LA PAQUE - Le blog de Dr André CHOUBEU
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Le blog de Dr André CHOUBEU

LA PAQUE

2 Avril 2015 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

                                                                           

LA PÂQUE

 

Définition :

Le mot pâque de l’hébreux pésach, de pasach, signifie sauter, passer par-dessus ou épargner. Il désigne proprement le passage de l’Eternel près des maisons israélites en les épargnant : « Comme des oiseaux déploient les ailes sur leur couvée, Ainsi l’Eternel des armées étendra sa protection sur Jérusalem; Il protégera et délivrera, Il épargnera et sauvera » (Esaïe 31.5). Le texte cité ici est une autre image très forte : « pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, voltige sur ses petits, déploie ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes. L’Eternel seul a conduit son peuple, Et il n’y avait avec lui aucun dieu étranger » (Deut 32.11-12). Le texte fait une nouvelle allusion à la sortie d’Egypte. (Esaïe 30.29). Le mot est celui qu’emploie l’Exode en parlant de l’ange exterminateur qui passa à côté des maisons des israélites et les épargna (pâque signifie passage). La traduction appropriée de la signification de la Pâque peut bien se comprendre sous ce vocable : Ce repas, je vous le prescris en mémoire de la préservation qui vous sera accordée en cette nuit-là. Le terme anglais Passover qui désigne la Pâque se traduit littéralement par Passer au-dessus.

La Pâque à travers les âges

  1. Institution de la Pâque (Exode 12.1-6)

Le calendrier hébraïque commençait son année civile et agricole en automne, à l’époque des semailles comme plusieurs peuples asiatiques (Genèse 7.11) et ils ont conservé cette manière de compter. Le premier mois était donc celui de Tischri, correspondant à la fin de septembre et à la plus grande partie d’octobre. Mais Dieu institue ici une année religieuse différente de l’année civile et qui devra commencer avec la fête de Pâque. Dieu fait ainsi ressortir l’importance capitale de cette fête et de l’événement qu’elle rappelle. Le désormais premier mois religieux s’appelle Abib, c’est-à-dire le mois des épis, marquant le commencement de la moisson, et, après la captivité, mois de Nisan, correspond en grande partie à notre mois d’avril. Les grands temps forts de la Pâque à travers l’histoire sont ainsi récapitulés :

(1) L’institution de la pâque (Exode 12)

(2) La pâque dans le désert (Nombres 9.1-14)

(3) La pâque à Guilgal après la traversée du Jourdain (Josée 5.10-12).

(4) La pâque sous Ezéchias (2Chron 30.1,15-22)

(5) La pâque sous Josias (2Chron 35.1,18-19)

(6) La pâque sous Esdras (Esdras 6.19-22)

(7) La dernière pâque du Seigneur avec ses disciples (Luc 22.14-18)

(8) La pâque millénaire (Ezéchiel 45.21)

  1. Evènement marquant de la Pâque

Dans le livre de Genèse 3.20,21, Dieu appela l’homme Adam, ce qui signifie « terre rouge » et Adam appela la femme Ève, c’est à dire « la vie ». Selon leur appellation, Adam a porté le nom du corps mortel, Ève celui de l’âme vivante. Mais avant d’y arriver, la sentence divine donnée au serpent en ces termes : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon » (Genèse 3.15). Dans les paroles de la décision divine, « je mettrai inimitié », la sentence passe du genre de vie du tentateur à sa relation future avec l’homme. L’homme s’était associé avec lui pour faire la guerre à Dieu. Maintenant Dieu ne les sépare pas seulement, il les oppose l’un à l’autre et allume entre eux une guerre à outrance. Le Nouveau Testament appellera le serpent « dragon, le serpent ancien et le diable ». Il est à remarquer que c’est de Dieu que provient cette hostilité (je mettrai), car c’est de lui que part chez l’homme toute réaction contre le mal.

Entre toi et la femme : La femme s’était la première associée avec le serpent ; c’est d’elle que sortira la postérité qui aura la tâche de lutter contre lui. S’il s’agissait de la chasse que les hommes font aux serpents, pourquoi serait-elle attribuée plus spécialement à la femme ?

Entre ta postérité et sa postérité : Ces mots peuvent signifier uniquement « entre les hommes, descendants de la femme, et les serpents envisagés comme descendants de celui qui joue un rôle dans cette histoire. Cette relation hostile n’est qu’un emblème de la guerre spirituelle qu’annonce cette prophétie. Par la postérité du serpent, on pourrait entendre les anges de ténèbres, agents de Satan. Mais il est plus simple d’appliquer ce terme à ceux d’entre les membres de l’humanité elle-même qui, dans la lutte contre le mal, refuseront de se mettre du côté de Dieu et persisteront à demeurer au service de l’esprit de révolte dont le serpent est l’emblème (Jean 8.44). La postérité d’Eve désigne par conséquent l’élite de l’humanité qui, comme elle, s’unira à Dieu pour vaincre le mal. Ces deux postérités sont désormais les deux grands courants qui traverseront toute l’histoire de l’humanité. Après avoir institué la lutte, Dieu en annonce à mots couverts le mode et l’issue. Les images sont empruntées au genre de lutte ordinaire entre l’homme et le serpent; le premier cherche à écraser la tête du second; celui-ci se glisse furtivement par derrière pour blesser l’homme au talon.

Nous ne devons pas nous représenter ces deux actes comme n’ayant lieu qu’une fois, et dans l’ordre où ils sont indiqués ici. Comment, ayant la tête écrasée, le serpent pourrait-il encore blesser l’homme au talon ? C’est ici la description d’une lutte constante et toujours renouvelée. L’homme, associé à Dieu, attaque l’ennemi en face, cherchant ouvertement à vaincre le mal auquel il a déclaré une guerre à mort; tandis que Satan, le malin, se glisse par derrière, cherchant furtivement à séduire l’homme et à le faire périr (Genèse 49.17). En ne considérant que la teneur des expressions, Dieu prédit ici une guerre sans issue, mais comme ces paroles font partie de la malédiction prononcée sur le serpent, elles renferment l’idée de sa défaite. Les deux images employées par le coup porté à la tête impliquent la mort certaine dans tous les cas, tandis que la piqûre venimeuse faite au talon met la vie en danger, mais n’a pas toujours la mort pour effet.

Adam, saisissant la révélation gracieuse dans sa sentence entre eux et le serpent compris une chose très importante. Il est désormais inutile de se rejeter les fautes ou mettre Dieu en cause, mais de s’unir pour que leur libérateur par le résultat de leur intimité sorte des entrailles de sa femme, qui se résume être désormais la clé du mystère. Comprenant donc que le fruit de leurs entrailles vaincra lamentablement leur ennemi, Adam voit par la foi dans le fils qui leur naîtra, la solution divine et définitive à leur problème : leur ennemi le serpent ne sera plus à jamais. Croyant fermement par une conviction inébranlable de l’œuvre qu’accomplira ce fils, qui est probablement Christ, Adam donne à sa femme le nom de Eve, pour dire : « la vie donc nous avons besoin pour retrouver notre nature déchue est en toi ». Cette confession de la foi en Christ, qui est promu dans la sentence divine contre le serpent, permet à Dieu de poser un acte prophétique : le sacrifice des agneaux dont le sang couvrira leur nudité spirituelle (péché), pendant que la peau recouvrira leur nudité physique. C’est donc par cette mort sanglante de Christ ici symbolisée qui a brisée pour toujours la puissance du prince de ce monde (Jean 12.31 ; Col 2.15 ; 1Jean 3.8). Toutes les victoires des fidèles dans l’Ancienne Alliance ont été des préludes (ce qui précède quelque chose et qui lui sert comme d’entrée et de préparation) de celle-ci, et toutes celles des fidèles dans la nouvelle alliance n’en sont que le développement. L’application de cette parole aux victoires partielles des fidèles est exprimée dans Romains 16.20) et pour son accomplissement final dans Apocalypse 20.10).

La Pâque dès la chute de l’humanité est le fondement par Dieu posé pour que l’histoire biblique se distingue de toutes les autres en ce qu’elle rattache immédiatement à la première chute la première promesse, pour ne pas laisser un seul instant l’homme déchu sans secours et de lui apprendre, non pas à reporter sans cesse des regards inutiles vers un passé perdu, mais à regarder en avant et à croire à l’accomplissement d’un salut futur. C’est de cette parole que s’est alimentée l’espérance des peuples jusqu’à la venue de Celui qui devait enfin la réaliser parfaitement.

La Pâque à l’époque juive était la fête qui fut établie en mémoire de la sortie du peuple d’Israël d’Egypte. La nuit qui précéda cette sortie, l’ange exterminateur, qui mit à mort les premiers-nés des Egyptiens, passa les maisons des Hébreux sans y entrer, parce qu’elles étaient toutes marquées du sang de l’agneau qu’on avait immolé la veille, et qui pour cette raison est appelé agneau pascal.

  1. Le déroulement de la Pâque

Les Juifs avaient fait leur Pâque le vendredi, jour de la mort de Jésus. Il était mort au Calvaire à la même heure que les Juifs immolaient dans le temple la victime pascale. De ce fait, la figure et la réalité se rencontrèrent et s’exécutèrent ensemble comme à point nommé pour que s’accomplissent les Ecritures au sujet de l’Agneau Pascal.

Le mot Pâque se confond dans plusieurs occasions :

1° pour le passage de l’ange exterminateur;

2° pour l’agneau pascal;

3° pour le repas où on le mangeait;

4° pour la fête instituée en mémoire de la sortie de l’Egypte et du passage de l’ange exterminateur;

5° pour toutes les victimes particulières qui s’offraient durant la solennité pascale;

6° pour les pains sans levain dont on usait pendant toute la semaine de la Pâque;

7° pour toutes les cérémonies qui précédaient et qui accompagnaient cette cérémonie.

Pendant la cérémonie pascale, des prescriptions bien détaillées devaient être observées. Chacune d’elle est pleine de symbolisme riche dans l’application de notre foi :

  1. Ce mois-ci (Lévitique 2.2) :

Le calendrier civil, initialement en Octobre qui réglementait la société juive, cède sa place prioritaire au calendrier religieux qui non seulement primera, mais régira désormais la vie de la nation. Pendant que le mois d’Octobre restera pour les activités civiles et agricoles, le mois d’Avril sera désormais la base des calculs et organisation de tout ce qui concerne Dieu et son peuple. Israël qui jusque-là était esclave et qui depuis Abraham n’avait été qu’un peuple nomade, devient une nation libre, garantissant un futur prophétique. Le service de Dieu devient complètement à part, signe d’une consécration totale et sans partage. Le Seigneur rend toutes choses nouvelles, envers ceux qui sont délivrés de l’emprise de Satan : désormais, Son peuple Lui appartient. Au moment où ce changement s’opère, les siens sont au seuil d’une nouvelle vie. Dieu a marqué ce point de départ : la nuit où les Hébreux quittèrent l’Égypte, chaque famille devait tuer un agneau, ou à la rigueur, un agneau pouvait servir pour deux ou trois familles modestes.

Le mois de la sortie de l’Egypte fut regardé depuis ce temps comme le premier mois de l’année sainte ou ecclésiastique.

  1. Agneau sans défaut :

Pour la circonstance, une famille au sens large du mot, comprenant plusieurs ménages. Un agneau, ou un chevreau (2Chron 35.7) mâle en l’occurrence âgé d’un an était égorgé. Retenons ici toutefois que le mot hébreu, qui n’a pas de correspondant en français, se dit de toute pièce de petit bétail, chèvre ou mouton. Comme dans tous les autres sacrifices, sauf les offrandes volontaires, il devait être sans défaut. L’agneau devait être mâle, également comme dans les sacrifices particulièrement solennels, tels que l’holocauste (Lev 22.17-23). Un an est cet âge où la pleine vigueur de l’animal existe (Michée 6.6). La société formée pour manger ce repas sacré ne devait pas être composée d’individus arbitrairement réunis.

Cet aspect de la Pâque nous interpelle à une vie de consécration totale à Dieu et non partielle. Dieu par Christ a tout pourvu pour que nous soyons dans un processus de sanctification continue par une régénération complète. Seulement, lorsque survient une action programmée par le ciel pour nous émonder, une résistance farouche s’impose et retarde le processus parfois pendant de nombreuses années. Laissons-nous mouler et rapidement reformé, nous entrerons facilement dans le maillon de la chaine divine qui nous unira aux autres pour l’accomplissement du dessein éternel de Dieu.

  1. Entre les deux soirs :

La traduction littérale de « entre les deux soirs » (Exode 12.6 ; Lev 23.5 ; Nombres 9.3,5) ou, comme il est dit Deutéronome 16.6 : le soir, vers le coucher du soleil. Le premier soir désigne les heures qui précèdent le coucher du soleil et le second celles qui le suivent. Pour comprendre l’expression entre les deux soirs, il faut se référer aux Juifs qui divisaient le jour en matin et soir. Le premier soir commençait à midi jusqu’au coucher du soleil, le second soir allait du coucher du soleil jusqu’au moment où disparaissaient les étoiles. Entre les deux offices de fin d’après-midi, c’est-à-dire entre le déclin du soleil et son coucher, ou bien, suivant la manière judaïque de compter, entre quinze heures et dix-huit heures.

Les juifs priaient en quart du jour à savoir, à neuf heures, à douze heures, à quinze heure et dix-huit heures. Qu’en est-il de nous ? Comment occupons-nous notre temps ? Nos heures sont-elles remplies de futilités et savons-nous tirer profit du temps qui nous est imparti ?

Le temps, retenons-le est une denrée rare, bien précieuse, mais non stockable.

  1. On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et le linteau de la porte des maisons où on le mangera (Exode 12.7) :

L’aspersion du sang était une pratique assez particulière. Le sang de l’agneau pascal devait être aspergé, tout comme les mérites de Christ, pour sauver nos âmes de la mort ; nous devons recevoir l’expiation (Romains 5.11). La foi en la branche d’hysope : similairement, nous pouvons nous appuyer sur les promesses divines, sur le bénéfice du sang de Christ versé pour nous. Le sang de l’agneau devait être aspergé sur le linteau et sur les poteaux de la porte : nous pouvons comparer cela à l’entrée que nous avons, dans le chemin de la foi, par notre Sauveur. Le sang de l’agneau ne devait pas être versé sur le seuil de la porte : soyons vigilants de ne pas « piétiner », par notre péché, le sang de l’alliance. Il s’agit d’un sang précieux, à cette époque celui de l’agneau, comme aujourd’hui, celui de Christ ! Ce sang aspergé, était pour les Israélites, un moyen d’être préservé de la main de l’ange exterminateur : ce dernier n’agissait pas dans les maisons qui avaient leur linteau de porte aspergé de ce sang. Le sang de Christ est la protection du croyant contre la colère et la malédiction divines et la damnation de l’enfer (Romains 8.1).

Le sang sera un signe et il n’y aura pas de plaie dans la maison de celui qui a posé l’acte de foi, ne laissant aucun doute sur la valeur expiatoire du sang de l’agneau (Lev. 14.25).

La vie est dans le sang et ce sang qui a été appliqué sur les linteaux est le sang de Dieu. Si ce sang est celui de Dieu, contenant la vie de Dieu, alors notre sécurité lorsque nous sommes à l’abri du sang de Jésus est parfaite. Si onc, la vie de Jésus est sur nos ouvertures, il serait impossible à la mort d’approcher et d’avoir main mise sur quiconque est à l’intérieur.

Dieu ira plus loin jusqu’à dire que nous qui avons cru en Dieu, nous avons la vie de Dieu, en grec zoe. Nous mettre en tout temps sous la protection du sang de Jésus est un grand privilège.

  1. Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu ; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères (Exode 12.8)

Des pains sans levain: Le pain sans levain représentait la séparation des rachetés délivrés de l’esclavage de l’Egypte, c’est-à-dire du monde et du péché. Ainsi, le peuple racheté de Dieu est appelé à se séparer du monde pécheur et à se consacrer à Dieu seul (Exode 12.15). Le terme hébreu mattsoth: pains sans levain, azymes, vient probablement d’un terme arabe qui signifie pur ; il désigne donc des gâteaux faits d’une pâte non altérée par la présence et l’action du levain. La fermentation que produit le levain dans la pâte est en même temps un principe de corruption ; c’est pourquoi le levain est exclu des gâteaux d’offrande présentés sur l’autel (Lévitique 2.11), aussi l’Ecriture en fait-elle le symbole de la corruption morale (1Cor 5.7-8).

On devait manger l’agneau la nuit même qui suivait le sacrifice; on le mangeait rôti, avec du pain sans levain et des laitues sauvages; l’Hébreu à la lettre, avec des choses amères, comme serait de la moutarde ou autre chose de cette nature, pour lui relever le goût. Il était défendu d’en manger aucune partie crue ou cuite dans l’eau, et d’en rompre les os (Exode 12.46 ; Nombres 9.12 ; Jean 19.36), mais il fallait le manger entier, même la tête, les pieds et les intestins. S’il en restait quelque chose au lendemain, on le jetait au feu. Ceux qui le mangeaient devaient être en posture de voyageurs, ayant les reins ceints, des souliers aux pieds, le bâton à la main, et mangeant à la hâte.

La fête des pains sans levain était vraiment une fête typique de la vie chrétienne (1Corinthiens 5.7,8). Ayant reçu Jésus Christ, comme Seigneur, nous devons continuellement l’adorer. Durant cette fête, aucun ouvrage ne devait être accompli, et l’on ne devait pas faire ce qui était défendu, de façon à ne pas altérer la joie qui régnait pendant cette période. Les juifs respectaient strictement cette fête de la Pâque, aucun levain ne devait être trouvé dans leurs maisons. Ce festin devait se pratiquer avec amour, sans esprit de malice, en toute sincérité et sans hypocrisie. C’était une ordonnance perpétuelle; tant que nous sommes en vie, nous devons nous nourrir continuellement en Christ, toujours nous réjouir en Sa Personne, Le remerciant pour les merveilles qu’Il a accomplies pour nous.

L’agneau devait être mangé avec des herbes amères, pour rappeler l’amertume de l’esclavage en Égypte. Nous devons nous nourrir de Christ avec un cœur contrit, dans le regret de la repentance, en souvenir de notre péché. Christ sera doux à notre palais, même si notre péché nous parait encore amer. Le repas devait être pris avec les reins ceints, un bâton à la main, comme prêts à partir. Quand nous nous nourrissons de Christ, par la foi, nous devons renoncer à la domination du péché ; nous devons tourner le dos au monde et à toutes ses convoitises ; nous devons tout abandonner pour Christ, et reconnaître le don merveilleux qu’Il nous a fait (Hébreux 13.13,14). Les herbes amères étaient destinées à figurer l’état de souffrance dans lequel Israël avait vécu et dont il allait sortir (Exode 1.14 : Ils leur rendirent, la vie amère).

  1. Vous ne le mangerez point à demi cuit ou bouilli dans l’eau, mais il sera rôti au feu, avec la tête, les jambes et l’intérieur (Exode 12.9)

D’ordinaire, la viande des sacrifices était mangée bouillie (Exode 29.31 ; Lev 8.31). Mais l’agneau pascal devait être conservé intact et paraître dans son intégrité sur la table du repas, et aucune partie après le repas ne devait se perdre. C’est ce qui n’aurait pu avoir lieu s’il eût été bouilli. Rôtie au feu; proprement mise à la broche. Le mot hébreu tsala paraît appartenir à la même racine que thala, suspendre, empaler, mettre en croix.

Dieu ordonne de ne rien négliger dans la consommation de l’agneau. Depuis la tête jusqu’aux jambes, les entrailles, rien ne devait être laissé. L’agneau doit rester au complet, les entrailles, naturellement nettoyées de leur contenu. Les voyageurs dans le désert préparent toujours leur viande en la rôtissant, cet apprêt étant plus expéditif et n’exigeant pas d’ustensiles. Mais le motif de la prescription donnée ici aux Israélites était évidemment tout autre. Les ustensiles ne leur manquaient point en Egypte.

Nous comprendrons que manger bouilli ou à demi cuit traduit l’action inachevé du feu dans le processus. Dans le sacrifice lévitique, l’animal devait être salé de feu.

Nous avons à nous imposer les plus douloureux renoncements pour entrer dans la vie et échapper au feu de la géhenne (Marc 9.43-48). Reconnaître alors que tout homme doit être purifié par la souffrance et par les sacrifices qu’il consent à faire, comme toute offrande devait être purifiée par le sel est une disposition d’esprit favorable pour nous galvaniser dans la marche (Lev 2.13).

Le sel ne peut être pris comme emblème d’un agent destructeur; car il ne consume pas, mais, il conserve. Il empêche la corruption et donne aux aliments de la saveur (Mt 5.13).

Matthieu dira que nous sommes le sel de la terre. Le sel, nous savons tous, préserve de la corruption. Les disciples de Christ préservent le monde d’une corruption générale. Tout ce qui est entièrement corrompu est voué à être détruit. Tel est, dans le domaine moral, le rôle du renoncement à soi. Seul il permet au chrétien "d’offrir son corps à Dieu en sacrifice vivant et saint (Rom 12.1), il le rend agréable à Dieu, comme l’offrande salée de sel, il fait de lui en réalité ce que le sacrifice n’était que d’une manière figurée.

L’expression feu est utilisé dans l’Ecriture, tout homme sera salé de feu pour dénoter la souffrance, la persécution, l’épreuve, la détresse… Le sel est utilisé pour dénoter la permanence, la conservation vis à vis de la corruption.

  1. Vous n’en laisserez rien jusqu’au matin ; et, s’il en reste quelque chose le matin, vous le brûlerez au feu (Exode 12.10)

Le rite du repas solennel était un type d’obéissance à l’Evangile de Christ. On ne devait pas seulement regarder l’agneau pascal, mais on devait le manger. Nous devons faire de même avec Christ, qui doit être complètement accepté ; nous devons recevoir de Lui toute force et toute nourriture spirituelles (Jean 6.53,55). L’agneau devait être mangé en entier. Ceux, qui par la foi, se nourrissent de Christ, doivent tout prendre du Sauveur, ils doivent accepter Christ et son joug, Christ et sa croix, Christ et sa couronne. Rien ne devait être laissé, lors du repas de l’agneau. Aujourd’hui, Christ s’est offert pour nous : Il doit être accepté pendant qu’il en est encore temps, avant que nous ne passions vers l’au-delà.

Le repas de la Pâque était un signe de communion avec Dieu. C’est le côté positif de la grâce dont l’expiation n’est que le côté négatif. Jésus-Christ, dont le sang a été répandu en rémission des péchés, devient en même temps pour nous une nourriture, un principe de vie que nous avons à nous assimiler. La Pâque est donc de beaucoup le plus important de tous les sacrifices de l’Ancien Testament. Tandis que, dans les autres, une des deux faces de l’idée du sacrifice, soit l’expiation, soit la communion, l’emporte toujours sur l’autre, la Pâque est le sacrifice complet et par excellence. Aussi est-ce toujours à celui-là que les hommes du Nouveau Testament ont comparé celui de Jésus-Christ (Jean 1.36 ; 1Cor 5.7 ; 1Pierre 1.19), et toute l’Apocalypse, dans laquelle Jésus est représenté, comme l’Agneau ou l’Agneau immolé. A la mort de Jésus-Christ, une prescription particulière avait été faite à l’égard de l’agneau pascal « Pas un de ses os ne sera rompu » (Jean 19.36).

Il y a la notion de répartition et d’attribution de tâche qui nous échappe toujours. Un temps nous est imparti dans tout combat spirituel, dans toute activité raisonnable. Nous remettons facilement à demain, mais ici, nous devons consommer sans modération la Parole de Dieu. Puisque nous marchons au rythme de Dieu, ne négligeons aucun verset, ni détail car le défaut d’un équipement peut être la cause de la mort d’un soldat dans le champ de bataille.

  1. Quand vous le mangerez, vous aurez vos reins ceints, vos souliers aux pieds et votre bâton à la main ; et vous le mangerez à la hâte. C’est la Pâque de l’Eternel (Exode 12.11)

Manger la Pâque ayant les reins ceints est une recommandation parce que l’heure du départ allait bientôt sonner. La longue robe orientale est relevée et fixée autour des reins pour la marche (1Rois 18.46 ; 2Rois 4.29 ; Luc 12.35). En rentrant à la maison, on dépose les sandales, qu’on ne remet que pour sortir (Mt 3.11 ; Marc 1.7 ; Actes 12.8). Le peuple devait manger à la hâte puisque le départ d’Egypte n’était pas une surprise pour Israël. Il savait par la foi à la promesse divine que le signal pouvait retentir d’un moment à l’autre et il devait, par conséquent, se tenir prêt à marcher.

L’agneau pascal était vraiment typique. Christ est notre Pâque (1Corinthiens 5.7). Christ est l’Agneau de Dieu (Jean 1.29) ; il est souvent appelé dans l’Apocalypse, l’Agneau. Ce nom est de la première importance. Christ s’est offert Lui-même : il était conscient, en pleine force de l’âge et non pas un bébé, à Bethlehem. L’agneau de la Pâque devait être sans défaut ; le Seigneur Jésus était un Agneau sans taches : le Juge qui l’a condamné a déclaré qu’Il était innocent. L’agneau pascal devait être mis à part, pendant quatre jours ; le Seigneur Jésus, Lui aussi, destiné à devenir notre Sauveur, a été mis à part : c’était à la fois le but et l’objet de la Promesse divine. L’agneau pascal devait être préparé et rôti au feu, image des souffrances que devait endurer le Seigneur Jésus lors de Sa mort, Sa mort sur la croix. La colère divine est un feu ; Christ a été fait malédiction pour nous. Pas un des os de l’agneau ne devait être rompu : il en fut de même pour Christ (Jean 19.33), qui garda sa force intacte, jusqu’à la fin.

N’oublions pas que nous sommes voyageurs et pèlerin sur cette terre. Ne soyons pas de ceux qui remettent certains détails toujours à plus tard. Ce qui devait être fait aujourd’hui, si on le fait demain, il y aura problème.

  1. Cette nuit-là, je passerai dans le pays d’Egypte, et je frapperai tous les premiers-nés du pays d’Egypte, depuis les hommes jusqu’aux animaux, et j’exercerai des jugements contre les dieux de l’Egypte. Je suis l’Eternel (Exode 12.12)

Cette nuit-là exprime dans les heures qui suivront l’aspersion du sang de l’agneau sur les montants et le linteau de chaque porte. Ce sera l’expiation opérée par ce sang qui mettra la maison et ses habitants, réunis pour le repas, à l’abri du fléau qui frappera toutes les familles de l’Egypte. Les premiers-nés du peuple qui sont épargnés sont désormais considérés de fait comme mis à part, et appartenant d’emblée à Dieu (Exode 13.2 ; 34.19 ; Lev 27.26 ; Nombres 3.13 ; Deut 21.17 ; Neh 10.36).

Aussi longtemps que nous resterons en Christ et non hors de Christ, nous serons loin de la portée de l’ange exterminateur. Souvenons toujours de cet avertissement de Dieu portant des merveilleuses promesses conditionnelles : « Voici, j’envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin, et pour te faire arriver au lieu que j’ai préparé. Tiens-toi sur tes gardes en sa présence, et écoute sa voix; ne lui résiste point, parce qu’il ne pardonnera pas vos péchés, car mon nom est en lui. Mais si tu écoutes sa voix, et si tu fais tout ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires. Mon ange marchera devant toi, et te conduira chez les Amoréens, les Héthiens, les Phéréziens, les Cananéens, les Héviens et les Jébusiens, et je les exterminerai. Tu ne te prosterneras point devant leurs dieux, et tu ne les serviras point; tu n’imiteras point ces peuples dans leur conduite, mais tu les détruiras, et tu briseras leurs statues. Vous servirez l’Eternel, votre Dieu, et il bénira votre pain et vos eaux, et j’éloignerai la maladie du milieu de toi. Il n’y aura dans ton pays ni femme qui avorte, ni femme stérile. Je remplirai le nombre de tes jours. J’enverrai ma terreur devant toi, je mettrai en déroute tous les peuples chez lesquels tu arriveras, et je ferai tourner le dos devant toi à tous tes ennemis » (Exode 23.20-27).

LES LEÇONS DE LA PÂQUE

En instituant la Pâque au désormais premier mois de l’année, le Seigneur rend toutes choses nouvelles, envers ceux qui sont délivrés de l’emprise de Satan : désormais, Son peuple Lui appartient. Au moment où ce changement s’opère, les siens sont au seuil d’une nouvelle vie. Dieu a marqué ce point de départ : la nuit où les Hébreux quittèrent l’Égypte, chaque famille devait tuer un agneau, ou à la rigueur, un agneau pouvait servir pour deux ou trois familles modestes. Cet agneau devait être mangé suivant la manière indiquée par Dieu et le sang devait être aspergé sur le linteau de la porte, afin de différencier les maisons des Israélites de celles des Égyptiens.

Un détail très important doit être signalé ici. La responsabilité de Dieu est d’assurer la sécurité à l’extérieur, mais à l’intérieur, nous avons aussi la responsabilité de nous nourrir convenablement avec l’agneau. Si nous ne nous nourrissons pas de la Parole de Dieu qui est la chair rôtie de l’Agneau, nous resterons toujours fragiles et très vulnérables face aux éventuelles attaques. Christ n’a-t-il pas dit que sa chair est vraiment une nourriture. La chair de l’agneau pascal était un type de la Parole de Dieu qui nourrit l’esprit.

Alors qu’ils tuaient les premiers-nés d’Égypte, les anges de l’Éternel devaient passer « au-dessus » des maisons désignées par le sang de l’agneau : d’où le nom de cette fête ou de cette ordonnance*. La Pâque devait être célébrée chaque année, à la fois, à titre commémoratif de la préservation et de la délivrance du peuple d’Israël.

Des points doivent être remarqués au sujet de Christ, notre Pâque qui a été immolé :

Premièrement : Son incarnation, ou Sa venue dans la chair. C’est un grand encouragement pour le pécheur de voir que le Sauveur est la Semence de la femme, Il est os de nos os (Hébreux 2.11,14).

Deuxièmement : Ses souffrances et Sa mort ; la remarque de Satan « qui brise le talon » représente Sa nature humaine meurtrie. Les souffrances de Christ sont prolongées par celles des saints qui souffrent en Son Nom. Le Diable tente le peuple de Dieu, il le persécute et le met à mort ; il en est de même avec les meurtrissures de Christ, affligé par les afflictions des siens. Mais tandis que le talon est brisé ici-bas, la Tête est dans les cieux.

Troisièmement : Sa victoire sur Satan. Christ a réduit à néant la tentation de Satan, en extirpant les âmes de Son pouvoir. Par Sa mort Il a porté un coup fatal au royaume satanique, Il a frappé la tête du serpent d’une blessure inguérissable. Dès que l’Evangile gagne du terrain, l’Ennemi finit par tomber.

Les qualités de l’agneau énumérées, le repas sacré qui suit l’immolation, et surtout l’emploi du sang pour préserver Israël, ne permettent pas de douter que l’immolation de l’agneau ne soit un vrai sacrifice. Seulement ce sacrifice diffère de toutes les espèces de sacrifice réglementées plus tard par la loi. La Pâque parle profondément de plusieurs aspects du sacrifice typique du Sang de Christ dans divers domaines :

a) Protection (Exode 12.13)

b) Expiation (Exode 30.10 ; Lev 17.11)

Sang de l’Expiation (Mt 26.28 ; Jean 6.56 ; 19.34 ; Actes 20.28 ; Romains 5.9 ; Col 1.20 ; Hébreux 9.14 ; 1Pierre 1.18,19 ; 1Jean 1.7 ; Apoc 1.5 ; 5.9 ; 7.14 ; 12.11)

c) Libération (Zacharie 9.11)

d) Assurant le Pardon (Hébreux 9.7)

e) Purifiant (Hébreux 9.22)

f) Rédemption

g) Libération (Zacharie 9.11)

h) Glorification en (Gal 6.14)

i) Réconciliation à travers (Eph 2.16)

j) Ennemis de (Philp 3.18)

k) Paix faite pas (Col 1.20)

Christ notre Sauveur, Se soumet Lui-même comme Sacrifice

Christ notre Sauveur, est devenu le Substitut de l’Homme

Christ notre Sauveur, a Souffert et est Mort pour Le Rachat

Les implications spirituelles de la Pâque

L’obligation de faire la Pâque était telle, que quiconque aurait négligé de la faire était condamné à mort (Nombres 9.13). Mais ceux qui avaient quelque empêchement légitime, comme de voyage, ou de maladie, ou de quelque impureté volontaire ou involontaire : par exemple, ceux qui avaient assisté à des funérailles ou qui s’étaient trouvés souillés par quelque autre accident, devaient remettre la célébration de la Pâque au second mois de l’année ecclésiastique.

C’est ainsi que le Seigneur l’ordonna à Moïse, à l’occasion de la demande que lui firent quelques Israélites qui avaient été obligés de rendre les derniers devoirs à quelques-uns de leurs parents (Nombres 9.10,11) et qui, à cause de leur souillure, n’avaient pu participer à la victime pascale. Nous voyons l’exécution de cette loi sous Ezéchias (2Chron 30.2,3).

La Pâque chrétienne :

Quant à la Pâque chrétienne, elle fut instituée par Jésus-Christ, lorsque, dans le dernier souper qu’il fit avec ses apôtres, il leur donna son corps à manger et son sang à boire, sous les espèces du pain et du vin. Lorsque le lendemain, il abandonna son corps aux Juifs, qui le condamnèrent à la mort, et le firent crucifier par les mains des bourreaux. L’agneau pascal que les Juifs égorgeaient, qu’ils déchiraient, qu’ils mangeaient, et dont le sang les garantissait de l’approche de l’ange exterminateur, n’était qu’une figure de la mort et de la passion du Sauveur, et de son sang répandu pour le salut du monde. Cette pâque se célèbre tous les ans avec grande solennité dans l’Eglise chrétienne le dimanche. Elle doit se célébrer dans la sincérité, dans l’innocence et dans la vérité, figurée par les pains sans levain (1Cor 5.8).

Sacrifice prophétique, typique de Christ :

  1. Sacrifices avant la loi

La première allusion à un sacrifice se situe en Genèse 3.21. Il est évident que les habits de peaux dont Dieu revêtit Adam et Eve provenaient d’animaux. Toutefois, c’est avec le sacrifice d’Abel (Genèse 4.4) qu’apparait la première mention explicite d’un sacrifice. Ce premier sacrifice manifesta la justice d’Abel, justice qui provient de la loi et non du sacrifice seul (Hébreux 11.4)

  1. Les sacrifices sous la loi

Avant la promulgation de la loi, le chef de familles était aussi sacrificateur pour les siens. Puis la loi confia aux seuls sacrificateurs et Lévites la possibilité d’offrir les sacrifices qui démontraient de façons diverses la culpabilité la déchéance du pécheur devant Dieu (Romains 3.20).

Le sacerdoce lévitique était « l’ombre » (Hébreux 10.1), « l’image » (Hébreux 8.5) du sacrifice de Christ qui réalise l’accomplissement de tous les sacrifices de l’Ancien Testament.

  1. Le sacrifice de Christ. Il est à plusieurs reprises, préfiguré dans l’Ancien Testament, puis expliqué dans le Nouveau Testament. Il est présenté sous différents aspects :
  1. La condamnation (2Cor 5.21 ; Gal 3.13)
  2. La substitution (Lév. 1.4 ; Esaïe 53.5-6 ; 2 Cor 5.21 ; 1Pierre 2.24)
  3. La propitiation (Romains 3.25)
  4. La réconciliation (2Cor 5.18-19 ; Col 1.21-22)
  5. L’efficacité (Jean 12.32-33 ; Rom 5.9-10 ; 2Cor 5.21 ; Eph 2.13 ; Hébreux 9.11-12,26 ; 10.17 ; 1Jean 1.5 ; Apoc 1.5)
  6. La révélation (Romains 3.25-26 ; 1Jean 4.9-10 ; Jean 3.16)

Les principales caractéristiques de l’Agneau pascal

  1. L’agneau devait être sans défaut, et pour en être certain, il fallait que la famille le garde pendant quatre jours (Exode 12.5-6). La vie terrestre de notre Seigneur, même aux yeux des observateurs les plus hostiles, fut impeccable (Luc 11.53-54 ; Jean 8.46 ; 18.38)
  2. L’agneau, ainsi éprouvé, devrait être égorgé (Exode 12.6 ; Jean 12.24 ; Hébreux 9.22)
  3. Le sang devrait être appliqué sur l’encadrement des portes (Exode 12.7) : cet acte illustre l’appropriation personnelle du salut par la foi et réfute la doctrine universaliste (Jean 3.36)
  4. Ainsi appliqué, le sang - et le sang seul- constituait l’unique protection contre l’exterminateur (Exode 12.13 ; Hébreux 10.10,14 ; 1Jean 1.7)
  5. Le repas lui-même préfigure Christ, le pain de vie et annonce la Cène (Mt 26.26-28 ; 1Cor 11.23-26). Pour l’Israélite, l’observation de cette fête n’était pas une condition de salut, mais un devoir et un privilège. Quant au croyant en Christ, il est sauvé par le sang de l’Agneau immolé (Apoc 5.9). Et il se fortifie chaque jour en « célébrant la fête » (1Cor 5.8), c’est-à-dire en se nourrissant de la parole : premièrement de Christ, Parole Vivante ; deuxièmement, des Ecritures, Parole Vivante et permanente de Dieu.

Conclusion :

L’homme chute, le diable se réjouit de voir enfin le vœu de son cœur accompli : « Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très-Haut » (Esaïe 14.14). Dieu applique sa sentence ; Il commence là où le péché a débuté, par le serpent. Les disciples du Diable doivent partager les punitions qui lui sont réservées. Sous l’apparence du serpent, le Diable a été découvert par Dieu, et Celui-ci l’a abaissé et puni ; le serpent a été détesté par la race humaine : il sera aussi détruit et ruiné aux derniers jours par le Rédempteur, ce dernier lui brisera la tête. La guerre est déclarée entre la Semence de la femme et celle du serpent. Les fruits de cette inimitié sont caractérisés par une guerre perpétuelle entre la grâce et la corruption, dans les cœurs du peuple de Dieu. Satan, par ses corruptions, ébranles ces cœurs, les passe au crible, et cherche à les dévorer. Les cieux et l’enfer ne pourront jamais être réconciliés, tout comme la lumière et l’obscurité ; il en est de même avec Satan et l’âme sanctifiée. Il y a également, en ce monde, une lutte perpétuelle entre le méchant et l’homme de Dieu. Une promesse pleine de grâce est faite dans ce texte, au sujet de Christ : Il est Celui qui délivre l’homme tombé sous la puissance de Satan. On découvre ici toute la perspective de l’Evangile : dès que la blessure a été faite, le remède a été fourni et révélé. C’est une révélation, pleine de grâce, représentée par un Sauveur, venu de Son plein gré, alors que l’on ne le recherchait même pas. Sans cette révélation de la grâce, qui donne l’espérance et le pardon, le pécheur convaincu sombrerait dans le désespoir et l’endurcissement.

En effet, le premier homme a probablement espéré entrevoir les bénédictions que pourrait offrir un rédempteur, la Semence promise, en appelant sa femme Ève, « la vie ». Car Christ a été « la vie » offerte à tous les croyants ; en Lui toutes les familles de la terre reçoivent les bénédictions. Dieu, dans sa miséricorde a pris soin de nos premiers parents, malgré leur péché. Leurs vêtements sont arrivés en même temps que le péché. Ne nous vantons pas de nos vêtements, ils ne sont en effet que le gage de notre honte originelle. Quand Dieu a fabriqué les habits de nos premiers parents, il les fit, d’une part, chauds et solides, mais aussi, simples et ordinaires ; pas de robe de pourpre, mais un manteau de peau. Que ceux qui sont revêtus de triste manière ne se plaignent pas. Ils doivent se contenter de pouvoir disposer de la nourriture et du vêtement ; ils sont au même stade qu’Adam et Ève. Quant à ceux qui sont vêtus avec raffinement, qu’ils apprennent à ne pas en faire une pierre d’achoppement. On suppose que les bêtes dont la peau a servi à faire des vêtements, n’ont pas été tuées pour servir de nourriture mais à titre de sacrifice, en image à Christ, la Victime expiatoire.

Adam et Ève ont fabriqué des sortes de tabliers en feuilles de figuiers, mais ces vêtements se sont avérés trop petits (Esaïe 28.20). Il en est ainsi pour les haillons de notre droiture. Dieu a remplacé les vêtements de nos premiers parents par de nouveaux, en peau, confortables, solides, durables et à leur pointure. Il en est ainsi pour la droiture de Christ. Appuyons-nous donc, en toute confiance, sur notre Seigneur Jésus-Christ !

Dr. André CHOUBEU

 

 

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