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Célibat, fiançailles et concubinage sous l’éclairage biblique

8 Avril 2014 , Rédigé par Dr André CHOUBEU Publié dans #Enseignements

Célibat, fiançailles et concubinage sous l’éclairage biblique

Célibat, fiançailles et concubinage sous l’éclairage biblique

Daniel Arnold

Nous reproduisons ici quelques extraits de son dernier livre « Vivre l’éthique de Dieu » (Éditions Emmaüs, CH-1806 Saint-Légier, Suisse, 2010) avec l’aimable autorisation de l’auteur. Nous avons retenu quatre enseignements du chapitre 12 consacré au mariage et à la sexualité.

1) Le célibat

Dans l’A.T., la question du célibat n’est pas directement abordée. Le mariage sert de norme aux hommes et aux femmes. D’une part, les êtres humains doivent peupler le monde (« Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre » Genèse 1.28) et d’autre part, « il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2.18). Les enfants, même âgés, demeuraient dans la sphère familiale jusqu’à leur mariage. Alors, ils « quittaient père et mère » pour devenir une seule chair avec leur conjoint (Genèse 2.24). Les femmes en particulier restaient sous l’autorité paternelle tant qu’elles n’étaient pas mariées.

Le célibat existait dans l’A.T., mais il est difficile d’en estimer l’importance. Avant le déluge, les hommes se mariaient, mais moins rapidement qu’aujourd’hui. Selon les généalogies de la Genèse (Genèse 5), les prédiluviens engendraient leur premier enfant après un siècle et demi en moyenne. On peut en déduire que le temps de célibat était d’une durée équivalente. Il faut dire que l’espérance de vie dépassait les neuf cents ans ! Après le déluge, les hommes engendrent beaucoup plus rapidement. Sem engendre son premier fils deux ans après le déluge (Genèse 11.10), et les huit générations suivantes apparaissent tous les trente ans environ (Genèse 11.12-24).

Plusieurs patriarches semblent très attachés à leur mère, au point qu’ils ne se marient qu’après le décès de celle-ci. C’est le cas d’Isaac qui s’est marié à 40 ans (Genèse 25.20), trois ans après le décès de Sara (Genèse 17.17 ; 23.1), et « c’est ainsi qu’Isaac fut consolé après (la perte) de sa mère » (Genèse 24.67). Jacob, lui aussi très attaché à sa mère (Genèse 27), trouve une épouse (Rachel) dès qu’il est contraint de quitter Rébecca (Genèse 27.40-28.5 ; 29.1-20). Il est alors âgé de 77 ans.1 Par contre, Esaü, son frère jumeau, moins attaché à sa mère (Genèse 25.28), se marie (déjà) à 40 ans (Genèse 26.34). Parfois, c’est la séparation de la famille élargie qui semble avoir favorisé le mariage : Juda trouve une épouse après avoir « quitté ses frères » (Genèse 38.1-2) et Moïse se marie après avoir dû fuir l’Egypte, pays où il avait grandi et où se trouvaient les Hébreux (Exode 2.15-21).

Dans l’A.T., les épouses des hommes de foi sont rarement mentionnées. Il faut dire que l’on identifiait un homme par son père. Parfois on indiquait aussi le nom de ses enfants, mais on ne nommait presque jamais son épouse. La seule exception est celle des rois de Juda dont on connaît le nom de l’épouse et du fils aîné. Par contre, on ignore souvent tout de la vie familiale des prophètes, excepté pour Osée (Osée 1.1-3) et Ésaïe (Ésaïe 8.3,18). Les autres étaient-ils mariés, eux aussi ? On peut le penser, mais pas le prouver. Quoi qu’il en soit, l’absence de toute référence à une épouse ne signifie pas que ces prophètes étaient célibataires.

Le livre des Juges fait mention de la « virginité » de la fille de Jephthé (Juges 11.37-38). Ce texte est souvent mal compris, car on le lit au premier degré. Le père ne s’est jamais engagé à brûler la personne qui l’accueillerait au retour victorieux du combat (« Je l’offrirai en holocauste » Juges 11.31), mais à la consacrer au service du Seigneur. Le langage du juge est imagé, comme celui de Paul lorsqu’il encourage les chrétiens à offrir leur corps « comme un sacrifice vivant » (Romains 12.1). Jephthé est désolé de voir sa fille unique venir à lui, car il sait qu’elle restera toujours vierge. Celle-ci honore l’engagement de son père et va pleurer sa virginité (et non sa mort). Son engagement est remarquable (et non stupide), c’est pourquoi les jeunes filles commémoraient chaque année son engagement (Juges 11.39-40). Jephthé lui-même est placé parmi les héros de la foi dans le N.T. (Hébreux 11.32). La fille de Jephthé a été consacrée au service féminin du tabernacle. Cette activité est mal connue, mais elle incluait, comme le montre le récit des Juges, le célibat de ces personnes.

L’enseignement du N.T. sur le célibat est beaucoup plus étoffé. Le texte de base se trouve dans 1 Cor 7.1 : « Il est bon pour l’homme de ne pas toucher de femme »3. Paul élève le statut du célibat au-dessus de celui du mariage : mieux vaut rester célibataire que de se marier (1 Cor 7.20,27,38). Paul fonde ce renversement de perspective sur le fait que l’essentiel n’est pas du domaine matériel, mais du spirituel. Concrètement, la condition du célibataire est préférable en raison « des calamités présentes » (1 Cor 7.26) et des attentions que le mariage demande (1 Cor 7.32-34). Or, les soucis du Royaume doivent venir en premier. Fondamentalement, Paul désire que rien ne fasse obstacle au ministère ; c’est pourquoi tous les sacrifices sont bons s’ils servent à l’avancement du Royaume. Néanmoins, il faut rester réaliste. L’apôtre reconnaît la difficulté du célibat et ne l’impose à personne, même pas aux serviteurs de Dieu (contrairement à la pratique de l’Église catholique). En aucun cas, les désirs sexuels ne doivent mener un chrétien à l’immoralité. C’est pourquoi « il vaut mieux se marier que de brûler » (1 Cor 7.9) et « à cause des occasions d’inconduite, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari » (1 Cor 7.2). Pour rester célibataire, il faut un don du Seigneur : « Je voudrais que tous les hommes soient comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre » (1 Cor 7.7).

Face à la valorisation du célibat dans le N.T., il est intéressant de noter que Jésus accomplit son premier miracle lors d’un mariage (Jean 2.1-11). Puisqu’il participe au bon déroulement de cette fête en suppléant au manque de vin, il ne rejette manifestement pas l’institution du mariage. D’autre part, Jésus met à profit cet événement pour manifester sa gloire à ses disciples (Jean 2.11). En d’autres termes, Jésus resserre les liens avec ses disciples à l’occasion de noces. Or, Jésus est resté célibataire toute sa vie, et les disciples semblent avoir été détachés de tous liens conjugaux durant les trois ans du ministère terrestre du Seigneur. Ainsi, le mariage de Cana donne à Jésus (le célibataire) l’occasion d’établir une relation de grande proximité avec ses disciples (« célibataires »), à l’image de la relation intime qu’un époux a avec son épouse après le mariage. Aux disciples qui étaient venus voir « où il demeurait » (Jean 1.38), « Jésus manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui » (Jean 2.11). La foi, élément indispensable pour entrer dans la nouvelle cellule familiale de Jésus, est mentionnée pour la première fois.

La perspective néotestamentaire est manifestement spirituelle. Le célibat dans le N.T. n’a de valeur « supérieure » que s’il conduit à un plus grand engagement avec le Seigneur. Ce célibat « pour raison spirituelle » n’est pas synonyme de solitude, mais de communion et d’engagement. Les filles et les fils spirituels remplacent (avantageusement) les enfants issus de la chair. Rappelons aussi que dans le ciel, il n’y aura ni mariage physique ni relations sexuelles (Mat 22.30).

Avant de conclure, rappelons que le célibat n’est pas une obligation pour servir, mais une opportunité. Paul et Barnabas n’avaient pas d’épouse, alors que Pierre et les autres apôtres en avaient une (1 Cor 9.5 ; cf. Marc 1.30). Paul avait reçu du Seigneur le don du célibat, ce qui a permis à cet apôtre des païens de voyager sans relâche pour annoncer le message de l’Évangile. Pierre avait été appelé à un autre ministère (Jean 21.15-17 ; Gal 2.8), manifestement plus sédentaire.

Pour certains chrétiens, le célibat ne résulte pas d’un choix ou d’une vocation, mais de l’absence d’un conjoint chrétien avec lequel il aurait été bon de s’engager. C’est en particulier le cas lorsque l’un des sexes est largement majoritaire dans une église, et que les chrétiens ne veulent se marier que « dans le Seigneur » (1 Cor 7.39). En effet, mieux vaut ne pas se marier que de vivre un mariage boiteux. Le Seigneur donne la force et la grâce d’affronter toutes les circonstances de la vie.

2) Les fiançailles

Les fiançailles sont pour un couple une déclaration d’intention de mariage. Le terme de fiançailles désigne le jour de cette déclaration, ainsi que le temps qui sépare cette date de celle du mariage. Ce n’est pas forcément un acte religieux. Une bague de fiançailles matérialise souvent cette décision.

Les fiançailles sont un engagement qui lie les futurs conjoints par la parole en vue du mariage. Dans l’Ancien Testament, la transgression des fiançailles était aussi grave que celle du mariage. Dans les deux cas, on parlait d’adultère, et les coupables étaient punis de mort (Deut 22.23-27).

Le temps des fiançailles était un temps où les futurs époux exprimaient verbalement leur amour. Jérémie utilise l’expression « les chants du fiancé et les chants de la fiancée » pour caractériser une période de joie profonde (Jérémie 7.34 ; 16.9 ; 25.10 ; 33.11). Les fiancés échangeaient leurs sentiments (Cantiques 4.8-12), mais ils se gardaient de l’union sexuelle. C’est pourquoi le fiancé n’était pas enrôlé dans l’armée afin de pouvoir consommer son mariage le jour des noces : « Qui est-ce qui a fiancé une femme, et ne l’a point encore prise ? Qu’il s’en aille et retourne chez lui, de peur qu’il ne meure dans la bataille et qu’un autre ne la prenne. » (Deut 20.7) Lorsque Joseph découvre que Marie, sa fiancée, est enceinte, il pense qu’elle l’a trompé, car il n’a eu aucun rapport sexuel avec elle (Mat 1.18-19). La conception miraculeuse de Marie n’a d’ailleurs de sens que si Marie était vierge à ce moment-là (Luc 1.26-38). Paul décrit aussi l’Église comme la fiancée qui est « une vierge pure » (2 Cor 11.2). Même les filles de Loth (qui n’étaient pourtant pas les plus vertueuses des femmes : Genèse 19.31-38) étaient restées vierges, alors qu’elles étaient déjà promises en mariage (Genèse 19.8,14).

La notion de fiançailles est utilisée pour décrire la relation entre l’Eternel et son peuple. Pour Ésaïe et Osée, Israël est la fiancée de l’Eternel (Esaïe 49.18 ; 61.10 ; 62.5 ; Osée 2.21-22), et pour Paul, l’Église est la fiancée de Christ (2 Cor 11.2). Fondamentalement, le sens des fiançailles se trouve dans le Seigneur. L’alliance de Dieu avec son peuple est déjà réalisée, mais la pleine manifestation de cette union est encore à venir. Nous sommes dans le temps de l’attente, « dans le déjà et le pas encore ». Jésus est maintenant avec nous : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mat 28.20), mais l’union n’est pas encore entièrement réalisée. Nous sommes dans le temps des fiançailles et attendons les noces de l’Agneau (Mat 22.2-14 ; 25.1-13 ; Apoc 19.7-9). Alors nous serons pour toujours dans sa présence.

3) Le concubinage

Dans l’Écriture, le concubinage est presque toujours associé à la polygamie. Les concubines étaient des épouses de second rang. Parfois, la servante d’une épouse qui avait eu un rapport sexuel avec le mari est appelée concubine (pilegesh). C’est le cas de Bilha, la servante de Rachel qui a engendré deux fils à Jacob (Genèse 35.22). Qetoura est aussi appelée concubine (1 Chr 1.32) bien qu’elle ait épousé Abraham après la mort de Sara (Genèse 25.1).

Le concubinage marque le lien fragile qui unit un homme à une femme. L’histoire du lévite, qui sacrifie sa concubine aux homosexuels de Guibéa pour se tirer d’une situation difficile, illustre le peu d’attachement qu’un homme peut avoir pour une épouse de second rang (Juges 19.25-29). Relevons que cette femme était plus qu’une simple maîtresse du lévite, puisque le narrateur désigne l’homme par les termes de mari et de gendre (Juges 19.3,5), et celui-ci va chercher sa concubine chez son beau-père (Juges 19.4).

Notons que, souvent, les hommes qui avaient des concubines étaient des personnages puissants (Juges ou rois) : Gédéon (Juges 8.31), Saül (2 Sam 3.7 ; 21.11), David (2 Sam 5.13 ; 15.16 ; 20.3), Salomon (1 Rois 11.3), Roboam (2 Chr 11.21), Assuérus (Esther 2.14), Belchatsar (Daniel 5.23), Darius (Daniel 6.19). Coucher avec la concubine d’un roi était interprété comme un signe d’usurpation du trône (2 Sam 3.7 ; 16.21-22 ; 1 Rois 2.21-24).

Le concubinage aux temps bibliques n’était pas caractérisé par l’amour et la communion, mais par l’égoïsme et le désir de puissance et de notoriété ; parfois aussi pour pallier la stérilité d’une épouse. Le concubinage « occidental moderne » se différencie passablement de celui décrit dans la Bible, mais ce qui les rapproche, c’est la faiblesse de l’alliance.

Le concubinage moderne, appelé aussi union libre, se décrit difficilement, car ses formes sont multiples et rien n’est défini. L’engagement est généralement oral et privé. Concrètement, les partenaires décident simplement d’emménager ensemble pour un temps indéfini, mais tous les individus qui cohabitent ne sont pas concubins. Les voisins sont rarement informés officiellement de l’union. Avec le temps, l’alliance « s’officialise », mais le flou juridique reste avec tous les inconvénients que cela peut engendrer. Dans de nombreux pays, le législateur édicte des lois pour éviter trop de souffrances en cas de séparation des partenaires. A cet effet, les autorités encouragent fortement les concubins à établir une convention écrite.5

Henri Blocher s’interroge sur le « statut » de la cohabitation. Faut-il voir « la cohabitation sérieuse et durable comme un mariage ‘imparfait’, comme ‘sous-mariage’, plutôt que comme fornication stabilisée » ? « Nos cohabitants stables pèchent-ils de s’unir (comme dans la fornication) ou pèchent-ils de ne pas achever une union matrimoniale qu’on voit déjà, réellement, entre eux ? Nous donnons l’avantage du réalisme biblique à la deuxième analyse. Ils s’écartent du commandement divin parce qu’ils ne scellent pas leur alliance en assumant toute sa portée sociale, dans la forme donc prévue par le magistrat ».

Le concubinage est la marque d’un amour au rabais, d’un amour qui ne s’engage pas dans la durée (jusqu’à la mort). Pour les chrétiens, vivre en concubinage, c’est ignorer la dimension de l’alliance, un élément fondamental de la foi chrétienne. Les chrétiens concubins sont des chrétiens qui suivent l’esprit libertin du monde. Ils devraient concentrer leurs regards sur le Christ qui s’est livré sans retenue pour nous.

La masturbation est du domaine personnel. L’Ecriture ne la mentionne pas spécifiquement.

Le jugement dont Onan a été frappé dans la Genèse ne peut pas servir de précédent à une condamnation de la masturbation, car l’homme voulait jouir du rapport sexuel avec la femme de son frère décédé, sans pour autant lui susciter une descendance comme la loi du lévirat le demandait. C’est pourquoi l’Eternel lui a enlevé la vie (Genèse 38.8-10).

Les « pollutions nocturnes » masculines mentionnées dans le Lévitique concernent le plan rituel et n’ont aucun rapport avec la morale. Elles étaient probablement accidentelles et rendaient un homme impur jusqu’au soir (Lévitique 15.16-17), au même titre que les règles rendaient une femme impure (Lévitique 15.19-24). La perte de sperme ou de sang, symboles de la vie, rendait une personne impure pour une courte période.

Le texte le plus en lien avec la masturbation est sans doute la parole de Jésus sur la convoitise : « Moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (Mat 5.28). Sur le plan éthique, ce n’est pas la masturbation en elle-même qui est problématique, mais les pensées impures qui y sont associées

Lien : http://www.promesses.org/arts/183p06.html

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