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LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

LES CRISES …
DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

Claude-Alain Pfenniger

Claude-Alain Pfenniger, marié, père de trois (grands) enfants, est professeur de langues. Il a exercé des fonctions pastorales en Suisse et a collaboré à la rédaction de diverses revues chrétiennes. Il est membre du comité de rédaction de Promesses depuis 1990.>

Sous la volée des crises qui nous frappent, beaucoup d’esprits flanchent. Nos lendemains s’annoncent tellement sinistres. Mais des voix se font entendre, tour à tour solennelles, avisées, expertes, rassurantes pour nous engager sur des chemins de salut. Qui suivre ? Nous écouterons en parallèle deux « urgentistes » de crises.

Le premier est le bouillant Stéphane Hessel. Né en 1917, cet homme a traversé de profondes épreuves : camps de concentration de Buchenwald et de Dora, combat dans la Résistance française. Ayant toujours relevé la tête, il a milité pour les causes qu’il estimait honorables. Il aurait contribué à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, mais il nous parlera ici à travers un texte qui a fait le tour du monde : Indignez-vous ! 1

Le second est le prophète Jérémie. Porteur du message de Dieu, il a « crié dans le désert » pendant plus de 40 ans (de 625 à 580 av. J-C.). Il nous a laissé deux livres bibliques, 57 chapitres au total. Les circonstances qui prévalaient à son époque sont analogues à celles de nos pays occidentaux déchristianisés. Le déclin du royaume de Juda préfigure le nôtre : abandon de la vérité révélée et de la foi ; désintégration spirituelle, morale, sociale et politique ; menaces de catastrophes sans précédent.

Confrontons donc les cinq points forts du programme de Stéphane Hessel au message de Jérémie :

a. Suivez le sens de l’histoire !

Hessel croit que l’histoire humaine tend vers un état idéal. Cette attitude positiviste2 et fortement arrimée à la pensée de G.W. Friedrich Hegel (1770-1831)3, n’est pas très éloignée des idéologies du progrès ou du matérialisme dialectique athée (Marx, Lénine etc.)4. Nous citons Hessel :

« L’hégélianisme [la philosophie de Hegel] interprète la longue histoire de l’humanité comme ayant un sens : c’est la liberté de l’homme progressant étape par étape. L’histoire est faite de chocs successifs, c’est la prise en compte de défis. L’histoire des sociétés progresse, et au bout, l’homme ayant atteint sa liberté complète, nous avons l’État démocratique dans sa forme idéale. » (p. 13)

Nous ferions donc route vers une sorte de paradis sans Dieu, purement horizontal, et sans autre sauveur qu’une humanité censée surmonter seule ses limitations et sa méchanceté. Cette foi en un Âge d’or n’est pas sans rapport de filiation avec la pensée judéo-chrétienne. C’est à celle-ci que nous devons le concept d’une « histoire » ordonnée vers une conclusion triomphale qui en éclaire le cours. Mais la ressemblance s’arrête là, car pour le croyant l’histoire a commencé quand Dieu a créé le monde5 et elle se déploie vers la fin que Dieu a fixée6. Le programme de cette destinée du monde, de sa naissance à son aboutissement, est cohérent parce que Dieu en est l’instigateur et le garant.

Or le credo de Hessel ne s’inscrit pas dans cette perspective, mais plutôt dans l’élan de la révolte originelle — attitude que la Bible dénonce sur tous les modes. Le Livre divin ne nous cache pas que dès les temps anciens, les hommes, même très religieux, ont tenu à piloter leur histoire de manière autonome. Leurs achèvements communs faisaient leur orgueil (Babel !) et les persuadaient qu’ils sauraient parer tous les coups du sort. Les crises et les désastres ont à maintes reprises rabaissé ces prétentions, mais dès le calme revenu, on s’affairait à nouveau comme si le Maître légitime du monde s’était éclipsé. C’était devenu l’habitude des Juifs du temps de Jérémie, et c’est pourquoi le prophète ne cesse de leur prédire avec larmes que sans un retour sincère à Dieu, ils ne pourront pas éviter la déroute (la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la destruction du Temple et la captivité à Babylone). Hélas, les Juifs s’obstineront dans leur rébellion et le Seigneur infléchira leur histoire dans le sens du châtiment annoncé.

Selon la Révélation biblique générale, il y a ainsi dès l’origine deux « histoires » qui se bousculent :

– L’histoire des incrédules qui s’acharnent à consacrer la primauté de l’homme : sous sa dernière forme, cette entreprise sera récapitulée et achevée dans l’effondrement du règne de « l’homme impie » — le « fils de perdition » (2 Thes 2.3), l’Antichrist.

L’histoire des croyants qui admettent la primauté de Dieu et du Fils de l’homme : elle aura pour couronnement le règne de Christ et la gloire éternelle (voir Jér 23.5-8 ; 30.4-11 ; 33.15 où l’avènement du Messie, le « germe juste » de David, est donné comme bonheur cible). Pour autant, le croyant n’est pas destiné à demeurer un simple spectateur de la misère d’ici-bas ; il est bien plutôt appelé à agir dans le monde en étroite relation avec son Maître divin. Jérémie l’avait appris pour lui-même : « Je le sais, ô Éternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jér 10.23)

Hessel et beaucoup d’autres, en préférant voir l’histoire évoluer vers la glorification de l’homme par l’homme, hâtent (inconsciemment) la venue de la Crise majeure, au lieu de l’éloigner.

b. Engagez-vous !

Pour Hessel, il serait faux d’attendre la fin des crises les bras croisés. C’est pourquoi il insiste pour que nous nous engagions concrètement (comme il l’a fait lui-même) :

– en assumant notre responsabilité individuelle : « … le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun. » (p. 12) « Sartre nous a appris à nous dire : ‘Vous êtes responsables en tant qu’individus.’ C’était un message libertaire. La responsabilité de l’homme qui ne peut s’en remettre ni à un pouvoir ni à un dieu. Au contraire, il faut s’engager au nom de sa responsabilité de personne humaine. » (p. 13)

– en agissant collectivement : « Il est évident que pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication. » (p. 16)

Cela ressemble au bon sens. Dans une société où l’on déplore fréquemment l’égoïsme et l’absence d’engagement citoyen, on voudrait saluer un tel sursaut. Aucune des aptitudes préconisées par Hessel — de la prise de responsabilité citoyenne à l’action collective par le truchement de moyens de communication efficaces — ne saurait nuire à une construction démocratique bien comprise (même pour un croyant). Merci à Stéphane Hessel de nous rappeler ces évidences.

Toutefois, en admettant qu’une entreprise citoyenne responsable soit à même d’infléchir durablement le cours des choses, il faut déplorer que Hessel tienne à la découpler de toute subordination à un « pouvoir » ou à un « dieu »7. Ce message (auquel l’humanisme existentialiste nous a bien préparés) pénètre de plus en plus les esprits. En ouvrant un journal au hasard, on l’entend fréquemment. Un exemple : un journaliste interpelle un homme politique suisse, Dick Marty8: « Chômage, tensions internationales, crises, révolutions, beaucoup parlent de l’année qui commence comme celle de tous les dangers. Faut-il avoir peur de 2012 ? » Réponse de l’intéressé : « Non. La peur est mauvaise conseillère, on le sait. […] Croyons en nous et cessons d’avoir peur de tout. » D. Marty admet ensuite que 2012 pourrait tout de même réserver de mauvais moments : « …je peux aussi m’imaginer que le mouvement des indignés […] a le potentiel de provoquer un embrasement brutal. Une sorte de Mai 68 planétaire… » Il revient néanmoins à son credo : « Malgré tout, je reste convaincu que l’humanité retient les leçons de l’histoire et ne retombera pas dans la folie de la guerre. »

Au prophète Jérémie qui mettait ses compatriotes en face de leur inconduite et de leur infidélité à l’égard de l’Éternel, il fut souvent rétorqué en substance : « Nous savons ce que nous voulons, ce que nous faisons, et où nous allons. Le malheur ne nous atteindra pas. Nous saurons l’éloigner par des alliances politiques, par des accommodements avec les envahisseurs, par le paiement de tributs ; si cela ne suffit pas, nous recourrons à la résistance armée. »

Arrogance présomptueuse en réalité, car les coups de semonce à l’adresse des habitants de Juda n’avaient pas manqué : le départ en captivité du Royaume du nord (Israël) avait sonné sa fin plus de cent ans auparavant (722 av. J-C.) ; de plus, au cours du ministère de Jérémie, une première déportation du peuple de Juda avait démontré la vulnérabilité de celui-ci (605 av. J-C.). Si les Juifs avaient pris à cœur la Parole révélée, ils auraient compris que leur « histoire contemporaine » ne passait de crise en crise que parce qu’ils avaient « abandonné la source d’eau vive pour se construire des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau » (cf. Jér 2.13). Mais on avait pris l’habitude de banaliser ce diagnostic, de sorte que les sacrificateurs ne servaient plus l’Éternel, les dépositaires de la Loi ne le connaissaient plus, les chefs politiques lui étaient infidèles, et les prophètes prophétisaient par de faux dieux. Le tout sous le couvert d’une piété dévoyée (cf. Jér 2.8). Or Jérémie revient sans cesse à la charge pour tenter de rattacher les malheurs du temps à leur cause première — non une quelconque fatalité, mais la décision, de la part de la majorité, de s’affranchir du Dieu de l’alliance et de courir après les dieux étrangers (Jér 2.17-25 ; 3.13 ; 31.32b, et al.). Le zèle du prophète s’épuisant en vain, l’Éternel s’interroge : « Pourquoi mon peuple dit-il : Nous sommes libres, nous ne voulons pas retourner à toi ? » (Jér 2.31b)

Hessel, en nous appelant à une action autonome affranchie de toute dépendance à l’égard du Dieu de la Bible, distille le même poison que l’impie Juda d’autrefois. Il emboîte le pas à plusieurs générations qui se sont progressivement détournées de la Lumière pour chercher ce qu’on aime par facilité (Jér 2.33) et pour suivre les penchants malsains du cœur naturel, ou ses illusions (Jér 11.8 ; 13.10 ; 16.12 ; 23.17 ; 37.9).

c. Indignez-vous !

À 93 ans, Hessel nous exhorte : Indignez-vous haut et fort…

– contre le matérialisme et l’injustice : « … le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance9, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les hautes sphères de l’État… L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important… » (p. 11, voir aussi p. 14) ;

contre ceux qui ne raisonnent qu’à court terme, dans leur intérêt immédiat : « Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. » (p. 21) ;

contre le totalitarisme : « Car là est bien l’enjeu au sortir de la Seconde guerre mondiale : s’émanciper des menaces que le totalitarisme a fait peser sur l’humanité. » (p. 15)10 ;

contre le productivisme à outrance : « La pensée productiviste, portée par l’Occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du "toujours plus", dans le domaine financier mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques11. » (p. 20, 21)

S’émanciper d’un matérialisme étouffant, de l’oppression de l’ultra-libéralisme, de la course effrénée à la production et à la consommation, du tout-économique : voilà des objectifs qui semblent d’autant plus légitimes que les failles du système sont patentes : l’Occident « chrétien » est un Titanic (ou un Costa Concordia) luxueux en perdition.

Le discours de Hessel, encore une fois, a des résonances quasi-bibliques. Que l’on se souvienne des paroles de Christ à l’égard du culte de Mammon, à l’adresse des marchands du Temple, ou des harangues de Jérémie contre les oppresseurs du peuple. Lorsqu’il s’en prend par exemple au roi de Juda et à ses acolytes : « Ainsi parle l’Éternel : Pratiquez le droit et la justice ; délivrez des mains de l’oppresseur celui qui est exploité ; ne maltraitez pas l’immigrant, l’orphelin et la veuve ; n’usez pas de violence et ne répandez pas de sang innocent dans ce lieu. » (Jér 22.3) « Malheur à celui qui bâtit sa maison en dépit de la justice, et ses chambres hautes en dépit du droit ; qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner son salaire. » (Jér 22.13) « Tu n’as des yeux et un cœur que pour ton intérêt, pour répandre le sang innocent et pour exercer une oppression écrasante. » (Jér 22.17) Voilà une indignation de feu, et engagée : Jérémie, en proférant ces paroles, court le risque de se voir exécuté sur le champ !

Discerner derrière les injustices et les crises financières de graves manquements moraux est devenu un refrain courant. Comme Hessel, le philosophe Richard David Precht, dans son ouvrage L’art de ne pas être égoïste12, reconnaît en 2012 que « l’avidité » est une cause de nos crises financières. Toutefois, il impute ensuite l’origine de ce travers à l’économie globalisée, aux échanges devenus trop rapides et anonymes. Selon lui, ce sont là les raisons qui ont conduit les gens à se comporter de manière cupide (et stupide). Precht croyant par ailleurs que nous ne sommes ni bons ni mauvais par nature, mais qu’en général nous ne supportons pas d’être pris en défaut, il garde bon espoir. Il suffirait de moraliser la vie publique, d’en faire voir les règles de bon fonctionnement et l’avantage de s’y soumettre pour infléchir les comportements dans le sens d’une évolution plus morale. La solution aux crises passerait donc par un retour à une forme de « patriotisme social », de « transformation citoyenne13 » à l’échelle de notre communauté locale. Precht, comme Hessel et tous les héritiers de 178914, ont beau jeu de tenir ce discours, car les inégalités et la corruption mettent nos démocraties de plus en plus en péril.

Leur tort n’est pas de stigmatiser les injustices, mais c’est de ne pas aller assez profond dans la recherche des racines du mal, et de la découverte du vrai remède. On est prêt à beaucoup de remises en question sociopolitiques aujourd’hui, à beaucoup de révisions déchirantes, à condition de n’établir aucun lien entre les crises et le rejet délibéré de la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Jérémie, en son temps, se voyait fréquemment confronté à des pseudo-réformes de la part des « moralistes » de Juda, car ces derniers ne manquaient pas de mettre en avant leurs plans de sauvetage. Le bilan de leurs initiatives est en réalité bien négatif : « Car du plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand, tous sont âpres au gain […] Ils soignent à la légère la blessure de mon peuple : Paix ! Paix ! disent-ils ; et il n’y a point de paix. » (Jér 6.13a,14) « Tes prophètes ont eu pour toi des visions vaines et fades ; ils n’ont pas mis à nu ta faute afin de détourner de toi la captivité ; ils ont eu pour toi la vision d’oracles vains et décevants. » (Lam 2.14) En d’autres termes, si vous prétendez vous attaquer aux vrais problèmes, il vous faut être capables et d’accord de les reconnaître, et non vous contenter, comme le fit le roi Jehojakim, d’éliminer sans honte la Parole de Dieu parce qu’elle ne flatte pas votre orgueil (Jér 36.1-26).

d. Évitez le découragement !

Hessel sait qu’on ne gagne pas la guerre d’un coup de baguette magique. La guerre se gagne d’abord sur le terrain des sentiments, des dispositions intérieures, du cœur de l’individu. Là, il faut affronter :

– l’indifférence : «…dans ce monde il y a des choses insupportables […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire "je n’y peux rien, je me débrouille". » (p. 14) ;

le défaitisme : ce défaut pousse l’individu à croire la victoire très improbable, mais Hessel admet que sur ce point il jouit d’un avantage personnel, car la nature l’a doté d’un « optimisme naturel, qui veut que tout ce qui est souhaitable soit possible… » (p. 13) ;
le désespoir : pour écarter cette tournure d’esprit, Hessel s’appuie sur J-P. Sartre (1980) : « Il faut essayer d’expliquer pourquoi le monde de maintenant, qui est horrible, n’est qu’un moment dans le long développement historique, que l’espoir a toujours été une des forces dominantes des révolutions et insurrections, et comment je ressens encore l’espoir comme ma conception de l’avenir15 . » (p. 19) Et Hessel de conclure : « Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie 16 et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer. » (p. 21)

Les pourvoyeurs d’espoir ont depuis longtemps compris qu’ils trouveraient dans notre intarissable soif de mieux le plus puissant levier (« comme l’Espérance est violente ! » disait Apollinaire dans Le Pont Mirabeau). Source étonnante de motivation et de persévérance, l’irrationnel espoir est aussi générateur des plus grandes catastrophes humaines qui soient : les chimères du IIIe Reich sont encore dans toutes les mémoires, comme celles des « paradis » communistes. L’espoir fait vivre, et parfois mourir. Certains deviennent martyrs-terroristes par espoir, et derrière la rhétorique des marchands d’espoir se cache tout un arsenal instable17 . L’espoir est hélas capable d’une obstination qui peut aller jusqu’au déni de réalité. Sinon, comment comprendre qu’une société investisse autant d’espoirs dans des capacités dont sa propre histoire lui a amplement démontré la vanité ? Non, Monsieur Hessel, tout ce qui est souhaitable n’est pas forcément possible. Il est même préférable que certains de nos vœux ne soient jamais exaucés.

Les contemporains de Jérémie avaient la démangeaison d’écouter des visionnaires démagogues, mais trompeurs parce que passant à côté de l’Espérance véritable (cf. Jér 50.7b). Ainsi en était-il des prophètes autoproclamés Hanania ou Chemaya qui juraient la fin prochaine du joug babylonien, inspirant au peuple « une fausse confiance » (Jér 28.15 ; 29.31).

Notre génération trouverait le plus grand profit à se tourner vers Dieu. Nous sommes toujours à une croisée des chemins que Jérémie décrit ainsi : « Maudit soit l’homme qui se confie en l’être humain, qui prend la chair pour son appui, et qui écarte son cœur de l’Éternel ! Il est comme un misérable dans le désert, et il ne voit pas arriver le bonheur […] Béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance (ou : la confiance, l’assurance) ! Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il ne voit pas venir la chaleur et son feuillage reste verdoyant ; dans l’année de la sécheresse, il est sans inquiétude et il ne cesse de porter du fruit. » (Jér 17.5-8). Oh ! si les crises pouvaient ramener l’Occident déboussolé vers le Dieu Sauveur, vers l’espérance indestructible du juste règne de Jésus-Christ (cf. 1 Tim 1.1) !

e. Soyez patients et compréhensifs !

Hessel sait que celui qui veut changer le monde et qui s’indigne avec passion risque de voir son zèle basculer dans la sauvagerie. Prévoyant, il assortit donc son ordre de marche de conseils de sagesse et de modération. En voici le condensé. Cultivez donc :
la non-violence : « Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. » (p. 19)
la compréhension mutuelle, la patience : « Le message d’un Mandela, d’un Martin Luther King trouve toute sa pertinence dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologies et le totalitarisme conquérant. C’est un message d’espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante. » (p. 20)
Avec Mandela et M. Luther King, nous sommes dans la droite ligne d’un Gandhi (1869-1948), d’un Jules Romains (1885-1972), d’un Lanza del Vasto (1901-1981) et de tous ceux qui prônent un avenir fondé sur le respect universel de la nature, des hommes entre eux et des différentes cultures18 . Hessel prêche une fois encore des vertus « chrétiennes » — et non des moindres. Approuvons avec lui la valeur d’un comportement empreint de retenue et de considération, de volonté d’écoute et de service mutuel.
Mais ces vertus n’auront de vie que si d’abord nous nous laissons saisir par le Prince de la vie. C’est pourquoi Jérémie, loin de préconiser des traitements palliatifs à son peuple en crise, les enjoint au nom de Dieu : « Revenez, enfants rebelles, car c’est moi votre maître ! » (Jér 3.14 ; Es 3.14 dit : « Convertissez-vous et revenez ! » Revenir et se convertir sont ici synonymes.) Le prophète ajoute un peu plus tard : « Revenez, fils rebelles, je vous guérirai de vos inconstances (ou : je pardonnerai vos infidélités) ! » (3.22) Voilà dans nos temps la priorité en matière de lutte contre les crises. Car en effet, comment manifester une patience et une compréhension mutuelle authentiques si nous ne nous sommes jamais convertis à Jésus-Christ ? Si nous ne sommes jamais venus à Dieu dans la repentance, dans la foi, et dans l’acceptation de sa souveraineté sur nos vies ? Si Dieu n’a pas fait de nous de nouvelles créatures par le don du Saint-Esprit ? La nature humaine ne peut par elle-même « dépasser les conflits » qu’elle engendre et attise sans fin.
Du reste, comment agirions-nous en vrais amis de notre prochain sans éprouver ni respect ni admiration pour l’Homme par excellence, Jésus-Christ ? Que valent notre justice et notre gentillesse si nous n’avons pas foi dans le Serviteur frappé à notre place pour nous accorder la vie éternelle, si nous ne sommes pas en communion avec lui par sa Parole et par son Esprit ?

Et si l’indignation de Dieu était salutaire ?

En parcourant en parallèle l’opuscule de Stéphane Hessel et le livre de Jérémie, nous avons désiré rappeler l’insuffisance d’une compréhension à courte vue des crises qui secouent notre monde. Nous désirons surtout souligner qu’il y a mieux que d’échapper à l’inconfort de tel ou tel coup dur de l’existence : c’est d’entendre le langage et l’appel de Dieu cachés dans notre souffrance. À l’époque de Jérémie, bien des avis s’exprimaient sur les périls du moment et leurs remèdes. Le prophète chargé de transmettre la pensée de Dieu fut rejeté par ses voisins, par sa famille, par les chefs religieux, par ses amis, par tout le peuple, par les ministres et par le roi. Son vœu le plus profond restait de voir son peuple échapper à la ruine et retrouver sa place devant Dieu. Ce vœu ne fut jamais exaucé. Sa mission lui pesait au point qu’il fut parfois terrassé par un découragement et une perplexité extrêmes. Pourtant, son témoignage ouvrait grand la porte à la repentance et à une possibilité de pleine restauration spirituelle. À travers Jérémie, Dieu plaidait pour éclairer à nouveau son peuple, pour le ramener à sa véritable vocation, pour l’arracher à ses ennemis, et pour le bénir. Dieu n’agit-il point ainsi en nos temps, puisque le message du salut, de la grâce et de la rédemption complète en Jésus-Christ est encore proclamé ?

Simultanément, « les signes des temps » ne trompent pas, ils sont graves : l’heure n’est pas aux demi-mesures spirituelles. Un peu d’indignation, un peu de morale, un peu de religiosité, un peu de tolérance, et des consensus planétaires ne suffiront pas à endiguer les débordements de méchanceté et d’impureté de notre génération. La seule « sortie de crise » sérieuse a été offerte et exposée au monde entier. Y aura-t-il encore des hommes avisés pour en profiter ? Du temps de Jérémie en tout cas, il s’en est trouvé quelques-uns19 . Serons-nous de ceux qui discernent qu’aucun message n’est comparable à l’Évangile pour libérer les cœurs de l’esclavage du mal, pour asseoir une ferme espérance et pour surmonter les crises ?

1 Indigène éditions, 34080 Montpellier France, 11e édition, janv. 2011. Hessel l’a complété depuis par deux autres opuscules : Le chemin de l’espérance (sept. 2011) et Engagez-vous (déc. 2011).
2 Le positivisme, fondé par Auguste Comte (1798-1857), évolua d’une philosophie scientiste vers une forme de religion dont la devise était : « L’Amour pour principe, l’Ordre pour base et le Progrès pour but. »
3Hessel dit avoir été un « fervent disciple du philosophe Hegel » (p. 13).
4 Plus loin S. Hessel refuse cependant de restreindre l’idée de progrès à ses composantes technologique, productiviste et consumériste. Il inclut dans le progrès une dimension morale et écologique.
5Jérémie le rappelle aussi : « Ainsi parle l’Éternel […] : C’est moi qui ai fait la terre, les hommes et les bêtes qui sont à la surface de la terre, par ma grande puissance et par mon bras étendu, et je donne la terre à qui cela me plaît. » (Jér 27.4b,5 ; cf. 32.17 ; 33.2)
6 Dieu lui-même revendique cette prérogative, aussi bien en ce qui concerne ses jugements (Jér. 11.8b ; 23.20 ; 25.13 ; 30.23,24) que ses desseins de grâce (Jér 29.10-14) L’annonce du retour d’exil est une préfiguration du salut d’Israël à la fin du « temps des nations », et une image de la rédemption des hommes perdus mais prêts à revenir à Dieu dans la repentance et la foi. Jérémie 18.1-17 résume bien les deux réalités de la sévérité et de la bonté de Dieu (cf. Rom 11.22).
7 C’est le Dieu de la Bible aussi qui est visé par cette « liste noire ». Tendance dans l’air du temps : sous prétexte de neutralité laïque, on cherche aujourd’hui à biffer toute référence à Dieu des chartes politiques (au niveau de l’Union européenne ou au niveau des nations de l’Ouest), à vider les fêtes chrétiennes de leur substance dans les écoles, dans les administrations, dans les entreprises, etc.
8 L’Illustré, 02/2012, p. 54, 56.
9; La Résistance française pendant la Seconde guerre mondiale, bien sûr
10 Le seul gouvernement« totalitaire » que Hessel dénonce avec persistance et véhémence, c’est celui d’Israël, État dont il conteste l’existence même. Étrange de la part d’un homme dont le père juif est mort victime de l’hitlérisme. Indignez-vous contient quelques pages (p. 17, 18) contre la politique israélienne à l’égard des Palestiniens. Hessel y stigmatise sans nuances l’opération militaire Plomb durci contre Gaza et le Hamas (2008-09). Il maintient ses positions jusqu’à ce jour (voir son livre Le rescapé et l’exilé, Éd. Don Quichotte, Paris, mars 2012), mais semble ignorer que R. Goldstone s’est rétracté, en avril 2011, sur le rapport accusateur qu’il avait établi pour le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Par ailleurs, Hessel est d’ordinaire très discret sur les violations des droits de l’homme dans d’autres pays notoirement oppresseurs (Syrie), ou sur les persécutions des chrétiens en terre d’islam. Nous avons volontairement laissé de côté ces « particularités » de la pensée hessélienne pour ne pas allonger.
11 Sur plusieurs de ces points, Hessel s’accorderait avec Denis de Rougemont, un des concepteurs de la construction européenne d’après-guerre (voir L’avenir est notre affaire, Ex Libris, Lausanne et Zürich, 1977).
12 Editions Belfond, Collection Esprit Ouvert, Paris, janvier 2012.
13 Ce qu’un conseiller en gestion environnementale, Michel Stevens, appelle le « principe de responsabilité civile universelle », clé supposée de la lutte contre le réchauffement climatique (cité dans Le Temps, no 4260, 22 mars 2012).
14 Parmi tous les « moralistes » actuels qui me semblent entrer dans cette catégorie, je mentionnerai A. Comte-Sponville, grand lecteur des stoïciens et de Spinoza (voir Le bonheur désespérément, Éditions Librio, Paris 2009), et Jules Ferry, qui admet que toute philosophie est une forme de salut par soi-même, sans l’aide de Dieu (Apprendre à vivre, Paris, Plon 2006, p.90).
15 J-P. Sartre, « Maintenant l’espoir… (III) » in Le Nouvel Observateur, 24 mars 1980.
16 …du XXIe siècle.
17 A. Camus en a bien souligné la dangereuse absurdité dans L’homme révolté (NRF Gallimard, 1968, p.182-291). Camus constate que le terrorisme comme arme politique ou idéologique est en réalité une hideuse manière pour l’homme de démontrer ce dont il est capable lorsqu’il se prend pour Dieu.
18 Ce « respectdes autres » entraîne aujourd’hui l’exclusion de ceux qui s’opposent au « politiquement correct » (du moins dans nos pays dits « avancés »). Ainsi, les chrétiens qui s’indignent de l’emprise des lobbies homosexuels ou pro-avortement seront vilipendés et parfois poursuivis comme des intolérants de la pire espèce… 19
19 Parmi ceux-ci : le roi Josias ;Baruch, le secrétaire de Jérémie ; Ébed-Mélek, le chambellan éthiopien ; Achikam, prince de Juda et quelques anciens ; Nebuzaradan, chef des gardes chaldéens ; les Récabites ; et même Nébucadnetsar (Jér 39.12,13 ; cf. Dan 2.47 ; 3.28-33 ; 4..31-34 ; 5.21. Un homme revêtu d’une grande autorité politique doit à plus forte raison se courber sous l’Autorité divine qui le préserve de la démesure et inspire ses décisions).

Source : http://www.promesses.org/arts/181p03.html

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GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

Ésaïe 6 : 1-13

Philip Nunn

Philip Nunn a travaillé de 1992 à 2007 en Colombie comme missionnaire. À ce titre, il a été très impliqué dans l’implantation de plusieurs nouvelles assemblées chrétiennes. Toujours en contact avec la Colombie, il vit aux Pays-Bas, à Eindhoven, où il s’est établi. Il a aujourd’hui principalement un ministère d’enseignement, dont une partie est disponible en ligne en différentes langues : www.philipnunn.com.

Le chapitre 6 du livre d’Ésaïe raconte une expérience remarquable qui a changé la vie du prophète. Cette rencontre bouleversante avec Dieu a eu lieu « l’année de la mort du roi Ozias » (6.1). Ce détail nous aide à situer cet épisode extraordinaire de la vie d’Ésaïe au cours de l’année 740 avant notre ère, mais plus que cela, il nous aide à en comprendre le contexte. Quelle est la signification de la mort du roi Ozias ?

La vie du roi Ozias est retracée en 2 Chroniques 26. Il « était âgé de seize ans lorsqu’il commença de régner ; et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem ; […] Et il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel […] Et il rechercha Dieu pendant les jours de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu1 ; et pendant les jours où il rechercha l’Éternel, Dieu le fit prospérer » (26.3-5). La nation toute entière profita de ses succès, jouissant de la paix, d’une bonne renommée vis-à-vis du monde, et de prospérité matérielle. Il était particulièrement admiré à cause de sa puissance militaire : « Ozias avait une armée pour faire la guerre […] Et il fit à Jérusalem des machines, inventées par des ingénieurs, pour être placées sur les tours et sur le haut des remparts, pour lancer des flèches et de grosses pierres. Et son renom s’étendit au loin ; car il fut merveilleusement aidé. » (26.11-15)

Essayez de vous représenter ce que furent ces 52 années de paix, de stabilité et de prospérité. Dans le royaume de Juda, il n’y avait personne de moins de 55 ans qui savait ce qu’avait été la vie avant le roi Ozias. Mais ces années de normalité se sont achevées. Le roi Ozias a péché, il a été frappé de lèpre, et puis il est mort. Nous pouvons presque sentir la tension qui régnait : que va-t-il se passer maintenant ? Qui va conduire le peuple ? Les ennemis vont-ils nous envahir ? C’était une année de crise nationale. Et dans cette période de crise, « l’année de la mort du roi Ozias », le Seigneur Dieu a choisi d’appeler, de purifier et d’envoyer le prophète Ésaïe.

Nous sommes également confrontés à des situations de crise. Ce peut être une crise familiale du fait d'un problème de santé, d’un divorce ou d’un décès. Des crises nationales ou globales peuvent également nous affecter personnellement, qu’elles aient trait au terrorisme, au chômage, ou aux marchés financiers instables. Nous pouvons traverser des crises quant à notre foi, lorsque nous nous bagarrons contre de nouveaux doutes, lorsque nous pensons à nos prières restées sans réponse ou lorsque nous affrontons un conflit dans notre église locale. Une période de calme relatif vient de s’achever, et l’avenir nous semble si incertain. La manière dont Dieu a agi envers Ésaïe nous enseigne qu’il peut utiliser ces moments douloureux et difficiles. Dans la main de Dieu, les périodes de crise sont une opportunité de croissance personnelle.

1. En période de crise, recherchez le Seigneur

Lorsque survient la crise, certaines personnes sont comme paralysées, que ce soit de crainte ou du fait du choc. D’autres, cependant, deviennent hyperactifs, recherchant une solution rapide en courant d’un point à un autre. Qu’a fait Ésaïe ? Il aurait pu se joindre à une délégation se rendant dans un pays voisin pour signer un accord de paix. Il aurait pu entamer des discussions avec l'armée puissante. Il aurait pu essayer de monter son propre parti politique « religieux ». Dans ce premier verset, nous ne trouvons Ésaïe ni dans le palais ni sur la place du marché, mais dans le temple. En période de crise, il a recherché le Seigneur.

Le Seigneur est heureux de l’y voir, et le récompense en lui donnant une vision très importante. Ce n’est pas la vision d’un avenir millénaire paisible. Ce n’est pas la vision de la destruction des ennemis. Non ! Dieu sait exactement qu’Ésaïe a besoin de la vision de Dieu lui-même : « Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. » (6.1) Le Seigneur ne s’agitait pas. La crise ne l’avait pas pris par surprise. Il ne courait pas d’un point à un autre. Le Seigneur était calme. Il était assis. Ésaïe avait besoin de constater cela. Et nous aussi. Le Seigneur était assis sur un trône, qui parle de son autorité, un trône haut et élevé. Au fur et à mesure qu’Ésaïe saisissait ce qu’il voyait, son esprit trouvait le repos. La crise ouvrait la porte sur un avenir incertain pour Juda. Mais pour Ésaïe, le fait de voir Dieu l’a rempli d’une confiance paisible. Sachant que l’avenir est dans les mains de Dieu, il a pu ensuite écrire : « Voilà la résolution prise contre toute la terre, voilà la main étendue sur toutes les nations. L’Éternel des armées a pris cette résolution : qui s’y opposera ? Sa main est étendue : qui la détournera ? » (És 14.26-27, Segond) Pour rester calme dans les moments de crises, et confiants dans l’avenir, nous avons également besoin d’une vision réaliste et renouvelée de Dieu.

2. En période de crise, regardez-vous en face

En dirigeant les yeux vers le Seigneur, Ésaïe a vu deux séraphins qui volaient au-dessus de son trône. Il les entendait s’interpeller l’un l’autre : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! » (6.3) Et pour compléter cette expérience impressionnante, « les fondements des seuils étaient ébranlés (…), et la maison était remplie de fumée. » (6.4) Dieu a de nombreux attributs merveilleux. Il est amour. Il est fidèle. Il est tout puissant. Mais le seul de ses attributs qui soit répété trois fois est celui-ci : il est saint. La répétition est utilisée pour l’emphase. Ésaïe a compris le message. Ses yeux ont quitté le Seigneur pour se tourner vers lui-même. Le contraste était douloureusement évident. « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures (…) » (6.5). Une crise nous procure l’occasion de nous rapprocher du Seigneur. Et en le faisant, nous nous rendons douloureusement compte de notre propre insuffisance.

Avant la crise, nous disons avec joie que notre avenir est dans les mains de Dieu. Mais lorsqu’elle nous frappe, lorsque nos économies s’envolent, lorsque nous perdons notre emploi, lorsque nous avons des ennuis de santé… notre avenir ne nous semble plus du tout rassurant. Il est peut-être plus facile de faire confiance au Seigneur lorsque nous nous sentons en confiance, en sûreté et aux commandes de notre vie. La crise brise notre sécurité factice. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa propre petitesse, afin de lui révéler sa grandeur. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa nature pécheresse, afin de lui révéler sa sainteté.

La crise que vous traversez est également une invitation à vous approcher du Seigneur, puis à vous regarder de manière réaliste. Une crise est dans les mains du Seigneur un outil pour nous réveiller d’une routine religieuse confortable, pour révéler le mensonge de notre manière de penser, pour nous aider à discerner nos priorités mondaines. Au lieu d’essayer de rejeter le blâme sur les autres du fait de leur implication dans la crise que vous traversez, regardez en vous-même dans la présence de Dieu. Peut-être y a-t-il quelque chose à corriger. Peut-être avez-vous vous aussi des « lèvres impures » !

3. En période de crise, essayez d’écouter

« Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché. » (6.6-7) C’était là une action symbolique. L’autel représente probablement l’œuvre de Christ, puisque le pardon et la purification sont habituellement associés à la mort en sacrifice de notre Seigneur Jésus-Christ. « Christ (…) s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs. » (Héb 9.28) Pouvez-vous vous représenter l’effet de charbons ardents touchant vos lèvres sensibles ? Je suis certain qu’Ésaïe n’a jamais oublié ce moment douloureux. Les cicatrices et les souvenirs étaient là afin qu’il n’oublie jamais cette réalité passée : des lèvres impures. Nous avons également besoin de nous souvenir d’où nous venons. Sans le rappel de notre propre insuffisance et de sa suffisance, nous manquerons de grâce dans nos rapports avec les autres. Le Seigneur veut utiliser les lèvres d’Ésaïe, alors il commence par les brûler.

Ésaïe est maintenant purifié et attentif, en présence du Seigneur. Il est désormais prêt à écouter. « Et j’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » (6.8) C’est tellement facile d’avoir nos propres idées, nos propres plans, nos propres opinions, nos propres solutions. Et lorsque notre esprit est occupé de nos propres idées, opinions et solutions, c’est tellement difficile d’écouter le Seigneur : sa douce voix est étouffée dans notre chaos intérieur. Mais si nous voulons tirer profit de cette crise, si nous voulons grandir en la traversant, nous devons remettre toutes nos initiatives au Seigneur et essayer d’écouter sa voix. Ésaïe appliqua plus tard ce principe au peuple tout entier : « Malheur aux fils qui se rebellent […] pour former des desseins, mais non de par moi, et pour établir des alliances, mais non par mon Esprit, afin d’ajouter péché sur péché ! » (30.1) « Cependant l’Eternel désire vous faire grâce, et il se lèvera pour vous faire miséricorde ; car l’Eternel est un Dieu juste : heureux tous ceux qui espèrent en lui ! […] Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! » (30.18,21, Segond) Le Seigneur peut choisir de parler par l’intermédiaire de conseils d’amis, par sa Parole, par les circonstances, par un rêve, le Seigneur tout puissant choisit le moyen. De notre côté, soyons comme Ésaïe et Samuel, prêts à entendre : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ! » (1 Sam 3.9)

4. En période de crise, soyez ouvert au changement

Lorsque Ésaïe a répondu au Seigneur « me voici, envoie-moi » (6.8), je me demande à quoi il s’attendait de la part du Seigneur. Pensait-il que le Seigneur allait l’envoyer pour oindre un nouveau roi, comme Samuel le fit avec David presque 300 ans auparavant ? A-t-il flirté avec la possibilité que le Seigneur le nomme en tant que nouveau roi ?

Imaginait-il que le Seigneur allait l’utiliser, comme Moïse, pour sortir le peuple de Dieu de cette crise et le mener dans un nouveau pays quelconque ? Le Seigneur n’a pas demandé à Ésaïe : « Qu’as-tu envie de faire ? » Il lui a dit au contraire : « Va, et dis à ce peuple : En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez pas, et en voyant vous verrez et vous ne connaîtrez pas. » (6.9) Le Seigneur savait ce qu’il fallait faire. Nous pouvons avoir nos préférences, mais lorsque nous disons au Seigneur : « Je suis à toi. Me voici, utilise-moi », nous devons être ouverts à sa réponse. Avant la crise, les amitiés, la famille, l’église, les études, le travail, la santé et les finances s’inscrivaient dans un cadre « satisfaisant ». Un changement radical ne semblait pas nécessaire. Vous pensiez peut-être qu’il n’y avait besoin que de réajustements mineurs. Comprenez que les périodes de crises peuvent aussi être des périodes de changement. La vie d’Ésaïe a

Il est important de remarquer que ce n’est pas la crise elle-même qui a changé Ésaïe. La crise nous donne une opportunité de stopper ce qui semble normal, de nous rapprocher du Seigneur, de nous purifier, d’écouter. Et lorsque nous faisons cela, nous pouvons sentir le Seigneur nous appeler à changer. Il peut nous conduire dans la poursuite fidèle de nos travaux. Ou comme Archippe, nous avons mélangé les priorités, et nous sommes désormais appelés à prendre garde au service que nous avons reçus du Seigneur, afin de l’accomplir (Col 4.17). Mais le Seigneur peut également ouvrir une fenêtre pour nous montrer une nouvelle direction, un nouveau service, un nouvel appel. Ésaïe a reçu un ministère prophétique difficile. Le peuple auquel il devait s’adresser était endurci. S’il avait regardé au « succès » et aux résultats visibles, il n’aurait pas tenu longtemps. Ce ne sont pas les crises et les difficultés en elles-mêmes qui doivent nous dire quand nous arrêter. Lorsqu’il a été envoyé, Ésaïe a demandé : « Jusques à quand, Seigneur ? Et il dit : Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, de sorte qu’il n’y ait pas d’habitants (…), que l’Éternel en ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande au milieu du pays. » (6.11-12) Chaque activité sous le soleil est temporaire, y compris les activités chrétiennes telles que les écoles, les hôpitaux, les orphelinats, les organisations missionnaires, les orchestres, les magazines chrétiens… et mêmes les églises locales. Comme Ésaïe, nous devons également demander : « Jusques à quand, Seigneur ? » C’est à lui de déterminer le commencement et la fin. Poursuivre lorsqu’il a dit d’arrêter n’est pas de la fidélité. C’est de la désobéissance. S’arrêter lorsqu’il dit d’avancer, c’est aussi de la désobéissance. Une crise peut suggérer un changement, mais ne commencez, ne terminez ou ne changez rien sans certitude que le Seigneur vous parle.

Des crises qui font croître

Votre vie a peut-être pris un virage étrange et difficile récemment. Vous vous demandez parfois pourquoi le Seigneur utilise un outil aussi émoussé et douloureux. Dieu se sert des périodes de tourmentes intérieures pour nous encourager à nous rapprocher de lui, pour nous purifier, pour parler à notre cœur. Considérez la crise que vous traversez comme une opportunité de grandir. Le Seigneur est toujours assis sur son trône, haut et élevé. Il contrôle toujours toutes choses. Choisissez de vous rapprocher de lui, choisissez de vous purifier, choisissez d’écouter sa voix, choisissez de croître par le moyen de cette crise. Et bientôt, comme un témoignage, vous allez pouvoir chanter avec beaucoup d’autres : « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi. Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais ; car en Jah, Jéhovah, est le rocher des siècles. » (És 26.3-4)

1 La version anglaise NIV utilisée par Ph. Nunn dit : « qui l’instruisit dans la crainte de Dieu ». Dans l’article traduit en français, c’est la version Darby qui est utilisée, sauf mention contraire.

Source : http://www.promesses.org/arts/181p07

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Vous êtes toujours en construction !

19 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Vous êtes toujours en construction !

Vous êtes toujours en construction !

Vendredi 18 mars 2016

“Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...”

1 Jean 3.2

Peut-être pensez-vous que votre vie est en piteux état ! Ecoutez Jean : “Vraiment, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...” Vous êtes-vous promené à proximité d’un chantier de construction ? Le chantier, vous le voyez, n’est-ce pas, mais où se trouve la construction ? Encore à l’état de projet, puisque le bâtiment qui s'élèvera ici un jour “n’a pas encore été manifesté”. Pourtant peu à peu, sous l’œil avisé de l’architecte, les murs monteront, les poutres se mettront en place, les tas de sable, de gravier et de ciment du chantier formeront les hourdis et le bâtiment prendra forme. Aujourd’hui votre vie vous paraît lamentable. Mais si l’église de Christ fait le travail qu’Il lui a imparti, elle devrait regorger de gens tels que vous, des gens qui sortent tout juste de situations impossibles, des gens dont la vie a besoin d’être restaurée. Aucun bébé ne naît propre et tout emmailloté ! Naître est une affaire sale, sanguinolente et douloureuse ! La bonne nouvelle c’est que vous êtes “né de nouveau” spirituellement, que vous êtes devenu un chantier en construction et qu’un plan ou une destinée ont été établis pour diriger votre vie future.

Les choses se mettront en place peu à peu. N’oubliez pas que le jour où Christ entre dans votre vie, si votre esprit est changé instantanément par Son intervention, vos émotions, vos goûts, vos attitudes ont besoin d’être modifiés, et tout cela nécessitera des années de restauration ! La vie de chacun regorge de coins secrets qui ont besoin d’être analysés, modifiés et reconstruits. En attendant, nous continuons à nous battre avec nos appétits charnels et à lutter contre des influences divergentes. Ceux qui affirment : “Si vous étiez vraiment devenu chrétien, vous n’agiriez plus ainsi !” semblent avoir oublié que tomber fait partie de l’apprentissage essentiel de l’enfant qui essaye de marcher. Même si vous savez que vous ne devriez pas faire telle ou telle chose, cela ne veut pas dire qu’il sera facile de vous en détourner. Mais Dieu est à l’œuvre en vous. Vous êtes “un chantier” qu’Il n’abandonnera jamais.

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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Assumez vos responsabilités !

19 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Assumez vos responsabilités !

Assumez vos responsabilités !

Samedi 19 mars 2016

Romains 14.12

“Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même.”

Saviez-vous que sur le bureau du Président Harry Truman se trouvait une plaque où étaient gravés ces mots : “L’ultime responsabilité s’assume ici !” ? Autrement dit Truman devait assumer toute décision, ne pouvant rendre personne d’autre responsable en cas d’erreur. Adam n’avait certes pas gravé ces mots sur un rocher du jardin d’Eden ! Pris en faute pour avoir désobéi à Dieu, sa première réaction fut de dire à Celui-ci : “La femme que Tu m’as donnée, c'est elle qui m'a donné ce fruit, et j'en ai mangé” (Genèse 3.12). Il aurait pu tout aussi bien dire : “C’est la faute de cette femme, mais aussi la Tienne puisque c’est Toi qui me l’a donnée !” Pourtant Dieu lui avait confié le rôle primordial de gérer Sa création et lui avait procuré une assistante et compagne. Croyant pouvoir se disculper Adam donna l’impression à Dieu qu’il avait été trompé par Eve et qu’il n’était pas vraiment responsable de cette faute. Néanmoins nous lisons que “son mari était avec elle” (Genèse 3.6). Au cours de la conversation entre Eve et le serpent il était demeuré silencieux, complice à part entière de la désobéissance à l’ordre divin.

La Bible nous enseigne que chacun est responsable de ses propres fautes. Dieu ne punit pas les enfants pour les péchés de leurs parents et vice-versa (Ezéchiel 18.20). Nous sommes donc tous libres de nos choix et devons en assumer les conséquences, mais pas celles des choix de nos parents ou de nos enfants. D’un autre côté toute liberté implique des responsabilités. Dès l’instant où un être humain accepte un rôle particulier il doit en assumer la responsabilité. Parents, si vos enfants sont des bénédictions que Dieu vous a apportées, vous êtes responsables néanmoins de leur bien-être. Vous devez les aimer, les aider, les conseiller, les discipliner parfois. Maris, si vous avez choisi de vous marier, vous devez assumer la responsabilité du bien-être de votre femme. Chrétiens, si vous avez choisi la libération du joug de Satan et embrassé la liberté des enfants de Dieu, vous devez assumer la responsabilité attachée à votre nouveau rôle. Quel est-il ? “De toutes les nations faites des disciples... leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit” (Matthieu 28.19). Assumez vos responsabilités !

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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La discipline spirituelle

16 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La discipline spirituelle

La discipline spirituelle

Mercredi 16 mars 2016

“Prends garde à ta manière de vivre autant qu’à ta doctrine...’’

1Tim 4.16

Parler de discipline spirituelle ne va pas très loin, surtout si vous considérez davantage la conduite et la doctrine des autres. Il est facile de penser qu’ils ont besoin de faire preuve de discipline alors que vous pouvez vous en dispenser ! Comprenez ceci : vous imposer une discipline spirituelle vous en coûtera, sera rarement agréable, vous éloignera du regard des autres et du feu des projecteurs, tout en vous forçant à faire preuve d’humilité. Personne n’aime l’idée de s’imposer une discipline quelconque. Chaque jour vous devrez examiner votre conduite, votre manière de vous exprimer, les relations que vous entretenez et les choix que vous devez faire, puis apporter les modifications nécessaires. Promettre de changer ne coûte pas grand-chose. Personne ne vous applaudira, car la discipline spirituelle s’impose dans le secret. S’enorgueillir est facile, mais l’obéissance se développe toujours dans l’ombre. Vous devrez apprendre l’humilité un peu plus chaque jour.

Vous aurez parfois l’impression d’avoir accompli quelques progrès dans cette direction avant de vous rendre compte le lendemain que votre nature rebelle essaye de reprendre le dessus. La victoire est affaire de persévérance. Vous devez vous battre pour “rester dans la course”. Veiller à votre manière de vivre ou de vous exprimer tout en maintenant votre foi et votre intégrité enrichira certes votre relation avec Dieu et vous procurera une joie profonde, mais ne vous attendez pas à vivre une partie de plaisir ! Paul a écrit : “Je cours de toutes mes forces vers la ligne d’arrivée. Je refuse de m’accorder le moindre repos, la moindre facilité. Vous ne me surprendrez jamais en train de tirer au flanc ! Je tiens à rester en pleine forme et l’esprit aux aguets. Si j’encourage les autres à courir en y mettant tout leur cœur, ce n’est pas pour me laisser aller moi-même et chuter avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée !” (1 Corinthiens 9.26-27

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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Le secret perdu de l’Église primitive

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

 Le secret perdu de l’Église primitive

Le secret perdu de l’Église primitive

par W. H.Pethybridge

Tout cela s’est accompli sans l’aide des moyens dont nous disposons aujourd’hui, même sans Bibles imprimées. Cependant, de nos jours, malgré le concours de la radio, de la télévision, des disques, des moyens de transport multipliés, de l’éducation moderne, etc., nous sommes dépassés par l’avance du paganisme. L’Église primitive possédait-elle un secret que nous avons perdu aujourd’hui? En étudiant le Nouveau Testament. on voit que les premiers chrétiens, tout en prêchant le même message, utilisaient une méthode différente qui, à première vue, semblerait beaucoup moins bonne que la nôtre, mais qui, en fait, donnait des résultats bien supérieurs. D’aucuns diront: "Le réveil, voilà le secret!" et il est vrai que nous en avons besoin. Cependant, en étudiant l’histoire des réveils, on constate que même s’ils ont atteint et parfois dépassé l’ampleur de la Pentecôte, on n’a jamais pu conserver ni étendre la bénédiction comme l’a fait l’Église primitive. Peut-être Dieu retarde-t-il l’heure du réveil jusqu’à ce que nous ayons redécouvert ce secret et que nous le mettions en pratique.

Trois faits sont évidents:

1) Le ministère du Saint-Esprit avait priorité sur tout enseignement humain.

2) Les rassemblements des croyants se faisaient dans des maisons privées et non pas dans des édifices spéciaux.

3) On enseignait aux fidèles à se considérer comme membres du corps de Christ et non pas comme de simples croyants pris individuellement. Examinons ces trois points en détail.

1. Le ministère de l’Esprit

Si l’on étudie avec soin les chapitres 13 à 17 de l’Évangile de Jean, on y entend le Seigneur Jésus dire à ses disciples que, malgré tout l’enseignement qu’Il leur avait donné, il leur manquait encore une connaissance vitale qui leur serait apportée par ce nouveau Pédagogue invisible, qu’Il leur enverrait, et qui prendrait sa place, le Saint-Esprit. "Quand il sera venu, l’Esprit de vérité vous conduira dans toute la vérité" (Jean 16: 13). Et cela ne concernait pas seulement les apôtres, mais tous les croyants. Nous en avons la preuve dans 1 Jean 2 versets 20, 24 et 27, où l’on voit que chaque croyant a reçu une onction (le Saint-Esprit) qui lui enseigne toutes choses (en dehors de toute intervention humaine). Ceci ne veut pas dire que l’enseignement divin ne puisse pas nous atteindre par l’intermédiaire d’un canal humain, mais l’accent était toujours mis sur la Source plutôt que sur le canal, ce qui est très important. Le fait est que le divin Pédagogue vient demeurer dans chaque croyant sitôt après sa conversion.

2. Le lieu de rassemblement selon la Bible

Une étude sérieuse des Actes et des Épîtres nous révèle que les premiers chrétiens n’avaient de réunions régulières que dans des maisons privées. Il est vrai qu’ils utilisaient encore le temple de Jérusalem pour leur "témoignage public", mais "ils rompaient le pain dans leurs maisons" (Actes 2: 46) et plus de vingt fois nous les trouvons réunis pour le culte dans la maison d’un croyant. Quatre fois nous lisons "l’église qui est dans ta maison" (Rom. 16: 5, 1 Cor. 16: 19, Col. 4: 15, Phil. 2).

À première vue, il semblerait que des réunions d’église dans des maisons privées aient une portée beaucoup plus restreinte que la méthode moderne de se réunir dans des lieux publics appelés "églises" ou "chapelles". Mais, en étudiant les choses de plus près, on découvre plusieurs avantages évidents:

a) Dans un petit groupe se réunissant dans l’intimité d’un foyer, il est possible de se connaître l’un l’autre et les rapports mutuels sont plus affectueux et moins formalistes.

b) Quand le nombre des participants est restreint, chacun peut prendre une part active à la réunion et ainsi tout le corps de Christ présent peut fonctionner harmonieusement.

c) On évite les gros frais qu’entraînent la construction et l’entretien de lieux de culte publics et ces sommes peuvent alors être utilisées pour des croyants pauvres et pour l’œuvre missionnaire.

d) Quand le groupe devient trop important pour une seule maison, on peut le subdiviser dans deux foyers distincts et ces deux groupes pourront à leur tour se subdiviser eux-mêmes. Ainsi l’Église s’accroît et s’étend plus vite et sur une superficie plus vaste.

e) En tenant les réunions dans des maisons privées, on évite ce formalisme provenant de ce que l’on se croit obligé d’être bien habillé pour aller entendre tel prédicateur à tel endroit.

f) Exercer un ministère dans ces petits groupes évite à ceux qui en sont chargés de tomber dans le piège de l’orgueil qui ruine souvent l’œuvre de Dieu s’accomplissant dans de grands édifices et au milieu de vastes congrégations.

g) L’existence d’un édifice particulier implique souvent l’idée d’une personne spéciale comme ministre responsable de la communauté, ce qui conduit ainsi au "ministère unique" et empêche le libre exercice du sacerdoce de tous les croyants.

h) Si une "église de maison" s’éteint, il ne subsiste aucun organisme mort à entretenir avec tout ce que cela comporte comme engagements d’ordre spirituel, financier et social.

On sait que pendant les deux premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Église n’a jamais possédé de bâtiments qui lui appartiennent en propre et que, lorsque cela devint le cas, l’art de l’exhortation a dégénéré et a été remplacé par l’habitude de donner des commandements.

Bien des groupes ayant commencé à se réunir dans des maisons privées et qui, par la suite, sont devenus des organisations importantes et connues, ont perdu de leur spiritualité lorsqu’ils se sont installés dans des édifices spéciaux. Ceci ne s’est pas produit instantanément, car un édifice spécial n’est pas un péché en soi mais souvent un effort sincère pour glorifier Dieu, mais qui en définitive apporte plus d’inconvénients que d’avantages.

3. Membres les uns des autres

On enseignait aux croyants de l’Église primitive à ne pas se considérer simplement comme un ensemble d’individus sauvés mais comme des membres actifs du corps de Christ. Ce n’était pas seulement l’ensemble de tous les croyants qui formaient "le seul Corps" (universel) mais chaque groupe agissait localement comme le Corps. Dans chacun des trois textes faisant mention du corps de Christ (Rom. 12, 1 Cor. 12 et Éph. 4), il n’est point parlé d’un seul homme qui conduirait tout le groupe, mais chacun est présenté comme possédant un don spirituel et ayant la responsabilité de faire part de ce don au reste de l’église locale, de sorte que chaque croyant est considéré comme ayant un don ou un ministère à exercer en faveur des autres.

Des recherches récentes dans le domaine de l’éducation ont montré qu’on apprend peu en écoutant simplement, mais que lorsque nous essayons de faire part aux autres de ce que nous avons appris, nous commençons alors vraiment à maîtriser notre sujet. Ceci nous montre la sagesse de Dieu dans son plan pour l’Église, qui n’est pas vue comme une grande congrégation de gens qui écoutent, mais comme un petit corps dont les membres apportent l’un à l’autre ce qu’ils apprennent du Saint-Esprit.

Le tableau que nous avons donc de l’Église primitive est très simple mais plein de vie. Chaque fois que "deux ou trois" chrétiens se réunissaient au nom de Jésus, ils s’attendaient à trouver la présence de leur Seigneur, qui une fois a été crucifié, mais qui maintenant est ressuscité. Ils s’attendaient aussi à ce que le Saint-Esprit opère en chacun d’eux afin de partager entre eux ce qui leur avait été ainsi révélé. "Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse" (Col. 3: 16). Selon que l’Esprit opérait au milieu d’eux, l’un des neuf dons de l’Esprit mentionnés en 1 Cor. 12 (ou chacun de ces neuf dons) pouvait se manifester par l’un ou l’autre suivant la volonté de l’Esprit. Chacun était édifié par son propre don particulier alors que ceux qui écoutaient étaient bénis également.

Au fur et à mesure que chaque groupe se subdivisait, formant un nombre plus ou moins élevé d’églises de maisons, celles-ci maintenaient la communion entre elles. L’ensemble de tous ces petits groupes dans une même ville formait "l’Église de Dieu d’Éphèse" ou de n’importe quel autre endroit.

Cependant aucun groupe ne devait s’immiscer dans l’administration d’un autre, le Seigneur étant la tête de chacun d’eux et agissant au milieu de chacun d’eux comme Il lui plaisait. Ils avaient liberté de s’exhorter les uns les autres, mais non pas celle de se donner des commandements.

On voit que cette véritable église ne pouvait pas marcher de pair avec une religion organisée; et quand il y eut division, celle-ci a été l’œuvre du groupe religieux organisé chassant les vrais croyants en dehors de son sein. Avant que cela n’arrive, on trouve en Actes 2: 46, une description très claire:

"Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, et ils rompaient le pain dans les maisons." Ils se servaient encore du lieu d’adoration reconnu, mais ils avaient aussi leurs réunions plus intimes dans leurs propres maisons. Il semble qu’à l’époque on construisait certaines maisons avec une chambre haute spacieuse. Les propriétaires en étaient sans doute les membres les plus riches des communautés, et le Seigneur veillait à ce que, lorsqu’un tel lieu devenait nécessaire, le propriétaire soit converti et disposé à utiliser sa maison dans ce but. Jamais il n’est spécifié qu’un tel lieu ait été "consacré" ou mis à part spécialement. Au contraire, le Nouveau Testament insiste avec force sur le fait que le temple de Dieu, c’est le croyant lui-même, c’est le groupe local, c’est l’église entière et non un édifice quelconque construit par l’homme.

Application pratique pour les temps actuels

Quelle conclusion peut-on tirer de cette étude pour nous aujourd’hui? La réponse est très simple, mais nous croyons qu’elle pourrait avoir des répercussions profondes et mondiales. Laissons les croyants conserver leurs relations actuelles avec la chrétienté organisée aussi fidèlement que possible, mais laissons-les également pratiquer et vivre la vie de l’Église primitive. C’est-à-dire que chaque fois que deux croyants se réunissent ensemble, qu’ils apprennent à réaliser que le Seigneur est au milieu d’eux et, tandis qu’ils s’entretiennent de Lui, qu’ils fassent l’expérience du chemin d’Emmaüs, comme elle nous est décrite en Luc 24. Chaque fois que deux ou trois croyants se trouvent ensemble dans le foyer de l’un ou l’autre d’entre eux, qu’ils se rappellent que le Seigneur est au milieu d’eux, qu’ils se retrouvent pour quelques instants d’adoration et de prière, partageant entre eux ce qu’ils auront appris de Christ et de ses voies, qu’ils lisent quelques versets suggérés par le Saint-Esprit et comptent sur Lui pour être enseignés par ce moyen.

Que le lecteur (ou la lectrice) de ces pages voie si le Seigneur ne le (ou la) conduit pas à réunir dans sa propre maison régulièrement quelques âmes attachées au Seigneur, à une heure qui n’entraverait pas les activités normales de leurs dénominations respectives, puis à s’attendre au Seigneur qui les conduira dans la prière, l’adoration, l’étude de la Parole, comptant sur Dieu pour recevoir ses dons, ou la fraction du pain. Que ce soit Lui qui vous conduise dans l’emploi du temps en révélant sa pensée au cœur d’un ou deux croyants, les autres réalisant qu’ils sont vraiment conduits par l’Esprit.

Par la suite, Dieu pourrait vous mettre à cœur d’inviter d’autres personnes et le témoignage individuel ou collectif rendu à des inconvertis amènerait de nouveaux membres. Le Seigneur ajouterait ainsi à l’assemblée ceux qui seraient sauvés; le groupe pourrait se subdiviser et s’étendre selon la pensée de l’Esprit. Il s’agirait non pas de trouver des locaux plus vastes, mais d’avoir un nombre plus important de groupes.

Dangers à éviter

Dès le début, il y aurait certains dangers à éviter en étant vigilant dans la prière.

a) Certaines personnes parlent trop facilement, d’autres au contraire éprouvent de la difficulté à s’exprimer. Aussi chacun devrait examiner si ses paroles ou son silence sont selon la direction du Seigneur. Il est possible également de commencer par l’Esprit et de continuer par la chair, en sorte que ceux qui sont conduits à parler doivent aussi accepter d’être conduits à se taire.

b) Lorsque des différences d’opinions s’élèvent ou que des différences d’interprétations surgissent, les deux parties doivent montrer beaucoup d’amour et de support. Cela glorifie hautement la grâce de Dieu lorsque deux croyants d’opinions différentes peuvent maintenir l’unité de l’Esprit. Il y a souvent une part de vérité et une part d’erreur dans chacune des deux opinions. Il faut laisser passer du temps et on doit recevoir beaucoup de lumière avant que l’on puisse trouver la part de vérité dans chacune des deux opinions. Mais il y a une source abondante d’amour parfait qui est versée dans le cœur par le Saint-Esprit et qui permettra aux deux croyants de continuer à être un seul cœur et une seule âme malgré leur divergence d’opinion.

c) Pour croître dans la grâce et dans la connaissance, il faut s’éloigner de l’orgueil et de l’erreur et être disposé à se laisser corriger comme à corriger les autres. Apprenons à parler avec amour et avec tact les uns aux autres de ce que nous croyons être un obstacle à cette croissance dans la grâce.

Soyons si désireux de plaire à Dieu que nous nous réjouissions lorsque nos erreurs nous sont montrées, même par un frère que nous considérons comme moins avancé que nous-mêmes.

d) Lorsque l’on recherche une direction pour le groupe tout entier, deux pensées différentes peuvent surgir et l’on pourrait être tenté de diviser le groupe à cause de cela. Si un tel fait se produit, cherchons avant tout à maintenir l’unité de l’Esprit avec un amour profond et un respect réel pour ceux qui ont une pensée différente.

e) Si nous nous réunissons de cette façon scripturaire si simple, Dieu pourra nous donner beaucoup de lumières et de bénédictions, que ne recevront pas ceux qui s’en tiennent seulement aux formes de culte habituelles. Demandons alors à Dieu d’être délivrés de tout orgueil et de tout esprit de supériorité à l’égard de ceux-là. Souvenons-nous de la dette de reconnaissance que nous devons avoir envers ceux qui ont gardé le témoignage de l’Évangile fidèlement au travers des siècles. Cherchons à marcher en pleine communion avec tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus et soyons des membres fidèles de nos communautés.

f) Il y a des centaines de fausses sectes et de faux cultes qui pourraient introduire leurs erreurs dans de tels groupes. On peut les reconnaître à un ou deux traits caractéristiques. Ils prétendent presque toujours être les seuls dans la vérité, et leur enseignement provient d’un quartier général qui réclame une soumission complète de la part de ses membres. Ils ont tendance à tordre certains passages de l’Écriture et en ignorent d’autres; ou ils prétendent avoir reçu certaines révélations en dehors de la Bible.

g) Il est possible que quelques serviteurs de Dieu veuillent s’élever contre de tels groupes. Aimons-les ardemment. D’autres seront pleinement d’accord et voudront s’y associer. Ceci serait très désirable, car leur expérience et leur connaissance de la Parole pourraient être un grand enrichissement, s’ils demeurent sous la direction du Saint-Esprit.

h) Nous courons toujours le danger de préférer le ministère des membres les plus doués et les plus expérimentés du groupe. Mais rappelons-nous que le Seigneur désire toujours conférer un ministère ou des dons aux membres les moins estimés de son corps; aussi devrions-nous être prêts à encourager tout effort tenté par les vases les plus faibles à obéir aux directions de l’Esprit. Cependant ceux que le Seigneur a formés et doués ont à veiller à ce que le petit troupeau soit convenablement nourri, tout en réalisant eux-mêmes qu’ils ont beaucoup à apprendre encore et que de nouveaux enseignements peuvent leur être communiqués par les canaux auxquels on s’attendait le moins. De toute façon on apprend beaucoup plus en exprimant ses pensées qu’en se bornant simplement à écouter.

i) Dans le monde, si un homme veut avoir du succès, il doit se rendre indispensable, mais dans l’Église de Dieu, le vrai succès est atteint lorsque le serviteur a pu amener les autres à le remplacer en sorte qu’il puisse aller exercer son ministère ailleurs, dans un nouveau champ, là où le besoin s’en fait sentir.

Un mot aux serviteurs de Dieu

Les pensées émises ci-dessus ont fait l’objet de conversations avec de nombreux serviteurs de Dieu appartenant à diverses dénominations, et dans la plupart des cas elles ont été considérées avec faveur. Nous avons entendu parler d’un serviteur de Dieu, responsable de l’une des plus grandes églises évangéliques des États-Unis, qui, le dimanche, a la direction spirituelle du culte dans l’édifice habituel, mais au cours de la semaine engage les membres de sa communauté à se retrouver dans des foyers dans toute la ville pour la prière et l’étude de la Parole de Dieu. Ceci semble être certainement un pas dans la bonne direction.

Nous avons vu d’autres serviteurs de Dieu qui ont des réunions de prière, de communion spirituelle et d’étude biblique dans leur presbytère, encourageant chacun à y prendre une part active, alors qu’eux-mêmes restent à l’arrière-plan.

Une chose est certaine: la plupart des serviteurs de Dieu sont découragés de voir comme les membres de leur communauté absorbent peu en écoutant tout simplement les messages qu’ils donnent. Un grand nombre d’entre eux déplorent le niveau spirituel très peu élevé que nos méthodes modernes de réunions d’église peuvent produire. Toutes les améliorations que l’ingéniosité humaine et la science moderne nous offrent ont été essayées ici ou là, mais l’effet n’a jamais été durable. Devons-nous donc en conclure que les méthodes très simples des temps apostoliques, dont nous parle la Bible, sont les méthodes qui conviennent aujourd’hui?

L’état de choses actuel nous appelle à plus de prière et à un désir sincère d’agir en accord avec la Parole de Dieu, plutôt que de nous en tenir à des traditions humaines ou à toutes sortes d’expédients.

"Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché" (Jacques. 4: 17).

Source : http://www.shekina.com/4_LIEN-PRIERE/ARTICLES/C4-046.html

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Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

R. H. Guignard
. Adapté de Christian Sanity du Dr. A. T. Scofield
Editions Oliphants

Pendant ces dernières décennies, la personne et l'oeuvre du Saint-Esprit ont été à l'avant-garde de l'étude de la doctrine chrétienne. Il y a là, en effet, un enseignement qu'attaque l'ennemi de nos âmes, car ce dernier simule l'énergie et le travail du Saint-Esprit.
Dans le spiritisme (lequel n'est pas uniquement du charlatanisme), il y a bien des raisons de croire que des esprits mauvais se font passer pour des amis disparus, mais ils parlent aussi comme possédant l'autorité de l'Esprit de Dieu. Non seulement cela, dans tout culte mystique, dans les centres de guérisons psychiatriques, la Science chrétienne, l'enseignement de la Nouvelle théologie, les religions de l'Est adaptées à la pensée occidentale, la Bible est abondamment citée, elle sert de référence et elle est honorée, du moins en apparence. Un unique point n'est jamais touché: il n'est jamais confessé que

«Jésus est venu en chair»
Or, Jean (1 Jean 4, 2) nous signale qu'il s'agit de l'épreuve qu'aucun esprit mauvais ne peut soutenir, c'est-à-dire la révélation de notre divin Sauveur, en forme humaine, lors de sa naissance, de sa mort, de sa résurrection. Les opérations des mauvais esprits sont très variées, adaptées aux différentes mentalités ou à la qualité de la foi; elles ont un point commun - le déni de la personne et de l'oeuvre du Fils de Dieu. Il y a des raisons de croire que, mise à part la tendance à pécher et à s'égarer, on constate parmi les chrétiens religieux certaines tentations spéciales, lesquelles sont absolument étrangères à la pensée du christianisme. Il est à remarquer combien, sous le couvert de la religion, il y a d'inimitié, de luttes, de jalousie, de colère, de factions, de divisions, d'hérésies, d'envie, de malice, d'hypocrisie et même de haine (voir Galates 5, 19). Mais on est aussi amené à penser que l'ennemi est à l'origine de ces maux, comme il sème l'ivraie parmi le bon grain. Il semble que ses pièges sont étudiés pour toutes les étapes de l'existence des chrétiens!

Le chrétien tiède,
nonchalant, celui qui n'est pas «engagé» dans la lutte, ne donnera pas beaucoup de trouble à l'ennemi. Le chrétien éveillé, à l'intelligence ouverte, acceptera avec feu les nouvelles idées, foncera dans la voie décrite par un livre reçu ou acheté par hasard et sera capable d'avaler, sans y prendre garde, les dernières nouveautés de la théologie. Le chrétien doctrinal, froid de coeur, sera la proie d'hérésies variées, consistant généralement en vérités qui, sous prétexte d'être étudiées à fond, deviennent des motifs de disputes et de division. Le chrétien avide d'émotions, à la recherche d'une vie chrétienne supérieure, impatient d'arriver aux sommets, est très susceptible de tomber dans un des nombreux pièges tendus sur son chemin. Il lui est presque inutile de songer à être «capable de tenir ferme contre les embûches du diable» (Eph. 6, 10-18), à moins qu'il obéisse à la lettre aux directives données par l'apôtre. Toute l'armure de Dieu est nécessaire, sans oublier l'épée de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu. Et sans oublier l'esprit de prière!

Le danger commence
lors de la marche en avant et de la recherche d'une vie spirituelle profitable. Les grands rassemblements ont leur valeur, mais ils présentent aussi quelques dangers, si l'on n'y prend garde. Il y a d'abord dans toute nombreuse assemblée une puissance hypnotique considérable, indéniable et indépendante des prédicateurs. C'est tout spécialement le cas dans les rencontres religieuses. L'influence hypnotique est intensifiée par
- les chants doux, monotones, répétés plusieurs fois, les auditeurs ayant les yeux fermés et la tête penchée;
- les prières prolongées;
- les harangues prononcées par des prédicateurs passionnés.
Cependant, il est possible qu'il ne se trouve aucun mal à cela. Dieu peut, s'Il le veut, utiliser à sa gloire l'influence qui se dégage de la foule, tout comme il peut utiliser la tranquillité de la chambre haute, la paix de la retraite. Il s'agit seulement de ceci: Prendre garde de ne pas agir sur la base d'une émotion passagère, éphémère. Nous sommes des êtres émotionnables à divers degrés. Dieu peut se servir de nos sentiments, de notre intelligence pour nous amener à lui. Veillons sur notre émotion. Les manifestations de puissance surnaturelle (la conversion en est une) peuvent bouleverser notre équilibre mental. Et, nous devons le répéter, là où Dieu commence une grande oeuvre, quelle qu'elle soit, l'ennemi copie et corrompt!

Ayant des yeux et ne...
A notre époque, on ne doit pas admettre à priori que des prédicateurs soient «de Dieu», même si ce sont des hommes justes, menant une vie pure, versés dans la connaissance de la Bible. D'après II Cor. 11, 13-15, Satan est un «ange de lumière»; ses serviteurs sont des «ministres de la justice»; ils dénoncent avec vigueur toute immoralité. Il est vain de chercher Satan dans les bas-fonds de la ville, alors qu'il peut parler du haut de la chaire et prêcher une saine morale!
Un jour, le Dr Scofield prenait un repas en compagnie d'un éminent théologien (moderniste). Ce dernier se vantait d'avoir pu et su laisser de côté les doctrines sur la chute de l'homme, le besoin d'un Sauveur, la rédemption par le sang, etc! Mais, en même temps, il était agréablement surpris de constater que ses livres étaient achetés et lus par un public chrétien orthodoxe (donc fidèle à la Parole), alors que ces personnes ne s'étaient jamais aperçues que les doctrines fondamentales indiquées ci-dessus ne se trouvaient jamais dans lesdits livres!

Ayant des oreilles et n'...
D'autre part, il y a grand danger à fonder des doctrines ou tout au moins à baser une ligne de conduite sur des révélations, des «voix» (soit-disant de l'Esprit), au lieu de se baser sur la Parole de Dieu. Celle-ci donne à l'homme tout ce dont il a besoin. De telles «voix» ont été la source d'innombrables erreurs, de péchés affligeants, d'immoralité. Se vider de soi-même, annihiler toute faculté de raisonnement, de pensée, n'est pas de Dieu. Dieu ne le demande pas de ses enfants. L'apôtre Paul, parlant aux Philippiens, disait: «Que votre amour aille toujours grandissant; qu'il gagne en clairvoyance (textuellement en super-connaissance) et en tact. Que vous fassiez preuve de discernement». Dieu bénit et sanctifie les dons de compréhension, d'équilibre mental qu'il a impartis à l'homme. Il ne les abolit pas.
On vous conseillera: «Laissez-vous aller; détendez-vous; soyez passif; ne pensez plus!» Or, vous ne savez quel esprit viendra prendre la place! Il faut, au contraire garder un sain jugement, combiné avec humilité, révérence et soumission à la volonté de Dieu.
La doctrine concernant la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ est très importante. Il est toujours indiqué d'y revenir. Si, apparemment, un élément surnaturel est en jeu, il faut agir selon I Jean 4, 1-2, soit mettre à l'épreuve la personne intéressée, l'esprit qui dirige cette personne.*) Ne vous hâtez pas de juger une manifestation inhabituelle comme étant de Dieu ou du Méchant. Il est fort probable qu'il ne s'agisse que d'excitation naturelle. Réservez votre décision et n'intervenez qu'après un certain laps de temps. Ne jugez pas ce que vous ne comprenez pas, en parlant mal d'un homme; vous pourriez attribuer des oeuvres de l'Esprit à une puissance satanique.

Etudiez la Parole de Dieu,
adhérez de tout coeur à cette Parole, c'est la meilleure assurance. Priez pour être conduit par l'Esprit et demandez, selon l'exemple de prière de Jésus, d'être «délivré du Malin». C'est une pétition trop souvent oubliée!
Précisez vos prières. Demandez à Dieu ses dons les meilleurs, selon ses promesses. Demandez aussi la faveur de ne rien recevoir du Malin. La volonté du Père est toujours à respecter: «Que ta volonté soit faite et non point la nôtre». Dieu est libre, par l'oeuvre du Saint-Esprit, de faire part de ses bénédictions à qui il veut. Mais il ne protège pas toujours ses enfants contre leur propre folie!

*) Voir dans ce même cahier l'étude «Les deux esprits» de F. F. Bruce.

Source : http://www.promesses.org/arts/9p183-186f.html

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Histoire et destinée du pays de l'Eternel

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Histoire et destinée du pays de l'Eternel

Histoire et destinée du pays de l'Eternel (1)

H. Lüscher

« Car le pays est à moi» (Lév. 25, 23)
7 juin 1967! Cette fois, il n'y a plus de doute possible. La guerre-éclair en Palestine a attiré l'intérêt du monde entier. D'un seul coup, Israël est devenu la plaque tournante de la politique internationale.
Tout le monde en convient: Il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. La petite armée d'Israël, inférieure en hommes et en armes face aux peuples arabes décidés à l'anéantir, a acquis une victoire éclatante sur ses ennemis. Le général français Beaufre a exprimé son admiration en ces termes: «Jamais, peut-être, n'a-t-on vu une exécution si proche de la perfection, ni une victoire plus rapide et plus complète. J'ai vu tous ces hommes qui venaient de remporter cette incroyable victoire. Ils m'ont parlé avec modestie, surpris eux-mêmes de ce que leurs calculs, leurs hésitations et leurs veilles aient produit un résultat aussi miraculeux". (Paris Match du 24 juin 1967, page 43). Hier encore, les événements du Moyen-Orient ne faisaient guère l'objet dominant de discussions générales. Aujourd'hui, après trois dates marquantes (1948, 1956, 1967), la Palestine a captivé l'intérêt et la passion du monde entier.
L'horloge prophétique avance. Elle indique au chrétien que «l'été est proche». La saison de la moisson divine où jugements et bénédictions se manifesteront successivement envers Israël et les nations va s'ouvrir. Le rameau du figuier recommence à donner des feuilles (Mat th. 24, 32). La résurrection nationale du peuple juif est un signe sûr que nous vivons les toutes dernières heures de la dispensation de la grâce.
Comment, direz-vous peut-être, pouvez-vous mesurer la fin des temps avec le peuple d'Israël? A la lumière des Ecritures, nous allons essayer de présenter les desseins de Dieu à l'égard de ce peuple bien-aimé; on comprendra mieux la gravité de l'heure actuelle.

A. L'ELECTION DE SON PEUPLE

1. Qui est Israël? Ce sont les fils de Jacob, descendants d'Abraham (2 Rois 17, 34). La Parole a soin de préciser ce détail, car ni Ismaël, fils d'Abraham, ni Esaü, frère de Jacob, ne pouvaient jamais être intégrés à ce peuple.

2. Une promesse inconditionnelle est formellement faite à Abraham (Gen. 12,1-3). Il devait obéir à l'appel de Dieu pour aller dans le pays de la promesse. Sa postérité, en tant que collectivité, deviendrait une grande nation. Cette nation serait bénie. Dieu agirait envers les autres nations selon leur comportement à l'égard d'Israël. Et un jour, tous les peuples de la terre seraient bénis à cause d'Israël.

3. L'Eternel s'est donc choisi un peuple qu'il a mis à part (Lév. 20,26). Les dons de grâce et l'appel de Dieu sont irrévocables. Israël est son peuple élu à cause des promesses faites aux patriarches (Rom. 11, 28). L'Eternel est le Dieu d'Israël (2 Chr. 6, 7). Et qui touche son peuple, touche la prunelle de son oeil (Zach. 2,8).

4. Dieu lui a réservé un pays, la Palestine (Gen. 12, 7). Les futures frontières qu'lsraël connaîtra lorsqu'il entrera en possession des bénédictions millénaires, ont déjà été fixées par Dieu. Cela eut lieu quand il assigna une terre à chaque nation (Gen. 10; Deut. 32, 8). Depuis lors, les frontières ont changé maintes fois; des peuples ont disparu, d'autres ont surgi. Mais le principe de différentes races établies sur les terres désignées en Gen. 10 restera; on retrouvera ces nations - bien sûr sous d'autres noms - à la fin des temps, avec les frontières fixées par Dieu.
Le pays d'Israël s'étendra depuis le fleuve d'Egypte jusqu'à l'Euphrate (Lév. 25, 23). Aucune nation n'y touchera impunément.

5. Pourquoi Israël a-t-il été choisi par Dieu? Dans Deut. 7, 6-8, nous trouvons trois raisons:
-L'Eternel l'avait choisi pour rnanifester sa puissance paternelle .Les peuples sauront par Israël que Dieu ne veut pas d'une nation à double coeur. Puisque son peuple ne veut pas marcher dans ses voies, il le fera passer par le creuset de sa main (verset 6).
-Israël a été choisi à cause de l'amour infini de Dieu .De nombreux passages nous apprennent qu'il a gravement failli à son glorieux appel. L'amour est quelque chose de grandiose qui saisit l'être tout entier de l'homme intérieur. Ce n'est pas une vertu. Dieu lui-même est amour dans son essence. Ce passage met en garde le peuple bien-aimé contre un orgueil national. Jamais par ses propres qualités ou ses mérites, il pourra se glorifier de ce titre «mon peuple» (verset 7).
Dieu passe par dessus les défaillances de son peuple. L'amour éternel (Jér. 31, 3) de Dieu attirera un jour Israël rebelle à lui, en vertu de l'oeuvre rédemptrice du Messie accomplie à la croix (Es. 53).
-Enfin, Dieu ne peut renier son alliance unilatérale et inconditionnelle conclue avec Abraham, «car il n'est pas un homme pour mentir. ..aurait-il déclaré quelque chose et ne le réaliserait-il pas?» (No.23, 19)

B. LES PROMESSES RENOUVELEES

-à Abraham

Gen 17, 7-10 22, 1&-18

-à Isaac

Gen, 28, 13-14

-à Jacob

Gen 35, 11-12

Dès lors, Dieu s'est fait «le Dieu d'Abraham, d'Isaac, et de Jacob", comme disait un éminent serviteur de Dieu Et, sur cette base il se rappellera toujours ses promesses jusqu'à leur plein accomplissement au Millénium A travers tout l'Ancien Testament, cette fidélité de Dieu apparaîtra continuellement pour assurer, à ses serviteurs obéissants, que cette alliance inconditionnelle ne sera jamais rompue, par exemple

-à Moise

Exode 3, 6 2, 24

-à David

1 Chron 16, 15-18

-à Michée

Michée 7, 20

Israël est donc l'élu de l'Eternel sur le plan collectif et en vertu de l'alliance faite avec les pères (Rom 11, 28)

C. LA MISE A L'ECART DE SON PEUPLE

L'histoire d'Israël est parsemée de châtiments, car il n'a pas répondu à l'appel de l'Eternel. Mais, à cause des promesses faites aux patriarches, Dieu restaurera pleinement ce peuple.

1. Avertissements Lévitique 16, 14-39 décrit les six degrés de châtiments, qui finissent par l'exil, si le peuple n'écoute pas l'Eternel.
Deutéronome 28, 15- 69 confirme cette prophétie solennelle en des termes non moins équivoques.
Précisons que ces deux portions sont précédées des promesses liées à l'obéissance d'Israël. Cependant; après ces terribles châtiments, il sera ramené dans son pays, où, purifié et restauré en vertu de l'alliance inconditionnelle avec les patriarches, il jouira du repos divin (Deut. 30).

2. Causes - -L'idolâtrie
Les livres historiques de la Bible racontent comment Israël s'est rapidement éloigné de Dieu et de ses commandements. Le peuple abandonnait l'Eternel pour adorer de faux dieux. «De leur argent et de leur or, ils se sont fait des idoles» (Lév. 26, 30-33; Deut. 29, 24-28; Os. 8, 4).
- Le rejet du Christ
Le Messie pleurait sur la ville bien-aimée de Jérusalem parce qu'elle allait connaître le drame le plus grand de son histoire: La crucifixion de Jésus-Christ, puis la destruction de la cité suivie de la dispersion de ses habitants (Luc 19,41-44). Ils avaient refusé d'écouter le Messie et de le suivre. A l'instar des prophètes dont les messages furent repoussés, le Fils de Dieu fut rejeté comme Messie par son peuple (Mat th. 23, 37-39). Il ne voulait pas qu'il régnât sur eux. Les chefs religieux tout comme le peuple crièrent: «Crucifie, crucifie-le» (Luc 23, 21 ). La sentence prononcée par eux allait, hélas, se vérifier par la suite (Mat th. 27, 25). Le sang de Jésus-Christ était sur la nation, conséquence terrible de ce rejet, à travers les siècles qui allaient suivre.
Mais c'est précisément ce sang précieux de Jésus-Christ qui rachètera la nation de toutes ses chutes, pour la sauver entièrement.
- L'opposition à la prédication de l'Evangile aux nations ..
Pour combler «la mesure de leurs péchés», ils empêchaient les apôtres de prêcher l'Evangile de la grâce {1 Thess. 2, 14-16).

3. Conséquences

Après la mort du roi Salomon, le royaume fut divisé.

En 722 avant J. C., le royaume du Nord fut déporté par les Assyriens (2 Rois 18, 9-12). Ainsi, les 10 tribus restèrent en exil et sont encore introuvables aujourd'hui.

Puis, le châtiment atteignit le royaume du Sud, avec Jérusalem. Sa déportation commença en 606 avant Jésus-Christ, par Nebucadnetsar, roi de Babylone. Le roi de Juda et les nobles furent emmenés à Babylone (Dan. l, 1-5). Un second siège suivit en 597 par les Babyloniens. Finalement, la ville de Jérusalem fut prise et détruite en 586. La majorité du peuple fut emmenée en captivité.

Exactement 70 ans après la déportation des juifs, en 536, Zorobabel retourna à Jérusalem avec quelque 42000 compatriotes. Ce retour put avoir lieu grâce à un décret de Cyrus, roi de Perse. La prophétie de Jér. 25, 9-11; 29, 10; 2 Chron. 36, 20-21, s'accomplit littéralement.

En 516, 70 ans après la destruction du temple par Nebucadnetsar, le sanctuaire en reconstruction fut achevé par les juifs rentrés dans leur pays (Esdr. 6, 15).

Au fur et à mesure que les royaumes des nations se succédèrent et prirent de l'expansion, l'ubiquité des juifs dispersés suivit parallèlement. Leur influence était telle que Strabon, géographe grec connu, écrivit à leur sujet vers l'an 85 avant Jésus-Christ: «Il ne se trouve guère un lieu dans le monde qui n'héberge pas ce peuple et qui ne soit pas sous l'influence de sa puissance.».

La diasporah signifie la dispersion des juifs dans le monde. L'empire romain, à son apogée, comptait alors environ 3 millions de juifs, sans les habitants de Jérusalem, au nombre d'environ 1 million.

Puis le châtiment tomba sur les juifs, et pendant des siècles, ils furent dispersés parmi toutes les nations (Deut. 28, 63-67). Ce passage allait s'accomplir littéralement. L'empereur Titus assaillit Jérusalem sous le règne de son père (Vespasien), fit massacrer près d'un million de juifs et détruisit le temple (Mat th. 24, 1-2; Luc 21,5-6).

Une ultime tentative de soulèvement sous Simon Bar-Kochba mit définitivement fin à..l'état juif en 135. Une fois de plus, 500000 juifs furent impitoyablement massacrés, et l'empereur Hadrien fit passer une charrue sur la place du temple. La colonie romaine Aelia Capitolina fut érigée sur la ville de Jérusalem et l'entrée des juifs interdite sous peine de mort.

Ce peuple bien-aimé passa par d'indicibles souffrances à travers les siècles qui suivirent. Traqués, persécutés, massacrés, ils errèrent de pays en pays, étant bannis de la ville chérie de Jérusalem (Ps. 55, 2; Sam. 1, 7).

En 315, l'empereur Constantin le Grand établit des lois contre les juifs.
En 395, Théodose le Grand exclut les juifs de toutes les places d'administration, et consentit à la destruction des synagogues si, pour des raisons de religion, la chose s'avérait nécessaire.

En 613, la persécution sévit aussi en Espagne. Tous les enfants juifs, dès l'âge de 7 ans, furent enlevés à leurs parents et placés chez des familles non-juives, en vue de leur «éducation chrétienne».

En 1096, l'Allemagne connut des persécutions terribles contre la diasporah. Plus de 120000 personnes furent mises à mort dans les villes rhénanes.

En France aussi, les juifs connurent l'exil pendant 17 ans (1181- 1198). Tout leur mobilier pouvait être vendu par le peuple, tandis que leurs biens immobiliers devenaient la propriété du roi Philippe-Auguste.

A Londres, la haine éclata contre eux à peu près en même temps. De nombreuses maisons furent brûlées, et beaucoup de juifs perdirent leur vie en 1189.
En 1215, le quatrième concile de Latran publia des décrets contre les juifs.

En 1593, le pape Clément VIII bannit les juifs de la cité du Vatican. Ceux qu'on rencontrait sur territoire papal pouvaient être sans autre envoyés aux galères.

Fin 18ème, début 19ème siècle: La haine se déchaîne en Russie contre eux. On oblige les hommes à faire du service militaire pendant 25 ans. Des centaines de milliers quittent la Russie. Pendant le pontificat du pape Pie IX (1846--1878), toutes les lois d'exception contre les juifs sont remises en vigueur.

Fin 19ème, début 20ème siècle: Environ trois millions de juifs quittent l'Allemagne de l'Est à cause de la pression terrible exercée par la Russie.

Le tableau sombre se clôt par la persécution la plus terrible que ce peuple ait jamais subie sous le régime nazi, de 1933 à 1945; six millions de juifs furent massacrés.

Cette dernière tragédie contribua, plus que les autres, à réaliser leur ferme désir de reprendre possession de leur terre. Ainsi, l'Etat d'Israël fut solennellement proclamé dans la nuit mémorable du 14 au 15 mai 1948.

Source : http://www.promesses.org/arts/6p110-115f.html

Histoire et destinée du pays de l'Eternel

(suite et fin)

H. Lüscher

D L'EGLISE DE CHRIST

Le drame de la croix a justifié la chute d'Israël. Le Messie, Jésus-Christ, a été rejeté. Mais Dieu, dans sa grâce infinie, s'est servi de la faute des juifs pour bénir les nations (Rom. 11, 11 ). Ainsi, il ne fait plus de différence entre juifs et païens. Ils sont coupables de désobéissance. Plus question de prérogative nationale pour les juifs pendant leur mise à l'écart. Dieu fait miséricorde à tous les hommes qui viennent à lui (Rom. 11, 30-32).
Tous ceux qui croient en Jésus-Christ sont sauvés et intégrés dans l'Eglise par le Saint-Esprit. L'Eglise est un corps distinct d'Israël.
L'Eglise est composée de juifs et de païens qui ont accepté Jésus- Christ comme Sauveur personnel. (Eph. 2).
Elle est un mystère qui n'a pas été révélé aux prophètes de l'Ancien Testament (Eph. 3).
Sa vocation est céleste (Jean 17, 24). Sa bourgeoisie est céleste (Phil. 3, 20). Ses bénédictions sont célestes (Eph. l, 3). Son héritage est céleste (1 Pi. l, 3-4). Son espérance est céleste. Tout cela contraste avec Israël qui attend des bénédictions terrestres, millénaires.
L'Eglise, enfin, est née à Pentecôte, par la descente du Saint-Esprit; elle sera enlevée dans les cieux auprès du Seigneur, avant les jugements apocalyptiques.
Le lecteur objectif se persuadera lui-même de l'imminence de l'enlèvement de l'Eglise, par le fait historique de l'existence de l'Etat d'Israël (Mat th. 24, 32).

E LE RETOUR DE SON PEUPLE

1. A la fin des temps, Dieu reprendra le fil des relations avec Israël. Tout prépare cette fin. Ezéchiel 37, 1-14 et Esaïe 18, 1-3 prédisent un réveil national lié à un retour progressif du peuple en Palestine (Ez. 34, 13). Ces prophéties sont partiellement accomplies aujourd'hui. Les os se sont rapprochés. Ils ont été recouverts de chair et de nerfs. Mais il leur manque encore le souffle de l'Eternel. La grande masse est dans un état d'incrédulité et le restera jusqu'à ce que le Messie apparaisse sur la montagne des Oliviers.
Depuis 1791, l'influence des juifs dans la politique et la finance n'a cessé de s'accroître. Ce fut la date de l'abrogation des lois d'exception contre les juifs, acceptée par l'Assemblée nationale française.
E n 1897, le sionisme prit naissance. Nous assistons à la fondation officielle de l'Organisation Sioniste Mondiale, grâce à laquelle le développement de l'ardent désir des juifs de rentrer en possession du pays de leurs pères, fit des pas de géants.
E n 1917 , la Palestine redevint le berceau national des juifs, sous l'égide des Anglais, grâce à la déclaration Balfour en faveur d'un foyer national juif.
E n 1967 , la ville de Jérusalem tout entière redevint juive; la partie jordanienne fut intégrée à la partie juive lors de la guerre-éclair en juin.

QUELQUES CHIFFRES ELOQUENTS DE 1965

-L a p o p u I a t i o n d'Israël au 31. 12.65 était de 2 598 400 habitants, dont 2 299 100 juifs, contre 649631 en 1948. En moins de dix ans, la population juive a presque triplé, cela surtout à cause de l'immigration.
-L a s u p e r f i c i e irriguée a augmenté de 400 %; la superficie totale des terres cultivées a triplé, et la valeur de la production agricole est 5 fois plus grande.
-L' i n d u s t r i e a pris un essor extraordinaire, et depuis 1955, la valeur de la production industrielle s'est accrue de 250 %. L'exportation est aussi cinq fois supérieure au chiffre de 1955.
-Grâce aux r e s s o u r c e s n a t u r e ll e s et aux moyens d'exploitation modernes, la production minérale est devenue importante. Il y a du pétrole, des phosphates, de la potasse, du cuivre, du chrome, du soufre, etc.
-Depuis 1948, la longueur d e s r o u t e s a augmenté de 176 %, celle du réseau des chemins de fer de plus de 250 %. La marine marchande possède 90 unités, avec un tonnage total de 932000 tonnes, soit environ 66 fois le chiffre de 1948.
-L ' é d u c a t i o n est très poussée, et Israël est un des pays où l'on trouve le moins d'analphabètes. Quelque 750000 élèves jouissent de l'éducation scolaire. Actuellement, il y a cinq établissements d'études supérieures, avec 22000 étudiants.
-L ' h é b r e u d e l ' A n c i e n T e s t a m e n t est redevenu une langue vivante. Il est d'une grande importance pour la vie culturelle d'Israël. «(Israël», description sommaire du Pavillon d'Israël à l'Exposition universelle et Internationale de 1967, Montreal).
2. Le temple sera reconstruit et profané ensuite par l'Antichrist et ses acolytes. (Es. 66, 1-3; 1,10-14; Apoc.11, 1-3; 2 Thess. 2, 4; Ps. 74 et 79).
3. Une grande tribulation envahira la terre tout entière, en particulier la Palestine. Ce temps effroyable est appelé «la détresse de Jacob» (Jér. 30, 7). Le jugement de Dieu tombera sur le pays et ses habitants (Ez. 22, 17-22). Les prophètes Esaïe, Jérémie, Ezéchiel, ainsi que les petits prophètes, y font abondamment allusion.
4. Mais Dieu s'est choisi un résidu juif fidèle qui prêchera l'Evangile du royaume. Beaucoup d'âmes seront sauvées par ce témoignage (Apoc. 7). Certains seront mis à mort, d'autres préservés de ces grandes épreuves (Zach. 13, 8-9; Os. 2, 14-15; Apoc. 12,14).
5. La majorité des juifs restera incrédule. Le chef d'Etat les séduira et dominera avec cruauté sur eux. Le pays sera convoité par le bloc «communiste» (la Russie et ses satellites) et les juifs concluront une alliance avec le bloc «occidental» (la bête à sept têtes et dix cornes), pour 7 ans (Dan. 9, 27; 7,7-27; Es. 28, 14-22).
Dès la seconde moitié de ces sept ans, des conflits mondiaux gigantesques se concentreront en Palestine (Apoc. 13,5; Dan. 9, 27) pour aboutir au jugement des nations à Harmaguédon (Apoc. 16, 13-16). Le pays et ses habitants seront sous les coups terribles et directs de l'Eternel.
6. Le Seigneur Jésus apparaîtra officiellement et posera ses pieds sur la montagne des Oliviers. Il anéantira les puissances de ce monde (Apoc.19, 11-21). Tout oeil le verra (Apoc.1,-7).

F. LA RESTAURATION DE SON PEUPLE

1. Lors du retour de Christ en puissance et en gloire, le peuple juif se tournera vers l'Eternel et se repentira (Zach. 12,10; 14, 4; Apoc. 1, 7). C'est avec émotion que le chrétien pense à ce jour-là - le plus beau pour Israël, car enfin, les prophéties, annonçant cette conversion nationale, trouveront leur pleine réalisation. Dieu donnera aux juifs un coeur nouveau (Ez. 36, 25-26; Rom. 1,' 26-27).
2. Le retour des juifs dispersés et exilés pendant des millénaires s'effectuera d'une manière définitive et surnaturelle (Es. 27, 12; 43, 5-7; 66, 19-20; Mich. 4, 6; Mat th. 24, 31). En chemin, les rebelles seront jugés et ne rentreront pas dans le pays (Ez. 20, 30-38). L'unification des douze tribus en sera le résultat (Ez. 37, 15-28).
3. Jésus-Christ, le Messie, gouvernera son peuple et la terre tout entière avec justice et dans la paix (Es. 9, 6; 1,' 5-9). La haine et la guerre seront bannies et feront place à un règne stable de 1000 ans (Apoc. 20, 1-6), d'où le terme: M i l l é n i u rn .
4. Le temple sera reconstruit selon les dimensions données en Ez. 40-46. Les rites et les sacrifices se concentreront sur l'Agneau immolé. Ils auront un caractère commémoratif de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus.
Les nations monteront à Jérusalem, à la maison de l'Eternel, pour adorer Dieu et se faire instruire dans ses voies. (Mich. 4, 1-2).
5. Jérusalem deviendra la première ville de toute la terre, le centre de toutes les nations (Mich. 4, 1-8; Es. 2, 2-4). Les lois nécessaires à la bonne marche de toutes choses sortiront de cette cité bénie qui s'agrandira considérablement (Jér. 31, 38-40; Zach. 14, 10).
6. Le pays subira des modifications topographiques (Joël 3, 18; Zach. 14, 4 et 8), ce qui favorisera la fertilité du sol (Es. 29, 17; Ez. 34, 27). Il y aura abondance de pluie (Es. 30, 23-25), signe de bénédiction dans l'Ancien Testament. Le pays sera partagé selon les tribus (Ez. 47,21 et 48,1-7).
7. Toutes les ruines des villes détruites disparaîtront pour faire place à des constructions nouvelles et magnifiques. Le sol sera de nouveau labouré (Ez. 36, 33-38).
En vertu du sacrifice de Jésus-Christ, par lequel toutes les prophéties s'accompliront, nous entrevoyons déjà maintenant
-un p e u p l e renouvelé
-une v i l l e renouvelée
-un p a y s renouvelé
-un t e m p l e renouvelé
-des n a t i o n s renouvelées.
Les promesses faites à Abraham trouveront leur double accomplissement: les nations seront bénies en la semence d'Abraham, c.-à-d. en Jésus-Christ, et Israël sera en bénédiction aux nations.
Lecteur, le Seigneur Jésus va revenir, es-tu prêt? Nous te supplions de faire la paix avec Dieu, en acceptant Jésus-Christ comme ton Sauveur.

Source : http://www.promesses.org/arts/7p132-135f.html

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La mission du Paraclet du monde

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La mission du Paraclet du monde

La mission du Paraclet du monde

F. Horton

Mais moi, je vous dis la vérité: il vous est avantageux (utile, profitable) que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. Mais si je pars, je vous l'enverrai. Et celui-là, étant venu, convaincra (confondra, accusera) le monde à propos de péché et à propos de justice et à propos de jugement: à propos de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; à propos de justice, parce que je me retire vers le Père et vous ne me contemplerez plus; à propos de jugement, parce que le prince de ce monde a été (et reste) jugé.

(Jean 16,7-11)

Avec cet article nous laisserons provisoirement de côté le thème du Saint-Esprit dans le croyant pour ouvrir une parenthèse sur Son oeuvre dans le monde. Comme il s'agit d'un texte présentant quelques difficultés d'interprétation, nous le soumettrons à un examen exégétique mot par mot et phrase par phrase, en nous excusant auprès du lecteur d'un exercice intellectuel qui, quoique ardu peut-être, devrait nous conduire à des conclusions pratiques et utiles.

ET CELUI-LA, ETANT VENU...

Ce début de phrase fait allusion à l'époque subséquente à la venue de l'Esprit dans le monde après l'ascension de Jésus, c'est-à-dire à notre époque, celle de l'Eglise, qui va de la Pentecôte jusqu'au retour du Christ.
-c o n va i n c r a. ..L'idée est complexe et renferme plusieurs prérogatives divines: le droit d'examiner, d'accuser et de réprouver, la capacité de prouver les accusations faites, la compétence de convaincre, l'autorité de rendre un jugement et de condamner, la puissance de punir. Cependant, cette conviction divine n'aboutit pas forcément à la condamnation, car elle est en même temps un appel à la repentance, appel qui peut être ou ne pas être entendu. C'est par grâce que l'Esprit convaincra, dans un but miséricordieux!
- l e m o n d e...,
dans le sens de l'humanité séparée de Dieu, organisée par Satan sur une base égoïste de révolte contre Dieu.
-à propos de péché et justice et à propos de jugement. ..,
Tout ce qui est nécessaire pour déterminer l'état religieux de l'homme est compris dans ces trois catégories, lesquelles, d'ailleurs, sont rangées dans un ordre logique. En premier lieu, l'homme est présenté comme un être déchu; ensuite paraissent les deux puissances spirituelles qui contestent l'hégémonie sur lui: le Christ, élevé au trône de gloire, et le prince, déjà jugé, de ce monde. Sous un autre angle, on peut dire que la conviction du péché conduit l'homme à un choix entre deux possibilités: obtenir la justice du Christ, ou subir le jugement avec Satan. L'homme est central lorsqu'il s'agit du «péché», tandis que la mention de «justice» nous rappelle que seul Christ est juste, et le mot «jugement» nous apprend que le diable est déjà jugé.
Il est significatif, en rapport avec la triple oeuvre de conviction accomplie par l'Esprit, de comprendre les circonstances dans lesquelles Jésus a prononcé ces mots. Le monde d'alors, religieux, aveuglé par des notions totalement fausses de péché, de justice et de jugement, se persuadait qu'il était lui-même juste (Luc 18, 9), accusait Jésus d'être un pécheur (Jean 9, 24) et un... malfaiteur (18, 30), et le jugeait en disant qu'Il méritait la mort (Matthieu 26, 66). Remarquons que ces notions n'étaient le monopole, ni de cette époque-là, ni de la masse! Il s'ensuit que l'oeuvre du Paraclet, de l'Avocat de Dieu auprès des hommes, ne serait rien moins qu'un renversement spectaculaire et absolu des valeurs, conduisant ceux qui, parmi les hommes, voudraient bien se repentir (c'est-à-dire, littéralement, c h a n g e r d'a v i s) à reconnaître qu'en réalité ce sont eux-mêmes les pécheurs, que Jésus est le Juste, et que le jugement véritable est celui prononcé par Dieu contre le prince de ce monde. Une oeuvre miraculeuse de redressement, à la mesure de Dieu le Saint-Esprit, aboutissant à une révolution profonde dans la pensée et l'attitude du coeur de l'homme!

A PROPOS DE PECHE, PARCE QU'ILS NE CROIENT PAS EN MOI. ..

Le refus de croire en Christ (c'est-à-dire de Le reconnaître pour ce qu'Il est, Lui faire confiance et se soumettre à Son autorité) est la racine de tout péché. Car l'essence même du péché consiste en une auto-déification, en une déclaration d'indépendance par rapport à Dieu et à Son Christ, en un refus d'accorder à Jésus Ses droits sur Sa créature de Rédempteur et de Maître. Comme ce péché est d'ordre spirituel et que la conscience de l'homme reste insensible, impuissante et silencieuse devant lui, seul l'Esprit, au travers de la parole écrite et parlée, peut révéler à l'homme le caractère véritable et la gravité de son incrédulité, lui montrer sa condition de révolté et le laisser sans excuse.

A PROPOS DE JUSTICE, PARCE QUE JE ME RETIRE VERS LE PERE...

L'oeuvre historique de Jésus-Christ, depuis l'Incarnation jusqu'à l'Ascension, en passant par Sa Vie, Sa Mort et Sa Résurrection, établit une fois pour toutes un critère définitif et absolu de la Justice. L'obéissance du Seigneur, Son accomplissement parfait de la Loi, la conformité absolue de Sa vie à l'idéal divin, la Croix..., tout cela est une manifestation complète de justice par rapport à Dieu et à l'homme. Ayant achevé l'ouvre que le Père lui avait donné à faire, Il se retire, non pas simplement au ciel, mais vers Celui même qui l'avait envoyé, en signe d'un accomplissement auquel rien ne manque. Dans leur terrible aveuglement, les hommes avaient condamné le Christ; par l'Ascension, le Père donne la preuve qu'Il agrée la perfection de Sa personne et de Son OEuvre, ce dont la venue ultérieure de l'Esprit est aussi un signe éclatant. Et maintenant, dans Son ministère d'Avocat auprès du monde, le paraclet rend témoignage à la Justice de Christ et à la possibilité offerte à l'homme de participer à cette Justice, en Lui.
-et vous ne me contemplerez plus...
Idée d'un changement dans le mode d'existence.

A PROPOS DE JUGEMENT, PARCE QUE LE PRINCE DE CE MONDE A ETE (ET RESTE) JUGE. ..

Au moment où celui qui incarne l'esprit du monde - ses idées de péché, de justice, de jugement, de succès et de faillite - croit avoir triomphé, semble, à vues humaines, avoir triomphé par la «perte» du Christ, à ce moment même et par cet acte-là, il a en réalité perdu, il a été jugé, et son jugement est définitif. Dans Sa défaite apparente, le Christ a remporté la victoire des siècles, victoire dont la consommation est sûre. Cela aussi, le Paraclet doit le faire comprendre aux hommes: la victoire de Jésus est acquise et le jugement du prince de ce monde est un fait accompli. Partant, le triomphe final de la Justice ne sera qu'une conséquence de ce qui est déjà réalisé, et les actions des hommes seront passées en revue par le grand Vainqueur à qui le Père a remis tout jugement.

Quelles conclusions pratiques pouvons-nous tirer de ces versets magnifiques? D'abord, ils résument l'action du Saint-Esprit sur une vaste échelle dans le monde, action pour la plupart cachée et mystérieuse, qui passe sans doute par l'Eglise lorsque celle-ci se laisse utiliser dans la soumission et la fidélité, mais qui peut aussi se poursuivre indépendamment de l'Eglise, voire malgré elle.
Ensuite, reconnaissons que cette oeuvre de conviction est une oeuvre surnaturelle, miraculeuse, impossible à tous sauf à Celui qui seul possède l'autorité, la puissance et la mission divines, Dieu le Saint-Esprit. Enfin, puisque seul le Paraclet peut éclairer, convaincre et opérer ce changement d'avis bouleversant qu'est la repentance, ne confondons pas les rôles! N'essayons pas de nous arroger Son travail, de vouloir convaincre nos interlocuteurs. Gare au danger des techniques psychologiques de persuasion! A L u i de c o n va i n c r e ; à n o u s de d é c I a r e r la Bonne Nouvelle, de t é m o i g n e r dans un esprit d'humilité, de dépendance, de prière, en comptant sur Lui pour rendre fructueux nos pauvres balbutiements.

(Note: cette étude doit beaucoup au commentaire de B. F. Westcott sur l'Evangile de Jean.)

Source : http://www.promesses.org/arts/6p118-120f.html

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Equilibre spirituel

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Equilibre spirituel

Equilibre spirituel

R.H. Guignard
adapté de «Christian Sanity» du Dr A. T. Scofield
Editions Oliphants

Pour comprendre ce que l'on entend par «équilibre spirituel», quelque définition serait indispensable. D'autres expressions peuvent nous aider: raison saine, esprit sain, sain jugement, maturité d'esprit. Or, la Parole de Dieu nous certifie que le chrétien est passé des ténèbres à la lumière. Il reçoit ce qu'il avait perdu à la chute: il entre à nouveau en communication avec son Créateur. Retrouvant la position à laquelle il était primitivement destiné, ne découvrirait-il pas là la base d'une maturité spirituelle équilibrée?
Notre siècle est celui de l'instruction généralisée. Le chrétien, quel qu'il soit, participe à ce flot de connaissances. Les revues, les livres, les éditions de poche attirent l'acheteur. Des séries de volumes luxueux se succèdent, apportant les renseignements les plus divers à nos portes, dans nos bibliothèques. Savons-nous choisir nos lectures? Notre génération, si bien protégée par un réseau d'assurances de tout genre, souffre d'un vide indéfinissable: son âme est insatisfaite; elle cherche des émotions fortes pour meubler sa vie, des lectures à sensation pour occuper son intellect, sa pensée. Parlant de ses messages délivrés récemment à Londres, Billy Graham disait ceci: «Nous ne recevons guère de réponse de la part de la vieille génération: mais cette jeune génération, avec tout son exhibitionnisme, est spirituellement desséchée, elle cherche un but pour sa vie.» La Bible dit qu'elle est égarée (2 Pi. 2, 18).

DES COURANTS INSENSÉS

De tous temps, la religion chrétienne a été secouée par des courants d'idées n'émanant pas de son sein. «De faux docteurs introduiront sourdement parmi vous, des hérésies pernicieuses qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux-mêmes une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dérèglements, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux» (2 Pi. 2, 1-3}. Aujourd'hui, plus encore qu'hier, de par la diffusion énorme de la page imprimée, les doctrines les plus diverses sont enseignées, attirant les uns, écartant le plus grand nombre du chemin du temple ou de la chapelle, de la recherche de la vérité, du salut éternel. (Voir Rom. 1, 18-32.} Or, parce que nous révérons Jésus-Christ, notre voeu est que son Nom soit béni, loué, dans la dignité et le respect qui conviennent au Maître de l'univers.
«Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le Diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer» (1 Pi. 5, 8}. «Soyez sobres et vigilants pour vous livrer à la prière» (1 Pi. 4, 7}. Dans sa seconde épître, l'apôtre Pierre fait preuve du même souci : «Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vous ne soyez entraînés, vous aussi, dans l'égarement de ces pervers» (3, 17}. Nous sommes avertis; prévenir vaut mieux que guérir.
Le chrétien ne peut fermer les yeux, ne pas voir le profond besoin de ses contemporains, sans chercher à apporter quelque certitude, un havre dans la course, un repos dans le combat! La Parole de Dieu nous y invite.

AVEC ORDRE ET BIENSÉANCE

Dieu, dans sa parole et par le sacrifice de son Fils, nous offre amour, pardon, liberté et vie éternelle. Dans le Nouveau Testament, les lois, les règles, les commandements sont peu nombreux. «Je mettrai ma loi au-dedans d'eux, dit l'Eternel, et je l'écrirai dans leur coeur» (Jérémie 31, 34). Cette parole est pour tous les hommes, pour toutes les races. Tous, peuples et tribus, langues et nations doivent s'y trouver à l'aise. Ce n'est pas une question de couleur de peau, mais d'obéissance ou de désobéissance à des lois d'origine divine. Le psychanalyste décrit le conscient, le subconscient, et plus encore l'inconscient collectif. Nous ne sonderons pas cette voie. Mais le fait est que nous avons beaucoup reçu de nos aïeux - qu'ils nous ont formés, que nous sommes leur héritage (1 Pi. l, 18). Aussi nos pensées, nos réactions à la vie, aux circonstances sont différentes. Or, en tous pays, la Parole enseigne: «Soyez sobres, veillez», ou aussi, après une longue exhortation ecclésiastique: «Que toutes choses se fassent avec ordre et bienséance.» Cela peut se comprendre partout, sous toute latitude. Cette recommandation ne doit pas être interprétée d'une manière rigide, mais avec chaleur et amour, dans la liberté qui caractérise des sentiments vraiment chrétiens.

CHANGER DE CHEMIN

Nombreux sont ceux pour qui le sentiment religieux n'est qu'illusion. Ils estiment toute preuve ou manifestation de vie spirituelle, d'espérance pour l'au-delà comme fantaisies et extravagances, travail de l'imagination. Cependant, de multiples accusations contre le christianisme ont été trouvées fondées et, aux yeux de chrétiens sérieux, comme à ceux d'observateurs impartiaux, bien des manifestations ont jeté un discrédit sur le chemin qui mène à Christ.
Selon les versets bibliques cités plus haut, les «dérèglements) ont une double origine.
1. Un manque d'éducation, de connaissances bibliques, de sagesse de la part du chrétien.
2. Un faux enseignement dispensé par un ennemi, soit l'action décrite par les paraboles de l'ivraie et du bon grain et celle du levain.
D'après Romains 1, l'homme normalement intelligent sait et peut décider de sa voie. Un converti au christianisme change de voie. Il est compréhensible qu'il ne puisse être un modèle de vie morale, de séparation du mal dès le jour où il accepte et reçoit l'assurance du salut divin. Ses facultés de compréhension, sa pensée, son entendement ne sont pas gouvernés, dès la première heure, par les lois de l'Evangile. Mais Dieu a pitié des petits et des faibles.
Prenons note qu'il faut un certain courage, un acte de volonté, une détermination accusée pour se reconnaître pécheur, venir à Dieu et lui demander pardon. Si, aux yeux de quelques-uns, semblable décision peut paraître tout d'abord illogique, insensée, si elle est accompagnée de troubles psychologiques, faisons, nous chrétiens, la part des circonstances éventuelles. Trop souvent, nous sommes enclins à passer d'un jugement extrême à l'autre, alors que seul l'être humain est en cause.

UN SAIN RAISONNEMENT

«Ne jugeons pas, afin de n'être pas jugés.» En revanche, nous sommes appelés à discerner, c'est-à-dire à utiliser notre capacité de raisonnement. Les Ecritures nous aident à cet effet. Elles nous parlent de bon sens, sobriété, raison, modestie, contrôle personnel ou contrôle de soi-même, sagesse, modération, d'équilibre spirituel vécu. En Tite 2, 12, la grâce de Dieu nous enseigne à être sobres quant à nous-mêmes, justes quant au prochain et pieux envers Dieu.
Pour nous diriger dans cette étude, nous prendrons, dans la Parole, un mot grec qui apparaît douze fois (il y en a d'autres que nous verrons par la suite). Ce mot, «sophron», a été rendu de diverses façons: bon sens, raison, sobriété, modestie, etc. Nous le soulignerons dans les versets qui suivent.

Actes 26, 25
«Je ne suis point fou, très excellent Festus, réplique PAUL; ce sont au contraire des paroles de vérité et de bon sens que je prononce.» Les mots «bon sens» sont utilisés en opposition avec le mot «fou». Il s'agit ainsi de paroles saines,

Romains 12, 3
«Par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun de vous de ne pas avoir de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes.» Le chrétien apprend qu'il fait partie d'un corps spirituel, au milieu duquel il est appelé à jouer un rôle empreint de modestie, en ayant égard à la majesté de Celui qui est la tête, Christ. Les sentiments sont formulés en pensées, lesquelles doivent être modestes, raisonnables.

2 Cor. 5,13
«En effet, si je suis hors de sens, c'est pour Dieu; si je suis de bon sens, c'est pour vous.» L'apôtre nous dit que quelles que soient ses manifestations de joie en adorant Dieu, ou quelle que soit l'appréciation ou la moquerie de l'incrédule, rien ne l'empêche de continuer; c'est pour Dieu. D'autre part, quels que soient son zèle, son allégresse dans son service envers l'homme, un sain raisonnement est toujours ce qui convient. Ce verset nous dépeint le comportement de l'apôtre dans son service."

1 Tim. 2, 9-10
«Je veux aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie ...se parent de bonnes oeuvres.» Un sain équilibre convient aux épouses, aux soeurs en Christ. Cette attitude décente et respectueuse de la part de celles qui font profession de servir Dieu, est placée en contraste avec les richesses éphémères et la gloire passagère de ce monde.

2 Tim. 1, 7
«Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse.» Trois qualités, formant un tout harmonieux, nous sont présentées dans ce verset: ce sont les traits essentiels du caractère du chrétien. L'esprit de force (puissance spirituelle) est souvent une excuse pour certaines extravagances de conduite; dans ce cas, nous ne pouvons donner notre accord. L'amour, de même, est supposé être parfait s'il excuse toutes sortes d'excès sans les blâmer; là aussi, nous disons: non. Le troisième élément, la «sagesse», un sage équilibre, une discipline personnelle, est là pour maintenir une juste balance.
Cependant, notons-le bien, ce sain équilibre est de peu de valeur s'il n'est pas le chevalier-servant des deux grandes qualités mentionnées: 1'«esprit de force», soit la puissance spirituelle, base de la vie, ainsi que «l'amour» qui en assure la direction. «Nous ne cessons de prier Dieu pour vous et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelles, pour marcher. ..»

Tite 1,8
«II faut que le surveillant (évêque) ...soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant. ..».II s'agit des qualités essentielles pour le service au sein de l'église. Le surveillant (ou aussi ancien) .doit faire preuve de modération en tout.

Tite 2, 2
«Dis que les vieillards doivent être sobres, honnêtes, modérés, sains dans la foi, dans la charité, dans la patience.» La recommandation ci-dessus est peut-être la plus simple à suivre. L'ardeur des jeunes années est atténuée, la vigueur de la maturité est passée; il est alors facile d'être modéré. Le vieillard chrétien est amené à considérer la vie avec bon sens et raison.

Tite 2, 5
«Les jeunes femmes. ..à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques. ..». Equilibre dans le mariage, afin, dit l'Ecriture, «que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée». Face à la révélation de la grâce divine, l'épouse est invitée à comprendre sa charge de mère de famille, en considérant la grande responsabilité à elle confiée.

Tite 2, 6
«Exhorte de même les jeunes gens à être modérés. ..». Vraiment, cette expression a sa place, dans l'enseignement biblique, sur tous les plans de la vie chrétienne. On ne concevrait pas la jeunesse chrétienne sans de l'enthousiasme, du zèle et de la piété. La Parole ajoute encore ce terme, la modération. Combien il est important que le nom de Christ soit honoré par la conduite et par le caractère de ceux qui se disent ses disciples! Il saute aux yeux qu'un sain équilibre manifesté par la jeunesse chrétienne est un puissant témoignage pour Christ.

Tite 2,11-12
«La grâce de Dieu. ..nous enseigne à vivre dans le présent siècle selon la sagesse, la justice et la piété.» Il s'agit là de notre comportement quant à nous-mêmes, quant à notre prochain et quant à Dieu. Quant à Dieu, pieux; quant au prochain, justes; quant à nous-mêmes, sages. ..dans le présent siècle.

1 Pi.4,7
«La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres, pour vaquer à la prière.» Le mot «sophron» est de nouveau rendu par sage, soit une sage intelligence. La dernière mention de ce mot dans le Nouveau Testament est en rapport avec «la fin de toutes choses». L'apôtre Pierre, dans sa deuxième épître, nous donne la raison de cette exhortation. Les derniers temps (il s'agit certainement de la fin de la présente période de grâce) sont dépeints comme des temps de désordre, des jours où un sain équilibre fait défaut, où sobriété et modération nous sont vivement recommandées.
Le trait de caractère dépeint par ce mot - équilibré - est recommandé aux jeunes hommes, aux jeunes femmes, aux femmes mariées, aux vieillards, aux surveillants. Il concerne la conduite, les charges dans l'église, l'intelligence, le service, la pensée, la parole, en un mot la vie entière du chrétien. «Que toutes choses se fassent avec ordre et bienséance.»

Source : http://www.promesses.org/arts/5p95-99f.html

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