouvant gérer l’argent car 1 Tim 3.8 qui qualifie les diacres dit « éloignés d’un gain sordide ». Toutefois, selon Actes 11.29-30, les diacres bien que s’occupant des affaires financières, les décisions étaient prises par les Anciens ou conducteurs spirituels : « Les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul ».

Les fonctions du diacre étaient spécifiquement matérielles (Actes 6.1-6). Sur la direction du Saint-Esprit et Etienne et Philippe ont été des prédicateurs (Actes 6.8 ; 9.5). Le fait que ces deux frères aient plus tard exercé un autre ministère a donné lieu à des interprétations très équivoques. Bien que le potentiel spirituel de Etienne et Philippe aient été suffisantes pour devenir plus tard conducteur d’église, ils étaient au départ choisis pour servir aux tables. Il est évident que les qualifications des diacres sont aussi élevées que celles des surveillants ou évêques. Il devrait en être de même aujourd’hui.

Un critère sélectif intervient pour le choix du Diacre (Actes 6.3). Sur les 5000 membres que comptait l’église à l’époque, les plus qualifiés le furent par choix sur les critères ci-après :

  1. Jouir d’un bon témoignage
  2. Etre plein d’Esprit Saint
  3. Etre plein de sagesse

Etre approuvé des hommes comme ayant un bon caractère. Il doit être obligatoirement baptisé du Saint-Esprit. Avoir une communion avec Dieu, avoir une bonne vision de la chose spirituelle. Avoir la saine doctrine, aimer la prière et le jeûne, Aimer les frères et aimer l’œuvre de Dieu. Connaître par l’Esprit de Dieu les divers besoins de l’œuvre de Dieu, être homme ou femme de conception. Il doit être mûr dans les paroles et actes, être encadreur, réconciliateur, être régulier au conseil de Dieu pour avoir la direction divine dans les situations.

Les Diacres jouissent d’une grande considération parmi les frères et font partie du collège des Anciens (Phil.1.1 ; Rom.16.1). Ils ont une lourde mission de prière sur l’œuvre de Dieu, sur les Serviteurs de Dieu, devant posséder des facultés exceptionnelles d’encadrement.

L’absence constatée d’un diacre durant deux jours sans passer à l’église est une faute grave (Luc 8.2). La vie de Anne est un exemple modèle dans le service du temple, de la prière et du rôle de la sentinelle (Luc 2.36-38).

En somme, le Diacre doit avoir une vie chrétienne irréprochable :

Le livre de 1 Chron. 9.17-34 donne quelques précisions sur les activités des portiers qui assumaient dans l’Ancien Testament, les fonctions que les diacres dans le Nouveau Testament. Les portiers étaient des lévites assuraient la garde de l’entrée de la tente d’assignation de manière permanente. Ils étaient 212 au total et veillaient sur le lieu saint, aujourd’hui église, et de manière interchangeable pour que le service ne souffre d’aucune interruption. Il y avait parmi les 212, quatre portiers principaux qui assumaient leur fonction en permanence, veillant aussi sur les trésors du sanctuaire de Dieu. Ils passaient des nuits dans les environs du sanctuaire. L’église doit avoir des sentinelles toutes les nuits et selon les Ecritures, le service du Diacre est concerné. Les clés de l’église sont entre les mains des Diacres. L’entretient de l’église doit être journalière par les Diacres alors que certains veillent sur le matériel de l’église et d’autres s’occupent des choses saintes.

L’Apôtre Paul défini ainsi le devoir d’un Diacre (1Tim. 3.1-13) :

  • Etre irréprochable, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalière, propre à l’enseignement (Gen.18.1-18).
  • Avoir une bonne renommée pour sa douceur
  • Pardonnant sans exigence ; être bon
  • Toutes ces paroles doivent être constructives. Il doit être ambassadeur de paix
  • Il doit éviter la cupidité d’honneur ou matérielle, être humble
  • Ne doit pas être égoïste ni partial
  • Il doit instruire et soumettre sa maison à la vie chrétienne
  • Il doit être un chrétien affermi et éprouvé dans la foi
  • Il doit avoir une vie chrétienne convaincue et pratique devant constituer un témoignage de Christ aux païens, être modèle à l’église
  • Il doit être distingué et apprécié par sa manière et sa conduite, ses actes et animé d’un esprit de compréhension, réflexion, conception
  • L’intégrité, la moralité, la doctrine et la dignité doivent refléter ses qualités maîtresses.
  • Il doit éviter médisance, discrimination et avoir une grande discrétion.
  • Il doit s’éloigner de la fraude, revêtir l’intégrité et droiture.
  • Il doit avoir une conscience pure, être juste dans les partages.
  • Il doit haïr les commérages, bavardages etc.

Attribution du Diacre

  1. Gestion matérielle et financière de L’église :
  • Il doit nourrir les étrangers (Rom 16.1-2 ; Rom. 12.13)
  • Prendre soin des Serviteurs de Dieu (3 Jean 5-8)
  • Pouvoir au besoin des orphelins et des veuves (Jacques 1.27 ; Job 29.12)
  • Encadrement des frères persécutés et abandonnés (1Cor. 12.26 ; Héb. 13.3)
  • Paiement des frais de transport des serviteurs de Dieu (Tite 3.13)
  • Encadrement des frères sans emploie ou inoccupés (Tite 3.14)
  • Approvisionnement de la maison de Dieu en nourriture (Mal 3.10 ; 2 Ch.31)
  • Organisation et prise en charge du mariage du serviteur de Dieu en plein temps (Mc 10. 28-30)
  • Gestion de la caisse de l’église en toute âme et conscience devant Dieu (1Tim. 3.8 ; 1 Cor.4.2)
    • Règlement facture eau, électricité, boîte postale
    • Achat pétrole, allumette, entretien
    • Création d’activité pour accroître les revenus de l’Eglise (fermes, champ communautaire ou autres activités rentables, etc.)
      • Réflexion pour aménagement, construction, équipement

2. Surveillance des Biens de l’église

  • assure la conservation de certains documents de l’église
  • Veille sur les nappes, matériel des choses saintes, bancs, tables.
  • Coordonne et s’assure de la bonne évolution des travaux
  • Assure la tenue des cahiers (matériel de l’église, caisse)
  • Veille et entretient les biens de l’église
  • Réception des dons fait à l’église
  • Collaboration avec la direction des œuvres sociales
  • Encadrement des frères endeuillés, démunis, malades, orphelins et veuves
  • Recueil des libéralités pour le soutien des assemblés ou frères démunis et autres (2 Cor. 8.9)

Dans les assemblés où l’église est en location, les frères et sœurs qui connaissent la grâce de Dieu devraient contribuer pour s’acquitter des frais, la caisse n’intervenant qu’en cas d’insuffisance.

3. Prière :

  • Observe les manquements divers et les met devant Dieu.
  • Evalue les dîmes, collectes et :
    • Remercie Dieu
    • Demande la bénédiction de Dieu sur les frères concernés selon les Ecritures
    • Intercède pour la baisse ou la hausse
    • Prie pour les sans emploi
    • Demande au Seigneur de toucher ceux qui ne connaissent pas sa bénédiction à travers le paiement de leurs dîmes, offrandes ou collectes
    • Demande au Seigneur de ne pas permettre qu’il soit versé dans les caisses de l’église de l’argent impur :
      • Salaire de prostitution (Deut. 23.17)
      • Argent de sang (Prov. 15.8)
      • Dons des satanistes (2 Cor. 6.14)

Prie pour couvrir sous le sang de Jésus les finances de l’église, les frères et toutes les entreprises afin de les rendre prospère et inattaquable par Satan et ses agents.

4. Autres devoirs du Diacre :

  • Prière pour son ministère afin d’être dirigé par le Saint-Esprit
  • Recueille les offrandes, dîmes et divers dons donnés à L’église
  • Veille sur la maison du Pasteur afin qu’il n’y manque de rien
  • Veille pour que le domicile du Pasteur soit propre
  • Veille pour que les étrangers et visiteurs chez le Pasteur reçoivent l’hospitalité digne de l’évangile
  • Veille sur l’habillement du Pasteur, lave et change les tenues qui ne conviennent plus
  • Veille sur la nutrition du Pasteur
  • Veille pour qu’il soit souvent en compagnie de son épouse dans les sorties et missions
  • Veille pour que les missions du Pasteur soit toujours en compagnie d’un collaborateur
  • Veille pour que le Pasteur soit au petit soin
  • Veille sur la décoration, la propreté de l’église en perfectionnant ce qui existe, remplaçant ce qui est abîmé
  • Veille sur l’entretien et la bonne utilisation du matériel de l’église
  • Veille sur l’ordre dans l’église avant, pendant et après le culte

Le ministère du diacre commence toujours avant et se termine après les autres.

Les Diacres locaux doivent à la fin de chaque mois dresser pour acheminement, leur rapport mensuel financier et matériel. Le rapport financier doit comporter les entrées et les sorties d’une manière bien détaillée. Le rapport matériel doit comporter la récapitulation des biens de l’Assemblée locale à la fin de chaque année et dans les mois qui suivent, il précisera tout simplement les nouvelles acquisitions, donations ou dotations. Doivent être signalé dans le rapport matériel, tout projet, travaux en cours, l’avancement des travaux, des difficultés rencontrées. Tout manquement, biens détérioré, besoin urgent suivra la même procédure.

Un constat sur état d’indigence des orphelins, veuves et autres nécessiteux fera l’objet d’un rapport mensuel avec appréciation ou point de vue du diacre local ressortant une éventuelle proposition pour venir à bout de cette situation. Un état de récapitulatif annuel des recettes et dépenses par nature sera dès fin décembre envoyé Secrétariat Générale de l’église.

Ce rapport comportera les rubriques : dons, legs, biens meubles et immeubles, dotations diverses.

LES DIACRES Ce sont aussi des Anciens spécialement chargés de l’Administration des biens matériels de l’Eglise locale :

  • Ils sont chargés de la collecte des biens réguliers de l’Eglise, des Dîmes et Offrandes, mais aussi de tous les dons volontaires de tout genre.
  • Ils sont chargés de la distribution pour l’œuvre de Dieu, les Serviteurs de Dieu, l’Eglise locale.
  • L’œuvre sociale sur la base de l’encadrement des veuves et des pauvres est faite par l’Eglise et surtout sous leur direction.
  • Les Diacres étant aussi d’abord des Anciens, peuvent aussi jouer ce rôle dans l’Eglise locale selon le besoin et la nécessité

Qu’est-ce que le Diaconat ?

Dans Actes 4.34-37 il y avait dans l’Eglise de Jérusalem un service spécial ‘‘de distribution’’ des biens rassemblés par le peuple. Dans Actes 6.1-3, ce service a nécessité des responsables spéciaux en dehors des Ministres de la Parole. Dans Romains 16.1-2, l’Apôtre Pal parle de ‘‘donner à plusieurs fidèles et aux Serviteurs de Dieu’’.

Ajoutons à ceci le rôle que jouaient les Lévites et ceux spécialement de ‘‘gardiens du seuil’’ ou portier. La collecte d’argent pour divers usages dans la maison de Dieu (2 Chron 34.8-12)

Les Diacres qui ont don de secours :

Les Diacres sont des Anciens spécialement chargés de l’emploi des ‘‘fonds’’ matériel de l’Eglise locale. Dans l’Ancien Testament, c’étaient certains Lévites qui étaient chargés de l’intendance des offrandes de la dîme et les choses saintes, ainsi que de l’intendance des dons volontaires faits à Dieu (2 Chron 31.11-14).

Ils étaient aussi chargés de la distribution à tous ceux que cela concernait (2 Chron 31.15-18). Il y avait de tels Lévites dans chaque ville pour ce rôle (2 Chron 31.19).

DIACRE ET ANCIEN

Les Diacres sont choisis au même niveau spirituel que les Anciens de l’Eglise

Actes 6.3-5

1 Tim 3.1-7 ……l’Evêque…

1 Tim 3.8-13……les Diacres aussi

Ainsi les Diacres conservateurs de la foi peuvent aussi quand c’est nécessaire :

  • parler du Seigneur comme Etienne (Actes 6.8-14)
  • prêcher Christ comme Philippe (Actes 8.5-8)

Exercice du ministère de Diaconat :

  1. Intendance (comme Econome de Dieu)
  • Rassemblement ou collecte de dîmes, offrandes
  • dons divers faits au Seigneur
  1. Surveillance des biens de l’Eglise
  • Les Diacres font partie du Comité de Surveillance de tout le matériel de l’Eglise (Néh 13.12-13)
  • Ils ont de Dieu le don de secourir (1 Cor 12.28)
  1. Distribution

- aux nécessiteux (selon les besoins)

  • Dans l’Eglise (service et entretien)
  • Dans les ministères donnés à l’Eglise
  • Dans l’Œuvre de Dieu
  • Soins des nécessiteux (pauvres, veuves, orphelins, etc.)
  1. Ministère d’Eglise locale
  • Les Diacres exercent ‘‘leur ministère’’ (service) dans l’Eglise locale ‘‘dans chaque

ville’’ (2 Chr 31.19).

Les Diacres exercent dont leur ministère dans une localité seulement. On peut être Diacre dans une Eglise locale, cependant, dans une autre ville où on va, on ne peut prétendre user des mêmes privilèges.

Les Diacres gardent le respect qui leur est dû s’ils restent fidèles comme le présente la recommandation de l’Apôtre Paul à la Diaconesse Phoebé (Rom 16.1-2).

  1. Les femmes aussi

- Les femmes aussi peuvent exercer le ministère de diaconesse (1Tim 3.11 ; Rom 16.1-2)

  1. Recommandation des Diacres
  • Leur consécration se fait au même niveau que les Anciens (Actes 6.3,6 ; 14.23) Néh. 12.44-45

Nous ne devons pas ignorer au point de négliger les dons que le Seigneur place dans certains des membres fidèles de l’Eglise et que souvent, on ne considère pas comme cela se devrait. Certains membres de l’Eglise peuvent exercer certains dons spirituels sans qu’ils soient pour cela des Ministres de Dieu comme tels (1 Cor 12.28b ; Rom 12.8) :

  • Les dons de miracles se manifestent souvent chez des hommes et des femmes de prière.
  • Le don de gouverner qu’on souvent ceux qui savent mener des groupes et les organiser
  • Le don de guérir
  • Les donateurs qui exercent la libéralité avec miséricorde
  • Les enfants de paix qui exercent la miséricorde

On est souvent tenté de penser que toutes ces choses ne peuvent être accomplies que par des Serviteurs de Dieu. Il faut avoir de la préférence pour de tels hommes, dit l’Apôtre Paul, ainsi que pour tous ceux qui travaillent de cette sorte, en particulier ceux qui le font u nom de l’Eglise pour suppléer à l’absence de responsables nommés dans de tel ou tel domaine (1 Cor 16.13-18).

Dr. André CHOUBEU

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Qu'est-ce qu'un chrétien ?

10 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Qu'est-ce qu'un chrétien ?

Qu'est-ce qu'un chrétien ?

par Philémon Mabanga, Kinshasa

Dans le siècle présent, nous employons mal ce terme de chrétien, parce que, au fond, nous ne comprenons pas l'origine et la signification de ce mot. Il se peut que nous nous sommes écartés de ce que dit la Bible à ce propos, même si nous chantons de nos bouches que nous sommes des chrétiens. Cependant, notre vie ne correspond pas à ce que nous disons. Si cela est le cas, alors nous sommes comme les pharisiens et les scribes auxquels Jésus a dit: «Ce peuple m'honore de ses lèvres, mais son coeur est éloigné de moi» (Mat. 15, 8).
C'est pourquoi je vous invite, vous et moi, à voir ce que dit la Parole de Dieu à ce sujet. Etudions-la au sérieux et demandons à Dieu de nous accorder sa sagesse spirituelle pour bien comprendre ce terme de «chrétien» que nous portons.

La signification de ce terme et son origine
Le terme «chrétien» trouve son origine en Christ; il vient promptement de Christ! C'est le diminutif du Christ, par exemple un grand manguier à côté d'un petit manguier. Mais les deux ont la même nature, parce que le petit manguier provient du grand manguier. Il en est ainsi pour Christ avec nous qui sommes les chrétiens. Si Christ en est l'origine, nous qui portons son nom devons donc nécessairement être semblables à l'original, Christ notre modèle.

Qui est un chrétien?
Etre un chrétien, c'est exactement être un disciple de Christ, Le suivre, marcher sur le même chemin que Lui-même a suivi durant son séjour ici-bas. Il est très intéressant de savoir que ceux qui suivaient le Christ dans l'église primitive portaient le nom de disciples de Christ. Mais c'est à Antioche que les disciples du Seigneur furent pour la première fois nommés chrétiens. Il faut noter que les gens qui les ont nommés chrétiens étaient des païens. Pourquoi? Parce qu'ils ont trouvé que chez les chrétiens, les empreintes de Christ se sont manifestées dans leur vie. Les gens d'Antioche ont vu comment les nouveaux convertis se sont attachés à Christ, en se réclamant de Christ. Leur vie tout entière présentait leur Seigneur. Ils étaient vraiment les disciples de Christ, ils étaient ses élèves attentifs dans son école, ils n'étaient pas seulement les écouteurs, mais ils pratiquaient ce qu'ils apprenaient dans son école, et ils imitaient l'exemple de leur Maître. A savoir, son amour, son humilité, sa douceur, sa miséricorde, sa soumission à la volonté de son Père, sa sainteté, etc. Les premiers chrétiens dans l'église primitive pratiquaient cela (Actes 2, 41. 42). «Ceux qui acceptèrent sa parole (celle de Pierre) furent baptisés. ..Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres. ..». Pour cette raison, les gens d'Antioche les nommèrent sans aucun doute les chrétiens, parce que leur vie présentait l'image de Christ.

Semblable à Christ
«Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né d'entre plusieurs frères». Notez bien ce point très important: «être semblables à l'image de son Fils. ..et il est le premier-né d'entre plusieurs frères». Semblables à LUI, le Fils éternel de Dieu; nous les chrétiens sommes appelés ses frères, issus du même Père. Naturellement, le Fils de Dieu, Christ, nous a précédés; c'est par Lui que nous avons reçu l'adoption filiale. Cette conformité au Fils par excellence donne l'image de «fils» à nous les chrétiens. Conformés au Christ en fait, nous sommes conformés au Christ, «car Dieu qui a dit: 'Que la lumière brille du sein des ténèbres!' a fait aussi briller sa lumière dans nos coeurs, afin que resplendisse en la personne de Jésus-Christ la connaissance de la gloire de Dieu» (II Cor. 4, 6). Ainsi, maintenant, co-héritiers avec Christ, nous sommes appelés «frères» de Christ (Rom. 8, 17 et 29).

Semblable à Christ pour... obéir
Celui qui est chrétien doit se soumettre à la volonté de Dieu, comme Jésus l'a fait. Il est un devoir pour nous d'obéir à la volonté de Dieu: Pourquoi est-il indispensable pour un chrétien de faire la volonté de Dieu? Ecoutons ce que Jésus a dit: «Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul (un vrai chrétien) qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux» (Mat. 7, 21).

Un sceau vivant
Un chrétien est celui qui a l'Esprit de Christ. Pourquoi? Ecoutons ce que dit l'apôtre Paul sous l'inspiration du Saint-Esprit: «Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas» (Rom. 8, 9). Si l'Esprit de Christ ne domine pas notre vie, afin que nous sachions faire la volonté de Dieu, alors les péchés auront pouvoir sur nous (Rom. 7, 14-21). Sans l'Esprit de Christ, nous ne serons pas capables d'accomplir la volonté de Dieu et nous ferons tant de choses qui ne seront pas agréables à ses yeux!

Baptisé en Christ
L'apôtre Paul, sous l'inspiration divine dit: «Vous tous, qui avez été baptisés» en Christ, «vous avez revêtu Christ». Notez bien la préposition «en», être baptisé en Christ veut dire, entrer dans la communion en lui dans sa mort, dans son ensevelissement et dans sa résurrection (Gai. 3, 27; Rom. 6, 3-5). Un chrétien s'est introduit en Christ, donc c'est la nature du Christ qui est intégrée dans sa vie. C'est pourquoi un chrétien doit marcher en «nouveauté de vie», la nouvelle vie en Christ doit se manifester. «Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici toutes choses sont devenues nouvelles» (2 Cor. 5, 17).
Le baptême d'eau est ainsi, pour le nouveau converti, l'affirmation et la manifestation publique de ce que le baptême de l'Esprit a produit au fond du coeur. Il veut montrer, d'un façon extérieure, qu'à partir de ce moment, il appartient à Christ, il lui est associé. Ses membres sont devenus les membres de Christ. Etant uni au corps de Christ, toutes les choses qui se sont manifestées en Jésus, la tête, doivent aussi se manifester chez le chrétien, le corps. Uni à Christ, il doit manifester qu'il est «mort au péché», sh vie actuelle doit être une vie nouvelle, en un mot, vivre pour Christ.

Comme conclusion,
le chrétien est un disciple de Christ; il le suit, il fait ce qu'il dit, il suit son enseignement, il fait la volonté de Dieu. Mort avec Christ, il vit pour Christ, en «nouveauté de vie».

Source : http://www.promesses.org/arts/14p306-308f.html

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Le Saint-Esprit et l'évangélisation

8 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le Saint-Esprit et l'évangélisation

Le Saint-Esprit et l'évangélisation

René Pache

Evangéliser, c'est apporter..à tout homme perdu la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Pour accomplir une tâche si vaste et si difficile, la présence et l'assistance du Saint-Esprit sont indispensables. «Sans moi, dit le Seigneur, vous ne pouvez rien faire». Les efforts de propagande, les dépenses matérielles, les prédicateurs doués, les discours entraînants, les réactions des foules, tout cela n'est rien sans l'intervention efficace de l'esprit de Dieu.
Ayant donné à ses disciples le grand mot d'ordre missionnaire, Jésus leur recommande de ne pas s'éloigner de Jérusalem avant d'avoir reçu la puissance du Saint-Esprit, par laquelle ils seront ses témoins jusqu'aux extrémités du monde (Act. l, 4. 8). Ne leur avait-il pas déjà dit dans la chambre haute: «L'Esprit de vérité. ..rendra témoignage de moi; et vous aussi, vous rendrez témoignage» (Jn 15, 26-27)?

Voyons en quoi l'action de l'Esprit est tellement indispensable.

1. Le Saint-Esprit convainc de péché. Dieu a promis de parler au coeur et à la conscience de tout homme. Nous, nous agissons de l'extérieur; Il le fait, Lui, de l'intérieur. Jésus promet que l'Esprit consolateur convaincra le monde en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en Lui (Jn 16, 8-9). Nous pouvons accuser l'homme au nom de la loi, et produire en lui une terreur qui n'est pas la vraie repentance. Seul le Consolateur, sans le révolter, le rendra conscient de ses fautes, du péché qu'il a commis contre l'amour du Sauveur qu'il attriste en Le repoussant.
Après le discours de Pierre, le jour de la Pentecôte, ses auditeurs, ayant «le coeur vivement touché», se repentent et sont sauvés (Act. 2, 37-41). Lydie est attentive aux paroles de Paul, parce que le Seigneur lui a «ouvert le coeur» (Act. 16, 14). Voici la première chose que nous voulons voir dans nos efforts d'évangélisation.

2. Seul, l'Esprit régénère. «C'est l'Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien» (Jn 6, 63). Nous pouvons essayer de parler, convaincre, encourager, donner un vernis de piété, jamais nous ne produirons le miracle de la résurrection spirituelle. Il y aura peut-être des décisions, des statistiques encourageantes, mais aussi beaucoup de déchets, si l'Esprit ne produit en chaque individu la nouvelle naissance sans laquelle nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Sur l'ordre du Seigneur, nous L'invoquons avec Ezéchiel: «Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent!» (37, 9).

3. Le Saint-Esprit baptise, en ajoutant le croyant à l'Eglise. L'un des points les plus faibles des efforts d'évangélisation est que trop de convertis veulent ensuite conserver une totale indépendance. Ils ne trouvent pas d'église locale parfaite, et ne consentent à s'engager nulle part. Or, le Seigneur ajoute chaque jour à l'Eglise ceux qui sont sauvés (Act. 2, 47). Tous les croyants ont été «baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps» (1 Cor. 12, 13). Jusque-là séparés de Dieu et des hommes, ils meurent avec Christ pour revivre avec Lui. Etant plongés en Christ, ils sont unis à la tête et en même temps à tous les autres membres du corps, qui est l'Eglise. Notre travail d'évangélisation se perdra dans la dispersion, si nous ne contribuons pas à établir ensemble sur le seul fondement des pierres vivantes, régénérées par la Parole, unies entre elles et scellées par le Saint-Esprit.

4. Le don de l'Esprit est accordé à toute personne régénérée. Nous venons de parler de la mortalité terrible qui frappe les prétendus «convertis» de nos campagnes d'évangélisation. A quoi l'attribuer, sinon au fait que l'expérience de ces personnes était seulement partielle? Peut-être ne leur avait-on prêché qu'un message élémentaire, mais non «tout le conseil de Dieu sans en rien cacher» (Act. 20, 27)? Le nouveau-né dans la foi subit aussitôt les terribles assauts de Satan et du monde, qui s'efforcent de le reconquérir. Il n'aura jamais la force de leur résister, s'il n'a la conviction que celui qui est en lui est plus fort que celui qui est dans le monde (1 Jn. 4, 4). Et comment vivrait-il la vie chrétienne s'il n'a pas reçu par la foi le don du Saint-Esprit, promis à tous ceux qui se repentent et qui croient (Act. 2, 38-39; 5.32; Gal. 3, 14)? Ne pas inclure ces certitudes dans le message dit d'évangélisation, c'est conduire les personnes les mieux disposées au légalisme et à la faillite.

5. L'Esprit enrôle chaque croyant au service du Seigneur.

Les progrès de l'Evangile suivront une progression géométrique si chaque converti devient à son tour un gagneur d'âmes. Dans le cas contraire, nous continuerons à avoir de rares spécialistes de l'évangélisation, qui s'exténueront en face d'une tâche impossible. Les quelques personnes «gagnées» ne feront aucun progrès, et seront rapidement perdues à nouveau pour l'oeuvre de Dieu.
En réalité l'Esprit-Saint fait de nous tous des témoins de Jésus-Christ (Act. 1,8). Partir sans être revêtu de la puissance d'En-Haut serait téméraire (Luc 24, 49). Mais ne pas ouvrir la bouche après avoir prétendument cru au Christ serait mettre en jeu son salut même (Rom. 10, 10).
Si un pays mobilise tous ses hommes, aucun d'eux n'a le droit de se dérober. De même, aucun chrétien ne peut refuser sa contribution à l'évangélisation du monde. Nous sommes en effet un sacerdoce royal, un peuple acquis, afin que nous annoncions les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 Pi. 2, 9).
Paul s'écriait: «Malheur à moi, si je n'annonce pas l'Evangile!» (1 Cor. 9, 16). Nous devons inculquer cette nécessité à tous ceux que nous amenons au Christ. Avec eux, soyons pénétrés de la joie ineffable et glorieuse qu'il y a de servir le Roi des rois. Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un Esprit de force, d'amour et de sagesse (2 Tim. 1,7).

6. L'Esprit qualifie tous les membres du corps de Christ pour une tâche particulière. Si l'appel est général, une oeuvre précise est confiée à chacun. Le Saint-Esprit la fait connaître clairement à l'intéressé et à l'Eglise. A Antioche, Il déclare: «Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés» (Act. 13.2). Paul lui-même dit aux anciens d'Ephèse: «Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques» (surveillants, Act. 20, 28).

L'oeuvre de Dieu est extrêmement difficile et redoutable. Nous n'avons en nous-mêmes aucune capacité. Mais, déclare Paul, notre capacité vient de Dieu. C'est Lui qui nous rend capables d'être ministres de la nouvelle alliance de l'Esprit. A chacun de ceux qu'Il a «baptisés» dans le corps de Christ, le Saint-Esprit accorde un don spirituel (1 Cor. 12, 7-11). Au point de vue qui nous intéresse, le don le plus précieux est évidemment celui d'évangéliste, dont Dieu fait cadeau non seulement à un homme, mais encore à son Eglise (Eph. 4, 11). «II a donné les uns. .. comme évangélistes». Que ce don-là est rare et pourtant indispensable! Les communautés religieuses ont leurs chefs et leurs prédicateurs, mais souvent, elles meurent faute d'avoir des hommes capables de faire naître des âmes à la nouvelle vie. Pour un Moody, un Spurgeon, un Billy Graham, que d'hommes peu doués, non pas tant humainement, mais spirituellement parlant! Il y a peu, très peu d'ouvriers capables d'évangéliser. Supplions donc le Maître de les susciter, de les qualifier par son Esprit, et de leur accorder une ample moisson d'âmes. Quant à nous, constituons avec humilité l'équipe qui saura les entourer, et faisons résolument notre part, peut-être cachée, dans ce merveilleux travail. «Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne» (Jn 4, 37). «Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. Car nous sommes ouvriers avec Dieu» (1 Cor. 3, 8-9). Il va sans dire que toute participation à une telle oeuvre n'est possible que grâce au don spirituel départi à chacun.
Ajoutons enfin que, quelle que soit notre spécialisation dans la tâche, le don par excellence qui valorise tous les autres est celui de l'amour. Nous n'évangélisons pas assez, nous gagnons peu d'âmes, nous n'attei-gnons guère notre génération, parce que nous ne savons pas aimer. Un amour brûlant pour les perdus animait tous les grands évangélistes. Ecoutons l'apôtre Paul: «L'amour de Christ nous presse. ..C'est dans une grande affliction, le coeur angoissé, et avec beaucoup de larmes, que je vous ai écrit. ..afin que vous connussiez l'amour extrême que j'ai pour vous. ..Je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je en vous aimant davantage, être moins aimé de vous» (2 Cor. 5, 14; 2, 4; 12, 15).

Voici la voie par excellence! Pour nous, qui en sommes si éloignés, la seule solution est que l'amour de Dieu soit répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Rom. 5, 5).

7. Le Saint-Esprit dirige toute la stratégie missionnaire. Le «Consolateur», qui doit nous conduire dans toute la vérité, ne le fait pas seulement sur le plan de la doctrine; Il désire nous mener en tout sur le chemin de la volonté divine. Il révèle à l'Eglise ses plans pour l'oeuvre de conquête, et tient fermement dans sa main ses serviteurs dociles. Tout d'abord, nous l'avons vu, c'est l'Esprit qui met à part des personnalités choisies, comme Barnabas et Saul, les appelle et fait reconnaître cette vocation par l'Eglise (Act. 13, 2-3). Lorsque les païens commencent à se convertir en foule, il s'agit de savoir à quelle condition ils seront admis dans l'Eglise: se feront-ils Juifs en observant la loi de Moïse, ou recevront-ils la grâce de Dieu simplement par la foi? Après délibération, l'Eglise peut dire à ces païens convertis: «II a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne pas vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire» (15, 28). Paul et ses compagnons entreprennent ensuite leur deuxième voyage missionnaire, guidés pas à pas par le Seigneur: ils sont empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la Parole dans l'Asie, puis l'Esprit de Jésus ne leur permet pas d'entrer en Bithynie (16.6-7). Nous ne citons pas en détail tous les passages d'après lesquels Dieu intervient directement pour faire passer Paul en Europe, l'encourage à Corinthe, lui confirme sa volonté de l'envoyer à Rome, lui fait connaître qu'il échappera au naufrage et comparaîtra devant César. Paul résume tout cela en disant qu'il s'en va lié par l'Esprit (20, 22) et aussi averti par l'Esprit de ville en ville de ce qui va lui arriver (v. 23).
Quelle leçon pour nous! Notre vision est rétrécie, nous piétinons sur place, nous atteignons mal les centres stratégiques, nous manquons de plans à long terme, nous sommes bloqués par le premier obstacle venu: tout cela parce que le Saint-Esprit n'est pas notre unique stratège et entraîneur. Puissions-nous désormais Le laisser nous lier et nous conduire où Il voudra sur les chemins de la Croix, jusqu'à la complète victoire!

8. L'Esprit aide l'évangéliste à délivrer son message. Parlant, non pas de prédication, mais de témoignage en temps de persécution, le Seigneur disait à ses disciples: «Quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même; car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous» (Mat. 10, 19. 20). On a abusé de ce verset dans certains milieux en disant que le prédicateur ne devait aucunement se préparer à l'avance, mais compter seulement sur l'aide instantanée de l'Esprit. Il n'en reste pas moins que le Seigneur accordera à ses serviteurs fidèles le secours de son Esprit aussi dans l'annonce de l'Evangile. Les hommes qui discutaient avec Etienne «ne pouvaient résister à sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait» (Act. 6, 9-10).
Dans un texte qui s'applique davantage à la rédaction de la révélation écrite, l'apôtre Paul déclare à propos des choses profondes du Seigneur: «Nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles» (1 Cor. 2, 13). Mais ne faut-il pas aussi la sagesse et le secours personnel de l'Esprit pour que le prédicateur parle avec le langage, le discernement, l'amour, le feu intérieur désirables? Pierre et Jean, hommes du peuple sans instruction, s'expriment avec assurance parce qu'ils sont remplis de l'Esprit (Act. 4, 8.13).

C'est aussi pour cela qu'ils s'écrient: «Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu» (v. 20). Après la première persécution, les disciples se réunirent, ils prièrent, et Luc ajoute: «Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance» (v. 31.). Dans une Eglise où les diacres eux-mêmes devaient être remplis du Saint-Esprit (Act. 6, 3.5), qu'attendait-on des évangélistes et des apôtres, aussi bien que des simples croyants? Nous touchons ici sans doute le secret de la vie débordante et de l'expansion irrésistible des premiers chrétiens.

D'autre part, quelle est l'unique arme du chrétien et du témoin de Jésus, si ce n'est «l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu?» (Eph. 6, 17). Il apprendra à la manier dans ta mesure où se réalisa pour lui le voeu de l'apôtre: «Que Dieu ...vous donne un Esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, et qu'Il illumine les yeux de votre coeur. ..» 1, 17-18). Que le Seigneur remplisse tout d'abord nos âmes, puis notre message, des richesses infinies de sa grâce et de sa puissance, et le rende de la sorte irrésistible.

L'évangéliste, comme tout témoin du Christ, a besoin d'être disponible et toujours prêt à laisser l'Esprit compléter son message, s'il le faut. Nous pouvons facilement tomber dans la routine, devenant les hommes d'un seul message et répétant toujours les mêmes choses familières. Ou bien, nous craignons d'aborder certains sujets peu populaires, de peur de paraître «négatifs» et d'éloigner la masse que nous voulons gagner. Jésus, au contraire, a parfois dévoilé ses plus hautes exigences précisément lorsque de grandes foules faisaient route avec lui, comme s'Il voulait opérer un triage parmi elles (par exemple en Luc 14, 25-27).

De façon analogue, l'Esprit avertit expressément l'Eglise et ses prédicateurs de l'apostasie des derniers temps (1 Tim. 4, 1-3). Paul développe à nouveau ce thème dans la deuxième lettre à Timothée (4, 1-5), annonçant que bientôt les hommes ne supporteront plus la saine doctrine et se retourneront vers les fables. Et n'est-ce pas frappant qu'aussitôt après, l'apôtre dise à son jeune ami: «Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'oeuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère»? (2 Tim. 4, 3-5).

Cela revient à dire que l'homme de Dieu a besoin d'une grande mesure d'esprit de discernement et de connaissance des besoins de son époque, pour savoir comment accentuer les diverses vérités de son message. Il est clair que si tout témoignage et tout message d'évangélisation sont ainsi inspirés, soulignés et complétés par l'Esprit, ils apporteront vraiment cette Parole du Seigneur qui ne retourne jamais à Lui sans effet.

9. La prière par l'Esprit, moteur de l'évangélisation. Nous oublions constamment que «nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais. ..contre les esprits méchants dans les lieux célestes» (Eph. 6, 12). Nous voulons bien proclamer le message de l'Evangile et chercher à persuader les incrédules, mais nous ne savons pas d'abord «lier l'homme fort» pour pouvoir ensuite lui arracher ses victimes. (Mat. 12, 29). Nous ayant exhortés à «prendre l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu», Paul ajoute: «Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. ..Priez pour moi, afin qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l'Evangile pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j'en parle avec assurance, comme je dois en parler» (Eph. 6, 17-20). L'intercession en faveur des évangélistes, des combattants en première ligne, voilà ce que nous voulons apprendre toujours mieux. Une intense préparation du terrain par la prière, un soutien de l'effort donné, un arrosage de la semence jetée, feront reculer l'adversaire et produiront des fruits abondants.

10. La démonstration d'Esprit et de puissance. «Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: soyez réconciliés avec Dieu!» (2 Cor. 5, 20-21). Quiconque a cette redoutable responsabilité ne peut se permettre de dire des platitudes, des mots humains dépourvus de l'onction d'En-Haut. Paul se trouvait à Corinthe dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement. Il a pu dire cependant: «Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu» (1 Cor. 2, 4-5). Il écrit aux Thessaloniciens: «Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, notre Evangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l'Esprit Saint, et avec une pleine persuasion» (1 Thess. l, 5).

Voilà ce que nous souhaitons ardemment pour tous nos efforts de prédications et d'évangélisation. Que Dieu nous garde de toute inflation verbale; qu'Il nous empêche de chercher à gagner le monde par les «discours persuasifs de la sagesse» ou par des paroles évangéliques sans efficacité. Examinons-nous nous-mêmes pour découvrir ce qui empêche l'Esprit d'agir en nous et par nous avec puissance. Reconnaissons sur quels points nous l'avons contristé, où nous avons prétendu évangéliser par des moyens et dans des buts charnels: par nos talents, nos efforts matériels, pour faire grandir notre communauté, pour attirer l'attention sur notre personne. Dieu nous a confié son trésor dans des vases de terre. C'est dans la mesure où nous porterons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus que sa vie aussi sera puissamment manifestée et transmise. Car nous voulons consentir à ce qui était l'expérience de Paul: «Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous» (2 Cor. 4, 12). C'est alors que, par la foi au Seigneur et la plénitude du Saint-Esprit, des fleuves d'eau vive couleront du sein de chacun d'entre nous.
Ce jour-là, nous n'aurons pas seulement une campagne d'évangélisation, mais un réveil de l'Eglise et une résurrection d'âmes perdues dans leur péché. Car «ce n'est ni par la puissance, ni par la force (des hommes), mais c'est par mon Esprit, dit l'Eternel des armées» (Zach. 4, 6).

Source : http://www.promesses.org/arts/14p298-304f.html

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Les leçons de la Croix (1)

25 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

  Les leçons de la Croix (1)

Les leçons de la Croix (1)

Vendredi 25 mars 2016

“Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font’’

Luc 23.34

Leçon numéro 1 : Pardonnez à ceux qui vous font du mal. Deux petits garçons jouaient ensemble quand l’un d’eux, par accident, frappa l’autre avec un bâton. Ce soir-là, la maman du garçon qui avait été blessé lui dit, alors qu’il s’apprêtait à se coucher : “Mon fils, avant de t’endormir, tu dois pardonner à ton camarade.” A contrecœur celui-ci répondit : “D’accord, mais à moins que je meure avant de me réveiller demain matin, il a intérêt à faire attention à l’avenir et à bien se planquer !” Nous sommes tous comme ce petit garçon : quand quelqu’un nous a blessés, nous trouvons difficile d’accepter qu’il l’a peut-être fait par inadvertance ou sans vouloir nous faire souffrir. Pourtant, après les coups de fouet, les heures d’humiliation et la douleur des clous sur la croix, Jésus a prononcé ces paroles extraordinaires : “Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font.” Pardonner signifie que l’on refuse de se considérer comme une victime. En refusant de garder une dent contre les autres ou de vous venger vous prouvez que vous n’êtes plus sous le contrôle de ceux qui vous ont fait du mal. Jésus a dit : “Priez pour ceux qui vous persécutent.

Matthieu 5.44). Dietrich Bonhoeffer, qui fut persécuté par les Nazis, a dit : “Dieu ne nous a jamais promis qu’en priant pour nos ennemis nous éviterions d’être exploités par eux. Ils continueront probablement à le faire, mais cela ne peut nous faire souffrir ni nous faire trébucher, tant que nous prions pour eux. En faisant cela nous leur donnons librement ce qu’ils ne peuvent se donner eux-mêmes !” Tony Campolo demande régulièrement aux étudiants non-chrétiens de l'université où il enseigne ce qu’ils savent des enseignements de Jésus. La réponse est invariablement : “Aimez vos ennemis.” Ce commandement demeure le meilleur exemple de ce qui différencie les Chrétiens des non-Chrétiens. Jésus a aussi affirmé : “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement” (Matthieu 10.8). Pratiquer le pardon est la réponse d’un cœur reconnaissant à Dieu pour avoir effacé une dette si grande qu’aucun paiement n’aurait pu l’acquitter.

Source : Sa Parole Pour Aujourd’hui du 25 Mars 2016

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LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

LES CRISES …
DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

Claude-Alain Pfenniger

Claude-Alain Pfenniger, marié, père de trois (grands) enfants, est professeur de langues. Il a exercé des fonctions pastorales en Suisse et a collaboré à la rédaction de diverses revues chrétiennes. Il est membre du comité de rédaction de Promesses depuis 1990.>

Sous la volée des crises qui nous frappent, beaucoup d’esprits flanchent. Nos lendemains s’annoncent tellement sinistres. Mais des voix se font entendre, tour à tour solennelles, avisées, expertes, rassurantes pour nous engager sur des chemins de salut. Qui suivre ? Nous écouterons en parallèle deux « urgentistes » de crises.

Le premier est le bouillant Stéphane Hessel. Né en 1917, cet homme a traversé de profondes épreuves : camps de concentration de Buchenwald et de Dora, combat dans la Résistance française. Ayant toujours relevé la tête, il a milité pour les causes qu’il estimait honorables. Il aurait contribué à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, mais il nous parlera ici à travers un texte qui a fait le tour du monde : Indignez-vous ! 1

Le second est le prophète Jérémie. Porteur du message de Dieu, il a « crié dans le désert » pendant plus de 40 ans (de 625 à 580 av. J-C.). Il nous a laissé deux livres bibliques, 57 chapitres au total. Les circonstances qui prévalaient à son époque sont analogues à celles de nos pays occidentaux déchristianisés. Le déclin du royaume de Juda préfigure le nôtre : abandon de la vérité révélée et de la foi ; désintégration spirituelle, morale, sociale et politique ; menaces de catastrophes sans précédent.

Confrontons donc les cinq points forts du programme de Stéphane Hessel au message de Jérémie :

a. Suivez le sens de l’histoire !

Hessel croit que l’histoire humaine tend vers un état idéal. Cette attitude positiviste2 et fortement arrimée à la pensée de G.W. Friedrich Hegel (1770-1831)3, n’est pas très éloignée des idéologies du progrès ou du matérialisme dialectique athée (Marx, Lénine etc.)4. Nous citons Hessel :

« L’hégélianisme [la philosophie de Hegel] interprète la longue histoire de l’humanité comme ayant un sens : c’est la liberté de l’homme progressant étape par étape. L’histoire est faite de chocs successifs, c’est la prise en compte de défis. L’histoire des sociétés progresse, et au bout, l’homme ayant atteint sa liberté complète, nous avons l’État démocratique dans sa forme idéale. » (p. 13)

Nous ferions donc route vers une sorte de paradis sans Dieu, purement horizontal, et sans autre sauveur qu’une humanité censée surmonter seule ses limitations et sa méchanceté. Cette foi en un Âge d’or n’est pas sans rapport de filiation avec la pensée judéo-chrétienne. C’est à celle-ci que nous devons le concept d’une « histoire » ordonnée vers une conclusion triomphale qui en éclaire le cours. Mais la ressemblance s’arrête là, car pour le croyant l’histoire a commencé quand Dieu a créé le monde5 et elle se déploie vers la fin que Dieu a fixée6. Le programme de cette destinée du monde, de sa naissance à son aboutissement, est cohérent parce que Dieu en est l’instigateur et le garant.

Or le credo de Hessel ne s’inscrit pas dans cette perspective, mais plutôt dans l’élan de la révolte originelle — attitude que la Bible dénonce sur tous les modes. Le Livre divin ne nous cache pas que dès les temps anciens, les hommes, même très religieux, ont tenu à piloter leur histoire de manière autonome. Leurs achèvements communs faisaient leur orgueil (Babel !) et les persuadaient qu’ils sauraient parer tous les coups du sort. Les crises et les désastres ont à maintes reprises rabaissé ces prétentions, mais dès le calme revenu, on s’affairait à nouveau comme si le Maître légitime du monde s’était éclipsé. C’était devenu l’habitude des Juifs du temps de Jérémie, et c’est pourquoi le prophète ne cesse de leur prédire avec larmes que sans un retour sincère à Dieu, ils ne pourront pas éviter la déroute (la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la destruction du Temple et la captivité à Babylone). Hélas, les Juifs s’obstineront dans leur rébellion et le Seigneur infléchira leur histoire dans le sens du châtiment annoncé.

Selon la Révélation biblique générale, il y a ainsi dès l’origine deux « histoires » qui se bousculent :

– L’histoire des incrédules qui s’acharnent à consacrer la primauté de l’homme : sous sa dernière forme, cette entreprise sera récapitulée et achevée dans l’effondrement du règne de « l’homme impie » — le « fils de perdition » (2 Thes 2.3), l’Antichrist.

L’histoire des croyants qui admettent la primauté de Dieu et du Fils de l’homme : elle aura pour couronnement le règne de Christ et la gloire éternelle (voir Jér 23.5-8 ; 30.4-11 ; 33.15 où l’avènement du Messie, le « germe juste » de David, est donné comme bonheur cible). Pour autant, le croyant n’est pas destiné à demeurer un simple spectateur de la misère d’ici-bas ; il est bien plutôt appelé à agir dans le monde en étroite relation avec son Maître divin. Jérémie l’avait appris pour lui-même : « Je le sais, ô Éternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jér 10.23)

Hessel et beaucoup d’autres, en préférant voir l’histoire évoluer vers la glorification de l’homme par l’homme, hâtent (inconsciemment) la venue de la Crise majeure, au lieu de l’éloigner.

b. Engagez-vous !

Pour Hessel, il serait faux d’attendre la fin des crises les bras croisés. C’est pourquoi il insiste pour que nous nous engagions concrètement (comme il l’a fait lui-même) :

– en assumant notre responsabilité individuelle : « … le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun. » (p. 12) « Sartre nous a appris à nous dire : ‘Vous êtes responsables en tant qu’individus.’ C’était un message libertaire. La responsabilité de l’homme qui ne peut s’en remettre ni à un pouvoir ni à un dieu. Au contraire, il faut s’engager au nom de sa responsabilité de personne humaine. » (p. 13)

– en agissant collectivement : « Il est évident que pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication. » (p. 16)

Cela ressemble au bon sens. Dans une société où l’on déplore fréquemment l’égoïsme et l’absence d’engagement citoyen, on voudrait saluer un tel sursaut. Aucune des aptitudes préconisées par Hessel — de la prise de responsabilité citoyenne à l’action collective par le truchement de moyens de communication efficaces — ne saurait nuire à une construction démocratique bien comprise (même pour un croyant). Merci à Stéphane Hessel de nous rappeler ces évidences.

Toutefois, en admettant qu’une entreprise citoyenne responsable soit à même d’infléchir durablement le cours des choses, il faut déplorer que Hessel tienne à la découpler de toute subordination à un « pouvoir » ou à un « dieu »7. Ce message (auquel l’humanisme existentialiste nous a bien préparés) pénètre de plus en plus les esprits. En ouvrant un journal au hasard, on l’entend fréquemment. Un exemple : un journaliste interpelle un homme politique suisse, Dick Marty8: « Chômage, tensions internationales, crises, révolutions, beaucoup parlent de l’année qui commence comme celle de tous les dangers. Faut-il avoir peur de 2012 ? » Réponse de l’intéressé : « Non. La peur est mauvaise conseillère, on le sait. […] Croyons en nous et cessons d’avoir peur de tout. » D. Marty admet ensuite que 2012 pourrait tout de même réserver de mauvais moments : « …je peux aussi m’imaginer que le mouvement des indignés […] a le potentiel de provoquer un embrasement brutal. Une sorte de Mai 68 planétaire… » Il revient néanmoins à son credo : « Malgré tout, je reste convaincu que l’humanité retient les leçons de l’histoire et ne retombera pas dans la folie de la guerre. »

Au prophète Jérémie qui mettait ses compatriotes en face de leur inconduite et de leur infidélité à l’égard de l’Éternel, il fut souvent rétorqué en substance : « Nous savons ce que nous voulons, ce que nous faisons, et où nous allons. Le malheur ne nous atteindra pas. Nous saurons l’éloigner par des alliances politiques, par des accommodements avec les envahisseurs, par le paiement de tributs ; si cela ne suffit pas, nous recourrons à la résistance armée. »

Arrogance présomptueuse en réalité, car les coups de semonce à l’adresse des habitants de Juda n’avaient pas manqué : le départ en captivité du Royaume du nord (Israël) avait sonné sa fin plus de cent ans auparavant (722 av. J-C.) ; de plus, au cours du ministère de Jérémie, une première déportation du peuple de Juda avait démontré la vulnérabilité de celui-ci (605 av. J-C.). Si les Juifs avaient pris à cœur la Parole révélée, ils auraient compris que leur « histoire contemporaine » ne passait de crise en crise que parce qu’ils avaient « abandonné la source d’eau vive pour se construire des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau » (cf. Jér 2.13). Mais on avait pris l’habitude de banaliser ce diagnostic, de sorte que les sacrificateurs ne servaient plus l’Éternel, les dépositaires de la Loi ne le connaissaient plus, les chefs politiques lui étaient infidèles, et les prophètes prophétisaient par de faux dieux. Le tout sous le couvert d’une piété dévoyée (cf. Jér 2.8). Or Jérémie revient sans cesse à la charge pour tenter de rattacher les malheurs du temps à leur cause première — non une quelconque fatalité, mais la décision, de la part de la majorité, de s’affranchir du Dieu de l’alliance et de courir après les dieux étrangers (Jér 2.17-25 ; 3.13 ; 31.32b, et al.). Le zèle du prophète s’épuisant en vain, l’Éternel s’interroge : « Pourquoi mon peuple dit-il : Nous sommes libres, nous ne voulons pas retourner à toi ? » (Jér 2.31b)

Hessel, en nous appelant à une action autonome affranchie de toute dépendance à l’égard du Dieu de la Bible, distille le même poison que l’impie Juda d’autrefois. Il emboîte le pas à plusieurs générations qui se sont progressivement détournées de la Lumière pour chercher ce qu’on aime par facilité (Jér 2.33) et pour suivre les penchants malsains du cœur naturel, ou ses illusions (Jér 11.8 ; 13.10 ; 16.12 ; 23.17 ; 37.9).

c. Indignez-vous !

À 93 ans, Hessel nous exhorte : Indignez-vous haut et fort…

– contre le matérialisme et l’injustice : « … le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance9, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les hautes sphères de l’État… L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important… » (p. 11, voir aussi p. 14) ;

contre ceux qui ne raisonnent qu’à court terme, dans leur intérêt immédiat : « Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. » (p. 21) ;

contre le totalitarisme : « Car là est bien l’enjeu au sortir de la Seconde guerre mondiale : s’émanciper des menaces que le totalitarisme a fait peser sur l’humanité. » (p. 15)10 ;

contre le productivisme à outrance : « La pensée productiviste, portée par l’Occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du "toujours plus", dans le domaine financier mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques11. » (p. 20, 21)

S’émanciper d’un matérialisme étouffant, de l’oppression de l’ultra-libéralisme, de la course effrénée à la production et à la consommation, du tout-économique : voilà des objectifs qui semblent d’autant plus légitimes que les failles du système sont patentes : l’Occident « chrétien » est un Titanic (ou un Costa Concordia) luxueux en perdition.

Le discours de Hessel, encore une fois, a des résonances quasi-bibliques. Que l’on se souvienne des paroles de Christ à l’égard du culte de Mammon, à l’adresse des marchands du Temple, ou des harangues de Jérémie contre les oppresseurs du peuple. Lorsqu’il s’en prend par exemple au roi de Juda et à ses acolytes : « Ainsi parle l’Éternel : Pratiquez le droit et la justice ; délivrez des mains de l’oppresseur celui qui est exploité ; ne maltraitez pas l’immigrant, l’orphelin et la veuve ; n’usez pas de violence et ne répandez pas de sang innocent dans ce lieu. » (Jér 22.3) « Malheur à celui qui bâtit sa maison en dépit de la justice, et ses chambres hautes en dépit du droit ; qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner son salaire. » (Jér 22.13) « Tu n’as des yeux et un cœur que pour ton intérêt, pour répandre le sang innocent et pour exercer une oppression écrasante. » (Jér 22.17) Voilà une indignation de feu, et engagée : Jérémie, en proférant ces paroles, court le risque de se voir exécuté sur le champ !

Discerner derrière les injustices et les crises financières de graves manquements moraux est devenu un refrain courant. Comme Hessel, le philosophe Richard David Precht, dans son ouvrage L’art de ne pas être égoïste12, reconnaît en 2012 que « l’avidité » est une cause de nos crises financières. Toutefois, il impute ensuite l’origine de ce travers à l’économie globalisée, aux échanges devenus trop rapides et anonymes. Selon lui, ce sont là les raisons qui ont conduit les gens à se comporter de manière cupide (et stupide). Precht croyant par ailleurs que nous ne sommes ni bons ni mauvais par nature, mais qu’en général nous ne supportons pas d’être pris en défaut, il garde bon espoir. Il suffirait de moraliser la vie publique, d’en faire voir les règles de bon fonctionnement et l’avantage de s’y soumettre pour infléchir les comportements dans le sens d’une évolution plus morale. La solution aux crises passerait donc par un retour à une forme de « patriotisme social », de « transformation citoyenne13 » à l’échelle de notre communauté locale. Precht, comme Hessel et tous les héritiers de 178914, ont beau jeu de tenir ce discours, car les inégalités et la corruption mettent nos démocraties de plus en plus en péril.

Leur tort n’est pas de stigmatiser les injustices, mais c’est de ne pas aller assez profond dans la recherche des racines du mal, et de la découverte du vrai remède. On est prêt à beaucoup de remises en question sociopolitiques aujourd’hui, à beaucoup de révisions déchirantes, à condition de n’établir aucun lien entre les crises et le rejet délibéré de la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Jérémie, en son temps, se voyait fréquemment confronté à des pseudo-réformes de la part des « moralistes » de Juda, car ces derniers ne manquaient pas de mettre en avant leurs plans de sauvetage. Le bilan de leurs initiatives est en réalité bien négatif : « Car du plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand, tous sont âpres au gain […] Ils soignent à la légère la blessure de mon peuple : Paix ! Paix ! disent-ils ; et il n’y a point de paix. » (Jér 6.13a,14) « Tes prophètes ont eu pour toi des visions vaines et fades ; ils n’ont pas mis à nu ta faute afin de détourner de toi la captivité ; ils ont eu pour toi la vision d’oracles vains et décevants. » (Lam 2.14) En d’autres termes, si vous prétendez vous attaquer aux vrais problèmes, il vous faut être capables et d’accord de les reconnaître, et non vous contenter, comme le fit le roi Jehojakim, d’éliminer sans honte la Parole de Dieu parce qu’elle ne flatte pas votre orgueil (Jér 36.1-26).

d. Évitez le découragement !

Hessel sait qu’on ne gagne pas la guerre d’un coup de baguette magique. La guerre se gagne d’abord sur le terrain des sentiments, des dispositions intérieures, du cœur de l’individu. Là, il faut affronter :

– l’indifférence : «…dans ce monde il y a des choses insupportables […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire "je n’y peux rien, je me débrouille". » (p. 14) ;

le défaitisme : ce défaut pousse l’individu à croire la victoire très improbable, mais Hessel admet que sur ce point il jouit d’un avantage personnel, car la nature l’a doté d’un « optimisme naturel, qui veut que tout ce qui est souhaitable soit possible… » (p. 13) ;
le désespoir : pour écarter cette tournure d’esprit, Hessel s’appuie sur J-P. Sartre (1980) : « Il faut essayer d’expliquer pourquoi le monde de maintenant, qui est horrible, n’est qu’un moment dans le long développement historique, que l’espoir a toujours été une des forces dominantes des révolutions et insurrections, et comment je ressens encore l’espoir comme ma conception de l’avenir15 . » (p. 19) Et Hessel de conclure : « Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie 16 et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer. » (p. 21)

Les pourvoyeurs d’espoir ont depuis longtemps compris qu’ils trouveraient dans notre intarissable soif de mieux le plus puissant levier (« comme l’Espérance est violente ! » disait Apollinaire dans Le Pont Mirabeau). Source étonnante de motivation et de persévérance, l’irrationnel espoir est aussi générateur des plus grandes catastrophes humaines qui soient : les chimères du IIIe Reich sont encore dans toutes les mémoires, comme celles des « paradis » communistes. L’espoir fait vivre, et parfois mourir. Certains deviennent martyrs-terroristes par espoir, et derrière la rhétorique des marchands d’espoir se cache tout un arsenal instable17 . L’espoir est hélas capable d’une obstination qui peut aller jusqu’au déni de réalité. Sinon, comment comprendre qu’une société investisse autant d’espoirs dans des capacités dont sa propre histoire lui a amplement démontré la vanité ? Non, Monsieur Hessel, tout ce qui est souhaitable n’est pas forcément possible. Il est même préférable que certains de nos vœux ne soient jamais exaucés.

Les contemporains de Jérémie avaient la démangeaison d’écouter des visionnaires démagogues, mais trompeurs parce que passant à côté de l’Espérance véritable (cf. Jér 50.7b). Ainsi en était-il des prophètes autoproclamés Hanania ou Chemaya qui juraient la fin prochaine du joug babylonien, inspirant au peuple « une fausse confiance » (Jér 28.15 ; 29.31).

Notre génération trouverait le plus grand profit à se tourner vers Dieu. Nous sommes toujours à une croisée des chemins que Jérémie décrit ainsi : « Maudit soit l’homme qui se confie en l’être humain, qui prend la chair pour son appui, et qui écarte son cœur de l’Éternel ! Il est comme un misérable dans le désert, et il ne voit pas arriver le bonheur […] Béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance (ou : la confiance, l’assurance) ! Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il ne voit pas venir la chaleur et son feuillage reste verdoyant ; dans l’année de la sécheresse, il est sans inquiétude et il ne cesse de porter du fruit. » (Jér 17.5-8). Oh ! si les crises pouvaient ramener l’Occident déboussolé vers le Dieu Sauveur, vers l’espérance indestructible du juste règne de Jésus-Christ (cf. 1 Tim 1.1) !

e. Soyez patients et compréhensifs !

Hessel sait que celui qui veut changer le monde et qui s’indigne avec passion risque de voir son zèle basculer dans la sauvagerie. Prévoyant, il assortit donc son ordre de marche de conseils de sagesse et de modération. En voici le condensé. Cultivez donc :
la non-violence : « Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. » (p. 19)
la compréhension mutuelle, la patience : « Le message d’un Mandela, d’un Martin Luther King trouve toute sa pertinence dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologies et le totalitarisme conquérant. C’est un message d’espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante. » (p. 20)
Avec Mandela et M. Luther King, nous sommes dans la droite ligne d’un Gandhi (1869-1948), d’un Jules Romains (1885-1972), d’un Lanza del Vasto (1901-1981) et de tous ceux qui prônent un avenir fondé sur le respect universel de la nature, des hommes entre eux et des différentes cultures18 . Hessel prêche une fois encore des vertus « chrétiennes » — et non des moindres. Approuvons avec lui la valeur d’un comportement empreint de retenue et de considération, de volonté d’écoute et de service mutuel.
Mais ces vertus n’auront de vie que si d’abord nous nous laissons saisir par le Prince de la vie. C’est pourquoi Jérémie, loin de préconiser des traitements palliatifs à son peuple en crise, les enjoint au nom de Dieu : « Revenez, enfants rebelles, car c’est moi votre maître ! » (Jér 3.14 ; Es 3.14 dit : « Convertissez-vous et revenez ! » Revenir et se convertir sont ici synonymes.) Le prophète ajoute un peu plus tard : « Revenez, fils rebelles, je vous guérirai de vos inconstances (ou : je pardonnerai vos infidélités) ! » (3.22) Voilà dans nos temps la priorité en matière de lutte contre les crises. Car en effet, comment manifester une patience et une compréhension mutuelle authentiques si nous ne nous sommes jamais convertis à Jésus-Christ ? Si nous ne sommes jamais venus à Dieu dans la repentance, dans la foi, et dans l’acceptation de sa souveraineté sur nos vies ? Si Dieu n’a pas fait de nous de nouvelles créatures par le don du Saint-Esprit ? La nature humaine ne peut par elle-même « dépasser les conflits » qu’elle engendre et attise sans fin.
Du reste, comment agirions-nous en vrais amis de notre prochain sans éprouver ni respect ni admiration pour l’Homme par excellence, Jésus-Christ ? Que valent notre justice et notre gentillesse si nous n’avons pas foi dans le Serviteur frappé à notre place pour nous accorder la vie éternelle, si nous ne sommes pas en communion avec lui par sa Parole et par son Esprit ?

Et si l’indignation de Dieu était salutaire ?

En parcourant en parallèle l’opuscule de Stéphane Hessel et le livre de Jérémie, nous avons désiré rappeler l’insuffisance d’une compréhension à courte vue des crises qui secouent notre monde. Nous désirons surtout souligner qu’il y a mieux que d’échapper à l’inconfort de tel ou tel coup dur de l’existence : c’est d’entendre le langage et l’appel de Dieu cachés dans notre souffrance. À l’époque de Jérémie, bien des avis s’exprimaient sur les périls du moment et leurs remèdes. Le prophète chargé de transmettre la pensée de Dieu fut rejeté par ses voisins, par sa famille, par les chefs religieux, par ses amis, par tout le peuple, par les ministres et par le roi. Son vœu le plus profond restait de voir son peuple échapper à la ruine et retrouver sa place devant Dieu. Ce vœu ne fut jamais exaucé. Sa mission lui pesait au point qu’il fut parfois terrassé par un découragement et une perplexité extrêmes. Pourtant, son témoignage ouvrait grand la porte à la repentance et à une possibilité de pleine restauration spirituelle. À travers Jérémie, Dieu plaidait pour éclairer à nouveau son peuple, pour le ramener à sa véritable vocation, pour l’arracher à ses ennemis, et pour le bénir. Dieu n’agit-il point ainsi en nos temps, puisque le message du salut, de la grâce et de la rédemption complète en Jésus-Christ est encore proclamé ?

Simultanément, « les signes des temps » ne trompent pas, ils sont graves : l’heure n’est pas aux demi-mesures spirituelles. Un peu d’indignation, un peu de morale, un peu de religiosité, un peu de tolérance, et des consensus planétaires ne suffiront pas à endiguer les débordements de méchanceté et d’impureté de notre génération. La seule « sortie de crise » sérieuse a été offerte et exposée au monde entier. Y aura-t-il encore des hommes avisés pour en profiter ? Du temps de Jérémie en tout cas, il s’en est trouvé quelques-uns19 . Serons-nous de ceux qui discernent qu’aucun message n’est comparable à l’Évangile pour libérer les cœurs de l’esclavage du mal, pour asseoir une ferme espérance et pour surmonter les crises ?

1 Indigène éditions, 34080 Montpellier France, 11e édition, janv. 2011. Hessel l’a complété depuis par deux autres opuscules : Le chemin de l’espérance (sept. 2011) et Engagez-vous (déc. 2011).
2 Le positivisme, fondé par Auguste Comte (1798-1857), évolua d’une philosophie scientiste vers une forme de religion dont la devise était : « L’Amour pour principe, l’Ordre pour base et le Progrès pour but. »
3Hessel dit avoir été un « fervent disciple du philosophe Hegel » (p. 13).
4 Plus loin S. Hessel refuse cependant de restreindre l’idée de progrès à ses composantes technologique, productiviste et consumériste. Il inclut dans le progrès une dimension morale et écologique.
5Jérémie le rappelle aussi : « Ainsi parle l’Éternel […] : C’est moi qui ai fait la terre, les hommes et les bêtes qui sont à la surface de la terre, par ma grande puissance et par mon bras étendu, et je donne la terre à qui cela me plaît. » (Jér 27.4b,5 ; cf. 32.17 ; 33.2)
6 Dieu lui-même revendique cette prérogative, aussi bien en ce qui concerne ses jugements (Jér. 11.8b ; 23.20 ; 25.13 ; 30.23,24) que ses desseins de grâce (Jér 29.10-14) L’annonce du retour d’exil est une préfiguration du salut d’Israël à la fin du « temps des nations », et une image de la rédemption des hommes perdus mais prêts à revenir à Dieu dans la repentance et la foi. Jérémie 18.1-17 résume bien les deux réalités de la sévérité et de la bonté de Dieu (cf. Rom 11.22).
7 C’est le Dieu de la Bible aussi qui est visé par cette « liste noire ». Tendance dans l’air du temps : sous prétexte de neutralité laïque, on cherche aujourd’hui à biffer toute référence à Dieu des chartes politiques (au niveau de l’Union européenne ou au niveau des nations de l’Ouest), à vider les fêtes chrétiennes de leur substance dans les écoles, dans les administrations, dans les entreprises, etc.
8 L’Illustré, 02/2012, p. 54, 56.
9; La Résistance française pendant la Seconde guerre mondiale, bien sûr
10 Le seul gouvernement« totalitaire » que Hessel dénonce avec persistance et véhémence, c’est celui d’Israël, État dont il conteste l’existence même. Étrange de la part d’un homme dont le père juif est mort victime de l’hitlérisme. Indignez-vous contient quelques pages (p. 17, 18) contre la politique israélienne à l’égard des Palestiniens. Hessel y stigmatise sans nuances l’opération militaire Plomb durci contre Gaza et le Hamas (2008-09). Il maintient ses positions jusqu’à ce jour (voir son livre Le rescapé et l’exilé, Éd. Don Quichotte, Paris, mars 2012), mais semble ignorer que R. Goldstone s’est rétracté, en avril 2011, sur le rapport accusateur qu’il avait établi pour le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Par ailleurs, Hessel est d’ordinaire très discret sur les violations des droits de l’homme dans d’autres pays notoirement oppresseurs (Syrie), ou sur les persécutions des chrétiens en terre d’islam. Nous avons volontairement laissé de côté ces « particularités » de la pensée hessélienne pour ne pas allonger.
11 Sur plusieurs de ces points, Hessel s’accorderait avec Denis de Rougemont, un des concepteurs de la construction européenne d’après-guerre (voir L’avenir est notre affaire, Ex Libris, Lausanne et Zürich, 1977).
12 Editions Belfond, Collection Esprit Ouvert, Paris, janvier 2012.
13 Ce qu’un conseiller en gestion environnementale, Michel Stevens, appelle le « principe de responsabilité civile universelle », clé supposée de la lutte contre le réchauffement climatique (cité dans Le Temps, no 4260, 22 mars 2012).
14 Parmi tous les « moralistes » actuels qui me semblent entrer dans cette catégorie, je mentionnerai A. Comte-Sponville, grand lecteur des stoïciens et de Spinoza (voir Le bonheur désespérément, Éditions Librio, Paris 2009), et Jules Ferry, qui admet que toute philosophie est une forme de salut par soi-même, sans l’aide de Dieu (Apprendre à vivre, Paris, Plon 2006, p.90).
15 J-P. Sartre, « Maintenant l’espoir… (III) » in Le Nouvel Observateur, 24 mars 1980.
16 …du XXIe siècle.
17 A. Camus en a bien souligné la dangereuse absurdité dans L’homme révolté (NRF Gallimard, 1968, p.182-291). Camus constate que le terrorisme comme arme politique ou idéologique est en réalité une hideuse manière pour l’homme de démontrer ce dont il est capable lorsqu’il se prend pour Dieu.
18 Ce « respectdes autres » entraîne aujourd’hui l’exclusion de ceux qui s’opposent au « politiquement correct » (du moins dans nos pays dits « avancés »). Ainsi, les chrétiens qui s’indignent de l’emprise des lobbies homosexuels ou pro-avortement seront vilipendés et parfois poursuivis comme des intolérants de la pire espèce… 19
19 Parmi ceux-ci : le roi Josias ;Baruch, le secrétaire de Jérémie ; Ébed-Mélek, le chambellan éthiopien ; Achikam, prince de Juda et quelques anciens ; Nebuzaradan, chef des gardes chaldéens ; les Récabites ; et même Nébucadnetsar (Jér 39.12,13 ; cf. Dan 2.47 ; 3.28-33 ; 4..31-34 ; 5.21. Un homme revêtu d’une grande autorité politique doit à plus forte raison se courber sous l’Autorité divine qui le préserve de la démesure et inspire ses décisions).

Source : http://www.promesses.org/arts/181p03.html

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GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

Ésaïe 6 : 1-13

Philip Nunn

Philip Nunn a travaillé de 1992 à 2007 en Colombie comme missionnaire. À ce titre, il a été très impliqué dans l’implantation de plusieurs nouvelles assemblées chrétiennes. Toujours en contact avec la Colombie, il vit aux Pays-Bas, à Eindhoven, où il s’est établi. Il a aujourd’hui principalement un ministère d’enseignement, dont une partie est disponible en ligne en différentes langues : www.philipnunn.com.

Le chapitre 6 du livre d’Ésaïe raconte une expérience remarquable qui a changé la vie du prophète. Cette rencontre bouleversante avec Dieu a eu lieu « l’année de la mort du roi Ozias » (6.1). Ce détail nous aide à situer cet épisode extraordinaire de la vie d’Ésaïe au cours de l’année 740 avant notre ère, mais plus que cela, il nous aide à en comprendre le contexte. Quelle est la signification de la mort du roi Ozias ?

La vie du roi Ozias est retracée en 2 Chroniques 26. Il « était âgé de seize ans lorsqu’il commença de régner ; et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem ; […] Et il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel […] Et il rechercha Dieu pendant les jours de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu1 ; et pendant les jours où il rechercha l’Éternel, Dieu le fit prospérer » (26.3-5). La nation toute entière profita de ses succès, jouissant de la paix, d’une bonne renommée vis-à-vis du monde, et de prospérité matérielle. Il était particulièrement admiré à cause de sa puissance militaire : « Ozias avait une armée pour faire la guerre […] Et il fit à Jérusalem des machines, inventées par des ingénieurs, pour être placées sur les tours et sur le haut des remparts, pour lancer des flèches et de grosses pierres. Et son renom s’étendit au loin ; car il fut merveilleusement aidé. » (26.11-15)

Essayez de vous représenter ce que furent ces 52 années de paix, de stabilité et de prospérité. Dans le royaume de Juda, il n’y avait personne de moins de 55 ans qui savait ce qu’avait été la vie avant le roi Ozias. Mais ces années de normalité se sont achevées. Le roi Ozias a péché, il a été frappé de lèpre, et puis il est mort. Nous pouvons presque sentir la tension qui régnait : que va-t-il se passer maintenant ? Qui va conduire le peuple ? Les ennemis vont-ils nous envahir ? C’était une année de crise nationale. Et dans cette période de crise, « l’année de la mort du roi Ozias », le Seigneur Dieu a choisi d’appeler, de purifier et d’envoyer le prophète Ésaïe.

Nous sommes également confrontés à des situations de crise. Ce peut être une crise familiale du fait d'un problème de santé, d’un divorce ou d’un décès. Des crises nationales ou globales peuvent également nous affecter personnellement, qu’elles aient trait au terrorisme, au chômage, ou aux marchés financiers instables. Nous pouvons traverser des crises quant à notre foi, lorsque nous nous bagarrons contre de nouveaux doutes, lorsque nous pensons à nos prières restées sans réponse ou lorsque nous affrontons un conflit dans notre église locale. Une période de calme relatif vient de s’achever, et l’avenir nous semble si incertain. La manière dont Dieu a agi envers Ésaïe nous enseigne qu’il peut utiliser ces moments douloureux et difficiles. Dans la main de Dieu, les périodes de crise sont une opportunité de croissance personnelle.

1. En période de crise, recherchez le Seigneur

Lorsque survient la crise, certaines personnes sont comme paralysées, que ce soit de crainte ou du fait du choc. D’autres, cependant, deviennent hyperactifs, recherchant une solution rapide en courant d’un point à un autre. Qu’a fait Ésaïe ? Il aurait pu se joindre à une délégation se rendant dans un pays voisin pour signer un accord de paix. Il aurait pu entamer des discussions avec l'armée puissante. Il aurait pu essayer de monter son propre parti politique « religieux ». Dans ce premier verset, nous ne trouvons Ésaïe ni dans le palais ni sur la place du marché, mais dans le temple. En période de crise, il a recherché le Seigneur.

Le Seigneur est heureux de l’y voir, et le récompense en lui donnant une vision très importante. Ce n’est pas la vision d’un avenir millénaire paisible. Ce n’est pas la vision de la destruction des ennemis. Non ! Dieu sait exactement qu’Ésaïe a besoin de la vision de Dieu lui-même : « Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. » (6.1) Le Seigneur ne s’agitait pas. La crise ne l’avait pas pris par surprise. Il ne courait pas d’un point à un autre. Le Seigneur était calme. Il était assis. Ésaïe avait besoin de constater cela. Et nous aussi. Le Seigneur était assis sur un trône, qui parle de son autorité, un trône haut et élevé. Au fur et à mesure qu’Ésaïe saisissait ce qu’il voyait, son esprit trouvait le repos. La crise ouvrait la porte sur un avenir incertain pour Juda. Mais pour Ésaïe, le fait de voir Dieu l’a rempli d’une confiance paisible. Sachant que l’avenir est dans les mains de Dieu, il a pu ensuite écrire : « Voilà la résolution prise contre toute la terre, voilà la main étendue sur toutes les nations. L’Éternel des armées a pris cette résolution : qui s’y opposera ? Sa main est étendue : qui la détournera ? » (És 14.26-27, Segond) Pour rester calme dans les moments de crises, et confiants dans l’avenir, nous avons également besoin d’une vision réaliste et renouvelée de Dieu.

2. En période de crise, regardez-vous en face

En dirigeant les yeux vers le Seigneur, Ésaïe a vu deux séraphins qui volaient au-dessus de son trône. Il les entendait s’interpeller l’un l’autre : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! » (6.3) Et pour compléter cette expérience impressionnante, « les fondements des seuils étaient ébranlés (…), et la maison était remplie de fumée. » (6.4) Dieu a de nombreux attributs merveilleux. Il est amour. Il est fidèle. Il est tout puissant. Mais le seul de ses attributs qui soit répété trois fois est celui-ci : il est saint. La répétition est utilisée pour l’emphase. Ésaïe a compris le message. Ses yeux ont quitté le Seigneur pour se tourner vers lui-même. Le contraste était douloureusement évident. « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures (…) » (6.5). Une crise nous procure l’occasion de nous rapprocher du Seigneur. Et en le faisant, nous nous rendons douloureusement compte de notre propre insuffisance.

Avant la crise, nous disons avec joie que notre avenir est dans les mains de Dieu. Mais lorsqu’elle nous frappe, lorsque nos économies s’envolent, lorsque nous perdons notre emploi, lorsque nous avons des ennuis de santé… notre avenir ne nous semble plus du tout rassurant. Il est peut-être plus facile de faire confiance au Seigneur lorsque nous nous sentons en confiance, en sûreté et aux commandes de notre vie. La crise brise notre sécurité factice. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa propre petitesse, afin de lui révéler sa grandeur. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa nature pécheresse, afin de lui révéler sa sainteté.

La crise que vous traversez est également une invitation à vous approcher du Seigneur, puis à vous regarder de manière réaliste. Une crise est dans les mains du Seigneur un outil pour nous réveiller d’une routine religieuse confortable, pour révéler le mensonge de notre manière de penser, pour nous aider à discerner nos priorités mondaines. Au lieu d’essayer de rejeter le blâme sur les autres du fait de leur implication dans la crise que vous traversez, regardez en vous-même dans la présence de Dieu. Peut-être y a-t-il quelque chose à corriger. Peut-être avez-vous vous aussi des « lèvres impures » !

3. En période de crise, essayez d’écouter

« Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché. » (6.6-7) C’était là une action symbolique. L’autel représente probablement l’œuvre de Christ, puisque le pardon et la purification sont habituellement associés à la mort en sacrifice de notre Seigneur Jésus-Christ. « Christ (…) s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs. » (Héb 9.28) Pouvez-vous vous représenter l’effet de charbons ardents touchant vos lèvres sensibles ? Je suis certain qu’Ésaïe n’a jamais oublié ce moment douloureux. Les cicatrices et les souvenirs étaient là afin qu’il n’oublie jamais cette réalité passée : des lèvres impures. Nous avons également besoin de nous souvenir d’où nous venons. Sans le rappel de notre propre insuffisance et de sa suffisance, nous manquerons de grâce dans nos rapports avec les autres. Le Seigneur veut utiliser les lèvres d’Ésaïe, alors il commence par les brûler.

Ésaïe est maintenant purifié et attentif, en présence du Seigneur. Il est désormais prêt à écouter. « Et j’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » (6.8) C’est tellement facile d’avoir nos propres idées, nos propres plans, nos propres opinions, nos propres solutions. Et lorsque notre esprit est occupé de nos propres idées, opinions et solutions, c’est tellement difficile d’écouter le Seigneur : sa douce voix est étouffée dans notre chaos intérieur. Mais si nous voulons tirer profit de cette crise, si nous voulons grandir en la traversant, nous devons remettre toutes nos initiatives au Seigneur et essayer d’écouter sa voix. Ésaïe appliqua plus tard ce principe au peuple tout entier : « Malheur aux fils qui se rebellent […] pour former des desseins, mais non de par moi, et pour établir des alliances, mais non par mon Esprit, afin d’ajouter péché sur péché ! » (30.1) « Cependant l’Eternel désire vous faire grâce, et il se lèvera pour vous faire miséricorde ; car l’Eternel est un Dieu juste : heureux tous ceux qui espèrent en lui ! […] Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! » (30.18,21, Segond) Le Seigneur peut choisir de parler par l’intermédiaire de conseils d’amis, par sa Parole, par les circonstances, par un rêve, le Seigneur tout puissant choisit le moyen. De notre côté, soyons comme Ésaïe et Samuel, prêts à entendre : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ! » (1 Sam 3.9)

4. En période de crise, soyez ouvert au changement

Lorsque Ésaïe a répondu au Seigneur « me voici, envoie-moi » (6.8), je me demande à quoi il s’attendait de la part du Seigneur. Pensait-il que le Seigneur allait l’envoyer pour oindre un nouveau roi, comme Samuel le fit avec David presque 300 ans auparavant ? A-t-il flirté avec la possibilité que le Seigneur le nomme en tant que nouveau roi ?

Imaginait-il que le Seigneur allait l’utiliser, comme Moïse, pour sortir le peuple de Dieu de cette crise et le mener dans un nouveau pays quelconque ? Le Seigneur n’a pas demandé à Ésaïe : « Qu’as-tu envie de faire ? » Il lui a dit au contraire : « Va, et dis à ce peuple : En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez pas, et en voyant vous verrez et vous ne connaîtrez pas. » (6.9) Le Seigneur savait ce qu’il fallait faire. Nous pouvons avoir nos préférences, mais lorsque nous disons au Seigneur : « Je suis à toi. Me voici, utilise-moi », nous devons être ouverts à sa réponse. Avant la crise, les amitiés, la famille, l’église, les études, le travail, la santé et les finances s’inscrivaient dans un cadre « satisfaisant ». Un changement radical ne semblait pas nécessaire. Vous pensiez peut-être qu’il n’y avait besoin que de réajustements mineurs. Comprenez que les périodes de crises peuvent aussi être des périodes de changement. La vie d’Ésaïe a

Il est important de remarquer que ce n’est pas la crise elle-même qui a changé Ésaïe. La crise nous donne une opportunité de stopper ce qui semble normal, de nous rapprocher du Seigneur, de nous purifier, d’écouter. Et lorsque nous faisons cela, nous pouvons sentir le Seigneur nous appeler à changer. Il peut nous conduire dans la poursuite fidèle de nos travaux. Ou comme Archippe, nous avons mélangé les priorités, et nous sommes désormais appelés à prendre garde au service que nous avons reçus du Seigneur, afin de l’accomplir (Col 4.17). Mais le Seigneur peut également ouvrir une fenêtre pour nous montrer une nouvelle direction, un nouveau service, un nouvel appel. Ésaïe a reçu un ministère prophétique difficile. Le peuple auquel il devait s’adresser était endurci. S’il avait regardé au « succès » et aux résultats visibles, il n’aurait pas tenu longtemps. Ce ne sont pas les crises et les difficultés en elles-mêmes qui doivent nous dire quand nous arrêter. Lorsqu’il a été envoyé, Ésaïe a demandé : « Jusques à quand, Seigneur ? Et il dit : Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, de sorte qu’il n’y ait pas d’habitants (…), que l’Éternel en ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande au milieu du pays. » (6.11-12) Chaque activité sous le soleil est temporaire, y compris les activités chrétiennes telles que les écoles, les hôpitaux, les orphelinats, les organisations missionnaires, les orchestres, les magazines chrétiens… et mêmes les églises locales. Comme Ésaïe, nous devons également demander : « Jusques à quand, Seigneur ? » C’est à lui de déterminer le commencement et la fin. Poursuivre lorsqu’il a dit d’arrêter n’est pas de la fidélité. C’est de la désobéissance. S’arrêter lorsqu’il dit d’avancer, c’est aussi de la désobéissance. Une crise peut suggérer un changement, mais ne commencez, ne terminez ou ne changez rien sans certitude que le Seigneur vous parle.

Des crises qui font croître

Votre vie a peut-être pris un virage étrange et difficile récemment. Vous vous demandez parfois pourquoi le Seigneur utilise un outil aussi émoussé et douloureux. Dieu se sert des périodes de tourmentes intérieures pour nous encourager à nous rapprocher de lui, pour nous purifier, pour parler à notre cœur. Considérez la crise que vous traversez comme une opportunité de grandir. Le Seigneur est toujours assis sur son trône, haut et élevé. Il contrôle toujours toutes choses. Choisissez de vous rapprocher de lui, choisissez de vous purifier, choisissez d’écouter sa voix, choisissez de croître par le moyen de cette crise. Et bientôt, comme un témoignage, vous allez pouvoir chanter avec beaucoup d’autres : « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi. Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais ; car en Jah, Jéhovah, est le rocher des siècles. » (És 26.3-4)

1 La version anglaise NIV utilisée par Ph. Nunn dit : « qui l’instruisit dans la crainte de Dieu ». Dans l’article traduit en français, c’est la version Darby qui est utilisée, sauf mention contraire.

Source : http://www.promesses.org/arts/181p07

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Vous êtes toujours en construction !

19 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Vendredi 18 mars 2016

“Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...”

1 Jean 3.2

Peut-être pensez-vous que votre vie est en piteux état ! Ecoutez Jean : “Vraiment, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...” Vous êtes-vous promené à proximité d’un chantier de construction ? Le chantier, vous le voyez, n’est-ce pas, mais où se trouve la construction ? Encore à l’état de projet, puisque le bâtiment qui s'élèvera ici un jour “n’a pas encore été manifesté”. Pourtant peu à peu, sous l’œil avisé de l’architecte, les murs monteront, les poutres se mettront en place, les tas de sable, de gravier et de ciment du chantier formeront les hourdis et le bâtiment prendra forme. Aujourd’hui votre vie vous paraît lamentable. Mais si l’église de Christ fait le travail qu’Il lui a imparti, elle devrait regorger de gens tels que vous, des gens qui sortent tout juste de situations impossibles, des gens dont la vie a besoin d’être restaurée. Aucun bébé ne naît propre et tout emmailloté ! Naître est une affaire sale, sanguinolente et douloureuse ! La bonne nouvelle c’est que vous êtes “né de nouveau” spirituellement, que vous êtes devenu un chantier en construction et qu’un plan ou une destinée ont été établis pour diriger votre vie future.

Les choses se mettront en place peu à peu. N’oubliez pas que le jour où Christ entre dans votre vie, si votre esprit est changé instantanément par Son intervention, vos émotions, vos goûts, vos attitudes ont besoin d’être modifiés, et tout cela nécessitera des années de restauration ! La vie de chacun regorge de coins secrets qui ont besoin d’être analysés, modifiés et reconstruits. En attendant, nous continuons à nous battre avec nos appétits charnels et à lutter contre des influences divergentes. Ceux qui affirment : “Si vous étiez vraiment devenu chrétien, vous n’agiriez plus ainsi !” semblent avoir oublié que tomber fait partie de l’apprentissage essentiel de l’enfant qui essaye de marcher. Même si vous savez que vous ne devriez pas faire telle ou telle chose, cela ne veut pas dire qu’il sera facile de vous en détourner. Mais Dieu est à l’œuvre en vous. Vous êtes “un chantier” qu’Il n’abandonnera jamais.

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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