DEUX VIES CONTRASTEES - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

DEUX VIES CONTRASTEES

14 Octobre 2011 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Etudes Bibliques

DEUX VIES CONTRASTEES

Sebastien THERET

 

À la même époque, deux citoyens romains naissent au sein de l’Empire. Saul, issu d’une famille juive, voit le jour dans la ville de Tarse, au sud de la Turquie actuelle, tandis que Sénèque naît à Cordoue, en Espagne. Tous deux vont grandir et connaître les avantages d’une éducation intellectuelle privilégiée afin de les destiner à de hautes fonctions dans leur culture respective.

Jeune, Sénèque se rend à Rome pour y devenir l’élève de plusieurs maîtres dont Attale, qui enseigne la philosophie stoïcienne1 . Quant à Saul, il étudie à Jérusalem auprès du rabbin Gamaliel (Actes 22.3).

Voilà deux personnes assoiffées d’idéal qui souhaitent vivre ce qu’elles emmagasinent et ne pas considérer qu’elles ont agi alors qu’elles ont seulement parlé. Saul et Sénèque s’engagent donc avec ardeur et enthousiasme, chacun dans la voie qui s’ouvre à lui ; l’un comme rabbin, docteur de la loi mosaïque, l’autre comme orateur éloquent, précepteur, conseiller à la cour impériale. Les deux chemins pris par ces deux contemporains illustrent les grandes différences entre la sagesse qui vient d’en haut, de Dieu, et celle qui provient de l’homme et de ses travaux.

Convaincus de ce qu’ils ont reçu comme enseignements, ces deux hommes ne se ménagent pas pour en être de dignes représentants. Saul va jusqu’à pourchasser les chrétiens, dans l’église naissante, les faisant mettre en prison ou même à mort (Act 8.3 ; 9.1). Rien ne semble l’arrêter dans son zèle, dans son désir d’être fidèle à ce qu’il tient pour la vérité — non pas que les principes, ordonnances et préceptes de la Torah, des prophètes et des psaumes, soient erronés mais il n’en saisit pas l’essence même. Sénèque, dont la renommée grandit à Rome, doit faire face aux jalousies qui prévalent à la cour impériale. Il n’est pas facile de vivre en tant que philosophe conséquent avec le message que l’on porte aux alentours du trône du pouvoir temporel.

Mais voilà que ces deux routes, semble-t-il toutes tracées, bifurquent et amorcent un virage inattendu. Saul est arrêté par Dieu à l’approche de la ville de Damas (Act 9). Par cette révélation divine, les écailles qui l’aveuglent tombent et il s’engage dès lors comme serviteur de Christ en laissant complètement tomber les honneurs et la reconnaissance qui auraient pu être siens. Quelques années plus tard, dans la cité romaine, à la suite de l’assassinat de l’empereur Caligula en 41, son successeur Claude exile Sénèque, le brillant orateur, en Corse, dans une retraite forcée loin des fastes du palais ; son éloignement durera huit années, bien longues pour cet homme de cour à la personnalité complexe, et conscient de ses contradictions.

Sénèque n’est pas le fondateur du stoïcisme, mais l’un de ces plus illustres porte-drapeaux, du moins quant à l’une de ses facettes. Ainsi, il ne cherche pas la souffrance pour l’endurer avec courage. Non, il fait tout pour l’éviter et si elle s’invite de force, alors il cherche dans la sagesse humaine les ressources pour pouvoir lui faire face, la surmonter et atteindre le repos de l’âme par un apprentissage du contrôle de lui-même. Sénèque croit en l’homme. Il parle comme si la source du mal n’est pas vraiment dans la nature humaine (au contraire de Saul, devenu l’apôtre Paul de Romains 7). Sénèque écrit sur le bonheur, l’idéal d’une vie qui vaut la peine d’être vécue, sur les attitudes à avoir devant la mort, face aux épreuves de l’existence. Cependant, ses conseils qui paraissent parfois bons, ne sont souvent que des maximes, des belles pensées dont les hommes aiment à se souvenir mais qui ne donnent aucune force en elles-mêmes pour traverser l’épreuve.

En 49, Sénèque est gracié et revient à Rome pour prendre la charge de précepteur auprès du fils de la nouvelle impératrice, Néron qui, sous son instigation, deviendra en 54, à l’âge de dix-sept ans, le nouvel empereur. Le philosophe est alors à l’apogée de sa carrière. Il est célèbre, riche, influent et ce jusqu’au sommet de l’empire.

Pendant ce temps, Paul, l’ancien pharisien aux intéressantes perspectives d’avenir, parcourt les routes de l’empire, et ce dans des conditions difficiles (2 Cor 11.23-28), sans notoriété officielle (2 Cor 6.9), sans biens terrestres tout en enrichissant les autres de la vraie grâce de Dieu (2 Cor 6.10). Cette vie peu enviable de l’extérieur est pourtant riche et extraordinaire quant à sa relation avec Dieu et aux fruits qui en découlent. S’il rencontre l’adversité, il ne regrette en rien son appel à servir Christ quand bien même cela le conduit devant les tribunaux, et notamment dans la ville de Corinthe, lorsqu’il comparaît à la demande des Juifs, devant le frère aîné de Sénèque qui répond au nom de Gallion, alors sénateur et proconsul d’Achaïe (Act 18.12-17).

En 60, comme prisonnier pour l’amour de Christ, Paul est incarcéré à Rome pour comparaître devant l’empereur en personne. Nous ne savons pas si Paul et Sénèque se sont rencontrés lors de ce séjour (voir encart), mais il est évident que Néron est complètement sorti du cadre de l’enseignement que son précepteur s’est efforcé de lui inculquer. En effet, Sénèque n’a pu, au fil des années, que constater la dérive de son ancien élève et son incapacité à contrôler ses excès grandissants et plus qu’inquiétants. À tel point qu’il a voulu se retirer de la cour, prendre de la distance, mais la permission de cette retraite lui fut refusée. Sénèque n’est pas un homme libre. Peut-être se déplace-t-il dans le palais et la ville sans être entravés par des liens au contraire de Paul (Phil 1.13), mais le seul homme libre des deux, affranchi du péché et des vanités de cette terre, c’est bien l’apôtre dont une des consolations est de savoir son disciple Timothée, son enfant quant à la foi, fidèle à l’enseignement qu’il lui a transmis.

Après la libération de Paul, Néron, orgueilleux et vaniteux, s’enfonce dans la mégalomanie. En 64, il fait arrêter et mettre à mort les chrétiens de la ville en les accusant de l’incendie qui a ravagé la cité. L’année suivante, un complot se fomente pour éliminer cet empereur cruel. La tentative échoue et Néron en profite pour se débarrasser de Sénèque en lui donnant l’ordre de mettre fin à ses jours, ce que ce dernier fait en s’ouvrant les veines. Triste fin que celle de cet homme ayant couru après les honneurs et les richesses temporelles tout en se faisant le porte-parole d’une certaine forme de sagesse humaine. Quelle doit être son amertume en quittant ainsi la scène poussé par la folie meurtrière de celui qu’il a instruit en vain dans les voies de la raison humaine ?

L’apôtre Paul, n’a pas été un orateur brillant et estimé (2 Cor 10.10), un homme de pouvoir. Il a plutôt choisi l’opprobre du Christ, l’estimant comme un plus grand trésor que tout ce qui est ici-bas (Phil 3.7-8). Il a combattu le bon combat et achève sa course terrestre avec l’approbation de Dieu (2 Tim 4.6-8) et l’assurance d’une vie éternelle en Christ.

« Cette parole est certaine et digne de toute acceptation ; car c'est pour cela que nous travaillons et que nous sommes dans l'opprobre, parce que nous espérons dans le Dieu vivant qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles. » (1 Tim 4.9-10)

Aujourd’hui les effets bénis de la vie et des travaux de l’apôtre sont manifestes, si bien qu’il est aisé de se dire qu’il a choisi la bonne voie. Mais à l’époque, à part lui et les chrétiens, combien auraient associé à son nom la mention d’une vie réussie ? Pourtant elle l’a bien été au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer, et pas seulement dans ses résultats posthumes. Pour qui suit fidèlement le Seigneur Jésus, il est une abondance de vie que le monde ne peut percevoir ni même soupçonner.

Voulez-vous réussir votre vie, plutôt que de réussir dans la vie ? Suivez donc l’exemple de l’apôtre Paul qui nous invite dans son sillage :

« Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ. » (1 Cor 11.1)

 

 

Lien  :  http://www.promesses.org/arts/163p13-15f.html

 

ize:13�r; ��J��Jly:"Times New Roman","serif";mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; color:black;mso-fareast-language:FR'>Un soir, le roi avait passablement bu et a décidé d’utiliser les ustensiles venant du Temple de Jérusalem pour continuer la beuverie, une manière peu subtile d’humilier ce dieu de Jérusalem et de proclamer la supériorité des siens. La bonne humeur de tous s’efface très vite lorsqu’apparaît une main qui écrit des mots incompréhensibles sur le mur. Le roi est terrifié, ce qui semble être la réaction la plus intelligente en pareille situation.

« Quand la reine-mère fut informée de ce qui troublait le roi et ses hauts dignitaires, elle pénétra dans la salle du festin. Elle prit la parole et dit : Que le roi vive éternellement ! Ne te laisse pas terrifier par tes pensées et que ton visage ne pâlisse pas ainsi ! Il y a, dans ton royaume, un homme en qui réside l'esprit des dieux saints ; du temps de ton père, on trouva en lui une clairvoyance, une intelligence et une sagesse pareilles à la sagesse des dieux, aussi le roi Nabuchodonosor, ton père, l'a-t-il établi chef des mages, des magiciens, des astrologues et des devins.

» La reine-mère a une théologie lamentable ! Elle parle de quelque chose qu'elle ne comprend pas. Elle doit avoir vaguement entendu dire que les Hébreux emploient un nom au pluriel pour appeler Dieu et que ces dieux sont appelés aussi saints; elle suppose donc que Daniel est un païen comme tous les autres, elle comprise. Mais derrière la confusion théologique, il y a quelque chose de stupéfiant. La reine voit la puissance de Dieu sur Daniel ; qu'elle n'ait pas les bons mots pour la décrire ne signifie pas qu'elle est aveugle. Dieu habite en Daniel de telle manière que, pour ceux qui l’entourent, il ne fait aucun doute que Dieu est derrière son serviteur. Si Dieu lui-même n'est pas présent en nous, le succès va nous échapper. Et c'est une chose à laquelle nous ne pouvons rien faire : il est impossible d'inciter Dieu à demeurer en nous. Soit nous acceptons le salut qu'il nous propose à ses conditions, soit nous n'aurons jamais Dieu en nous.

Toutes les autres clefs sont inutiles sans action de Dieu lui-même. Si Dieu ne lui avait pas révélé le rêve du roi, Daniel serait mort, point final. Si Dieu n'avait pas bien disposé l'intendant, Daniel aurait risqué sa tête aussi. Si Dieu n'est pas présent, garder notre intégrité signifiera devenir des fanatiques coincés, prier signifiera se créer l'impression que Dieu nous écoute et lire la Bible se transformera en activité culturelle avec des pensées positives. Il ne peut y avoir aucun succès sans intervention directe de l'Esprit du Dieu saint.

Comment définir le succès ?

Le succès de Daniel était un succès impressionnant à nos yeux. Et ces clés d'intégrité, de prière, de l'Écriture et de la présence de Dieu ont été essentielles pour le réaliser. Elles sont faciles à expliquer, et demandent surtout à être mises en œuvre. Mais s'arrêter à Daniel nous donnerait une fausse image du succès : la réussite professionnelle, ou familiale, ou artistique n'est pas le succès auquel les êtres humains sont appelés. La meilleure définition de ce dernier se trouve dans une autre partie de la Bible, la lettre aux Hébreux.

« Que dirai-je encore ? Le temps me manquerait si je voulais parler en détail de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes. Grâce à la foi, ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation de promesses, fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l'épée. Ils ont été remplis de force alors qu'ils étaient faibles. Ils se sont montrés vaillants dans les batailles, ils ont mis en fuite des armées ennemies ; des femmes ont vu leurs morts ressusciter pour leur être rendus. D'autres, en revanche, ont été torturés ; ils ont refusé d'être délivrés, afin d'obtenir ce qui est meilleur: la résurrection. D'autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d'autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l'épée. D'autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n'était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre. Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi, et pourtant, aucun d'eux n'a reçu ce qu'il leur avait promis. C'est que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous : ils ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection. » (Héb 11,32-40)

Remarquons que le succès est défini comme la victoire et la force, mais aussi comme la mort et la torture. Le succès, c'est quand Dieu peut dire de vous « le monde n'est pas digne de toi ». Et Dieu nous a fait à ce sujet de plus grandes promesses qu'aux grands héros de la foi. Les clés que nous avons découvertes dans le livre de Daniel vous garantissent ce succès-là ; elles ne garantissent pas l'autre, ni même une vie bien tranquille. Pour cela, il n'y a ni clé, ni garantie…

Lien :  http://www.promesses.org/arts/163p4-8f.html

Qui est Sénèque ?

Sénèque est né à Cordoue (environ 4 apr. J.-C. jusqu’à 65). Précepteur de Néron dont il encourut la disgrâce, celui-ci lui ordonnant de s’ouvrir les veines. On a de lui des traités de philosophie morale inspirés de la doctrine stoïcienne et des tragédies (Médée, les Troyennes, Agamemnon, Phèdre). D’après le Larousse.

Paul et Sénèque se sont-ils rencontrés ?

Jérôme, Augustin, les Actes des Martyrs de Linus, parlent d’une correspondance qui aurait été échangée entre Paul et le philosophe, lors du séjour de l’apôtre à Rome. Ces lettres, qui ont été conservées, mais avec des recensions différentes, n’ont pas une grande portée. Sénèque loue Paul et sa doctrine, mais il lui recommande d’améliorer son style et il lui envoie un traité sur la valeur des mots. Paul lui recommande d’être attentif à son enseignement. C’est au quinzième siècle seulement que l’on a nié l’authenticité de ces lettres, et contesté que Sénèque fût devenu chrétien ; le séjour de Paul à Rome, ses rapports avec Gallion, frère de Sénèque, et les vagues analogies que l’on a cru trouver entre les maximes du philosophe et la doctrine de l’apôtre, ne constituent en effet pas une preuve suffisante (Jean-Augustin Bost, Dictionnaire d’Histoire Ecclésiastique, Librairie Fischbacher, Paris, 1884) – Nous pouvons ajouter que Paul, s’il a terminé sa course en martyr, n’aurait pas mis fin lui-même à ses jours, étant, comme ses épîtres nous l’enseignent, complètement entre les mains de Dieu tant pour sa vie que pour sa mort. De plus, pourquoi aurait-il donné un quelconque argument à la doctrine stoïcienne en échangeant par écrit à propos de celle-ci ? Au contraire, sous la direction du Saint Esprit, il nous met en garde contre la vacuité de la sagesse humaine (1 Cor 1.20 ; 2.5 ; 3.20).

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