LA COMPREHENTION DE MATHIEU 18.22 (1) - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LA COMPREHENTION DE MATHIEU 18.22 (1)

21 Mars 2017 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

« Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante  fois sept fois »

Introduction :

Sur l’interpellation du Rév. Alain NGWET sur l’insistance du Seigneur en réplique à la question quelque peu subtile visant à trouver des raisons pour assouplir la soif de vengeance après les actions offensives multipliées contre sa personne, il s’avère important de faire une étude assez poussée du problème posé afin qu’une clarification sur les propos en guise de réponse de Jésus à Pierre soit un principe commun de pardon dans la nécessité du véritable pardon dans la communauté chrétienne.

Dans la démarche, nous commencerons par emprunter les propos de Dr Jean Paul BEGOUMIE que nous considérons comme la base et ensuite, nous nous élargirons sur une expression employée dans son commentaire sur le sujet pour asseoir en complément la compréhension profonde de ce passage. Cela consistera à scruter la pensée divine dans les chiffres utilisés tout en survolant le contexte.

Problème posé :

Démystification de l’expression de Jésus dans le pardon basé sur les chiffres 70 fois 7ce qui équivaut à un total de 490 fois.

Contexte :

Les Apôtres demandent au Seigneur Jésus lequel d’entre eux serait le plus grand dans le royaume des cieux. Ils lui firent cette question, parce qu’ils croyaient avec les Juifs que le Messie établirait son règne sur la terre et qu’il y aurait des dignités dans son royaume. En réponse, pour les dissuader de cette opinion, met un petit enfant au milieu d’eux, et les exhorte à devenir semblables aux petits enfants. Il les exhortait par-là de prendre garde de mépriser ceux qui croyaient en lui quoi qu’ils fussent petits selon le monde. Cette démonstration pédagogiquement très naturelle et correctement dissuasive représente une sévère mise en garde d’un grand péché qui serait de scandaliser un seul membre parmi les élus. Sa mission en effet sur terre était cet acte qu’il est venu appeler même les plus grands pécheurs à la repentance et au salut. Le tout finalement, dans l’art oratoire et éducatif du Seigneur Jésus-Christ tendait à ôter de la pensée des Apôtres cette opinion selon laquelle, ils étaient sur le règne du Messie et à leur inspirer des sentiments de charité, de communion, d’humilité et d’intimité.

Dans la seconde partie du chapitre, Jésus-Christ enseigne à ses disciples comment se conduire envers leurs frères qui les auraient offensés en leur pardonnant leurs offenses 70 fois 7 par jour, et ce que l’Église doit faire à l’égard de ceux qui ne veulent pas les réprimander. Pour conclure, il montre par une parabole, l’importance et la nécessité absolue de nous pardonner les uns aux autres.

RÉFLEXIONS

Nous relevons les principales leçons de l’enseignement de Jésus-Christ dans la première partie de ce chapitre :

1. Pour entrer dans le royaume des cieux, il faut être extrêmement humble et revêtir le caractère des petits enfants qui ont peu d’attachement pour la gloire et pour les honneurs du monde ;

2. Les vrais disciples de Jésus Christ, quand bien même ils seraient peu considérables dans le monde, sont des gens de bien et sont chers à Dieu. Par conséquent, il faut :

- les honorer et les consoler,

- savoir que Dieu les garde par ses anges,

- qu’il punira sévèrement ceux qui les auront méprisés, affligés ou scandalisés.

Ces considérations sont aussi un encouragement aux fidèles pour les remplir d’une grande confiance.

3. Il ressort du chapitre par l’enseignement du Seigneur Jésus-Christ que les scandales sont un grand préjudice qu’on ne saurait empêcher, mais cependant Dieu n’en est point la cause. Toutefois, lorsqu’il en arriverait, les auteurs porteront la peine de leur péché. Il s’ensuit donc, que nous devons éviter soigneusement le péché et le scandale. Nous pouvons le faire en pratiquant les conseils de Jésus-Christ, et en évitant tout ce qui pourrait être pour nous ou pour les autres une occasion de chute.

La grande leçon cachée dans le contexte est qu’en  évitant de mépriser, nous procurons l’édification et le salut de tous les hommes, et en particulier la conversion des pécheurs, autant que nous le pouvons. C’est cette façon que nous réjouirons le cœur de Dieu et du ciel tout entier en ramenant les pécheurs à la repentance pour avoir le pardon de Dieu et des hommes.

Dans la deuxième partie du chapitre qui concerne en particulier notre sujet, nous constatons que le Seigneur Jésus-Christ établit l’autorité et la discipline de l’Église. Nous constatons que la démarche requise par le Seigneur, ne consiste pas à distribuer les sanctions, les excommunications tous azimuts qui frustrent, découragent, blessent et fait chasser un grand nombre, mais instaure la nécessité des avertissements tant particulier que public. Le processus disciplinaire ainsi bien définit consiste :

  1. Découvrir un frère en faute et aller vers lui seul, façon d’éviter de faire la publicité du péché et intoxiquer un grand nombre qui pourra saisir l’occasion comme pierre d’achoppement et se laisser manipuler par les esprits malins (Hébreux 12.14-17).
  2. Au cas où il refuse de coopérer dans la démarche individuelle, on ira vers lui avec deux ou trois personnes, en conformité aux prescriptions bibliques contenues dans plusieurs textes de la Bible (Deut 17.6 ; 19.15 ; 2Cor 13.1 ; 1Tim 5.19 ; Hébreux 10.28)
  3. Si les cas deux se sont soldés par un échec, le réfractaire est amené devant l’Assemblée qui le considèrera désormais comme un inconverti.

Dans ce dernier cas, tout membre d’église qui a brûlé toutes les étapes jusqu’à tomber si bas n’est plus regarder comme membres de l’Église, mais comme un païen. Ainsi, ils sont retranchés de sa communion avec les saints. Cette décision de l’église tout entière envers l’individu réfractaire voire récidiviste dans son comportement, reste ratifiée par Dieu et ceci est confirmé dans le ciel parce que l’acte est conformément posé répond parfaitement aux intentions de Dieu.

Le Seigneur Jésus-Christ nous instruit sur la nature et sur la nécessité du pardon des offenses. Il en explique la nature, en disant que l’on doit pardonner jusqu’à septante fois sept fois; ce qui marque que ce pardon doit être général et sans bornes, et qu’il faut pardonner à toutes sortes de personnes et toutes sortes d’offenses, même celles qui seraient continuées et réitérées ; nous comprenons par-là que cela doit être une situation renouvelée en tout temps, sans jamais se rebuter. La parabole du serviteur à qui le maître avait effacé une dette fort considérable et qui ne voulut pas en acquitter une très-petite à l’un de ses compagnons en service traduit bien l’attitude de chacun de nous à l’égard du pardon. Cette parabole nous apprend plusieurs choses :

1. L’infinie bonté de Dieu qui veut bien nous pardonner, à nous qui sommes ses créatures et ses serviteurs, quoique nos péchés soient grands et en grand nombre;

2. le crime et l’ingratitude de ceux qui refusent de pardonner aux hommes qui sont leurs égaux et dont les offenses sont très-légères en comparaison des péchés commis contre Dieu;

3. la terrible et juste punition de tous ceux qui ne pardonneront pas de bon cœur et à tout le monde, les offenses qu’ils pourraient avoir été victimes (Mt 18.21-22).

Commentaires préliminaires :

Dr. Jean-Paul BEGOUMIE : En précision, selon la loi et la culture juive, il n'était pas permis à un homme ou une femme de passer la nuit avec une rancune dans le cœur, en l'encontre de quelqu'un qui l'avait offensé.
Ephésiens 4:26 "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère"
Exode 22:26 "Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil"
Juste pour montrer que quand Jésus déclare "...Qu'il faut pardonner 70 fois 7..." (Matthieu 18.22)
C'est en un seul jour unique, et non en une semaine, un mois ou un an... Et ceci doit être fait au quotidien soit chaque jour !!!

De surcroit, pardonner notre prochain, notre frère ou sœur, notre conjoint(e), ou collègue, est une ordonnance quotidienne du Seigneur qui nous connecte au pardon de Dieu, et à ses grâces infinies.

Matthieu 6.12 : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;"

Matthieu 18.35 : "C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur."

Pasteur Bienvenu KOUYA : Je dirai tout simplement que le pardon n’est pas une option de vie inconditionnel pour tout enfants de Dieu mais un ordre divin, qui n’est pas un joug ni moins un ordre de frustration, mais un sujet d’épanouissement personnel d’abord - car on se fait plus de mal quand on refuse de pardonner et on s’attire la colère de Dieu. En suite puisque moi-même, je suis pécheur désirant le pardon de Dieu, le Seigneur nous dit par ricochet moi je t’ai toujours pardonné parfois même sans demander toi aussi pardonne ton frère ou ta sœur continuellement. L’autre question qu’on pourrait se poser : comment est-ce possible ? Humainement c’est impossible. Dieu m’a dit ne compte pas le nombre de fois que tu devrais pardonner autrui mais compte le nombre de fois que moi je t’ai pardonné. Lord we need your grace !

(à suivre)

 

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