Le blog de Dr André CHOUBEU - - Enseignements bibliques - Etudes bibliques - Conseils bibliques - Cours de Formation en théologie - Réponses aux questions bibliques
Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Dr André CHOUBEU

Articles récents

LE DROIT DU LEVIRAT

17 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE DROIT DU LEVIRAT

LE DROIT DU LEVIRAT

(Le droit du Rachat)

Définition :

Action de racheter, de libérer en payant une rançon.

Libération par le paiement d’une rançon, délivrance de celui qui est en esclavage ou en prison pour dette

L’ancien Testament souligne constamment la pensée qu’Israël appartient à l’Eternel, ayant été racheté de l’esclavage de l’Egypte.

Le droit de rachat dans les principes bibliques s’appliquait dans plusieurs domaines :

LE DROIT DU LEVIRAT

. Premiers-nés (Ex 13.11-13 ; Nbre3.12)

. Des terres (héritage) Lév. 25 ; Néh. 5.8)

1. RACHAT DES PREMIES-ES

Les premiers-nés : ont été délivré par le sang de l’Agneau pascal, et ils devront être rachetés à leur tour par une somme payée au sanctuaire (Ex 13.11-15). Le peuple tout entier libéré de la maison de servitude, appartient désormais au Seigneur (Ex 19.4-6 ; 202 ; Lév. 25.38). Chaque Israélite devra verser un demi-sicle pour le rachat de sa personne (Ex 30.12-13 ; Mt 17.24). Le rachat des premiers-nés ou le versement d’un demi-siècle était pour Israël, le rappel de sa propre Rédemption, par un regard de foi tourné vers le sacrifice du calvaire où Jésus Christ, véritable type du lévirat opéra la Rédemption une fois pour toute.

2. LE RACHAT DE HÉRITAGE :

Lorsqu’un homme du peuple tombait dans la pauvreté, et vendait sa propriété, son plus proche parent avait le droit de rachat. Celui-ci pouvait intervenir et libérer ce qui avait été vendu (Lev. 25.25). Le même droit pouvait jouer en faveur d’une personne qui s’était vendu au service d’un homme plus riche (Lev.25.47-49). Ruth, la Moabite et sa terre furent ainsi rachetées en un même jour par Boas (Ruth 4.1-10)

Dans la loi du lévirat, le rédempteur qui rachète devrait être un proche parent, et avait une profonde responsabilité dans la circonstance :

. La Rédemption par le proche parent concernait à la fois les personnes et les héritages (Lév. 25.25, 48 ; Gal 4.5 ; Eph.1.7,11,14)

. Le rédempteur devait être un proche parent Lev. 25.48-49 ; Ruth 3.12-13 ; Gal 4.5 ; Héb 2.14-15)

. Le rédempteur devait avoir la capacité d’acheter (Ruth 4.4-6 ; J 50.34 ; Jean 10.11,18)

. La rédemption était rendue effective lorsque le goël s’acquittait de la totalité de la somme due pour le rachat (Lév. 25.27 ; Gal 3.13 ; & Pierre 1.18-19)

L'ÉTERNEL EST LE PROPRIETAIRE DE TOUT HERITAGE

Dieu est le propriétaire par excellence de tout domaine céleste, terrestre et des profondeurs des abîmes (Deut. 10.14 ; Psaumes 24.1 ; 1Cor 10.27). « Car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants » (Lév. 25.23)

JUGEMENT ET CONDAMNATION DIVINE SUR L’HERITAGE

Dieu est saint et tout ce qui est à lui doit être saint. Le péché ôte l’état de sainteté à une personne, un objet ou un héritage.

Par le péché d’Adam, la terre souillée tomba sous le coup de la malédiction (Gen 3.17-18). Par le meurtre d’Abel, Caïn a souillé la terre qui fut maudite en même temps que lui-même, le meurtrier (Gen. 4.10-12).

le péché a une forte influence négative sur les hommes, sur un pays ou sur un héritage (Lév. 25.20 ; Psaumes 107.33-34 ; Jér.2.19 ; Deut 29.22-25 ; Lév.18.25 : le pays vomira ses habitants à cause du péché.

Racheté de la mort et de la malédiction par la Rédemption de la croix, le chrétien est héritier des bénédictions éternelles en Christ. Mais Jérémie 18.7-8 dit : « soudain je parle, sur une nation, sur un royaume d ‘arracher, d’abattre et de détruire ; mais si cette nation sur laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, je me repens du mal que j’avais pensé lui faire ».

Plusieurs maisons, propriété ou héritages qui nous ont été légué par nos ancêtres, les premiers occupants, ont été le théâtre de pratiques occultes diversifiée L’histoire des deux autels bâtis par Gédéon nous donne une illustration qui nous conduira à mieux saisir la portée de l’importance du droit du rachat. En effet, après sa rencontre avec le message qu’il connut plus tard être l’ange de Dieu, Gédéon s’empressa de bâtir là, un autel en faveur de l’Eternel. Cet autel ne plut point à Dieu. Dans la nuit, Dieu lui demanda de renverser l’autel qu’avait fait son père à Baal avant de lui bâtir un autel (Juges 6.21-27). Dans les maisons que nous habitons, sur les terrains que nous occupons, des autels invisibles avaient été bâtis en l’honneur

de Satan, des sacrifices divers y ont été fait.

Lorsqu’un enfant de Dieu qui garde la communion avec Dieu, loge pour la première nuit dans une maison, un village, une ville ou dans pays, il ressent les premières attaques. S’il reste sans passer le lieu à la délivrance en liant l’homme fort du lieu et dévouant par interdit toutes pratiques qui y ont été faites, il sera progressivement affaiblit jusqu’à être dépouillé complètement de la puissance de Dieu à cause de l’intensité des combats spirituels, réclamations et poursuites fréquentes. Il convient donc de passer ces lieux à la délivrance.

DELIVRANCE :

Lév. 25.24 : « dans tout le pays dont vous aurez la possession, vous aurez le droit de rachat pour les terres ».

Comme nous le constaterons, une telle délivrance n’est pas légère à cause du sérieux à porter

dans sa méthode.

Pour la personne qui procède à la délivrance du lieu, voici l’approche à adopter :

SE DEBARRASE DE L’IDOLATRIE : L’idolâtrie inclut tout ce que l’on peut avoir sur le trône de son cœur, au- dessous, à côté ou près de Dieu, que ce soit une personne, un système ou une philosophie.

RUPTURE AVEC L’HEREDITE : L’homme traîne avec lui, des traits de caractères familiaux. Certains de ces traits sont actifs et d’autres passifs. Ces traits comprennent.

- L a paresse, l’indiscipline, l’agitation, la gloutonnerie, la colère,

Le désordre, la calvitie, les cheveux blancs précocement l’hématie falciforme etc.… reçu

des parents indépendamment de nous.

Le croyant doit mettre fin à ces traits hérité des parents, de l’environnement ou on a été élevé (1 Pierre 1.16-18 ; Ex 20.5).

Ensuite, il doit réclamer la puissance du Seigneur et en être délivré.

REJET DE L’INFLUENCE DES PUISSANCES DE SATAN :

Le croyant peut avoir été élevé dans une atmosphère ou le diable était adoré d’une façon ou d’une autre. Un proche peut avoir servi Satan et y engager passivement le croyant. Il peut avoir été dédié au diable, les siens peuvent avoir consulté Satan pour lui. Alors, il n’est pas libre (dans le contexte Camerounais : Nouveau-né chez les Sawa, les Kribien, Ngumba), le blindage familial, l’alliance par personne interposée.

DELIVRANCE PERSONNELLE DE CELUI QUI DELIVRE

. Confesser à haute voix et d’une façon nominative, les péchés conscients responsables (enseignement sur la confession authentique).

. Reconnaître les péchés dont on n’est pas responsable et en dégager la responsabilité.

. Invoquer le nom du Seigneur Jésus, briser tous les noms et liens forts et faibles qui te lient

au passé (famille, amis travail, loge, etc.…) pour autant que les engagements avec le diable, en soient concernés.

. Réclamer sa position hors des liens du passé (famille, amis etc.…), et s’intégrer dans la

famille de Dieu.

. Dire au diable de cesser à jamais dès ce moment sa puissance et ses activités sur toi.

. Dire par cet acte, à travers lequel tu brises les engagements du passé et par lequel tu te

couvres sous le Sang de Jésus, tu n’as plus de part dans les activités que pourrait faire

quiconque en ton nom dès maintenant et à jamais.

Par cet acte de rupture du passé, tu te tiens totalement libre devant le Seigneur

METHODE DE COMBAT POUR LE RACHAT D’UN HERITAGE

1. Confesser les péchés :- Les crimes, les meurtres, les péchés sexuels, la vengeance, le trafic

d’influence, le faux et usage de faux, le faux dans les affaires, les violences maritales, l’ivrognerie, les fausses alliances, l’occultisme etc. qui ont pu être commis sur ce lieu (Jérémie 5.18-19 ; Lévitique 26.40-42 ; Osée 4.11-13 ; 5.4 ; Nahum 3.1-5)

2. Renverser les Eventuels autels ; Dans les locaux ou terrains, on a dû verser le sang, fait des sacrifices humains ou autres. Dans le cas d’occultisme, des autels invisibles, des pentagrammes, des sanctuaires ou des signes cabalistiques ont été dressés. Il convient de les renverser et les détruire par la foi au nom de Jésus Christ.

3. Rebâtir par la foi un autel saint a Dieu : Elie le prophète après avoir laissé le temps aux prophètes de Baal qui n’ont pu invoquer le feu du ciel pour consumer leur sacrifice, bâtir un autel selon la vision de Dieu, en posant le fondement par les douze pierres représentant toutes les douze tribus d’Israël et la justice divine à leur égard avant d’offrir le sacrifice

4. Prière de combat :

. Lire d’abord 2 Cor 10.3-6 ; Michée 5.10-13 ; Esaïe 47.1-3 qui prononcent le jugement de Dieu

. Prophétisé sur toute la terre ou toute la maison afin que la malédiction quitte la terre et qu’elle reçoive la bénédiction divine. (Ez 37.4-8,12)

. Prophétiser sur toute la communauté (Jér 1.9-10).

. Consacrer chaque membre de la communauté à Dieu (2Chron 29.1-3)

. Prophétiser sur chaque membre de la Communauté appelant le Saint-Esprit à souffler son vent des quatre coins de l’horizon sur chacun d’eux, les remplissant et faisant de chacun d’eux, un instrument puissant, un peuple guerrier de l’Eternel dont un seul poursuit mille ennemis (Ez. 37.9-10).

Véhicule : Un véhicule de seconde main, peut avoir été volé et vous l’avez acheté. Le propriétaire légitime entre temps fait des incantations, lace des malédictions (Habacuc 2.11-12) et sorts. Les sièges du véhicule peuvent avoir servi de cadre à la prostitution, aux incantations, de sanctuaire diabolique, de pratique des actes satanistes, de crime divers ou pouvaient avoir été à usage du gangstérisme et terrorisme.

Vêtements de seconde main : Ils peuvent avoir servi de tenues magiques pour les séances occultes ou avoir été porté par des criminels, des satanistes et autres.

La peinture sur lesdits véhicules ou le lessivage desdits vêtements n’enlèvera pas les esprits qui y sont associés par les liens des actes commis. Y exercer le droit de rachat (lévirat) par la même méthode devient indispensable avant tout usage personnel.

Maisons : En occupant une maison comme nouveau locataire ou propriétaire prendre les dispositions suivantes : - Lire Lév 14.33-57 ; Habacuc 2.10-11 – Confesser les péchés des premiers occupants du terrain, et de la maison avant vous et même des éventuels constructeurs – Libérer le terrain et la maison en détruisant les éventuels autels invisibles, y appliquer l’huile d’onction et y bâtir enfin un autel à l’Eternel

Dr. André CHOUBEU

Tél. 7775 7160 / 9958 6505

BP 9042 DOUALA (Cameroun)

Voir les commentaires

Le fardeau de la dépression (3 suite et fin)

17 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Le fardeau de la dépression (3 suite et fin)

Le fardeau de la dépression
(3 suite et fin)

Dr. Peter Masters

Dans les 2 derniers numéros de Promesses, le pasteur Peter Masters a défini les différentes formes que peut prendre la dépression, décrit quelques facteurs qui la déclenchent, et indiqué des stratégies de redressement.

En introduction de cet article, on formulera quelques conseils importants dans la pratique de la relation d'aide avec un dépressif. Premièrement, il ne paraît pas souhaitable, ni utile, que les croyants touchés par ce mal soient aidés et suivis par la moitié de l'assemblée, car la dépression tombée «dans le domaine public» conduit à coup sûr à une recherche ou une soif exagérée de marques de sympathie, jusqu'à en rendre le malade dépendant. Ensuite il faut insister sur le rôle vital du sommeil, même si la plupart des dépressifs n'en sentent pas la valeur. Nous devons affirmer que le sommeil est une compensation normale lors d'un tel épuisement physique, psychique et moral. En dernier lieu, on évitera tant que possible d'aborder des thèmes conflictuels à une heure avancée de la nuit, de peur que l'angoisse s'installe jusqu'au petit matin.

Voici les prises de conscience et les attitudes correctives qui devraient ponctuer le retour d'un dépressif à la vie normale:

1) Admettre le côté irrationnel de la maladie

Les personnes qui traversent la vallée de la dépression devraient être conduites, peu à peu, à admettre qu'elles ont une forme de pensée moins rationnelle que d'habitude, puisque par définition cet état est caractérisé par les jugements négatifs et les conclusions pessimistes. David en donne la description en l Sam 27.1 : Je périrai un jour par la main de Saül; il n'y a rien de mieux pour moi que de me réfugier au pays des Philistins. Dans son découragement et son anxiété, David développe une vision déformée de la situation. Toute l'évidence de la puissance protectrice de Dieu sur lui s'évanouit de par la surestimation des dangers environnants. Pour la seconde fois il paraît incapable de se souvenir de l'onction et des affirmations de Dieu en relation avec la royauté à laquelle il est destiné. Sa souffrance intérieure affaiblit sa foi au point de le faire succomber à une folle attitude de fuite et d'abandon. La dépression doit être reconnue comme une atteinte de l'être intérieur tendant à déformer les choses et à ébranler les certitudes, oscillant du simple doute à l'incrédulité ouverte. Par conséquent, il est vital de rééquilibrer le fonctionnement et la faculté de penser de celui que nous voulons aider!

2) Refuser les coups de tête

Aussi longtemps qu'une personne n'est pas complètement hors d'affaire, il faudrait l'empêcher de prendre des grandes décisions. Je connais une quantité de gens qui ont commis des actes plus qu'absurdes en pleine phase d'irréalité, tels que quitter leur emploi, déménager ou briser une amitié; ils en arrivent à développer des situations préjudiciables pour tout le monde; j'ai vu des pasteurs s'écarter de l'église et des anciens, des missionnaires se désintéresser de leur service. A chaque fois, ils sont convaincus que leur situation est insoutenable, leur travail une faillite, leurs collègues antipathiques et que toute espérance de bénédiction est vaine. S'il faut dissuader un dépressif de défaire et briser son oeuvre par un coup de tête, il faut en revanche lui souligner l'obéissance à la volonté de Dieu et chercher à la découvrir avec un esprit sain (cf 2 Tim 1.7 v.a.), en le persuadant que les décisions prises sous le coup du découragement sont émotionnelles et déséquilibrées. Pour arriver à ce résultat, je pense qu'il faut protéger la personne des autres croyants, bien intentionnés, mais formant un cercle de pseudo-psychiatres peu qualifiés !

3) Discerner l'activité du diable

Au cours de l'approche pastorale de celui qui souffre d'abattement, on peut lui expliquer la signification du combat spirituel décrit en Ephésiens 6, même s'il connaît ce thème. Il n'est pas inutile de rappeler que le diable est cruel au point d'attaquer durement celui qui est par terre. Il faut dire aussi que les pensées les plus cyniques, incrédules, accusatrices et pessimistes sont suscitées par Satan. S'il ne peut pas ôter le salut d'un enfant de Dieu, il peut, pour un temps, lui enlever toute joie et toute paix dans la foi et le pousser dans les extrêmes limites de l'angoisse.

4) S'appuyer sur la Parole

Une des caractéristiques de la dépression réside dans le fait que la rébellion et la tromperie propres au coeur humain accablent le malade au point qu'il se croit continuellement sous la condamnation de Dieu. Il incombe au pasteur d'être très clair et de revenir fermement sur l'enseignement biblique des deux natures du croyant sans esquiver le conflit entre la nouvelle nature donnée par Dieu et la vieille nature charnelle déchue. Malgré la turpitude de la vieille nature, il faut reconnaître les marques de la nouvelle, car c'est une réalité infiniment précieuse. Lorsqu'on perd de vue cette doctrine, on se met immédiatement au service de la vieille nature. La nouvelle nature doit être considérée comme le «vrai moi», et la vieille comme un «squatter» blessant qui sera finalement expulsé au seuil de l'éternité. Romains 7, après un dur constat, enseigne une totale délivrance grâce à la force de Jésus-Christ.

5) Exercer sa foi

L'exercice de la foi paraît souvent hors de question pour un dépressif. Il n'éprouve aucune assurance et ne tente rien pour s'approcher de Dieu. Il fait penser à un naufragé qui s'agrippe désespérément à une pièce de bois, sans rien voir d'autre à l'horizon qu'une tempête et des requins! Dans le texte du Psaume 42.6 et 50.15 on lit que l'abattement et la détresse ne suppriment pas la foi; au contraire, l'espérance, la louange et la délivrance prennent la place de la tristesse. Le texte d'Esaïe 50.10, bien connu pour les temps d'obscurité, nous donne l'assurance que l'expression de la foi ne dépend pas de ce que l'on sent: Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière, qu'il se confie dans le nom de l'Eternel, et qu'il s'appuie sur son Dieu. Il faut oser déclarer qu'il y a des périodes dans la vie, et la dépression en est une, où la faculté de sentir et la force de l'assurance ne sont pas nécessaires à l'exercice de la foi. Assommé par une espèce de torpeur, l'enfant de Dieu connaît l'impasse, mais il lui est demandé de s'appuyer sur son Dieu, de considérer la prière comme un devoir plus qu'un besoin en l'absence de sentiments. C'est la forme la plus élevée de l'adoration, elle est précieuse pour Dieu. Cela s'appelle la foi nue, c'est un noble cri, une loyale adoration que nous trouvons dans le Psaume 130. 1, 5, 6:Du fond de l'abîme je t'invoque, ô Eternel!... J'espère en l'Eternel, mon âme espère, et j'attends sa promesse. Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes sur le matin, que les gardes sur le matin.

C'est au plus bas de sa forme que Job prouve son attachement à Dieu; dépourvu de joie et de réconfort, terrassé par les épreuves, il donne toute la gloire à Dieu. Il faut rappeler à celui qui est touché par la grande lassitude que provoque la dépression, que son bien-être spirituel repose entièrement sur l'oeuvre de Christ et non sur ses performances, et lui dire que la période qu'il traverse en ce moment lui permet de fixer son esprit sur les mérites et la justice de Christ, sur son oeuvre parfaite et achevée. Si nos élans de foi ont de la valeur devant Dieu lorsque nous nous sentons heureux et bénis, quel prix ont-ils lorsque nous sommes perdus dans les brumes de la dépression! C'est pourquoi l'impératif de se confier dans le nom de l'Eternel et de s'appuyer sur Dieu (cf Esaïe 50.10) sauvera les dépressifs du pire symptôme de cet état, à savoir l'amour de soi.

6) Persévérer dans la prière

La prière est un exercice pénible quand il y a désintérêt spirituel et difficulté à se sortir de ses propres misères. Lorsque le dépressif prie, c'est un appel au secours continuel; l'engorgement de ses pensées fait penser à un automobiliste qui tente de se maintenir à une distance de 4 ou 5 voitures en pleine circulation alors que l'espace se comble au fur et à mesure. La source intarissable des perceptions négatives se combat Bible en main pour amener à considérer les promesses de Dieu. La lecture de la Parole de Dieu permet de redécouvrir les justes proportions des choses.

De plus, elle pousse à la consécration, à la louange et à la repentance. Il faut limiter la lecture à 10 ou 15 versets dans certains cas, jusqu'à ce que l'influence de l'Ecriture sainte pénètre, noyaute l'obsession personnelle et subordonne l'âme abattue. La persévérance dans la prière est une tâche que le dépressif doit accomplir, non seulement pour sortir de son tunnel, mais pour honorer Dieu. Nous avons le devoir, comme pasteurs, de rappeler le texte d'Ephésiens 6.18... toutes sortes de prières.Le découragement et la blessure intérieure ne dispensent pas des devoirs fondamentaux du chrétien. En dépit du mal-être qui enlise dans l'égoïsme et l'indifférence aux autres, il faut batailler sans faiblir pour amener un croyant démoralisé à sonder l'Ecriture Sainte, à louer Dieu, à le remercier pour son salut, pour la vie nouvelle en Jésus-Christ, l'inviter à persévérer dans la prière et croire, malgré la tristesse de ses sentiments, que Dieu est fidèle, qu'il donne la glorieuse promesse de bonheur éternel, qui surpasse de loin les afflictions présentes.

Dans cet article, je me suis efforcé de fournir une panoplie biblique concrète pour lutter contre la dépression, mais je ne cache pas que souvent tout est par terre le lendemain d'un entretien pastoral et qu'il faut alors recommencer à zéro, rappeler sans cesse que la prière est un ministère que Dieu attend des croyants en dépit de la sensibilité spirituelle engourdie. L'esprit peut être fatigué, diminué, tourmenté et accablé, mais un véritable enfant de Dieu demeure un sacrificateur pour son Père (cf Apocalypse 1.6).

P.M.

Lien : http://www.promesses.org/arts/108p3-6f.html

Voir les commentaires

Le fardeau de la dépression (2)

15 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

Le fardeau de la dépression (2)

Le fardeau de la dépression (2)

Dr. Peter Masters

Dans la 1ère partie de cet article parue dans le numéro 106 de Promesses, Peter Masters, pasteur à Londres, a défini les différentes formes que peut prendre la dépression. Il nous montre maintenant comment dépister la maladie et l'affronter.

Déceler la dépression

La première étape, c'est d'apprendre aux gens à démasquer leur dépression. Les chrétiens touchés doivent absolument la découvrir eux-mêmes, en prendre conscience et c'est parfois au pasteur qu'il incombe de signaler cet état. Il ne s'agit pas, bien évidemment, d'encourager une préoccupation excessive au sujet de la santé, mais de détecter l'inconfort, le mal-être, afin de mieux le soigner. C'est en reconnaissant nos points faibles que nous pouvons le mieux résister, prendre les mesures nécessaires pour maîtriser l'autodépréciation.

Il faut bien sûr de très bonnes raisons pour oser suggérer à quelqu'un qu'il pourrait être atteint de dépression. On évitera en particulier de le confondre avec une personne mal en point à cause de son indiscipline. Le spécialiste en relation d'aide doit en effet distinguer entre un état dépressionnaire et un problème non réglé dû au péché. Nous rappelons ici que des croyants peuvent se sentir très abattus par une vie non sanctifiée et par la désapprobation de leurs amis quant à ce relâchement. Mais il y a des moments où les croyants sont envahis par une étrange angoisse et ils ont besoin de comprendre ce qui leur arrive. ils doivent savoir que ce n'est pas un problème spirituel qui les trouble, mais une faiblesse constitutionnelle. S'ils estiment que la question est spirituelle, ils en déduisent à tort que Dieu les punit pour quelque péché et ils en viennent à mettre leur conversion en doute.

La dépression conduit parfois dans une direction tout à fait inverse: le blâme sur soi est alors remplacé par une haine farouche envers les circonstances et les événements, ou bien par un agacement permanent contre les autres et l'Eglise au point de créer la discorde. Tout y passe: la famille, les chrétiens et même le Seigneur. On ne peut pas tellement aider dans ce type de dépression, sinon en signalant à la personne concernée qu'il s'agit d'une crise intérieure irrationnelle et destructrice où seul le secours des Ecritures saintes est efficace et permet de maîtriser la situation.

Expliquer la dépression

La seconde question à élucider, c'est de comprendre la nature de la dépression, car le fait même de savoir qu'on souffre d'une prédisposition naturelle à ce fléau provoque une réaction néfaste. On peut s'imaginer toutes sortes de choses, en passant d'une profonde angoisse à la peur de devenir à moitié fou. Il est clair que nous ne pouvons pas tout expliquer et que bien des phénomènes nous échappent, comme ils échappent au corps médical... mais il nous faut admettre que la dépression est une affliction que le Seigneur permet, dans sa sagesse, dans la vie de plusieurs de ses enfants. Il connaît tout à notre sujet; bien que tout-puissant et plein d'amour, il ne nous évite pas toutes les épreuves. En outre, la dépression est souvent la contrepartie de certains dons ou d'une sensibilité affûtée. Une bonne proportion de gens doués d'aptitudes exceptionnelles pour la poésie ou la musique, les arts en général, manifestent cette tendance. Il semble qu'une sorte d'étiquette négative soit attachée aux traits les plus positifs de nos dons personnels.

Les gens énergiques et entreprenants paient souvent le prix de cet avantage par une frustration continuelle au vu de leurs performances, alors que les gens studieux, prudents et rangés souffrent d'un manque d'en-train tel qu'ils sont obligés de pédaler deux fois plus vite que les autres pour arriver à faire face aux exigences de la vie! Ces considérations sont des généralités mais elles illustrent le fait qu'à chaque mouvement de force correspond un mouvement de faiblesse et le penchant à l'humeur chagrine, dans beaucoup de cas, est la contre-partie de quelque don. C'est presque comme si nos compétences les plus remarquables étaient trop fragiles pour ce monde de péché.

La disposition à la souffrance morale ne doit par conséquent pas être regardée uniquement comme un handicap et encore moins comme le symptôme d'une infirmité mentale. Il est essentiel d'expliquer tout cela aux personnes atteintes et de leur souligner avec compassion et franchise que leurs souffrances intérieures ne vont pas disparaître d'un jour à l'autre, et que leur prédisposition les accompagnera longtemps encore. La dépression doit suivre son cours. S'il est possible de calmer la crise de découragement par quelque diversion afin d'atténuer le paroxysme, rien ou presque ne peut anesthésier la détresse fondamentale de la dépression. Les remèdes soulagent la souffrance un moment, mais les inconvénients sont bien trop nombreux pour en justifier l'emploi continu, j'en parlerai plus tard.

Les gens qui souffrent d'une plaie morale profonde ne doivent pas s'attendre à un grand soulagement à la suite d'une entrevue avec le pasteur ou le confident. Ces derniers doivent disposer de temps pour chercher à comprendre leur langueur, à la contenir de sorte qu'elle ne dégénère pas, à en limiter la durée, et si possible, à en arriver à bout, de sorte que les composantes les plus nocives et les plus destructrices soient neutralisées. Ainsi nous pouvons communiquer l'espérance et la confiance, chez les plus jeunes surtout, en leur faisant comprendre que leur vulnérabilité va disparaître au bout de quelques années. Si bien des adolescents ont connu ces crises de désarroi entre 15 et 25 ans, ils les ont vues s'espacer puis complètement cesser. Il est très encourageant de savoir que ceux qui ont connu les pires tempêtes naviguent en eaux calmes aujourd'hui. Mais je ne cache pas que plusieurs auront à combattre avec opiniâtreté tout retour de manivelle jusqu'à ce que les passages scabreux s'éloignent. Il y aurait beaucoup à dire sur le contrôle des pensées qui nous rongent. Plus nous localisons le point faible, plus nous sommes en mesure de combler le vide intérieur et de combattre la torpeur.

Relativiser la dépression

Il est utile de signaler aux dépressifs que leur condition n'a rien d'exceptionnel et que leur maladie atteint des chrétiens consacrés aussi bien que des personnes notoires de ce monde. Un grand nombre de serviteurs de Dieu ont connu ce déferlement de souffrances et parmi eux on trouve des hommes éminents comme Luther, Calvin, Richard Baxter, Whitefield et Spurgeon pour ne nommer que ceux-là. Plusieurs compositeurs de cantiques ont aussi leur place parmi les mélancoliques, dont deux hommes sévèrement touchés, William Cowper et James Montgomery. De nombreux poètes chrétiens ont présenté cette même tendance à la tristesse.

Par contre, et c'est très encourageant de le savoir, les Réformateurs et les instruments du réveil qui ont souffert de dépression étaient parfaitement conscients de la puissance de Dieu en dépit de leurs afflictions émotionnelles. Il y a donc moyen de contenir et maîtriser la dépression et d'affirmer que rien n'empêche Dieu de bénir et de faire éclater sa gloire au moment voulu.

C.H. Spurgeon a laissé plusieurs descriptions de moments d'anxiété et d'émotion soudains et violents qui le paralysaient, particulièrement à l'âge de 45 ans. Il eut fréquemment à combattre des crises de découragement, spécialement le dimanche soir. Alors sa femme, Mrs Susannah Spurgeon, lui lisait des poésies, ou quelques pages du livre de Bayter «Le pasteur réformé»; elle percevait la peine de son mari, le fortifiait, l'encourageait et compatissait jusqu'à ce que la paix soit revenue. Quelquefois le grand prédicateur était en proie à un accablement tel qu'il se rendait dans un chalet loué dans les «South Downs» avec son ami et confident William Upton afin de surmonter les pires moments. Pouvons-nous en déduire que l'Esprit de Dieu abandonnait Spurgeon et le privait de capacité spirituelle? Bien sûr que non, car les eaux profondes de la mélancolie n'indiquent pas nécessairement une vie de péché ou un abandon du Seigneur. Les dépressifs sont souvent rassurés lorsqu'ils découvrent que l'abattement a été le lot de plusieurs hommes de Dieu.

Passer à travers la dépression

Dans notre lutte contre la dépression, nous établissons une ligne de conduite au sujet des médicaments que les croyants souffrants vont devoir absorber. Nous les encourageons à venir à bout de leur crise sans le recours systématique à la chimie. Bien entendu, je ne suis pas contre les médicaments lorsqu'il s'agit de cas graves, de souffrances intolérables, de pensées suicidaires ou de chute dans l'irrationnel, mais la grande majorité des déprimés ne vont pas jusque-là et peuvent affronter cette étape difficile sans le support des remèdes. En vérité, il est largement reconnu parmi les pasteurs, et les médecins aussi, que l'usage abusif et précoce des antidépresseurs place les patients sur la pente glissante de la dépendance quasi permanente des drogues. Les médicaments détruisent et affaiblissent inévitablement la capacité individuelle à composer avec la dépression. Dans la plupart des cas, l'esprit et l'émotions ressemblent à un membre sévèrement endolori , rudement meurtri,mais pas complètement brisé, et la médication joue le rôle de plâtre sur ce membre au point de l'insensibiliser; lorsqu'il émerge quelques semaines plus tard, ses muscles sont affaiblis, diminués et plus incapables que jamais de résister, de gagner la bataille. La «béquille» antidépressive utilisée trop vite provoque des résultats spectaculaires au début, c'est vrai, mais le prix en est trop élevé. Non seulement les drogues amoindrissent la capacité de lutte, mais elles changent et dégradent tragiquement la personnalité. Une personne aux idées précises devient vague et terne, une autre intelligente et énergique ne se concentre plus et s'épuise en permanence, enfin quelqu'un de vif et entreprenant se déconsidère sans cesse par des promesses non tenues.

L'auteur souligne que beaucoup de dépressifs sont parvenus à un état d'indécision tel après quelques années de traitement, qu'il ne leur est plus possible de réagir et de combattre leur épuisement moral. Il faut savoir qu'un psychiatre qui déclenche un peu trop vite la spirale abominable des tranquillisants d'abord, puis des puissants antidépresseurs, oblige les pasteurs à remonter des sujets qui ignorent que les remèdes sont parfois pires que le mal! Il y a 30 ans environ, j'ai rencontré un jeune homme hospitalisé depuis des mois, à tel point ébranlé par une série d'électrochocs qu'il en était venu à l'idée du suicide. A la suite de cette expérience, il n'était plus que l'ombre de lui-même, assailli de craintes et complètement dépendant des drogues. Ceux qui l'ont connu avant sont persuadés qu'il a été détruit par les traitements psychiatriques. Heureusement pour la société, beaucoup de psychiatres réagissent contre ces traitements, mais il reste encore, hélas, quelques praticiens ultra-rationalistes. Les pasteurs se doivent de faire barrage à l'assistance chimique facile et abusive.

Affronter sa dépression

Le grand avantage de la victoire non-chimique sur la dépression consiste dans la part active que la personne prend dans sa guérison: elle observe sa remontée. La diminution de la souffrance et l'espacement des crises qui ne se réduisent bientôt plus qu'à des malaises exceptionnels encouragent et motivent sérieusement. Le principe biblique de 1 Cor 10,13: Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter, s'applique particulièrement au croyant qui porte en lui le penchant à l'amour de soi, aux doutes, aux ressentiments et aux assauts de toutes sortes. Il ne faut rien de moins que toutes les promesses de Dieu pour sortir du mal-être qui sape la vie intérieure. Des textes vitaux seront mentionnés et il est primordial d'offrir un solide fondement biblique pour chasser les pensées folles. Grâce à une telle approche, l'emprise émotionnelle va se déserrer et pourra être maîtrisée, ainsi que tout le cortège des pensées négatives. La possibilité de baser ses progrès sur les promesses de la Parole de Dieu encourage vivement les dépressifs, même s'ils ne goûtent pas immédiatement une entière délivrance; une telle démarche est difficilement envisageable chez des sujets abrutis par les médicaments et sans réactions depuis plusieurs années.

Définir le rapport avec la dépression

On épaissit l'angoisse en voulant établir à tout prix la cause d'une dépression. Malgré les respectables exceptions que je nommerai plus loin, les prétextes au désespoir n'ont pas une signification très profonde. Je m'explique: une difficulté rencontrée dans le traitement de la dépression réside dans le fait que chacun semble avoir assimilé une manière freudienne de voir les choses et s'imagine qu'elle aidera à surmonter la maladie. Est-ce un traumatisme de l'enfance? Un choc? Un rejet? Est-ce un péché inavoué, retenu, oublié? Qui ne serait tenté de disséquer son passé pour mettre en lumière «la» cause secrète de son tourment? Il n'est en tout cas pas surprenant que des patients à l'imagination fertile, supposant qu'ils ont enfin découvert l'origine de ce qui les tenaille, avec l'aide d'un guérisseur charismatique vaniteux, ressentent un soulagement immédiat. Malheureusement, l'amélioration ne sera ni profonde ni durable.

En vérité, et nous l'avons déjà observé précédemment, celui qui est affecté par le syndrome de la dépression a accumulé déception, fatigue, ressentiments, désunion avec autrui et dégoût de soi au point de craquer un jour, sans raison clairement apparente. Il nous incombe donc d'instruire celui que nous voulons aider et de le convaincre que la «cause» de sa dépression n'est pas l'élément déterminant d'une solution. Il ne faut jamais perdre de vue que la thérapie biblique a pour objectif d'apprendre à sortir de la dépression et non de perdre du temps à chercher ce qui la provoque. Pour la plupart des gens, la dépression ressemble à un rapace qui plane en rond dans le ciel pour fondre brutalement sur sa proie, qui s'écroule sous un poids jusque là ignoré.

Bien des malades décèlent, à l'origine de leur état un péché ignoble, qui les discrédite et les place sous le jugement de Dieu. Ces pensées sont renforcées par le freudisme latent de la société; il doit y avoir une bonne raison, et s'il y en a une, c'est le jugement de Dieu... Dans de tels cas, une liste interminable de vieux péchés se fait jour. Nous avons pour tâche de répéter inlassablement que Dieu est fidèle et juste pour pardonner tous nos péchés (cf l Jean 1.9) et souligner que la souffrance actuelle n'a rien à voir avec le passé.

Traquer la dépression

Au point où nous sommes parvenus, je veux citer quelques pièges qui peuvent nous entraîner dans l'uni vers de la dépression.
- Le premier de ces pièges est un état de révolte permanent contre le Seigneur, une désobéissance volontaire et persistante à sa loi; Un croyant obstiné dans son opposition va tôt ou tard au-devant de l'abattement ( cf Héb 12.5) et s'il s'entête sur une voie de non-sanctification, s'il refuse de faire mourir ce qui est terrestre (Col 3.5), il est un candidat à l'angoisse et aux tourments. Comment faire la différence entre l'affolement d'une conscience qui perd le nord et un dérèglement délibéré? Voici la réponse: si après un sincère repentir et une consécration entière au Seigneur l'abattement demeure, il faut en déduire que cet état n'est pas d'ordre spirituel.
- Un autre piège est celui de l'énervement et de la colère. Attention, nous n'avons pas ici l'explication complète de la dépression comme plusieurs aimeraient l'entendre; ces sentiments ne sont jamais la seule cause! La colère et l'amertume se donnent la main (cf Eph 4.31) et nombreux sont les jeunes gens déprimés par des ressentiments. Qui n'a jamais été désavantagé? Qui ne connaît pas la déception suscitée par la façon dont les autres estiment notre travail? L'incompréhension et la frustration sont certainement les composantes de la dépression chez les adolescents. L'amertume conduit à la haine de l'autre et à l'amour de soi, elle met les nerfs à vif et conduit à un comportement tel que les meilleurs amis en sont surpris. La forme de dépression engendrée par l'agacement et la contrariété n'aboutit qu'à l'égoïsme et il est vital de savoir que le ferment de haine sape les capacités morales. Le travail pastoral s'exerce alors par la mention et l'application quotidienne de textes bibliques appropriés.
- On peut aussi mentionner le piège du blocage secret causé par la rupture d'une promesse faite à Dieu. Il convient au spécialiste en relation d'aide de découvrir dans quelles circonstances la promesse a été faite et d'amener la personne à comprendre que Dieu ne demandait pas un tel engagement. On aidera ensuite la personne à se dégager du poids de cette promesse, spécialement dans le domaine intime et privé du célibat. Le désengagement d'une promesse à ce sujet conduit un hypersensible à des conflits et il se sent dévalorisé.
- Enfin, il faut encore déjouer le piège de l'autodépréciation, qui menace des gens enclins à manipuler un entourage réceptif. Ce type de dépression commence par la frustration, l'amour de soi poussé à l'extrême. A l'origine, le sujet est contrarié parce que les choses ne se déroulent pas comme il le souhaiterait. Il découvre alors que sa condition de malade psychique lui assure une plus grande attention de la part des autres. La maladie devient un instrument de chantage pour en exiger davantage. Si, en tant que pasteur, ou aide, vous percevez que quelqu'un essaye de vous amener à faire ce qu'il veut en jouant de sa prétendue dépression, il vous appartient d'être très ferme et de lui montrer que ses manoeuvres et ses intrigues sont purement charnelles, et qu'elles caractérisent même une tendance à la convoitise antérieure à la conversion. La cause directe de l'autodépréciation est l'entretien volontaire de griefs, de problèmes personnels liés à l'amour de soi. Lorsque nous sommes sûrs que nous sommes en face de ce type de de dépression, nous devons citer les passages de l'Ecriture qui aident à prendre conscience du problème et conduisent à la guérison.

P.M.

Dans le prochain numéro de Promesses, pour la troisième et dernière partie, le pasteur Peter Masters encouragera les dépressifs à exercer leur foi malgré l'épreuve.

Lien : http://www.promesses.org/arts/107p3-10f.html

Voir les commentaires

Marcher dans la lumière

11 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Marcher dans la lumière

Marcher dans la lumière

Henri Lüscher

Quelle splendeur de contempler un lever de soleil. La nuit s'estompe, l'aurore se lève et voit poindre le soleil à l'horizon. Quel contraste entre la lumière, source de vie, de joie, et la nuit, les ténèbres qui engendrent l'angoisse et l'insécurité.

Nous vivons dans une société en profonde crise culturelle. Toutes les valeurs de la foi chrétienne, points d'ancrage de notre vieille Europe, ont été rejetées, et le bateau est en train de faire naufrage. Sauve qui peut, chacun essaie de s'accrocher à sa propre bouée de sauvetage qu'il s'est forgée lui-même. Mais cela ne nous étonne pas, car c'est le retour de manivelle pour nos pays qui ont tourné le dos au Créateur .

En ces jours de fête, il est bon de nous arrêter sur le plus grand événement de l'histoire: la venue de Jésus-Christ, Fils de Dieu, sur la terre pour apporter le salut.Lumière du monde (Jean 8.12), il est venu briller dans les ténèbres, mais, elles ne l'ont pas accueilli (Jean 1.4-5). Dieu est lumière, et il n'y a pas en lui de ténèbres (1 Jean 1.5). Cette lumière brille d'une clarté absolue.

Déjà le premier jour de la création Dieu dit que la lumière soit, et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres (Gen 1.3-4). Tout au long de l'histoire de la rédemption la lumière s'est séparée des ténèbres. Hélas, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises (Jean 3.19). Aujourd'hui, la nuit est avancée, mais le jour approche (Rom 13.12). Ne sommes-nous pas arrivés à la fin des temps?

Jésus, lumière du monde est venu pour éclairer tout homme (Jean 1.9). Mais les hommes ont préféré une lumière utopique provenant de Satan déguisé en ange de lumière (2 Cor 11.14). Le dieu de ce monde les a complètement aveuglés de sorte qu'ils ne voient pas briller la splendeur de l'Evangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu (2 Cor 4.3-6).

Pour ses enfants, Dieu a fait briller Jésus-Christ dans leurs coeurs (2 Cor 4.6). Ainsi, nous sommes appelés à être la lumière du monde. C'est une mission à responsabilité, mais combien passionnante dont l'Eglise a été mandatée. Notre lumière doit briller devant les hommes, afin qu'ils voient nos oeuvres bonnes et qu'ils glorifient Dieu qui est dans les cieux (Mat 5.14). L'esprit ambiant du monde moderne guette l'Eglise: l'égoïsme, le pessimisme, le fatalisme et la permissivité. Si nous ne sommes pas constamment «branchés» à la source de la lumière, nous succombons aux ténèbres. Seule auprès de Dieu en Christ se trouve la source de la vie, et en sa lumière nous voyons la lumière (Ps 36.10). La Bible restera notre seule norme de vie et de foi, car la révélation de ses paroles éclaire, elle donne l'intelligence aux simples (Ps 119.130) et cette parole est un lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier(Ps 119.105).

Le texte dans 1 Jean 1.5-7 nous invite à revoir notre marche avec Dieu et avec nos frères: Dieu est lumière, et il n'y a pas en lui de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.

1. Dieu est lumière. Il est transparence absolue. Le mal et le péché ne peuvent subsister devant la clarté de sa lumière. Il n'y a point de ténèbres en lui, tandis que le monde entier est sous la puissance du malin (1 Jean 5.19).

2. Si nous confessons Jésus-Christ comme notre Sauveur et Seigneur, nous devons renoncer aux ténèbres comme enfants de la lumière et pratiquer la vérité.

3. Cela se manifeste par une marche dans la lumière, la transparence face à Dieu, aux membres du corps de Christ et à mon prochain. L'Eglise perd la puissance de son témoignage, si elle ne cultive pas l'amour fraternel. L'apôtre Paul parle d'un fléau que l'on rencontre malheureusement si souvent dans nos communautés: l'animosité, la colère, la clameur, la calomnie, et toute espèce de méchanceté (Eph 4.30-32). J'ai rencontré des chrétiens et des églises complètement détruits par ce mal pire que la persécution. Animé d'une attitude charnelle d'insoumission à la Parole en refusant d'aimer son frère, on se fait l'allié du prince des ténèbres, grand ennemi et diviseur de l'Eglise. S'il est vrai qu'elle doit veiller sur la saine doctrine de la pureté morale, il n'en demeure pas moins que le «tourisme religieux» est devenu une mode qui déplaît au Seigneur. Pour tout ou rien on critique son frère, son église en les abandonnant tout simplement sans raison biblique valable. Cette attitude d'insoumissibn à la Parole est celle du vieil homme resurgi; elle témoigne d'un orgueil non brisé.

Le témoignage d'un frère, d'une église se mesure par l'amour fraternel: A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres (Jean 13.35). Une telle attitude manifeste notre marche dans la lumière, ce qui fait la force de l'église. Et dans la mesure où une église vit dans la lumière, elle manifeste l'amour fraternel. Dans une vie moderne sans âme, angoissée, désorientée, l'amour fraternel, la chaleur en Christ, sont déterminants dans notre témoignage face au monde qui veut voir le Christ concrètement à travers nous.

4. Marcher dans la lumière a donc comme conséquence l'amour des frères et nous incite constamment à confesser nos péchés au Seigneur qui nous purifie par son sang précieux. Cette marche nous rend pleins de foi et de hardiesse et nous garde dans l'humilité.

Lien : http://www.promesses.org/arts/107p1-3f.html

Voir les commentaires

L'OCCULTISME (2)

9 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L'OCCULTISME (2)

Occultisme (2)

Nous écrivions dans le numéro précédent de Promesses (page 162) que l'Ennemi de Dieu et de l'homme possède la faculté, comme arme la plus simple et la plus courante, de suggérer une pensée, une idée, une action. Il a la puissance d'atteindre l'incroyant aussi bien que le chrétien. En géné­ral, il exige de ce dernier une obéissance rapide, avant que l'intéressé n'ait réalisé l'origine maléfique de la suggestion.

C'est pourquoi le chrétien doit apporter à Dieu, dans la prière, toutes pen­sées (pensées subites, éclairs de lucidité, révélations, visions de tout genre) et les lui soumettre avant de parler, d'agir, de se lancer en avant, etc.

Nous plaçons cette étude sous le titre général de « Occultisme ». Toutefois, il ne s'agit pas en ce cas de recherche des forces occultes par l'homme. Là, au contraire, ces forces, opposées à Dieu, cherchent a dominer la créa­ture et tout spécialement le chrétien. La tentation dans le désert (Mat. 4) nous dépeint, en particulier, l'effort fait par le Diable en personne pour engager le Fils de Dieu à accepter un chemin raccourci pour atteindre rapidement à la domination de « tous les royaumes du monde ».

Les trois réponses de Jésus nous montrent le chemin à suivre.

L'Esprit de mensonge

I Rois 22

« Je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous les prophètes »

Dieu règne. Il n'abandonne à personne sa souveraineté. Malgré cette attitude de la part du Créateur, l'être humain peut trafiquer, déployer sa puissance et participer au déroulement de la vie selon son bon plaisir. Il peut imprimer à son siècle, à son temps, son influence per­sonnelle; il ne passe pas sans avoir laissé son empreinte. Plus Dieu lui a confié de forces intellectuelles et de volonté, plus grandes sont sa valeur et son efficacité propre (en bien ou en mal).

Les faits que nous découvre l'Ancien Testament nous renseignent ; les oeuvres de Dieu et le travail de l'homme sont présents à nos yeux. Il ne s'agit pas de l'histoire du monde entier, mais des événements qui ont marqué la vie du peuple d'Israël, sa marche et ainsi sa pré­sence dans le monde. Toutefois, ces récits sont valables pour com­prendre et estimer l'histoire d'autres peuples.

C'est ainsi que dans la Bible, la description des hauts et des bas de la vie des tribus ou des peuples présente un développement unifor­me il n'y a pas de déroulement qui, partant de la base, de la terre, monte vers Dieu il n'y a pas de marche qui, du mal, se dirige vers le bien. Au contraire, il s'agit constamment d'une chute en sens inverse, d'un départ ayant pour base la connaissance de Dieu et d'une arrivée sans Dieu, après avoir abandonné Dieu.

Cela explique la manière de faire, les décisions, les actes de Dieu. Partant d'un niveau donné, il est toujours à nouveau obligé de recom­mencer:

expulsion du jardin d'Eden,
déluge,
confusion des langues et dispersion des peuples loin de Babel,
choix d'une famille, à l'exclusion des autres (Abram),
destruction des villes de Sodome et de Gomorrhe.

L'histoire des peuples nous apprend que le cours de leur vie s'est toujours déroulé dans ce sens. Les livres des Rois et des Chroniques nous en donnent une image qui fait peur: guerres, révoltes, dévasta­tions, destructions, maladies, mort. Dans son infidélité toujours renou­velée, Israël n'a-t-il pas épuisé toute la patience de Dieu ? (voir aussi Juges 2 : 8 et suivants).

Ainsi en était-il du temps d'Achab, roi d'Israël. Il faisait le mal, du mal, plus que tous les rois qui avaient régné avant lui. Toutefois, il ne se­rait pas juste de penser que le mal n'habitait que la maison du roi. D'une manière générale, il était comme son peuple et le peuple com­me le roi. On dit qu'un peuple a le gouvernement qu'il mérite Cepen­dant, le jugement de Dieu n'atteint pas, à chaque occasion, tous les innocents ainsi que tous les méchants. Dans chaque génération, il se trouve des hommes qui voient le mal et savent l'éviter et le juger.

Souvent, les croyants partagent avec leur nation les conséquences des crimes et des débordements de la majorité du peuple. Quant à Achab, la coupe était pleine aux yeux de l'Eternel, et son éloignement avait été décidé en Haut-lieu.

A l'appel d'Achab et de Josaphat, roi de Juda, Michée le prophète s'é­tait présenté. Il fut le moyen, le moyen ultime, pour amener Achab à obéir à 'Eternel ! « Que chacun retourne en paix dans sa maison », avait-il conseillé aux deux rois et au peuple. C'est-à-dire, « Ne fais pas la guerre ». Mais Achab était fermement décidé son coeur était fer­mé il ne pouvait plus s'incliner devant la Parole de l'Eternel. Il or­donna que Michée fût considéré comme prisonnier jusqu'à l'heure du retour d'une guerre victorieuse !

Dieu chercha alors un messager. Il le trouva dans la personne d'un esprit « trompeur », qui s'engagea à séduire le roi Achab et à être un « esprit de mensonge » dans la bouche de tous ses prophètes (v. 21).

Pourquoi Dieu n'a-t-il pas depuis longtemps chassé de son ciel ces esprits mauvais, ces puissances de tromperie, ces princes des ténèbres ? Et non seulement du ciel, mais aussi de notre terre et de notre atmosphère ? Pourquoi Satan peut-il encore prendre place parmi les fils de Dieu, pour­quoi peut-il élever la voix dans la présence du Tout-puissant et présenter ses propositions ? (voir Job 6-2 et 2 1-6). Oui, pourquoi ?

Est-ce que l'Ennemi de Dieu possède des droits dont nous n'avons pas connaissance ? Est-ce que, un jour, ils lui auraient été reconnus en toute légitimité ? L'homme ne se serait-il pas placé sous la domination de ce potentat, sous sa dépendance, le jour où il a écouté ses suggestions ? Où a-t-il cédé à ce diffamateur ?

Lors de la tentation dans le désert, le Fils de Dieu n'a pas contesté une affirmation de Satan, celle que tous les royaumes de la terre lui avaient été confiés, remis. En cette heure sérieuse et décisive, Jésus-Christ, nous semble-t-il, a reconnu les droits de Satan (voir Luc 4 : 5, 6).

Pourquoi, même après la mort et la résurrection victorieuse du Christ, les princes de la méchanceté, les puissances du mal, les dominateurs des ténèbres se maintiennent-ils encore dans les réglons célestes ? (Eph. 6 : 12). Et pourquoi Satan doit-il être, à un moment déterminé et encore à venir, chassé du ciel ?

Il peut paraître que Dieu accorde à son adversaire des occasions re­nouvelées de faire montre de sa puissance. Dieu est miséricordieux, il attend, il patiente, il prolonge ses délais avant de passer au jugement. Toutefois, un jour, Dieu prendra la décision finale et agira en consé­quence. L'oeuvre du Fils de Dieu a déjà été révélée : Il est mort afin que « soient détruites les oeuvres du Diable » (I Jean 3 : 8). La Bible rend témoignage au fait que la condamnation du « prince de ce mon­de » est considérée comme déjà accomplie (Jn 16: 11) et que Christ, par sa victoire sur la mort, a anéanti celui qui a la « puissance de l'em­pire de la mort » (Héb. 2 :14).

C'est ainsi que nous apprenons certaines règles de la sagesse infinie de Dieu. Certes, Il règne. Mais, dans une mesure donnée, Satan pos­sède encore quelque autorité et quelque puissance. Dieu est le Souve­rain. Il laisse une marge de liberté à Satan qui peut encore élaborer certains plans et engendrer le mal.

En ce qui concerne Job, Dieu a utilisé les services de Satan pour atteindre son but. Il a fait de même pour Achab en acceptant l'offre d'un esprit mauvais. Il n'est pas écrit que cet esprit se soit rendu maî­tre d'Achab, qu'il l'ait séduit. Non, il s'est adressé aux prophètes du roi et s'est chargé d'obscurcir leur vision spirituelle. Ces prophètes se virent obligés, par l'action de l'esprit du mensonge, de donner l'impres­sion au roi que la bénédiction divine était sur lui. Ce qui s'est passé montre bien qu'Achab désirait avoir l'air d'être en ordre avec l'Eternel. C'était un calcul pour s'assurer de l'aide du roi Josaphat. Par la bouche de ses quatre cents prophètes, Achab fit demander à Dieu la bénédic­tion d'En-haut et, de cette façon, faire miroiter aux yeux de tous une piété feinte, enrobant sa perversité d'un manteau de respectabilité.

Mais par quel moyen l'esprit de mensonge s'est-il rendu maître des quatre cents prophètes ? Pouvait-il sans autre dominer ces hommes ? Sûrement pas ! Etaient-ils donc sans force ou sans réaction face à ses suggestions ? La conduite du prophète Sédecias montre l'état spirituel des prophètes. De son propre chef, il avait confectionné des cornes de fer, afin de démontrer à son roi combien il serait facile de détruire l'ar­mée syrienne. Mais surtout, il voulait prouver l'authenticité de son message et des prédictions de l'ensemble de ses compagnons. Quant à lui-même, il désirait exhiber un zèle tout particulier pour son roi...

Toutefois, la suite le prouve, Sédécias n'avait reçu aucune révélation de la part de Dieu. Lorsque, selon l'ordre de l'Eternel, le prophète Mi­chée leva le voile afin de mettre à découvert les machinations de l'es­prit de mensonge, c'est Sédécias qui dans son orgueil plein de préten­tion se moqua de l'envoyé de l'Eternel et le frappa !

Est-il surprenant que Michée ait été l'objet de sévices à la suite de l'in­fluence de l'esprit trompeur?
Orgueil et esprit de domination sont les signes de l'homme qui marche sans se soumettre à Dieu. Ces sentiments l'empêchent de se rendre compte que Dieu parle...

La conduite de Michée était bien différente. Bien qu'assuré d'avoir reçu un message de la part de Dieu, il parla avec beaucoup de modes­tie. Alors qu'Achab le menaçait de pain sec et de prison jusqu'au mo­ment de son retour victorieux, Michée répondit humblement qu'il serait ainsi prouvé, en cas de victoire des armées d'Achab, que l'Eter­nel n'aurait pas parlé par lui.

Et maintenant, l'esprit du mensonge a fait son oeuvre. Achab est mort sur le champ de bataille et ne revient pas ! Personne n'a cru au mes­sage apporté par Michée, même pas Josaphat, le pieux roi de Juda ! Comment se fait-il que Josaphat n'ait pas saisi l'avertissement divin ? Josaphat était, on peut le dire, sur un mauvais chemin. Il n'aurait pas dû descendre à Samarie et se lier à Achab dont il connaissait l'impiété. Car, sur les chemins détournés comme au jour de l'orgueil et de la suffisance, nul ne peut entendre la voix de l'Eternel.

Dieu avait condamné Achab. C'était chose décidée. Mais pourquoi Dieu faisait-il connaître une fois de plus sa décision par la bouche de Michée juste avant le départ d'Achab pour son expédition guerrière ?

Dieu savait, par avance, que son avertissement n'aurait aucun effet. Et alors ? Pour nous, il nous semble voir là une preuve ultime de la grâce, de l'amour de Dieu. Jusqu'à la dernière minute, Dieu se fait con­naître, faisant savoir que son salut est gratuit, que sa Parole est vraie, que sa miséricorde voudrait atteindre tous les hommes.

Ainsi, à l'heure de la mort, et plus tard au tribunal de Christ, l'homme qui n'a pas voulu céder devra encore reconnaître que Dieu lui parlait.

Lien : http://www.promesses.org/arts/36p184-188f.html

Voir les commentaires

L'OCCULTISME

8 Septembre 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

L'OCCULTISME

Occultisme

L'occultisme pourrait être défini comme il suit: « Ensemble de doctrines et de pratiques secrètes visant à faire intervenir des forces cachées, mystérieuses et connues (pour une part tout au moins) de quelques initiés ».

La Bible affirme que toute recherche d'aide, de force ou de secours ailleurs qu'en Dieu seul est de l'occultisme. « Il ne devra se trouver chez toi ni devin, ni astrologue, ni enchanteur, ni magicien, ni personne qui emploie des charmes, qui consulte les évocateurs et les devins, ou qui interroge les morts; car l'Eternel a horreur de quiconque recourt à de telles pratiques » (Deut. 18: 10-12). Par le premier de ses commandements (« Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face »), Dieu ordonne à son peuple de n'adorer que Lui seul, et de ne chercher aucune autre source de vie et de bonheur. Dieu est très sévère pour ce genre de péchés et demande la mort du sorcier en Exode 22: 18. Il en est de même pour ceux qui évoquent les esprits (mauvais) et s'adonnent à la divination (Lév. 20 : 27). Il est à noter que c'est à cause de ces pratiques, abominables aux yeux de l'Eternel, que Celui-ci a chassé les peuples qui habitaient Canaan, pour donner ensuite ce pays à Israël.

Dieu, par la bouche du prophète Esaïe (47: 13), s'adresse à ceux qui interrogent les cieux en observant les étoiles: « Qu'ils paraissent donc et qu'ils te sauvent, ceux qui interrogent les cieux, qui observent les étoiles et qui, aux nouvelles lunes, prédisent ce qui doit arriver! » Dieu se moque d'eux !

Nous savons (Genèse ch. 11) comment ces pratiques ont commencé. La tour de Babel était une construction élevée au-dessus de la plaine de Mésopotamie, une « ziggourat », sur laquelle devait se trouver un zodiaque, représentation figurée des signes du ciel. C'était le précurseur de l'horoscope moderne que l'on trouve dans presque tous les journaux de notre époque dite éclairée! Il est pour nous bien compréhensible que Dieu descendît du Ciel pour considérer et confondre ce premier essai visant à tromper l'homme en prétendant satisfaire sa curiosité: il cherche à sonder l'avenir, qui n'appartient qu'à Dieu, en se liant à des forces mystérieuses et magiques.

La Bible nous enseigne qu'il existe deux sources ce puissance et de doctrine: Dieu et Satan. Le chrétien, homme libéré de la tutelle de Satan, se doit de ne chercher sa voie que par le Saint-Esprit, par la Bible, Parole de Dieu et par la prière. Celle-là doit toujours être présentée à Dieu uniquement au NOM de Jésus-Christ. Le NOM, selon la Bible, reflète TOUT ce qu'est une personne, ce qu'elle fait, ce qu'elle représente; ainsi, tout ce que nous demandons à Dieu doit être en harmonie avec Sa Parole, et avec la personne et le caractère de Jésus (I Jean 5: 14).

Si nous passons au Nouveau Testament, nous retrouvons les mêmes enseignements. Dans Galates 5 : 20, l'idolâtrie et la sorcellerie sont mentionnées parmi les oeuvres de la « chair ». Dans Apoc. 9 : 21, nous lisons les avertissements adressés aux humains d'un jour à venir: les péchés dont ils ne voudront pas se repentir: ce sont les meurtres, les maléfices, les impuretés et les rapines. Le mot grec pour maléfice (magie) est « pharmakeia », qui veut dire « enchantements par les drogues ». Or, c'est bien l'usage des drogues qui « enchante » la jeunesse de notre civilisation occidentale, qui l'emporte vers des « joies » trompeuses, qui lui permet de se moquer d'un pauvre christianisme qui serait débilitant! Car l'utilisation des produits hallucilogènes procure à ceux qui en usent des sensations qu'ils comparent à des expériences religieuses, les considérant même comme très supérieures! Mais tout cela tourne rapidement à la tragédie et des milliers d'épaves humaines et de vies brisées par les drogues en témoignent éloquemment! Lors d'une rencontre de médecins suisses pour l'étude des stupéfiants et autres drogues, un membre a affirmé « avoir relevé de très nettes aspirations religieuses chez les sujets qui lui avaient été soumis ».

Drogues diverses, jeux à base de formules occultes, rites magiques sont présentés sous la forme d' « expériences religieuses ». L'apparition de ces tendances au cours de ce dernier siècle peut être significative. Ne serait-ce pas peut-être l'accomplissement de la prophétie de I Tim. 4: 1 ? « Or, l'Esprit dit expressément que, dans les temps à venir, quelques-uns se détourneront de la foi pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons ».

Cependant, le Seigneur nous recommande d'avoir confiance en Lui et de nous préoccuper essentiellement du moment qui passe, de la journée que nous vivons. « Ne vous mettez pas en souci pour le lendemain; car le lendemain aura soin de ce qui le concerne. A chaque jour suffit sa peine » (Matt. 6: 34).

Mais l'ennemi cherche à nous faire pécher et nous pousse à tenter de deviner l'avenir, car il connaît les dispositions du coeur humain et voudrait les satisfaire pour l'égarer. Or, « ce qui est caché appartient à l'Eternel, notre Dieu, mais la révélation (ce que nous enseigne la Bible) est pour nous et nos enfants, à jamais, afin que nous mettions en pratique (aujourd'hui) toutes les paroles de cette loi » (Deut. 29 : 29). Dans Jacq. 4: 13-15, nous avons une pensée semblable: « A vous qui dites: Nous irons aujourd'hui ou demain dans telle ville, nous y passerons une année, nous ferons des affaires et nous gagnerons de l'argent... vous qui ne savez pas ce que sera demain! En effet, qu'est-ce que votre vie ? Vous n'êtes qu'une vapeur qui paraît un instant et qui s'évanouit ensuite. Vous devriez dire, au contraire: Si le Seigneur le veut, nous serons en vie, et nous ferons telle ou telle chose ».

Si nous nous en tenons aux dernières paroles que Jésus a prononcées sur cette terre avant son enlèvement auprès du Père, nous apprenons quelles étaient ses ultimes recommandations: « Vous serez mes témoins ». « Allez par tout le monde et prêchez l'évangile à toute créature ». « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde ».

Mais quant à l'avenir, quant à l'éternité, voici ce qui est dit: « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand il en sera temps; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, parce qu'il a soin de vous! » (I Pierre 5 : 6, 7).

Quelques exemples pratiques montreront comment l'Ennemi s'y prend pour induire en erreur même des chrétiens fidèles et occupés à répandre l'Evangile. Cependant, vous remarquerez qu'il y a souvent, au départ, un faux pas, un oubli, un manque de connaissance ou d'obéissance inconscient qui permet au diable d'opérer et d'entrer en contact avec un chrétien. C'est ici la manière la plus simple qu'utilise Satan pour détourner les chrétiens du droit chemin, de leur travail, pour provoquer une dispute, etc. Il suggère une pensée, une idée, une action et le chrétien l'admet comme venant de Dieu, n'en vérifiant pas la provenance. Il s'agit parfois d'une action qui paraît excellente ou même biblique, et dans ce cas, il est très difficile d'en reconnaître rapidement l'origine. Voyez, dans Matt.4 : 5-7, la tentation de Jésus-Christ au dé- sert - le diable lui cite la Parole de Dieu: « car il est écrit: Il ordonnera à ses anges de veiller sur toi, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre quelque pierre ». Mais Jésus, averti, sait que répondre...

C'est ainsi que des chrétiens se sont aperçus avec terreur et épouvante que « quelqu'un » se trouve disposé à révéler des secrets, à faire connaître à l'avance ce qui va se passer. Et ce quelqu'un n'est pas notre Seigneur !

1. Une dame missionnaire demandait à Dieu de lui révéler la suite qui serait donnée à ses prières. Elle reçut plusieurs réponses, une partie d'entre elles se révélant exactes. Elle en conclut avoir reçu un don spécial (charisme) de la part de Dieu. Cependant, elle souffrit, par la suite, durant une certaine période, de difficultés diverses, d'oppression et de ténèbres. Lorsqu'elle parvint à comprendre l'origine maligne (du Malin) de ses révélations, elle se repentit, demanda à Dieu la délivrance, et elle l'obtint. Toutefois, ce ne fut qu'après deux ans de luttes qu'elle fut vraiment délivrée. Ce combat, pour retrouver la communion avec le Seigneur, fut ainsi infiniment plus long que les moments passés dans les mains du Trompeur.

C'est exact, Satan est heureux de rendre des services à ceux qui ont recours à lui. En revanche, il demande le prix fort pour ses faveurs ! Il sait rendre ses suggestions fort attractives, mais il tend son filet. Il domine ainsi l'âme humaine par ses enchantements.

2. Un journal chrétien pour garçons encourageait ses lecteurs à utiliser une baguette ou un pendule pour chercher des choses perdues, des sources d'eau, etc., et donnait des instructions pour confectionner un tel objet! Est-ce sans danger ?

Une missionnaire qui avait trouvé, par ce moyen, de l'eau dans un désert africain, tomba ensuite malade et dut être envoyée mourante à la maison. S'étant placée devant Dieu, elle apprit l'origine occulte de son « succès » ; elle confessa son péché et demanda à Dieu à être purifiée par le sang de Jésus-Christ. La maladie disparut promptement, les forces revinrent, et elle put reprendre son service en pleine santé.

3. Un missionnaire qui voulut un jour, à titre d'information, assister à une séance spirite, souffrit de cauchemars et d'insomnie pendant une douzaine d'années !

Comme nous l'avons dit plus haut, il s'agit là de la manière la plus simple dont se sert l'Adversaire: il suggère...

Les effets qui en résultent sont fort divers. Une constatation seulement parmi beaucoup d'autres: un chrétien peut passer par des périodes difficiles d'opposition et de révolte contre la Parole de Dieu; il peut perdre le contact avec Dieu dans la prière, et s'opposer parfois aux autres croyants.

4. A l'heure actuelle, l'ignorance de trop de croyants à ce sujet est alarmante. Une nombreuse jeunesse chrétienne s'amuse, expérimente, se complaît dans certaines activités occultes, souvent avec le consentement des parents et des enseignants. Au cours des deux dernières années, de nombreux rapports de groupes de jeunesse, rapports concernant des courses et des camps de vacances, font état de participation à des jeux occultes. On prétend que le danger est nul, si celui qui joue ne met pas sa foi en cause. Les effets ne seraient pas différents de ceux qui accompagnent les jeux habituels. Les faits prouvent le contraire.

Il a été constaté que la participation à des pratiques occultes est souvent à l'origine de dépressions, de maladies étranges, d'accidents, de folie, de suicides même. Le chrétien n'est pas immunisé contre les conséquences d'un contact avec des forces spirituelles mauvaises. Le Seigneur Jésus nous a donné une prière modèle, dans laquelle une courte phrase résume la défense que nous devons opposer à l'Ennemi de nos âmes: « Délivre-nous du Malin ». Elle est une nécessité de tous les jours - Seigneur, délivre tes enfants du Malin, ainsi que les enfants de tes enfants! « Nous devons, dit la Parole, nous purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit, et achever notre sanctification dans la crainte de Dieu » (II Cor. 7: 1).

Adaptation du « Prophetic Witness », janvier 1971, avec autorisation.

Lien : www.promesses.org

Voir les commentaires

C'EST A L'ŒUVRE QU'ON RECONNAIT L'OUVRIER

30 Août 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

C'EST A L'ŒUVRE QU'ON RECONNAIT L'OUVRIER

C'EST A L'ŒUVRE QU'ON RECONNAIT L'OUVRIER

A. E. Wilder Smith, Dr es Sc.

{à l'attention des étudiants et élèves des classes supérieures)

L'homme de science chrétien qui croit que la Bible est d'inspiration divine est mieux placé dans sa profession que son collègue non chrétien. Par ailleurs, sa position est rendue plus difficile, car la Croix reste et demeure un scandale, comme autrefois, dans les cercles les plus considérés de la science. Mais le chrétien possède un critère spécial qui lui permet d'apprécier à leur juste valeur les bonds en avant fabuleux réalisés par les théories scientifiques de notre époque.

Il y a quelques années, par exemple, le Dr F. Hoyle, astronome et mathématicien éminent de Cambridge, lança, en compagnie de quelques amis, une théorie dite de «l'état constant» concernant la création. Le Dr Hoyle suggérait la création continue d'hydrogène (la substance de base de l'univers) à partir de rien (ex nihilo), cela lui permettant d'expliquer l'a densité constante de notre univers en expansion. Il prétendait prouver par là que la création n'a pas eu lieu pendant une période de temps déterminée, mais qu'elle est continue, aujourd'hui comme hier et qu'elle continuera demain. Ainsi, d'après ce concept, la période de création, qui a vu la formation de l'univers, ne serait nullement limitée à un temps donné.

La Bible,

elle, est en opposition totale avec ce point de vue. Elle affirme clairement que la création du ciel et de la terre a eu lieu dans une période de temps strictement limitée. En ce qui nous concerne dans le cadre de cet article, nous ne chercherons pas à en définir la durée, mais nous contenterons de préciser que la période de création est catégoriquement limitée dans sa durée. Indépendamment de toute considération thermodynamique, la décision de l'homme de science chrétien est simple. Place-t-il sa confiance dans le Dr Huyle qui maintient que la période de création est infinie ou illimitée, ou croit-il à la révélation divine qui affirme que la durée de la création est restreinte à une période de temps dénommée «jours»? En l'occurrence, l'homme de science qui croit au récit biblique est mieux averti que l'homme qui méprise cette page divine. La suite le prouve: peu de temps après, le Dr Hoyle, sur la base de principes théoriques, se vit obligé de retirer son hypothèse. La Bible nous présente le récit de la création supérieur à toutes les hypothèses que l'homme puisse concevoir. L'exemple donné présente un choix relativement facile pour l'homme de science chrétien, entre une création d'une durée limitée et celle d'une durée illimitée. Cependant, il ya d'autres problèmes plus complexes auxquels la science contemporaine pourrait apporter des solutions, si toutefois ils étaient étudiés dans la perspective voulue.

«Volonté créatrice»

Parlons, par exemple, de ta conception d'une «volonté créatrice» à l'origine de toutes choses. M. Willtam Paley, dans son livre, intitulé «Natural Theology», publié en 1802, s'est appliqué à démontrer qu'une invention implique l'existence d'un inventeur, tout comme une oeuvre d'art postule un artiste, ou une horloge un horloger. Il montra comment les yeux d'un animal ou d'un poisson sont adaptés à l'angle de réfraction nécessaire pour le milieu dans lequel ils vivent. Peut-on trouver une conception plus simple de l'origine de la création? Il y a peu d'années encore, ce livre était utilisé pour certains examens universitaires, bien que son contenu et ses arguments fussent ridiculisés tant par les professeurs que par les élèves. Mais, depuis près d'un siècle, le «divin horloger» de Paley est «au chômage», car bien peu nombreux sont les hommes de science modernes qui acceptent les prémices de Paley. La notion que «l'oeuvre prouve l'auteur» est abandonnée, tout au moins en biologie. L'idée d'une intelligence à l'origine de la vie et de l'univers a été remplacée par la notion de chance, de hasard et de mutations occasionnelles (ce qui est l'antithèse d'une volonté créatrice), celles-là agissant par sélection naturelle, opérant pendant des millions d'années et produisant finalement notre création actuelle.

C'est à l'oeuvre que l'on reconnaît l'ouvrier

Cependant, cette création manifeste l'identité de son auteur. Qu'enseigne la Bible à ce sujet? L'Ancien Testament, à maintes reprises, parle des cieux qui déclarent, qui démontrent la gloire de Dieu. Le même point de vue est exposé tout au long du premier chapitre de l'épître aux Romains. «Ce que l'on peut connaître de Dieu est devenu évident (manifeste) pour les hommes. ..Ses perfections invisibles, sa puissance éternelle et sa divinité se voient comme à l'oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Aussi les hommes sont-ils inexcusables». Le point de vue de la Bible ne saurait être présenté d'une manière plus claire et plus explicite. Le monde visible, matériel qui nous environne, nous aide à discerner clairement Celui qui en est l'auteur, le Créateur.

Appelé à discerner...

Dans ce chapitre premier de l'épître aux Romains, l'apôtre Paul s'étend longuement pour exposer la position sans équivoque du Saint-Esprit, soulignant l'importance pour le chrétien (et pour le non-chrétien aussi) de se soumettre sans réserve à l'argument que «l'œuvre prouve l'auteur». Puis il ajoute que si quelqu'un est capable de considérer la nature et l'univers sans adorer Celui qui l'a conçu (c'est-à-dire sans accepter la preuve fournie par l'objet créé), alors Dieu juge cette attitude de l'intelligence comme un abus criminel de la logique et des facultés de raisonnement qu'Il a départies à tous les hommes, chrétiens ou non. La personne capable de mépriser la puissance de raisonnement que Dieu lui a donnée en partage sera punie par Dieu, en ce qu'elle deviendra désormais incapable de réfléchir sainement: ses pensées deviendront «futiles», vaines, et son «coeur sera rempli de ténèbres». Pourquoi? Il y a là, dit l'apôtre, une relation de cause à effet: la volonté de vouloir ignorer Dieu produit un effet pernicieux et durable sur l'âme humaine. Le dommage causé aux facultés d'intelligence de l'homme (tout au moins dans ce cas) l'amène à une certaine incapacité de raisonner sainement en d'autres circonstances. L'homme devient arrogant, meurtrier, trompeur, etc (voir les versets 29 à 32). C'est la punition infligée par Dieu à ceux qui refusent de plier le genou devant la démonstration que Dieu est le Créateur.

Gardés intellectuellement purs

On entend parfois parler, lors d'une prédication, de l'importance du bon emploi de nos membres afin de mener une vie pieuse devant Dieu. La punition pour l'usage impur de nos membres en matière de sexe est particulièrement sévère; nous pouvons en conclure que Dieu désire que nous gardions notre corps maîtrisé. Mais ici, le Saint-Esprit va plus loin et insiste sur la nécessité d'orienter avec précision notre puissance de raisonnement, que nous soyons chrétiens ou non, Dieu désire avant tout que nous soyons gardés purs intellectuellement. L'état d'esprit actuel de notre monde intellectuel, qui ne veut plus de Dieu, n'est-il pas justement très grave sur ce point crucial? Un retour à un sain raisonnement selon la Bible est de toute nécessité. Ce serait le seul moyen de détourner la colère de Dieu contre l'homme qui «ne lui donne pas la gloire qui lui est due»,

Le Créateur dans son ouvrage

Quelques-uns vont peut-être s'opposer à notre point de vue. Pourquoi attacher une telle importance à cette orientation intellectuelle? En premier lieu, je pense que le témoignage de la Création est de grande valeur du fait de son universalité. Tout homme, qu'il sache lire ou non, peut en quelque sorte voir Dieu, le Créateur, dans ses oeuvres. Que des chrétiens aient pu traduire la Bible dans telle ou telle langue ne modifie pas ce divin moyen d'informer les masses. C'est une méthode universellement applicable pour révéler le Dieu éternel aux races les plus arriérées, aux moins éduquées, tout comme aux plus avancées: «Ce qui peut être connu de Dieu est évident". Les choses visibles que Dieu a créées témoignent du monde invisible qui est à la base de la création et de l'univers visible. Et, nous le répétons, selon l'Esprit-Saint, chaque homme, quel qu'il soit, est sans excuse s'il ne tient pas compte du message annoncé par ce moyen parfaitement accessible à tous

Si donc un tel moyen de communication aussi éloquent existe, il n'est pas étonnant qu'il soit devenu la cible de tous les ennemis de Dieu. Mettre hors de combat une telle doctrine, la rendre inopérante correspondrait à une victoire de première importance. C'est précisément ce qui est arrivé. Les cieux ne déclarent plus la gloire de Dieu! ...Les oeuvres de ses mains ne montrent plus ses perfections! ...Ni dans les classes de biologie, que ce soit à l'Ouest ou à l'Est ni même au sein des nations en voie de développement! ...Darwin avait lui-même abandonné sa foi au Créateur, et il écrivait, dans les dernières années de sa vie, qu'il lui était devenu impossible d'y croire. ..

Une pensée sans un penseur?

Aujourd'hui, dans presque tous les cercles intellectuels du monde; on croit que par des mutations dues au hasard dans le protoplasme un germe de vie a pu se former, et que par sélection naturelle les gênes les plus forts survivent, produisant les plus nombreux descendants. Ils seraient ainsi à la base de tout le développement ultérieur de la vie. Cela revient à dire que le mécanisme aveugle du hasard, suivi d'un mécanisme de sélection naturelle fait un tri parmi les mutants les plus avantageux, et les perpétue, les forçant ainsi à l'escalade de l'évolution, en éliminant l'entropie, et tout cela sans l'aide d'un penseur! Voilà comment une illusion d'origine de la vie s'est introduite dans la pensée moderne.

Une ligne médiane?

Les points de vue biblique et biologique sont ainsi mis en opposition. Quelques hommes de science ont bien essayé d'opérer la jonction entre les postulats de Darwin et la méthode de Dieu accomplissant son oeuvre créatrice: Dieu aurait utilisé les mutations du hasard et la sélection naturelle, puis sous Sa surveillance se serait produite une lente évolution. Une telle formulation rejette, cela va sans dire, les postulats de Darwin. Car si Dieu a guidé le hasard, alors ce «hasard» a cédé la place à une direction organisée! Un dé que l'on jette, en le guidant, ne donne pas des chiffres dus au hasard, mais à la main et à la volonté qui le guident. Ainsi Dieu n'aurait pas laissé le hasard agir seul sans le guider. Il n'est pas étonnant que les hommes de science athées n'accordent que peu d'attention à telles théories évolutionnistes déistes, c'est- à-dire comprenant l'idée de Dieu.
A supposer que les théoriciens déistes arrivent à se tirer de ce pas, une pierre d'achoppement les attend au tournant. La sélection naturelle, bien qu'étant une réalité aujourd'hui dans la nature (on l'appelle aussi la lutte pour l'existence) ne manque pas de créer de nouvelles difficultés lorsqu'elle est appliquée aux méthodes créatrices à la base de l'origine des espèces.

Le chrétien

que le Christ a été le Créateur, et il ne peut admettre que Christ ait pu utiliser, comme méthode créatrice, un système qui demanderait la liquidation du malade, du faible, du blessé, du mal formé. Sachant que Christ prend soin justement de ceux-ci, il trouve inadmissible l'idée qu'Il accepterait de les balayer, de les éliminer pour améliorer l'humanité. D'autres hommes de science ont cherché à
combler le fossé

entre les points de vue scientifique et biblique en maintenant l'hypothèse que la création a été progressive. Au cours des millions d'années pendant lesquelles les espèces animales auraient passé de l'état de protozoaires à des organismes beaucoup plus complexes, Dieu est supposé avoir créé à nouveau, à intervalles irréguliers, différentes variétés d'organismes, en partant de rien (de novo). Ces savants enseignent que des variations mineures entre et parmi certaines espèces seraient advenues par le mécanisme de mutation et par sélection naturelle (ou micro-évolution). Les divisions majeures, cependant, les principales espèces d'animaux et de plantes auraient été spécialement créées à des intervalles espacés selon les exigences de la géologie moderne. D'après ce schéma, l'homme apparut comme dernier membre de la création, au sommet de l'échelle du développement. Selon cette hypothèse, chaque espèce serait le résultat d'un acte spécial de création, chaque création ayant eu son heure à de vastes intervalles, intervalles s'étendant depuis le commencement de la vie jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire durant des millions d'années jusqu'aux temps géologiques modernes, au moment où l'homme apparut. Mais cet essai de créer

une solution de continuité entre le rejet par Darwin de la «création originelle» et le point de vue biblique conduit lui aussi à quelques difficultés.
1. La période de création serait étendue sur des millions d'années, avec de longs espaces de temps «normaux», pendant lesquels auraient régné les lois normales de la thermodynamique. La grande difficulté est alors de réconcilier de soudaines éruptions de l'activité créatrice avec de longues périodes soumises aux lois normales d'entropie (diminution naturelle et continue de l'énergie). Ces phases de création se seraient produites en dehors du fait que l'univers (la vie, les races) est soumis aux lois physiques universelles. A certains intervalles Dieu est supposé avoir renversé lesdites lois physiques en intercalant de nouveaux actes créateurs.
2. La Bible maintient - et c'est là la difficulté - que la création a eu lieu d'une manière continue, en une période de temps désignée comme étant de six «jours», séparés l'un de l'autre par ce qui semble être des «soirs et matins». Et encore, d'après la Bible, ce n'est qu'après une période consécutive d'oeuvre créatrice que Dieu s'est reposé. Les «créationnistes progressifs» (comme ces savants particuliers sont appelés) sont confrontés par la difficulté d'expliquer:
a) l'affirmation biblique de six périodes d'activité créatrice concentrée dans le temps, avec en contraste
b) une activité créatrice s'étendant sur des millions d'années et exigeant entre elles de longues périodes de repos.
Il n'existe pratiquement pas de base scientifique valable pour combler le fossé entre l'affirmation biblique d'une Création conçue par le Créateur et les postulats de mutations dues au hasard et à une sélection naturelle, si on admet les idées des créationnistes progressifs.

Un choix?
Quelle sera la voie à suivre pour l'homme de science désireux de rester à la fois fidèle au récit biblique et un vrai scientifique? En ce qui me concerne, je ne vois pas de compromis possible. Un homme de science peut se tromper, comme le Dr Hoyle, et pourtant garder toute sa valeur, alors même qu'il rejetterait telle ou telle théorie en vogue. Par contre, comment un savant croyant peut-il faire siennes les théories qui ont conduit, il y a cent ans, au rejet de la pensée d'un Créateur? Au regard de notre expérience de la vie, qui nous conduit à voir un horloger derrière une horloge, un inventeur derrière une invention, un sélectionneur de bétail derrière une nouvelle race, pourquoi la Bible affirme-t-elle avec tant d'insistance que Dieu est le Créateur, alors que tout cela n'est plus pertinent à la pensée biologique moderne? Il existe des arguments très valables contre les théories du hasard mentionnées ci-dessus, mais ces arguments ne sont malheureusement jamais évoqués, tout au moins dans le grand public.
Si l'on imagine que des mutations dues au hasard sont suivies d'une sélection naturelle, elles ne peuvent cependant pas produire une planification, une volonté d'orientation, un désir. De même que seul le désir exprimé par l'acheteur d'une voiture peut favoriser un choix entre les possibilités offertes ou les dessins présentés, de même dans la bataille pour la vie, une sélection peut se faire entre races diverses, mais le choix vient de l'extérieur! Il va de soi que le hasard ne peut produire, à partir du chaos, un monde ordonné.
Pourtant, ce que postule le darwinisme, ou les hypothèses qui en sont issues, c'est un processus selon lequel l'ordre va s'extraire automatiquement du chaos. En partant d'une force non créée ou d'un objet non conçu, on aboutirait à une volonté capable de concevoir, et de concevoir dans la direction du bien, du mieux, c'est-à-dire vers une amélioration continue! Cela est tout simplement inconcevable, et, comme je l'ai écrit dans mon récent livre*, «il n'y a au maximum selon les lois de la thermodynamique, que des preuves en faveur du maintien d'un équilibre d'ans les organismes par des réactions réversibles, mais jamais le passage à un autre état qui serait supérieur au premier".
Les biologistes d'aujourd'hui devraient se rendre compte du fait que les lois de la thermodynamique sont toujours valables et l'ont été depuis la création de la matière. Seul un acte créateur peut les modifier et permettre une apparition de la vie, par une opération de la volonté. Les arguments avancés en faveur de la sélection naturelle et du hasard ont tellement intimidé les scientifiques chrétiens que, pendant un siècle, la plupart d'entre eux ont abandonné l'affirmation biblique que la Création vient d'un Créateur. En même temps, ils ont abandonné certaines lois fondamentales de la thermodynamique qui demeurent pourtant parfaitement valab1es. Il en résulte que les merveilleuses structures de 1'«ADN» de 1'«ARN», ou les lois de la génétique, ont cessé d'impressionner les biologistes dans le sens où le Créateur l'aurait voulu pour l'homme.

La réaction que Dieu attend de nous,
à la vue de ces merveilles, c'est l'adoration. Comme l'exprimait le psalmiste dans des circonstances pareilles, en contemplant les merveilles des cieux: «Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l'oeuvre de ses mains. ..Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, on n'entend pas leurs voix. Cependant, leurs accords parcourent la terre entière, et leurs accents vont jusqu'aux extrémités du monde" (Ps. 19, 1-5).
Voilà la position biblique qui est, par surcroît, la vraie position scientifique. Aujourd'hui nous avons besoin d'hommes de science - physiciens, biologistes, biochimistes, mathématiciens - qui seront capables par leur compréhension des conséquences des lois de la thermodynamique d'affirmer, dans le monde intellectuel, la force de l'argument démontrant le Créateur.
Avec l'éducation des masses, ici comme dans les pays en voie de développement, le nombre des intellectuels augmente. Ainsi augmente aussi le nombre de ceux qui rejettent l'argument «que la créature démontre le Créateur». En conséquence de cet argument (que beaucoup ont rejeté sans en vérifier les bases, mais simplement parce que certains intellectuels le rejetaient), le message du ciel proclamant le Dieu éternel est passé sous silence et n'atteint plus une grande partie de l'humanité. Le message proclamant la gloire de Dieu, le message des merveilles de la création doit être remis en honneur, en vertu du témoignage des Ecritures d'une part et d'autre part en vertu de l'exactitude des lois de la thermodynamique.
* A. E. Wilder Smith, Man's Origjn, Man's Destiny, Harold Shaw Publishers, Wheaton Illinois 60187, USA (320 pages). Du même auteur: Herkunft und Zukunlt des Menschen, Br\Jnnen Verlag, Lonystrasse 19, GIESSEN (Lahn), West deutschland (Editeur M. E. Perschell). L'édition anglaise est beaucoup plus complète que l'édition allemande'est à l'oeuvre qu'on reconnait l'ouvrier

A. E. Wilder Smith, Dr es Sc.

Lien : http://www.promesses.org/arts/13p281-287f.html

Voir les commentaires

LES CONFLITS FAMILIAUX GÉNÉRATIONNELS (1)

28 Août 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LES CONFLITS FAMILIAUX GÉNÉRATIONNELS (1)

LES CONFLITS FAMILIAUX GÉNÉRATIONNELS (1)

Nombres 20.14-21

Introduction :

Nous le savons, le visons et l’expérimentons chaque jour, mais muets et parfois impuissant devant le désastre que produisent les divisions, déchirures, haines, rancœur, vengeance qui vont parfois aux crimes aggravant la désastreuse situation que vivent déjà les familles sur toute la planète.

Pour des raisons héritages, aînés et cadets, frères et sœurs, parfois encouragés par les parents s’entredéchirent et même causent expressément, maladroitement, indirectement ou directement la mort de son proche parenté.

Pour des conflits d’intérêts, des familles, tribus ou nations s’entrechoquent et s’autodétruisent.

Pour des incompréhensions, des divisions alarmantes et honteuses s’installent et laissent des empreintes funèbres et funestes qui polluent la postérité par de témoignages lugubres.

Pour de simples raisons de jalousies parce que le frère, la sœur, le cousin a par la grâce de Dieu prospéré plus que l’autre membre de la famille, le concours des sorciers et des prières psychiques et mystiques sont sollicitées pour stopper le progrès du pauvre, innocemment victime du don de Dieu en lui.

Même à l’intérieur de l’église aujourd’hui, le complexe de supériorité, la luttent d’influence et autres basses manœuvres sont d’usage pour briser les plus zélés afin parfois de favoriser la médiocrité ?

Le domaine de ce crime à large spectre qui ne dit pas son nom est assez vaste. Toutefois, puisse chacun de nous reconnaître ce que disent les Ecritures et s’attendre entièrement à Dieu de qui nous devons être dépendant de tout et pour tout selon qu’il est dit :

‘‘Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion.

16 Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l’Ecriture dit à Pharaon : Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras : Pourquoi blâme-t-il encore ? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté ? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil ?’’ (Romains 9.15-21)

‘‘Que nul de vous ne conçoive de l’orgueil en faveur de l’un contre l’autre. Car qui est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ?’’ (1 Cor 7.6b-7)

LE CAS D’ISRAËL ET EDOM

‘‘ De Kadès, Moïse envoya des messagers au roi d’Edom, pour lui dire : Ainsi parle ton frère Israël : Tu sais toutes les souffrances que nous avons éprouvées. Nos pères descendirent en Egypte, et nous y demeurâmes longtemps. Mais les Egyptiens nous ont maltraités, nous et nos pères. Nous avons crié à l’Eternel, et il a entendu notre voix. Il a envoyé un ange, et nous a fait sortir de l’Egypte. Et voici, nous sommes à Kadès, ville à l’extrémité de ton territoire. Laisse-nous passer par ton pays ; nous ne traverserons ni les champs, ni les vignes, et nous ne boirons pas l’eau des puits ; nous suivrons la route royale, sans nous détourner à droite ou à gauche, jusqu’à ce que nous ayons franchi ton territoire. Edom lui dit : Tu ne passeras point chez moi, sinon je sortirai à ta rencontre avec l’épée. Les enfants d’Israël lui dirent : Nous monterons par la grande route ; et, si nous buvons de ton eau, moi et mes troupeaux, j’en paierai le prix ; je ne ferai que passer avec mes pieds, pas autre chose. Il répondit : Tu ne passeras pas ! Et Edom sortit à sa rencontre avec un peuple nombreux et à main forte. Ainsi Edom refusa de donner passage à Israël par son territoire. Et Israël se détourna de lui.’’ (Nombres 20.14-21)

La relation de parenté entre Israël et Edom :

Israël et Édom sont descendants des deux frères jumeaux, Jacob et Ésaü. Ce sont donc des cousins germains. Edom est le nom qui fut donné à Ésaü, grand frère jumeau de Jacob, parce qu’il avait vendu son droit d’aînesse pour un mets de couleur rousse (Genèse 25.30 ; 36.1,8,19). Plus tard, Edom est le nom collectif désignant les Édomites, descendants d’Esaü (Nombres 20.18,20,21 ; Amos 1.6,11 ; 9.12 ; Malachie 1.4). La Contrée, mesurant à peu près 160 km de long occupée par les descendants d’Édom, donc d’Ésaü était autrefois appelée à l’origine pays de Séir (Genèse 32.4 ; 36.20,21,30 ; Nombres 24.18).

Le sommet de la montagne de Séir s’élève à environ 1066 m. Edom est un pays montagneux, très accidenté, s’étendant du sud de Moab, sur les deux côtés de l’Araba, la grande dépression reliant la partie méridionale de la mer Morte au golfe d’Akaba (Genèse 14.6 ; Deutéronome 2.1,12 ; Josué 15.1 ; Juges 11.17,18 ; 1Rois 9.26).

Raisons du conflit

Le peuple d’Israël se trouve à nouveau réuni à Qadech à la suite de ses pérégrinations au désert est au début de la quarantième année, et le moment est venu pour Moïse de prendre les mesures qui s’imposent afin de préparer la conquête de la Terre promise. Le peuple se trouve loin dans le sud-ouest du pays de Canaan. Pour éviter de remonter directement en direction du nord, pour des raisons inconnues, Moïse décide de traverser le pays des Édomites dans toute sa largeur, en ligne droite, de l’ouest à l’est, afin de contourner la Mer Morte par l’est, de traverser le Jourdain et pénétrer en Canaan d’est en ouest. Il convient de savoir que quatre siècles auparavant, le cortège funèbre égyptien qui avait ramené le corps de Jacob en Palestine avait suivi cette même déviation.

Pour respecter le fondement posé par leurs ancêtres, Moïse décide d’emprunter le même parcours et comme il se trouvait près d’une parenté qu’est Edom, il opte pour la paix et envoie des messagers au roi d’Édom pour lui demander le libre passage des Israélites. L’eau étant rare et précieuse dans ce pays aride, il lui propose même de le dédommager en espèces sonnantes et trébuchantes, s’ils utilisent leurs puits.

Malheureusement, la réponse du roi d’Edom fut non seulement négative, mais ponctuée de menace contre son Israël, son frère germain, contrairement aux principes hébreux de la famille.

Les principes de la notion et relation de parenté en Israël

L’Hébreu ’aH désigne le frère ou la sœur et dans l’Ancien Testament, ces termes s’appliquent respectivement :

a) aux enfants issus des mêmes père et mère (Genèse 4.8) et également au demi-frère ou à la demi-sœur (Genèse 20.16 ; 37.4) ;

b) aux membres d’une même famille (cousin, neveu à l’exemple d’Abraham et Lot, etc.) ;

c) aux membres d’une même tribu (Genèse 31.32) ou d’un même peuple (Exode 2.11 ; Lévitique 25.25 ; Nombres 25.18 ; Romains 9.3).

d) Le mot frère désigne également un ami intime (2Samuel 1.26), un allié (formule de respect, Nombres 20.14) ou son prochain (Deutéronome 15.11).

e) Au sens figuré, le mot sœur s’applique à des tribus ou à des villes (Jérémie 3.7…; Ezéchiel 16.45 etc.) ou même à des entités morales. Ainsi, Proverbes 7.4 appelle dans un sens métaphorique la sagesse une sœur.

En Israël, la sœur qui désirait se marier devait obtenir le consentement de son père et de son frère aîné (Genèse 24.50 ; 34.11). Le mariage entre frère et sœur (ou entre demi-frère et demi-sœur), autorisé en Perse et en Égypte, était interdit chez les Israélites (Lévitique 18.9 ; 20.17 ; Deutéronome 27.22). Il était sanctionné par la peine de mort. Ceci nous amène à comprendre comment la notion juive de la fraternité est sacrée.

Chez le juif, la notion de fraternité comportait toujours un accent éthique de solidarité et de responsabilités mutuelles. Nul n’a le droit de dire comme Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère » (Genèse 4.9). Le peuple hébreu est une grande famille de frères. Le Psaumes 133 célèbre l’harmonie qui règne entre les membres du peuple élu en parlant d’eux comme de frères unis par les liens du sang.

Ces principes sont-ils incompatibles à l’esprit chrétien ? Pourquoi donc tant de haine, vengeance, rancune, jalousie et autres actes lugubres se trouvent-ils parmi les chrétiens et particulièrement ceux dit nés de nouveau qui s’estiment être les meilleurs, mais sont plus pires ? N’est-il pas écrit à juste titre : ‘‘ Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle’’ (1 Timothée 5.8).

Au sens de ces mots, plusieurs de ceux qui se disent chrétiens, ont-ils vraiment crus ou sont-ils simplement des chrétiens charnels ?

Les principes de la notion et relation de parenté dans l’Eglise

En considérant dans un sens encore plus précis les écrits du Nouveau Testament, Jésus est devenu notre frère (Hébreux 2.11-18). Dans Mathieu 12.50, Jésus va plus loin en déclarant dans un sens élargi que nous qui croyons et faisons la volonté de Dieu sommes ses frères : ‘‘Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère’’ (Mt 12.50 ; 25.40 ; 28.10). Il appelle ses disciples ses frères (Mt 5.22 ; 18.15 ; 23.8 ; Marc 10.30). Les hommes deviennent des frères en Christ à travers la nouvelle naissance (1Cor 5.11 ; 1Timothée 6.2).

Il convient de retenir que ces liens nouveaux de fraternité, de parenté en Christ transcendent les différences sociales, raciales ou politiques entre eux. Les chrétiens de l’ère apostolique formaient la famille de Dieu (Marc 3.31-35). Dans mon article intitulé ‘‘ICHTUS en sa rubrique : la spiritualité des catacombes’‘, l’accent de la fraternité en Christ dans le séjour des croyants des catacombes était si fortement dépeinte, exprimée et vécue qu’en comparaison de leur état d’hommes dont la vie était exposée à tout moment, poursuivie et persécutés, une interrogation inquiétante de notre foi, de l’intimité entre nous, croyants de nos jours nécessite une mise en cause sur plusieurs aspects.

Le Seigneur pendant son séjour terrestre, loin de se comporter en Dieu, il a adopté l’attitude de tout homme, traitant tout être humain, non comme sa créature, mais comme un éventuel membre de sa famille, surtout lorsque celui-là, croyait qui il était. N’est-il pas écrit à cet effet à juste titre : ‘‘ Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul. C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, lorsqu’il dit : J’annoncerai ton nom à mes frères, Je te célébrerai au milieu de l’assemblée’’ (Hébreux 2.11-12).

Le Seigneur a bien voulu et veut encore par-là, nous donner un exemple de ce qu’est et comment on doit vivre l’amour fraternel, les uns envers les autres (1Jean 4.20).

Eviter la contradiction au profit du mensonge :

Le Seigneur Jésus avait bien de frères et sœurs de même ventre dont les Ecritures Saintes font bien état. L’expression employée par la Bible pour désigner « frères de Jésus » se retrouve dans plusieurs endroits dans les Saintes-Ecritures (Mt 13.55 ; Marc 6.3 ; Jean 2.12 ; 7.3-5). Dans ces portions des Ecritures, on parle aussi de ses sœurs. Le mot grec employé dans les passages où il est question des frères de Jésus est adelphos (Mt 12.46-47 ; Mr 3.31-32 ; Luc 8.19-20 ; Jean 7.10 ; Actes 1.14 ; 1Cor 9.5 ; Gal 1.19). Le mot delphus duquel est issu adelphos signifie matrice). Bien que l’hébreux dans sa forme régulière traite de frère, tout membre de famille, les mots utilisés pour frères de Jésus est différencié de sugeneia, suggenês, suggenis et oi par autou, ce qui donne la signification de parents, parenté, proches) qui désignent les proches parents (Marc 3.21; 6.4 ; Luc 1.36,58,61 ; 2.44 ; 14.12 ; 21.16 ; Jean 18.26 ; Actes 7.3,14 ; 10.24 ; Rom 9.3 ; 16.7,11,21).

Une attention se doit d’être faite sur l’aspect de frères dans le sens large de personnes sorties des mêmes entrailles. Certaines doctrines toxiques font croire que les membres de famille qui ne sont pas en Christ ne sont pas à considérer pourtant il est dit par la bouche de l’Apôtre Paul, ce sous l’action de l’Esprit Saint : ‘‘Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle’’ (1 Tim 3.8).

Au temps du Seigneur Jésus, les Juifs par supercherie ont dans la tradition, trouvé des astuces pour déjouer la Parole de Dieu qui prescrivait l’assistance aux parents. En effet, Jésus les reprend en ces termes : ‘‘Honore ton père et ta mère et que celui qui maudit son père ou sa mère soit puni de mort. Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : « La part de mes biens avec laquelle j’aurais pu t’assister est corban (c’est-à-dire offrande à Dieu) », alors vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou sa mère’’ (Marc 7.10-12).

En effet, ce commandement qui était le cinquième, était considéré comme l’un des plus importants de la Loi qui s’adressait en particulier aux enfants adultes et recommandant notamment de pourvoir pratiquement à tous les besoins des parents âgés, incluant bien sûr le soutien financier. Nous devons préciser que la Loi de Moïse, celui qui méprisait ses parents était passible de mort. Mais, une tradition des scribes étaient conçue subtilement pour esquiver le commandement divin. Pour y parvenir, il suffisait de faire le vœu inviolable que ses biens étaient une offrande à Dieu et le tour était joué. Ce don était fait sous forme de la promesse qu’après sa mort, l’argent restant irait au temple. En attendant, la personne qui avait prononcé la formule de consécration pouvait en toute liberté disposer de sa fortune tout en étant exemptée du cinquième commandement, celui d’honorer ses parents en leur venant en aide. Ces derniers étaient légalement privés de tout recours contre cette pratique. Il ne leur restait que les yeux pour pleurer et attendre leur mort en gémissant.

Des subtilités sont également utilités à ce jour pour se déjouer de ce rôle combien important qui est celui d’aider les parents. C’est ainsi qu’on entendra dire : mon père était-il obligé de m’accoucher ? Est-ce une obligation que je m’occupe de lui ? N’a-t-il pas fait que son devoir de m’encadrer ? etc..

Les enfants ou petits-enfants devraient aider leurs parents âgés et prendre vraiment soin d’eux. Il est triste de constater qu’après la retraite, plusieurs meurent très vite parce que les enfants devenus grands, ne pensent plus à eux. Les cas sont légion. Puissions-nous revenir aux normes scripturaires !

Le chrétien qui ne pourvoit pas aux besoins de ses parents, grands-parents et autres proches est pire qu’un infidèle. Même les incroyants prennent soin des leurs. Ainsi, l’Église ne doit pas entretenir par ses revenues, des pauvres que leur famille devrait aider.

Les propos de l’Apôtre Paul dans ce texte à Timothée, lorsqu’on considère les devoirs énumérés au verset 4 du chapitre 5 de 1timothée et pour lesquels la prescription du verset 8 doit intervenir, on peut résumer ainsi le modèle proposé : l’Église doit subvenir aux besoins de ceux qui sont réellement dans la misère, mais ceux qui ont les moyens de se débrouiller seuls doivent le faire, sous peine d’être accusés d’avoir abandonné la foi. La paresse est très éloignée de la piété.

Quels soins donnons-nous aux veuves, démunis de l’Eglise ? A-t-on un regard sur eux ou nous attendons-nous seulement aux dîmes et offrandes qu’ils apporteraient ? Un exemple suprême d’aide à une veuve dont le fils unique est en train de mourir nous est donné par Jésus. Alors qu’il agonisait sur la croix, Marie et l’apôtre Jean étaient présents, et le Seigneur de dire à Jean : ‘‘En voyant sa mère et, à côté d’elle, le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : Voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère. À partir de ce moment-là, le disciple la prit chez lui (Jean 19.26-27).

John McArthur dans son commentaire dit : ‘‘Tout croyant qui n’obéit pas à ce commandement se rend coupable de :

1° nier le principe de l’amour chrétien, fondé sur la compassion (Jean 13.35 ; Rom 5.5 ; 1Thess 4.9)

2° se révéler « pire qu’un infidèle ».

La majorité des non-croyants s’acquittent naturellement de ce devoir; cela devrait être d’autant plus vrai des chrétiens, puisque le commandement de Dieu les y pousse. Par conséquent, s’ils s’y refusent alors qu’ils en ont les moyens, ils se conduisent plus mal que des païens (1Cor 5.1-2).

Attitude envers les faux-frères dans l’église :

Nous ne devons jamais perdre de vue les loups qui se glissent subtilement parmi le troupeau. Je parle ici des faux frères contre qui, le Seigneur nous met fortement en garde (2Cor 11.26 ; Gal 2.4). Ces derniers qui se sont introduites dans l’Église pour d’autres motifs que celui du salut, ne partagent pas la même doctrine que nous. Ceux-là sont des destructeurs et ne sauraient en aucun cas être pris ou considérés comme des membres de famille en Christ. Un vif discernement mérité d’être fait dans cet angle-là, et une précaution suffisante doit être prise car nombreuses sont les victimes qui se sont fait prendre dans leur filet de mort.

Dr. André CHOUBEU

Voir les commentaires

Un dernier test pour l’humanité

25 Juillet 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Un dernier test pour l’humanité

Un dernier test pour l’humanité
(Apocalypse 2
0)

Keith Krell

Le chapitre 20 de l’Apocalypse commence après la bataille dévastatrice d’Harmaguédon (19.11-21). Pour bien comprendre le déroulement prophétique, plusieurs points doivent encore être traités. Que va-t-il arriver à la planète Terre une fois que son système politique, économique et religieux a été détruit ? Que va-t-il arriver à Satan ? Qu’en sera-t-il des justes mis à mort et de ceux qui survivront à la période de la tribulation ? Quel sera l’avenir des incrédules ? Toutes ces questions forment les quatre thèmes centraux d’Apocalypse 20.

1. Le pouvoir de Satan est jugulé (20.1-3)

Le mot « puis » (20.1) indique une suite chronologique par rapport au jugement de la bête et du faux prophète qui précède (19.20). Dieu juge maintenant Satan lui-même1. Lors de l’arrestation la plus sensationnelle de l’histoire, le criminel cosmique est enchaîné et lié pour 1000 ans par un ange. Cela nous rappelle que Satan n’occupe pas une place hiérarchique équivalente à celle de Jésus, mais plutôt à celle d’un ange (peut-être l’archange Michel). Dieu a une souveraineté totale sur Satan. C’est pourquoi nous n’avons rien ni personne à craindre, aujourd’hui comme demain.

Les événements des v. 2 et 3 sont futurs. Ils n’ont pas eu lieu à la croix. L’Écriture décrit le temps présent où nous vivons comme le « présent siècle mauvais » et Satan est appelé « le dieu de ce monde » (2 Cor 4.4). Aujourd’hui, Satan est libre et rôde comme un lion pour trouver quelqu’un à dévorer (1 Pi 5.8) ; mais, grâce à la victoire de Christ sur la croix, Satan et les siens sont déjà vaincus. En conséquence, pendant tout le règne de Christ sur la terre, Satan (et ses hordes de démons) seront liés et mis hors d’état de nuire (cf. Jean 12.31 ; Col 2.15).

L’objectif est que Satan « ne séduise plus les nations » (20.3). Le grand stratagème de Satan est la séduction. Il a trompé Ève au commencement et il continue à le faire (2 Cor 11.3). Nous sommes tous enclins à être trompés. Comment Satan le fait-il pour vous, votre famille ou votre église ? Susurre-t-il à votre oreille que ce péché n’a pas d’importance pour Dieu ? qu’il n’est pas important de lire sa Bible tant que l’Esprit vous conduit ? que demain vous aurez davantage de temps à consacrer à vos enfants ? qu’il est primordial de ne rien changer au culte ? que l’évangélisation doit être laissée à d’autres églises ?

2. Le règne de Dieu s’accomplit (20.4-6)

Le v. 4 est controversé parce que Jean voit un groupe de personnes assises sur des trônes, mais il ne nous dit pas qui ils sont. Jean ajoute que les saints martyrs de la tribulation seront ressuscités et règneront avec Christ. Ces saints sont le seul groupe expressément mentionné dans ce contexte.

Christ chérit particulièrement ceux qui ont enduré le martyre pour lui (cf. Ps 116.15). Il y a une bénédiction et un honneur particulier pour ceux qui ont donné leur vie pour Christ. Comment réagissez-vous face à ces martyrs ? Êtes-vous prêts à être décapités « à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu » ? Êtes-vous prêts à tenir ferme face à un système économique, religieux ou politique impitoyable ? Voulez-vous prier pour les chrétiens qui affrontent le martyre ?

Pourtant je ne crois pas que les martyrs de la tribulation soient les seuls à régner. Un des thèmes principaux de l'Apocalypse est la persévérance du peuple de Dieu. Les martyrs sont représentatifs de tous les croyants fidèles qui règneront avec Christ (cf. Dan 7.9-10,22 ; Mat 19.28 ; 2 Tim 2.12 ; Rom 8.17). Le vainqueur qui garde les œuvres de Christ jusqu’à la fin recevra autorité pour dominer sur les nations (2.26-28) et s’assiéra avec Christ sur son trône (3.21). Les croyants, représentés par les anciens, « règneront sur la terre » (5.10). Régner avec Christ est lié à la récompense.

Dieu a instillé en nous la motivation pour une récompense. Il veut que nous trouvions sens, accomplissement et plaisir dans ce qu’il nous propose mais il veut par-dessus tout être notre récompense suprême. Dieu récompense son peuple pour toute fidélité persévérante au milieu de l’activité quotidienne. Mamans, vous qui servez Christ en changeant les couches, en cuisinant, ces activités peuvent vous sembler répétitives, mais grande est votre récompense. Célibataires, qui honorez Dieu par votre pureté et mettez votre temps libre à son service, grande est votre récompense. Employés, qui faites un travail peu épanouissant, mais qui servez fidèlement votre employeur en étant intègres, grande est votre récompense.

Jean mentionne ici « la première résurrection2 » (20.5b). Cela fait référence à la première des deux résurrections dont il est question dans ce chapitre. Cette première résurrection inclut d’autres saints que les martyrs, dont celle des saints de l’A.T. (cf. 1 Cor 15.23).

La « seconde mort », la séparation éternelle de Dieu, n’a pas de pouvoir sur nous3. Au lieu d’expérimenter ce sort terrible, nous règnerons comme sacrificateurs pendant 1000 ans.

L’expression « 1000 ans » est utilisée 6 fois dans ce chapitre en relation avec un certain nombre d’événements liés chronologiquement. Il y a quatre bonnes raisons pour un règne physique, terrestre de Christ, plutôt qu’un règne seulement spirituel, céleste :

1. Christ sera sur terre après son retour (19.11-16).

2. A la fin de son règne, les saints, qui règneront avec lui, seront toujours sur terre (20.9).

3. Dieu a promis aux saints un règne sur la terre (5.10).

4. Les prophéties messianiques de l’A.T. anticipaient un règne terrestre (cf. par exemple 2 Sam 7.10-16 ; Ps 2.8 ; Es 65.17-66.24 ; Dan 7.27).

Le règne de 1000 ans de Christ sera une période pendant laquelle celui qui a été autrefois le serviteur souffrant, Jésus Christ, et ses fidèles, célébreront sa victoire. Il n’y aura plus de peur, plus de crime, plus de guerre, plus de pauvreté, plus de famine. Ce sera une période à nulle autre pareille.

3. Le jugement de Satan est nécessaire (20.7-10)

À la fin du millénium, Dieu relâchera Satan de l’abîme (20.7). Satan essayera alors une révolte finale. Il sera capable de réunir les nations du monde entier. L’immensité de cette armée n’est pas difficile à expliquer lorsqu’on pense à tous les enfants qui naîtront pendant ces mille ans. Et le fait que les gens vivront plus longtemps implique que la population du millénium sera énorme.

L’expression « Gog et Magog » (20.8) fait allusion aux chefs du monde et aux nations en rébellion contre Dieu4.

Pourquoi Dieu relâche-t-il Satan ? Aucune réponse explicite n’est donnée. Cependant, trois raisons implicites figurent dans le texte :

1° Démontrer la méchanceté de Satan. Réfléchissez un peu : même après avoir été lié pendant 1000 ans, Satan est toujours prêt à se battre et à tromper. Sa méchanceté est sans borne. Clairement, il mérite le châtiment que lui réserve la justice de Dieu.

2° Prouver la dépravation de l’humanité (cf. Jér 17.9). L’humanité est tout autant rebelle et mauvaise que le diable. Nous pouvons mettre beaucoup de choses sur le dos de Satan, mais les peuples du millénium ne le pourront pas. Personne ne pourra dire : « Le diable m’a poussé à le faire. » Les gens vivront dans un environnement parfait — un gouvernement parfait, un climat parfait, etc. — et pourtant continueront à pécher. Même un environnement parfait n’empêchera pas l’homme de pécher, parce qu’un environnement parfait est incapable de produire un cœur parfait et ne résout pas les problèmes de l’humanité ; seule une foi personnelle dans la personne et l’œuvre de Christ change le cœur.

Inutile d’attendre le millénium pour s’en rendre compte. C’est un trait actuel de l’humanité. Plus les conditions de vie s’améliorent, plus les gens concluent qu’ils n’ont pas besoin de Dieu.

3° Affirmer la justice de l’enfer. Ce passage démontre qu’une très longue durée n’est pas suffisante pour renverser l’allégeance de l’homme à Satan. C’est pourquoi le lac de feu éternel est une nécessité.

4. Le jugement de l’homme est finalisé (20.11-15)

Jean voit « un grand trône blanc » (20.11). Le trône est « grand » pour trois raisons :

– c’est là que la destinée éternelle de chaque incrédule sera déterminée et proclamée avec preuves à l’appui ;

– c’est le jugement final, qui mettra un terme à tous les jugements de tous les temps ;

– tous les incrédules de tous les temps, depuis Caïn jusqu’aux révoltés de la fin du millénium, seront rassemblés là à la barre du tribunal de la parfaite justice de Dieu5.

Il est « blanc » parce qu’il est la manifestation suprême et éclatante de la parfaite justice et de la pureté de Dieu (cf. Ps 97.2 ; Dan 7.9). À travers l’histoire, Dieu a montré à l’homme son besoin de la justice divine ; il lui a prouvé qu’il ne peut voir le mal (Hab 1.13), que tous les hommes ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu (Rom 3.23) et que le salaire du péché est la mort éternelle, la séparation d’avec Dieu (Gen 2.17 ; Rom 6.23 ; Éph 2.2). Maintenant ces vérités deviennent évidentes pour chaque personne de façon irréfutable.

Enfin, il s’agit d’un « trône » parce que le Seigneur Jésus-Christ y siège en majesté absolue et en souveraine autorité pour jeter les réprouvés dans l’étang de feu éternel.

Celui qui siège sur le trône est Jésus, à qui le jugement est confié (cf. Jean 5.22-27). Jean voit le ciel et la terre disparaître de la présence de Christ, le juge ultime. Cela semble indiquer que nous sommes arrivés à la fin des voies de Dieu envers la terre6.

Les morts qui se tiennent devant le trône sont à l’évidence les incrédules de tous les temps qui sont ressuscités (20.5 ; Dan 2.2). Ils viennent de toutes les classes et de tous les groupes humains. La nature des livres qui sont ouverts n’est pas spécifiquement révélée. Nous pouvons simplement la supposer à partir d’autres textes bibliques :

– Le premier livre est probablement la Bible : elle contient la révélation du caractère saint de Dieu, de sa loi morale, de l’état pécheur de l’homme et du plan de salut de Dieu par la foi en Christ. Ce livre révèle aussi que même les hommes qui n’ont pas la Parole écrite ont :

1° la loi de Dieu écrite dans leur cœur (Rom 2.14-16),

2° la révélation de l’existence de Dieu à travers la création (Rom 1.19-20).

Ils sont de ce fait sans excuse (Rom 1.20 ; 2.12).

– Le « livre de vie »7 contient les noms des élus de Dieu. Dieu condamnera ceux qui doivent faire face à son jugement parce qu’ils n’ont pas cru en Jésus- Christ (Jean 6.29).

– Un autre livre est celui des œuvres, selon lesquelles les incrédules seront jugés (20.12-13). Ceux qui ont rejeté le plan de salut de Dieu se destinent à se présenter avec leurs propres mérites et leur propre justice. Ainsi le livre des œuvres contiendra un enregistrement de toutes les œuvres, bonnes ou mauvaises, afin de prouver que personne n’atteint la justice de Dieu, que personne ne peut être accepté par Dieu sur ce fondement. Ces œuvres contiendront le refus de croire en Jésus-Christ (Jean 6.29).

Tous les incrédules subiront un châtiment éternel ; cependant le châtiment sera en proportion directe de la façon dont quelqu’un s’est conduit sur la terre et du degré de lumière dont il a été éclairé (cf. Mat 10.14-15 ; 11.20-24 ; 12.36). Des gens très méchants, comme Hitler, Amin Dada ou Pol Pot, souffriront le plus, tout comme les gens qui, comme Judas, ont rejeté la révélation la plus brillante.

Le grand trône blanc n’aura rien à voir avec nos palais de justice. Il y aura un juge, mais pas de jury ; un procureur, mais pas de défenseur ; une sentence, mais pas d’appel. Christ jugera les incrédules avec une justice absolue. Rien ne manquera ou ne sera négligé lorsque les hommes et les femmes perdus de toute l’histoire humaine apparaîtront devant Christ lors du jugement final.

La « mort et le hadès » représentent le fait de mourir et la condition dans laquelle on entre après la mort. Le « hadès » n’est pas le jugement final. Pour un condamné à mort, l’étape ultime n’est pas sa cellule de prison, mais son exécution. Au jugement final, Dieu ressuscitera les corps physiques des incrédules de ces enfers provisoires (même si la mer les a engloutis depuis des siècles) pour les juger au grand trône blanc. Puis il les jettera dans le lac de feu éternel. C’est là l’enfer, la place de la punition éternelle.

Les peines éternelles sont une doctrine qui devient de plus en plus impopulaire de nos jours. Notez que Jésus-Christ, le juge, en a parlé très ouvertement. Si seulement nous voyions le péché comme Dieu le voit, nous comprendrions pourquoi un endroit tel que l’enfer existe. Ce verset 15, plus qu’aucun autre de toute la Bible, devrait nous pousser à fuir la colère de Dieu et à nous précipiter pour recevoir sa grâce et son pardon.

1 Il est désigné par 4 noms : le dragon (son nom le plus fréquent dans l’Apocalypse, cf. 12.3,4,7,13,16,17 ; 13.2,4,11 ; 16.13), le serpent ancien (cf. 12.9 ; allusion à son rôle dans la chute de l’homme en Gen 3.1-15), le diable (qui signifie « l’accusateur », cf. 2.10 ; 12.9,12) et Satan (qui signifie « adversaire », cf. 2.9,13,24 ; 3.9 ; 12.9). Ces 4 noms sont en contraste avec les 4 noms de Christ du ch. 19 (Fidèle et Véritable, la Parole de Dieu, Roi des rois, Seigneur des seigneurs).
2 Le mot employé par Jean est anastasis. En 42 occurrences dans le N.T., anastasis se réfère toujours à une résurrection corporelle (à une exception claire, Luc 2.34). D’autres noms pour cette « première » résurrection sont : la résurrection des justes (Luc 14.14 ; Act 24.15), la résurrection d’entre les morts (Luc 20.34-36), la résurrection de vie (Jean 5.29), la résurrection pour la vie éternelle (Dan 12.2).
3 Si la première résurrection est spirituelle, alors la seconde mort devrait l’être aussi ; mais si la seconde est littérale (ce que peu contestent), alors la première doit l’être aussi.
4 Il semble que l’invasion totale décrite ici ne soit pas celle d’Ézéchiel 38 et 39, même si elle y fait allusion. Ici, ces noms sont utilisés sans explication, comme décrivant symboliquement une rébellion contre Dieu et son peuple — un peu comme un « waterloo » est devenu un nom désignant une défaite désastreuse, et plus seulement la bataille historique de 1815.
5 Les seules exceptions certaines sont la bête et le faux-prophète, qui ont déjà été jetés dans l'étang de feu
6 Voir Mat 24.35 ; Marc 13.31 ; Luc 16.17 ; 21.33 ; 2 Pi 3.7-13.
7 Voir d’autres mentions en 3.5 ; 13.8 ; 17.8 ; 20.15 ; 21.27. Cf. aussi És 4.3 ; Ps 69.28 ; Dan 12.1 ; Luc 10.20 ; Phil 4.3.

Source : http://www.promesses.org/arts/185p09.html

Voir les commentaires

7 messages pour l’Église d’aujourd’hui

19 Juillet 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

7 messages pour l’Église d’aujourd’hui

7 messages pour l’Église d’aujourd’hui
(Apocalypse
2 et 3)

Frédéric Travier

Avant de donner ses révélations à Jean, Jésus lui apparaît dans l’éclat de sa gloire comme le Fils de l’homme prêt à exercer le jugement (1.10-16). Le Seigneur commence par purifier sa propre maison (1 Pi 4.17). C’est pourquoi le disciple voit le Seigneur « au milieu de sept lampes d’or » qui représentent sept assemblées de la province d’Asie.

Ces sept églises n’étaient pas les seules existantes à cette époque. Nous ne savons pas pourquoi elles furent choisies par le Seigneur pour recevoir un message de sa part ; c’est la souveraineté du Seigneur qui n’a pas besoin de justifier ses choix. Toutefois, le chiffre sept représente dans l’Écriture un ensemble complet. Nous pouvons comprendre que le Seigneur a en vue l’Église dans son ensemble. Il choisit ces assemblées parce que leur situation historique présente un trait spécial propre à caractériser un état particulier de l’Église à un moment donné et dans un contexte donné.

Jésus connaît parfaitement ces sept églises. Il apprécie, positivement ou négativement ou les deux à la fois, les « œuvres » de chacune d’entre elles. Rien n’est caché à l’omniscience du Seigneur, à ses yeux « comme une flamme de feu » (1.14), qui pénètrent jusque dans l’intimité, une intimité qui va faire rougir certaines de ces églises. À travers les sept lettres, Jésus ouvre, en quelque sorte, les cœurs et dévoile la vie des Églises et des membres qui les composent.

C’est pourquoi les messages aux sept églises ont reçu plusieurs applications :

1. une application locale, historique, destinée aux églises auxquelles ils sont adressés ;

2. une application aux églises de tous les temps qui devront discerner pour elles-mêmes les pièges ou les travers dans lesquels elles sont tombées ;

3. une application personnelle, à chaque croyant, invité à être « celui qui a des oreilles pour entendre », un « vainqueur » : l’église est ce que sont les membres qui la composent… ;

4. selon certains, une application prophétique, livrant un panorama où sont projetées les phases successives de l’histoire de la chrétienté jusqu’à l’enlèvement de l’Église.

Notre étude de ces lettres sera thématique ; elle ne suivra pas l’ordre des 7 lettres, et distinguera trois groupes, pour développer trois thèmes successifs :

– Le premier est composé d’Éphèse, Pergame et Thyatire, car ces trois églises reçoivent à la fois des encouragements et des reproches.

– Le second groupe est composé de Smyrne et Philadelphie : ces deux églises ne reçoivent que des félicitations et des encouragements.

– Le troisième groupe est composé de Sardes et Laodicée, car ces deux églises ne reçoivent que des reproches.

1. LA FAUSSE IMPRESSION D’ÊTRE PARVENU (ÉPHÈSE, PERGAME ET THYATIRE)

Éphèse (2.1-7)

Le Seigneur met en avant le zèle de l’église d’Éphèse, sa piété, sa fidélité, son dévouement. On peut imaginer ces chrétiens faisant du porte à porte, distribuant des traités (s’ils en avaient eu !), profitant de toutes les occasions, favorables ou pas, pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

La communauté d’Éphèse prend aussi courageusement parti contre tout ce qu’elle discerne être contraire à la pensée de Dieu : « Tu ne supportes pas les méchants… » Quelle église aujourd’hui ne désirerait pas recevoir de tels éloges ? Et pourtant, cette impression d’être parvenu à une certaine maturité est remise en question par la dure déclaration de Jésus : « Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » (2.4)

En effet, malgré son discernement, sa fidélité et son zèle au travail, l’amour s’est progressivement refroidi. Les œuvres peuvent subsister même lorsque l'esprit de foi qui les avait engendrées s'évanouit. Et cela ne s'appelle pas autrement que de l'activisme. Plus l'amour pour Dieu se refroidit, plus l'activisme grandit pour compenser et devient la préoccupation première, faisant naître un esprit religieux qui éloigne davantage encore de ce premier amour. Et Jésus n’hésite pas à qualifier cette perte de péché dont il faut se repentir.

Le manque de patience, de tolérance, de compréhension envers les autres peut être une première alerte de cette asphyxie spirituelle qu’est le manque d’amour (cf. 1 Jean 4.20-21). Et il y a essentiellement trois domaines qui y conduisent : l'égoïsme, la lassitude et la convoitise. Une vie de fidélité ne suffit pas pour être agréable à Dieu et pour épanouir sa foi : il faut avant tout cultiver une relation d’intimité avec le Seigneur : c’est lui la source de tout vrai amour.

Pergame (2.12-17)

Jésus souligne la consécration de l'église de Pergame : « Tu retiens mon nom, et tu n'as pas renié ma foi. » Ne pas renier la foi, c’est demeurer attaché aux enseignements de la Parole. On imagine sans peine les luttes spirituelles des chrétiens de Pergame et la nécessité de prendre les armes de Dieu et particulièrement « l’épée de l’Esprit à double tranchant », la Parole de Dieu, que Jésus utilise en se présentant à cette assemblée (2.12b).

Mais il lui est reproché de s’attacher à « la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël » (2.14). Pour comprendre, il faut remonter très loin dans le passé, lorsque le peuple hébreu est près d’arriver en terre promise. Balaam, appelé par Balak, le roi de Moab, pour maudire le peuple de Dieu, ne peut pas faire autrement que de bénir ce peuple (Nom 22-24). Alors Balaam donne à Balak un conseil plus vicieux, qui deviendra la « doctrine de Balaam » : essayer de détruire le peuple par l’intérieur en le faisant tomber dans l’idolâtrie pour que Dieu, cette fois, soit obligé de le maudire (Nom 25 ; 31.16).

Le piège est ici celui du compromis. En effet, lorsqu'une église commence à accepter en son sein les pensées et les comportements du monde — peut-être dans le but de ne pas choquer ce dernier pour mieux l’évangéliser — elle se trouve confrontée à plus ou moins court terme à différentes tentations, voire à des déviations doctrinales. Puisse l’Église ne pas emboîter ce pas pour rester « à la mode », mais montrer une réelle différence afin d’interpeller ce monde. Un bateau sur la mer, c’est normal ; mais lorsque la mer est dans le bateau, alors il y a grand danger. De même l’Église dans le monde, c’est normal ; mais le monde dans l’Église, c’est la catastrophe ! Lorsqu’un chrétien, ou une communauté, s’interroge pour essayer de justifier une désobéissance ou éviter la discipline ou la repentance, c’est « Balaam » qui frappe à la porte et pas le Saint-Esprit !

Thyatire (2.18-29)

Thyatire reçoit le message le plus long. Ses progrès étaient tellement marqués qu'ils font dire à Jésus que ses « dernières œuvres sont plus nombreuses que les premières ». L'amour pour Dieu et pour les frères ne s'était pas refroidi, à l'inverse d'Éphèse, et il produisait dans l'église une activité saine et constructive1.

Mais ces paroles d’encouragement ne s’appliquent pas à tous ceux qui étaient à Thyatire. En effet, Jésus lui reproche de laisser « la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs » (2.20). Jézabel était l’épouse païenne du roi d’Israël Achab, plus de 800 ans avant : elle l’excitait à faire le mal (1 Rois 21.25) et entraînait le peuple dans l’idolâtrie, avec ses prophètes de Baal. Elle symbolise ici l’esprit diabolique de domination et de permissivité scandaleuse, au nom d’une spiritualité et d’une foi chrétiennes. Et nous sommes invités à le discerner et à le condamner fermement. Cet esprit peut se démasquer lorsque quelqu’un prétend dire par « prophétie » : « Dieu m’a dit que… »

À travers Éphèse, Pergame et Thyatire, Jésus nous alerte simultanément sur trois dangers qui peuvent d’ailleurs se combiner : la religiosité, la compromission et l’esprit de domination. « Que celui qui a des oreilles entende » ce que l’Esprit lui révèle, et agisse maintenant, en conséquence !

2. LA FIDÉLITÉ À TOUTE ÉPREUVE (SMYRNE ET PHILADELPHIE)

Smyrne : la fidélité dans la souffrance (2.8-11)

La voie de cette fidélité avait été montrée quelques décennies plus tôt par les martyres d’Étienne, puis de Jacques, le propre frère de Jean (Act 12.1) et bien d’autres à leur suite. Le don de leur vie fut la preuve, s’il en fallait une, de l’excellence des révélations qu’ils avaient reçues, car qui donnerait lucidement sa vie pour un mensonge ou une utopie ?

Jésus annonce un temps de persécution, limité dans le temps (« dix jours »). L’histoire profane témoigne que durant deux siècles environ, on porta contre les chrétiens toutes sortes d’accusations. C’étaient les prétextes pour justifier les persécutions. Ainsi des milliers furent torturés et tués (cf. Héb 11.35-38).

Cette lettre à Smyrne montre la difficulté du témoignage et de la vie en Christ. Pourtant, malgré ce pessimisme, Jésus veut encourager son église : « Ne crains pas ce que tu vas souffrir. » Non, dit Jésus, ne crains pas les blasphèmes, les pertes de biens, l'appauvrissement, les moqueries, les calomnies, la torture et même la mort. Tertullien, un père de l'église, qui vécut au iie siècle, au temps de ces épreuves et qui mourra aussi martyr, a dit : Semen est sanguis christianorum (le sang des chrétiens est une semence). En effet, paradoxalement, la persécution a été un moyen extraordinaire pour répandre l’Évangile ; on le voit déjà dans le livre des Actes des Apôtres (Act 8.1-4). Il est facile aujourd'hui en Occident d'entendre ces paroles, car nous vivons en paix. Mais qu’en serait-il si nous devions traverser des persécutions aussi effroyables que celles des premiers siècles ? Ou celles dont sont l’objet nos frères et sœurs ailleurs dans ce monde au xxie siècle ? Aurions-nous autant d'audace et de foi pour accepter sans rechigner ces paroles de Jésus : « Sois fidèle jusqu’à la mort » ?

Toute épreuve — dans le cas de Smyrne, la persécution — est un moyen de fortifier la foi. Car il est si facile de dire : « J’ai la foi », lorsque tout va bien. Acceptons de nous soumettre à la souveraineté de Dieu en lui faisant confiance. Et nous serons le parfum2 de Christ au milieu des épreuves (cf. 2 Cor 2.14-17).

Philadelphie : la fidélité dans la faiblesse (3.7-13)

Comme pour Smyrne, aucun reproche n’est adressé à cette église : « Je connais tes œuvres... tu as peu de puissance », littéralement : « une petite puissance ». Mais la force de cette faible et petite communauté de Philadelphie résidait dans le fait qu’elle s'appuyait sur la parole de Christ. Et une conséquence immédiate de cette attitude est de ne pas avoir renié le nom de Jésus. C’est pourquoi le Seigneur a honoré leur fidélité en leur ouvrant une porte « que personne ne peut fermer », qui semble être l’occasion de répandre l’Évangile (1 Cor 16.8-9).

Garder la Parole n’est pas seulement l’avoir à la maison sur une étagère, mais la chérir dans son cœur, l’estimer à sa valeur. Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui la Bible a bien du mal à s’imposer, même parmi les chrétiens. On ne prend plus le temps. On attend d’avoir envie. Cette façon de vivre nous influence aussi, peut-être sans que nous nous en rendions compte, dans notre vie de piété et particulièrement dans le domaine de la méditation de la Parole de Dieu. Nous sommes donc invités aujourd’hui à réfléchir, sérieusement et objectivement, au temps que nous passons à lire et méditer la Bible et nous laisser avertir et convaincre par le Saint-Esprit.

3. LE RÈGNE DE L’HYPOCRISIE (SARDES ET LAODICÉE)

La particularité des messages à ces deux églises, c’est le ton dur du Seigneur, qui ne mâche pas ses mots. Jésus met le doigt sur une grave attitude qui se retrouve dans les deux : l’hypocrisie. Et la définition même de l’hypocrisie nous est donnée à Sardes : « Tu passes pour être vivant, et tu es mort. » L'hypocrisie n'est pas autre chose que de paraître ce qu’on n'est pas.

Sardes (3.1-6)

Sardes se conformait au monde qui l’environnait, et la richesse qui s’étalait avait pris le pas sur la foi et la dépendance en Dieu seul. Les croyants de Sardes ne combattaient plus ; ils étaient devenus spirituellement des « morts vivants ». L’Église semble avoir été éclaboussée par l’esprit d’embourgeoisement de la ville3 qui lui a fait perdre de vue l’essentiel. Alors à quoi cela sert-il d’être estimé par ceux qui voient les œuvres extérieures si l’on est condamné par Celui qui voit les œuvres du cœur qui, elles, condamnent pour l’éternité ? Le chef de l’Église ne se laisse pas tromper par nos apparences.

Au cours de son ministère, Jésus a été confronté à l’hypocrisie des responsables religieux (cf. Mat 23.27-28 ; 7.21-23). Il a condamné toute profession de foi lorsqu'elle n'est que verbale et dénuée de vérité, c'est-à-dire de réalité dans les actes de chaque jour, et il continue à le faire.

Laodicée (3.14-22)

Le message de Jésus à l’Église de Laodicée montre que l’hypocrisie va plus loin que le simple fait de paraître. Elle éloigne de la présence de Dieu et finit par le rejeter, le mettre dehors.

Jésus interpelle l’église de Laodicée : « Voici je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (3.20). Comment le Seigneur peut-il être à la porte de son église ? En général, ce verset est utilisé pour l’évangélisation ; c’est juste dans l’esprit général de l’Écriture, mais ce n’est pas le sens premier de ce passage dans son contexte. En effet, Jésus s’adresse ici, dans un dernier élan d’amour, à son église et non au monde. Et par cette douloureuse affirmation, il ne laisse aucune ambiguïté possible quant à la triste réalité de la situation de l’église.

Le contexte aide à comprendre la force du message : Laodicée était réputée pour son commerce, son industrie textile et son école de médecine spécialisée dans les maladies des yeux4. Enfin, Laodicée était une ville très riche. Contexte qui ressemble à s’y méprendre à celui des pays dits industrialisés d’aujourd’hui, où nous retrouvons ces trois dominantes : l’importance du commerce, l’efficacité de la médecine et la puissance de l’argent.

Si Jésus s'adresse à l'église de Laodicée avec autant de sévérité, il n'a pas épuisé, pour autant, ses moyens de grâce à son égard. Avant de rejeter définitivement cette église en la vomissant de sa bouche — Dieu ne rejette pas l'individu mais le système dans lequel s'est enchevêtrée l'église — Jésus offre encore à chacun de ses membres une possibilité de sortir de cet état d'inconscience et de sa torpeur spirituelle par un dernier appel.

On peut admirer dans la cathédrale Saint-Paul à Londres un tableau de Holman Hunt illustrant ce verset qui représente Jésus couronné d’épines et frappant à la porte. L’artiste avait achevé son œuvre, lorsque quelqu’un lui fit remarquer : « Mr. Hunt, vous avez oublié la poignée de la porte.

– Non, répondit le peintre. Relisez Apocalypse 3.20. Ce n’est pas au Seigneur mais au pécheur d’ouvrir la porte. Aussi la poignée ne se trouve-t-elle qu’à l’intérieur. »

L’ouverture de la porte a un nom : le réveil. Le réveil commence lorsque l’individu écoute et fait à nouveau entrer Jésus dans sa vie. Beaucoup conçoivent le réveil sous forme d’un mouvement de l’Esprit de Dieu, accompagné d’expériences particulières, d’émotions fortes, de dons puissants, avec une croissance quantitative de l’Église. Mais le réveil, ce n’est pas le ciel qui descend : c’est le plancher qui s’effondre, et brise l’orgueil en démasquant le péché. Jésus propose trois conseils à Laodicée, en étroite relation avec l'état économique et sociologique de la ville :
– au lieu de l’or des banques, son or épuré : le Seigneur veut nous faire comprendre la nécessité de nous séparer de tout ce qui ne le glorifie pas dans notre vie et que nous gardons, peut-être secrètement, comme des richesses ;
– au lieu du commerce du textile, son propre vêtement blanc : la blancheur du vêtement fait allusion à la sanctification basée sur la repentance, cette profonde tristesse que l’on éprouve lorsque l’on a offensé Dieu ou quelqu’un et qui n’est pas du tout une faiblesse ; la faiblesse, au contraire, est de s’accommoder de son péché, de son état et de trouver des prétextes pour y demeurer ;
– au lieu du baume des oculistes, son propre collyre : la restauration spirituelle passe aussi par une vision renouvelée et un regard fixé sur Jésus (Héb 11.1 ; 12.3).

TROIS FILS ROUGES

Trois expressions sont communes aux sept lettres :

1. « Je connais tes œuvres. »

2. « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ce que l’Esprit dit aux églises. »

3. « À celui qui vaincra ! » : cette expression-ci est suivie de promesses faites au vainqueur. Vous noterez le singulier (chacun est mis devant ses propres responsabilités) et le verbe « vaincre » (la vie avec Jésus n’est pas toujours facile, particulièrement aujourd’hui dans un monde en constante transformation). Les pièges dénoncés par Jésus aux églises se présenteront aussi sur notre route. Nous sommes avertis. Tenons-nous sur nos gardes et soyons vainqueurs !

1 Le « service » dont il est question (en grec diaconia) désigne tout travail, toute bienfaisance, surtout en faveur des pauvres. 2 « Smyrne » dérive du grec smurna qui signifie myrrhe. La myrrhe était une résine au goût amer, importée d'Orient en ce port de la mer Égée, pour en faire du parfum. 3 La ville de Sardes était construite sur une colline qui s’élève au-dessus du fleuve Pactole. Sardes était célèbre pour sa richesse et son luxe grâce à l’abondance d’or que le fleuve roulait dans son lit. Mais petit à petit, la cité s’est endormie en se repliant sur elle-même. Comme pour les autres églises, les caractéristiques locales ont influencé l’état moral des croyants. 4 Les oculistes appliquaient un collyre fameux que l'on fabriquait à l'aide d'une poudre nommée « baume de Phrygie ». Nombreux aussi étaient les malades qui cherchaient un soulagement par les eaux thermales tièdes de cette ville.

Source : http://www.promesses.org/arts/185p07.html

Voir les commentaires