LE PARDON DE DIEU - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LE PARDON DE DIEU

9 Août 2017 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

“Presque”

“Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste...” Mt 27. 19

Le mot “presque” est l’un des mots les plus déprimants de notre langue. Il rivalise avec “si seulement” ou “peut-être plus tard” au concours des mots sans débouché. “Il s’en est presque sorti...” pour dire en fait : “il n’a pas survécu à son accident” ! A un mot près, il était encore vivant ! Quand Pilate a rencontré Jésus, il avait le choix entre : soit refuser de condamner un innocent, soit sceller son propre destin. Il a “presque” pris la bonne décision, celle que lui conseillait sa femme “Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car, cette nuit, j'ai beaucoup souffert en rêve à cause de lui” (Mt 27. 19). Max Lucado écrit : “Il était dans une position unique : celle d’absoudre le Prince de Paix, de relâcher le Fils de Dieu, d’acquitter le Christ” mais finalement il n’a pas pris cette décision. Il aurait pu écouter la voix de sa femme ou prêter attention aux paroles de Jésus, mais il choisit d’écouter la voix de la foule manipulée par les chefs religieux.

Face au Sauveur qui pouvait lui garantir l’éternité en Sa présence, Pilate tourna le dos au salut. Beaucoup de gens à travers l’histoire auraient rêvé de rencontrer personnellement le Christ. Mais cette “chance”, Pilate la rejeta, par peur de s’aliéner le soutien des chefs religieux. Une grande leçon se dégage de cette courte histoire : face à des choix difficiles ou importants nous pouvons soit prendre la bonne décision soit refuser de le faire. Même en ajoutant tous les “presque” que nous pouvons prononcer en une journée, le mauvais choix ne se transformera pas en bonne décision ! “Presque” est un mur infranchissable. Si vous n’avez pas encore accepté le Christ comme votre sauveur, saisissez l’opportunité quand vous le pouvez encore. Le mot “presque” n’existe pas dans le vocabulaire divin : il n’est que l’équivalent de “jamais”. “Presque” sauvé n’est pas le passeport valide pour l’entrée au Paradis, dans la présence de Dieu. Choisissez plutôt le chemin de la vie et de la vérité, Jésus !

“Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité ; J’ai dit : J’avouerai mes transgressions... Et tu as effacé la peine de mon péché.” Ps 32. 5

Puisque la Bible parle sans cesse du pardon, il est intéressant de voir comment elle en parle et même avec quels mots elle le fait. En hébreu, pardonner se dit aussi avec le verbe effacer. En pardonnant, Dieu efface la liste des fautes que nous avons commises. Si je lis bien la Bible, Dieu a inventé et proposé la gomme avant d’inscrire la loi ! Un autre mot hébreu parle du pardon, c’est celui qui cerne l’idée de lever, enlever un fardeau, soulager pour porter plus loin. C’est cette idée que l’on trouve dans l’expression de Jésus lorsqu’il nous propose de déposer nos fardeaux, de les enlever de nos épaules, pour que nous en soyons soulagés, libérés. Libérer, c’est un troisième verbe qui évoque le pardon. Libéré, débarrassé d’une dette lourde, stressante, oppressante. Ce n’est pas pour rien que Jésus propose une bien belle parabole : celle du roi qui remet une énorme dette à l’un de ses sujets.

Mais le serviteur soulagé, gracié, met ensuite la pression sur d’autres serviteurs qui lui doivent personnellement un peu d’argent. Or, le roi, informé de cette attitude déplorable, revient sur sa remise de dette et emprisonne celui qui n’a pas eu, à l’égard des autres, la compassion dont il avait été bénéficiaire. De cette parabole, il y a beaucoup à découvrir. Notamment que le roi remet la dette de son serviteur sans poser de condition. Il pardonne à son débiteur parce que celui-ci le supplie d’être patient et miséricordieux. Ce serviteur ne prononce pas une prière de repentance et ne fait aucun acte de contrition, et pourtant, il y a bel et bien une remise de dettes. Lorsque le roi revient sur sa décision, il le fait parce que la conduite du serviteur est sans réciprocité, sans pitié, sans amour, sans pardon. Le serviteur témoigne n’avoir rien saisi de la grâce qu’il y a dans le pardon. Il n’a pas compris cette règle évangélique : “Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux !” (Mt 7. 12).

“C’est Lui qui pardonne toutes nos fautes, qui guérit toutes nos maladies, qui reprend ta vie au fond du gouffre... qui rassasie de biens ta vieillesse, qui te fait rajeunir comme l’aigle…” Ps 103. 3-5

Le psalmiste insiste : le pardon de Dieu est une force vivifiante, revivifiante ; une force qui évoque la résurrection, une force qui remet sur pied, qui remet en route. Dans l'Évangile, Jésus pardonne Lui-même seulement deux fois. L’une de ces fois, c’est lorsqu’Il accorde le pardon au paralysé transporté par ses quatre amis : “Tes péchés te sont pardonnés… Lève-toi et marche, va chez toi !” (Mc 2. 5). Nous avons bien là l’idée d’une remise en route, voire d’une nouvelle vie, d’une résurrection. Le pardon de Dieu permet de reprendre de la hauteur lorsque l’on se sent écrasé. C’est ainsi que tout en nous est renouvelé, rafraîchi : c’est la vigueur de l’aigle qui lui permet de s’élever dans les airs, libre, libéré. Le roi David, qui parle si bien du pardon, explique comment est Celui qui pardonne.

En saisissant la nature de Dieu, on comprend que de cette nature ne peut découler que le meilleur : l’amour, l’amour qui pardonne tout, qui supporte tout : “Le Seigneur est compatissant et clément, patient et grand par sa fidélité” (v 8). Le psalmiste ajoute ce qui semble se retrouver dans la première lettre aux Corinthiens, lorsque l’apôtre Paul propose une définition de l’amour : “Il n’accuse pas sans cesse. Il ne garde pas rancune pour toujours. Il ne nous traite pas selon nos péchés; Il ne nous rend pas selon nos fautes” (v 9-10). L’amour de Dieu est patient : l’expression hébraïque dit que “son nez est long” ! Cette image est celle de la colère longue à venir, retenue. C’est que l’amour de Dieu l’emporte sur la colère. Pourtant, la colère serait légitime parce que Dieu est sans cesse offensé par nos comportements et nos rébellions. Mais Dieu retient cette colère, enlève la dette, efface l’offense par amour ; Il pardonne. En écho, Jésus enseigne la prière qui devrait surgir de chacun : “Pardonne-nous nos offenses !”

“Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant Il éloigne de nous nos transgressions.” Ps 103. 12

Dieu pardonne et éloigne de nous le fardeau de nos fautes, autant que le levant du soleil est éloigné du lieu où il se couche. Sans Son pardon, nous sommes morts. Avec Son pardon, nous sortons de la mort, et nous pouvons aller de l’avant. Bien que tournés vers le passé à dépasser, le pardon nous ouvre un avenir. Le pardon nous permet d’aller de l’avant malgré le fardeau de nos fautes. Le pardon nous oblige à nous souvenir de Celui qui nous l’accorde et sans lequel notre vie serait invivable. Desmond Tutu, archevêque d’Afrique du Sud, a analysé toutes les conséquences tragiques de l’Apartheid, et il a dit : “Sans pardon, il n’y a pas de futur.” C’est vrai pour nous aussi et Dieu, en nous pardonnant, nous en offre un. Une des fêtes les plus importantes de la liturgie juive est celle du Yom Kippour, le jour du Grand Pardon. Ce jour-là, les Juifs pratiquants passent plus de douze heures à la synagogue, à jeun, pour se replacer sous le bénéfice de ce pardon. Dans cette démarche de piété forte, le croyant confesse devant Dieu ses fautes. Il médite sur cette vérité étonnante qui est la capacité de Dieu à pardonner là où Il pourrait châtier, punir et éliminer.

Sans cette prise de conscience de la “chance” qu’il a d’avoir un Dieu clément et compatissant, patient et miséricordieux, il n’aurait jamais le courage d’avouer ses transgressions. Si je n’étais pas sûr d'être pardonné, je garderais pour moi, dans le secret de mon coeur, l’essentiel de mes secrets intimes, pour éviter d’être jugé et condamné autant par Dieu que par mon entourage. Pourquoi dévoiler mes faiblesses si, une fois avouées, je ne reçois pas le pardon, mais le jugement ? Par contre, toutes les données changent si l’essence même de Dieu est amour et pardon. “Si nous prétendons n'être coupables d’aucun péché, nous vivons dans l’illusion, et la vérité n’habite pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, Il est fidèle et juste et, par conséquent, Il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis” (1 Jn 1. 8-9).

“Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. “ (Luc 15. 21)

Le pardon de Dieu nous permet de vivre, malgré nos limites et nos manquements. Le croyant pardonné promet de renoncer à tout comportement qui l’entraînerait dans de nouvelles erreurs. Il peut alors méditer cette promesse du livre des Proverbes : “Qui confesse ses fautes et y renonce obtiendra miséricorde” (Pr 28. 13). Le prophète Ésaïe se fait l’écho d’une parole de Dieu d’une grande bienveillance : “J’ai dissipé tes péchés comme un nuage et tes fautes comme une nuée. Reviens à Moi car Je t’ai racheté, libéré de ta dette” (És 44. 22). Nous devons nous souvenir que Dieu est amour et qu’Il prouve Son amour en nous aimant le premier. Il nous a aimés le premier parce qu’il fallait bien que quelqu’un fasse le premier pas. Or, nous, nous ne sommes pas remplis de cet amour inconditionnel tandis que l’essence même de Dieu est Amour. Il fait le premier pas tel le père du fils de la parabole. Il est parti, bafouant tout l’amour paternel au nom d’une liberté fantasmée, laquelle le conduit à la perdition.

Lorsque ce fils indigne reconnaît son erreur, il décide de retourner vers son généreux père pour espérer et implorer son pardon. Il a pris conscience de l’impasse dans laquelle il s’est engagé en croyant trouver l’avenue de ses désirs et de sa liberté. Il aurait pu décider d’assumer ses erreurs et, par orgueil et fierté, refuser de reconnaître ses manquements et ses fautes. Oser affronter la vérité n’est pas toujours aussi facile que cela ! Or, voilà que le père est déjà là, sur la route ; il l’attend et il court à sa rencontre. Pourquoi ? Parce qu’il lui a déjà pardonné et parce qu’il l'aime. Parce qu’il l’aime et qu’il lui a déjà pardonné. Dieu nous a pardonné le premier parce que nous ne sommes pas remplis de pardon tandis que l’essence même de Dieu est Pardon. Pour aimer l’autre, nous devons être remplis de l’amour de Dieu ; pour pardonner à l’autre, nous devons être remplis de Son pardon. Prendre conscience du pardon de Dieu dont nous sommes bénéficiaires doit nous conduire à la plus profonde reconnaissance et à la plus grande gratitude. Et cela doit aussi nous pousser à offrir, à notre tour, le pardon autour de nous !

Source : Sa Parole pour Aujourd’hui du 5-Juillet 2017

Lien : http://mailchi.mp/saparole/le-pardon-de-dieu-5?e=838a47046d

 

 

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