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Le blog de Dr André CHOUBEU

LE REMARIAGE OU LE DIVORCE SELON MT 5.31-32 ?

14 Décembre 2012 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

LE REMARIAGE OU LE DIVORCE SELON MT 5.31-32 ?

 

Divorce-3.jpgIntroduction : 

Lorsque le lien conjugal est rompu par la mort, le conjoint survivant est libre de se remarier pourvu que ce soit dans le Seigneur (Rom 7.1-2 ;  1 Cor 7.39). Les Ecritures précisent par ailleurs que si un conjoint incroyant se décide de divorcer, le frère ou la sœur n’est pas lié(e) et pourra en toute quiétude se remarier (1 Cor 7.15).

La femme doit être regardée, non comme une servante mais comme une compagne pour le mari. Il y a un serment de Dieu dans le couple avec lequel on ne doit pas plaisanter.  L’homme et la femme devraient continuer jusqu’à la fin de leur vie dans l’amour et la paix de Dieu. Dieu n’a-t-il pas créé une seule Ève pour un Adam ? Et pourtant Il aurait pu créer une autre Ève. Pourquoi n’a-t-il fait qu’une femme seulement pour un homme ? C’était pour que leur postérité Le serve. Les maris et les femmes doivent vivre dans la crainte de Dieu afin que leur descendance soit une descendance pieuse. Le Dieu d’Israël hait la répudiation. Ceux qui voudraient se garder du péché doivent faire attention à leur esprit car c’est là que tout péché naît.  Les hommes constateront que leur mauvaise conduite dans leur famille naît de leur égoïsme qui ne tient aucun compte du bien-être et du bonheur des autres lorsqu’ils s’opposent à leurs passions et à leurs fantasmes.  C’est fatigant pour Dieu d’entendre Son peuple se justifier dans des pratiques corrompues. Ceux qui pensent que Dieu peut tolérer le péché l’affrontent et se trompent eux-mêmes. Les moqueurs ont dit : « Où est le Dieu de la justice » ? Mais le jour du jugement va venir.

De grands débats et une mauvaise interprétation des Ecritures ont longtemps attribué à Mt 5.31-32 et Mt 19.9, un sens que l’auteur même de la Bible ignore. Une approche sans discrimination du texte en question nous conduit dans la profondeur de la pensée juive à comprendre qu’il s’agit là d’un fait plus grave que celui que nos cœurs qualifient légèrement d’infidélité entre guillemet à notre façon juste pour assouvir le désir de divorce qui habitait nos cœurs tortueux, hypocrites et dénués de la vérité substantielle de la pensée divine relative au mariage. Le thème du divorce et du remariage est l’un des plus difficiles de toute la Bible. S’il est quasiment impossible de répondre à toutes les questions qu’il suscite, il est néanmoins utile de résumer l’enseignement de l’Ecriture sur ce point. Les lois sur le divorce étaient très lâches parmi les Juifs. Un homme pouvait renvoyer son épouse « pour n’importe quelle cause. Moïse demandait une lettre légale pour le divorce (Deut 24.1). Au-delà de tout ceci, faut-il reconnaître, Dieu hait le divorce (Mal 2.16) qui n’a pas de fondement scripturaire. Dirons-nous donc, qu’Il ne hait pas toute forme de divorce, puisqu’Il déclare avoir divorcé lui-même d’avec le peuple d’Israël ? (Jérémie 3.8). Cette rupture était motivée du fait que le peuple l’avait abandonné pour servir des idoles. Israël avait donc été infidèle. Christ interdit fermement le divorce excepté pour infidélité. Le mariage est une institution divine, et une obligation pour la vie (Mt 19.3-9 ; Rom 7.1-3 1 ; Co 7.10-17). Parmi les excellents interprètes, B. Weiss estime que Jésus ne donne pas ici l’adultère comme motif de divorce, mais qu’il veut seulement dire : celui qui répudie sa femme l’expose à devenir adultère, à moins que par la fornication, elle ne se soit déjà rendue telle. Ici, le mot clé réside sur la signification de fornication. Le mot infidèle dans d’autre traduction précise en cas d’union illégale (Lév. 18.6-18). 

Une reconstitution de la société juive de l’époque s’avère indispensable pour comprendre le problème dans sa complexité. Dieu en effet ne peut refuser et autoriser en même temps une chose. 

LES ORIGINES DU TESTE DONT MT 5.31-32 FAIT REFERENCE : 

Le texte qui fait sujet aux interprétations équivoques tire son origine de Deutéronome 24.1-4 : « Lorsqu’un homme aura pris et épousé une femme qui viendrait à ne pas trouver grâce à ses yeux, parce qu’il a découvert en elle quelque chose de honteux, il écrira pour elle une lettre de divorce, et, après la lui avoir remise en main, il la renverra de sa maison ».

Le terme hébreu traduisant honteux peut signifier « la nudité, la honte ou quelque chose de honteux ». Cette expression plus vague a dont donner lieu à de nombreuses déductions parmi les rabbins principalement au temps de Jésus : « une offense sexuelle proche de l’indécence ou de l’adultère ; pour certains, pas l’adultère au sens absolu du terme sinon l’auteur aurait été passible de lapidation (Deut 22.22) ; d’autres de manière plus large traduisait ce forfait par toutes sortes de fautes allant des plus sérieuses aux plus futiles, même mineure, comme le fait de brûler un repas dans la marmite au feu selon l’Ecole de Hillel ; exemple : « si elle n’a pas trouvé grâce à tes yeux », autrement dit : si quelqu’un voit une  plus belle que la sienne, qu’il répudie sa femme » (E. Staefer, Palestine… page 50). Seule l’Ecole de Schammaï prescrivait l’adultère comme motif de divorce. Le mot « infidélité » utilisé par Jésus pour justifier le divorce tire son origine du grec porneia. De Strongs’ Hebrew and Greek Dictionaries, le mot utilisé par Jésus ‘‘« porneia » tire son origine des mots juifs et grecs signifiant « prostitution incluant adultère et inceste » dans l’aspect  d’un libertinage dans l’action comme si la notion d’une quelconque idée de mariage du sujet était effacé imputant plutôt à la faute commise le sens de fornication. L’action devenue fréquente ou régulière ne constitue plus une simple faute, mais une vie devenue pratique comme celle de l’idolâtrie en faisant allusion à la prostitution sacrée dans les temples du dieu Baal. Des dérivés du même mot font allusion à un attachement à la prostitution renfermant ses pratiques infâmes devenues un mode de vie ; idée de garce, bordel, putain, catin, gagneuse ; cocotte ; faisant appel à l’idée de la notion de vente de son corps dans la vie de débauche, encourageant les autres à le faire, voire servir d’intermédiaire entre deux personnes pour une fin sexuelle illicite en échange d’argent pour commission ; notion de transport de sa personne l’ayant transformé en objet de séduction pour une fin commerciale afin de se faire des partenaires dans un sens de trafic pour lequel son corps est désormais utilisé comme un objet sans valeur transformé en esclave au profit du gain sexuel’’.

La position des églises : 

‘‘L’intervention de Jésus pose deux principes : (1) celui qui répudie sa femme pour les motifs futiles alors considérés comme suffisants, la fait devenir adultère, par la liberté qu’il lui donne de se remarier, tandis qu’en droit elle est la femme d’un autre ; (2) et celui qui épouse une femme ainsi séparée commet le même péché, par la même raison.

Mais une question se pose : si la séparation a eu lieu pour cause d’adultère, et qu’ainsi le divorce soit légal un second mariage le sera-t-il aussi ? Les uns, d’après ce texte, répondent oui ; et telle est l’opinion qui a prévalu dans l’Église et dans les législations des pays protestants, qui ont même statué d’autres causes légitimes de divorce ; les autres, se fondant sur les passages parallèles (Luc 16.18 ; Marc 10.11), où ne se trouve pas la cause exceptionnelle admise ici (si ce n’est pour cause de fornication), répondent non, et considèrent le mariage après divorce comme interdit d’une manière absolue. Telle est l’opinion et la pratique de l’Église et des législations catholiques, qui n’autorisent en aucun cas le divorce, mais seulement la séparation. La question est complexe ; Jésus n’a point entendu l’épuiser ici, puisqu’il ne parle que de la femme, qui pourtant a les mêmes droits, et nullement du mari, qui peut avoir les mêmes torts. L’apôtre Paul présente de la même manière les deux faces de ce sujet : la pratique la plus sévère (1Cor 7.10,11) et le point de vue plus adouci (1Cor 7.15)’’ (commentaire tiré d’un document).

LA COMPREHENSION DE MT 5.31-32 

Mat 5:32 : ‘‘But I say unto you, that whosoever shall put away his wife, except for cause of fornication, makes her commit adultery, and whosoever marries one that is put away commits adultery’’.

‘‘Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère’’

Nous comprenons donc que la faute exprimée par porneia implique les pratiques sexuelles condamnées par la loi de Moïse comme la prostitution, l’homosexualité, la bestialité, le lesbianisme, l’inceste (Lév. 18 et 20) etc. Ainsi, le sens porneia dans la pensée du texte biblique signifierait « la prostitution, l’homosexualité, autres vices sexuels comme le cunnilingus ou fellation et pratiques associées devenues régulières visant le seul but dans la perversion de disposer son corps en le livrant comme une marchandise dans une transaction commerciale. Celle qui se comporte ainsi ne serait plus simplement une femme adultère si oui, le pardon ne serait-il pas là ? Il s’agirait donc bien plus selon le même Strongs’ Hebrew and Greek Dictionaries, d’une prostituée (femme de mauvaise vie, fille de joie, fille publique, professionnelle), putain (femme facile, sans moralité, qui cherche à plaire à tout le monde en utilisant des moyens et des méthodes de séduction pour s’attirer la clientèle (Prov. 7.10-23 ; 5.3-6 ; 2 Rois 9.30), courtisane (femme prostituée de rang social élevé), souteneur (personne qui vit du proxénétisme ; proxénète signifie personne qui tire des revenus de la prostitution d’autrui).

La consultation de diverses traductions bibliques nous conduit à découvrir plusieurs sens lourds de signification pour le mot infidélité utilisé dans la version Louis Segond :

1. Version Webster de l’an 1833 emploie le mot « lewdness » qui se traduit par lubricité et signifie : vie de débauche, soûlerie, étalage, surabondance, luxe, dévergondage, excès, dépravation, inconduite, dérèglement, luxure, licence, obscénité, intempérance, abus. Ce même mot a aussi le sens de « obscénité » qui traduit l’indécence, la bêtise, l’impudeur, l’avilissement, l’ordure, l’impureté.

2. Version People’s New Testament emploi l’idée de manque de chasteté qui qualifie une absence de continence, de pudeur, d’abstinence, de caractère.

3.  Version Young’s Literal Translation utilise le mot « whoredom»  que nous pouvons traduire par vie de débauche.

4.  Version Bible in Basic English de l’an 1965 traduit le mot infidélité par « loss of her virtue » qui s’exprime par la perte de sa chasteté.

5.   Hebrew Name Version traduit le même mot par « sexual immorality » en Français immoralité sexuelle qui signifie amoralité, licence, perversion, dérèglement, orgie, perversité, cynisme, débauche, dévergondage, scandale.

6.  Version Vulgate traduit infidélité par fornication. Ce mot ne revêtira son sens qu’en rentrant dans l’historicité pour comprendre qu’à Rome, les prostituées « fornis » se tenaient dans les chambres voûtées et pratiquaient le vice sexuel dans les murs des maisons. Ici, il y a lieu de considérer l’attitude qu’adoptent plusieurs jeunes filles et femmes dans les endroits communément appelés « marché mondial », « rue de la joie » ; dans ces endroits, les filles à certaines heures tardives de la nuit se revêtent de manière luxueuse, séduisante ou autres et se placent à des endroits précis en quête d’un homme pour le sexe (Prov 7.10-18). 

7. Version Weymouth New Testament de 1912 traduit quant à elle le mot par « vie d’infidélité ».

Le tout résume une femme mariée qui se livre au libertinage ou vagabondage et à la perversion sexuelle, menant une vie totalement honteuse de dépravation de mœurs comme si elle était libre, autrement dit jeune fille. Dans la pensée d’une telle femme, la notion de soumission à un époux est totalement absente et elle agit en demoiselle libre de tout engagement.

La Parole Vivante de Alfred KUEN explique cette parole de Jésus comme il suit : ‘‘« excepté le cas de porneia » ; ce terme de porneia était rendu par : 1. Débauche, d’où les traductions : sauf si elle a commis un adultère, excepté pour cause d’infidélité. 2. Prostitution, dévergondage, d’où : sauf s’il s’agit d’une femme qui se livre à la prostitution, qui vit dans l’immoralité. 3. Union illégale, irrégulière, faux ménage. 4. Mariage consanguin ou incestueux (Lév. 18 ; Actes 15.20, 29, 21,25 ; 1 Cor 5.1). Dans les deux premiers cas, le lien avec la suite s’explique ainsi : il ne l’expose plus à devenir adultère puisqu’elle est déjà. Dans le troisième cas, s’il y a union irrégulière, il faut, au contraire, la renvoyer. Dans le quatrième cas, l’union peut être dissolue en cas de remariage, du vivant de son mari, avec un autre homme (Rom 7.3 ; Nombres 30.3, Deut 21.23)’’.

 

La femme chrétienne qui se conduirait comme nous venons d’expliquer tombe sous le coup de cette parole de l’Ecriture : « En effet, il y a des responsabilités dont nous devons tenir compte. Si des hommes ont été éclairés par la lumière d’en haut, s’il ont goûté aux dons du ciel, s’il ont eu part au Saint-Esprit, s’ils ont senti combien la parole de Dieu était bonne et bienfaisante et s’ils ont connu par expérience les richesses et les forces merveilleuses du monde à venir, et si, malgré tout cela, ils se sont détournés de la foi et sont retombés dans leur ancienne vie, il est impossible de les amener à une nouvelle repentance car, au fond, ils sont en train de crucifier le fis de Dieu pour leur propre compte et l’expose à la moquerie publique » (Héb 6.4-6 Version Parole vivante). 

Une femme qui parviendrait à une telle position n’est qu’une preuve réelle qu’elle avait été à l’église, mais n’avait jamais cru au sens étymologique du mot. Le mot « Croire, traduit du grec pisteuō et de l’hébreu 'âman’ dérive des préfixes et suffixes exprimant  persuasion, crédibilité, conviction morale religieuse au sujet d’une vérité ou de la véracité divine ou encore d’un enseignant, spécialement basé sur le salut en Christ. C’est pratiquement l’attachement à la profession de la déclaration de foi, c’est-à-dire au système relatif à la pratique religieuse saine, à l’évangile qui est la vérité elle-même. Croire contient l’idée de Promesse, conviction, acceptation de la vérité révélée, foi et attachement sacré aux choses divines ou dévouées à Dieu, incluant la loyauté et la fidélité. C’est avoir foi en la parole révélée, l’accepter et l’appliquer dans la conduite ou comportement, avec ferveur, respect et crainte à l’égard de la personne de Dieu et de ses choses ; ceci conduit à l’adoration, impliquant la dépendance de son bien être en Christ. C’est agir en mettant sa confiance en Christ qui devient le fondement et le support de la vie qui ne s’exprime plus qu’en lui (Christ). C’est se comporter, se tenir, vivre fermement et en permanence dans la tranquillité parce qu’on est moralement dans la vérité ou dans la certitude en prenant toujours la bonne direction qui est dans Sa volonté parfaite». 

C’est donc pourquoi, une telle personne est retournée à sa vomissure « Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux... En effet, si, après s'être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, ils s'y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première. Car mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l'avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai: Le chien est retourné à ce qu'il avait vomi, et la truie lavée s'est vautrée dans le bourbier » (2 pierre 2.1-22).

Certains exégètes pensent, d’après 1Co 7.12-16, que le divorce est admissible si le conjoint chrétien est abandonné par le non-chrétien. Dans ce passage, Paul déclare que le croyant qui reste n’est pas lié dans ce cas, c’est-à-dire que le frère ou la sœur est libre de demander le divorce, pour abandon du domicile conjugal. L’auteur de ce Commentaire est d’avis que le cas envisagé par Paul est identique à celui décrit par Matthieu : l’incroyant a quitté son conjoint croyant pour vivre avec quelqu’un d’autre. Le conjoint croyant a donc des raisons scripturaires de demander le divorce uniquement si l’autre a commis un adultère. 

Dans ce cas, l’alliance conclue avec le mari (frère) et la femme (sœur) par leur union réciproque basée sur leur foi à la Parole de Dieu et sur Christ ayant été profanée, la validité de l’alliance est rendue nulle par la violation des clauses et seule les conséquences de la trahison subsistent désormais ; car telles sont les principes des clauses de l’alliance dont nous avons amplement expliqué dans notre livre intitulé ‘Le Secret d’un foyer heureux’’ en correction. 

Nous avons rencontré des cas de certaines femmes qui par suite d’un désaccord, ont quitté leur foyer et sont allées vivre maritalement avec un autre homme pendant des années. De tels cas constituent l’un des aspects traités par Alfred KUEN. Il nous est facile maintenant de comprendre que l’infidélité dont parle le Seigneur Jésus n’est pas la paresse d’une femme, la légèreté, la rébellion, la résistance, le manque d’intelligence, le manque de zèle pour l’œuvre de Dieu, et autres défauts naturels corrigeables avec le temps, la patience ou une éducation par l’œuvre du Saint-Esprit au moyen de la Parole de Dieu et de nos prières. 

Jésus déduit la convoitise à l’adultère :

Jésus précise que celui qui regarde une femme pour la convoiter a commis adultère. Il veut dire ici que si quelqu’un éprouve le désir d’une relation coupable avec une femme, il a commis un adultère dans son cœur. Le Seigneur associe ainsi le 7ème au 10ème commandement, et affirme que Dieu ne tient pas compte seulement de l’attitude extérieure face à l’adultère physiquement commis, mais de l’état du cœur à l’égard de la femme. A cette époque, les femmes juives mariées devaient se couvrir la tête pour ne pas susciter la convoitise ; certains écrits juifs mettant en garde le grand danger qu’elles (les femmes) représentent dans la société par les moyens de séduction. La femme se trouve ici chosifiée par la personnification du désir mauvais. Le Seigneur inverse la responsabilité du mauvais désir qui est propre à tout cœur, tant de l’homme que de la femme. Alors, il déclara avec force que celui qui convoite une femme dans son cœur pour commettre adultère avec elle a déjà commis un péché. Lequel des hommes peut-t-il affirmer avec justice n’avoir jamais convoité pour prétendre chasser son épouse à cause d’un péché d’adultère ? En effet, l’homme qui a convoité a aussi été infidèle à l’alliance conclu avec Christ. Je vous ai fiancé à un seul époux, Christ, proclamera l’Apôtre Paul par le Saint-Esprit. La Bible précise que le délaissement de l’amour pour Dieu pour s’attacher un temps soit peu à autre chose, même si on doit revenir après, constitue de fait un adultère. La victoire sur les désirs du cœur, doit être accompagnée d’efforts douloureux. Mais il en vaut la peine. Tous nos sens et nos pouvoirs doivent être gardés de ces choses qui conduisent à la transgression. Ceux qui amènent les autres dans la tentation à pécher, que ce soit par leur tenue ou d’autres moyens, ou qui les laissent ou les exposent à ce péché, se rendent eux-mêmes coupables de leur péché, et en seront responsables devant Dieu. Il est vrai que des justifications personnelles sont prétentieusement et fortement avancées pour vivre une telle vie. Mais la justice de l’homme renversera-t-elle la justice divine ? Si nous devons passer par des opérations douloureuses pour que nos vies puissent être sauvées, pourquoi nos esprits ne s’y résoudraient-t-ils pas lorsqu’il s’agit du salut de nos âmes ? Il y a une tendre miséricorde dans toutes les exigences divines, et la grâce et les consolations de l’Esprit nous rendront capables d’y prêter attention. 

Et lorsqu’on a divorcé injustement ?

La prescription mosaïque que cite Jésus (Mt 5.31) se trouve dans Deutéronome 24.1. Elle permettait le divorce, mais la lettre ou (grec) l’acte de répudiation que donnait, dans ce cas, le mari à sa femme, constatait officiellement la séparation. Que de désordre parmi les croyants de nos ours. Des frères prétendus en Christ se séparent à gré de leur épouses, épousent plusieurs autres à la suite des divorces répétés, ce parfois sans divorce officiel bien que ce soit interdit par le Seigneur. Nous avons rencontré des frères qui sont à leur troisième noce laissant derrière eux deux actes de mariage au régime monogamique. Il est entendu que l troisième jouit également entre guillemet d’un acte aussi établi sous le régime monogamique. Il n’est pas étonnant d’entendre ces frères se dire ‘‘très ontionnés’’. Quelle utopie ! Un mauvais mariage favoriserait-il l’entrée au ciel ? A mon avis non parce que le mariage est un type de Christ et l’Eglise : ‘‘Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, parce que nous sommes membres de son corps’’ (Eph 5.25-30). 

Dans Malachie 2.13-17, apparaît une seconde chose contre les Sacrificateurs dont l’objet principal du reproche précédent était le mariage avec des païennes ; le prophète relève surtout dans ce qui suit le péché du divorce avec des femmes juives.

  — Vous couvrez de larmes l’autel. Ces larmes sont celles des femmes répudiées qui s’en vont pleurer devant Dieu dans le parvis.

  — De pleurs et de sanglots. Expression de la détresse à laquelle elles se trouvent réduites.

  — De sorte que l’Éternel n’a plus égard. Le culte du mari devient odieux à l’Éternel, par l’injure faite à sa femme.

Leur relâchement en ce qui concernait le culte de l’Éternel, se manifestait par des mœurs dépravées, certainement contraires à la pensée de Dieu caractérisées par  des mariages avec des femmes étrangères, la polygamie selon toute apparence, et de fréquents divorces. Une telle attitude de relâchement des mœurs correspondait à celui de la piété. Mais sur ce point encore ils cherchaient à se justifier, alléguant l’union d’Abraham avec Agar, comme si leurs désordres avaient pu s’expliquer aussi par une erreur de la foi (Genèse 16.1). Ce n’est pas tout : au lieu de s’humilier, ils contestent contre Dieu (Mal 2.17) ; ils prétendaient, eux qui devaient si bien savoir le contraire, que Dieu se plaît dans la méchanceté des hommes ; ils allaient même jusqu’à invoquer la justice divine, dont ils pensaient apparemment n’avoir rien à redouter. Nos églises d’aujourd’hui expérimentent pour certaines, les mêmes situations ayant à leur tête des Pasteurs véreux, adultères, vivant pour d’autres avec une sœur en second bureau officiellement connu dans l’église, comme pour se moquer de Dieu. 

Je hais la répudiation. On traduit aussi : « Si l’un hait [sa femme], qu’il la répudie » ; ce serait une ironie ; ou : « il la répudie » ; le fait serait mentionné avec indignation, et la suite en indiquerait la conséquence.

  — C’est couvrir de violence son vêtement. Le premier motif était la haine de Dieu pour le divorce ; le second est la culpabilité qu’assume sur lui le mari en rompant le lien qui l’unit à sa femme. Au lieu de la couvrir de tendresse et de protection, selon le symbole dont nous avons un exemple (Ruth 3.9), en lui faisant tort il se fait tort à lui-même, comme un homme qui déchirerait violemment son propre vêtement. 

Lorsqu’un homme choisissait son épouse, il la couvrait de son vêtement (Ruth 3.9). Ici, par conséquent, il faut comprendre par vêtement « les liens du mariage » ;  nous voyons également par vêtement, un symbole de protection, d’affection, d’assurance, d’amour dont la conjointe est entourée. Lui ôter toutes ces choses qui lui reviennent ne peut être caractérisé qu’au traitement brutal qu’entraîne le divorce. 

Vous avez fatigué l’Éternel. Toues ces attitudes répétées fatiguent Dieu qui à longueur de journée crient contre l’oppression, la destruction des foyers sans qu’aucune changement intervienne. La violence faite aux femmes dans les foyers est monnaie courante, même justifiée, approuvée par les Anciens d’église qui cautionnent le mal en se joignant à la multitude pour commettre l’iniquité. Cesser de violenter les épouses et coopérer avec elles pour l’atteinte des objectifs de dieu pour le couple est la vision céleste. 

En restant dans le contexte des Ecritures, il apparaît que celui qui répudie sa femme injustement devrait rester sans se marier : ‘‘A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme’’ (1 Cor 7.10-11). 

Dans l’Ancien Testament, Israël était comparé à un adultère à cause de ses fréquents attachements aux divinités païennes.

« Tu n’apporteras point dans la maison de l’Eternel, ton Dieu, le salaire d’une prostituée ni le prix d’un chien, pour l’accomplissement d’un vœu quelconque ; car l’un et l’autre sont en abomination à l’Eternel, ton Dieu » (Deut. 18.23). Que d’églises sont sous le coup des malédictions parce qu’elles ne réprimandent pas la prostitution en recevant les offrandes des prostituées ! 

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Conclusion : 

Ne vaut-il pas la peine de revoir sa position et se mettre en accord avec la parole de Dieu ?

Que de trouble ont été causés dans les églises locales par des prophéties proclamant de la part du Seigneur, des divorces et des fiançailles inconnus du ciel. Que de familles ont été trainées en justice ou abandonnées dans la rue sous prétexte d’infidélité ? Prenez garde en votre cœur d’être infidèle car je hais la répudiation dira l’Eternel par la bouche de Malachie en son chapitre 2 en ses versets 13-17.

Lorsque les cris de l’épouse abandonnée ou des enfants livrés soit au banditisme ou la prostitution s’élèveraient vers le ciel, les coupables peuvent-ils être exaucés ? Leur travail de leurs mains serait-il agréé par Dieu ? N’avons-nous pas d’une manière ou d’une autre contribué quelque part à un divorce ?

Au-delà de tout ce qui est, ne conviendrait-il pas de reconnaître que dans le royaume de Christ, celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère. Cela ne signifie pas que cette femme devient automatiquement adultère ; elle le devient si, n’ayant aucun moyen de subvenir à ses propres besoins, elle se voit contrainte de vivre avec un autre homme. Dans ce cas, la femme n’est pas seule à vivre dans l’adultère, celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère, lui aussi.

En général toutefois, les solutions que Dieu offre n’aggravent pas la situation. Si, pour rompre un lien matrimonial illégitime, des hommes et des femmes étaient incités à pécher, ou si des épouses et des enfants étaient livrés à eux-mêmes, sans foyer et sans ressources, le remède serait pire que le mal. Alors, pourquoi dans un tel cas, à cause de la survie, de l’avenir de la progéniture le couple ne pourrait-il pas entrevoir une possibilité de pardon quand bien même les conditions de divorces serait bibliquement établi ? Le divorce n’est pas une option. L’intention de Dieu pour le mariage est qu’il soit pour la vie. Tous les conflits entre époux doivent être résolus au travers d’entretiens empreints de tolérance, de pardon et de compassion. Les différences de caractère et de comportement sont parfois qualifiées par certains à tort d’infidélité. Pourtant une approche intelligente discerne dans ces différences, une grande source de sanctification mutuelle. Dans les églises locales, les anciens peuvent souvent conduire à une réconciliation en agissant comme médiateurs du conflit.

Au-delà de tout ceci, regardons vers Dieu dans sa Parole qui déclare : ‘‘Voici ce que je dis, frères, c'est que le temps est court; que désormais ceux qui ont des femmes soient comme n'en ayant pas, ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent du monde comme n'en usant pas, car la figure de ce monde passe’’ (1 Cor 7.29-31).

Revenons à Dieu comme il est convenable et ne péchons plus. Sans la paix avec tous et la sanctification, nul ne verra Dieu.

Dr André CHOUBEU

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