LES RICHESSES ET LE SOUCI DU LENDEMAIN - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LES RICHESSES ET LE SOUCI DU LENDEMAIN

20 Janvier 2013 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

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Craig Blomberg 

Matthieu 6.19-34 (voir Luc 11.34-36 ; 12.22-34 ; 16.13) oppose longuement les richesses terrestres aux richesses célestes. Comme dans la parabole du riche insensé, il s’agit d’une image d’accumulation inutile — des richesses conservées là « où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler » (Mat 6.19). Jésus ne veut pas dire que l’on ne peut ni conserver ni protéger ses biens, mais que nous devons déterminer exactement lesquels nous sont vraiment nécessaires. Les versets 22-23 continuent en soulignant comment la façon dont nous gérons nos finances a des répercussions sur tous les autres domaines de notre vie. Nos motivations se révèlent à nouveau être toutes puissantes. D’où la conclusion du verset 24 : on ne peut en fin de compte servir Dieu et Mammon (« les biens matériels »). On peut à juste titres penser que le matérialisme est le plus grand concurrent du christianisme authentique à qui il dispute les cœurs et les âmes de millions de personnes dans le monde d’aujourd’hui ; y compris dans l’Eglise visible.

Les versets 25-34 nous demandent en revanche de ne pas nous inquiéter au sujet de nos besoins matériels. Nous devons avoir confiance en Dieu et en sa façon souveraine de prendre soin de nous, parce qu’il accorde encore plus de valeur aux humains qu’au reste de la création, et qu’il sait ce dont nous avons besoin. Le commandement le plus important de cette section se trouve au verset 33 : « Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus. » On peut entièrement spiritualiser cette promesse ou en reporter l’accomplissement à la fin des temps, ce qui ne correspond pas au contexte immédiat qui décrit quelqu’un qui s’inquiète au sujet de ses besoins matériels présents ; on peut aussi prendre les pluriels du verset 33 comme s’adressant à la communauté des disciples de Jésus dans son ensemble (comme c’est d’ailleurs le cas de l’ensemble du sermon, nous l’avons déjà signalé).

En cherchant d’abord ce qui est juste aux yeux de Dieu, la communauté des rachetés va par définition aider les pauvres qui sont en son sein. La juxtaposition remarquable de Luc 12.33 et du parallèle lucanien (12.31) de ce texte est un argument en faveur de cette conclusion : « Vendez ce que vous possédez, et distribuez-en le produit aux pauvres. Fabriquez-vous des bourses inusables… » Appliquer sérieusement ce principe à l’Eglise d’aujourd’hui nécessiterait une telle transformation de la plupart des communautés chrétiennes que peu semblent prêtes à l’envisager. Mais comme Schmidt le remarque : « Rester immobile parce que la fin est trop loin reviendrait à oublier que la vie du disciple est un voyage. »2 Et pour ceux qui craignent une application trop radicale de ce texte, il ajoute : « Beaucoup d’entre nous pourraient parcourir une distance considérable avant que quelqu’un ne suspecte notre obéissance d’extrémisme. » 

Demander et recevoir

Enfin, Jésus encourage ses disciples à demander, chercher et frapper, parce qu’ils recevront, trouveront et qu’on leur ouvrira la porte (Mat 7.7-8). La théologie dite de la prospérité applique parfois ces versets de façon à suggérer que la personne dont la foi est suffisante peut recevoir tout ce qu’elle demande dans la prière, particulièrement dans le domaine matériel. Pourtant, le parallèle lucanien montre bien qu’au niveau spirituel, la bonne chose par excellence que Dieu promet à ceux qui la lui demandent est le Saint-Esprit (Luc 11.13). La période dans laquelle nous vivons est marquée par le « déjà » et le « pas encore », c’est-à-dire que Dieu peut en effet parfois accéder à nos requêtes matérielles. Mais le raisonnement de Matthieu 7.9-11 est du type : « à combien plus forte raison… ». Jésus passe de quelque chose d’exclusivement matériel (7.9-10) à quelque chose de d’abord spirituel (7.11). Il vaut également la peine de mentionner que l’expression « vous recevrez » de 7.7 traduit un verbe passif à la troisième personne du singulier. Le texte grec ne mentionne pas le sujet de ce verbe. Il pourrait donc bien s’agir d’un passif divin : « demandez et Dieu vous donnera. » Ce qui laisse à la volonté souveraine de Dieu le choix de ce qui est donné ! La partie centrale du sermon de Jésus se termine par la fameuse règle d’or de 7.12. Pour l’appliquer dans le domaine économique, il faudrait certainement agir à l’égard de ceux qui ont besoin d’aide avec la générosité dont nous aimerions les voir faire preuve à notre égard lorsque nous en avons besoin.

1D.A. Carson, Matthew, Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, Frank Gaebelein éd., p. 131.
2Thomas E. Schmidt, « Burden, Barrier, Blasphemy : Wealth in Matt 6:33, Luke 14:33, and Luke 16:15 », Trinity Journal, 9–1988, p. 188.

© Editions Excelsis – BP 11 – 26450 Cléon d'Andran – Tél. : + 33 4 75 91 81 81 – Commande en ligne : www.XL6.com <http://www.XL6.com>.

Lien : http://www.promesses.org/arts/153p6-9f.html

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