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Le blog de Dr André CHOUBEU

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Le mariage : une alliance

3 Juillet 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le mariage : une alliance

Le mariage : une alliance

Frank Horton

Dans l'Ancien Testament le mot alliance (héb. berîth) renferme l'idée d'un engagement solennel qui lie ensemble deux partis. Il a un usage ordinaire, rare, lorsque les deux partis sont des hommes qui signent un contrat, et un usage fréquent, plus particulièrement religieux dès lors qu'il s'agit d'un contrat entre Dieu et les hommes (toujours proposé par Dieu: cf. les alliances successives avec Adam, Noé, Abraham, Moïse, David, etc.). Or, il est aussi question, occasionnellement, d'une alliance contractée à l'occasion d'un mariage: faut-il classer celle-ci dans la première ou la seconde catégorie? Les deux semble-t-il, car un livre apocryphe (Tobie 7.13), évoque la coutume selon laquelle le père de la mariée formulait les tenues du contrat du mariage. D'autre part la notion d'alliance dans le mariage donne à celui-ci une dimension religieuse, comme nous allons voir.

Trois textes de l'Ancien Testament rattachent l'alliance au mariage, pour souligner et promouvoir, d'abord, la notion de la fidélité conjugale. Dans Proverbes 2, la sagesse, la connaissance, la réflexion et la raison (v. 10,11) collaborent, interviennent pour te délivrer (le «fils» du v. 1) de la courtisane, de l'étrangère aux paroles doucereuses, qui abandonne l'ami de sa jeunesse, et qui oublie l'alliance de son Dieu (v. 16, 17). La femme «étrangère», ou «lascive, libertine», bien qu'ici mariée à un autre a, en provoquant une liaison adultère; oublié l'alliance de son Dieu, donc, bafoué son engagement conjugal et transgressé le commandement de Dieu. Abandonner son époux légitime équivaut à un oubli, plus, à un refus délibéré d'un engagement solennel pris devant Dieu. Le mariage apparaît ici comme un contrat arrêté en présence de Dieu et aussi, dans un certain sens, avec lui. Bien que le Pentateuque ne mentionne pas de rites sacrés, publics, associés à la cérémonie du mariage, il paraît clair que de tels rites accompagnaient le mariage chez les Israélites (nous y re- viendrons à la fin de notre article). Ironie de la leçon: Salomon avertit son fils au sujet du péché dont, par la suite, il deviendra lui-même coupable. Ainsi, par la bonté de Dieu, ses paroles deviennent l'antidote au poison de son propre exemple funeste et corrupteur.

Le texte d'Ezéchiel 16.8 va dans le même sens, quoiqu'avec encore plus de force. L'Eternel s'adresse à Jérusalem comme à une fiancée: Je passai près de toi, je te regardai, et voici que ton temps était là, le temps des amours. J'étendis sur toi le pan de mon manteau, je couvris ta nudité, je te fis un serment, je contractai une alliance avec toi, - oracle du Seigneur, l'Eternel, et tu fus â moi. Conformément aux coutumes de l'époque, l'Eternel, dans ce langage imagé, couvre son élue du coin de son manteau, signifiant par ce geste qu'il s'intéresse à elle, et la prend sous sa protection dans le but de lui conférer l'honneur des fiançailles puis du mariage (cf. Ruth 3.9). Nous pouvons rapprocher cette image (de l'alliance en vue du mariage) de cette autre alliance solennelle, contractée par Dieu grâce à laquelle Israël, devenu une nation, a été formellement reconnu comme peuple appartenant à Dieu (Ex. 19; 20. 2,5; 25; etc.). Ce rapprochement met en relief le sérieux, la solennité, dans la pensée des auteurs bibliques, de l'alliance du mariage, et cela d'autant plus que l'apostasie de Jérusalem est qualifiée de prostitution (v. l5ss), d'un abandon scandaleux aux yeux du divin Epoux et punissable par Celui-ci du plus sévère des châtiments (v. 35ss).

Un troisième texte dans Malachie (2.14) évoque le problème de mariages avec des femmes étrangères contractés par certains Israélites rescapés de l'exil, et cela au prix de mariages antérieurs avec des femmes Israélites: L'Eternel a été témoin entre toi et la femme de ta jeunesse que tu as trahie, bien qu'elle soit ta compagne et la femme de ton alliance. Reproche assorti d'exhortation, d'avertissement et de condamnation de l'abrogation du mariage antérieur: Prenez donc garde en votre esprit: que personne ne trahisse la femme de sa jeunesse! Car haïssable est la répudiation, dit l'Eternel, le Dieu d'Israël! (8v.15b,16a). C'est dire que Dieu, présent au premier mariage et témoin de l'alliance contractée entre les partis, approuve et bénit cette union, appelle tendrement l'épouse la femme de ta jeunesse - celle que tu as choisie pour être le partenaire de tes joies et de tes peines-, souhaite une descendance heureuse, exhorte à la vigilance, et qualifie de trahison détestable, motivée par l'opportunisme égoïste, toute idée de divorce.

Quelle conclusion pouvons-nous tirer de cettre brochette de textes qio introduisent la «dimension religieuse» dans l'engagement du mariage, sinon que Dieu est directement concerné? Il use de son autorité légitime pour s'intéresser au mariage du couple, y exercer un droit de regard... plus: pour rappeler aux époux le sérieux de leur engagement, l'exclusivité et la permanence de leur union, et l'extrême gravité de toute abrogation de l'alliance. Cela cadre parfaitement avec le récit de Genèse 1.27, 28, où le Créateur institue lui-même le mariage avant même l'origine de la société humaine. Ayant créé l'homme mâle et femelle, il ordonne le mariage comme condition indispensable à la continuation de la race humaine; il implante les affections et désirs dans la nature humaine; il fait du mariage une influence qui ennoblit, enrichit, réjouit, et contribue puissamment à l'épanouissement de la vie chez 1'homme et la femme; il déclare que la solitude n'est pas bonne pour l'homme, et il lui amène une aide destinée à être son vis-à-vis (Ge 2.18).

Et le chapître 2 de la Genèse de conclure: C'est pourquoi - à cause de toutes ces considérations provenant de l'initiative divine - l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair (v.24), Le mariage, en tant qu'institution créationnelle, est invoqué par Jésus (Mat 19.5; Marc 10.7), puis par Paul (1 Cor 6.16; Eph 5.31) et déclaré toujours valable. Paul va jusqu'à dire qu'il reflète la relation d'intimité et d'exclusive fidélité que le Christ a établie avec Son Epouse, l'Eglise (nous mettons exprès les majuscules appropriées). Ayant quitté Son Père Il est venu sur la terre pour se coller (litt.), dans une union indéfectible, à Son Eglise, et S'identifier à elle au point de prendre sur Lui ses fautes à elle, et lui conférer en échange Sa pureté et Sa sainteté! Le Christ s'est uni une fois pour toutes et pour toujours à une seule Epouse à laquelle Il reste fidèle, et qu'Il ne répudiera jamais malgré ses incartades à elle... Et Paul de conclure en tirant l'exhortation pratique qui s'impose: puisque le couple est un reflet de Christ et de Son Eglise, que le mari chrétien aime -continuellement - sa femme, et que l'épouse respecte - continuellement! -!son mari (Eph 5.33).

Revenons un instant à 1'Ancien Testament pour constater que le sérieux de l'engagement conjugal est souligné par toutes les cérémonies qui précédaient, accompagnaient et suivaient le mariage (nous devons nous contenter d'énumérer ici une liste incomplète): rôle prépondérant des parents dans le choix d'une épouse -fiançailles officielles et solennelles -échange de cadeaux - vêtements de fête -cortège -bénédiction- préparation d'une chambre nuptiale - et festivités qui pouvaient durer une semaine, voire deux.

Le mariage selon Dieu? Une alliance, à la fois humaine et divine, qui engage solennellement un homme et une femme à s'unir l'un à l'autre totalement, intimement, exclusivement et pour la vie, avec l'approbation, la bénédiction, la présence et l'aide du Seigneur.

Source : http://www.promesses.org/arts/109p3-5f.html

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La Chasteté préconjugale

3 Juillet 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

La Chasteté préconjugale

La Chasteté préconjugale

Roger Barilier

Texte paru dans Ichthus, no 72, Déco 1977.

Il y a toujours eu des fiancés pour brûler les étapes et se donner l'un à l'autre avant le jour du mariage. Jadis, cela n'allait pas sans difficultés: ceux à qui c'était arrivé se sentaient en faute et ne le criaient pas sur les toits! Ils avaient été imprudents, n'avaient pas su attendre et avaient fini par céder à la violence de leur passion. Ils n'en étaient pas particulièrement fiers; les meilleurs en étaient même extrêmement honteux. Ils faisaient l'expérience de leur faiblesse et du peu d'effets de leurs bonnes résolutions.

Ce qu'il y a de nouveau, de nos jours, c'est qu'avec l'inflation du «sexuel» qui caractérise notre civilisation à bout de souffle, on cherche à justifier les relations préconjugales, à les «déculpabiliser», à les recommander même comme favorables à l'entente conjugale. De même qu'on se fréquente, avant de se marier, pour apprendre à se connaître sur le plan du caractère, des idées et des goûts, et prévenir ainsi les risques d'incompatibilité psychologique, de même on estime bon d'aller plus avant dans la découverte l'un de l'autre pour voir si l'on se convient sur le plan physique.

Je dois préciser que mon propos ne concerne que les jeunes gens qui envisagent sérieusement de s'épouser et de fonder ensemble un foyer. Je ne parle pas de ceux qui vivent ensemble hors de la perspective du mariage. J'exclus davantage encore ceux qui vont d'aventure en aventure, et qui vivent dans un célibat nominal et une polygamie de fait. Non, je m'en tiens à ces jeunes qui veulent être l'homme ou la femme d'un seul amour, et qui, respectant encore quelque peu l'enseignement biblique, ne pensent pas l'enfreindre en ayant des relations intimes avec celle dont ils ont la ferme intention de faire leur femme, avec celui dont elles espèrent fermement qu'il sera leur mari. Le 7e commandement réprouve l'adultère et, semble-t-il, il n'y a pas d'adultère dans leur cas. Voyons donc, Bible en mains, s'ils ont raison.

L'institution du mariage

Laissant de côté quelques touches éparses concernant la virginité avant le mariage, allons d'emblée au texte fondamental: Gen 2.24. Bien qu'appartenant à l'Ancien Testament, ce texte n'est pas de ceux que la Nouvelle Alliance aurait rendus caducs, puisqu'il est repris par saint Paul dans Eph. 5.31 et surtout par Jésus lui-même dans Mat. 19.5 et Marc 10.7-8. Il exprime la raison d'être de la différenciation sexuelle (Dieu créa l'être humain homme et femme) c'est-à-dire la formation du couple et la fondation de la famille: L'homme quittera son père et sa mère, et il s'attachera à sa femme pour devenir une seule chair.

On peut voir entre ces deux membres de phrases une succession chronologique: l'homme franchit une étape décisive de son existence, il cesse d'être dépendant de ses parents (et fils célibataire) pour entrer dans une condition nouvelle où il fondera son propre foyer et vivra avec sa propre femme. Il y a d'abord rupture, puis attachement. On ne peut pas prendre les choses dans l'ordre inverse: d'abord attachement, relation intime avec une femme, puis ultérieurement, séparation d'avec la famille parentale. Autrement dit, c'est à partir du mariage seulement que l'homme et la femme peuvent devenir une seule chair. Tant que le jeune homme est «à la maison», il vit dans la chasteté; lorsqu'il se lie physiquement à une femme, il a quitté la maison sans retour. Celle qu'il «connaît», au sens où Adam connut Eve, n'est pas sa future femme, mais sa femme.

Mais ce qui est décisif, c'est que l'institution du mariage unit indissolublement un homme et une femme. Elle est monogamique et exclusive de toute autre union. L'homme qui laisse son père et sa mère s'attache à sa femme, qui est unique et irremplaçable, et avec laquelle il s'est lié pour la vie. C'est avec celle-là, et avec aucune autre, qu'il devient une seule chair. Les relations intimes ne sont possibles qu'avec celle qu'il a choisie à l'exclusion de toute autre, et à laquelle il s'est donné sans réserve. L'amour physique est le signe et l'expression la plus forte possible de ce don de soi total et définitif. Admettre le signe avant la réalité - et donc sans la réalité - c'est violer l'ordre divin.

Les fiancés, si sûrs qu'ils soient de leur amour, ne se sont pas encore engagés l'un envers l'autre pour les «bons et les mauvais jours, jusqu'à ce que la mort les sépare». Ils peuvent encore se séparer, et c'est notamment à réserver cette possibilité que les fiançailles sont destinées. Cette rupture devient particulièrement possible quand on avoue que l'intimité sexuelle n'est qu'un essai: on envisage donc d'avance que cet essai puisse ne pas être concluant. On fait une réserve, on met des conditions, ce qui est la négation même du don de soi. Dès lors, les relations intimes sont mensongères, elles n'expriment pas ce pour quoi elles sont faites: cet engagement sans réserve ni conditions. Elles sont la simple satisfaction d'un besoin physique; à tout le moins, elle privilégient l'aspect physique de l'amour aux dépens de toutes les autres composantes: l'affection, la tendresse, l'échange des sentiments et des pensées, le partage des joies et des peines, bref, tout ce qui résulte précisément d'un engagement mutuel complet. Et si les fiançailles viennent à être rompues, un mariage ultérieur sera adultère par rapport à ce faux mariage. Car il n 'y aura pas eu rien qu'une femme dans la vie de cet homme, rien qu'un homme dans la vie de cette femme.

Saint Paul et la question sexuelle

Venons-en à un autre texte majeur: le chapitre 7 de la première épître aux Corinthiens, tout entier consacré à ce qu'on appelle aujourd'hui la «question sexuelle». Dans ce chapitre, l'apôtre Paul présente à ses lecteurs, à quiconque veut vivre chrétiennement dans ce domaine, une rigoureuse alternative: ou bien le célibat, vécu dans la continence, dans le non-emploi de la fonction génitale, sublimé en consécration à Dieu et en dévouement pour le prochain; ou bien le mariage, c'est-à-dire la vie commune avec une personne de l'autre sexe, au vu et au su de tous, avec les caractères de choix exclusif et d'engagement irrévocable que nous avons dit plus haut d'après la Genèse et l'Evangile.

Ou le célibast, ou le mariage: il n'y a pas de troisième possibilité, de condition intermédiaire qui ne serait ni mariage, ni célibat, et qu'on pourrait nommer concubinage, union libre ou mariage à l'essai. Cet état intermédiaire, qu'à vrai dire les païens connaissent et vivent, n'a pas d'autre nom, du point de vue de la foi chrétienne, que celui d'impureté (ou d'impudicité).

Le célibat, on le sait, a les préférences de Paul, non pas pour des raisons morales, parce qu'il serait supérieur au mariage, mais simplement pour des raisons pratiques, parce qu'il permet une plus grande disponibilité pour le service de Dieu, surtout dans les temps de persécution comme ceux que l'apôtre voyait s'approcher. Le mariage, vécu dans la fidélité, dans l'amour, dans l'oubli de soi et l'attention au conjoint, dans une communion profonde, tant charnelle que spirituelle, est la seconde forme de pureté, d'obéissance à Dieu dans le domaine sexuel. (Cela prouve, entre parenthèses, que Paul, comme l'Ecriture tout entière, n'a pas de prévention contre la sexualité en elle-même, et qu'elle n'est pas pour lui un affreux «tabou» qu'il faudrait réprimer: c'est uniquement le mauvais usage de la sexualité qui est la cible de sa réprobation; la sexualité est bonne et sainte, comme le dit aussi la Genèse, comme le confirme Jésus, mais son exercice n'est légitime que dans le mariage). En dehors donc de ces deux formes de pureté: le célibat et le mariage, il n'y a que péché, transgression de l'ordre établi par le Créateur.

Un verset résume lapidairement tout cet enseignement de 1 Cor 7 et le dérobe à tout ergotage, c'est le v. 9: «Si (les non-mariés) ne peuvent garder la continence, qu'ils se marient! car il vaut mieux se marier que de brûler».

Brûler, cela se comprend sans peine, c'est éprouver des désirs si ardents qu'on en est tourmenté ou qu'on ne peut les réprimer, et qu'alors on cherche à les satisfaire avec une prostituée, avec la femme de son prochain ou avec sa fiancée. Si donc on n'a pas le don du célibat, il ne reste aux yeux de l'apôtre, qu'une solution: épouser celle qu'on aime. Il est exclu de rester en quelque sorte entre deux chaises et de participer à la fois à l'état de célibataire, qui n'a pas encore constitué son propre foyer, et à celui i d'homme marié (ou de femme mariée) qui vit en pleine intimité avec son conjoint. Un jeune homme et une fille ne peuvent se donner mutuellement la marque suprême d'amour que se donnent ceux qui s'appartiennent totalement l'un à l'autre, quand précisément ils ne s'appartiennent pas encore. Il faut choisir: ou renoncer au mariage et vivre dans la chasteté, ou renoncer au célibat et entrer dans une totale communauté de vie avec une épouse ou un époux.

Dans ce domaine aussi, ou bien on ne met pas la main à la charrue, ou bien si on l'y a mise, on ne regarde pas en arrière.

Telle est donc la Loi. Ceci posé, on se rappellera deux choses: la première, c'est que la Loi est donnée pour le bien des hommes, et que si elle les empêche de faire ce qu'ils auraient envie de faire, c'est dans leur propre intérêt. Elle est en elle-même une grâce. La seconde chose, c'est qu'il y a la grâce, au sens fort du terme, autrement dit le pardon, pour ceux qui enfreignent la Loi; et nul n'est plus compréhensif que le Dieu de Jésus-Christ à l'égard des faiblesses des hommes. Reprenons successivement ces deux points.

Le bonheur dans l'obéissance

La loi est un bienfait, une protection, un secours. Elle est destinée à épargner aux hommes des expériences malheureuses, et à leur tracer le chemin dans lequel ils seront bénis. La loi concernant la chasteté préconjugale ne fait pas exception: si le jeune homme l'écoute, il vivra; s'il passe outre, il s'attirera toutes sortes de désagréments, de déboires et de souffrances.

L'intimité sexuelle n'est jamais inoffensive. Elle n'est pas le verre d'eau qu'on boit quand on a soif. Voyez ce qu'en dit l'apôtre dans 1 Cor 6, toujours à partir de Gen 2: Ils seront une seule chair. Elle fait de deux êtres un seul. Dès lors que cette intimité est consommée en dehors du mariage, de l'état où ces deux êtres pourraient n'être véritablement qu'un seul, elle se trouve en porte-à-faux. Elle fusionne en une seule personne deux êtres qui sont encore séparés. D'où un trouble, un malaise qui, pour être inavoué ou même contesté, n'en est pas moins réel.

La première femme que l'on possède sera toujours un peu sa femme, le premier homme auquel on se donne sera toujours un peu son mari. Qu'arrive-t-il s'il y a rupture de fiançailles et si cette femme ne devient pas votre femme, ce mari votre mari? Il restera toujours quelque chose de cette première union, qui étendra comme une ombre sur un mariage subséquent avec une autre personne. Cette personne-là ne pourra pas être l'unique, la première et la dernière, et l'union avec elle ne pourra pas avoir le caractère de découverte merveilleuse qu'elle aurait eu autrement. «Le mariage, écrit Roger Mehl, cesse d'être un commencement absolu, l'entréedans une existence nouvelle; il est défloré».

Au surplus, quand les relations intimes sont considérées comme un essai, une façon de voir si l'on est fait l'un pour l'autre, il n'y a pas de raison, si cet essai ne donne pas satisfaction, pour qu'il ne soit pas suivi d'un second, d'un troisième, d'un ennième. Moins on aura voulu se fixer dès la première fois, moins on sera capable de se fixer dans la suite. On risque ainsi de voleter de fleur en fleur, d'aller de liaison en liaison, comme Don Juan, sans jamais connaître les bienfaits du mariage indissoluble, à moins qu'on ne se marie «pour faire une fin», ce qui n'est sûrement pas la meilleure manière de se marier.

Essayer le définitif ?

D'ailleurs, le principe d'un essai est parfaitement incompatible avec celui du mariage, où l'on se lance pour ainsi dire à corps perdu, en brûlant ses arrières, sans mettre de «si» et de «mais».

Et pratiquement, la valeur de cet essai, et les conclusions qu'on en peut tirer, sont assez illusoires. lI se peut qu!il échoue simplement parce qu'on est novice, ou que les conditions plus ou moins clandestines dans lesquelles il est effectué, puisqu'on n'est pas marié, le font échouer: on a beau se dire au-dessus des préjugés «bourgeois» ou «judéo-chrétiens» et se croire intérieurement libre d'agir ainsi, un sentiment inconscient de culpabilité, surtout chez les jeunes filles, peut provoquer un blocage fatal. Les mêmes relations intimes, entre les mêmes personnes, mais pratiquées dans la légitimité, la sécurité et la stabilité du mariage, pourraient très bien réussir, et si ce n'est pas d'emblée, du moins avec le temps et à force de patience et de véritable amour.

D'autre part, à l'inverse, des relations parfaitement réussies entre fiancés n'empêcheront pas la rupture de se produire, avant ou après le mariage, si c'est essentiellement sur ces relations physiques que l'on a fondé l'harmonie du couple, sans tenir compte suffisamment des facteurs psychologique, caractériel, de mentalité et d'éducation. L'entente des corps ne va pas forcément de pair avec celle des coeurs, des esprits et des âmes, surtout si l'on néglige l'amour au sens de l Cor. 13.

N'oublions pas non plus le drame que peut présenter la rupture d'une fréquentation, quand l'un seulement des partenaires s'est détaché, mais que l'autre s'est au contraire attaché fortement. Ce drame est plus grand, la souffrance plus vive et plus profonde, quand les relations ne sont pas restées au niveau platonique, mais ont été poussées jusqu'à leur point extrême. La déchirure est d'autant plus grave que la communion a été plus étroite. Combien de jeunes restent désabusés, après une expérience semblable, et hors d'état de croire encore à un amour vrai!

Tricherie et baisse de l'étiage spirituel

Il faut signaler également, pour les jeunes qui anticipent sur le mariage, l'obligation où ils sont de tricher avec les conséquences de leurs relations. Si autrefois la venue d'un enfant sanctionnait souvent leur faute, les précautions contraceptives d'aujourd'hui les exposent à un autre danger: celui de dissocier profondément les deux fins du mariage: l'unité du couple et la procréation, et de refuser celle-ci au profit exclusif de celle- là. Je sais bien que c'est ce que fait allégrement la société contemporaine, dans le mariage et hors du mariage; mais cela ne veut pas dire que ce soit un bien. Le refus de l'enfant ne peut qu'aggraver l'égoïsme, l'esprit de jouissance et la fuite devant les responsabilités qui caractérisent en elles-mêmes les relations préconjugales.

Enfin - et nous ne sommes pas si loin du point précédent - les relations préconjugales risquent de s'accompagner, chez les jeunes chrétiens, d'un refroidissement de la foi, celui-ci pouvant être la cause de celles-là ou bien leur effet. Ces jeunes peuvent glisser dans la faute parce qu'ils se sont éloignés de Dieu, et que la force du Christ a cessé d'être agissante en eux; ou bien c'est parce qu'ils ont commis la faute qu'ils se sont révoltés contre Dieu, dont ils trouvent le commandement de chasteté trop dur à observer . C'est Wilfred Monod, sauf erreur, qui disait que bien des jeunes gens deviennent douteurs quand leur conduite devient douteuse. De toutes façons, les voilà sur la pente de l'incroyance: seront- ils perdus pour le service de Dieu et du prochain?

Sauver ce qui était perdu

Mais non. Avec Dieu, personne n'est jamais perdu sans recours et sans espoir. C'est ce que je voudrais (appeler pour terminer.

Je le rappelle aux jeunes que la Loi divine écrase et désespère, qui luttent péniblement pour l'observer, ou qui peut-être l'ont transgressée malgré eux.

Je le rappelle aussi aux parents qui voient leur grand fils ou leur grande fille, contaminé ou contaminée par le laxisme contemporain, vomir les principes sacrés qui avaient modelé leur propre jeunesse.

Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Notre Seigneur Jésus-Christ n'est pas venu sauver des justes, mais des pécheurs.

La loi de Dieu n'est pas là pour condamner ceux qui l'enfreignent, ni pour porter sur les sommets de la suffisance et de l'orgueil ceux qui pensent l'avoir observée. Elle a été donnée pour révéler le péché, pour nous faire mesurer l'écart effrayant qu'il y a entre la sainteté de Dieu et le désordre de notre vie, et pour nous amener à crier miséricorde. Elle a été donnée en outre pour montrer le chemin à ceux qui, ayant obtenu miséricorde, ne comptent plus sur eux-mêmes, mais sur la puissance du Saint- Esprit en eux.

Autrement dit, devant le désarroi actuel des esprits, devant les théories à la mode qui se veulent accommodantes et compréhensives à l'égard des «péchés de la chair», il importe au premier chef d'être au clair sur ce que Dieu veut véritablement en ce domaine, et de ne pas donner raison à ces théories qui permettraient trop facilement de justifier toute une partie de la jeunesse. Car qui veut justifier ce qui n'est pas juste, se prive de la seule justification possible: celle que Dieu accorde à la repentance. Celui qui s'élève sera abaissé; seul celui qui s'abaisse sera élevé.

Appeler «bien» ce qui est «mal», c'est laisser croupir le mal et le priver de toute possibilité de régénération. Faire passer pour bien-portants ceux qui sont malades, c'est les priver de médecin, sans rien changer au fait qu'ils sont malades et que leur maladie risque de les conduire à la mort.

Se dérober à la Loi, c'est se priver de la Grâce. Celui qui prétend que les relations préconjugales n'ont rien de répréhensible, qu'elles sont même bonnes et normales, persévérera dans son erreur et encouragera les autres à faire comme lui. Mais celui qui reconnaît que ces relations sont une faute, une transgression de la volonté divine, celui-là, même s'il a commis cette faute, peut s'en repentir, s'efforcer d'y renoncer à l'avenir et entraîner les autres à ne pas la commettre. Pour lui il y a de l'espoir, Dieu peut faire quelque chose de cet homme (ou de cette femme), les erreurs passées pourront être effacées, tout peut recommencer à neuf.

Le jeune homme (ou la jeune fille ) qui s'incline devant la loi divine de la chasteté préconjugale, même s'il a de la peine à l'observer, même si la lutte est parfois surhumaine, même s'il lui arrive de succomber, a une tout autre stature spirituelle que le jeune «dans le vent» qui ne se pose pas de problème, qui suit sa nature et les faux prophètes de la liberté sexuelle. Chez celui-ci, la conscience se tait peu à peu, et finit par mourir, il n'a plus d'exigence morale, sa vie n'a aucune profondeur. Chez celui-là au contraire; il y a un «idéal», une volonté de s'élever, une recherche de Dieu, de la grandeur; il vit, tandis que l'autre est mort. Car le plus important n'est pas d'être sans reproche, mais de combattre.

Là où il n'est pas censé y avoir de péché, il n'y a pas de progrès possible, ni personnel, ni collectif. Il n'y a de progrès que dans le mal, dans l'avilissement, dans la bestialité. C'est donc en étant parfaitement rigoureuse sur le plan moral que l'Ecriture ouvre les coeurs à la repentance, au besoin du pardon divin, au perfectionnement et au changement. Ce n'est qu'à des coupables qu'elle peut annoncer l'amour de Dieu qui pardonne, qui relève et qui aide à faire mieux. Ce sont les coupables conscients qui représentent une chance pour la jeunesse, pour nos Eglises et pour la société.

Là où la morale des temps nouveaux cherche à supprimer la culpabilité, il n'y a plus d'espoir de sainteté - et la culpabilité demeure...

Source : http://www.promesses.org/arts/109p26-32f.html

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Le fardeau de la dépression (3 ; suite et fin)

6 Juin 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le fardeau de la dépression (3 ; suite et fin)

Le fardeau de la dépression (3 ; suite et fin)

Dr. Peter Masters

Dans les 2 derniers numéros de Promesses, le pasteur Peter Masters a défini les différentes formes que peut prendre la dépression, décrit quelques facteurs qui la déclenchent, et indiqué des stratégies de redressement.

En introduction de cet article, on formulera quelques conseils importants dans la pratique de la relation d'aide avec un dépressif. Premièrement, il ne paraît pas souhaitable, ni utile, que les croyants touchés par ce mal soient aidés et suivis par la moitié de l'assemblée, car la dépression tombée «dans le domaine public» conduit à coup sûr à une recherche ou une soif exagérée de marques de sympathie, jusqu'à en rendre le malade dépendant. Ensuite il faut insister sur le rôle vital du sommeil, même si la plupart des dépressifs n'en sentent pas la valeur. Nous devons affirmer que le sommeil est une compensation normale lors d'un tel épuisement physique, psychique et moral. En dernier lieu, on évitera tant que possible d'aborder des thèmes conflictuels à une heure avancée de la nuit, de peur que l'angoisse s'installe jusqu'au petit matin.

Voici les prises de conscience et les attitudes correctives qui devraient ponctuer le retour d'un dépressif à la vie normale:

1) Admettre le côté irrationnel de la maladie

Les personnes qui traversent la vallée de la dépression devraient être conduites, peu à peu, à admettre qu'elles ont une forme de pensée moins rationnelle que d'habitude, puisque par définition cet état est caractérisé par les jugements négatifs et les conclusions pessimistes. David en donne la description en l Sam 27.1 : Je périrai un jour par la main de Saül; il n'y a rien de mieux pour moi que de me réfugier au pays des Philistins. Dans son découragement et son anxiété, David développe une vision déformée de la situation. Toute l'évidence de la puissance protectrice de Dieu sur lui s'évanouit de par la surestimation des dangers environnants. Pour la seconde fois il paraît incapable de se souvenir de l'onction et des affirmations de Dieu en relation avec la royauté à laquelle il est destiné. Sa souffrance intérieure affaiblit sa foi au point de le faire succomber à une folle attitude de fuite et d'abandon. La dépression doit être reconnue comme une atteinte de l'être intérieur tendant à déformer les choses et à ébranler les certitudes, oscillant du simple doute à l'incrédulité ouverte. Par conséquent, il est vital de rééquilibrer le fonctionnement et la faculté de penser de celui que nous voulons aider!

2) Refuser les coups de tête

Aussi longtemps qu'une personne n'est pas complètement hors d'affaire, il faudrait l'empêcher de prendre des grandes décisions. Je connais une quantité de gens qui ont commis des actes plus qu'absurdes en pleine phase d'irréalité, tels que quitter leur emploi, déménager ou briser une amitié; ils en arrivent à développer des situations préjudiciables pour tout le monde; j'ai vu des pasteurs s'écarter de l'église et des anciens, des missionnaires se désintéresser de leur service. A chaque fois, ils sont convaincus que leur situation est insoutenable, leur travail une faillite, leurs collègues antipathiques et que toute espérance de bénédiction est vaine. S'il faut dissuader un dépressif de défaire et briser son oeuvre par un coup de tête, il faut en revanche lui souligner l'obéissance à la volonté de Dieu et chercher à la découvrir avec un esprit sain (cf 2 Tim 1.7 v.a.), en le persuadant que les décisions prises sous le coup du découragement sont émotionnelles et déséquilibrées. Pour arriver à ce résultat, je pense qu'il faut protéger la personne des autres croyants, bien intentionnés, mais formant un cercle de pseudo-psychiatres peu qualifiés !

3) Discerner l'activité du diable

Au cours de l'approche pastorale de celui qui souffre d'abattement, on peut lui expliquer la signification du combat spirituel décrit en Ephésiens 6, même s'il connaît ce thème. Il n'est pas inutile de rappeler que le diable est cruel au point d'attaquer durement celui qui est par terre. Il faut dire aussi que les pensées les plus cyniques, incrédules, accusatrices et pessimistes sont suscitées par Satan. S'il ne peut pas ôter le salut d'un enfant de Dieu, il peut, pour un temps, lui enlever toute joie et toute paix dans la foi et le pousser dans les extrêmes limites de l'angoisse.

4) S'appuyer sur la Parole

Une des caractéristiques de la dépression réside dans le fait que la rébellion et la tromperie propres au coeur humain accablent le malade au point qu'il se croit continuellement sous la condamnation de Dieu. Il incombe au pasteur d'être très clair et de revenir fermement sur l'enseignement biblique des deux natures du croyant sans esquiver le conflit entre la nouvelle nature donnée par Dieu et la vieille nature charnelle déchue. Malgré la turpitude de la vieille nature, il faut reconnaître les marques de la nouvelle, car c'est une réalité infiniment précieuse. Lorsqu'on perd de vue cette doctrine, on se met immédiatement au service de la vieille nature. La nouvelle nature doit être considérée comme le «vrai moi», et la vieille comme un «squatter» blessant qui sera finalement expulsé au seuil de l'éternité. Romains 7, après un dur constat, enseigne une totale délivrance grâce à la force de Jésus-Christ.

5) Exercer sa foi

L'exercice de la foi paraît souvent hors de question pour un dépressif. Il n'éprouve aucune assurance et ne tente rien pour s'approcher de Dieu. Il fait penser à un naufragé qui s'agrippe désespérément à une pièce de bois, sans rien voir d'autre à l'horizon qu'une tempête et des requins! Dans le texte du Psaume 42.6 et 50.15 on lit que l'abattement et la détresse ne suppriment pas la foi; au contraire, l'espérance, la louange et la délivrance prennent la place de la tristesse. Le texte d'Esaïe 50.10, bien connu pour les temps d'obscurité, nous donne l'assurance que l'expression de la foi ne dépend pas de ce que l'on sent: Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière, qu'il se confie dans le nom de l'Eternel, et qu'il s'appuie sur son Dieu. Il faut oser déclarer qu'il y a des périodes dans la vie, et la dépression en est une, où la faculté de sentir et la force de l'assurance ne sont pas nécessaires à l'exercice de la foi. Assommé par une espèce de torpeur, l'enfant de Dieu connaît l'impasse, mais il lui est demandé de s'appuyer sur son Dieu, de considérer la prière comme un devoir plus qu'un besoin en l'absence de sentiments. C'est la forme la plus élevée de l'adoration, elle est précieuse pour Dieu. Cela s'appelle la foi nue, c'est un noble cri, une loyale adoration que nous trouvons dans le Psaume 130. 1, 5, 6: Du fond de l'abîme je t'invoque, ô Eternel!... J'espère en l'Eternel, mon âme espère, et j'attends sa promesse. Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes sur le matin, que les gardes sur le matin.

C'est au plus bas de sa forme que Job prouve son attachement à Dieu; dépourvu de joie et de réconfort, terrassé par les épreuves, il donne toute la gloire à Dieu. Il faut rappeler à celui qui est touché par la grande lassitude que provoque la dépression, que son bien-être spirituel repose entièrement sur l'oeuvre de Christ et non sur ses performances, et lui dire que la période qu'il traverse en ce moment lui permet de fixer son esprit sur les mérites et la justice de Christ, sur son oeuvre parfaite et achevée. Si nos élans de foi ont de la valeur devant Dieu lorsque nous nous sentons heureux et bénis, quel prix ont-ils lorsque nous sommes perdus dans les brumes de la dépression! C'est pourquoi l'impératif de se confier dans le nom de l'Eternel et de s'appuyer sur Dieu (cf Esaïe 50.10) sauvera les dépressifs du pire symptôme de cet état, à savoir l'amour de soi.

6) Persévérer dans la prière

La prière est un exercice pénible quand il y a désintérêt spirituel et difficulté à se sortir de ses propres misères. Lorsque le dépressif prie, c'est un appel au secours continuel; l'engorgement de ses pensées fait penser à un automobiliste qui tente de se maintenir à une distance de 4 ou 5 voitures en pleine circulation alors que l'espace se comble au fur et à mesure. La source intarissable des perceptions négatives se combat Bible en main pour amener à considérer les promesses de Dieu. La lecture de la Parole de Dieu permet de redécouvrir les justes proportions des choses.

De plus, elle pousse à la consécration, à la louange et à la repentance. Il faut limiter la lecture à 10 ou 15 versets dans certains cas, jusqu'à ce que l'influence de l'Ecriture sainte pénètre, noyaute l'obsession personnelle et subordonne l'âme abattue. La persévérance dans la prière est une tâche que le dépressif doit accomplir, non seulement pour sortir de son tunnel, mais pour honorer Dieu. Nous avons le devoir, comme pasteurs, de rappeler le texte d'Ephésiens 6.18... toutes sortes de prières. Le découragement et la blessure intérieure ne dispensent pas des devoirs fondamentaux du chrétien. En dépit du mal-être qui enlise dans l'égoïsme et l'indifférence aux autres, il faut batailler sans faiblir pour amener un croyant démoralisé à sonder l'Ecriture Sainte, à louer Dieu, à le remercier pour son salut, pour la vie nouvelle en Jésus-Christ, l'inviter à persévérer dans la prière et croire, malgré la tristesse de ses sentiments, que Dieu est fidèle, qu'il donne la glorieuse promesse de bonheur éternel, qui surpasse de loin les afflictions présentes.

Dans cet article, je me suis efforcé de fournir une panoplie biblique concrète pour lutter contre la dépression, mais je ne cache pas que souvent tout est par terre le lendemain d'un entretien pastoral et qu'il faut alors recommencer à zéro, rappeler sans cesse que la prière est un ministère que Dieu attend des croyants en dépit de la sensibilité spirituelle engourdie. L'esprit peut être fatigué, diminué, tourmenté et accablé, mais un véritable enfant de Dieu demeure un sacrificateur pour son Père (cf Apocalypse 1.6).

Source : http://www.promesses.org/arts/108p3-6f.html

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Le fardeau de la dépression (2)

6 Juin 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le fardeau de la dépression (2)

Le fardeau de la dépression (2)

Dr. Peter Masters

Dans la 1ère partie de cet article parue dans le numéro 106 de Promesses, Peter Masters, pasteur à Londres, a défini les différentes formes que peut prendre la dépression. Il nous montre maintenant comment dépister la maladie et l'affronter.

Déceler la dépression

La première étape, c'est d'apprendre aux gens à démasquer leur dépression. Les chrétiens touchés doivent absolument la découvrir eux-mêmes, en prendre conscience et c'est parfois au pasteur qu'il incombe de signaler cet état. Il ne s'agit pas, bien évidemment, d'encourager une préoccupation excessive au sujet de la santé, mais de détecter l'inconfort, le mal-être, afin de mieux le soigner. C'est en reconnaissant nos points faibles que nous pouvons le mieux résister, prendre les mesures nécessaires pour maîtriser l'autodépréciation.

Il faut bien sûr de très bonnes raisons pour oser suggérer à quelqu'un qu'il pourrait être atteint de dépression. On évitera en particulier de le confondre avec une personne mal en point à cause de son indiscipline. Le spécialiste en relation d'aide doit en effet distinguer entre un état dépressionnaire et un problème non réglé dû au péché. Nous rappelons ici que des croyants peuvent se sentir très abattus par une vie non sanctifiée et par la désapprobation de leurs amis quant à ce relâchement. Mais il y a des moments où les croyants sont envahis par une étrange angoisse et ils ont besoin de comprendre ce qui leur arrive. ils doivent savoir que ce n'est pas un problème spirituel qui les trouble, mais une faiblesse constitutionnelle. S'ils estiment que la question est spirituelle, ils en déduisent à tort que Dieu les punit pour quelque péché et ils en viennent à mettre leur conversion en doute.

La dépression conduit parfois dans une direction tout à fait inverse: le blâme sur soi est alors remplacé par une haine farouche envers les circonstances et les événements, ou bien par un agacement permanent contre les autres et l'Eglise au point de créer la discorde. Tout y passe: la famille, les chrétiens et même le Seigneur. On ne peut pas tellement aider dans ce type de dépression, sinon en signalant à la personne concernée qu'il s'agit d'une crise intérieure irrationnelle et destructrice où seul le secours des Ecritures saintes est efficace et permet de maîtriser la situation.

Expliquer la dépression

La seconde question à élucider, c'est de comprendre la nature de la dépression, car le fait même de savoir qu'on souffre d'une prédisposition naturelle à ce fléau provoque une réaction néfaste. On peut s'imaginer toutes sortes de choses, en passant d'une profonde angoisse à la peur de devenir à moitié fou. Il est clair que nous ne pouvons pas tout expliquer et que bien des phénomènes nous échappent, comme ils échappent au corps médical... mais il nous faut admettre que la dépression est une affliction que le Seigneur permet, dans sa sagesse, dans la vie de plusieurs de ses enfants. Il connaît tout à notre sujet; bien que tout-puissant et plein d'amour, il ne nous évite pas toutes les épreuves. En outre, la dépression est souvent la contrepartie de certains dons ou d'une sensibilité affûtée. Une bonne proportion de gens doués d'aptitudes exceptionnelles pour la poésie ou la musique, les arts en général, manifestent cette tendance. Il semble qu'une sorte d'étiquette négative soit attachée aux traits les plus positifs de nos dons personnels.

Les gens énergiques et entreprenants paient souvent le prix de cet avantage par une frustration continuelle au vu de leurs performances, alors que les gens studieux, prudents et rangés souffrent d'un manque d'en-train tel qu'ils sont obligés de pédaler deux fois plus vite que les autres pour arriver à faire face aux exigences de la vie! Ces considérations sont des généralités mais elles illustrent le fait qu'à chaque mouvement de force correspond un mouvement de faiblesse et le penchant à l'humeur chagrine, dans beaucoup de cas, est la contre-partie de quelque don. C'est presque comme si nos compétences les plus remarquables étaient trop fragiles pour ce monde de péché.

La disposition à la souffrance morale ne doit par conséquent pas être regardée uniquement comme un handicap et encore moins comme le symptôme d'une infirmité mentale. Il est essentiel d'expliquer tout cela aux personnes atteintes et de leur souligner avec compassion et franchise que leurs souffrances intérieures ne vont pas disparaître d'un jour à l'autre, et que leur prédisposition les accompagnera longtemps encore. La dépression doit suivre son cours. S'il est possible de calmer la crise de découragement par quelque diversion afin d'atténuer le paroxysme, rien ou presque ne peut anesthésier la détresse fondamentale de la dépression. Les remèdes soulagent la souffrance un moment, mais les inconvénients sont bien trop nombreux pour en justifier l'emploi continu, j'en parlerai plus tard.

Les gens qui souffrent d'une plaie morale profonde ne doivent pas s'attendre à un grand soulagement à la suite d'une entrevue avec le pasteur ou le confident. Ces derniers doivent disposer de temps pour chercher à comprendre leur langueur, à la contenir de sorte qu'elle ne dégénère pas, à en limiter la durée, et si possible, à en arriver à bout, de sorte que les composantes les plus nocives et les plus destructrices soient neutralisées. Ainsi nous pouvons communiquer l'espérance et la confiance, chez les plus jeunes surtout, en leur faisant comprendre que leur vulnérabilité va disparaître au bout de quelques années. Si bien des adolescents ont connu ces crises de désarroi entre 15 et 25 ans, ils les ont vues s'espacer puis complètement cesser. Il est très encourageant de savoir que ceux qui ont connu les pires tempêtes naviguent en eaux calmes aujourd'hui. Mais je ne cache pas que plusieurs auront à combattre avec opiniâtreté tout retour de manivelle jusqu'à ce que les passages scabreux s'éloignent. Il y aurait beaucoup à dire sur le contrôle des pensées qui nous rongent. Plus nous localisons le point faible, plus nous sommes en mesure de combler le vide intérieur et de combattre la torpeur.

Relativiser la dépression

Il est utile de signaler aux dépressifs que leur condition n'a rien d'exceptionnel et que leur maladie atteint des chrétiens consacrés aussi bien que des personnes notoires de ce monde. Un grand nombre de serviteurs de Dieu ont connu ce déferlement de souffrances et parmi eux on trouve des hommes éminents comme Luther, Calvin, Richard Baxter, Whitefield et Spurgeon pour ne nommer que ceux-là. Plusieurs compositeurs de cantiques ont aussi leur place parmi les mélancoliques, dont deux hommes sévèrement touchés, William Cowper et James Montgomery. De nombreux poètes chrétiens ont présenté cette même tendance à la tristesse.

Par contre, et c'est très encourageant de le savoir, les Réformateurs et les instruments du réveil qui ont souffert de dépression étaient parfaitement conscients de la puissance de Dieu en dépit de leurs afflictions émotionnelles. Il y a donc moyen de contenir et maîtriser la dépression et d'affirmer que rien n'empêche Dieu de bénir et de faire éclater sa gloire au moment voulu.

C.H. Spurgeon a laissé plusieurs descriptions de moments d'anxiété et d'émotion soudains et violents qui le paralysaient, particulièrement à l'âge de 45 ans. Il eut fréquemment à combattre des crises de découragement, spécialement le dimanche soir. Alors sa femme, Mrs Susannah Spurgeon, lui lisait des poésies, ou quelques pages du livre de Bayter «Le pasteur réformé»; elle percevait la peine de son mari, le fortifiait, l'encourageait et compatissait jusqu'à ce que la paix soit revenue. Quelquefois le grand prédicateur était en proie à un accablement tel qu'il se rendait dans un chalet loué dans les «South Downs» avec son ami et confident William Upton afin de surmonter les pires moments. Pouvons-nous en déduire que l'Esprit de Dieu abandonnait Spurgeon et le privait de capacité spirituelle? Bien sûr que non, car les eaux profondes de la mélancolie n'indiquent pas nécessairement une vie de péché ou un abandon du Seigneur. Les dépressifs sont souvent rassurés lorsqu'ils découvrent que l'abattement a été le lot de plusieurs hommes de Dieu.

Passer à travers la dépression

Dans notre lutte contre la dépression, nous établissons une ligne de conduite au sujet des médicaments que les croyants souffrants vont devoir absorber. Nous les encourageons à venir à bout de leur crise sans le recours systématique à la chimie. Bien entendu, je ne suis pas contre les médicaments lorsqu'il s'agit de cas graves, de souffrances intolérables, de pensées suicidaires ou de chute dans l'irrationnel, mais la grande majorité des déprimés ne vont pas jusque-là et peuvent affronter cette étape difficile sans le support des remèdes. En vérité, il est largement reconnu parmi les pasteurs, et les médecins aussi, que l'usage abusif et précoce des antidépresseurs place les patients sur la pente glissante de la dépendance quasi permanente des drogues. Les médicaments détruisent et affaiblissent inévitablement la capacité individuelle à composer avec la dépression. Dans la plupart des cas, l'esprit et l'émotions ressemblent à un membre sévèrement endolori , rudement meurtri, mais pas complètement brisé, et la médication joue le rôle de plâtre sur ce membre au point de l'insensibiliser; lorsqu'il émerge quelques semaines plus tard, ses muscles sont affaiblis, diminués et plus incapables que jamais de résister, de gagner la bataille. La «béquille» antidépressive utilisée trop vite provoque des résultats spectaculaires au début, c'est vrai, mais le prix en est trop élevé. Non seulement les drogues amoindrissent la capacité de lutte, mais elles changent et dégradent tragiquement la personnalité. Une personne aux idées précises devient vague et terne, une autre intelligente et énergique ne se concentre plus et s'épuise en permanence, enfin quelqu'un de vif et entreprenant se déconsidère sans cesse par des promesses non tenues.

L'auteur souligne que beaucoup de dépressifs sont parvenus à un état d'indécision tel après quelques années de traitement, qu'il ne leur est plus possible de réagir et de combattre leur épuisement moral. Il faut savoir qu'un psychiatre qui déclenche un peu trop vite la spirale abominable des tranquillisants d'abord, puis des puissants antidépresseurs, oblige les pasteurs à remonter des sujets qui ignorent que les remèdes sont parfois pires que le mal! Il y a 30 ans environ, j'ai rencontré un jeune homme hospitalisé depuis des mois, à tel point ébranlé par une série d'électrochocs qu'il en était venu à l'idée du suicide. A la suite de cette expérience, il n'était plus que l'ombre de lui-même, assailli de craintes et complètement dépendant des drogues. Ceux qui l'ont connu avant sont persuadés qu'il a été détruit par les traitements psychiatriques. Heureusement pour la société, beaucoup de psychiatres réagissent contre ces traitements, mais il reste encore, hélas, quelques praticiens ultra-rationalistes. Les pasteurs se doivent de faire barrage à l'assistance chimique facile et abusive.

Affronter sa dépression

Le grand avantage de la victoire non-chimique sur la dépression consiste dans la part active que la personne prend dans sa guérison: elle observe sa remontée. La diminution de la souffrance et l'espacement des crises qui ne se réduisent bientôt plus qu'à des malaises exceptionnels encouragent et motivent sérieusement. Le principe biblique de 1 Cor 10,13: Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter, s'applique particulièrement au croyant qui porte en lui le penchant à l'amour de soi, aux doutes, aux ressentiments et aux assauts de toutes sortes. Il ne faut rien de moins que toutes les promesses de Dieu pour sortir du mal-être qui sape la vie intérieure. Des textes vitaux seront mentionnés et il est primordial d'offrir un solide fondement biblique pour chasser les pensées folles. Grâce à une telle approche, l'emprise émotionnelle va se déserrer et pourra être maîtrisée, ainsi que tout le cortège des pensées négatives. La possibilité de baser ses progrès sur les promesses de la Parole de Dieu encourage vivement les dépressifs, même s'ils ne goûtent pas immédiatement une entière délivrance; une telle démarche est difficilement envisageable chez des sujets abrutis par les médicaments et sans réactions depuis plusieurs années.

Définir le rapport avec la dépression

On épaissit l'angoisse en voulant établir à tout prix la cause d'une dépression. Malgré les respectables exceptions que je nommerai plus loin, les prétextes au désespoir n'ont pas une signification très profonde. Je m'explique: une difficulté rencontrée dans le traitement de la dépression réside dans le fait que chacun semble avoir assimilé une manière freudienne de voir les choses et s'imagine qu'elle aidera à surmonter la maladie. Est-ce un traumatisme de l'enfance? Un choc? Un rejet? Est-ce un péché inavoué, retenu, oublié? Qui ne serait tenté de disséquer son passé pour mettre en lumière «la» cause secrète de son tourment? Il n'est en tout cas pas surprenant que des patients à l'imagination fertile, supposant qu'ils ont enfin découvert l'origine de ce qui les tenaille, avec l'aide d'un guérisseur charismatique vaniteux, ressentent un soulagement immédiat. Malheureusement, l'amélioration ne sera ni profonde ni durable.

En vérité, et nous l'avons déjà observé précédemment, celui qui est affecté par le syndrome de la dépression a accumulé déception, fatigue, ressentiments, désunion avec autrui et dégoût de soi au point de craquer un jour, sans raison clairement apparente. Il nous incombe donc d'instruire celui que nous voulons aider et de le convaincre que la «cause» de sa dépression n'est pas l'élément déterminant d'une solution. Il ne faut jamais perdre de vue que la thérapie biblique a pour objectif d'apprendre à sortir de la dépression et non de perdre du temps à chercher ce qui la provoque. Pour la plupart des gens, la dépression ressemble à un rapace qui plane en rond dans le ciel pour fondre brutalement sur sa proie, qui s'écroule sous un poids jusque là ignoré.

Bien des malades décèlent, à l'origine de leur état un péché ignoble, qui les discrédite et les place sous le jugement de Dieu. Ces pensées sont renforcées par le freudisme latent de la société; il doit y avoir une bonne raison, et s'il y en a une, c'est le jugement de Dieu... Dans de tels cas, une liste interminable de vieux péchés se fait jour. Nous avons pour tâche de répéter inlassablement que Dieu est fidèle et juste pour pardonner tous nos péchés (cf l Jean 1.9) et souligner que la souffrance actuelle n'a rien à voir avec le passé.

Traquer la dépression

Au point où nous sommes parvenus, je veux citer quelques pièges qui peuvent nous entraîner dans l'uni vers de la dépression.
- Le premier de ces pièges est un état de révolte permanent contre le Seigneur, une désobéissance volontaire et persistante à sa loi; Un croyant obstiné dans son opposition va tôt ou tard au-devant de l'abattement ( cf Héb 12.5) et s'il s'entête sur une voie de non-sanctification, s'il refuse de faire mourir ce qui est terrestre (Col 3.5), il est un candidat à l'angoisse et aux tourments. Comment faire la différence entre l'affolement d'une conscience qui perd le nord et un dérèglement délibéré? Voici la réponse: si après un sincère repentir et une consécration entière au Seigneur l'abattement demeure, il faut en déduire que cet état n'est pas d'ordre spirituel.
- Un autre piège est celui de l'énervement et de la colère. Attention, nous n'avons pas ici l'explication complète de la dépression comme plusieurs aimeraient l'entendre; ces sentiments ne sont jamais la seule cause! La colère et l'amertume se donnent la main (cf Eph 4.31) et nombreux sont les jeunes gens déprimés par des ressentiments. Qui n'a jamais été désavantagé? Qui ne connaît pas la déception suscitée par la façon dont les autres estiment notre travail? L'incompréhension et la frustration sont certainement les composantes de la dépression chez les adolescents. L'amertume conduit à la haine de l'autre et à l'amour de soi, elle met les nerfs à vif et conduit à un comportement tel que les meilleurs amis en sont surpris. La forme de dépression engendrée par l'agacement et la contrariété n'aboutit qu'à l'égoïsme et il est vital de savoir que le ferment de haine sape les capacités morales. Le travail pastoral s'exerce alors par la mention et l'application quotidienne de textes bibliques appropriés.
- On peut aussi mentionner le piège du blocage secret causé par la rupture d'une promesse faite à Dieu. Il convient au spécialiste en relation d'aide de découvrir dans quelles circonstances la promesse a été faite et d'amener la personne à comprendre que Dieu ne demandait pas un tel engagement. On aidera ensuite la personne à se dégager du poids de cette promesse, spécialement dans le domaine intime et privé du célibat. Le désengagement d'une promesse à ce sujet conduit un hypersensible à des conflits et il se sent dévalorisé.
- Enfin, il faut encore déjouer le piège de l'autodépréciation, qui menace des gens enclins à manipuler un entourage réceptif. Ce type de dépression commence par la frustration, l'amour de soi poussé à l'extrême. A l'origine, le sujet est contrarié parce que les choses ne se déroulent pas comme il le souhaiterait. Il découvre alors que sa condition de malade psychique lui assure une plus grande attention de la part des autres. La maladie devient un instrument de chantage pour en exiger davantage. Si, en tant que pasteur, ou aide, vous percevez que quelqu'un essaye de vous amener à faire ce qu'il veut en jouant de sa prétendue dépression, il vous appartient d'être très ferme et de lui montrer que ses manoeuvres et ses intrigues sont purement charnelles, et qu'elles caractérisent même une tendance à la convoitise antérieure à la conversion. La cause directe de l'autodépréciation est l'entretien volontaire de griefs, de problèmes personnels liés à l'amour de soi. Lorsque nous sommes sûrs que nous sommes en face de ce type de de dépression, nous devons citer les passages de l'Ecriture qui aident à prendre conscience du problème et conduisent à la guérison.

P.M.

Dans le prochain numéro de Promesses, pour la troisième et dernière partie, le pasteur Peter Masters encouragera les dépressifs à exercer leur foi malgré l'épreuve.

Source : http://www.promesses.org/arts/107p3-10f.html

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Le fardeau de la dépression (1)

6 Juin 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le fardeau de la dépression (1)

Le fardeau de la dépression (1)

Dr. Peter Masters1

Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui souffre, et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme, qui espèrent en vain la mort, et qui la convoitent plus qu'un trésor, qui seraient transportés de joie et saisis d'allégresse, s'ils trouvaient le tombeau? A l'homme qui ne sait où aller, et que Dieu cerne de toutes parts ? Mes soupirs sont ma nourriture, et mes cris se répandent comme l'eau. Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive; ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos, et le trouble s'est emparé de moi (Job 30.20-26).

Il est étrange et paradoxal de constater que la dépression - qui est le plus commun des malaises inorganiques - reçoive une attention si mince dans la plupart des livres de relation d'aide écrits d'un point de vue chrétien. Même les meilleurs ouvrages n'échappent pas à cette observation. Ceci est sûrement dû à l'incertitude largement répandue quant à la cause de la dépression, et aussi aux multiples formes de mélancolies qui défient les théories les plus courantes du traitement de cet état d'abattement psychologique. Cet article n'est pas un essai d'identification des causes ou une liste de remèdes à appliquer au traitement de la dépression -pour des raisons évidentes - mais une offre de suggestions pour aider les personnes atteintes à sortir de leur état.

1. Aux sources de la dépression

Quelques écrivains spécialisés dans la question de la relation d'aide se donnent un mal fou pour trouver exactement les causes de chaque maladie de l'humeur. Ils espèrent ainsi qu'une fois l'origine du mal mise en évidence, ils pourront le traiter de façon appropriée. Parmi les raisons de l'accablement soudain, on trouve des problèmes liés à la culpabilité, à la colère, au chagrin, à la pensée négative, aux difficultés de relation à autrui, aux traumatismes de l'enfance, à une estime de soi réduite à zéro et à l'épuisement physique. Des époques de stress prolongé comme la maladie et le deuil sont aussi regardées comme des états menant à la dépression. Il n'y a pas de doute qu'une accumulation de tels facteurs peut déclencher et aggraver le découragement et la mélancolie, mais les regarder simplement comme la cause est sûrement trop simple. «Une colère refoulée est le point de départ de presque toutes les dépressions cliniques» a déclaré un psychiatre chrétien. «Le but inaccessible» est une école de pensée défendue par les docteurs Paul Meier, Frank Minirth et quelques autres. Une personne déprimée peut tenir compte de tels points de vue, mais il faut reconnaître qu'une frustration ou une colère rentrée ne conduisent pas fatalement à la dépression. Pourquoi une minorité de gens brusquement soumis à une tension intérieure plongent-ils dans des états d'âme frisant le désespoir profond alors que la plupart des autres ressortent indemnes d'un bref passage à vide? En outre, il y a des moments où les chrétiens sont pressés de toutes manières... dans la détresse... persécutés... abattus comme l'apôtre Paul (2 Cor 4.8-9) sans que la «colère censurée» n'entre en ligne de compte. Quelques auteurs citent le texte du Psaume 32.4 où David décrit une grande lassitude, semblable à une dépression, reconnaissant qu'elle est le résultat d'un péché non confessé. On prétend alors très vite que la plupart des crises d'abattement sont motivées par un sentiment de culpabilité. Il est clair, selon l'Ecriture, que la désobéissance et le péché conduisent au châtiment et au chagrin, mais voir ces comportements comme la seule source de découragement est tout à fait injustifié, car il y a beaucoup d'autres exemples dans la Bible de gens abattus et accablés sans raisons spécifiques. Rappelons-nous de quelques grands héros de la réformation ou des réveils qui ont souffert de sévère mélancolie, parfois même dans leurs plus belles heures de service.

IL est évident que plusieurs ont une tendance innée à la lassitude et la tristesse, mais les phases dépressives peuvent provenir des causes les plus diverses. En vérité, et le plus souvent, il n'y a pas de cause clairement apparente. Le voile pénible de la mélancolie tombe bien des fois de façon inattendue et inexplicable. Dès que l'humeur morose s'installe, elle entraîne une succession de lamentations et ceux qui les entendent en déduisent forcément qu'elles sont vraiment la source de la tristesse. Mais le problème de base est sans doute une prédisposition constitutive à la dépression, dans la plupart des cas.

Les circonstances aggravantes viennent parfois de la propre expérience du conseiller spirituel qui, s'il a lui-même souffert d'un méchant assaut de mélancolie dans le passé, peut suggérer que la dépression doit toujours être complètement guérie. Il fera peut-être valoir qu'il a été libéré de toute rechute pendant des années.

2. Conseiller spirituel ou psychiatre: que choisir ?

Pour un grand nombre de personnes, la dépression ne s'abat qu'une seule fois sur elles, entre 18 et 25 ans et ne réapparaît plus, sinon après une grossesse ou dans l'âge avancé. Bien des gens ne se montrent vulnérables qu'à ces époques de la vie, alors que beaucoup d'autres restent fragiles et proches de cet état pathologique jusqu'à la mort. Bien qu'une minorité seulement souffre durement et à plusieurs reprises d'un tel délabrement psychique, c'est néanmoins un mal très commun, si commun même que dans toute Eglise d'une centaine de membres, cinq à dix de ceux-ci en sont touchés à divers degrés. il a été maintes fois affirmé par les médecins que les femmes en sont affectées deux fois plus que les hommes, mais les pasteurs en exercice n'appuient pas ce point de vue. Une assez grande proportion de serviteurs de Dieu certifient avoir connu l'angoisse et la dépression; c'est un fait que l'on retrouve dans beaucoup de biographies de chrétiens. il n'y a pas très longtemps, un magazine évangélique publiait un article sur la dépression dans le service de Dieu et dévoilait que les pasteurs ne sont pas étrangers à ses atteintes. Peut-être que le Grand Médecin a voulu qu'il en soit ainsi afin que ses aides s'équipent d'une bonne dose de compréhension et de compassion pour les autres (voir 2 Cor 1.4). il va sans dire que le secours pastoral seul ne peut pas toujours remédier à toutes les manifestations de souffrance intérieure. La force du désespoir du coeur est parfois si intense, que celui qui en souffre ne peut tout simplement plus faire face à la vie et doit recourir aux médicaments. Dans ce cas, la règle de 1 Cor 10.13 ne peut pas être appliquée parce que la personne se trouve dans l'incapacité de supporter l'épreuve et ne peut plus prier ni faire appel aux promesses de Dieu.
Dans le même ordre d'idées, je souligne que si le vide intérieur provoque des troubles de comportement au point de fausser le sens de la réalité des choses, le problème déborde le cadre de la relation d'aide, du moins pour un temps. Les hallucinations sont un signe d'irrationalité, mais elles ne sont pas aussi sérieuses qu'elles le paraissent. Quelques-uns voient, entendent et profèrent des choses incohérentes à la suite de tensions, de chocs ou d'insomnies, mais recouvrent tout aussi vite leur équilibre et la stabilité s'ils retrouvent le sommeil et l'amitié de quelqu'un. Nous ne devons pas nécessairement pousser à consulter un psychiatre lorsque nous observons une détérioration de l'humeur, car le rétablissement s'opérera peut-être avant l'obtention d'un rendez-vous chez le médecin!

Si des idées noires se sont fermement installées, il faut reconnaître que nous ne sommes plus dans notre élément et le secours médical devient pressant. Si une personne dépressive présente d'autres problèmes sérieux et tente de s'enlever la vie, le meilleur spécialiste en relation d'aide est incompétent, il ne doit même pas essayer d'agir seul. Le dépressif a besoin du soutien préventif de la médecine. Mais la plupart des manifestations de la dépression ne vont pas si loin, malgré le profond désespoir et le dégoût. il faudrait être en mesure de porter secours à notre prochain sans intervention psychiatrique tant que possible - les avantages de la mise à l'écart de la médecine seront mentionnés plus tard.

3. Les formes de la dépression

Avant de considérer les mesures d'aide que nous pouvons prendre, nous voulons décrire rapidement les symptômes de cette expérience. La dépression survient sous la forme d'une tristesse marquée et continue qui, bien des fois, imprègne toute la personnalité. Lorsque nous sommes en dépression, nous envisageons les choses d'une manière extrêmement pessimiste, allant jusqu'à la perte totale de l'assurance du salut.

Il peut arriver que la dépression entraîne une hypersensibilité à l'état de révolte et de péché du coeur humain et à une perception inhabituelle de notre déchéance, vision dévastatrice qui se transforme en auto-accusation.
1. Estimation de soi perturbée: la dépression peut se greffer sur un sentiment d'indignité, nous précipitant dans une orgie de dénigration de soi, ou elle peut laisser notre orgueil intact et prendre la forme d'une extrême pitié de soi à la suite d'une vague monumentale de blessures, d'injustices, de coups durs et de déboires.
2. Perte de maîtrise émotionnelle: quelquefois la dépression agit davantage sur les sentiments que dans les pensées par une terrible combinaison d'abattement, de misère, d'anxiété, de terreur et une perte de confiance et de motivation. Nous sommes touchés par le fond, frustrés ou entièrement épuisés et exténués. La souffrance intérieure nous rend indécis et apathiques, imprévisibles et impulsifs en peu de temps.
3. Personnalité altérée: pour beaucoup de gens, la dépression est génératrice de frayeurs nocturnes avec des coups de boutoir d'angoisse si terrifiants que l'on désespère de voir arriver le jour. D'autres deviennent irritables et franchement désagréables alors que certains deviennent anormalement placides et prennent quotidiennement le rôle du paillasson.
4. Obsessions: pour plusieurs, la dépression se manifeste par des idées défaitistes; ils les rabâchent continuellement, les passent à la moulinette jusqu'à ce que l'esprit soit trop alourdi pour réagir et penser objectivement.
5. Perception du monde extérieur faussée: les tourments de la dépression font pleurer sans raison, en cachette, et amènent à regarder les autres avec effroi. Le diable bien sûr prend avantage de ce vide intérieur, insinuant les pensées les plus folles, le doute et les soupçons, jusqu'au désespoir total.
6. Plaisir morbide: la dépression favorise aussi la tendance perverse à l'autodestruction; il ne s'agit pas exclusivement de suicide, mais d'un violent désir de tout abandonner, de tout quitter, de prendre congé et d'oublier ce que Dieu avait commencé par sa grâce. Le déprimé a envie de s'écarter de tout et de se réduire ainsi à la non-existence.La raison peut admettre une chose et en même temps se laisser aller à une excitation morbide de la tragédie, s'en délectant secrètement.
7. Obstination à souffrir: beaucoup de dépressifs déterminés à regarder les choses sous leur aspect le plus négatif sont étrangement résolus à rester dans leur état, ce qui est une forme de masochisme: leur peine, leur humiliation et leur langueur sont finalement voulues et recherchées.
8. Souffrance morale: par dessus tout, cette mystérieuse et réelle souffrance morale est le facteur le plus significatif. On peut en subir les assauts à un degré très élevé pendant quelques heures, plusieurs jours à la file, des semaines, des années.
9. Atteintes corporelles: les formes extrêmement variées de la dépression, avec sa cruauté unique, ont pour effet de nous mettre en garde contre des explications simplistes des causes et des moyens de guérison. Les gens touchés par ce trouble inorganique souffrent souvent d'anomalies physiques parallèlement à leurs angoisses. Nous ne saurions passer sous silence leurs craintes devant les manifestations de cet ordre. Il faut les rassurer, car de tels symptômes n'ont rien d'extraordinaire. On relève des sueurs froides ou des bouffées de chaleur, des palpitations, des démangeaisons du cuir chevelu, la bouche sèche, des difficultés de déglutition, de violents maux de tête, une foule de désagréments digestifs ou autres. On ressent souvent une impression de substance acide nocive dans le corps, dans le sang et même sur la langue. Souvent ces ennuis baissent d'intensité ou disparaissent carrément au moment où le dépressif apprend que ces symptômes sont courants.

Notre but, dans la relation d'aide, c'est d'épauler un croyant qui traverse le désert brûlant de la dépression. Si nous tendons la main à quelqu'un qui souffre de ce vide intérieur et de cette extrême lassitude, c'est pour le convaincre que la dépression peut être vaincue grâce à l'application des règles de l'Ecriture. Cette découverte achevée, le dépressif est préparé pour repousser les vagues de tristesse. L'objectif pastoral, par conséquent, est d'enseigner à composer de la meilleure façon avec cet état de manière à tenir le coup aux pires moments.

Dans le prochain numéro de Promesses, l'auteur fournira quelques outils pour dépister, comprendre, définir et affronter la dépression.

1 Pasteur au Metropolitan Tabernacle à Londres. C'est dans cet édifice que C.H. Spurgeon prêcha avec fruit de 1861 à 1892. L'article que nous publions ici paraîtra en trois fois. Il est emprunté à la revue «Sword and Trowel» (No 111989) et adapté.

Source : http://www.promesses.org/arts/106p3-7f.html

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Conducteurs dans l'Eglise

6 Juin 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Conducteurs dans l'Eglise

Conducteurs dans l'Eglise

Domination, direction ou dévouement

Une réflexion sur Marc 10 : 43

A. M. I., Zaïre.

« J'ai l'ambition d'être un conducteur dans l'Eglise - j'aimerais occuper une position d'importance, d'autorité, d'influence ».

« Je voudrais diriger les membres de l'église de manière que l'église prospère et porte des fruits spirituels de première qualité ».

Ce sont des paroles jamais entendues, mais ne sont-elles pas souvent les paroles secrètes du coeur d'un ancien, d'un pasteur, d'un missionnaire, même si, dans la sincérité de leur désir de servir Dieu, ils ne s'en rendent pas compte ?

Parfois une telle ambition pourrait être entièrement charnelle, comme celle de Jean et de Jacques qui désiraient être assis, dans sa gloire, l'un à la droite de Jésus, l'autre à sa gauche (Marc 10: 37).

En répondant à cette demande, Jésus fait remarquer une nette distinction entre les moeurs des royaumes du monde et celles du royaume de Dieu, les moeurs du monde (voir Jean 17: 14-19) et celles qui doivent prévaloir parmi les chrétiens. Jésus dit: « Vous savez que... les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les dominent. Il n'en est pas de même au milieu de vous ».

Or, l'usage du mot « nations » dans le Nouveau Testament est souvent religieux plutôt qu'ethnologique, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas tout simplement de peuples physiquement différents des Juifs, mais spirituellement différents. Ce mot grec « ethnoi » est traduit quelquefois par « païens » (I Cor. 12: 2; Eph. 2: 11; Math. 5: 47). il est, d'ailleurs, intéressant de remarquer que dans Luc 6 : 35, verset parallèle à Math. 5 47, « hamartoloi », pécheurs, remplace « ethnoi », justifiant la traduction de « ethnoi » par « païens » plutôt que « nations » et, dès lors, le sens religieux que nous attachons à « nations ».

Remarquons aussi que Jésus parle à ses disciples non seulement comme aux adhérents de la race juive, mais comme aux hommes qui se soumettent aux lois de son royaume, comme à son peuple spirituel. La distinction dont il s'agit ici n'est pas entre Juifs et Gentils, mais entre chrétiens et païens.

Dans le cadre de cette distinction entre les païens et le peuple de Dieu, Jésus relève une différence particulière, la conception de la grandeur humaine. Dans la mentalité païenne. suggère-t-il, la grandeur et la supériorité d'un homme sont évaluées en fonction de sa position, de la mesure de son autorité, tandis que la vraie grandeur d'un homme « parmi vous », c'est-à-dire d'après les valeurs du royaume de Dieu, est une grandeur non pas de position mais de caractère, dont la qualité est démontrée par le travail accompli au service du Seigneur. La conséquence de la prééminence dans le monde est l'exercice de l'autorité, de la domination, tandis que la primauté dans le royaume de Dieu résulte du choix réel, intime de la dernière place au service de tous.

Cela ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de positions de responsabilité ou d'autorité dans l'église. Certes, tous les croyants sont des prêtres, devant offrir sans cesse à Dieu un sacrifice de louange; il est vrai, en outre, que les dons de l'Esprit sont distribués à tous les croyants de sorte que nul n'est sans fonction dans la communauté. Mais dans le Nouveau Testament, il est également évident que certains hommes oeuvrent comme conducteurs, occupant une position de responsabilité particulière, voire d'autorité parmi les autres chrétiens. Jésus lui-même n'a-t-il pas choisi parmi tous ses disciples une douzaine d'hommes auxquels il a donné une formation spéciale. Ce sont ceux qui l'ont accompagné dans ses voyages, et qui devaient devenir les conducteurs, les responsables de la première élise locale.

L'existence des charismes et des charges dans l'église n'est donc pas mise en question par Jésus, mais bien la façon d'évaluer et d'occuper ces ministères. La vraie grandeur d'un homme de Dieu ne doit pas être jugée à la position qu'il occupe, mais à son caractère.

Nous ferions bien de nous demander si notre mentalité est réellement chrétienne, si nous évaluons la grandeur d'un pasteur ou d'un ancien simplement par sa position, ou même par les résultats visibles, voire spectaculaires, de son travail, et non pas par le degré de dévouement apporté à son service.

Nous devons sans doute admettre que l'Eglise a été et est encore souvent influencée par la mentalité du monde en ce qui concerne les positions de responsabilité spéciale. Ce n'est pas uniquement le cas dans les églises institutionnelles où opère un système hiérarchique. Même dans les églises de structure plus simple, dans les assemblées locales autonomes, les pasteurs et les anciens risquent de concevoir et de jouer leur rôle de conducteurs dans une perspective mondaine, de donner à leur charge l'image d'un conducteur dans la société contemporaine. En occident, cela pourrait être l'image d'un directeur ou d'un gérant dans une entreprise industrielle ou commerciale dont le travail est de surveiller un ensemble de subordonnés et envers qui ces subordonnés seraient responsables; ou bien du leader ou de l'animateur d'une oeuvre sociale avec droit de délégation de travail et d'organisation des travailleurs. En culture africaine, un pasteur pourrait s'attribuer dans l'église le rôle d'un chef coutumier dans une position d'autorité sans limite, avec des sujets à qui incomberait le devoir de le servir, de pourvoir à ses besoins, sous peine de sanctions.

Jésus dit: « Il n'en est pas de même au milieu de vous ». Dans beaucoup de régions du monde, il est de coutume que les hauts fonctionnaires soient accompagnés en voyage d'une suite nombreuse; mais dans la société chrétienne, qui est l'Eglise, le conducteur doit être l'esclave de tous.

Ni la culture européenne, ni la culture africaine ne nous offrent l'image biblique d'un leader chrétien. En effet, quand nous considérons la relation entre le christianisme et les diverses cultures du monde, il ne s'agit pas de l'adapter à telle ou telle culture, ni d'adapter une culture humaine au christianisme, mais de rechercher et d'appliquer la culture spécifiquement chrétienne qui franchit les frontières politiques, culturelles, raciales et sociales du monde. Le conducteur spécifiquement chrétien ne se conforme point à l'image païenne d'un conducteur, qu'il soit en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Europe. « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence » (Rom. 12: 2). Nous devons cultiver la mentalité chrétienne. Chez les païens, conduire, c'est dominer, commander, régner, gouverner; c'est l'arrogance, la parade, la primauté, même l'effronterie. Dans la mentalité chrétienne, conduire c'est servir; c'est l'humilité, l'obscurité.

Cette leçon est difficile à apprendre en pratique, que l'on soit ancien dans une assemblée, missionnaire ou pasteur dans une église de brousse. Ici en Afrique, le missionnaire aura de la peine, peut-être, à ne plus se considérer comme le dirigeant d'une oeuvre et dont la parole s'impose en toute affaire; le pasteur africain aura peut-être de la peine à ne pas s'attribuer les droits d'un chef, à être esclave de ceux qui sont moins instruits que lui.

Oui, très difficile pour tous, et pourtant non pas plus difficile que pour le Fils de l'homme qui est venu, comme il l'explique à Jacques et à Jean (Marc 10: 45), « non pour être servi, mais pour servir ». Le Roi des rois prit la forme de serviteur, ôta ses vêtements, prit un linge et lava les pieds de ses disciples. Il exhorta ses disciples avec ces paroles: « Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait ».

* * *

Ce qui importe !

Ce qui importe, ce n'est pas ce que pensent et disent de nous les gens, mais ce que nous sommes devant Dieu.
Ce qui importe, ce n'est pas qui nous sommes, mais comment nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas d'avoir beaucoup de connaissance, mais de mettre en pratique la connaissance que nous avons.
Ce qui importe, ce n'est pas ce que nous paraissons être, mais ce que nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas que la souffrance nous épargne, mais que les souffrances atteignent en nous leur but.

Source : http://www.promesses.org/arts/29p16-19f.html

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Tout appartient à Dieu

27 Mai 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

Tout appartient à Dieu

Tout appartient à Dieu (1)

“C'est au Seigneur, ton Dieu, qu'appartiennent le ciel... la terre et tout ce qui s'y trouve.’’ (Deutéronome 10.14).

Où est passé la superbe Babylone et ses jardins suspendus ? Disparue à jamais. Où trouver la fameuse citadelle portuaire de Tyr qui fut un temps la plate-forme commerciale et financière du monde antique ? Engloutie par les eaux de la Méditerranée. Nous accumulons autant de biens que possible au cours de notre courte vie, comme l’ont fait avant nous des millions d’hommes qui pensaient ainsi garantir leur avenir. Biens qui ne nous accompagnent pas quand nous quittons cette terre (Ecclésiaste 5.15). A quelqu’un qui demandait : “JD. Rockfeller, qu’a-t-il laissé quand il est mort ?” Un journaliste répondit : “Tout !” Soyons logiques : puisque Dieu a tout créé, quel droit avons-nous pour réclamer la possession de quoi que ce soit ? Tout Lui appartient, le ciel, la terre et tout ce qui s’y trouve, y compris nous-mêmes. Avez-vous jamais réfléchi à cette vérité : nous Lui appartenons corps et âme parce qu’Il nous a créés et nous a donné la vie ? Mais ce Dieu qui a tous les droits sur nous a fait quelque chose d’invraisemblable : Il nous a accordé la liberté de vivre comme si nous étions les maîtres de notre propre destinée.

Puis Il a agi de manière encore plus incroyable en envoyant Son Fils unique pour nous “r-acheter” comme s’Il avait besoin de payer un prix énorme afin que nous Lui appartenions à nouveau ! Notre garantie ne réside pas dans les biens éphémères que nous pouvons accumuler sur cette terre vouée à la destruction (Psaume 102. 25-26), mais dans la promesse de Jésus de revenir nous chercher “afin que vous soyez, vous aussi, là où Je suis...” (Jean 14.3). Ne devrions-nous pas Lui exprimer notre reconnaissance ? 1- de ce que nous Lui appartenons, avec l’assurance d’être un jour avec Lui pour toujours. 2- de ce qu’Il partage avec nous “la richesse extraordinaire de Ses bienfaits” (Ephésiens 2.7) ?

Tout appartient à Dieu (2)

“Recommande aux riches de ce monde de ne pas être orgueilleux...’’ (1 Timothée 6.17)

Vous trouvez difficile de joindre les deux bouts ? Les experts nous parlent de seuil de pauvreté estimé, en Europe, à environ 50% du niveau de vie moyen des habitants, soit aux alentours de 900€ par mois ou 30€ par jour. Comparez cela aux 2€ dont 2,2 milliards d’humains doivent se contenter chaque jour pour survivre ! Si vous avez un compte en banque, vous êtes “riche” par rapport à la moitié de la population du globe qui n’en possède aucun. En mettant votre salaire ou retraite dans ce contexte, l’avertissement de Paul demeure valable pour vous aujourd’hui. En vérité nous devons tous nous considérer comme “riches” et veiller à ne pas nous sentir orgueilleux, sans pour autant culpabiliser dès que nous faisons une dépense non essentielle ou que nous apprécions un repas au restaurant. Si Dieu, qui est extrêment généreux, vous a accordé des ressources vous permettant de vivre dans l’aisance, ce n’est pas pour que vous en profitiez de manière égoïste. Il l’a fait pour deux raisons : 1- pour vous apprendre à être reconnaissant. Tant que vous prendrez le temps de Le remercier et de Le louer pour les bienfaits qu’Il vous offre, vous ne vous enflerez pas d’orgueil. Daniel nous dit qu’il louait Dieu trois fois par jour (Daniel 6.11). Par contre, si vous oubliez de le faire, vous prenez Sa place et vous vous imaginez être l’auteur de ces bienfaits.

Nabucodonosor agit ainsi et il se retrouva à vivre comme un animal pendant sept ans ! (Daniel 4. 27-28). Dieu explique : “J’ai pris soin d’eux quand ils erraient dans le désert... mais quand ils ont fini de manger et qu’ils ont été satisfaits, ils se sont enflés d’orgueil et M’ont oublié complètement” (d’après Osée 13.5-6 TP). N’oubliez donc jamais de Lui exprimer votre gratitude chaque jour ! 2- pour que vous puissiez vous montrer généreux envers les autres, pas seulement en partageant vos “richesses”, à travers l’hospitalité, la charité... mais aussi en donnant de votre temps, en encourageant ceux qui sont découragés, en rendant visite à ceux qui sont isolés, en prison ou à l’hôpital, en soutenant votre communauté et ses leaders, bref en acceptant de faire un kilomètre ou deux si nécessaire. Ce faisant vous n’aurez plus le temps de vous enfler d’orgueil !

Tout appartient à Dieu (3)

“Un homme... appela ses serviteurs et leur confia ses biens’’. (Matthieu 25.14)

Dans la parabole dite des “talents” tout appartient au maître. Il ne leur donne rien, il se contente de leur confier pour un temps ce qui lui appartient en propre et qu’il reprendra à son retour. Nous apprécions la conduite zélée et intelligente des deux premiers serviteurs. Mais que pensons-nous vraiment de la conduite du troisième ? Ne sommes-nous pas un peu frustrés de découvrir la dureté du châtiment qui lui tombe dessus au retour de son maître ? Après tout il n’a pas gaspillé les biens qui lui avaient été confiés. Il les a rendus intacts, sans rien voler à son maître. Pourtant ce dernier le bannit de sa présence après lui avoir dit qu’au moins il aurait dû investir ce qu’il lui avait confié. “Qu’a-t-il fait de mal ?” direz-vous. Il n’a pas placé les intérêts de son maître au-dessus des siens. Dans la culture de l’époque le serviteur était vraiment un esclave qui avait été acheté pour servir son maître. Souvenez-vous : vous aussi avez été acheté “à grand prix”; “vous ne vous appartenez plus” (1 Corinthiens 6. 19-20). Vous appartenez donc à Dieu et vous devez rechercher avant tout Son royaume (Matthieu 6.33). Nous considérons souvent cette parabole énigmatique de Jésus comme représentant soit les biens matériels que Dieu nous a permis d’acquérir soit les talents qu’Il a placés en nous et qui font partie de notre personnalité.

Or le mot talent en grec n’a rien à voir avec les “talents” ou “dons”que nous avons reçus à notre naissance. Le “talent” était une mesure de poids à l’origine, (environ 35kg) avant de représenter une forte somme d’argent (l’équivalent de ce poids en argent ou en or). Un véritable trésor en fait ! Et que dit Paul sur ce sujet ? “Nous portons ce trésor spirituel en nous comme en des vases d'argile, pour qu'il soit clair que cette puissance extraordinaire vient de Dieu...” (2 Corinthiens 4.7). Nous n’avons pas tous reçu la même connaissance de la vérité divine (Romains 12.3). Notre responsabilité néanmoins est de faire fructifier ce “dépôt” divin afin de plaire à notre Maître. Si nous gardons ce trésor caché au fond de nous, nous serons réduits au final à regretter notre vie gâchée et à “grincer des dents” (v. 30) !

Source : Sa Parole Pour Aujourd’hui 24,25 et 26 Mai 2016

Lien : http://us6.campaign-archive2.com/?u=5bc79ce092&id=7c4dc4aac6&e=838a47046d

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L’EXIL SPIRITUEL

4 Mai 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L’EXIL SPIRITUEL

L’EXIL SPIRITUEL

Introduction :

L’exil spirituel est une sorte de fuite en avant qui consiste à se détourner des responsabilités que l’on se devait d’assumer en empruntant des échappatoires :

- C’est une sorte de refus de faire l’école de Dieu à laquelle la providence nous y avait inscrits.

- L’exil spirituel est la recherche du repos à l’ombre de la mort par crainte de souffrir pour Christ. En face d’une faute dont les conséquences sont désastreuses, la chair se réfugie dans une logique criminelle et propose à la place de la vérité, un mensonge bien façonné et tissé subtilement avec les fibres des ténèbres.

- Lorsqu’une vérité cinglante pour dire blessante fait obstacle à nos pensées souvent négatives, la tendance générale est une rapide protection à l’ombre d’une contre-vérité, adoptant par là même, la position d’adversaire à la vérité, se constituant agent du diable contre la vérité qui est Christ.

Le parcours de tout serviteur de Dieu est jonché de périodes sombres, difficiles pendant lesquelles il lui est arrivé de renier sa conviction d’hier, de douter, d’hésiter, de prendre fausse route, de mettre sa vocation en cause. Pendant ces moments douloureux, insupportable on se cache face à ses responsabilités, attribue aux autres la cause de nos échecs voyant en eux la source de nos problèmes. La traversée du désert occasionne toujours des moments de doutes momentanés qui obscurcissent le ciel du croyant. Parfois pendant ces moments d’aveuglement spirituel où le tunnel semble très lointain à l’issue incertaine, on se réfugie derrière les raisonnements et des prétextes divers aux multiples préjugés, jugements, fausses conceptions multiples. Même Dieu à cet instant a tort dans ses méthodes à notre endroit. Serait-il trop de dire qu’à ce tournant là nous nous hissons au rang des divinités voulant à tout prix que soit faite notre volonté ? Des exemples sont légions autour de nous :

- Jean Baptiste : « Jean-Baptiste, dans sa prison, a entendu parler du Christ et de ce qu’il fait. Il envoie quelques-uns de ses disciples, pour demander à Jésus : Est-ce que tu es le Messie qui doit venir? Ou bien devons-nous en attendre un autre ? Jésus leur répond : Allez raconter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient clair, les boiteux marchent bien, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts se réveillent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle » (Mt 11.2-5).

- Abraham : il doute au sujet de l’héritage de Canaan : « Il dit à Abram : C’est moi le Seigneur qui t’ai fait sortir d’Our en Babylonie. J’ai voulu que le pays où tu es maintenant soit à toi. Abram demande : Seigneur Dieu, comment savoir qu’il sera à moi?» (Genèse 15.7-8).

- Élie : il doute de l’intervention de son Dieu et de sa puissance, lui qui a fait descendre le feu du ciel en invoquant l’Eternel : « Le roi Akab raconte à Jézabel, sa femme, tout ce qu’Élie a fait, et comment il a fait tuer tous les prophètes de Baal. Alors Jézabel envoie un messager dire à Élie : Demain, à cette heure-ci, j’espère que je t’aurai traité comme tu as traité tous ces prophètes. Sinon, que les dieux me punissent très sévèrement ! Élie a peur et il s’enfuit avec son serviteur pour sauver sa vie. Il arrive à Berchéba, dans le royaume de Juda. Il laisse son serviteur à cet endroit, puis il marche pendant une journée dans le désert. Il s’assoit sous un petit arbre. Il a envie de mourir et il dit: «Maintenant, Seigneur, c’est trop! Prends ma vie! Je ne suis pas meilleur que mes ancêtres. Arrivé au mont Horeb, Élie entre dans une grotte et il passe la nuit à cet endroit. Le Seigneur lui adresse sa parole: «Pourquoi es-tu ici, Élie ? Il répond : Seigneur, Dieu de l’univers, j’ai pour toi un amour brûlant. Mais les Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont détruit tes autels, ils ont tué tes prophètes. Moi seul, je suis resté, et ils veulent prendre ma vie» (1Rois 19.1-5,9-10).

- Pierre : « Après cela, Jésus se montre encore à ses disciples, au bord du lac de Tibériade. Voici comment il se montre à eux. Simon-Pierre, Thomas appelé le Jumeau, Nathanaël qui est du village de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples sont ensemble. Simon-Pierre leur dit : Je vais à la pêche. Ils lui disent : Nous aussi, nous venons avec toi. Ils partent et ils montent dans la barque, mais cette nuit-là, ils ne prennent rien » (Jean 21.1-3).

Nous comprenons ici que Pierre ne croyait plus en Jésus. Il est mort dit-il, nos espoirs sont perdus, la célébrité que nous avions hier en sa compagnie n’est plus. Quoi d’autres encore ? Il vaut mieux que je rentre à mon ancien métier.

- Pierre : « Alors Pierre dit à Jésus : Écoute! Nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Donc pour nous, qu’est-ce qui va se passer ?» (Mt 19.27).

- Les Apôtres : « À ce moment-là, ses disciples reviennent. Ils sont étonnés parce que Jésus parle avec une femme. Pourtant personne ne lui demande : Qu’est-ce que tu veux? Ou : Pourquoi est-ce que tu parles avec elle ? ….. Pendant ce temps, les disciples de Jésus insistent : Maître, mange donc ! Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. Alors les disciples se demandent entre eux: «Est-ce que quelqu’un lui a apporté de la nourriture ? » (Jean 4.27,31-33). Ils soupçonnent sans se prononcer, demeurant dans l’hypocrisie.

Plusieurs causes sont à la base de l’exil spirituel :

  1. L’orgueil qui consiste à ne pas accepter l’humiliation.

Le Saint-Esprit par la bouche de l’Apôtre Paul ne dit-il pas : « Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Romain 9.16).

On croit courir, réussir par nos propres méthodes, calcul, force, pouvoir et puissance ! Quelle utopie !

Comme le dit si bien le Prophète Jérémie, nous ne sommes que de simples vases entre les mains du Potier qui peut nous modeler et modifier à souhait (Jérémie 18).

Dans ce cas, on se réfugie sous les raisonnements, le mensonge, la ruse et autres :

"Le Seigneur déclare : Quel malheur pour vous, enfants désobéissants! Vous faites des projets qui ne viennent pas de moi. Vous passez des accords contraires à ce que je veux. Vous ajoutez une faute à l’autre. Vous vous mettez en route pour l’Égypte, mais vous ne m’avez pas demandé mon avis. Vous voulez que le roi d’Égypte vous protège, et vous cherchez un abri à l’ombre de son pays ! Mais la protection de ce roi sera pour vous une déception. L’abri que vous cherchez en Égypte vous fera perdre votre honneur" (Es 30.1-3).

" Malheur, dit l’Éternel, aux enfants rebelles, Qui prennent des résolutions sans moi, Et qui font des alliances sans ma volonté, Pour accumuler péché sur péché !" (Es 31.1)

  1. La recherche de la gloire sans passer par la croix.

Satan proposa ces choses à Christ qui les refusa : "L’esprit du mal l’emmène plus haut, en un instant, il montre à Jésus tous les royaumes de la terre, et il lui dit : Je vais te donner tout le pouvoir et la richesse de ces royaumes. Oui, je suis le maître de tout cela, et je le donne à qui je veux. Donc, mets-toi à genoux devant moi pour m’adorer, et tout cela sera à toi. Jésus lui répond: «Dans les Livres Saints on lit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu dois adorer, et c’est lui seul que tu dois servir" (Luc 4.5-8).

Ne courons-nous pas aujourd’hui vers certaines destinations bien connues pour acquérir quelques puissances officiellement occultes pour produire quelques miracles au nom de Jésus ? Quelle honte et abomination !

  1. La perte de la confiance en Dieu :

De plus en plus, le retour aux anciens sentiers des prescriptions bibliques semble si vieillot que le système du monde a remplacé la ligne directrice de la foi. C’est ainsi que lorsque le péché survient, on ne confesse plus ni ne cherche le chemin du retour à Dieu à l’exemple du fils prodigue. Plutôt on a recours à la doctrine du nouvel âge et de la doctrine de la théologie libérale à savoir :

  • Le péché que l’on commet l’est dans la chair, mais l’esprit est saint
  • Pour certains, tout ce que l’on sent bon en le faisant n’est pas péché
  • Le péché ne l’est que pour celui qui le conçoit
  • L’homme est créé pour jouir de la vie autant que possible
  • Tout est pur pour celui qui le croit pur
  • Tous les péchés seront imputés à la Satan à la fin, pourquoi ne pas profiter pour en commettre autant que possible afin d’alourdir le fardeau de Satan en ce jour-là !

Par ces choses, Dieu n’agit plus ou tarde à agir pour celui qui espère encore en lui et l’on se croit abandonné pour aller chercher le secours en Egypte.

  1. La crainte de la souffrance :

La crainte de la souffrance est une peur souvent gratuite inspirée par Satan pour retenir plusieurs dans la captivité, l’ignorance et l’assujettissement.

La souffrance pour Christ est un fait normal qui nous introduit à la glorification par notre identification à Christ dans sa souffrance :« car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Philippiens 1.29)

On ne peut suivre Christ sans payer le prix. Comme ils m’ont haï, ils vous haïront aussi a dit Jésus à ses disciples. Le monde ne dit-il pas : « à force de vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » ?

La souffrance n’a pas pour but de nous détruire, mais de cultiver, exercer notre pensée à la recherche des méthodes victorieuses qui sont en Christ ou témoignées dans les Ecritures.

Refuser la souffrance est un aveu d’échec, un refus de progresser, une résignation, une inscription sur la longue liste des complexés. C’est refuser de voir les choses en face et de solliciter d’en haut le secours nécessaire. C’est l’incrédulité, l’endurcissement du cœur, ce qui est une offense et manque de confiance en Dieu. Pour ces derniers, le péril est la portion : « Il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par une fin soudaine » (Psaumes 78.33). Toute vie frivole, improductive, stérile, oisive est celle de l’incrédule, du méchant qui s’achève dans la douleur du refus de Dieu par une mort brusque, laissant les familiers dans le désarroi.

La marche du peuple d’Israël se décrit avec détails dans les scènes du passage de la mer Rouge et du séjour au désert. Ces scènes de la mer Rouge et de la traversée du désert n’avaient pas pour seul but d’étaler la souffrance du peuple, mais bien plus la démonstration de la puissance de Dieu qui en résultait, transformant la souffrance en victoire et l’humiliation en gloire.

  1. Le cœur dur ou le refus de la repentance

Un constat s’impose : Personne n’avait encore offert de sacrifice sinon Dieu seul qui l’avait fait premièrement et à l’endroit de l’Homme. Cette pensée d’offrir à Dieu est donc suscité par Dieu aussi bien chez Abel que chez Caïn. Cependant l’attitude du cœur à l’endroit de Dieu est différente chez les deux. Abel reconnait le Dieu Eternel créateur de toutes choses qui doit occuper la première place, siégeant au centre de nos vies et de nos intérêts, chose contraire chez Caïn. Nous pouvons donc nous poser les questions suivantes : quelle place accordons-nous à Dieu ? , quelle obéissance manifestons-nous envers lui ? Ou alors suivons-nous notre propre voie ?, le Servons nous lui ou selon notre volonté propre ?

La bible dit dans la suite que Dieu a approuvée Abel et désapprouvée Caïn. ce qui a plonge ce dernier dans une colère contre Dieu, suscite la jalousie contre son frère cadet ; il se sent indigne, se décourage et devient fort malheureux. Bien qu’averti de sa chute eventuelle annoncée non seulement par ces signes précurseurs evidents mais par Dieu lui-même, Cain n’a pas saisi l’opportunité de se relever mais négligeant ou endurci, il a fini par querellé, agressé et tué son frère. Que dirons nous à l’égard de tout ceci : l’approbation de Dieu et sa présence dans la vie de plusieurs (élévation, bénédictions et faveurs diverses, dons,…etc.) loin d’inciter et même de susciter chez les autres un réel attachement et une consécration plus sérieuse à Dieu afin d’expérimenter les bontés, la sagesse et la puissance infini du Dieu vivant ; conduisent plutôt à des conflits d’autorité, des rivalités et des guerres détruisant plusieurs. Notons aussi qu’après un echec c-a-d après avoir manquer le but, la chute nous guette généralement car à ce moment il y a déviation d’objectif , déviation de personnalité (trouble,stress, indignation,…) et peut alors survenir le pire.

Toutefois, après un forfait ; Dieu offre toujours une possibilité de rachat par repentance mais la dissimulation devant Dieu, l’orgueil, l’endurcissement de cœur et mémé la rébellion comme ce fut le cas de Caïn, dominent et remportent sur la conscience de notre pèche nous plongeant dans l’aveuglement spirituel et l’égarement

  1. L’incrédulité, le manque de miséricorde

Lecture des textes bibliques de Matthieu permettent de ressortir les points suivants :

Les ambitions de Judas

1- s’intéressait beaucoup à l’argent (Jean12 :4-6)

2- cherchait le prestige, la reconnaissance des autres, et surtout de la classe religieuse au pouvoir.

3- être quelqu’un d’important, valorisé par le peuple et bien sûr riche

Le mauvais fondement spirituel de Judas

Judas avait vu une grande opportunité de richesse via la réputation de Jésus faiseur de miracles et pourvoyeur de solutions à tout problème car il aimait beaucoup l’argent et volait dans la caisse. Il eut même l’occasion d’expérimenter cette puissance de Jésus faisant des miracles et des délivrances .De plus sa présence auprès de Jésus comme apôtre et intendant était pour lui un prestige. Il espérait également un positionnement futur dans le nouveau régime politique et social que mettrais en place Jésus Roi des Juifs .Mais dès qu’il a compris qu’il s’était trompé sur le Christ, Il décida alors d’exploiter sa position privilégiée d’apôtre pour se faire une place au soleil en faisant alliance avec la classe religieuse des sacrificateurs alors au pouvoir. On peut donc se poser cette question : Judas avait-il cru ?

Conséquences d’une fuite en avant

Judas ne désirait pas la mort de Jésus qu’il reconnaît comme innocent Quoique ayant bel et bien prémédité la trahison de son Maître pour son bénéfice personnel. Le malheureux attendait avec des angoisses faciles à concevoir la fin de ce procès persuadé que Jésus échapperait de quelque manière à la haine des Juifs. Mais les choses n’ont pas tourné comme il l’espérait ; il se rend compte qu’il a mal calculé son coup et mal agi. Saisi par l’aiguillon du remords agissant par la douleur morale, il se tournant vers les hommes et non vers Dieu en tentant humainement de réparer ses torts autant qu’il lui est possible en déclarant publiquement l’innocence et en restituant le fruit de son crime , mais plus grave encore et atroce fut sa douleur car ceux-ci le refoulèrent très vivement « Que nous importe ? lui dirent ceux qui avaient profité de sa trahison… ». Effet, comment aurait-il pu se tourner vers ce Sauveur dont il n’a jamais connu le grand amour et la grande miséricorde quoique l’ayant longtemps côtoier ?

La situation de Judas suit de très près celle de Pierre. Ces disciples ont tous deux vendu leur Maître, mais Pierre seul connait se repent la vraie repentance et sera rétabli car assurément dans son profond regret, son amertume et ses larmes, il a considéré toutes les paroles et œuvres de Christ et il s’est dit : « Peu importe qui je suis et ce que j’ai pu faire, le sacrifice de Jésus couvre mes fautes si je me confie en Lui….. ». Il pu implorer la miséricorde du Christ et recevoir le pardon tandis que Judas a sombré dans le désespoir pour finir au suicide.

L’exil spirituel conduit la victime à des voies et attitudes négatives :

 La construction de forteresses en pensée dans lesquelles on se cache

 L’abandon du droit chemin

 La haine, le manque de confiance en Dieu

 Le refus de pardonner, l’amertume

 La comptabilité des bienfaits à l’endroit de celui qu’on qualifie d’ennemi

L’illustration de la vie de David nous servira de cadre d’étude :

1. Vie de berger :

Chargé comme cadet du soin des brebis de son père, il montrait son dévouement et son courage en allant jusqu’à tuer le lion ou l’ours qui attaquaient le troupeau (1Sam 16.11 ; 17.34-36). Le jeune homme, gratifié de dons musicaux remarquables, jouait fort bien de la harpe ; plus tard il composa des cantiques. Lorsque Dieu eut rejeté le roi Saül, il envoya le prophète Samuel à Bethlehem et lui commanda d’oindre David pour lui succéder. Il n’y eut pas de proclamation publique, de peur de susciter l’hostilité de Saül. Samuel oignit David en présence des anciens, qui ne furent pas renseignés, semble-t-il, sur le but de cette onction (1Sam 16.4-5, 13), mais Isaï et David lui-même le furent certainement. Ce fut un point tournant dans la vie du jeune homme et « l’Esprit de l’Éternel le saisit » ; mais David ne méprisa pas son humble travail quotidien.

2. Au service de Saül :

Le roi abandonné de Dieu, hanté par un mauvais esprit, sujet à la mélancolie et à des crises de démence, reçut de ses serviteurs le conseil de s’attacher un harpiste, dont la musique calmerait son agitation. Quelqu’un lui recommanda David excellent musicien, jeune homme vaillant, ayant l’âge d’être soldat, plein d’adresse, de courage, quoiqu’il n’eût pas encore l’expérience de la guerre ; avec cela, avisé, beau et pieux (1Sa 16.14-18). Saül lui ordonna de venir ; la musique de David l’apaisa, son caractère lui plut, il demanda à Isaï de le laisser à la cour, et en fit l’un de ses vaillants (v. 16-23 ; 2Sam 18.15). En remplissant cet emploi, David s’instruisit : il apprit à connaître la guerre, la monarchie, des hommes éminents, le bon et le mauvais côté de la vie de cour. Il ne resta pas constamment avec Saül. Le roi allait sans doute mieux ; David retournait souvent à Bethlehem surveiller les brebis de son père (1Sam 17.15).

Le défi de Goliath l’émut profondément. Comprenant que l’Éternel voulait se servir de lui, David, pour enlever l’opprobre d’Israël, s’enquit de ce Philistin qui défiait les armées du Dieu vivant. On rapporta ses paroles à Saül ; s’apercevant de quel esprit le jeune homme était animé, le roi permit au berger de se mesurer avec le géant. David objectant qu’il n’y était pas habitué, se débarrassa de l’armure dont Saül l’avait revêtu. Il eut une idée géniale. L’allure de Goliath était ralentie par le poids de son armure, le genre d’arme qu’il portait l’obligeait à combattre de près, il n’était vulnérable qu’au visage. Libre de ses mouvements, David, excellent frondeur, se dirigea vers le Philistin avec cinq pierres qu’il pouvait lancer de loin. Il était convaincu que sa cause était juste et que Dieu le secourrait.

La victoire remportée sur Goliath marqua une seconde étape dans la vie de David. Le courage, l’humilité, la piété de David lui gagnèrent l’affection désintéressée et fidèle de Jonathan, fils de Saül (1Sam 18.1).

Les causes de l’exil spirituel de David :

L’ovation que l’on fit au vainqueur éveilla la jalousie de Saül, qui devint l’ennemi de David (1Sam 18.6-9).

Le roi comprit que la prédiction de Samuel concernant le transfert de la royauté à quelqu’un de meilleur (1Sam 15.17-29), allait s’accomplir en la personne de David, et il tenta de s’y opposer.

Il essaya de tuer David avec sa lance (1Sam 18.10-11).

Ayant échoué, il l’envoya diriger des expéditions militaires (v. 13).

Il donna sa fille, qu’il avait promise à David, à un autre (17-19).

Profitant de l’amour de David pour Mikal, Saül essaya de le faire mourir sous les coups des Philistins (20-27).

Cependant, la popularité de David allait croissant (29-30) ; la crainte qu’en avait Saül augmenta, et il ne cacha plus son dessein de tuer David (1Sam 19.1).

On lit plus loin que les partisans de Saül ne le détournaient pas de ce dessein qu’encourageaient des intrigues de cour (1Sam 24.10 ; Psaumes 7, titre). La jalousie du roi, en veilleuse pendant quelque temps, se raviva ; il essaya de nouveau avec sa lance de transpercer David (1Sam 19.4-9) qu’il voulut ensuite faire arrêter et qui échappa grâce à la ruse de Mikal, fille du roi (10-17). David écrivit alors le (Psaume 59).

Les différentes étapes de l’exil spirituel de David :

1. Il s’enfuit auprès de Samuel, à Rama, où Saül tenta encore de le saisir (18-24).

2. David se sauva, rejoignit Jonathan qui s’enquit de tout, et apprit que son ami ne pouvait plus rester à la cour, où sa vie était menacée (chapitre 20).

3. Troublé dans sa confiance en Dieu et désespéré, David s’enfuit loin de Saül.

S’arrêtant à Nob, il manqua de foi et mentit (1Sam 21.2-10 [1-9]) ;

4. Puis il se hâta d’aller à Gath, se mettre sous la protection d’Akich, ennemi de Saül. Mais les princes philistins refusèrent de donner asile à celui qui les avait humiliés ; ils s’emparèrent de lui (1Sam 21.14 ; Psaumes 56, titre).

4. David simula la folie et Akich le chassa (Psaumes 34 ; ici Abimélek est mis pour Akich).

5. Reprenant confiance en Dieu (Psaume 34), le fugitif retourna dans le pays de Juda et demeura dans la caverne d’Adoullam (1Sam 22.1), tandis qu’il plaçait ses parents dans le pays de Moab (v. 3, 4). Un ramassis d’éléments divers, la plupart désœuvrés et aux abois, commença à rejoindre David ; ce groupe qui était d’abord de 400 hommes finit par en compter 600. Il y avait parmi eux Abiatar, prêtre de l’Eternel ; il avait échappé au massacre des prêtres de Nob, et avait apporté un éphod. Le prophète Gad, que David avait probablement rencontré à Rama (1Sam 22.5, 20 ; 23.6) était aussi avec eux. David avait donc des soutiens spirituels et une équipe dévouée. D’Adoullam, il se rendit à Qeïla, ville qu’il délivra de la main des Philistins (1Sam 23.1-5).

6. Dieu reprend David par le Prophète et lui ordonne de rentrer dans le territoire de Juda (1 Sam 22.5)

7. Apprenant que Saül se préparait à l’enfermer dans Qeïla, il s’enfuit au désert de Juda (1Sam 23.14 ; Psaumes 63). Les Ziphiens en informèrent Saül qui le traqua, jusqu’au moment où la nouvelle d’une invasion philistine le contraignit à cesser sa poursuite (1Sam 23.14-28).

8. Quand il eut réglé l’affaire des Philistins, Saül se mit à chercher David dans le désert voisin d’Eyn-Guédi. Il dut s’incliner devant la grandeur d’âme de David qui, ayant la possibilité de tuer le roi dans la caverne, épargna sa vie (1Sam 24 ; Psaume 57 ; 142). David et sa troupe d’hommes armés défendaient les propriétés israélites exposées aux razzias (1Sam 23.1 ; 25.16, 21 ; 27.8).

9. Après avoir gardé le troupeau de Nabal, David et ses défenseurs s’attendaient à recevoir des vivres comme prix de ces services. Le refus méprisant du richissime propriétaire exaspéra David. Il ne fut gardé de verser le sang que par la sagesse et la diplomatie de la femme de Nabal (1Sam 25). Quand elle fut veuve, David l’épousa.

10. Il arriva de nouveau dans les parages du désert de Ziph, dont les habitants recommencèrent à informer Saül, qui se remit à poursuivre David. Ce dernier révéla à nouveau sa magnanimité en ne tuant pas le roi endormi ; il se borna à emporter sa lance et sa cruche d’eau (1Sam 26).

11. Désespérant de pouvoir échapper à Saül, David quitta le territoire de Juda et obtint d’Akich la permission d’occuper Tsiqlag, ville de la frontière, dans la direction du désert méridional. Il y resta un an et quatre mois, protégeant les Philistins contre les tribus du désert, dévastant parfois un village éloigné, même en Philistie (1Sam 27).

12. Lorsque les Philistins allèrent à Guilboa pour attaquer Saül, leurs princes ne voulurent pas que David les accompagnât (1Sam 28.1, 2 ; 1Sa 29).

Conclusion : La révélation de la personne du Christ glorifié (Apoc 1.8-16)

Jésus-Christ apparaît comme le premier et le dernier, omniscient, omnipotent, éternel, porteur de la parole de vérité. Cette première vision est complétée par diverses images disséminées à travers le livre :

1. le lion (Apoc 5.5 : qui exprime le pouvoir royal)

2. le rejeton d’une racine (Apoc 5.5 ; 22.16 : descendant de David),

3. le cavalier sur le cheval blanc (Apoc 19.11 : victoire sur le mal)

4. l’Agneau immolé (Apoc 5.6 : victime pour le rachat de l’humanité).

5. Il partage le trône de Dieu (Apoc 7.17 : et viendra pour juger les hommes (Apoc 19.11)

6. Il source de la vie (Apoc 21.22 ; 22.1).

7. celui qui est, qui était, et qui vient (1.4) : ce livre met un accent particulier sur l’éternité de la nature divine dans plusieurs passages : celui qui vit aux siècles des siècles (4.10) ; le Seigneur Dieu… qui était, qui est et qui vient (4.8) ; je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout Puissant (1.8) ; Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts (1.18). Dans un monde qui, tout au long de son histoire, les royaumes, empires et états se font et se défont, où tout n’est que momentané, passager, Dieu ici est décrit comme immuable, éternel, hors de l’environnement spatio-temporel, au-dessus de tous, sa promesse nous rassure que sa nature peut nous être impartie et que nous pouvons, comme lui et par sa grâce, vivre pour toujours sans que la mort nous fasse du mal ou nous inquiète. Vivre à jamais ! Une jeunesse immortelle ! Quelle merveilleuse promesse réconfortante pour les croyants devant le martyre ! Quel encouragement pour nous aujourd’hui !

8. le prince des rois de la terre ! (1.5) : L’affirmation de la suprématie inconditionnelle de notre Souverain Roi sur le monde est ici démontrée. Des grands hommes, des rois, des monarques, des dictateurs, des empereurs, des rois se sont levés dans l’histoire du monde contre Christ (Psaumes 2, l’histoire des martyrs, etc.), et ils continuent à le faire avec un grand zèle et une audace insolente, sans honte. De nos jours, il est évident que des monstres de l’enfer gouvernent nos pays sous forme humaine, mais leur chute est inévitable. Christ refusa le royaume que lui offrit un jour Satan, mais un jour viendra et ce jour n’est plus loin, où ce monde lui (Christ) reviendra, mais à sa manière à lui, le Roi des rois. Tous, vivants, les rachetés de tous les âges, les âmes du paradis aspirent ardemment à ce règne glorieux où tout n’est que pureté et bonheur. Il viendra sûrement comme vient le matin et rien ne l’empêchera car Christ est sur le trône ; même quand tout semble s’écrouler autour de nous voire aller au pire, ne l’oublions jamais, Christ revient bientôt !

9. La révélation de la personne de Christ (Apoc 1.12-20)

Il était vêtu d’une longue robe allant jusqu’aux pieds, représentant la robe sacerdotale, comme l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes (Psaumes 133.2). Lorsque la robe est ceinte autour des reins, c’est pour exprimer son service d’Intercession (Lév 16.4).

Ce vêtement était ceint avec une ceinture d’or sur la poitrine, qui indique combien est précieux son amour, son autorité et son affection, mais aussi la fermeté judiciaire employée à apprécier et à juger le mal selon la justice divine (Apoc 1.12,13). En d’autres endroits, la ceinture est la fermeté pour le service, la marche, le combat et l’intercession.

Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige, pouvant signifier sa majesté, sa pureté, sa justice personnelle, sa sainteté et son éternité ; n’est-il pas l’Ancien des jours ?

Ses yeux comme une flamme de feu, peuvent représenter sa connaissance des mobiles et secrets de tous les cœurs, ainsi que les événements les plus éloignés. Cette description de Jean symbolise le jugement scrutateur et consumant, auquel rien n’échappe et qui n’épargne pas. Rien n’est caché aux yeux de Celui à qui nous rendrons compte de nos actes positifs comme négatifs.

Ses pieds semblables à de l’airain ardent, embrasé dans une fournaise. L’airain dans les Écritures est souvent l’emblème de la justice immuable de Dieu, venant rencontrer sur la terre le péché, où qu’il se trouve, soit pour juger, soit pour condamner, soit pour sauver éternellement par un jugement exercé sur la terre, soit pour sauver son peuple terrestre par un jugement gouvernemental, soit pour établir le royaume sur ce jugement (Ex 38.1-8 ; Nombres 21.9 ; Ezéchiel 40.3 ; Zacharie 6.1 ; 1 Rois 7.15-22). Ceci peut aussi exprimer la fermeté de ses projets et l’excellence de ses actes souverains et irrévocables. Tout croyant doit aux regards de cette description garder toujours en mémoire que sa marche sur la terre doit être exclusivement sur les voies de Christ qui, par le feu d’un jugement absolu et sans mélange à l’égard du péché et de la corruption dans l’église agira à l’endroit de tous ceux qui se réclament siens.

Sa voix comme le bruit de grandes eaux : cette expression traduit la puissance de sa parole, la voix du Tout Puissant, voix majestueuse de l’Éternel pour enlever, juger ou pour détruire (Ezéchiel 1.24 ; 43.2). Les voix qui viennent d’auprès du Très Haut, portent son caractère de puissance imposante (Apoc 14.2 ; 19.6).

Il avait dans sa main droite sept étoiles : Main droite symbolise sa Force, puissance et soutien (Ex 15.6 ; Psaumes 20.6 ; 89.13 ; Esaïe 41.10). Les étoiles symbolisent les autorités subordonnées, envisagées sous leur caractère de lumière et d’ordre moral, et destinées à être des luminaires ou lumière célestes sur la terre (Psaumes 136.9 ; Genèse 37.9 ; Jérémie 31.35 ; Dan 12.3 ; Phil 2.15). Les sept étoiles étaient les emblèmes des ministres des sept églises à qui l’apôtre a reçu l’ordre d’écrire, et que Christ soutenait et dirigeait afin qu’ils fassent luire dans ce monde perverti, l’éclat de la justice céleste, afin que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel.

De sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants : L’épée représentait la justice et la parole de Dieu sortant de la bouche de Christ pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointure et moelle pour discerner et juger ce qui de l’Esprit ou ce qui est de la chair et éventuellement pour frapper tout ce qui est contraire à la volonté divine exprimée par cette parole (Hébreux 4.12 ; Ps 149.6-7 ; Apoc 2.12,16 ; 19.15).

Son visage était comme le soleil comme il brille dans sa force : Ce style de langage décrit l’autorité, la domination et l’éclat de la lumière suprême, établies de manière inaltérable et immuable. La manifestation de la gloire de Dieu est éclatante, brillant clairement et puissamment ; L’éclat du ressuscité (Christ) dans son triomphe éternel, est trop vif et trop éblouissante pour que des yeux mortels puissent le regarder. L’apôtre a été comme écrasé par la grandeur de la luminosité et de la gloire dans laquelle Christ a paru. Nous pouvons être satisfaits de marcher par la foi, pendant que nous sommes ici-bas parce que sa gloire et sa majesté nous envelopperont tout au long de notre parcours car il est le fidèle. Le Seigneur Jésus adresse des paroles de réconfort : Ne crains pas ! Des paroles d’instruction : il révèle sa personne qui, dans sa nature divine est le Premier et le Dernier. Il rassure que c’est bien Lui en faisant référence à ses précédentes souffrances : J’étais mort ; il garantit là qu’Il est et reste le même que ses disciples ont vu sur la croix. Sa résurrection et sa vie sont une réalité incontournable : J’ai vaincu la mort, et je suis participant de la vie sans fin.

Il tient les clés de la mort et du séjour des morts : cette expression définit le pouvoir administratif enlevé à Satan par la mort et la résurrection de Christ et s’exerçant avec souveraineté pour faire entrer et sortir, pour enfermer ou délivrer. Il peut donc délivrer les corps de la mort, et les âmes du lieu invisible, non pour les y enfermer à nouveau, mais pour les conduire dans le royaume de lumière dont il est l’éternel Roi (Esaïe 22.22 ; Mt 16.18-19 ; Apoc 3.7 ; 9.1 ; 20.1). Il définit en même temps-là, sa fonction et son autorité qui est souveraine dans et sur le monde invisible autant que visible, comme Juge de tous, de qui les décisions sont sans appel.

Ainsi l’adoption de l’attitude d’Élie serait salutaire (1 Rois 19.11-18).

Dr André CHOUBEU

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LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

26 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

LA VIE DE CONSECRATION PRATIQUE DE MOISE

Exode 3.1-10

Définition :

De l’hébreu millu’ (mil-loo’), אלמ, le mot français consécration signifie : garniture, pierres à enchâsser; installation.

La consécration est le résultat de la séparation. Mais cette séparation revêt deux aspects importants sans lesquelles l’impact de Dieu sur nous ou pour nous, peut être soit superficiel soit partiel. La séparation dans son aspect premier implique une séparation, un retrait d’avec les choses du monde tandis que le second aspect est la séparation ou une mise à part pour Dieu.

Le hébreu millu’ (mil-loo’), vient d’une racine primaire male’ (maw-lay’) ou mala’ (maw-law’) אלמ et signifie remplir, être plein, pleinement, regorger, garnir, accomplir, achever, s’écouler, être employé, assouvi, s’armer, compléter, déborder.

Ainsi, par le fait de la consécration, le consacré est mise à part pour Dieu, devenu membre de la famille de Dieu (Eph 2.19-20), rempli et atteint la plénitude, l’abondance, la main remplie : « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur,

19 et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Ephésiens 3.14-19)

La consécration est également l’expression de : « c’est Christ au lieu du moi, ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Galates 2.20).

La consécration ne consiste donc pas en un acte résolu d’abandon de soi-même, mais dans le fait que nous acceptons Christ à la place de nous-mêmes, que nous lui donnons sa vraie place de prééminence en nous.

Etymologiquement, la consécration est l’action de consacrer, dédier ou dédicacer une personne, un objet, ou un bien, en les vouant au service de Dieu. D’où les mots con : avec et sacré : dévoué (attachement) ou voué (dépendance totale et absolue, vocation).

Les étapes de la consécration de Moïse :

Toute nouvelle saison qui introduit le peuple de Dieu dans un nouveau mouvement de l’Esprit provoque un courroux du monde des ténèbres et appelle impérativement les serviteurs à un discernement complet sinon, ils prendront Dieu pour diable et le diable pour Dieu. La sortie d’Israël de l’Egypte conformément à la prophétie donnée à Abraham (Genèse 15.13-14) approchait et Satan le savait. Pour tenter de l’empêcher, il a décrété par son instrument humain la mort des garçons. Cette scène macabre se répétera à la naissance du Christ (Mt 2.18).

Lorsque Dieu décide de passer à une nouvelle saison avec son Serviteur, les classiques du conservatisme aveugle, sauvage et brut se dressent en ambassadeurs des traditions pour s’opposer aux révélations à ce nouveau départ (Actes 26.16).

  1. La prescience de Dieu sur Moïse

Pharaon régissait sur l’Egypte comme dieu. Ses décrets devenaient impérativement exécutoires car toute action contraire aux désirs de ce monarque était passible de mort sans appel. Aussi, il n’y a que Dieu qui pouvait entrer dans les sages-femmes pour préserver un enfant à cette époque et en garder confidentiellement le secret (Exode 2.17).

Les dispositions prises par la Providence sont toujours surprenantes, étonnantes et merveilleuses. Au moment précis où Pharaon, parvenu au fait de sa puissance, a cruellement ordonné de tuer les enfants des Hébreux, celui qui devait les délivrer est né ! Quand les hommes tentent de détruire un enfant de Dieu, un Serviteur de Dieu ou l’église, Dieu prépare de Son côté le moyen qui la sauvera. Les parents de Moïse virent que leur fils était beau.

  1. La consécration à Dieu par les parents (Exode 2.1-3)

« Un homme de la maison de Lévi avait pris pour femme une fille de Lévi.

Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu’il étaitbeau, et elle le cacha pendant trois mois. Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu’elle enduisitde bitume et de poix; elle y mit l’enfant, et le déposa parmi les roseaux,sur le bord du fleuve ».

La mère de Moïse savait voir dans la vision de Dieu (Nombres 24.4) et compris que si les sages-femmes n’ont pas tué son fils, selon le puissant décret satanique de Pharaon, assurément la main de Dieu y est et par conséquent, Dieu a un plan particulier pour ce fils.

La mère de Moïse a la foi au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui au-delà de la menace de Pharaon peut assurer la vie et la protection de son fils.

La mère de Moïse de vit surnaturellement que son fils était très beau, et elle prend le risque par la foi pour faire la caisse de joncs dans laquelle, elle le placera.

En effet, la beauté exceptionnelle de Moïse est représentée comme remarquée de Dieu même, ou encore consacrée à Dieu. Le texte original dit simplement et noblement : Il était beau à Dieu. La beauté du petit Moïse est célébrée aussi par Josèphe: « On se retournait dans la rue, dit-il, et l’on abandonnait ses affaires pour le voir passer »

Comment de mères voit-elles en leurs fruits des entrailles, les desseins de Dieu et savent-elles les consacrer à Dieu ?

La mère de Moïse s’appuyait sur le fait qu’Israël serait préservé selon la promesse divine. La foi dans ces promesses, incite à exploiter des moyens tout à fait légaux, dans le but d’obtenir la miséricorde divine. S’il nous appartient de connaître notre devoir, les évènements, quant à eux, sont conduits par Dieu. Même quand il conduisait les Israélites dans le désert, Moïse n’était pas été autant protégé que lors de ce périple sur le fleuve, simple bébé sans aide. Ni les eaux du Nil, ni les Égyptiens ne pouvaient lui faire de mal. C’est quand nous sommes au point le plus bas de la vague que Dieu est alors le plus près de nous !

  1. La consécration à la fille de Pharaon (Exode 2.5-10)

« ……. Quand il eut grandi, elle l’amena à la fille de Pharaon, et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l’ai retiré des eaux ».

A cause de la prédestination divine sur celui qui lui appartient, Dieu approuve la consécration de Moïse et pourvoit par la fille de Pharaon pour prendre soin de Moïse depuis sa récupération des eaux jusqu’à la vie majeure :

  • Education exceptionnelle au sommet de connaissance égyptienne
  • A cause de la prédestination divine sur Moïse, la consécration de l’enfant par la mère a valu à cette dernière un salaire pour son œuvre, bien qu’elle soit mère.
  • Comme toute mère, bien qu’ayant comme perdu l’enfant humainement parce ne l’ayant plus comme fils, elle a par la grâce de Dieu, le privilège de l’allaiter.
  • La fille de Pharaon adopte Moïse comme son propre fils avec toutes les conséquences positives, lui permettant de mieux connaître le milieu pharaonique, la gestion politique, sociale, économique, militaire de l’Egypte.
  1. La consécration au service de l’Egypte (Actes 7.22)

La fille de Pharaon pris soin de nourrir Moïse comme son propre fils (littéralement: pour elle-même en tant que fils). Il ne fut pas seulement nourri ; il fut aussi instruit, de manière à posséder toute la sagesse du pays des Pharaons. Les jeunes Egyptiens, les futurs prêtres surtout, suivaient alors volontiers l’université d’Héliopolis. Ils y recevaient des enseignements, distingués pour l’époque, sur la théologie, la médecine, le droit, les mathématiques, l’astronomie et l’histoire naturelle. Les plus récents travaux de l’égyptologie ont établi ces données presque avec certitude. Moïse se préparait de la sorte, à son insu, à devenir à la fois le législateur et le guide de son peuple, non seulement à travers le désert, mais pour les siècles à venir. Cette éducation porta ses fruits. Il fut puissant par ses paroles et par ses œuvres.

  1. La première étape de la consécration à Dieu de Moïse (Hébreux 11.23-27)

La séparation de Moïse d’avec Pharaon et le service de l’Egypte pour se donner à Dieu.

« Il avait quarante ans, lorsqu’il lui vint dans le cœur de visiter ses frères, les fils d’Israël. Il en vit un qu’on outrageait, et, prenant sa défense, il vengea celui qui était maltraité, et frappa l’Egyptien. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main; mais ils ne comprirent pas. Le jour suivant, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il les exhorta à la paix: Hommes, dit-il, vous êtes frères; pourquoi vous maltraitez-vous l’un l’autre ? Mais celui qui maltraitait son prochain le repoussa, en disant: Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l’Egyptien ? » (Actes 7.23-28)

« Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Egypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Egypte, sans être effrayé de la colère du roi; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Hébreux 11.23-27)

Moïse ayant vu dans le surnaturel en contemplant Dieu dans sa vie, comprend par le Saint-Esprit que le bouleversement final de l’univers et le remplacement de toutes les choses ébranlées de ce monde par celles qui ne peuvent être ébranlées et qui subsisteront à toujours est évidente.

Notre consécration se heurte aujourd’hui par l’amour du siècle présent, la cupidité d’honneur, la gloire éphémère et le matérialisme satanique. Puisse chacun revoir le degré de sa consécration pour un retour véritable à Dieu en marchant sur les anciens sentiers.

Moïse s’enfuit et demeure comme étranger au désert, à cause de l’aveuglement de son peuple. Mais le jour de sa vocation comme libérateur de ce peuple était réservé auprès de Dieu. Lorsque l’amour du royaume nous inonde et que l’incompréhension de notre entourage se dresse contre nous de quelque manière que ce soit, quelle est notre réaction ?

Moïse, devenu grand, montre comme ses parents une foi exceptionnelle. Hébreux 11.24… souligne comment il refuse l’avenir brillant qui s’offre à lui ; il choisit…, il estime…, et quel est son secret ? Il regarde à la rémunération. Grand exemple pour nous qui sommes tous, tôt ou tard, placés devant ce choix : le monde avec ses ambitions et ses plaisirs ou "l’opprobre du Christ"! Moïse se présente pour délivrer son peuple. Mais son échec nous instruit aussi. Si grandes que soient les affections, on ne peut pas suivre Christ par l’énergie naturelle (Exode 2.12 ; Jean 18.10).

  1. La deuxième étape de la consécration à Dieu de Moïse (Actes 7.29)

« A cette parole, Moïse prit la fuite, et il alla séjourner dans le pays de Madian, où il engendra deux fils » (Actes 7.29).

« Pharaon apprit ce qui s’était passé, et il cherchait à faire mourir Moïse. Mais Moïse s’enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s’arrêta près d’un puits » (Exode 2.15)

Moïse s’est séparé du monde avec sa luxure, il a l’amour de Dieu dans son cœur, mais, il doit apprendre la patience, l’endurance, la souffrance pour l’œuvre de Dieu. Dieu l’envoie dans le désert.

Moïse, au pays de Madian, rencontra des bergers. Malgré son rang, à la cour d’Égypte, il était prêt à aider les filles de Réuel, pour faire boire les troupeaux. Moïse aimait que la justice soit rendue, il cherchait à défendre ceux qui étaient injuriés ; c’est d’ailleurs ce que devrait faire chacun de nous, dans la mesure du possible. Moïse aimait faire le bien.

Quel que soit l’endroit où la Providence nous place, nous devrions désirer et chercher à être utiles. Si nous ne pouvons pas réaliser tout le bien que nous voudrions, soyons au moins prêts à accomplir ce qu’il nous est possible de faire.

Moïse habita chez Réuel qui signifie « ami de Dieu », mais appelé communément Jéthro selon son nom de fonction qui signifie « excellence). Cet homme politique et religieux pour son peuple avait la culture des hébreux, étant fils d’Abraham par Ketura, l’Ethiopienne qu’épousa le patriarche après la mort de Sara (Genèse 25.1).

Les leçons du désert pour une consécration plus efficace de Moïse :

Moïse, le prince dans sa vie de palais, était servi, maintenant, il est serviteur

Il était honoré, maintenant, il doit honorer

Il était respecté, maintenant, il doit respecter

Il était craint, maintenant, il doit craindre

Il dormait sous les climatiseurs, maintenant, il dort dans la tente

Il avait des gardes de corps, maintenant il garde les brebis

Il était chef de l’armée d’Egypte, maintenant, il est berger

Il avait un fusil, maintenant, il a un bâton

Il donnait des ordres, maintenant, il en reçoit

Etc.

Sommes-nous prêts pour une telle école ? Moïse l’a vécu pendant 40 ans.

La consécration, c’est se placer sous la souveraineté de Dieu pour tout ce que nous vivons, voyons, ou faisons. La traversée ou la formation du désert est un passage obligé pour tout vrai serviteur de Dieu.

  1. La troisième étape de la consécration à Dieu de Moïse (Exode 3.1-10)

Cette dernière étape de la consécration de Moïse qui a certes de l’expérience et des acquis non négligeables est remplie de symbolismes qui nous instruisent sur des aspects sans lesquels nous pouvons rester toujours loin des principes de la consécration bien qu’ancien de plusieurs années dans le service pour Dieu.

Vocation de Moïse et son retour en Egypte (Exode 3)

  1. Dieu apparaît à Moïse dans un buisson ardent (Exode 3.1-6)

Le beau-père de Moïse de son vrai nom Réuël qui signifie « familier ou ami de Dieu » est Sacrificateur de son pays. Le titre de Jéthro signifiant « Excellence » (Exode 4.18) qu’il porte correspondrait de sens au titre actuel d’Iman ou chef de tribu. On ne saurait jouer avec le troupeau d’un tel personnage.

Moïse est berger et comme chaque jour, doit chercher le bon pâturage pour son troupeau. C’est ainsi que ce jour-là, il se trouva au pied du Mont Horeb qui est le même lieu que Sinaï ou la Montagne de Dieu (Ex 3.1 ; 17.6 ; Deut 4.10 ; 5.2 ; 9.8 ; 1Rois 8.9 ; 19.8 ; 2Chron 5.10 ; Psaume 106.19 ; Mal 4.4).

Nous noterons ici la particularité de la présence de Moïse à cette montagne en ce moment précis là. En effet, en se référant à la Bible, les scènes de grands événements se sont déroulées sur les Montagnes et Collines :

1) Ararat : l’arche s’est posée (Genèse 8.4)

2) Morija: Abraham sacrifia Isaac (Genèse 22.)

3) Horeb : Moïse vit le Buisson Ardent (Exode 3.1,2)

4) Sinaï : la Loi fut donnée à Moïse (Exode 19.11,20)

5) Ebal et Garizim : Bénédictions et Malédictions y furent prononcées (Deut 11.29 ; 27.11-13)

6) Carmel : le sacrifice d’Elie (1Rois 18.19)

7) Hermon ou Tabor : Transfiguration du Christ (Marc 9.2)

8) Mont des Oliviers : Ascension de Christ (Actes 1.12)

Retenons que le chiffre huit exprime un nouveau départ, ce qui est nouveau.

La révélation du buisson ardent :

La présence de l’ange de l’Eternel, suivant le sens habituel de cette expression est la manifestation de Dieu sous une forme visible (Genèse 21).

Le mot hébreu buissons, sené est le nom d’une sorte d’acacia épineux et velu, commun dans ces montagnes et qui leur a peut-être valu leur nom de Sinaï. Le mot hébreu au singulier a ici un sens collectif, ce qui explique l’article. Du milieu du taillis s’élevait la flamme provenant du buisson en feu. Le feu est un des faits de la nature qui nous représentent le mieux ce que Dieu est : lumière, chaleur, vie, détruisant ce qui est vil, purifiant ce qui est précieux. Aussi l’Esprit de Dieu est-il apparu à la Pentecôte en langues de feu et Dieu est-il appelé, un feu consumant (Exode 24.17 ; Deut 4.24)

L’attention de Moïse sur la révélation :

Moïse remarque que le buisson enflammé demeure cependant complètement intact. C’est donc là un feu d’une nature particulière qui n’a besoin d’aucun aliment extérieur et qui s’entretient par lui-même. Dieu veut donner par là le magnifique emblème de ce qu’il est lui-même, comme la vie absolue, indépendante de toute matière, se reproduisant incessamment elle-même. C’est l’illustration de l’essence divine telle qu’il va la révéler à Moïse, en se désignant par le nom de Jéhovah, « Je suis » (Exode 3.14).

Dans les divers songes, les révélations, les signes divers que Dieu nous donne, notre attention y est-elle tournée ?

« Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions, afin de détourner l’homme du mal et de le préserver de l’orgueil, afin de garantir son âme de la fosse Et sa vie des coups du glaive. Par la douleur aussi l’homme est repris sur sa couche, quand une lutte continue vient agiter ses os. Alors il prend en dégoût le pain, Même les aliments les plus exquis ; Sa chair se consume et disparaît, Ses os qu’on ne voyait pas sont mis à nu ; son âme s’approche de la fosse, et sa vie des messagers de la mort » (Job 33.14-22).

L’étape décisive de la consécration de Moïse (Exode 3.4)

« L’Eternel vit qu’il se détournait pour voir; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit: Moïse! Moïse! Et il répondit: Me voici » !

Le désert et surtout celui-là est un lieu où les serpents brûlants, les loups, les voleurs sont légion. Une tradition raconte que dans des lieux comme ceux-là, lorsqu’un jeune homme veut épouser une fille, il va simplement tout faire pour voler des bêtes dans le troupeau de son beau futur beau-père. Lorsque cela est constaté et certifié, son beau-père l’appelle, le félicite et déclare que s’il est capable de voler bétail, il est capable de se battre pour nourrir sa fille. De là, la fille est accordée en mariage.

Moïse est conscient du grand danger qui guette sa décision : « je veux me détourner ». Il risque perdre sa femme et ses deux enfants en compensation du bétail complètement volé pendant qu’il est détourné. Il ne sait pas combien de temps coûtera la recherche de la vérité dans la compréhension de la révélation.

Il sait qu’il est étranger dans cette contré depuis 40 ans et les hommes de la localité le savent aussi. On sait qu’il n’a pas de maison à lui et habite depuis lors dans la maison de son beau-père. Il sait qu’il peut se retrouver en état de fuite et de poursuite à cause de la perte du troupeau. Mais par une ferme décision de la foi qui engage tout son avenir, il fait le choix ultime :

  1. Quelles sont encore les choses qui nous occupent tant de sorte qu’une consécration véritable soit difficile ?
  2. Que sert-il à l’homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ?
  3. Depuis que nous sommes préoccupés par ce qui retarde notre consécration, quel avantage avons-nous eu ?
  4. Savons-nous que nous avons plaqué Dieu au carrefour dans l’attente de notre consécration véritable ?
  5. Si quelqu’un aime son frère, son métier, son argent ou autre chose plus que Jésus, il doit savoir qu’il n’est pas digne d’être appelé son disciple.
  6. Si quelqu’un renie Jésus devant les hommes ou les circonstances, Jésus le reniera devant le Père céleste et les anges.

Ôte tes sandales : Les Orientaux (tant chrétiens que musulmans) ont toujours eu et ont encore la coutume de se déchausser avant d’entrer dans un lieu saint, apparemment afin de ne pas mêler à une terre sainte la poussière d’une terre profane.

La décision de Moïse l’amenait à un autre niveau de consécration qui exigeait la dépendance totale à Dieu. Il entrait dans un monde nouveau dont les instructions ne viendrait plus de ses efforts, de sa connaissance ou de sa force, mais de Celui est. Il entrait ainsi une fois pour toute dans la présence sainte de Celui qui est tout en tous.

Discernons-nous aujourd’hui le sacré du profane ? Nos danses, nos pensées, notre habillement ne connaissent plus le lieu saint. L’Egypte est dans nos cœurs même quand nous prétendons être à Canaan.

Jacob expérimenta une consécration qui nous interpelle :

  • Il dépouilla les siens des petits dieux qu’il enfouit sous le térébinthe.
  • Il montant ensuite à Bethel (maison de Dieu)
  • Il vécut un évènement particulier (la terreur de Dieu s’empara autour de lui et tous ses ennemis eurent peur de le poursuivre)
  • Il bâtit un autel à El Bethel.

Que nous inspire cette action ?

Quel est notre degré de révérence, pour Dieu et les choses sacrées ?

  1. Dieu envoie Moïse pour délivrer Israël (Exode 3.7-10)

Le besoin est présent, la souffrance d’une grande multitude est effective et Dieu dit : « Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas; mais je n’en trouve point. Le répandrai sur eux ma fureur, je les consumerai par le feu de ma colère, je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, dit le Seigneur, l’Eternel » (Ex 22.30)

De même que tous ceux qui craignent Dieu, doivent s’unir, pour favoriser le développement de la Vérité et de la Droiture divines, à l’inverse des âmes de tout rang et de toute profession qui s’associent pour conduire chacun à la ruine, une action urgente et efficace pour la restauration des principes de la consécration divine s’impose.

« La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière » (Rom 13.12).

Conclusion : Les années de la vie de Moïse sont réparties en trois périodes de quarante ans ; la première partie s’est passée à la cour de Pharaon, la deuxième en tant que berger, au pays de Madian et la troisième pendant laquelle il fut un grand dirigeant.

Nous remarquons à quel point la destinée d’un homme peut changer au cours de sa vie ! La première fois que Dieu apparut à Moïse, ce dernier s’occupait des moutons. Cela peut sembler être une modeste occupation, pour un homme possédant une telle éducation, mais il s’en accommodait apparemment ; ce travail lui a appris l’humilité et le contentement de peu, qualités qui sont mentionnées plus loin dans la Parole. Satan aime nous voir paresser ; Dieu, quant à Lui, aime que nous soyons actifs. Le fait de nous retrouver seul, nous permet d’entrer vraiment en communion avec Dieu. À sa grande surprise, Moïse vit un buisson ardent, sans avoir vu comment ce dernier avait été allumé. Ce buisson était en feu et ne se consumait pas ; c’est un peu une image du peuple de Dieu en Égypte. Cela nous rappelle également l’Église à travers les âges, persécutée sévèrement, mais préservée de la destruction, par la présence de Dieu.

Dans l’Écriture, le feu est l’emblème de la Sainteté et de la Justice divines ; il caractérise également les afflictions et les épreuves que Dieu envoie pour purifier Son peuple ; le feu représente aussi le baptême du Saint Esprit, par lequel les affections du péché sont consumées et qui transforme l’âme en une image conforme à la nature divine. Dieu, dans Sa miséricorde, appela Moïse ; ce dernier répondit aussitôt. Ceux qui désirent entrer en communion avec Dieu, doivent se plier à Ses ordonnances, par lesquelles Il se manifeste, Lui et Sa gloire ; Moïse a vu cette gloire, même au sein de ce buisson. Le fait d’ôter ses chaussures fut pour le patriarche un signe de respect et de soumission.

Nous devrions nous approcher de Dieu dans la solennité, avec des cœurs préparés, cherchant à éviter tout propos léger ou grossier et tout service peu convenable.

Dieu n’a pas dit : « J’étais le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », mais, « Je suis… ». Les patriarches vivent encore, malgré le fait que leur corps soit dans la tombe depuis de nombreuses années. Aucun laps de temps ne peut séparer l’âme des justes, du Créateur. Par ce témoignage, Dieu instruisit Moïse, sur l’existence d’un autre monde ; Il a ainsi affermi sa foi sur cet état futur. C’est ce qu’annonce aussi notre Seigneur Jésus, à propos de la résurrection des morts, dans Luc 20.37. Moïse cacha son visage, comme s’il était à la fois effrayé et honteux de voir Dieu.

Plus nous discernons Dieu, Sa Grâce et Son Amour, plus nous sommes amenés à l’adorer avec révérence, sous une crainte respectueuse de Sa Personne.

Dr. André CHOUBEU

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LE DIACONAT

21 Avril 2016 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE DIACONAT

Les signes précurseurs de la fin des temps se dessinent de plus en plus, appelant tout véritable enfant de Dieu à plus de responsabilité. A la lumière d’Apocalypse 13, Satan par le système du mal enveloppera le monde, apportant une fausse sécurité, plongeant le politique, la religion, la morale, les finances et tout autre domaine de la vie active à son contrôle total afin de mieux faire asseoir sa domination mondiale. Plus que par le passé, l’esprit de l’antéchrist comme aime si bien le dire Jean dans le premier de ses Epîtres est déjà au milieu de nous. Ne constatons-nous pas que toute la révélation de 2 Tim. 3.1-5 est en plein dans nos milieux chrétiens ? Cessons de jouer à la farce avec Dieu et reprenons conscience pour agir, parler et faire selon les méthodes de Dieu : « Moïse en fut divinement averti lorsqu'il allait construire le tabernacle: Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne » (Hébreux 8.5).

A l’heure de la fin où l’amour d’un grand nombre refroidi, Satan se déguisant en ange de lumière pénètre dans l’église pour la falsification de Parole de Dieu au profit d’un formalisme religieux désagréable à Dieu, il devient nécessaire si non impératif de revenir sur la base de l’enseignement de l’église primitive afin d’ôter la confusion qui règne dans les milieux chrétiens.

Il n’est plus de secret pour personne, les diacres aujourd’hui s’élèvent au-dessus du Pasteur local et même du ministère spécifique pour prendre une autorité et se réclamer au même titre que les cinq ministères. Ainsi, passant des choses matérielles, ils vont jusqu’à exiger le ministère spirituel tels la prédication, l’enseignement et la direction d’une église locale.

Dans le souci de faire mieux, nous sommes retournés aux sources des Ecritures Saintes. Nous croyons par-là apporter notre contribution pour l’harmonie dans l’église locale de manière à glorifier Dieu dans l'exercice de ce ministère.

Définition :

Du grec diakonos, signifiant chez les écrivains classiques : domestique, subordonné, messager. Mt 20.26 traduit ce mot dans ce sens pour le différencier de Mt 20.27 ; 23.11 ; Jean 2.5,9 ; Rom 13.4 ; 15.8 ; 1 Cor 3.5 ; 2 Cor 6.4 etc. où il est utilisé pour serviteur afin de lui éviter le sens de doulos qui signifie esclave.

Champ d’application du ministère :

Le diacre est un frère en Christ exerçant les fonctions auxiliaires (complémentaires) dans l’église locale Phil 1.1 ; 1 Tim 3.8-13).

Le diacre est un ministère plein, installé dans l’église par les Apôtres. Il se traduit par « serviteur ». Le Diaconat était employé, pour homme ou femme chargée d’un service à l’église. Pour la première fois, les diacres ont vu le jour dans l’église de Jérusalem à l’issu d’un conflit parmi les disciples au sujet de la distribution de la nourriture. Ils ne sont jamais mentionnés comme conducteurs d’église, mais comme s’occupant des choses matérielles, pouvant gérer l’argent car 1 Tim 3.8 qui qualifie les diacres dit « éloignés d’un gain sordide ». Toutefois, selon Actes 11.29-30, les diacres bien que s’occupant des affaires financières, les décisions étaient prises par les Anciens ou conducteurs spirituels : « Les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul ».

Les fonctions du diacre étaient spécifiquement matérielles (Actes 6.1-6). Sur la direction du Saint-Esprit et Etienne et Philippe ont été des prédicateurs (Actes 6.8 ; 9.5). Le fait que ces deux frères aient plus tard exercé un autre ministère a donné lieu à des interprétations très équivoques. Bien que le potentiel spirituel de Etienne et Philippe aient été suffisantes pour devenir plus tard conducteur d’église, ils étaient au départ choisis pour servir aux tables. Il est évident que les qualifications des diacres sont aussi élevées que celles des surveillants ou évêques. Il devrait en être de même aujourd’hui.

Un critère sélectif intervient pour le choix du Diacre (Actes 6.3). Sur les 5000 membres que comptait l’église à l’époque, les plus qualifiés le furent par choix sur les critères ci-après :

  1. Jouir d’un bon témoignage
  2. Etre plein d’Esprit Saint
  3. Etre plein de sagesse

Etre approuvé des hommes comme ayant un bon caractère. Il doit être obligatoirement baptisé du Saint-Esprit. Avoir une communion avec Dieu, avoir une bonne vision de la chose spirituelle. Avoir la saine doctrine, aimer la prière et le jeûne, Aimer les frères et aimer l’œuvre de Dieu. Connaître par l’Esprit de Dieu les divers besoins de l’œuvre de Dieu, être homme ou femme de conception. Il doit être mûr dans les paroles et actes, être encadreur, réconciliateur, être régulier au conseil de Dieu pour avoir la direction divine dans les situations.

Les Diacres jouissent d’une grande considération parmi les frères et font partie du collège des Anciens (Phil.1.1 ; Rom.16.1). Ils ont une lourde mission de prière sur l’œuvre de Dieu, sur les Serviteurs de Dieu, devant posséder des facultés exceptionnelles d’encadrement.

L’absence constatée d’un diacre durant deux jours sans passer à l’église est une faute grave (Luc 8.2). La vie de Anne est un exemple modèle dans le service du temple, de la prière et du rôle de la sentinelle (Luc 2.36-38).

En somme, le Diacre doit avoir une vie chrétienne irréprochable :

Le livre de 1 Chron. 9.17-34 donne quelques précisions sur les activités des portiers qui assumaient dans l’Ancien Testament, les fonctions que les diacres dans le Nouveau Testament. Les portiers étaient des lévites assuraient la garde de l’entrée de la tente d’assignation de manière permanente. Ils étaient 212 au total et veillaient sur le lieu saint, aujourd’hui église, et de manière interchangeable pour que le service ne souffre d’aucune interruption. Il y avait parmi les 212, quatre portiers principaux qui assumaient leur fonction en permanence, veillant aussi sur les trésors du sanctuaire de Dieu. Ils passaient des nuits dans les environs du sanctuaire. L’église doit avoir des sentinelles toutes les nuits et selon les Ecritures, le service du Diacre est concerné. Les clés de l’église sont entre les mains des Diacres. L’entretient de l’église doit être journalière par les Diacres alors que certains veillent sur le matériel de l’église et d’autres s’occupent des choses saintes.

L’Apôtre Paul défini ainsi le devoir d’un Diacre (1Tim. 3.1-13) :

  • Etre irréprochable, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalière, propre à l’enseignement (Gen.18.1-18).
  • Avoir une bonne renommée pour sa douceur
  • Pardonnant sans exigence ; être bon
  • Toutes ces paroles doivent être constructives. Il doit être ambassadeur de paix
  • Il doit éviter la cupidité d’honneur ou matérielle, être humble
  • Ne doit pas être égoïste ni partial
  • Il doit instruire et soumettre sa maison à la vie chrétienne
  • Il doit être un chrétien affermi et éprouvé dans la foi
  • Il doit avoir une vie chrétienne convaincue et pratique devant constituer un témoignage de Christ aux païens, être modèle à l’église
  • Il doit être distingué et apprécié par sa manière et sa conduite, ses actes et animé d’un esprit de compréhension, réflexion, conception
  • L’intégrité, la moralité, la doctrine et la dignité doivent refléter ses qualités maîtresses.
  • Il doit éviter médisance, discrimination et avoir une grande discrétion.
  • Il doit s’éloigner de la fraude, revêtir l’intégrité et droiture.
  • Il doit avoir une conscience pure, être juste dans les partages.
  • Il doit haïr les commérages, bavardages etc.

Attribution du Diacre

  1. Gestion matérielle et financière de L’église :
  • Il doit nourrir les étrangers (Rom 16.1-2 ; Rom. 12.13)
  • Prendre soin des Serviteurs de Dieu (3 Jean 5-8)
  • Pouvoir au besoin des orphelins et des veuves (Jacques 1.27 ; Job 29.12)
  • Encadrement des frères persécutés et abandonnés (1Cor. 12.26 ; Héb. 13.3)
  • Paiement des frais de transport des serviteurs de Dieu (Tite 3.13)
  • Encadrement des frères sans emploie ou inoccupés (Tite 3.14)
  • Approvisionnement de la maison de Dieu en nourriture (Mal 3.10 ; 2 Ch.31)
  • Organisation et prise en charge du mariage du serviteur de Dieu en plein temps (Mc 10. 28-30)
  • Gestion de la caisse de l’église en toute âme et conscience devant Dieu (1Tim. 3.8 ; 1 Cor.4.2)
    • Règlement facture eau, électricité, boîte postale
    • Achat pétrole, allumette, entretien
    • Création d’activité pour accroître les revenus de l’Eglise (fermes, champ communautaire ou autres activités rentables, etc.)
      • Réflexion pour aménagement, construction, équipement

2. Surveillance des Biens de l’église

  • assure la conservation de certains documents de l’église
  • Veille sur les nappes, matériel des choses saintes, bancs, tables.
  • Coordonne et s’assure de la bonne évolution des travaux
  • Assure la tenue des cahiers (matériel de l’église, caisse)
  • Veille et entretient les biens de l’église
  • Réception des dons fait à l’église
  • Collaboration avec la direction des œuvres sociales
  • Encadrement des frères endeuillés, démunis, malades, orphelins et veuves
  • Recueil des libéralités pour le soutien des assemblés ou frères démunis et autres (2 Cor. 8.9)

Dans les assemblés où l’église est en location, les frères et sœurs qui connaissent la grâce de Dieu devraient contribuer pour s’acquitter des frais, la caisse n’intervenant qu’en cas d’insuffisance.

3. Prière :

  • Observe les manquements divers et les met devant Dieu.
  • Evalue les dîmes, collectes et :
    • Remercie Dieu
    • Demande la bénédiction de Dieu sur les frères concernés selon les Ecritures
    • Intercède pour la baisse ou la hausse
    • Prie pour les sans emploi
    • Demande au Seigneur de toucher ceux qui ne connaissent pas sa bénédiction à travers le paiement de leurs dîmes, offrandes ou collectes
    • Demande au Seigneur de ne pas permettre qu’il soit versé dans les caisses de l’église de l’argent impur :
      • Salaire de prostitution (Deut. 23.17)
      • Argent de sang (Prov. 15.8)
      • Dons des satanistes (2 Cor. 6.14)

Prie pour couvrir sous le sang de Jésus les finances de l’église, les frères et toutes les entreprises afin de les rendre prospère et inattaquable par Satan et ses agents.

4. Autres devoirs du Diacre :

  • Prière pour son ministère afin d’être dirigé par le Saint-Esprit
  • Recueille les offrandes, dîmes et divers dons donnés à L’église
  • Veille sur la maison du Pasteur afin qu’il n’y manque de rien
  • Veille pour que le domicile du Pasteur soit propre
  • Veille pour que les étrangers et visiteurs chez le Pasteur reçoivent l’hospitalité digne de l’évangile
  • Veille sur l’habillement du Pasteur, lave et change les tenues qui ne conviennent plus
  • Veille sur la nutrition du Pasteur
  • Veille pour qu’il soit souvent en compagnie de son épouse dans les sorties et missions
  • Veille pour que les missions du Pasteur soit toujours en compagnie d’un collaborateur
  • Veille pour que le Pasteur soit au petit soin
  • Veille sur la décoration, la propreté de l’église en perfectionnant ce qui existe, remplaçant ce qui est abîmé
  • Veille sur l’entretien et la bonne utilisation du matériel de l’église
  • Veille sur l’ordre dans l’église avant, pendant et après le culte

Le ministère du diacre commence toujours avant et se termine après les autres.

Les Diacres locaux doivent à la fin de chaque mois dresser pour acheminement, leur rapport mensuel financier et matériel. Le rapport financier doit comporter les entrées et les sorties d’une manière bien détaillée. Le rapport matériel doit comporter la récapitulation des biens de l’Assemblée locale à la fin de chaque année et dans les mois qui suivent, il précisera tout simplement les nouvelles acquisitions, donations ou dotations. Doivent être signalé dans le rapport matériel, tout projet, travaux en cours, l’avancement des travaux, des difficultés rencontrées. Tout manquement, biens détérioré, besoin urgent suivra la même procédure.

Un constat sur état d’indigence des orphelins, veuves et autres nécessiteux fera l’objet d’un rapport mensuel avec appréciation ou point de vue du diacre local ressortant une éventuelle proposition pour venir à bout de cette situation. Un état de récapitulatif annuel des recettes et dépenses par nature sera dès fin décembre envoyé Secrétariat Générale de l’église.

Ce rapport comportera les rubriques : dons, legs, biens meubles et immeubles, dotations diverses.

LES DIACRES Ce sont aussi des Anciens spécialement chargés de l’Administration des biens matériels de l’Eglise locale :

  • Ils sont chargés de la collecte des biens réguliers de l’Eglise, des Dîmes et Offrandes, mais aussi de tous les dons volontaires de tout genre.
  • Ils sont chargés de la distribution pour l’œuvre de Dieu, les Serviteurs de Dieu, l’Eglise locale.
  • L’œuvre sociale sur la base de l’encadrement des veuves et des pauvres est faite par l’Eglise et surtout sous leur direction.
  • Les Diacres étant aussi d’abord des Anciens, peuvent aussi jouer ce rôle dans l’Eglise locale selon le besoin et la nécessité

Qu’est-ce que le Diaconat ?

Dans Actes 4.34-37 il y avait dans l’Eglise de Jérusalem un service spécial ‘‘de distribution’’ des biens rassemblés par le peuple. Dans Actes 6.1-3, ce service a nécessité des responsables spéciaux en dehors des Ministres de la Parole. Dans Romains 16.1-2, l’Apôtre Pal parle de ‘‘donner à plusieurs fidèles et aux Serviteurs de Dieu’’.

Ajoutons à ceci le rôle que jouaient les Lévites et ceux spécialement de ‘‘gardiens du seuil’’ ou portier. La collecte d’argent pour divers usages dans la maison de Dieu (2 Chron 34.8-12)

Les Diacres qui ont don de secours :

Les Diacres sont des Anciens spécialement chargés de l’emploi des ‘‘fonds’’ matériel de l’Eglise locale. Dans l’Ancien Testament, c’étaient certains Lévites qui étaient chargés de l’intendance des offrandes de la dîme et les choses saintes, ainsi que de l’intendance des dons volontaires faits à Dieu (2 Chron 31.11-14).

Ils étaient aussi chargés de la distribution à tous ceux que cela concernait (2 Chron 31.15-18). Il y avait de tels Lévites dans chaque ville pour ce rôle (2 Chron 31.19).

DIACRE ET ANCIEN

Les Diacres sont choisis au même niveau spirituel que les Anciens de l’Eglise

Actes 6.3-5

1 Tim 3.1-7 ……l’Evêque…

1 Tim 3.8-13……les Diacres aussi

Ainsi les Diacres conservateurs de la foi peuvent aussi quand c’est nécessaire :

  • parler du Seigneur comme Etienne (Actes 6.8-14)
  • prêcher Christ comme Philippe (Actes 8.5-8)

Exercice du ministère de Diaconat :

  1. Intendance (comme Econome de Dieu)
  • Rassemblement ou collecte de dîmes, offrandes
  • dons divers faits au Seigneur
  1. Surveillance des biens de l’Eglise
  • Les Diacres font partie du Comité de Surveillance de tout le matériel de l’Eglise (Néh 13.12-13)
  • Ils ont de Dieu le don de secourir (1 Cor 12.28)
  1. Distribution

- aux nécessiteux (selon les besoins)

  • Dans l’Eglise (service et entretien)
  • Dans les ministères donnés à l’Eglise
  • Dans l’Œuvre de Dieu
  • Soins des nécessiteux (pauvres, veuves, orphelins, etc.)
  1. Ministère d’Eglise locale
  • Les Diacres exercent ‘‘leur ministère’’ (service) dans l’Eglise locale ‘‘dans chaque

ville’’ (2 Chr 31.19).

Les Diacres exercent dont leur ministère dans une localité seulement. On peut être Diacre dans une Eglise locale, cependant, dans une autre ville où on va, on ne peut prétendre user des mêmes privilèges.

Les Diacres gardent le respect qui leur est dû s’ils restent fidèles comme le présente la recommandation de l’Apôtre Paul à la Diaconesse Phoebé (Rom 16.1-2).

  1. Les femmes aussi

- Les femmes aussi peuvent exercer le ministère de diaconesse (1Tim 3.11 ; Rom 16.1-2)

  1. Recommandation des Diacres
  • Leur consécration se fait au même niveau que les Anciens (Actes 6.3,6 ; 14.23) Néh. 12.44-45

Nous ne devons pas ignorer au point de négliger les dons que le Seigneur place dans certains des membres fidèles de l’Eglise et que souvent, on ne considère pas comme cela se devrait. Certains membres de l’Eglise peuvent exercer certains dons spirituels sans qu’ils soient pour cela des Ministres de Dieu comme tels (1 Cor 12.28b ; Rom 12.8) :

  • Les dons de miracles se manifestent souvent chez des hommes et des femmes de prière.
  • Le don de gouverner qu’on souvent ceux qui savent mener des groupes et les organiser
  • Le don de guérir
  • Les donateurs qui exercent la libéralité avec miséricorde
  • Les enfants de paix qui exercent la miséricorde

On est souvent tenté de penser que toutes ces choses ne peuvent être accomplies que par des Serviteurs de Dieu. Il faut avoir de la préférence pour de tels hommes, dit l’Apôtre Paul, ainsi que pour tous ceux qui travaillent de cette sorte, en particulier ceux qui le font u nom de l’Eglise pour suppléer à l’absence de responsables nommés dans de tel ou tel domaine (1 Cor 16.13-18).

Dr. André CHOUBEU

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