LIBERTE OU PREDESTINATION - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LIBERTE OU PREDESTINATION

10 Octobre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LIBERTE OU PREDESTINATION

A. E. Wilder Smith

Une étude à propos de ce qu'implique l'exercice du libre arbitre ne serait pas complète si l'on ne mentionnait pas le problème de la prédestination (ou un manque complet de liberté).

Dans les Saintes Ecritures, il n'y a aucun doute que les deux propositions - liberté et non-liberté - sont mentionnées comme existant parallèlement l'une à côté de l'autre, sans s'annuler pour autant l'ensemble du sujet est difficile; il devrait être traité par un théologien, plutôt que par un simple scientifique. Cependant, les propositions suivantes, basées essentiellement sur le point de vue de la liberté de choix, exigent, sous peine de partialité, de mentionner la doctrine opposée, la prédestination ou la non-1iberté de choix. Elle joue aussi un rôle. C'est ce qu'avait souligné Calvin, en particulier.

La liberté de choix et la prédestination peuvent-elles exister côte à côte sans aboutir à une contradiction ou à un non-sens ? Les Ecritures enseignent qu'elles existent sans s'annuler l'une l'autre !

Une liste de quelques textes servira à confirmer notre manière de voir.

Passages comportant un libre choix :

« Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ».

(Jean 3.16).

Matt. 11 : 28.
Matt. 8: 34.
Matt.7:24.
Matt. 10: 32-33.

Matt. 12: 50.
Luc 6: 47.
Luc 12: 8.
Jean 4: 13.

Jean 11 : 26.
Jean 12: 46.
Actes 2: 21.
Actes 10: 43.

Rom. 9: 33.
Rom. 10: 11, 13.
I Jean 2:23.
I Jean 5: 1.

Passages enseignant la prédestination :

« Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis. je vous ai choisis du milieu du monde ».

(Jean 15: 16, 19).

Jean 13: 18.
Actes 13: 17.

I Cor. 1 : 27.
Eph. 1: 4.

Jacq. 2: 5.
II Thess. 2: 13.

Et d'autres textes encore.

Une comparaison des passages ci-dessus montre que l'homme est en mesure de dire NON à Dieu, avec toutes les conséquences temporelles et éternelles qui peuvent en découler. La même comparaison nous enseignera qu'il est exhorté à dire OUI à Dieu (à moins que le Dieu qui l'exhorte ne se moque de lui !). Mais remarquez bien le point suivant: quand un homme dit OUI à Dieu, il s'aperçoit qu'il était prédestiné à faire ce choix, et que Dieu, selon son conseil éternel, avait prévu (non déterminé) la décision affirmative. L'homme n'était pas nécessairement prédestiné à dire NON quoique Judas fut prophétiquement désigné comme le « fils de la perdition » (préconnaissance).

Le point central est ceci: l'homme est exhorté, il est invité à dire OUI. Il peut le faire et il le fait. Mais quand il accepte l'invitation, il découvre qu'il était prédestiné à agir dans ce sens et que Dieu avait prévu une décision affirmative. Mais si dans le cas de Judas, il y a eu une préconnaissance du NON, dans le cas de tous les chrétiens, c'est un OUI prédestiné qui émerge lorsque, regardant en arrière, ils considèrent la parfaite liberté de leur choix! Le point de vue qui consiste à concilier la liberté avec la prédestination ne peut évidemment pas être abordé par la simple logique.

Du point de vue humain, la première exclut la seconde. C'est un paradoxe. Ayant reconnu cette situation, nous devons poser la question : « La réalité, incluant les deux valeurs, est-elle en elle-même intrinsèquement paradoxale ou bien y a-t-il une faille dans notre description de la réalité ? ».

La réalité placée devant nos yeux est multidimensionnelle et probablement éternelle, tandis que nous vivons dans trois dimensions, et de plus nous sommes limités dans le temps. Comme tels, notre compréhension est temporelle et bornée. C'est ainsi que nous essayons de saisir les contours d'une réalité apparemment sans limites par le canal de nos possibilités de langage, d'un langage forcément limité et généralement insuffisant dans ce domaine. Or, exprimer cette réalité est semblable à l'essai de présenter une formule de probabilités en utilisant les chiffres 1 à 10, sans l'aide de l'algèbre.

La lumière, une réalité ?

Voici une autre illustration. La lumière, telle que nous la connaissons, est un phénomène qui fait partie de notre univers. Nos yeux se réjouissent à la lumière. Cependant, si nous sommes appelés à saisir la réalité de la lumière, nous butons contre de nombreuses difficultés. Nous pouvons la décrire comme étant corpusculaire ou ondulatoire. Il serait assez logique de dire qu'elle ne peut être simultanément l'un ou l'autre. Si elle est formée de particules, elle ne peut être onde pure. Une définition exclut l'autre. Cependant la physique enseigne que la lumière ne peut être décrite qu'au moyen des deux définitions.

Le champ de la difficulté réelle est maintenant délimité. Le dilemme concernant la lumière n'est pas le fait même de la lumière, mais de notre essai d'expliquer le phénomène avec notre langage limité. L'aspect ondulatoire et l'aspect corpusculaire semblent s'exclure, mais l'un et l'autre sont unis dans ce que nous appelons lumière. Ainsi, le paradoxe apparaît seulement dans notre description aux termes insuffisants pour des réalités si complexes.

Nous pouvons essayer de surmonter la contradiction apparente de la description de la lumière, soutenant qu'elle est soit de nature ondulatoire, soit de nature corpusculaire, simplement parce que dans notre logique elle ne peut être l'une et l'autre tout à la fois. Mais si nous laissons de côté l'une des définitions en faveur de l'autre, nous sommes manifestement dans l'erreur... Car une seule d'entre elles ne suffit pas pour expliquer l'ensemble. Les deux sont nécessaires pour fournir une explication satisfaisante du phénomène.

Liberté et non-liberté

Nous revenons à notre question de liberté et de « non-liberté ». Si nous maintenions notre point de vue que le fait du libre choix exclut la possibilité de la prédestination, alors nous tomberions dans la même faute que celle décrite ci-dessus, à savoir que la lumière n'est pas simultanément corpusculaire et ondulatoire. Le fait est cependant établi que libre choix et prédestination existent l'un à côté de l'autre et expriment une réalité multidimensionnelle. Nous avons de la peine à concevoir que ces deux faits ne s'excluent pas, mais qu'ils se complètent. En laisser tomber un conduit à se faire une fausse image de la réalité.

Ainsi, nous soutenons que la liberté de choix est aussi réelle que la prédestination. La réalité comprend l'une et l'autre, et les deux décrivent la réalité. Cela nous amène à souligner une conséquence essentielle : si le libre choix est une réalité, alors les conséquences de ce choix sont inéluctables et gardent toute leur valeur -face à la pré-destination qui demeure, parallèlement, valable aussi.images--9-.jpg

Ainsi, étant en mesure de me déterminer, je ne dis pas NON à Christ. Et de plus, je sais que mon OUI, dans l'éternel conseil de Dieu - ultime réalité - est un OUI préconnu et prédéterminé. Selon mes connaissances, la Bible ne parle jamais d'un NON de la part de l'homme comme ayant été prédéterminé, mais seulement préconnu. Eliminer le libre choix ou la prédestination reviendrait à supprimer un des aspects de la réalité.

Il est important de se rendre compte des difficultés rencontrées pour définir l'infini et l'éternel dans l'espace et dans le temps. Ce sont des phénomènes pour lesquels notre pensée et notre langage sont encore inadéquats. Mais il tombe sous le sens que l'un des aspects de la vérité, celui du libre arbitre, devait être mis en évidence pour en clarifier le message. Pour faire la part des choses, nous avons désiré présenter aussi la question de la prédestination. Si le libre choix existe, et les Ecritures et l'expérience chrétienne l'affirment, alors il existe dans toute sa force, avec toutes les conséquences telles que 'nous les avons tracées.

Lutte invisible

Il est évident, d'après ce qui précède, que Dieu cherche à obtenir de l'homme qu'il prenne une décision. Il vise à l'influencer pour le bien. Cette activité est entièrement légitime et n'interfère aucunement avec notre liberté d'action. De plus, l'Ecriture sainte enseigne que l'on ne découvre pas, dans ce domaine, uniquement les effets de cette action vers le bien. Il y a aussi, oeuvrant contre le désir de Dieu, contre l'Esprit-Saint, une activité contraire dont le but est d'influencer l'homme pour le mal. Tout comme un être personnel bon (Dieu) nous sollicite pour le bien, ainsi un être personnel mauvais (Satan) nous sollicite pour le mal. La Bible enseigne que les hommes n'ont pas seulement à lutter contre « la chair et le sang » dans cette vie, mais aussi contre des puissances spirituelles « de méchanceté » dans les « lieux célestes ». La pleine réalité de ce fait, dans la lutte pour subjuguer la volonté de l'homme, contre son bien, est tout à fait sous-estimée de nos jours, où les masses ne croient plus ni en Dieu, ni en Diable. Tout un livre serait nécessaire pour essayer de traiter cette question d'une manière convenable.

D'après « Un Dieu d'amour », Editions Telos.

Lien : http://www.promesses.org/arts/51p253-256f.html

 

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