LA FOI ET LE PAGANISME (1) - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LA FOI ET LE PAGANISME (1)

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU

La foi chrétienne et le retour au paganisme (1)

Jean-Marc Berthoud

C. Les étapes du retour du paganisme

Introduction

Le 10 mars 1979, le Dr Pierre Benoit s'adressant à l'Association médico-sociale protestante, faisait les remarques suivantes: «Ce à quoi nous assistons tous les jours (et il se pourrait bien que nous y assistions et y participions de plus en plus) - à savoir le retour du fond des âges dans nos sociétés des formes les plus sauvages, voire des formes sans nom et de beaucoup les pires, de la violence -, n'était rien d'autre que le fruit monstrueux du mariage d'un christianisme abâtardi. avec les idéologies contemporaines les plus inconsistantes et les plus lénifiantes, dont les bonnes intentions n'ont, au bout du compte, d'autre intention que de paver l'enfer. »

Cette analyse nous place au cœur du retour en force du vieux paganisme, de ce qu'aujourd'hui on appelle le Nouvel Age. Un tel reflux s'est immanquablement manifesté aux époques où l'on pouvait constater l'abâtardissement du christianisme. Il n'a jamais été arrêté autrement que par un retour à la vraie foi. Prenons, par exemple, le fléau de l'Arianisine qui au 4e siècle manqua d'emporter, si ce n'est l'Eglise toute entière, du moins la quasi totalité de la hiérarchie. (Cette hérésie niait l'unité et identité de substance du Fils avec le Père.) Il a fallu l'intransigeante fidélité d'un homme, Athanase, pour que le mal soit arrêté et qu'il subisse une défaite décisive. Il en a été de même de la résistance opiniâtre d'Augustin au pélagianisme, un siècle plus tard. (Cette doctrine mettait l'accent sur le libre arbitre et niait pratiquement la nécessité de la grâce divine.) Plus près de nous, confronté autant à une Eglise catholique de la fin du Moyen Age profondément corrompue, tant dans sa doctrine que moralement, ainsi qu'à un pouvoir politique où la volonté des hommes et des lois d'invention purement humaines avaient pris le dessus sur la parole de Dieu, un homme seul, Martin Luther, ouvrit le chemin au rétablissement de l'autorité de la Bible tant pour l'Eglise que pour l'Etat lui-même, et pour la société toute entière. Ce rétablissement du christianisme au 17e siècle que nous appelons la Réformation fut d'abord le fruit du combat opiniâtre et solitaire d'un chrétien contre les puissances mauvaises qui avaient envahi la maison de Dieu et asservi les nations chrétiennes. Car le combat de l'Eglise contre lé paganisme, que ce soit sous des formes anciennes ou modernes, n'est pas d'abord un combat temporel - politique, social, culturel, même si ce combat a des conséquences dans tous ces domaines - mais avant tout une guerre spirituelle contre les principautés et les dominations du monde des ténèbres. Comme l'apôtre Paul nous le dit: Si nous marchons dans la chair nous ne combattons pas selon la chair Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élèvent contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance au Christ (2 Cor 10.3-5).

1. L'Eglise se place au-dessus du Christ et de sa Parole

A partir du 11e siècle environ, la tendance des évêques de Rome à s'identifier au Christ lui-même et à usurper la place du Seigneur, prend une toute nouvelle ampleur avec des pontificats puissants, ceux de Grégoire VII - pourtant fortement marqué par l'étude de la Bible - puis d'Innocent III et de Boniface VIII. C'est à cette époque que se consolida ce que nous connaissons sous le nom de système catholique romain. La papauté se dégage alors de l'emprise des pouvoirs politiques, prend le dessus dans son conflit avec les Empereurs Hohenstaufen et cherche à libérer l'Eglise tout entière de sa dépendance envers les princes. L'infaillibilité pontificale est affirmée, ajoutant ainsi une infaillibilité purement humaine à celle de la Bible. L'Eglise est maintenant conçue comme le prolongement visible du Christ lui-même, doctrine qui est à la base des pouvoirs particuliers du clergé dont le célibat devient obligatoire. La messe comme renouvellement non-sanglant du sacrifice du Christ par le prêtre prend sa forme actuelle et l'on voit apparaître des doctrines, telles celle du purgatoire, qui ne font que renforcer le pouvoir spirituel du clergé aux dépens de l'action souveraine de la grâce de Dieu». En fait, ce que la grande histoire de Fliche et de Martin appelle la centralisation pontificale ou la monarchie pontificale, n'est rien d'autre que le retour en force d'une vision romaine, impériale et païenne, du pouvoir dans l'Eglise. Ce retour aux formes païennes du pouvoir politique fut fortement renforcé par le rétablissement de l'enseignement du droit romain. particulièrement à l'Université de Bologne, et son introduction dans le droit canon comme source juridique fondamentale du droit à la place de la loi biblique.

2. L'Empire et les royaumes d'Occident imitent la romanisation du pouvoir ecclésiastique

Les empereurs du Saint Empire Romain Germanique, surtout la dynastie des Hohenstaufen, en la personne de Henri VI et de Frédéric Il, ne tardèrent pas à imiter le nouveau modèle du pouvoir établi par la papauté, afin de lui contester la suprématie politique absolue en Occident. Chez Frédéric Il. ceci fut accompagné par un véritable retour au paganisme et par le rejet des normes chrétiennes, allant même jusqu'à prôner la divinisation de la personne de l'Empereur. Plus tard, les monarchies françaises et anglaises, cherchant à consolider leur pouvoir face aux prétentions tant de la papauté que de l'empire, adoptèrent également cette vision sécularisée du pouvoir politique. Ainsi commença le travail de sape de tout l'édifice de la chrétienté qui, au cours du Moyen Âge, avait petit à petit édifié une société imprégnée de fond en comble par les normes de la parole de Dieu.

3. L'entrée en force de la philosophie païenne dans la pensée chrétienne du 13e siècle

Par l'influence d'Augustin, la pensée dualiste de Platon, fondée sur une opposition fondamentale entre esprit et matière (contrairement à la dichotomie chrétienne, qui est entre vérité et erreur, bien et mal), avait fortement marqué tout un aspect de la pensée du haut Moyen Âge. Au 1er siècle, avec l'œuvre de Thomas d'Aquin, une large entrée fut percée dans la citadelle de la chrétienté pour la philosophie païenne par la synthèse qu'il opéra entre christianisme et aristotélisme. Thomas d'Aquin souhaitait, en adaptant la pensée éminemment concrète et réaliste d'Aristote à la théologie chrétienne, contrecarrer l'influence néfaste du spiritualisme dualiste platonicien dans sa forme augustinienne. Il semblerait qu'en fin de compte il ait souhaité donner le dernier mot dans cette synthèse délicate à la pensée chrétienne, mais il n'échappa jamais au dualisme fondamental qui marquait toute la pensée grecque. Il transposa ainsi le dualisme grec (opposition: matière-esprit) en une forme nouvelle partiellement christianisée (opposition: nature-grâce). Pour lui, la foi ne devait pas seulement nous délivrer des liens du péché mais également des limites de la nature. Cette vision dualiste conduisit à séparer en deux domaines fondamentalement distincts les sciences humaines, accessibles aux seules lumières de la raison, des sciences divines, pour lesquelles la révélation devenait indispensable. Ceci revenait à dire que l'exercice de la pensée humaine séparée de la révélation divine était parfaitement adéquat au domaine dit profane. Comme si quelque chose pouvait être indépendant de Dieu! Comme si la pensée de Dieu révélée dans la Bible n'était pas également adéquate au domaine profane! Sous des apparences chrétiennes, il s'agit en fait d'une pensée en fin de compte païenne. Le père Ephrem Longpré (1890-1965), franciscain canadien et disciple de Duns Scot, s'est vigoureusement opposé au compromis thomiste qu'il «rendait responsable pour une bonne partie de la laïcisation de la pensée chrétienne». Ecoutons-le: «Galilée a failli être brûlé parce qu'il enseignait que la terre tournait autour du soleil et non le soleil autour de la terre. C'est toute la différence, et elle est énorme et irréductible, entre l'Ecole franciscaine et l'Ecole thomiste. Nous, nous enseignons que c'est la terre, c'est-à-dire tout le créé, qui tourne autour du Christ et non le Christ qui tourne autour du créé.»(23) (Le thomisme affirme que la raison humaine comprend les faits naturels, mais a besoin de la grâce pour comprendre les faits surnaturels.)

Duns Scot, dont l'influence fut si grande sur la Réforme française au travers de l'enseignement du philosophe et théologien écossais Jean Majeur, qui à Paris avait été un des maîtres de Calvin, trouva en Longpré un ardent défenseur: «La préoccupation de Duns Scot, en effet, est de créer, à l'encontre des philosophes et par-dessus Aristote entendu dans le sens authentique de sa pensée qui est païen. sous l'impulsion directe du donné révélé, une métaphysique intégralement chrétienne sensible dans tout son contenu aux exigences immédiates du dogme et à toutes ses implications les plus lointaines.

Mais l'équilibre instable créé par la pensée de Thomas d'Aquin entre un christianisme paganisé et un aristotélisme christianisé ne pouvait durer De son vivant déjà se montrait le fruit de ce compromis impossible dans la tentative d'un de ses successeurs, Siger de Brabant, de profiter de la brèche ouverte par Thomas d'Aquin pour séculariser radicalement la pensée dans tous les domaines qui ne touchaient pas directement à la théologie. Comme si la théologie ne concernait pas en fait toute la réalité, comme si Dieu n'était pas le maître d'œuvre de toute sa création! Il est significatif que la dernière bataille théologique engagée par Thomas d'Aquin fut contre cette tentative de pousser le système thomiste à sa conclusion laïque logique. C'est de ce mouvement que sont sorties ce que nous appelons aujourd'hui les sciences naturelles et les sciences humaines qui se veulent avant tout indépendantes de la pensée de Dieu exprimée dans la Bible.

4. L'humanisme italien et la première véritable renaissance du paganisme en Occident

Au 15e siècle, l'Italie a connu l'effondrement d'une présence chrétienne jusqu'alors dominante. Ce vide fut rapidement rempli par k redécouverte des valeurs culturelles de l'Antiquité et souvent par un retour explicite au paganisme 1ui-même. Le modèle dominant pour la société n'était plus du tout celui de la Bible, ni même celui de l'équilibre instable représenté par la pensée de Thomas d'Aquin. L'humanisme classique de Rome et d'Athènes devint le nouveau moule culturel dans lequel on souhaitait couler le renouveau des arts et des lettres. Avec ce renouveau d'intérêt pour l'Antiquité vint également un regain de curiosité pour tout ce qui touchait aux religions païennes jadis vaincues par le christianisme. Ainsi se développa un engouement irrésistible pour la mythologie, l'ésotérisme sous toutes ses formes, la magie, la divination, l'astrologie, et l'occultisme. Le néo-platonisme de l'Académie de Florence, fondée par Laurent de Médici et le philosophe Marsile Ficin, rejetait catégoriquement Aristote et le compromis thomiste pour s'orienter vers un platonisme à tendance nettement ésotérique. C'est contre ce retour au paganisme, contre cet affaissement du christianisme, que se dressa Jérôme Savonarole. Il n'est guère surprenant de constater que Ficin s'avérera un ennemi implacable du réformateur florentin. L'historien italien Eugenio Garin nous permet de sentir la violence du combat spirituel que livra Savonarole: «Une fois Savonarole mort (.), le chanoine Marsile Ficin composait son Apologie contre le supplicié, où il soutenait que ce n'était pas un seul esprit mauvais qui s'était incarné en lui, mais toute une armée de démons. Dans un temps qui avait cependant l'invective facile, on vit rarement rassemblées en un même écrit autant d'insultes et d'atteintes à la mémoire d'un mort». L'entreprise de restauration chrétienne de Florence par Savonarole fut abattue par une alliance entre la papauté des Borgia et les forces des humanistes, finalement peu enclins à se soumettre à la royauté de Jésus-Christ. Il est cependant frappant de voir Luther, quelque vingt ans plus tard, reprendre le flambeau de la lutte contre le nouveau paganisme dans l'Eglise et dans la société, se reconnaissant, dans une préface aux dernières Méditations de Savonarole, en quelque sorte comme appartenant à la lignée de son fougueux prédécesseur. Loin d'être des figures «modernes» comme on l'a trop souvent prétendu, des hommes comme Luther et Savonarole furent des personnalités archaïques à leur époque. Leurs préoccupations rappelaient bien plus celles du haut Moyen Age et même de l'antiquité chrétienne des pères de l'Eglise que la Renaissance ou les Lumières. Il est significatif que ce fut un Médici - la famille de banquiers qui avait dominé la vie politique, sociale et culturelle de Florence au 15e siècle et dont Savonarole avait si fortement combattu l'influence paganisante -' le pape Léon X, qui excommunia Luther, action qui rendit impossible toute véritable réforme interne de l'Eglise romaine.

5. La lettre morte d'un protestantisme apostat

La réforme fut le dernier barrage, socialement et politiquement significatif, à s'opposer à la montée apparemment irrésistible du paganisme moderne. Pendant la Réformation, partout où fut prêchée la parole de Dieu dans son intégralité, les forces montantes du paganisme furent arrêtées, et cela autant dans la société qu'à l'intérieur de l'Eglise. L'Eglise catholique, subissant par contre-coup involontaire l'influence bénéfique de la réforme, se mit elle-même à résister vigoureusement à l'offensive d'un paganisme qu'elle avait d'abord encouragé. Mais cette accalmie fut de courte durée.

La nouvelle brèche dans les défenses de la chrétienté se fit cette fois dans le monde gagné au protestantisme, en particulier en Hollande et en Grande Bretagne. La Hollande, par la tolérance relative qui y régnait dans la deuxième moitié du 17e siècle, devint la plaque tournante européenne des publications critiques de l'orthodoxie. La foi réformée, si fortement axée comme elle l'était sur la parole de Dieu et sa prédication et sur la foi seule (aux dépens de toute liturgie, de sacrements, de traditions, de coutumes), était particulièrement vulnérable à la tentation du rationalisme. une fois que s'introduisait un relâchement de la foi en l'autorité de la parole de Dieu. C'est d'un tel relâchement spirituel qu'est en grande partie venue l'offensive rationaliste de la fin du 17e et du siècle suivant. Ce n'est pas un hasard si la Franc-maçonnerie, qui joua un si grand rôle en France dans la montée des Lumières, fut fondée par un pasteur écossais apostat, James Anderson, associé à un prédicateur huguenot, Jean Théophile Désaguliers, ayant lui aussi renié de fait la foi chrétienne. Elle prit racine en Angleterre avant d'envahir l'Europe toute entière. Ces «lumières», dont le caractère principal était leur opposition aux «ténèbres» du christianisme, furent un des moteurs principaux de la Révolution française. Comme d'habitude, nous devons constater que le mal se propage toujours grâce à la démission du bien

.6. Le siècle des lumières et l'éclosion du paganisme moderne

Peter Gay un de meilleurs connaisseurs de la civilisation des lumières, intitule très justement le premier volume de son chef d'œuvre consacré au l8e siècle, «L'essor du paganisme moderne.» Il est aujourd'hui incontestable que le 18e siècle fut marqué par une guerre ouverte menée par la secte des philosophes, partisans modernes du paganisme, contre le christianisme tout entier. Le mot d'ordre de Voltaire, «écrasez l'infâme», s'adressait bien sûr surtout à l'Eglise catholique romaine. mais à travers elle il attaquait le Christ lui-même, la révélation et le christianisme tout entier. Il fallait à tout prix effacer toute trace de l'influence du christianisme de la civilisation européenne. C'est l'influence de ces «lumières» qui donna tout son caractère anti-chrétien à la Révolution française et qui y déchaîna la persécution si violente des chrétiens. Il ne faut pas non plus oublier la fascination de nombreux Français cultivés à la veille de la révolution pour tout ce qui concernait les pratiques occultes. Lemesmérisme faisait rage et un véritable magicien comme Cagliostro était la coqueluche des salons. 

Il nous faut également constater l'extrême faiblesse du christianisme à cette époque, du moins sur le continent. Si l'ancienne et la nouvelle Angleterre ont connu un important réveil spirituel dans la seconde moitié du 18< siècle, il n'en fut guère de même sur le continent. Sur le plan intellectuel, le christianisme n'offrit que peu de résistance aux assauts des philosophes. Le nerf combatif de l'apologétique chrétienne semblait brise. Il v avait certes quelques exceptions comme Edmtind Burke (sur le plan politique) ou Georg Friedrich Hamann (sur celui plus fondamental de la philosophie). Ce dernier était à la fois un ami personnel de Kant (ils s'étaient connus pendant leurs études secondaires à Kônigsberg) et son plus farouche - et unique? - adversaire chrétien.

Mais, comparé au siècle précédent, combien étaient rares les intellectuels chrétiens qui osaient, ou pouvaient, s'attaquer aux idoles idéologiques de l'époque. Abandonnant sa position conquérante, le christianisme se plaçait partout sur la défensive. Au lieu d'affirmer la nécessité absolue de la révélation, du surnaturel, des miracles, de l'irruption de Dieu dans un monde perdu, les chrétiens cherchaient à s'accommoder au mieux avec le rationalisme ambiant, diluant de plus en plus le contenu propre de la foi. Le renouveau piétiste portait ses fruits empoisonnés. Son anti-intellectualisme aboutissait à une attitude passive face au mal et à l'erreur et à une perte complète du sens du combat spirituel, moral et intellectuel. Il est aussi aisé de combattre chrétiennement sans doctrine structurée que de marcher sans colonne vertébrale!

Cette démission doctrinale allait de pair avec une graduelle disparition des préoccupations morales et sociales des chrétiens. L'oubli de la loi de Dieu, l'antinomisme, conduisit au refus de l'autorité de Dieu sur la vie individuelle et publique. La vision de l'autorité royale de Jésus-Christ sur la société toute entière disparut presque totalement et la sphère chrétienne commença à se réduire, là où elle existait encore, à un domaine presque exclusivement spirituel. On oubliait ainsi que tout pouvoir avait été donné au Christ dans les cieux et sur la terre. Faute de vision et de motivation, le christianisme, encore très largement majoritaire à la fin du 18e siècle, plia piteusement devant une petite clique de philosophes fanatiques, brillants et déterminés, et surtout délivrés des chaines qui nous empêchent de donner libre cours à notre penchant au mal que sont les scrupules moraux au cœur du christianisme. Les protestants en France plièrent d'une manière terrible devant le fléau de la révolution. La résistance catholique, elle, fut bien plus sérieuse et opiniâtre. La plupart des chrétiens de cette époque manifestaient bien l'apparence de la piété, mais où donc était leur force? Cette force ne vient que d'une communion constante avec Dieu, d'une vie spirituelle construite autour de cette charpente indispensable qu'est la doctrine biblique, d'une vie pratique tout entière fondée sur l'obéissance, dans tous les domaines de la vie, à la loi divine. Elle manquait lamentablement à beaucoup de chrétiens de ce temps, comme du nôtre d'ailleurs. La foi véritable, celle qui tant de fois auparavant avait montré sa force victorieuse en mettant le paganisme en déroute, avait presque partout disparu. Il n'est guère surprenant qu'alors s'ouvrit le gouffre béant de la Révolution; les portes de l'enfer commençaient à s'entrouvrir sur le monde moderne.

Jean-Marc Berthoud

Lien :   http://www.promesses.org/arts/94p20-27f.html

 

 

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