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Le blog de Dr André CHOUBEU

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Qu'est-ce qu'un chrétien ?

10 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Qu'est-ce qu'un chrétien ?

Qu'est-ce qu'un chrétien ?

par Philémon Mabanga, Kinshasa

Dans le siècle présent, nous employons mal ce terme de chrétien, parce que, au fond, nous ne comprenons pas l'origine et la signification de ce mot. Il se peut que nous nous sommes écartés de ce que dit la Bible à ce propos, même si nous chantons de nos bouches que nous sommes des chrétiens. Cependant, notre vie ne correspond pas à ce que nous disons. Si cela est le cas, alors nous sommes comme les pharisiens et les scribes auxquels Jésus a dit: «Ce peuple m'honore de ses lèvres, mais son coeur est éloigné de moi» (Mat. 15, 8).
C'est pourquoi je vous invite, vous et moi, à voir ce que dit la Parole de Dieu à ce sujet. Etudions-la au sérieux et demandons à Dieu de nous accorder sa sagesse spirituelle pour bien comprendre ce terme de «chrétien» que nous portons.

La signification de ce terme et son origine
Le terme «chrétien» trouve son origine en Christ; il vient promptement de Christ! C'est le diminutif du Christ, par exemple un grand manguier à côté d'un petit manguier. Mais les deux ont la même nature, parce que le petit manguier provient du grand manguier. Il en est ainsi pour Christ avec nous qui sommes les chrétiens. Si Christ en est l'origine, nous qui portons son nom devons donc nécessairement être semblables à l'original, Christ notre modèle.

Qui est un chrétien?
Etre un chrétien, c'est exactement être un disciple de Christ, Le suivre, marcher sur le même chemin que Lui-même a suivi durant son séjour ici-bas. Il est très intéressant de savoir que ceux qui suivaient le Christ dans l'église primitive portaient le nom de disciples de Christ. Mais c'est à Antioche que les disciples du Seigneur furent pour la première fois nommés chrétiens. Il faut noter que les gens qui les ont nommés chrétiens étaient des païens. Pourquoi? Parce qu'ils ont trouvé que chez les chrétiens, les empreintes de Christ se sont manifestées dans leur vie. Les gens d'Antioche ont vu comment les nouveaux convertis se sont attachés à Christ, en se réclamant de Christ. Leur vie tout entière présentait leur Seigneur. Ils étaient vraiment les disciples de Christ, ils étaient ses élèves attentifs dans son école, ils n'étaient pas seulement les écouteurs, mais ils pratiquaient ce qu'ils apprenaient dans son école, et ils imitaient l'exemple de leur Maître. A savoir, son amour, son humilité, sa douceur, sa miséricorde, sa soumission à la volonté de son Père, sa sainteté, etc. Les premiers chrétiens dans l'église primitive pratiquaient cela (Actes 2, 41. 42). «Ceux qui acceptèrent sa parole (celle de Pierre) furent baptisés. ..Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres. ..». Pour cette raison, les gens d'Antioche les nommèrent sans aucun doute les chrétiens, parce que leur vie présentait l'image de Christ.

Semblable à Christ
«Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né d'entre plusieurs frères». Notez bien ce point très important: «être semblables à l'image de son Fils. ..et il est le premier-né d'entre plusieurs frères». Semblables à LUI, le Fils éternel de Dieu; nous les chrétiens sommes appelés ses frères, issus du même Père. Naturellement, le Fils de Dieu, Christ, nous a précédés; c'est par Lui que nous avons reçu l'adoption filiale. Cette conformité au Fils par excellence donne l'image de «fils» à nous les chrétiens. Conformés au Christ en fait, nous sommes conformés au Christ, «car Dieu qui a dit: 'Que la lumière brille du sein des ténèbres!' a fait aussi briller sa lumière dans nos coeurs, afin que resplendisse en la personne de Jésus-Christ la connaissance de la gloire de Dieu» (II Cor. 4, 6). Ainsi, maintenant, co-héritiers avec Christ, nous sommes appelés «frères» de Christ (Rom. 8, 17 et 29).

Semblable à Christ pour... obéir
Celui qui est chrétien doit se soumettre à la volonté de Dieu, comme Jésus l'a fait. Il est un devoir pour nous d'obéir à la volonté de Dieu: Pourquoi est-il indispensable pour un chrétien de faire la volonté de Dieu? Ecoutons ce que Jésus a dit: «Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul (un vrai chrétien) qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux» (Mat. 7, 21).

Un sceau vivant
Un chrétien est celui qui a l'Esprit de Christ. Pourquoi? Ecoutons ce que dit l'apôtre Paul sous l'inspiration du Saint-Esprit: «Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas» (Rom. 8, 9). Si l'Esprit de Christ ne domine pas notre vie, afin que nous sachions faire la volonté de Dieu, alors les péchés auront pouvoir sur nous (Rom. 7, 14-21). Sans l'Esprit de Christ, nous ne serons pas capables d'accomplir la volonté de Dieu et nous ferons tant de choses qui ne seront pas agréables à ses yeux!

Baptisé en Christ
L'apôtre Paul, sous l'inspiration divine dit: «Vous tous, qui avez été baptisés» en Christ, «vous avez revêtu Christ». Notez bien la préposition «en», être baptisé en Christ veut dire, entrer dans la communion en lui dans sa mort, dans son ensevelissement et dans sa résurrection (Gai. 3, 27; Rom. 6, 3-5). Un chrétien s'est introduit en Christ, donc c'est la nature du Christ qui est intégrée dans sa vie. C'est pourquoi un chrétien doit marcher en «nouveauté de vie», la nouvelle vie en Christ doit se manifester. «Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici toutes choses sont devenues nouvelles» (2 Cor. 5, 17).
Le baptême d'eau est ainsi, pour le nouveau converti, l'affirmation et la manifestation publique de ce que le baptême de l'Esprit a produit au fond du coeur. Il veut montrer, d'un façon extérieure, qu'à partir de ce moment, il appartient à Christ, il lui est associé. Ses membres sont devenus les membres de Christ. Etant uni au corps de Christ, toutes les choses qui se sont manifestées en Jésus, la tête, doivent aussi se manifester chez le chrétien, le corps. Uni à Christ, il doit manifester qu'il est «mort au péché», sh vie actuelle doit être une vie nouvelle, en un mot, vivre pour Christ.

Comme conclusion,
le chrétien est un disciple de Christ; il le suit, il fait ce qu'il dit, il suit son enseignement, il fait la volonté de Dieu. Mort avec Christ, il vit pour Christ, en «nouveauté de vie».

Source : http://www.promesses.org/arts/14p306-308f.html

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Le Saint-Esprit et l'évangélisation

8 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le Saint-Esprit et l'évangélisation

Le Saint-Esprit et l'évangélisation

René Pache

Evangéliser, c'est apporter..à tout homme perdu la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Pour accomplir une tâche si vaste et si difficile, la présence et l'assistance du Saint-Esprit sont indispensables. «Sans moi, dit le Seigneur, vous ne pouvez rien faire». Les efforts de propagande, les dépenses matérielles, les prédicateurs doués, les discours entraînants, les réactions des foules, tout cela n'est rien sans l'intervention efficace de l'esprit de Dieu.
Ayant donné à ses disciples le grand mot d'ordre missionnaire, Jésus leur recommande de ne pas s'éloigner de Jérusalem avant d'avoir reçu la puissance du Saint-Esprit, par laquelle ils seront ses témoins jusqu'aux extrémités du monde (Act. l, 4. 8). Ne leur avait-il pas déjà dit dans la chambre haute: «L'Esprit de vérité. ..rendra témoignage de moi; et vous aussi, vous rendrez témoignage» (Jn 15, 26-27)?

Voyons en quoi l'action de l'Esprit est tellement indispensable.

1. Le Saint-Esprit convainc de péché. Dieu a promis de parler au coeur et à la conscience de tout homme. Nous, nous agissons de l'extérieur; Il le fait, Lui, de l'intérieur. Jésus promet que l'Esprit consolateur convaincra le monde en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en Lui (Jn 16, 8-9). Nous pouvons accuser l'homme au nom de la loi, et produire en lui une terreur qui n'est pas la vraie repentance. Seul le Consolateur, sans le révolter, le rendra conscient de ses fautes, du péché qu'il a commis contre l'amour du Sauveur qu'il attriste en Le repoussant.
Après le discours de Pierre, le jour de la Pentecôte, ses auditeurs, ayant «le coeur vivement touché», se repentent et sont sauvés (Act. 2, 37-41). Lydie est attentive aux paroles de Paul, parce que le Seigneur lui a «ouvert le coeur» (Act. 16, 14). Voici la première chose que nous voulons voir dans nos efforts d'évangélisation.

2. Seul, l'Esprit régénère. «C'est l'Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien» (Jn 6, 63). Nous pouvons essayer de parler, convaincre, encourager, donner un vernis de piété, jamais nous ne produirons le miracle de la résurrection spirituelle. Il y aura peut-être des décisions, des statistiques encourageantes, mais aussi beaucoup de déchets, si l'Esprit ne produit en chaque individu la nouvelle naissance sans laquelle nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Sur l'ordre du Seigneur, nous L'invoquons avec Ezéchiel: «Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent!» (37, 9).

3. Le Saint-Esprit baptise, en ajoutant le croyant à l'Eglise. L'un des points les plus faibles des efforts d'évangélisation est que trop de convertis veulent ensuite conserver une totale indépendance. Ils ne trouvent pas d'église locale parfaite, et ne consentent à s'engager nulle part. Or, le Seigneur ajoute chaque jour à l'Eglise ceux qui sont sauvés (Act. 2, 47). Tous les croyants ont été «baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps» (1 Cor. 12, 13). Jusque-là séparés de Dieu et des hommes, ils meurent avec Christ pour revivre avec Lui. Etant plongés en Christ, ils sont unis à la tête et en même temps à tous les autres membres du corps, qui est l'Eglise. Notre travail d'évangélisation se perdra dans la dispersion, si nous ne contribuons pas à établir ensemble sur le seul fondement des pierres vivantes, régénérées par la Parole, unies entre elles et scellées par le Saint-Esprit.

4. Le don de l'Esprit est accordé à toute personne régénérée. Nous venons de parler de la mortalité terrible qui frappe les prétendus «convertis» de nos campagnes d'évangélisation. A quoi l'attribuer, sinon au fait que l'expérience de ces personnes était seulement partielle? Peut-être ne leur avait-on prêché qu'un message élémentaire, mais non «tout le conseil de Dieu sans en rien cacher» (Act. 20, 27)? Le nouveau-né dans la foi subit aussitôt les terribles assauts de Satan et du monde, qui s'efforcent de le reconquérir. Il n'aura jamais la force de leur résister, s'il n'a la conviction que celui qui est en lui est plus fort que celui qui est dans le monde (1 Jn. 4, 4). Et comment vivrait-il la vie chrétienne s'il n'a pas reçu par la foi le don du Saint-Esprit, promis à tous ceux qui se repentent et qui croient (Act. 2, 38-39; 5.32; Gal. 3, 14)? Ne pas inclure ces certitudes dans le message dit d'évangélisation, c'est conduire les personnes les mieux disposées au légalisme et à la faillite.

5. L'Esprit enrôle chaque croyant au service du Seigneur.

Les progrès de l'Evangile suivront une progression géométrique si chaque converti devient à son tour un gagneur d'âmes. Dans le cas contraire, nous continuerons à avoir de rares spécialistes de l'évangélisation, qui s'exténueront en face d'une tâche impossible. Les quelques personnes «gagnées» ne feront aucun progrès, et seront rapidement perdues à nouveau pour l'oeuvre de Dieu.
En réalité l'Esprit-Saint fait de nous tous des témoins de Jésus-Christ (Act. 1,8). Partir sans être revêtu de la puissance d'En-Haut serait téméraire (Luc 24, 49). Mais ne pas ouvrir la bouche après avoir prétendument cru au Christ serait mettre en jeu son salut même (Rom. 10, 10).
Si un pays mobilise tous ses hommes, aucun d'eux n'a le droit de se dérober. De même, aucun chrétien ne peut refuser sa contribution à l'évangélisation du monde. Nous sommes en effet un sacerdoce royal, un peuple acquis, afin que nous annoncions les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 Pi. 2, 9).
Paul s'écriait: «Malheur à moi, si je n'annonce pas l'Evangile!» (1 Cor. 9, 16). Nous devons inculquer cette nécessité à tous ceux que nous amenons au Christ. Avec eux, soyons pénétrés de la joie ineffable et glorieuse qu'il y a de servir le Roi des rois. Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un Esprit de force, d'amour et de sagesse (2 Tim. 1,7).

6. L'Esprit qualifie tous les membres du corps de Christ pour une tâche particulière. Si l'appel est général, une oeuvre précise est confiée à chacun. Le Saint-Esprit la fait connaître clairement à l'intéressé et à l'Eglise. A Antioche, Il déclare: «Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés» (Act. 13.2). Paul lui-même dit aux anciens d'Ephèse: «Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques» (surveillants, Act. 20, 28).

L'oeuvre de Dieu est extrêmement difficile et redoutable. Nous n'avons en nous-mêmes aucune capacité. Mais, déclare Paul, notre capacité vient de Dieu. C'est Lui qui nous rend capables d'être ministres de la nouvelle alliance de l'Esprit. A chacun de ceux qu'Il a «baptisés» dans le corps de Christ, le Saint-Esprit accorde un don spirituel (1 Cor. 12, 7-11). Au point de vue qui nous intéresse, le don le plus précieux est évidemment celui d'évangéliste, dont Dieu fait cadeau non seulement à un homme, mais encore à son Eglise (Eph. 4, 11). «II a donné les uns. .. comme évangélistes». Que ce don-là est rare et pourtant indispensable! Les communautés religieuses ont leurs chefs et leurs prédicateurs, mais souvent, elles meurent faute d'avoir des hommes capables de faire naître des âmes à la nouvelle vie. Pour un Moody, un Spurgeon, un Billy Graham, que d'hommes peu doués, non pas tant humainement, mais spirituellement parlant! Il y a peu, très peu d'ouvriers capables d'évangéliser. Supplions donc le Maître de les susciter, de les qualifier par son Esprit, et de leur accorder une ample moisson d'âmes. Quant à nous, constituons avec humilité l'équipe qui saura les entourer, et faisons résolument notre part, peut-être cachée, dans ce merveilleux travail. «Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne» (Jn 4, 37). «Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. Car nous sommes ouvriers avec Dieu» (1 Cor. 3, 8-9). Il va sans dire que toute participation à une telle oeuvre n'est possible que grâce au don spirituel départi à chacun.
Ajoutons enfin que, quelle que soit notre spécialisation dans la tâche, le don par excellence qui valorise tous les autres est celui de l'amour. Nous n'évangélisons pas assez, nous gagnons peu d'âmes, nous n'attei-gnons guère notre génération, parce que nous ne savons pas aimer. Un amour brûlant pour les perdus animait tous les grands évangélistes. Ecoutons l'apôtre Paul: «L'amour de Christ nous presse. ..C'est dans une grande affliction, le coeur angoissé, et avec beaucoup de larmes, que je vous ai écrit. ..afin que vous connussiez l'amour extrême que j'ai pour vous. ..Je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je en vous aimant davantage, être moins aimé de vous» (2 Cor. 5, 14; 2, 4; 12, 15).

Voici la voie par excellence! Pour nous, qui en sommes si éloignés, la seule solution est que l'amour de Dieu soit répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Rom. 5, 5).

7. Le Saint-Esprit dirige toute la stratégie missionnaire. Le «Consolateur», qui doit nous conduire dans toute la vérité, ne le fait pas seulement sur le plan de la doctrine; Il désire nous mener en tout sur le chemin de la volonté divine. Il révèle à l'Eglise ses plans pour l'oeuvre de conquête, et tient fermement dans sa main ses serviteurs dociles. Tout d'abord, nous l'avons vu, c'est l'Esprit qui met à part des personnalités choisies, comme Barnabas et Saul, les appelle et fait reconnaître cette vocation par l'Eglise (Act. 13, 2-3). Lorsque les païens commencent à se convertir en foule, il s'agit de savoir à quelle condition ils seront admis dans l'Eglise: se feront-ils Juifs en observant la loi de Moïse, ou recevront-ils la grâce de Dieu simplement par la foi? Après délibération, l'Eglise peut dire à ces païens convertis: «II a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne pas vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire» (15, 28). Paul et ses compagnons entreprennent ensuite leur deuxième voyage missionnaire, guidés pas à pas par le Seigneur: ils sont empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la Parole dans l'Asie, puis l'Esprit de Jésus ne leur permet pas d'entrer en Bithynie (16.6-7). Nous ne citons pas en détail tous les passages d'après lesquels Dieu intervient directement pour faire passer Paul en Europe, l'encourage à Corinthe, lui confirme sa volonté de l'envoyer à Rome, lui fait connaître qu'il échappera au naufrage et comparaîtra devant César. Paul résume tout cela en disant qu'il s'en va lié par l'Esprit (20, 22) et aussi averti par l'Esprit de ville en ville de ce qui va lui arriver (v. 23).
Quelle leçon pour nous! Notre vision est rétrécie, nous piétinons sur place, nous atteignons mal les centres stratégiques, nous manquons de plans à long terme, nous sommes bloqués par le premier obstacle venu: tout cela parce que le Saint-Esprit n'est pas notre unique stratège et entraîneur. Puissions-nous désormais Le laisser nous lier et nous conduire où Il voudra sur les chemins de la Croix, jusqu'à la complète victoire!

8. L'Esprit aide l'évangéliste à délivrer son message. Parlant, non pas de prédication, mais de témoignage en temps de persécution, le Seigneur disait à ses disciples: «Quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même; car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous» (Mat. 10, 19. 20). On a abusé de ce verset dans certains milieux en disant que le prédicateur ne devait aucunement se préparer à l'avance, mais compter seulement sur l'aide instantanée de l'Esprit. Il n'en reste pas moins que le Seigneur accordera à ses serviteurs fidèles le secours de son Esprit aussi dans l'annonce de l'Evangile. Les hommes qui discutaient avec Etienne «ne pouvaient résister à sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait» (Act. 6, 9-10).
Dans un texte qui s'applique davantage à la rédaction de la révélation écrite, l'apôtre Paul déclare à propos des choses profondes du Seigneur: «Nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles» (1 Cor. 2, 13). Mais ne faut-il pas aussi la sagesse et le secours personnel de l'Esprit pour que le prédicateur parle avec le langage, le discernement, l'amour, le feu intérieur désirables? Pierre et Jean, hommes du peuple sans instruction, s'expriment avec assurance parce qu'ils sont remplis de l'Esprit (Act. 4, 8.13).

C'est aussi pour cela qu'ils s'écrient: «Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu» (v. 20). Après la première persécution, les disciples se réunirent, ils prièrent, et Luc ajoute: «Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance» (v. 31.). Dans une Eglise où les diacres eux-mêmes devaient être remplis du Saint-Esprit (Act. 6, 3.5), qu'attendait-on des évangélistes et des apôtres, aussi bien que des simples croyants? Nous touchons ici sans doute le secret de la vie débordante et de l'expansion irrésistible des premiers chrétiens.

D'autre part, quelle est l'unique arme du chrétien et du témoin de Jésus, si ce n'est «l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu?» (Eph. 6, 17). Il apprendra à la manier dans ta mesure où se réalisa pour lui le voeu de l'apôtre: «Que Dieu ...vous donne un Esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, et qu'Il illumine les yeux de votre coeur. ..» 1, 17-18). Que le Seigneur remplisse tout d'abord nos âmes, puis notre message, des richesses infinies de sa grâce et de sa puissance, et le rende de la sorte irrésistible.

L'évangéliste, comme tout témoin du Christ, a besoin d'être disponible et toujours prêt à laisser l'Esprit compléter son message, s'il le faut. Nous pouvons facilement tomber dans la routine, devenant les hommes d'un seul message et répétant toujours les mêmes choses familières. Ou bien, nous craignons d'aborder certains sujets peu populaires, de peur de paraître «négatifs» et d'éloigner la masse que nous voulons gagner. Jésus, au contraire, a parfois dévoilé ses plus hautes exigences précisément lorsque de grandes foules faisaient route avec lui, comme s'Il voulait opérer un triage parmi elles (par exemple en Luc 14, 25-27).

De façon analogue, l'Esprit avertit expressément l'Eglise et ses prédicateurs de l'apostasie des derniers temps (1 Tim. 4, 1-3). Paul développe à nouveau ce thème dans la deuxième lettre à Timothée (4, 1-5), annonçant que bientôt les hommes ne supporteront plus la saine doctrine et se retourneront vers les fables. Et n'est-ce pas frappant qu'aussitôt après, l'apôtre dise à son jeune ami: «Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'oeuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère»? (2 Tim. 4, 3-5).

Cela revient à dire que l'homme de Dieu a besoin d'une grande mesure d'esprit de discernement et de connaissance des besoins de son époque, pour savoir comment accentuer les diverses vérités de son message. Il est clair que si tout témoignage et tout message d'évangélisation sont ainsi inspirés, soulignés et complétés par l'Esprit, ils apporteront vraiment cette Parole du Seigneur qui ne retourne jamais à Lui sans effet.

9. La prière par l'Esprit, moteur de l'évangélisation. Nous oublions constamment que «nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais. ..contre les esprits méchants dans les lieux célestes» (Eph. 6, 12). Nous voulons bien proclamer le message de l'Evangile et chercher à persuader les incrédules, mais nous ne savons pas d'abord «lier l'homme fort» pour pouvoir ensuite lui arracher ses victimes. (Mat. 12, 29). Nous ayant exhortés à «prendre l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu», Paul ajoute: «Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. ..Priez pour moi, afin qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l'Evangile pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j'en parle avec assurance, comme je dois en parler» (Eph. 6, 17-20). L'intercession en faveur des évangélistes, des combattants en première ligne, voilà ce que nous voulons apprendre toujours mieux. Une intense préparation du terrain par la prière, un soutien de l'effort donné, un arrosage de la semence jetée, feront reculer l'adversaire et produiront des fruits abondants.

10. La démonstration d'Esprit et de puissance. «Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: soyez réconciliés avec Dieu!» (2 Cor. 5, 20-21). Quiconque a cette redoutable responsabilité ne peut se permettre de dire des platitudes, des mots humains dépourvus de l'onction d'En-Haut. Paul se trouvait à Corinthe dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement. Il a pu dire cependant: «Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu» (1 Cor. 2, 4-5). Il écrit aux Thessaloniciens: «Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, notre Evangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l'Esprit Saint, et avec une pleine persuasion» (1 Thess. l, 5).

Voilà ce que nous souhaitons ardemment pour tous nos efforts de prédications et d'évangélisation. Que Dieu nous garde de toute inflation verbale; qu'Il nous empêche de chercher à gagner le monde par les «discours persuasifs de la sagesse» ou par des paroles évangéliques sans efficacité. Examinons-nous nous-mêmes pour découvrir ce qui empêche l'Esprit d'agir en nous et par nous avec puissance. Reconnaissons sur quels points nous l'avons contristé, où nous avons prétendu évangéliser par des moyens et dans des buts charnels: par nos talents, nos efforts matériels, pour faire grandir notre communauté, pour attirer l'attention sur notre personne. Dieu nous a confié son trésor dans des vases de terre. C'est dans la mesure où nous porterons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus que sa vie aussi sera puissamment manifestée et transmise. Car nous voulons consentir à ce qui était l'expérience de Paul: «Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous» (2 Cor. 4, 12). C'est alors que, par la foi au Seigneur et la plénitude du Saint-Esprit, des fleuves d'eau vive couleront du sein de chacun d'entre nous.
Ce jour-là, nous n'aurons pas seulement une campagne d'évangélisation, mais un réveil de l'Eglise et une résurrection d'âmes perdues dans leur péché. Car «ce n'est ni par la puissance, ni par la force (des hommes), mais c'est par mon Esprit, dit l'Eternel des armées» (Zach. 4, 6).

Source : http://www.promesses.org/arts/14p298-304f.html

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Les leçons de la Croix (1)

25 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

  Les leçons de la Croix (1)

Les leçons de la Croix (1)

Vendredi 25 mars 2016

“Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font’’

Luc 23.34

Leçon numéro 1 : Pardonnez à ceux qui vous font du mal. Deux petits garçons jouaient ensemble quand l’un d’eux, par accident, frappa l’autre avec un bâton. Ce soir-là, la maman du garçon qui avait été blessé lui dit, alors qu’il s’apprêtait à se coucher : “Mon fils, avant de t’endormir, tu dois pardonner à ton camarade.” A contrecœur celui-ci répondit : “D’accord, mais à moins que je meure avant de me réveiller demain matin, il a intérêt à faire attention à l’avenir et à bien se planquer !” Nous sommes tous comme ce petit garçon : quand quelqu’un nous a blessés, nous trouvons difficile d’accepter qu’il l’a peut-être fait par inadvertance ou sans vouloir nous faire souffrir. Pourtant, après les coups de fouet, les heures d’humiliation et la douleur des clous sur la croix, Jésus a prononcé ces paroles extraordinaires : “Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font.” Pardonner signifie que l’on refuse de se considérer comme une victime. En refusant de garder une dent contre les autres ou de vous venger vous prouvez que vous n’êtes plus sous le contrôle de ceux qui vous ont fait du mal. Jésus a dit : “Priez pour ceux qui vous persécutent.

Matthieu 5.44). Dietrich Bonhoeffer, qui fut persécuté par les Nazis, a dit : “Dieu ne nous a jamais promis qu’en priant pour nos ennemis nous éviterions d’être exploités par eux. Ils continueront probablement à le faire, mais cela ne peut nous faire souffrir ni nous faire trébucher, tant que nous prions pour eux. En faisant cela nous leur donnons librement ce qu’ils ne peuvent se donner eux-mêmes !” Tony Campolo demande régulièrement aux étudiants non-chrétiens de l'université où il enseigne ce qu’ils savent des enseignements de Jésus. La réponse est invariablement : “Aimez vos ennemis.” Ce commandement demeure le meilleur exemple de ce qui différencie les Chrétiens des non-Chrétiens. Jésus a aussi affirmé : “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement” (Matthieu 10.8). Pratiquer le pardon est la réponse d’un cœur reconnaissant à Dieu pour avoir effacé une dette si grande qu’aucun paiement n’aurait pu l’acquitter.

Source : Sa Parole Pour Aujourd’hui du 25 Mars 2016

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LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LES CRISES … DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

LES CRISES …
DE QUOI FAUT-IL S’INDIGNER ?

Claude-Alain Pfenniger

Claude-Alain Pfenniger, marié, père de trois (grands) enfants, est professeur de langues. Il a exercé des fonctions pastorales en Suisse et a collaboré à la rédaction de diverses revues chrétiennes. Il est membre du comité de rédaction de Promesses depuis 1990.>

Sous la volée des crises qui nous frappent, beaucoup d’esprits flanchent. Nos lendemains s’annoncent tellement sinistres. Mais des voix se font entendre, tour à tour solennelles, avisées, expertes, rassurantes pour nous engager sur des chemins de salut. Qui suivre ? Nous écouterons en parallèle deux « urgentistes » de crises.

Le premier est le bouillant Stéphane Hessel. Né en 1917, cet homme a traversé de profondes épreuves : camps de concentration de Buchenwald et de Dora, combat dans la Résistance française. Ayant toujours relevé la tête, il a milité pour les causes qu’il estimait honorables. Il aurait contribué à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, mais il nous parlera ici à travers un texte qui a fait le tour du monde : Indignez-vous ! 1

Le second est le prophète Jérémie. Porteur du message de Dieu, il a « crié dans le désert » pendant plus de 40 ans (de 625 à 580 av. J-C.). Il nous a laissé deux livres bibliques, 57 chapitres au total. Les circonstances qui prévalaient à son époque sont analogues à celles de nos pays occidentaux déchristianisés. Le déclin du royaume de Juda préfigure le nôtre : abandon de la vérité révélée et de la foi ; désintégration spirituelle, morale, sociale et politique ; menaces de catastrophes sans précédent.

Confrontons donc les cinq points forts du programme de Stéphane Hessel au message de Jérémie :

a. Suivez le sens de l’histoire !

Hessel croit que l’histoire humaine tend vers un état idéal. Cette attitude positiviste2 et fortement arrimée à la pensée de G.W. Friedrich Hegel (1770-1831)3, n’est pas très éloignée des idéologies du progrès ou du matérialisme dialectique athée (Marx, Lénine etc.)4. Nous citons Hessel :

« L’hégélianisme [la philosophie de Hegel] interprète la longue histoire de l’humanité comme ayant un sens : c’est la liberté de l’homme progressant étape par étape. L’histoire est faite de chocs successifs, c’est la prise en compte de défis. L’histoire des sociétés progresse, et au bout, l’homme ayant atteint sa liberté complète, nous avons l’État démocratique dans sa forme idéale. » (p. 13)

Nous ferions donc route vers une sorte de paradis sans Dieu, purement horizontal, et sans autre sauveur qu’une humanité censée surmonter seule ses limitations et sa méchanceté. Cette foi en un Âge d’or n’est pas sans rapport de filiation avec la pensée judéo-chrétienne. C’est à celle-ci que nous devons le concept d’une « histoire » ordonnée vers une conclusion triomphale qui en éclaire le cours. Mais la ressemblance s’arrête là, car pour le croyant l’histoire a commencé quand Dieu a créé le monde5 et elle se déploie vers la fin que Dieu a fixée6. Le programme de cette destinée du monde, de sa naissance à son aboutissement, est cohérent parce que Dieu en est l’instigateur et le garant.

Or le credo de Hessel ne s’inscrit pas dans cette perspective, mais plutôt dans l’élan de la révolte originelle — attitude que la Bible dénonce sur tous les modes. Le Livre divin ne nous cache pas que dès les temps anciens, les hommes, même très religieux, ont tenu à piloter leur histoire de manière autonome. Leurs achèvements communs faisaient leur orgueil (Babel !) et les persuadaient qu’ils sauraient parer tous les coups du sort. Les crises et les désastres ont à maintes reprises rabaissé ces prétentions, mais dès le calme revenu, on s’affairait à nouveau comme si le Maître légitime du monde s’était éclipsé. C’était devenu l’habitude des Juifs du temps de Jérémie, et c’est pourquoi le prophète ne cesse de leur prédire avec larmes que sans un retour sincère à Dieu, ils ne pourront pas éviter la déroute (la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la destruction du Temple et la captivité à Babylone). Hélas, les Juifs s’obstineront dans leur rébellion et le Seigneur infléchira leur histoire dans le sens du châtiment annoncé.

Selon la Révélation biblique générale, il y a ainsi dès l’origine deux « histoires » qui se bousculent :

– L’histoire des incrédules qui s’acharnent à consacrer la primauté de l’homme : sous sa dernière forme, cette entreprise sera récapitulée et achevée dans l’effondrement du règne de « l’homme impie » — le « fils de perdition » (2 Thes 2.3), l’Antichrist.

L’histoire des croyants qui admettent la primauté de Dieu et du Fils de l’homme : elle aura pour couronnement le règne de Christ et la gloire éternelle (voir Jér 23.5-8 ; 30.4-11 ; 33.15 où l’avènement du Messie, le « germe juste » de David, est donné comme bonheur cible). Pour autant, le croyant n’est pas destiné à demeurer un simple spectateur de la misère d’ici-bas ; il est bien plutôt appelé à agir dans le monde en étroite relation avec son Maître divin. Jérémie l’avait appris pour lui-même : « Je le sais, ô Éternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jér 10.23)

Hessel et beaucoup d’autres, en préférant voir l’histoire évoluer vers la glorification de l’homme par l’homme, hâtent (inconsciemment) la venue de la Crise majeure, au lieu de l’éloigner.

b. Engagez-vous !

Pour Hessel, il serait faux d’attendre la fin des crises les bras croisés. C’est pourquoi il insiste pour que nous nous engagions concrètement (comme il l’a fait lui-même) :

– en assumant notre responsabilité individuelle : « … le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun. » (p. 12) « Sartre nous a appris à nous dire : ‘Vous êtes responsables en tant qu’individus.’ C’était un message libertaire. La responsabilité de l’homme qui ne peut s’en remettre ni à un pouvoir ni à un dieu. Au contraire, il faut s’engager au nom de sa responsabilité de personne humaine. » (p. 13)

– en agissant collectivement : « Il est évident que pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication. » (p. 16)

Cela ressemble au bon sens. Dans une société où l’on déplore fréquemment l’égoïsme et l’absence d’engagement citoyen, on voudrait saluer un tel sursaut. Aucune des aptitudes préconisées par Hessel — de la prise de responsabilité citoyenne à l’action collective par le truchement de moyens de communication efficaces — ne saurait nuire à une construction démocratique bien comprise (même pour un croyant). Merci à Stéphane Hessel de nous rappeler ces évidences.

Toutefois, en admettant qu’une entreprise citoyenne responsable soit à même d’infléchir durablement le cours des choses, il faut déplorer que Hessel tienne à la découpler de toute subordination à un « pouvoir » ou à un « dieu »7. Ce message (auquel l’humanisme existentialiste nous a bien préparés) pénètre de plus en plus les esprits. En ouvrant un journal au hasard, on l’entend fréquemment. Un exemple : un journaliste interpelle un homme politique suisse, Dick Marty8: « Chômage, tensions internationales, crises, révolutions, beaucoup parlent de l’année qui commence comme celle de tous les dangers. Faut-il avoir peur de 2012 ? » Réponse de l’intéressé : « Non. La peur est mauvaise conseillère, on le sait. […] Croyons en nous et cessons d’avoir peur de tout. » D. Marty admet ensuite que 2012 pourrait tout de même réserver de mauvais moments : « …je peux aussi m’imaginer que le mouvement des indignés […] a le potentiel de provoquer un embrasement brutal. Une sorte de Mai 68 planétaire… » Il revient néanmoins à son credo : « Malgré tout, je reste convaincu que l’humanité retient les leçons de l’histoire et ne retombera pas dans la folie de la guerre. »

Au prophète Jérémie qui mettait ses compatriotes en face de leur inconduite et de leur infidélité à l’égard de l’Éternel, il fut souvent rétorqué en substance : « Nous savons ce que nous voulons, ce que nous faisons, et où nous allons. Le malheur ne nous atteindra pas. Nous saurons l’éloigner par des alliances politiques, par des accommodements avec les envahisseurs, par le paiement de tributs ; si cela ne suffit pas, nous recourrons à la résistance armée. »

Arrogance présomptueuse en réalité, car les coups de semonce à l’adresse des habitants de Juda n’avaient pas manqué : le départ en captivité du Royaume du nord (Israël) avait sonné sa fin plus de cent ans auparavant (722 av. J-C.) ; de plus, au cours du ministère de Jérémie, une première déportation du peuple de Juda avait démontré la vulnérabilité de celui-ci (605 av. J-C.). Si les Juifs avaient pris à cœur la Parole révélée, ils auraient compris que leur « histoire contemporaine » ne passait de crise en crise que parce qu’ils avaient « abandonné la source d’eau vive pour se construire des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau » (cf. Jér 2.13). Mais on avait pris l’habitude de banaliser ce diagnostic, de sorte que les sacrificateurs ne servaient plus l’Éternel, les dépositaires de la Loi ne le connaissaient plus, les chefs politiques lui étaient infidèles, et les prophètes prophétisaient par de faux dieux. Le tout sous le couvert d’une piété dévoyée (cf. Jér 2.8). Or Jérémie revient sans cesse à la charge pour tenter de rattacher les malheurs du temps à leur cause première — non une quelconque fatalité, mais la décision, de la part de la majorité, de s’affranchir du Dieu de l’alliance et de courir après les dieux étrangers (Jér 2.17-25 ; 3.13 ; 31.32b, et al.). Le zèle du prophète s’épuisant en vain, l’Éternel s’interroge : « Pourquoi mon peuple dit-il : Nous sommes libres, nous ne voulons pas retourner à toi ? » (Jér 2.31b)

Hessel, en nous appelant à une action autonome affranchie de toute dépendance à l’égard du Dieu de la Bible, distille le même poison que l’impie Juda d’autrefois. Il emboîte le pas à plusieurs générations qui se sont progressivement détournées de la Lumière pour chercher ce qu’on aime par facilité (Jér 2.33) et pour suivre les penchants malsains du cœur naturel, ou ses illusions (Jér 11.8 ; 13.10 ; 16.12 ; 23.17 ; 37.9).

c. Indignez-vous !

À 93 ans, Hessel nous exhorte : Indignez-vous haut et fort…

– contre le matérialisme et l’injustice : « … le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance9, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les hautes sphères de l’État… L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important… » (p. 11, voir aussi p. 14) ;

contre ceux qui ne raisonnent qu’à court terme, dans leur intérêt immédiat : « Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. » (p. 21) ;

contre le totalitarisme : « Car là est bien l’enjeu au sortir de la Seconde guerre mondiale : s’émanciper des menaces que le totalitarisme a fait peser sur l’humanité. » (p. 15)10 ;

contre le productivisme à outrance : « La pensée productiviste, portée par l’Occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du "toujours plus", dans le domaine financier mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques11. » (p. 20, 21)

S’émanciper d’un matérialisme étouffant, de l’oppression de l’ultra-libéralisme, de la course effrénée à la production et à la consommation, du tout-économique : voilà des objectifs qui semblent d’autant plus légitimes que les failles du système sont patentes : l’Occident « chrétien » est un Titanic (ou un Costa Concordia) luxueux en perdition.

Le discours de Hessel, encore une fois, a des résonances quasi-bibliques. Que l’on se souvienne des paroles de Christ à l’égard du culte de Mammon, à l’adresse des marchands du Temple, ou des harangues de Jérémie contre les oppresseurs du peuple. Lorsqu’il s’en prend par exemple au roi de Juda et à ses acolytes : « Ainsi parle l’Éternel : Pratiquez le droit et la justice ; délivrez des mains de l’oppresseur celui qui est exploité ; ne maltraitez pas l’immigrant, l’orphelin et la veuve ; n’usez pas de violence et ne répandez pas de sang innocent dans ce lieu. » (Jér 22.3) « Malheur à celui qui bâtit sa maison en dépit de la justice, et ses chambres hautes en dépit du droit ; qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner son salaire. » (Jér 22.13) « Tu n’as des yeux et un cœur que pour ton intérêt, pour répandre le sang innocent et pour exercer une oppression écrasante. » (Jér 22.17) Voilà une indignation de feu, et engagée : Jérémie, en proférant ces paroles, court le risque de se voir exécuté sur le champ !

Discerner derrière les injustices et les crises financières de graves manquements moraux est devenu un refrain courant. Comme Hessel, le philosophe Richard David Precht, dans son ouvrage L’art de ne pas être égoïste12, reconnaît en 2012 que « l’avidité » est une cause de nos crises financières. Toutefois, il impute ensuite l’origine de ce travers à l’économie globalisée, aux échanges devenus trop rapides et anonymes. Selon lui, ce sont là les raisons qui ont conduit les gens à se comporter de manière cupide (et stupide). Precht croyant par ailleurs que nous ne sommes ni bons ni mauvais par nature, mais qu’en général nous ne supportons pas d’être pris en défaut, il garde bon espoir. Il suffirait de moraliser la vie publique, d’en faire voir les règles de bon fonctionnement et l’avantage de s’y soumettre pour infléchir les comportements dans le sens d’une évolution plus morale. La solution aux crises passerait donc par un retour à une forme de « patriotisme social », de « transformation citoyenne13 » à l’échelle de notre communauté locale. Precht, comme Hessel et tous les héritiers de 178914, ont beau jeu de tenir ce discours, car les inégalités et la corruption mettent nos démocraties de plus en plus en péril.

Leur tort n’est pas de stigmatiser les injustices, mais c’est de ne pas aller assez profond dans la recherche des racines du mal, et de la découverte du vrai remède. On est prêt à beaucoup de remises en question sociopolitiques aujourd’hui, à beaucoup de révisions déchirantes, à condition de n’établir aucun lien entre les crises et le rejet délibéré de la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Jérémie, en son temps, se voyait fréquemment confronté à des pseudo-réformes de la part des « moralistes » de Juda, car ces derniers ne manquaient pas de mettre en avant leurs plans de sauvetage. Le bilan de leurs initiatives est en réalité bien négatif : « Car du plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand, tous sont âpres au gain […] Ils soignent à la légère la blessure de mon peuple : Paix ! Paix ! disent-ils ; et il n’y a point de paix. » (Jér 6.13a,14) « Tes prophètes ont eu pour toi des visions vaines et fades ; ils n’ont pas mis à nu ta faute afin de détourner de toi la captivité ; ils ont eu pour toi la vision d’oracles vains et décevants. » (Lam 2.14) En d’autres termes, si vous prétendez vous attaquer aux vrais problèmes, il vous faut être capables et d’accord de les reconnaître, et non vous contenter, comme le fit le roi Jehojakim, d’éliminer sans honte la Parole de Dieu parce qu’elle ne flatte pas votre orgueil (Jér 36.1-26).

d. Évitez le découragement !

Hessel sait qu’on ne gagne pas la guerre d’un coup de baguette magique. La guerre se gagne d’abord sur le terrain des sentiments, des dispositions intérieures, du cœur de l’individu. Là, il faut affronter :

– l’indifférence : «…dans ce monde il y a des choses insupportables […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire "je n’y peux rien, je me débrouille". » (p. 14) ;

le défaitisme : ce défaut pousse l’individu à croire la victoire très improbable, mais Hessel admet que sur ce point il jouit d’un avantage personnel, car la nature l’a doté d’un « optimisme naturel, qui veut que tout ce qui est souhaitable soit possible… » (p. 13) ;
le désespoir : pour écarter cette tournure d’esprit, Hessel s’appuie sur J-P. Sartre (1980) : « Il faut essayer d’expliquer pourquoi le monde de maintenant, qui est horrible, n’est qu’un moment dans le long développement historique, que l’espoir a toujours été une des forces dominantes des révolutions et insurrections, et comment je ressens encore l’espoir comme ma conception de l’avenir15 . » (p. 19) Et Hessel de conclure : « Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie 16 et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer. » (p. 21)

Les pourvoyeurs d’espoir ont depuis longtemps compris qu’ils trouveraient dans notre intarissable soif de mieux le plus puissant levier (« comme l’Espérance est violente ! » disait Apollinaire dans Le Pont Mirabeau). Source étonnante de motivation et de persévérance, l’irrationnel espoir est aussi générateur des plus grandes catastrophes humaines qui soient : les chimères du IIIe Reich sont encore dans toutes les mémoires, comme celles des « paradis » communistes. L’espoir fait vivre, et parfois mourir. Certains deviennent martyrs-terroristes par espoir, et derrière la rhétorique des marchands d’espoir se cache tout un arsenal instable17 . L’espoir est hélas capable d’une obstination qui peut aller jusqu’au déni de réalité. Sinon, comment comprendre qu’une société investisse autant d’espoirs dans des capacités dont sa propre histoire lui a amplement démontré la vanité ? Non, Monsieur Hessel, tout ce qui est souhaitable n’est pas forcément possible. Il est même préférable que certains de nos vœux ne soient jamais exaucés.

Les contemporains de Jérémie avaient la démangeaison d’écouter des visionnaires démagogues, mais trompeurs parce que passant à côté de l’Espérance véritable (cf. Jér 50.7b). Ainsi en était-il des prophètes autoproclamés Hanania ou Chemaya qui juraient la fin prochaine du joug babylonien, inspirant au peuple « une fausse confiance » (Jér 28.15 ; 29.31).

Notre génération trouverait le plus grand profit à se tourner vers Dieu. Nous sommes toujours à une croisée des chemins que Jérémie décrit ainsi : « Maudit soit l’homme qui se confie en l’être humain, qui prend la chair pour son appui, et qui écarte son cœur de l’Éternel ! Il est comme un misérable dans le désert, et il ne voit pas arriver le bonheur […] Béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance (ou : la confiance, l’assurance) ! Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il ne voit pas venir la chaleur et son feuillage reste verdoyant ; dans l’année de la sécheresse, il est sans inquiétude et il ne cesse de porter du fruit. » (Jér 17.5-8). Oh ! si les crises pouvaient ramener l’Occident déboussolé vers le Dieu Sauveur, vers l’espérance indestructible du juste règne de Jésus-Christ (cf. 1 Tim 1.1) !

e. Soyez patients et compréhensifs !

Hessel sait que celui qui veut changer le monde et qui s’indigne avec passion risque de voir son zèle basculer dans la sauvagerie. Prévoyant, il assortit donc son ordre de marche de conseils de sagesse et de modération. En voici le condensé. Cultivez donc :
la non-violence : « Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. » (p. 19)
la compréhension mutuelle, la patience : « Le message d’un Mandela, d’un Martin Luther King trouve toute sa pertinence dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologies et le totalitarisme conquérant. C’est un message d’espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante. » (p. 20)
Avec Mandela et M. Luther King, nous sommes dans la droite ligne d’un Gandhi (1869-1948), d’un Jules Romains (1885-1972), d’un Lanza del Vasto (1901-1981) et de tous ceux qui prônent un avenir fondé sur le respect universel de la nature, des hommes entre eux et des différentes cultures18 . Hessel prêche une fois encore des vertus « chrétiennes » — et non des moindres. Approuvons avec lui la valeur d’un comportement empreint de retenue et de considération, de volonté d’écoute et de service mutuel.
Mais ces vertus n’auront de vie que si d’abord nous nous laissons saisir par le Prince de la vie. C’est pourquoi Jérémie, loin de préconiser des traitements palliatifs à son peuple en crise, les enjoint au nom de Dieu : « Revenez, enfants rebelles, car c’est moi votre maître ! » (Jér 3.14 ; Es 3.14 dit : « Convertissez-vous et revenez ! » Revenir et se convertir sont ici synonymes.) Le prophète ajoute un peu plus tard : « Revenez, fils rebelles, je vous guérirai de vos inconstances (ou : je pardonnerai vos infidélités) ! » (3.22) Voilà dans nos temps la priorité en matière de lutte contre les crises. Car en effet, comment manifester une patience et une compréhension mutuelle authentiques si nous ne nous sommes jamais convertis à Jésus-Christ ? Si nous ne sommes jamais venus à Dieu dans la repentance, dans la foi, et dans l’acceptation de sa souveraineté sur nos vies ? Si Dieu n’a pas fait de nous de nouvelles créatures par le don du Saint-Esprit ? La nature humaine ne peut par elle-même « dépasser les conflits » qu’elle engendre et attise sans fin.
Du reste, comment agirions-nous en vrais amis de notre prochain sans éprouver ni respect ni admiration pour l’Homme par excellence, Jésus-Christ ? Que valent notre justice et notre gentillesse si nous n’avons pas foi dans le Serviteur frappé à notre place pour nous accorder la vie éternelle, si nous ne sommes pas en communion avec lui par sa Parole et par son Esprit ?

Et si l’indignation de Dieu était salutaire ?

En parcourant en parallèle l’opuscule de Stéphane Hessel et le livre de Jérémie, nous avons désiré rappeler l’insuffisance d’une compréhension à courte vue des crises qui secouent notre monde. Nous désirons surtout souligner qu’il y a mieux que d’échapper à l’inconfort de tel ou tel coup dur de l’existence : c’est d’entendre le langage et l’appel de Dieu cachés dans notre souffrance. À l’époque de Jérémie, bien des avis s’exprimaient sur les périls du moment et leurs remèdes. Le prophète chargé de transmettre la pensée de Dieu fut rejeté par ses voisins, par sa famille, par les chefs religieux, par ses amis, par tout le peuple, par les ministres et par le roi. Son vœu le plus profond restait de voir son peuple échapper à la ruine et retrouver sa place devant Dieu. Ce vœu ne fut jamais exaucé. Sa mission lui pesait au point qu’il fut parfois terrassé par un découragement et une perplexité extrêmes. Pourtant, son témoignage ouvrait grand la porte à la repentance et à une possibilité de pleine restauration spirituelle. À travers Jérémie, Dieu plaidait pour éclairer à nouveau son peuple, pour le ramener à sa véritable vocation, pour l’arracher à ses ennemis, et pour le bénir. Dieu n’agit-il point ainsi en nos temps, puisque le message du salut, de la grâce et de la rédemption complète en Jésus-Christ est encore proclamé ?

Simultanément, « les signes des temps » ne trompent pas, ils sont graves : l’heure n’est pas aux demi-mesures spirituelles. Un peu d’indignation, un peu de morale, un peu de religiosité, un peu de tolérance, et des consensus planétaires ne suffiront pas à endiguer les débordements de méchanceté et d’impureté de notre génération. La seule « sortie de crise » sérieuse a été offerte et exposée au monde entier. Y aura-t-il encore des hommes avisés pour en profiter ? Du temps de Jérémie en tout cas, il s’en est trouvé quelques-uns19 . Serons-nous de ceux qui discernent qu’aucun message n’est comparable à l’Évangile pour libérer les cœurs de l’esclavage du mal, pour asseoir une ferme espérance et pour surmonter les crises ?

1 Indigène éditions, 34080 Montpellier France, 11e édition, janv. 2011. Hessel l’a complété depuis par deux autres opuscules : Le chemin de l’espérance (sept. 2011) et Engagez-vous (déc. 2011).
2 Le positivisme, fondé par Auguste Comte (1798-1857), évolua d’une philosophie scientiste vers une forme de religion dont la devise était : « L’Amour pour principe, l’Ordre pour base et le Progrès pour but. »
3Hessel dit avoir été un « fervent disciple du philosophe Hegel » (p. 13).
4 Plus loin S. Hessel refuse cependant de restreindre l’idée de progrès à ses composantes technologique, productiviste et consumériste. Il inclut dans le progrès une dimension morale et écologique.
5Jérémie le rappelle aussi : « Ainsi parle l’Éternel […] : C’est moi qui ai fait la terre, les hommes et les bêtes qui sont à la surface de la terre, par ma grande puissance et par mon bras étendu, et je donne la terre à qui cela me plaît. » (Jér 27.4b,5 ; cf. 32.17 ; 33.2)
6 Dieu lui-même revendique cette prérogative, aussi bien en ce qui concerne ses jugements (Jér. 11.8b ; 23.20 ; 25.13 ; 30.23,24) que ses desseins de grâce (Jér 29.10-14) L’annonce du retour d’exil est une préfiguration du salut d’Israël à la fin du « temps des nations », et une image de la rédemption des hommes perdus mais prêts à revenir à Dieu dans la repentance et la foi. Jérémie 18.1-17 résume bien les deux réalités de la sévérité et de la bonté de Dieu (cf. Rom 11.22).
7 C’est le Dieu de la Bible aussi qui est visé par cette « liste noire ». Tendance dans l’air du temps : sous prétexte de neutralité laïque, on cherche aujourd’hui à biffer toute référence à Dieu des chartes politiques (au niveau de l’Union européenne ou au niveau des nations de l’Ouest), à vider les fêtes chrétiennes de leur substance dans les écoles, dans les administrations, dans les entreprises, etc.
8 L’Illustré, 02/2012, p. 54, 56.
9; La Résistance française pendant la Seconde guerre mondiale, bien sûr
10 Le seul gouvernement« totalitaire » que Hessel dénonce avec persistance et véhémence, c’est celui d’Israël, État dont il conteste l’existence même. Étrange de la part d’un homme dont le père juif est mort victime de l’hitlérisme. Indignez-vous contient quelques pages (p. 17, 18) contre la politique israélienne à l’égard des Palestiniens. Hessel y stigmatise sans nuances l’opération militaire Plomb durci contre Gaza et le Hamas (2008-09). Il maintient ses positions jusqu’à ce jour (voir son livre Le rescapé et l’exilé, Éd. Don Quichotte, Paris, mars 2012), mais semble ignorer que R. Goldstone s’est rétracté, en avril 2011, sur le rapport accusateur qu’il avait établi pour le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Par ailleurs, Hessel est d’ordinaire très discret sur les violations des droits de l’homme dans d’autres pays notoirement oppresseurs (Syrie), ou sur les persécutions des chrétiens en terre d’islam. Nous avons volontairement laissé de côté ces « particularités » de la pensée hessélienne pour ne pas allonger.
11 Sur plusieurs de ces points, Hessel s’accorderait avec Denis de Rougemont, un des concepteurs de la construction européenne d’après-guerre (voir L’avenir est notre affaire, Ex Libris, Lausanne et Zürich, 1977).
12 Editions Belfond, Collection Esprit Ouvert, Paris, janvier 2012.
13 Ce qu’un conseiller en gestion environnementale, Michel Stevens, appelle le « principe de responsabilité civile universelle », clé supposée de la lutte contre le réchauffement climatique (cité dans Le Temps, no 4260, 22 mars 2012).
14 Parmi tous les « moralistes » actuels qui me semblent entrer dans cette catégorie, je mentionnerai A. Comte-Sponville, grand lecteur des stoïciens et de Spinoza (voir Le bonheur désespérément, Éditions Librio, Paris 2009), et Jules Ferry, qui admet que toute philosophie est une forme de salut par soi-même, sans l’aide de Dieu (Apprendre à vivre, Paris, Plon 2006, p.90).
15 J-P. Sartre, « Maintenant l’espoir… (III) » in Le Nouvel Observateur, 24 mars 1980.
16 …du XXIe siècle.
17 A. Camus en a bien souligné la dangereuse absurdité dans L’homme révolté (NRF Gallimard, 1968, p.182-291). Camus constate que le terrorisme comme arme politique ou idéologique est en réalité une hideuse manière pour l’homme de démontrer ce dont il est capable lorsqu’il se prend pour Dieu.
18 Ce « respectdes autres » entraîne aujourd’hui l’exclusion de ceux qui s’opposent au « politiquement correct » (du moins dans nos pays dits « avancés »). Ainsi, les chrétiens qui s’indignent de l’emprise des lobbies homosexuels ou pro-avortement seront vilipendés et parfois poursuivis comme des intolérants de la pire espèce… 19
19 Parmi ceux-ci : le roi Josias ;Baruch, le secrétaire de Jérémie ; Ébed-Mélek, le chambellan éthiopien ; Achikam, prince de Juda et quelques anciens ; Nebuzaradan, chef des gardes chaldéens ; les Récabites ; et même Nébucadnetsar (Jér 39.12,13 ; cf. Dan 2.47 ; 3.28-33 ; 4..31-34 ; 5.21. Un homme revêtu d’une grande autorité politique doit à plus forte raison se courber sous l’Autorité divine qui le préserve de la démesure et inspire ses décisions).

Source : http://www.promesses.org/arts/181p03.html

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GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

21 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

GRANDIR EN PÉRIODE DE CRISE

Ésaïe 6 : 1-13

Philip Nunn

Philip Nunn a travaillé de 1992 à 2007 en Colombie comme missionnaire. À ce titre, il a été très impliqué dans l’implantation de plusieurs nouvelles assemblées chrétiennes. Toujours en contact avec la Colombie, il vit aux Pays-Bas, à Eindhoven, où il s’est établi. Il a aujourd’hui principalement un ministère d’enseignement, dont une partie est disponible en ligne en différentes langues : www.philipnunn.com.

Le chapitre 6 du livre d’Ésaïe raconte une expérience remarquable qui a changé la vie du prophète. Cette rencontre bouleversante avec Dieu a eu lieu « l’année de la mort du roi Ozias » (6.1). Ce détail nous aide à situer cet épisode extraordinaire de la vie d’Ésaïe au cours de l’année 740 avant notre ère, mais plus que cela, il nous aide à en comprendre le contexte. Quelle est la signification de la mort du roi Ozias ?

La vie du roi Ozias est retracée en 2 Chroniques 26. Il « était âgé de seize ans lorsqu’il commença de régner ; et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem ; […] Et il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel […] Et il rechercha Dieu pendant les jours de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu1 ; et pendant les jours où il rechercha l’Éternel, Dieu le fit prospérer » (26.3-5). La nation toute entière profita de ses succès, jouissant de la paix, d’une bonne renommée vis-à-vis du monde, et de prospérité matérielle. Il était particulièrement admiré à cause de sa puissance militaire : « Ozias avait une armée pour faire la guerre […] Et il fit à Jérusalem des machines, inventées par des ingénieurs, pour être placées sur les tours et sur le haut des remparts, pour lancer des flèches et de grosses pierres. Et son renom s’étendit au loin ; car il fut merveilleusement aidé. » (26.11-15)

Essayez de vous représenter ce que furent ces 52 années de paix, de stabilité et de prospérité. Dans le royaume de Juda, il n’y avait personne de moins de 55 ans qui savait ce qu’avait été la vie avant le roi Ozias. Mais ces années de normalité se sont achevées. Le roi Ozias a péché, il a été frappé de lèpre, et puis il est mort. Nous pouvons presque sentir la tension qui régnait : que va-t-il se passer maintenant ? Qui va conduire le peuple ? Les ennemis vont-ils nous envahir ? C’était une année de crise nationale. Et dans cette période de crise, « l’année de la mort du roi Ozias », le Seigneur Dieu a choisi d’appeler, de purifier et d’envoyer le prophète Ésaïe.

Nous sommes également confrontés à des situations de crise. Ce peut être une crise familiale du fait d'un problème de santé, d’un divorce ou d’un décès. Des crises nationales ou globales peuvent également nous affecter personnellement, qu’elles aient trait au terrorisme, au chômage, ou aux marchés financiers instables. Nous pouvons traverser des crises quant à notre foi, lorsque nous nous bagarrons contre de nouveaux doutes, lorsque nous pensons à nos prières restées sans réponse ou lorsque nous affrontons un conflit dans notre église locale. Une période de calme relatif vient de s’achever, et l’avenir nous semble si incertain. La manière dont Dieu a agi envers Ésaïe nous enseigne qu’il peut utiliser ces moments douloureux et difficiles. Dans la main de Dieu, les périodes de crise sont une opportunité de croissance personnelle.

1. En période de crise, recherchez le Seigneur

Lorsque survient la crise, certaines personnes sont comme paralysées, que ce soit de crainte ou du fait du choc. D’autres, cependant, deviennent hyperactifs, recherchant une solution rapide en courant d’un point à un autre. Qu’a fait Ésaïe ? Il aurait pu se joindre à une délégation se rendant dans un pays voisin pour signer un accord de paix. Il aurait pu entamer des discussions avec l'armée puissante. Il aurait pu essayer de monter son propre parti politique « religieux ». Dans ce premier verset, nous ne trouvons Ésaïe ni dans le palais ni sur la place du marché, mais dans le temple. En période de crise, il a recherché le Seigneur.

Le Seigneur est heureux de l’y voir, et le récompense en lui donnant une vision très importante. Ce n’est pas la vision d’un avenir millénaire paisible. Ce n’est pas la vision de la destruction des ennemis. Non ! Dieu sait exactement qu’Ésaïe a besoin de la vision de Dieu lui-même : « Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. » (6.1) Le Seigneur ne s’agitait pas. La crise ne l’avait pas pris par surprise. Il ne courait pas d’un point à un autre. Le Seigneur était calme. Il était assis. Ésaïe avait besoin de constater cela. Et nous aussi. Le Seigneur était assis sur un trône, qui parle de son autorité, un trône haut et élevé. Au fur et à mesure qu’Ésaïe saisissait ce qu’il voyait, son esprit trouvait le repos. La crise ouvrait la porte sur un avenir incertain pour Juda. Mais pour Ésaïe, le fait de voir Dieu l’a rempli d’une confiance paisible. Sachant que l’avenir est dans les mains de Dieu, il a pu ensuite écrire : « Voilà la résolution prise contre toute la terre, voilà la main étendue sur toutes les nations. L’Éternel des armées a pris cette résolution : qui s’y opposera ? Sa main est étendue : qui la détournera ? » (És 14.26-27, Segond) Pour rester calme dans les moments de crises, et confiants dans l’avenir, nous avons également besoin d’une vision réaliste et renouvelée de Dieu.

2. En période de crise, regardez-vous en face

En dirigeant les yeux vers le Seigneur, Ésaïe a vu deux séraphins qui volaient au-dessus de son trône. Il les entendait s’interpeller l’un l’autre : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! » (6.3) Et pour compléter cette expérience impressionnante, « les fondements des seuils étaient ébranlés (…), et la maison était remplie de fumée. » (6.4) Dieu a de nombreux attributs merveilleux. Il est amour. Il est fidèle. Il est tout puissant. Mais le seul de ses attributs qui soit répété trois fois est celui-ci : il est saint. La répétition est utilisée pour l’emphase. Ésaïe a compris le message. Ses yeux ont quitté le Seigneur pour se tourner vers lui-même. Le contraste était douloureusement évident. « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures (…) » (6.5). Une crise nous procure l’occasion de nous rapprocher du Seigneur. Et en le faisant, nous nous rendons douloureusement compte de notre propre insuffisance.

Avant la crise, nous disons avec joie que notre avenir est dans les mains de Dieu. Mais lorsqu’elle nous frappe, lorsque nos économies s’envolent, lorsque nous perdons notre emploi, lorsque nous avons des ennuis de santé… notre avenir ne nous semble plus du tout rassurant. Il est peut-être plus facile de faire confiance au Seigneur lorsque nous nous sentons en confiance, en sûreté et aux commandes de notre vie. La crise brise notre sécurité factice. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa propre petitesse, afin de lui révéler sa grandeur. Il était important pour le Seigneur qu’Ésaïe ressente sa nature pécheresse, afin de lui révéler sa sainteté.

La crise que vous traversez est également une invitation à vous approcher du Seigneur, puis à vous regarder de manière réaliste. Une crise est dans les mains du Seigneur un outil pour nous réveiller d’une routine religieuse confortable, pour révéler le mensonge de notre manière de penser, pour nous aider à discerner nos priorités mondaines. Au lieu d’essayer de rejeter le blâme sur les autres du fait de leur implication dans la crise que vous traversez, regardez en vous-même dans la présence de Dieu. Peut-être y a-t-il quelque chose à corriger. Peut-être avez-vous vous aussi des « lèvres impures » !

3. En période de crise, essayez d’écouter

« Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché. » (6.6-7) C’était là une action symbolique. L’autel représente probablement l’œuvre de Christ, puisque le pardon et la purification sont habituellement associés à la mort en sacrifice de notre Seigneur Jésus-Christ. « Christ (…) s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs. » (Héb 9.28) Pouvez-vous vous représenter l’effet de charbons ardents touchant vos lèvres sensibles ? Je suis certain qu’Ésaïe n’a jamais oublié ce moment douloureux. Les cicatrices et les souvenirs étaient là afin qu’il n’oublie jamais cette réalité passée : des lèvres impures. Nous avons également besoin de nous souvenir d’où nous venons. Sans le rappel de notre propre insuffisance et de sa suffisance, nous manquerons de grâce dans nos rapports avec les autres. Le Seigneur veut utiliser les lèvres d’Ésaïe, alors il commence par les brûler.

Ésaïe est maintenant purifié et attentif, en présence du Seigneur. Il est désormais prêt à écouter. « Et j’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » (6.8) C’est tellement facile d’avoir nos propres idées, nos propres plans, nos propres opinions, nos propres solutions. Et lorsque notre esprit est occupé de nos propres idées, opinions et solutions, c’est tellement difficile d’écouter le Seigneur : sa douce voix est étouffée dans notre chaos intérieur. Mais si nous voulons tirer profit de cette crise, si nous voulons grandir en la traversant, nous devons remettre toutes nos initiatives au Seigneur et essayer d’écouter sa voix. Ésaïe appliqua plus tard ce principe au peuple tout entier : « Malheur aux fils qui se rebellent […] pour former des desseins, mais non de par moi, et pour établir des alliances, mais non par mon Esprit, afin d’ajouter péché sur péché ! » (30.1) « Cependant l’Eternel désire vous faire grâce, et il se lèvera pour vous faire miséricorde ; car l’Eternel est un Dieu juste : heureux tous ceux qui espèrent en lui ! […] Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! » (30.18,21, Segond) Le Seigneur peut choisir de parler par l’intermédiaire de conseils d’amis, par sa Parole, par les circonstances, par un rêve, le Seigneur tout puissant choisit le moyen. De notre côté, soyons comme Ésaïe et Samuel, prêts à entendre : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ! » (1 Sam 3.9)

4. En période de crise, soyez ouvert au changement

Lorsque Ésaïe a répondu au Seigneur « me voici, envoie-moi » (6.8), je me demande à quoi il s’attendait de la part du Seigneur. Pensait-il que le Seigneur allait l’envoyer pour oindre un nouveau roi, comme Samuel le fit avec David presque 300 ans auparavant ? A-t-il flirté avec la possibilité que le Seigneur le nomme en tant que nouveau roi ?

Imaginait-il que le Seigneur allait l’utiliser, comme Moïse, pour sortir le peuple de Dieu de cette crise et le mener dans un nouveau pays quelconque ? Le Seigneur n’a pas demandé à Ésaïe : « Qu’as-tu envie de faire ? » Il lui a dit au contraire : « Va, et dis à ce peuple : En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez pas, et en voyant vous verrez et vous ne connaîtrez pas. » (6.9) Le Seigneur savait ce qu’il fallait faire. Nous pouvons avoir nos préférences, mais lorsque nous disons au Seigneur : « Je suis à toi. Me voici, utilise-moi », nous devons être ouverts à sa réponse. Avant la crise, les amitiés, la famille, l’église, les études, le travail, la santé et les finances s’inscrivaient dans un cadre « satisfaisant ». Un changement radical ne semblait pas nécessaire. Vous pensiez peut-être qu’il n’y avait besoin que de réajustements mineurs. Comprenez que les périodes de crises peuvent aussi être des périodes de changement. La vie d’Ésaïe a

Il est important de remarquer que ce n’est pas la crise elle-même qui a changé Ésaïe. La crise nous donne une opportunité de stopper ce qui semble normal, de nous rapprocher du Seigneur, de nous purifier, d’écouter. Et lorsque nous faisons cela, nous pouvons sentir le Seigneur nous appeler à changer. Il peut nous conduire dans la poursuite fidèle de nos travaux. Ou comme Archippe, nous avons mélangé les priorités, et nous sommes désormais appelés à prendre garde au service que nous avons reçus du Seigneur, afin de l’accomplir (Col 4.17). Mais le Seigneur peut également ouvrir une fenêtre pour nous montrer une nouvelle direction, un nouveau service, un nouvel appel. Ésaïe a reçu un ministère prophétique difficile. Le peuple auquel il devait s’adresser était endurci. S’il avait regardé au « succès » et aux résultats visibles, il n’aurait pas tenu longtemps. Ce ne sont pas les crises et les difficultés en elles-mêmes qui doivent nous dire quand nous arrêter. Lorsqu’il a été envoyé, Ésaïe a demandé : « Jusques à quand, Seigneur ? Et il dit : Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, de sorte qu’il n’y ait pas d’habitants (…), que l’Éternel en ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande au milieu du pays. » (6.11-12) Chaque activité sous le soleil est temporaire, y compris les activités chrétiennes telles que les écoles, les hôpitaux, les orphelinats, les organisations missionnaires, les orchestres, les magazines chrétiens… et mêmes les églises locales. Comme Ésaïe, nous devons également demander : « Jusques à quand, Seigneur ? » C’est à lui de déterminer le commencement et la fin. Poursuivre lorsqu’il a dit d’arrêter n’est pas de la fidélité. C’est de la désobéissance. S’arrêter lorsqu’il dit d’avancer, c’est aussi de la désobéissance. Une crise peut suggérer un changement, mais ne commencez, ne terminez ou ne changez rien sans certitude que le Seigneur vous parle.

Des crises qui font croître

Votre vie a peut-être pris un virage étrange et difficile récemment. Vous vous demandez parfois pourquoi le Seigneur utilise un outil aussi émoussé et douloureux. Dieu se sert des périodes de tourmentes intérieures pour nous encourager à nous rapprocher de lui, pour nous purifier, pour parler à notre cœur. Considérez la crise que vous traversez comme une opportunité de grandir. Le Seigneur est toujours assis sur son trône, haut et élevé. Il contrôle toujours toutes choses. Choisissez de vous rapprocher de lui, choisissez de vous purifier, choisissez d’écouter sa voix, choisissez de croître par le moyen de cette crise. Et bientôt, comme un témoignage, vous allez pouvoir chanter avec beaucoup d’autres : « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi. Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais ; car en Jah, Jéhovah, est le rocher des siècles. » (És 26.3-4)

1 La version anglaise NIV utilisée par Ph. Nunn dit : « qui l’instruisit dans la crainte de Dieu ». Dans l’article traduit en français, c’est la version Darby qui est utilisée, sauf mention contraire.

Source : http://www.promesses.org/arts/181p07

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Vous êtes toujours en construction !

19 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Vous êtes toujours en construction !

Vous êtes toujours en construction !

Vendredi 18 mars 2016

“Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...”

1 Jean 3.2

Peut-être pensez-vous que votre vie est en piteux état ! Ecoutez Jean : “Vraiment, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté...” Vous êtes-vous promené à proximité d’un chantier de construction ? Le chantier, vous le voyez, n’est-ce pas, mais où se trouve la construction ? Encore à l’état de projet, puisque le bâtiment qui s'élèvera ici un jour “n’a pas encore été manifesté”. Pourtant peu à peu, sous l’œil avisé de l’architecte, les murs monteront, les poutres se mettront en place, les tas de sable, de gravier et de ciment du chantier formeront les hourdis et le bâtiment prendra forme. Aujourd’hui votre vie vous paraît lamentable. Mais si l’église de Christ fait le travail qu’Il lui a imparti, elle devrait regorger de gens tels que vous, des gens qui sortent tout juste de situations impossibles, des gens dont la vie a besoin d’être restaurée. Aucun bébé ne naît propre et tout emmailloté ! Naître est une affaire sale, sanguinolente et douloureuse ! La bonne nouvelle c’est que vous êtes “né de nouveau” spirituellement, que vous êtes devenu un chantier en construction et qu’un plan ou une destinée ont été établis pour diriger votre vie future.

Les choses se mettront en place peu à peu. N’oubliez pas que le jour où Christ entre dans votre vie, si votre esprit est changé instantanément par Son intervention, vos émotions, vos goûts, vos attitudes ont besoin d’être modifiés, et tout cela nécessitera des années de restauration ! La vie de chacun regorge de coins secrets qui ont besoin d’être analysés, modifiés et reconstruits. En attendant, nous continuons à nous battre avec nos appétits charnels et à lutter contre des influences divergentes. Ceux qui affirment : “Si vous étiez vraiment devenu chrétien, vous n’agiriez plus ainsi !” semblent avoir oublié que tomber fait partie de l’apprentissage essentiel de l’enfant qui essaye de marcher. Même si vous savez que vous ne devriez pas faire telle ou telle chose, cela ne veut pas dire qu’il sera facile de vous en détourner. Mais Dieu est à l’œuvre en vous. Vous êtes “un chantier” qu’Il n’abandonnera jamais.

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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Assumez vos responsabilités !

19 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Assumez vos responsabilités !

Assumez vos responsabilités !

Samedi 19 mars 2016

Romains 14.12

“Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même.”

Saviez-vous que sur le bureau du Président Harry Truman se trouvait une plaque où étaient gravés ces mots : “L’ultime responsabilité s’assume ici !” ? Autrement dit Truman devait assumer toute décision, ne pouvant rendre personne d’autre responsable en cas d’erreur. Adam n’avait certes pas gravé ces mots sur un rocher du jardin d’Eden ! Pris en faute pour avoir désobéi à Dieu, sa première réaction fut de dire à Celui-ci : “La femme que Tu m’as donnée, c'est elle qui m'a donné ce fruit, et j'en ai mangé” (Genèse 3.12). Il aurait pu tout aussi bien dire : “C’est la faute de cette femme, mais aussi la Tienne puisque c’est Toi qui me l’a donnée !” Pourtant Dieu lui avait confié le rôle primordial de gérer Sa création et lui avait procuré une assistante et compagne. Croyant pouvoir se disculper Adam donna l’impression à Dieu qu’il avait été trompé par Eve et qu’il n’était pas vraiment responsable de cette faute. Néanmoins nous lisons que “son mari était avec elle” (Genèse 3.6). Au cours de la conversation entre Eve et le serpent il était demeuré silencieux, complice à part entière de la désobéissance à l’ordre divin.

La Bible nous enseigne que chacun est responsable de ses propres fautes. Dieu ne punit pas les enfants pour les péchés de leurs parents et vice-versa (Ezéchiel 18.20). Nous sommes donc tous libres de nos choix et devons en assumer les conséquences, mais pas celles des choix de nos parents ou de nos enfants. D’un autre côté toute liberté implique des responsabilités. Dès l’instant où un être humain accepte un rôle particulier il doit en assumer la responsabilité. Parents, si vos enfants sont des bénédictions que Dieu vous a apportées, vous êtes responsables néanmoins de leur bien-être. Vous devez les aimer, les aider, les conseiller, les discipliner parfois. Maris, si vous avez choisi de vous marier, vous devez assumer la responsabilité du bien-être de votre femme. Chrétiens, si vous avez choisi la libération du joug de Satan et embrassé la liberté des enfants de Dieu, vous devez assumer la responsabilité attachée à votre nouveau rôle. Quel est-il ? “De toutes les nations faites des disciples... leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit” (Matthieu 28.19). Assumez vos responsabilités !

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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La discipline spirituelle

16 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La discipline spirituelle

La discipline spirituelle

Mercredi 16 mars 2016

“Prends garde à ta manière de vivre autant qu’à ta doctrine...’’

1Tim 4.16

Parler de discipline spirituelle ne va pas très loin, surtout si vous considérez davantage la conduite et la doctrine des autres. Il est facile de penser qu’ils ont besoin de faire preuve de discipline alors que vous pouvez vous en dispenser ! Comprenez ceci : vous imposer une discipline spirituelle vous en coûtera, sera rarement agréable, vous éloignera du regard des autres et du feu des projecteurs, tout en vous forçant à faire preuve d’humilité. Personne n’aime l’idée de s’imposer une discipline quelconque. Chaque jour vous devrez examiner votre conduite, votre manière de vous exprimer, les relations que vous entretenez et les choix que vous devez faire, puis apporter les modifications nécessaires. Promettre de changer ne coûte pas grand-chose. Personne ne vous applaudira, car la discipline spirituelle s’impose dans le secret. S’enorgueillir est facile, mais l’obéissance se développe toujours dans l’ombre. Vous devrez apprendre l’humilité un peu plus chaque jour.

Vous aurez parfois l’impression d’avoir accompli quelques progrès dans cette direction avant de vous rendre compte le lendemain que votre nature rebelle essaye de reprendre le dessus. La victoire est affaire de persévérance. Vous devez vous battre pour “rester dans la course”. Veiller à votre manière de vivre ou de vous exprimer tout en maintenant votre foi et votre intégrité enrichira certes votre relation avec Dieu et vous procurera une joie profonde, mais ne vous attendez pas à vivre une partie de plaisir ! Paul a écrit : “Je cours de toutes mes forces vers la ligne d’arrivée. Je refuse de m’accorder le moindre repos, la moindre facilité. Vous ne me surprendrez jamais en train de tirer au flanc ! Je tiens à rester en pleine forme et l’esprit aux aguets. Si j’encourage les autres à courir en y mettant tout leur cœur, ce n’est pas pour me laisser aller moi-même et chuter avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée !” (1 Corinthiens 9.26-27

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui

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Le secret perdu de l’Église primitive

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

 Le secret perdu de l’Église primitive

Le secret perdu de l’Église primitive

par W. H.Pethybridge

Tout cela s’est accompli sans l’aide des moyens dont nous disposons aujourd’hui, même sans Bibles imprimées. Cependant, de nos jours, malgré le concours de la radio, de la télévision, des disques, des moyens de transport multipliés, de l’éducation moderne, etc., nous sommes dépassés par l’avance du paganisme. L’Église primitive possédait-elle un secret que nous avons perdu aujourd’hui? En étudiant le Nouveau Testament. on voit que les premiers chrétiens, tout en prêchant le même message, utilisaient une méthode différente qui, à première vue, semblerait beaucoup moins bonne que la nôtre, mais qui, en fait, donnait des résultats bien supérieurs. D’aucuns diront: "Le réveil, voilà le secret!" et il est vrai que nous en avons besoin. Cependant, en étudiant l’histoire des réveils, on constate que même s’ils ont atteint et parfois dépassé l’ampleur de la Pentecôte, on n’a jamais pu conserver ni étendre la bénédiction comme l’a fait l’Église primitive. Peut-être Dieu retarde-t-il l’heure du réveil jusqu’à ce que nous ayons redécouvert ce secret et que nous le mettions en pratique.

Trois faits sont évidents:

1) Le ministère du Saint-Esprit avait priorité sur tout enseignement humain.

2) Les rassemblements des croyants se faisaient dans des maisons privées et non pas dans des édifices spéciaux.

3) On enseignait aux fidèles à se considérer comme membres du corps de Christ et non pas comme de simples croyants pris individuellement. Examinons ces trois points en détail.

1. Le ministère de l’Esprit

Si l’on étudie avec soin les chapitres 13 à 17 de l’Évangile de Jean, on y entend le Seigneur Jésus dire à ses disciples que, malgré tout l’enseignement qu’Il leur avait donné, il leur manquait encore une connaissance vitale qui leur serait apportée par ce nouveau Pédagogue invisible, qu’Il leur enverrait, et qui prendrait sa place, le Saint-Esprit. "Quand il sera venu, l’Esprit de vérité vous conduira dans toute la vérité" (Jean 16: 13). Et cela ne concernait pas seulement les apôtres, mais tous les croyants. Nous en avons la preuve dans 1 Jean 2 versets 20, 24 et 27, où l’on voit que chaque croyant a reçu une onction (le Saint-Esprit) qui lui enseigne toutes choses (en dehors de toute intervention humaine). Ceci ne veut pas dire que l’enseignement divin ne puisse pas nous atteindre par l’intermédiaire d’un canal humain, mais l’accent était toujours mis sur la Source plutôt que sur le canal, ce qui est très important. Le fait est que le divin Pédagogue vient demeurer dans chaque croyant sitôt après sa conversion.

2. Le lieu de rassemblement selon la Bible

Une étude sérieuse des Actes et des Épîtres nous révèle que les premiers chrétiens n’avaient de réunions régulières que dans des maisons privées. Il est vrai qu’ils utilisaient encore le temple de Jérusalem pour leur "témoignage public", mais "ils rompaient le pain dans leurs maisons" (Actes 2: 46) et plus de vingt fois nous les trouvons réunis pour le culte dans la maison d’un croyant. Quatre fois nous lisons "l’église qui est dans ta maison" (Rom. 16: 5, 1 Cor. 16: 19, Col. 4: 15, Phil. 2).

À première vue, il semblerait que des réunions d’église dans des maisons privées aient une portée beaucoup plus restreinte que la méthode moderne de se réunir dans des lieux publics appelés "églises" ou "chapelles". Mais, en étudiant les choses de plus près, on découvre plusieurs avantages évidents:

a) Dans un petit groupe se réunissant dans l’intimité d’un foyer, il est possible de se connaître l’un l’autre et les rapports mutuels sont plus affectueux et moins formalistes.

b) Quand le nombre des participants est restreint, chacun peut prendre une part active à la réunion et ainsi tout le corps de Christ présent peut fonctionner harmonieusement.

c) On évite les gros frais qu’entraînent la construction et l’entretien de lieux de culte publics et ces sommes peuvent alors être utilisées pour des croyants pauvres et pour l’œuvre missionnaire.

d) Quand le groupe devient trop important pour une seule maison, on peut le subdiviser dans deux foyers distincts et ces deux groupes pourront à leur tour se subdiviser eux-mêmes. Ainsi l’Église s’accroît et s’étend plus vite et sur une superficie plus vaste.

e) En tenant les réunions dans des maisons privées, on évite ce formalisme provenant de ce que l’on se croit obligé d’être bien habillé pour aller entendre tel prédicateur à tel endroit.

f) Exercer un ministère dans ces petits groupes évite à ceux qui en sont chargés de tomber dans le piège de l’orgueil qui ruine souvent l’œuvre de Dieu s’accomplissant dans de grands édifices et au milieu de vastes congrégations.

g) L’existence d’un édifice particulier implique souvent l’idée d’une personne spéciale comme ministre responsable de la communauté, ce qui conduit ainsi au "ministère unique" et empêche le libre exercice du sacerdoce de tous les croyants.

h) Si une "église de maison" s’éteint, il ne subsiste aucun organisme mort à entretenir avec tout ce que cela comporte comme engagements d’ordre spirituel, financier et social.

On sait que pendant les deux premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Église n’a jamais possédé de bâtiments qui lui appartiennent en propre et que, lorsque cela devint le cas, l’art de l’exhortation a dégénéré et a été remplacé par l’habitude de donner des commandements.

Bien des groupes ayant commencé à se réunir dans des maisons privées et qui, par la suite, sont devenus des organisations importantes et connues, ont perdu de leur spiritualité lorsqu’ils se sont installés dans des édifices spéciaux. Ceci ne s’est pas produit instantanément, car un édifice spécial n’est pas un péché en soi mais souvent un effort sincère pour glorifier Dieu, mais qui en définitive apporte plus d’inconvénients que d’avantages.

3. Membres les uns des autres

On enseignait aux croyants de l’Église primitive à ne pas se considérer simplement comme un ensemble d’individus sauvés mais comme des membres actifs du corps de Christ. Ce n’était pas seulement l’ensemble de tous les croyants qui formaient "le seul Corps" (universel) mais chaque groupe agissait localement comme le Corps. Dans chacun des trois textes faisant mention du corps de Christ (Rom. 12, 1 Cor. 12 et Éph. 4), il n’est point parlé d’un seul homme qui conduirait tout le groupe, mais chacun est présenté comme possédant un don spirituel et ayant la responsabilité de faire part de ce don au reste de l’église locale, de sorte que chaque croyant est considéré comme ayant un don ou un ministère à exercer en faveur des autres.

Des recherches récentes dans le domaine de l’éducation ont montré qu’on apprend peu en écoutant simplement, mais que lorsque nous essayons de faire part aux autres de ce que nous avons appris, nous commençons alors vraiment à maîtriser notre sujet. Ceci nous montre la sagesse de Dieu dans son plan pour l’Église, qui n’est pas vue comme une grande congrégation de gens qui écoutent, mais comme un petit corps dont les membres apportent l’un à l’autre ce qu’ils apprennent du Saint-Esprit.

Le tableau que nous avons donc de l’Église primitive est très simple mais plein de vie. Chaque fois que "deux ou trois" chrétiens se réunissaient au nom de Jésus, ils s’attendaient à trouver la présence de leur Seigneur, qui une fois a été crucifié, mais qui maintenant est ressuscité. Ils s’attendaient aussi à ce que le Saint-Esprit opère en chacun d’eux afin de partager entre eux ce qui leur avait été ainsi révélé. "Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse" (Col. 3: 16). Selon que l’Esprit opérait au milieu d’eux, l’un des neuf dons de l’Esprit mentionnés en 1 Cor. 12 (ou chacun de ces neuf dons) pouvait se manifester par l’un ou l’autre suivant la volonté de l’Esprit. Chacun était édifié par son propre don particulier alors que ceux qui écoutaient étaient bénis également.

Au fur et à mesure que chaque groupe se subdivisait, formant un nombre plus ou moins élevé d’églises de maisons, celles-ci maintenaient la communion entre elles. L’ensemble de tous ces petits groupes dans une même ville formait "l’Église de Dieu d’Éphèse" ou de n’importe quel autre endroit.

Cependant aucun groupe ne devait s’immiscer dans l’administration d’un autre, le Seigneur étant la tête de chacun d’eux et agissant au milieu de chacun d’eux comme Il lui plaisait. Ils avaient liberté de s’exhorter les uns les autres, mais non pas celle de se donner des commandements.

On voit que cette véritable église ne pouvait pas marcher de pair avec une religion organisée; et quand il y eut division, celle-ci a été l’œuvre du groupe religieux organisé chassant les vrais croyants en dehors de son sein. Avant que cela n’arrive, on trouve en Actes 2: 46, une description très claire:

"Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, et ils rompaient le pain dans les maisons." Ils se servaient encore du lieu d’adoration reconnu, mais ils avaient aussi leurs réunions plus intimes dans leurs propres maisons. Il semble qu’à l’époque on construisait certaines maisons avec une chambre haute spacieuse. Les propriétaires en étaient sans doute les membres les plus riches des communautés, et le Seigneur veillait à ce que, lorsqu’un tel lieu devenait nécessaire, le propriétaire soit converti et disposé à utiliser sa maison dans ce but. Jamais il n’est spécifié qu’un tel lieu ait été "consacré" ou mis à part spécialement. Au contraire, le Nouveau Testament insiste avec force sur le fait que le temple de Dieu, c’est le croyant lui-même, c’est le groupe local, c’est l’église entière et non un édifice quelconque construit par l’homme.

Application pratique pour les temps actuels

Quelle conclusion peut-on tirer de cette étude pour nous aujourd’hui? La réponse est très simple, mais nous croyons qu’elle pourrait avoir des répercussions profondes et mondiales. Laissons les croyants conserver leurs relations actuelles avec la chrétienté organisée aussi fidèlement que possible, mais laissons-les également pratiquer et vivre la vie de l’Église primitive. C’est-à-dire que chaque fois que deux croyants se réunissent ensemble, qu’ils apprennent à réaliser que le Seigneur est au milieu d’eux et, tandis qu’ils s’entretiennent de Lui, qu’ils fassent l’expérience du chemin d’Emmaüs, comme elle nous est décrite en Luc 24. Chaque fois que deux ou trois croyants se trouvent ensemble dans le foyer de l’un ou l’autre d’entre eux, qu’ils se rappellent que le Seigneur est au milieu d’eux, qu’ils se retrouvent pour quelques instants d’adoration et de prière, partageant entre eux ce qu’ils auront appris de Christ et de ses voies, qu’ils lisent quelques versets suggérés par le Saint-Esprit et comptent sur Lui pour être enseignés par ce moyen.

Que le lecteur (ou la lectrice) de ces pages voie si le Seigneur ne le (ou la) conduit pas à réunir dans sa propre maison régulièrement quelques âmes attachées au Seigneur, à une heure qui n’entraverait pas les activités normales de leurs dénominations respectives, puis à s’attendre au Seigneur qui les conduira dans la prière, l’adoration, l’étude de la Parole, comptant sur Dieu pour recevoir ses dons, ou la fraction du pain. Que ce soit Lui qui vous conduise dans l’emploi du temps en révélant sa pensée au cœur d’un ou deux croyants, les autres réalisant qu’ils sont vraiment conduits par l’Esprit.

Par la suite, Dieu pourrait vous mettre à cœur d’inviter d’autres personnes et le témoignage individuel ou collectif rendu à des inconvertis amènerait de nouveaux membres. Le Seigneur ajouterait ainsi à l’assemblée ceux qui seraient sauvés; le groupe pourrait se subdiviser et s’étendre selon la pensée de l’Esprit. Il s’agirait non pas de trouver des locaux plus vastes, mais d’avoir un nombre plus important de groupes.

Dangers à éviter

Dès le début, il y aurait certains dangers à éviter en étant vigilant dans la prière.

a) Certaines personnes parlent trop facilement, d’autres au contraire éprouvent de la difficulté à s’exprimer. Aussi chacun devrait examiner si ses paroles ou son silence sont selon la direction du Seigneur. Il est possible également de commencer par l’Esprit et de continuer par la chair, en sorte que ceux qui sont conduits à parler doivent aussi accepter d’être conduits à se taire.

b) Lorsque des différences d’opinions s’élèvent ou que des différences d’interprétations surgissent, les deux parties doivent montrer beaucoup d’amour et de support. Cela glorifie hautement la grâce de Dieu lorsque deux croyants d’opinions différentes peuvent maintenir l’unité de l’Esprit. Il y a souvent une part de vérité et une part d’erreur dans chacune des deux opinions. Il faut laisser passer du temps et on doit recevoir beaucoup de lumière avant que l’on puisse trouver la part de vérité dans chacune des deux opinions. Mais il y a une source abondante d’amour parfait qui est versée dans le cœur par le Saint-Esprit et qui permettra aux deux croyants de continuer à être un seul cœur et une seule âme malgré leur divergence d’opinion.

c) Pour croître dans la grâce et dans la connaissance, il faut s’éloigner de l’orgueil et de l’erreur et être disposé à se laisser corriger comme à corriger les autres. Apprenons à parler avec amour et avec tact les uns aux autres de ce que nous croyons être un obstacle à cette croissance dans la grâce.

Soyons si désireux de plaire à Dieu que nous nous réjouissions lorsque nos erreurs nous sont montrées, même par un frère que nous considérons comme moins avancé que nous-mêmes.

d) Lorsque l’on recherche une direction pour le groupe tout entier, deux pensées différentes peuvent surgir et l’on pourrait être tenté de diviser le groupe à cause de cela. Si un tel fait se produit, cherchons avant tout à maintenir l’unité de l’Esprit avec un amour profond et un respect réel pour ceux qui ont une pensée différente.

e) Si nous nous réunissons de cette façon scripturaire si simple, Dieu pourra nous donner beaucoup de lumières et de bénédictions, que ne recevront pas ceux qui s’en tiennent seulement aux formes de culte habituelles. Demandons alors à Dieu d’être délivrés de tout orgueil et de tout esprit de supériorité à l’égard de ceux-là. Souvenons-nous de la dette de reconnaissance que nous devons avoir envers ceux qui ont gardé le témoignage de l’Évangile fidèlement au travers des siècles. Cherchons à marcher en pleine communion avec tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus et soyons des membres fidèles de nos communautés.

f) Il y a des centaines de fausses sectes et de faux cultes qui pourraient introduire leurs erreurs dans de tels groupes. On peut les reconnaître à un ou deux traits caractéristiques. Ils prétendent presque toujours être les seuls dans la vérité, et leur enseignement provient d’un quartier général qui réclame une soumission complète de la part de ses membres. Ils ont tendance à tordre certains passages de l’Écriture et en ignorent d’autres; ou ils prétendent avoir reçu certaines révélations en dehors de la Bible.

g) Il est possible que quelques serviteurs de Dieu veuillent s’élever contre de tels groupes. Aimons-les ardemment. D’autres seront pleinement d’accord et voudront s’y associer. Ceci serait très désirable, car leur expérience et leur connaissance de la Parole pourraient être un grand enrichissement, s’ils demeurent sous la direction du Saint-Esprit.

h) Nous courons toujours le danger de préférer le ministère des membres les plus doués et les plus expérimentés du groupe. Mais rappelons-nous que le Seigneur désire toujours conférer un ministère ou des dons aux membres les moins estimés de son corps; aussi devrions-nous être prêts à encourager tout effort tenté par les vases les plus faibles à obéir aux directions de l’Esprit. Cependant ceux que le Seigneur a formés et doués ont à veiller à ce que le petit troupeau soit convenablement nourri, tout en réalisant eux-mêmes qu’ils ont beaucoup à apprendre encore et que de nouveaux enseignements peuvent leur être communiqués par les canaux auxquels on s’attendait le moins. De toute façon on apprend beaucoup plus en exprimant ses pensées qu’en se bornant simplement à écouter.

i) Dans le monde, si un homme veut avoir du succès, il doit se rendre indispensable, mais dans l’Église de Dieu, le vrai succès est atteint lorsque le serviteur a pu amener les autres à le remplacer en sorte qu’il puisse aller exercer son ministère ailleurs, dans un nouveau champ, là où le besoin s’en fait sentir.

Un mot aux serviteurs de Dieu

Les pensées émises ci-dessus ont fait l’objet de conversations avec de nombreux serviteurs de Dieu appartenant à diverses dénominations, et dans la plupart des cas elles ont été considérées avec faveur. Nous avons entendu parler d’un serviteur de Dieu, responsable de l’une des plus grandes églises évangéliques des États-Unis, qui, le dimanche, a la direction spirituelle du culte dans l’édifice habituel, mais au cours de la semaine engage les membres de sa communauté à se retrouver dans des foyers dans toute la ville pour la prière et l’étude de la Parole de Dieu. Ceci semble être certainement un pas dans la bonne direction.

Nous avons vu d’autres serviteurs de Dieu qui ont des réunions de prière, de communion spirituelle et d’étude biblique dans leur presbytère, encourageant chacun à y prendre une part active, alors qu’eux-mêmes restent à l’arrière-plan.

Une chose est certaine: la plupart des serviteurs de Dieu sont découragés de voir comme les membres de leur communauté absorbent peu en écoutant tout simplement les messages qu’ils donnent. Un grand nombre d’entre eux déplorent le niveau spirituel très peu élevé que nos méthodes modernes de réunions d’église peuvent produire. Toutes les améliorations que l’ingéniosité humaine et la science moderne nous offrent ont été essayées ici ou là, mais l’effet n’a jamais été durable. Devons-nous donc en conclure que les méthodes très simples des temps apostoliques, dont nous parle la Bible, sont les méthodes qui conviennent aujourd’hui?

L’état de choses actuel nous appelle à plus de prière et à un désir sincère d’agir en accord avec la Parole de Dieu, plutôt que de nous en tenir à des traditions humaines ou à toutes sortes d’expédients.

"Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché" (Jacques. 4: 17).

Source : http://www.shekina.com/4_LIEN-PRIERE/ARTICLES/C4-046.html

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Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

15 Mars 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

Equilibre spirituel - Les ruses du Diable

R. H. Guignard
. Adapté de Christian Sanity du Dr. A. T. Scofield
Editions Oliphants

Pendant ces dernières décennies, la personne et l'oeuvre du Saint-Esprit ont été à l'avant-garde de l'étude de la doctrine chrétienne. Il y a là, en effet, un enseignement qu'attaque l'ennemi de nos âmes, car ce dernier simule l'énergie et le travail du Saint-Esprit.
Dans le spiritisme (lequel n'est pas uniquement du charlatanisme), il y a bien des raisons de croire que des esprits mauvais se font passer pour des amis disparus, mais ils parlent aussi comme possédant l'autorité de l'Esprit de Dieu. Non seulement cela, dans tout culte mystique, dans les centres de guérisons psychiatriques, la Science chrétienne, l'enseignement de la Nouvelle théologie, les religions de l'Est adaptées à la pensée occidentale, la Bible est abondamment citée, elle sert de référence et elle est honorée, du moins en apparence. Un unique point n'est jamais touché: il n'est jamais confessé que

«Jésus est venu en chair»
Or, Jean (1 Jean 4, 2) nous signale qu'il s'agit de l'épreuve qu'aucun esprit mauvais ne peut soutenir, c'est-à-dire la révélation de notre divin Sauveur, en forme humaine, lors de sa naissance, de sa mort, de sa résurrection. Les opérations des mauvais esprits sont très variées, adaptées aux différentes mentalités ou à la qualité de la foi; elles ont un point commun - le déni de la personne et de l'oeuvre du Fils de Dieu. Il y a des raisons de croire que, mise à part la tendance à pécher et à s'égarer, on constate parmi les chrétiens religieux certaines tentations spéciales, lesquelles sont absolument étrangères à la pensée du christianisme. Il est à remarquer combien, sous le couvert de la religion, il y a d'inimitié, de luttes, de jalousie, de colère, de factions, de divisions, d'hérésies, d'envie, de malice, d'hypocrisie et même de haine (voir Galates 5, 19). Mais on est aussi amené à penser que l'ennemi est à l'origine de ces maux, comme il sème l'ivraie parmi le bon grain. Il semble que ses pièges sont étudiés pour toutes les étapes de l'existence des chrétiens!

Le chrétien tiède,
nonchalant, celui qui n'est pas «engagé» dans la lutte, ne donnera pas beaucoup de trouble à l'ennemi. Le chrétien éveillé, à l'intelligence ouverte, acceptera avec feu les nouvelles idées, foncera dans la voie décrite par un livre reçu ou acheté par hasard et sera capable d'avaler, sans y prendre garde, les dernières nouveautés de la théologie. Le chrétien doctrinal, froid de coeur, sera la proie d'hérésies variées, consistant généralement en vérités qui, sous prétexte d'être étudiées à fond, deviennent des motifs de disputes et de division. Le chrétien avide d'émotions, à la recherche d'une vie chrétienne supérieure, impatient d'arriver aux sommets, est très susceptible de tomber dans un des nombreux pièges tendus sur son chemin. Il lui est presque inutile de songer à être «capable de tenir ferme contre les embûches du diable» (Eph. 6, 10-18), à moins qu'il obéisse à la lettre aux directives données par l'apôtre. Toute l'armure de Dieu est nécessaire, sans oublier l'épée de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu. Et sans oublier l'esprit de prière!

Le danger commence
lors de la marche en avant et de la recherche d'une vie spirituelle profitable. Les grands rassemblements ont leur valeur, mais ils présentent aussi quelques dangers, si l'on n'y prend garde. Il y a d'abord dans toute nombreuse assemblée une puissance hypnotique considérable, indéniable et indépendante des prédicateurs. C'est tout spécialement le cas dans les rencontres religieuses. L'influence hypnotique est intensifiée par
- les chants doux, monotones, répétés plusieurs fois, les auditeurs ayant les yeux fermés et la tête penchée;
- les prières prolongées;
- les harangues prononcées par des prédicateurs passionnés.
Cependant, il est possible qu'il ne se trouve aucun mal à cela. Dieu peut, s'Il le veut, utiliser à sa gloire l'influence qui se dégage de la foule, tout comme il peut utiliser la tranquillité de la chambre haute, la paix de la retraite. Il s'agit seulement de ceci: Prendre garde de ne pas agir sur la base d'une émotion passagère, éphémère. Nous sommes des êtres émotionnables à divers degrés. Dieu peut se servir de nos sentiments, de notre intelligence pour nous amener à lui. Veillons sur notre émotion. Les manifestations de puissance surnaturelle (la conversion en est une) peuvent bouleverser notre équilibre mental. Et, nous devons le répéter, là où Dieu commence une grande oeuvre, quelle qu'elle soit, l'ennemi copie et corrompt!

Ayant des yeux et ne...
A notre époque, on ne doit pas admettre à priori que des prédicateurs soient «de Dieu», même si ce sont des hommes justes, menant une vie pure, versés dans la connaissance de la Bible. D'après II Cor. 11, 13-15, Satan est un «ange de lumière»; ses serviteurs sont des «ministres de la justice»; ils dénoncent avec vigueur toute immoralité. Il est vain de chercher Satan dans les bas-fonds de la ville, alors qu'il peut parler du haut de la chaire et prêcher une saine morale!
Un jour, le Dr Scofield prenait un repas en compagnie d'un éminent théologien (moderniste). Ce dernier se vantait d'avoir pu et su laisser de côté les doctrines sur la chute de l'homme, le besoin d'un Sauveur, la rédemption par le sang, etc! Mais, en même temps, il était agréablement surpris de constater que ses livres étaient achetés et lus par un public chrétien orthodoxe (donc fidèle à la Parole), alors que ces personnes ne s'étaient jamais aperçues que les doctrines fondamentales indiquées ci-dessus ne se trouvaient jamais dans lesdits livres!

Ayant des oreilles et n'...
D'autre part, il y a grand danger à fonder des doctrines ou tout au moins à baser une ligne de conduite sur des révélations, des «voix» (soit-disant de l'Esprit), au lieu de se baser sur la Parole de Dieu. Celle-ci donne à l'homme tout ce dont il a besoin. De telles «voix» ont été la source d'innombrables erreurs, de péchés affligeants, d'immoralité. Se vider de soi-même, annihiler toute faculté de raisonnement, de pensée, n'est pas de Dieu. Dieu ne le demande pas de ses enfants. L'apôtre Paul, parlant aux Philippiens, disait: «Que votre amour aille toujours grandissant; qu'il gagne en clairvoyance (textuellement en super-connaissance) et en tact. Que vous fassiez preuve de discernement». Dieu bénit et sanctifie les dons de compréhension, d'équilibre mental qu'il a impartis à l'homme. Il ne les abolit pas.
On vous conseillera: «Laissez-vous aller; détendez-vous; soyez passif; ne pensez plus!» Or, vous ne savez quel esprit viendra prendre la place! Il faut, au contraire garder un sain jugement, combiné avec humilité, révérence et soumission à la volonté de Dieu.
La doctrine concernant la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ est très importante. Il est toujours indiqué d'y revenir. Si, apparemment, un élément surnaturel est en jeu, il faut agir selon I Jean 4, 1-2, soit mettre à l'épreuve la personne intéressée, l'esprit qui dirige cette personne.*) Ne vous hâtez pas de juger une manifestation inhabituelle comme étant de Dieu ou du Méchant. Il est fort probable qu'il ne s'agisse que d'excitation naturelle. Réservez votre décision et n'intervenez qu'après un certain laps de temps. Ne jugez pas ce que vous ne comprenez pas, en parlant mal d'un homme; vous pourriez attribuer des oeuvres de l'Esprit à une puissance satanique.

Etudiez la Parole de Dieu,
adhérez de tout coeur à cette Parole, c'est la meilleure assurance. Priez pour être conduit par l'Esprit et demandez, selon l'exemple de prière de Jésus, d'être «délivré du Malin». C'est une pétition trop souvent oubliée!
Précisez vos prières. Demandez à Dieu ses dons les meilleurs, selon ses promesses. Demandez aussi la faveur de ne rien recevoir du Malin. La volonté du Père est toujours à respecter: «Que ta volonté soit faite et non point la nôtre». Dieu est libre, par l'oeuvre du Saint-Esprit, de faire part de ses bénédictions à qui il veut. Mais il ne protège pas toujours ses enfants contre leur propre folie!

*) Voir dans ce même cahier l'étude «Les deux esprits» de F. F. Bruce.

Source : http://www.promesses.org/arts/9p183-186f.html

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